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Dominique Dill (Autre)
ISBN : 2226028455
Éditeur : Albin Michel (09/01/1987)

Note moyenne : 4/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Rêves arctiques et un voyage dans un pays que nous connaissons à peine, fascinant par ses beautés, terrifiant par ses dangers.
Célébration du paysage lui même la terre, la mer, la galce et des animaux qui y vivent.
Histoire d'un peuple , les Esquimaux pris entre des traditions séculaires et les intrusions d'une société technologique moderne, l'histoire encore de ceux qui voudraient prendre soin de ce pays et de ceux qui voudraient le contrôler.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
cardabelle
  04 septembre 2016
Un ouvrage des années 80 mais dont la qualité n'a pas échappé aux éditions "Gallmeister" !
Sauvé de l'oubli donc pour notre plus grand bonheur !
De l'excellent nature writing alliant descriptions de paysage, considérations philosophiques et données scientifiques, le tout présenté par une prose poétique, pétrie d'humanisme.
Une ode à la beauté, à la délicatesse, à la fragilité du monde sauvage, animal ou végétal.
Une sublimation des phénomènes naturels aussi exceptionnels que les aurores boréales ...
Mais aussi , des observations sans condescendance sur les comportements humains .
Mais après cette lecture, une amère réflexion donne le sentiment que la protection des espaces naturels reste un combat de titans, que l'homme moderne réputé intelligent ( ? ) n'a toujours pas compris où est son réel intérêt ,et donc, ces publications sont non seulement salutaires mais d'utilité publique !
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clairejeanne
  29 mars 2018
National Book Award 1986
C'est une immersion totale et magnifique dans la région arctique, ses animaux, ses hommes, ses conditions climatiques ; ensemble d'histoires, de réflexions, de ressentis, le tout raconté par un homme intelligent, sensible et fou amoureux de la Nature.
Tout commence par une description étonnement prenante des boeufs musqués, de leurs comportements et de leurs arrangements sociaux ; chaque chapitre correspond à un lieu et à un animal ; mais l'auteur ne se contente pas de décrire l'animal et son comportement ; il y a aussi le comportement de l'Homme (souvent Esquimau) en sa présence et la part qu'il prend dans les légendes.
La partie sur l'ours polaire est remarquable : la beauté de cet animal perspicace et habile, mais aussi la féroce bêtise de certains hommes, évidemment, et ce, depuis longtemps. Des problèmes dus au développement industriel gènent la répartition des phoques et donc de leurs prédateurs, les ours blancs.
L'auteur se questionne - nous questionne - également par rapport à l'activité scientifique de recherche : il est gêné de ce qu' on peut s'autoriser au nom de la Science : poursuite, capture, marquage, suivi, comme une intolérable immiscion dans l'intimité des animaux.
Dans le chapitre sur les migrations, Barry Lopez après avoir parlé des oiseaux, des baleines et des caribous, en vient naturellement aux migrations humaines et en particulier au peuplement de l'Amérique du Nord depuis au moins 14 000 ans ; des cartes, des données archéologiques et ethnographiques viennent en appui de ses explications suivantes et passionnantes sur les différentes cultures esquimaudes. Par exemple, parmi de nombreuses tribus, il y avait celle des Sadlermiuts de l'île Southampton au nord de la Baie d'Hudson ; ils sont tous mort d'une épidémie apportée par un baleinier écossais. " Les Saldermiuts offraient une façon de comprendre l'île Southampton. Quand on réflechit à la dureté du pays et que l'on voit avec quel succès ils s'y étaient adaptés, on est forcé de conclure qu'avec leur disparition nous avons perdu une partie de la philosophie de la vie. Nous ne pouvons plus prendre un de leurs objets, demander "Pourquoi avez-vous fait ceci ?", ni "à quoi est-ce que ça sert ?" et espérer recueillir une réponse... une réponse qui ouvrirait les profondeurs intemporelles de l'esprit humain, qui effacerait des siècles de distance et transcenderait l'objet quotidien."
Ce sont des impressions éprouvées et des réflexions faites sur place que nous livre l'auteur : dans une langue parfaite pour exprimer les sons, les couleurs, la beauté des mouvements, les ressentis humains et décrire les paysages magnifiques ou monotones.
Extrait p 182 : " Pourtant, pendant quelques jours, à la périphérie des troupeaux d'oies, je n'eus pas l'impression d'être un intrus. Je ressentais le calme que les oiseaux apportent aux hommes ; apaisé, je percevais ici les contours des plus anciens mystères de la nature : l'étendue de l'espace, la lumière qui tombe des cieux, le passé coulant dans le présent comme une eau et s'y accumulant."
de la terreur ressenti par les marins des baleiniers quand les blocs se resserraient sur leur bateau en chêne au XIXème siècle au moment de la prise des glaces, à la difficulté qu'a le peintre à représenter l'air de l'Arctique, de la magnificence des aurores boréales au perlerorneq (dépression) des esquimaux pendant le trop long hiver, des motivations des explorateurs de l'Arctique à l'idée que la langue hopi (une des nombreuses langues amérindiennes) "ne fait pas référence au temps comme entité distincte de l'espace", Barry Lopez nous parle de ses multiples expériences et nous entraîne avec lui dans une région riche, souvent bouleversante mais très dure pour les Hommes.
Ce n'est absolument pas un livre triste se désolant sur la disparition de telle espèce ou de tel peuple ; au contraire, s'il nous informe et nous prévient de ce qui pourrait bien arriver, il nous rappelle de façon enthousiasmante à quel point la Terre et la Vie sur la Terre sont belles...
Science, Poésie, Humanité sont les trois mots clés de ce livre absolument superbe !
"La nature est comme la poésie : sa cohérence est inexplicable, sa signification transcendante, et elle a le pouvoir d'exalter la valeur de la vie humaine." (p 305)
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Charybde2
  13 avril 2016
Un exceptionnel tour d'horizon, intense et stimulant, de l'écologie de l'Arctique et de son histoire.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2016/04/13/note-de-lecture-reves-arctiques-barry-lopez/
Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   13 avril 2016
Si donc, à la fin de notre voyage, face à la toundra, nous regardions la liste des créatures adaptées à l’Arctique en nous demandant pourquoi elle est si courte, nous n’aurions qu’à lever les yeux vers cette étoile jaune qui brûle avec bienveillance dans le ciel bleu de l’été. C’est la lumière du soleil, toujours la lumière du soleil, qui importe le plus. Comme facteur de limitation de la vie, elle l’emporte même sur la température. La principale raison pour laquelle il y a si peu d’espèces ici, c’est que trop peu d’entre elles ont un processus métabolique ou un mode de croissance qui peut s’adapter à une luminosité si faible. (En second lieu, beaucoup de créatures à sang chaud ne peuvent conserver assez de chaleur pour survivre dans le froid extrême.) Sur les quelques 3 200 espèces de mammifères que nous aurions pu rencontrer en remontant vers le nord, nous n’en trouverions guère que 23 capables de vivre au-delà de la ligne des arbres dans ce désert froid et si pauvrement éclairé. Sur quelque 8 600 espèces d’oiseaux, seules six ou sept – grand corbeau, harfang des neiges, lagopède alpin, sizerin blanchâtre, gerfaut, mouette de Ross et mouette blanche – passent l’hiver dans le Haut-Arctique, et il n’y en a que 70 qui viennent dans le Nord pour se reproduire. Sur les innombrables espèces d’insectes, on n’en trouve que 600 dans l’Arctique. Et sur environ 30 000 espèces de poissons, moins de 50 ont trouvé le moyen de vivre ici.
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cardabellecardabelle   04 septembre 2016
Contempler ce que font les gens la-bas mais ignorer l'univers du phoque, se soucier de la quête de l'homme et de sa situation critique mais ne pas connaître le pays, ne pas l'écouter me semble funeste.

Sans doute pas pour demain ou l'an prochain mais funeste pour la suite de notre évolution, et, je m'interroge sur les considérations qui nous ont conduits au point où nous sommes.
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Charybde2Charybde2   13 avril 2016
En me redressant, je crois apercevoir mon propre désir. C’est comme si j’avais trouvé le paysage et les animaux au bout d’un rêve. Les limites du paysage réel se confondent avec celles d’un lieu que j’avais rêvé. Mais ce que j’avais rêvé n’était qu’une esquisse, une belle esquisse de lumière. Je me dis que le travail continuel de l’imagination, qui tend à unifier le monde réel et le monde rêvé, est une expression de l’évolution humaine. Le désir conscient est d’atteindre un état, même provisoire, qui serait, comme la lumière, sans limites, enrichissant, imprégné de sagesse et de création, un état dans lequel on aurait absorbé jusqu’à cette noirceur même qui, auparavant, était un signe perpétuel de défaite.
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Charybde2Charybde2   13 avril 2016
Les Esquimaux ne préservent pas cette intimité avec la nature sans payer un certain prix. Quand j’ai réfléchi aux différences entre eux et les hommes de ma propre culture, j’ai compris qu’ils ont plus peur que nous. Dans leur vie quotidienne, ils ont davantage de raisons d’avoir peur. Ils n’éprouvent pas une peur débilitante comme celle de se voir précipités de leur umiak dans l’eau froide. Ils ont peur parce qu’ils acceptent totalement ce que la nature comporte de violence et de tragique. C’est une peur liée au fait qu’ils savent que les événements soudains et cataclysmiques font autant partie de la vie, du fait de vivre réellement, que les moments où l’on s’arrête pour contempler quelque chose de beau.
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fannyvincentfannyvincent   18 juin 2014
Un après-midi d’hiver, un de ces jours sans lever de soleil, sous une lune qui ne s’était pas cachée depuis six jours, je me trouvais sur l’océan gelé à 30 kilomètres du cap Mamen, devant l’île Mackenzie King.
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