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ISBN : 2290170267
Éditeur : J'ai Lu (05/09/2018)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 438 notes)
Résumé :
Pamphlet virulent dirigé contre la société anglaise d'Henri VIII et construction imaginaire proposant en contrepoint l'image d'une société idéale, L'Utopie, publiée en 1516, est la célèbre contribution de l'humaniste chrétien Thomas More au débat philosophique sur les finalités du politique. Ami d'Érasme, dénonçant avec lui les égarements de l'Église et de l'État, More espère, en dressant le tableau de la cité idéale, rappeler à chacun, gouvernants ou gouvernés, la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  18 novembre 2012
« L'enfer est pavé de bonnes intentions. » Ce petit essai de Thomas More en fournit une parfaite illustration. Dans l'île d'Utopie, on a évité les problèmes qui rongent la société anglaise de son époque, mais le prix à payer est d'en ajouter de pires à chaque fois.
Le premier exemple se pose avec la peine de mort pour le vol, peine jugée beaucoup trop sévère par rapport à la gravité. Solution proposée : l'esclavage. Admettons. Comment faire pour maintenir les esclaves en place ? En punissant de mort toute personne qui reçoit de l'argent d'un esclave (ceci pour éviter qu'il ne soit tenté d'accumuler des biens en douce), et en punissant de mort tout esclave qui porte la main sur une arme. Passer de la peine capitale pour un délit à la mise à mort pour des actes anodins et sans danger pour personne, je ne suis pas certain qu'on y ait vraiment gagné au change !
Les contradictions de ce genre sont tellement nombreuses, que je me suis demandé qui critiquait vraiment l'auteur : la société anglaise, ou ceux qui prétendent pouvoir faire mieux ? À chaque fois qu'une vertu est attribuée à la société d'Utopie, les exemples qui suivent prouvent exactement l'inverse. Comment empêcher les conspirations contre la liberté ? En condamnant à la peine de mort ceux qui discutent des affaires publiques en dehors du Sénat. Comment gérer la surpopulation ? En s'accaparant les terres d'autres peuples après les en avoir chassé. Après tout, à Utopie, on crée des sociétés bien plus morales que les autres, donc c'est tout à fait légitime. On a aussi la guerre en détestation : on ne la fait jamais. Ou uniquement pour se défendre. Ou pour défendre ses alliés. Ou pour renverser un tyran, ou pour laver une injure, ou pour se venger d'un pillage. La liberté de culte est bien sûr assurée, même si ceux qui ne croient pas en la vie éternelle, dans laquelle « des châtiments sont préparés au crime et des récompenses à la vertu  », perdent le statut de citoyen, et ont l'interdiction de professer leurs idées en public. « Les malheureux affligés de maux incurables reçoivent toutes les consolations, toutes les assiduités, tous les soulagements moraux et physiques capables de leur rendre la vie supportable. » On leur conseille en effet de se laisser mourir de faim le plus vite possible.
S'il reste quelques critiques intéressantes malgré tout, elles sont vite noyées par ces abondantes contradictions. Il est difficile pour moi de prendre ce texte au sérieux.
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denis76
  11 avril 2018
Waouh ! La république dont je rêve !
En 1516, Thomas More, juriste, historien, philosophe, humaniste, théologien et homme politique anglais, publie ce petit livre, " L'Utopie" . le mot « utopie » est formé à partir du grec ou-topos, qui signifie en aucun lieu ou bien lieu du bonheur. More, dégoûté des parasites qui pullulent dans les royaumes ( princes, nobles, valets, moines, vagabonds, mendiants, voleurs, etc... ) imagine, à l'apogée des voyages outre atlantique, une rencontre avec un homme, Raphael, qui a échoué dans ce "nouveau" pays, Utopie, et qui en rapporte les moeurs...
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J'ai acheté ce livre à la suite d'une question à "Tout le monde veut prendre sa place".
C'est un ouvrage philosophico-politique dense, où chaque phrase compte. Mais quel bonheur ! Ca fait longtemps que je me demande pourquoi les sociétés vivent avec du "pouvoir" ( des princes ) qui avive l'orgueil, et de l'argent qui stimule l'avidité, deux gros défauts, "péchés capitaux" qui entraînent compétitions cruelles pour le pouvoir et la richesse, sans compter les "personnes de bonne naissance", au détriment des laissés pour compte.
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En Utopie, les maîtres éduquent avant d'instruire, les anciens sont respectés, tout le monde, femmes et hommes, travaillent la terre ou l'artisanat, l'or ne vaut rien, les gens ne possèdent pas leur maison, puisque tout est à tout le monde... comme pour les Zadistes ? le gouvernement, démocratiquement élu sur des principes moraux, donne aux citoyens selon ils ont besoin. C'est le socialisme avant l'heure. Staline en a fait un mauvais usage, puisqu'il est responsable de millions de morts. En Utopie, il y a très peu de condamnés, puisqu'il y a très peu de lois, surtout non "chicanées", mais essentielles, basées sur l'orgueil, l'avidité et la paresse. Ces trois sortes de personnes sont dépossédées et deviennent, pour leur plus grande honte, esclaves des citoyens libres qui sont la grande majorité, et qui sont heureux !
Mais, emballé par le concept, je raconte trop !
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Pourquoi ce système ne fonctionne-t-il pas ? Parce que, je pense, les doux philosophes n'ont toujours pas réussi à dominer par la raison les personnes orgueilleuses et avides, capables d'arriver à leurs fins par tous les moyens.
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Bon, j'espère que les lectrices ne bondiront pas à la lecture de certaines mesures prises pour les femmes en cette époque reculée. Cependant, je note que More les fait toutes travailler, et celles qui veulent guerroyer contre l'ennemi le peuvent, des mesures très modernes.
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More n'a pas eu de chance de vivre sous Henry VIII, "le plus mauvais roi d'Angleterre" selon Harriet Castor, une des biographes de ce roi.... Et zou, More y est passé, en 1535.
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frconstant
  01 février 2018
« L’utopie », quelle idée de lire ce vieux bouquin en 2018 !
Aux yeux de Thomas MORE, ce qui doit fonder la société, c’est la liberté de l’humain, l’existence d’un cadre, d’un minimum de lois pour que toutes puissent être portées à la connaissance et à la compréhension de chacun, sans confiscation de la Justice par quelques compétences strictement réservées aux hommes dit de Loi. Il faut aussi une éducation à l’altruisme, à la gestion du patrimoine commun qu’est la Terre, la société Utopia qu’il convient de développer, entretenir et léguer en bon état aux générations futures.
Parfois, c’est vrai, lourdement chargé de morale et pétri d’intentions d’opposer aux systèmes Anglais et européen de l’époque un modèle qui puisse renouveler la gestion politique des sociétés, le texte de Thomas MORE offre une réponse aux questions que se posent les penseurs de 1516… Est-il pour autant non-significatif pour notre 21e siècle ? Non ! Les luttes de pouvoir existent encore chez nous, l’ordre moral souffre de plus de coups de canif donné au contrat qui devrait lier tout dirigeant et le peuple qu’il prétend servir. Les guerres, la misère, la pauvreté, les castes sociales sont toujours d’actualité et constituent autant de freins à l’avènement d’une démocratie bénéfique à tout un chacun.
Je me devais donc de relire « L’utopie » de Thomas MORE, texte étudié une première fois lors de mes études en Humanités Générales et tenter d’opérer un lien avec un livre de ma pile, « L’individu ingouvernable » de Roland GORI, 2015. Ces lectures seront à mettre en perspective avec d’autres, plus anciennes, qui ont laissé des traces dans mon processus de réflexion sur la gestion publique, «Note sur la suppression des partis politiques » de Simone WEIL et « Contre les élections » de David VAN REYBROUCK). Mon désir reste constant : étoffer ma pensée pour me construire une opinion étayée et porter un regard intelligent sur le modèle de gestion politico-économico-sociale de notre société avec, toujours en toile de fond, la question de notre humanité.
Ce regard, je le souhaite critique, je n’accepte pas l’idée que d’autres puissent penser à ma place et m’imposer un modèle de société que je n’aie réfléchi avant de l’accepter. Je le voudrais aussi bienveillant, je ne souhaite absolument pas critiquer, démolir ou réduire à néant toute affirmation pour le simple plaisir d’exercer un droit d’expression qui ne peut d’ailleurs exister sans réflexion, prise de recul et a priori un peu de neutralité.
Que lis-je, aujourd’hui, dans « l’Utopie » de Thomas MORE ? L’auteur aborde la question de la politique par le biais de la violence, non justifiée à ses yeux, de l’Etat à l’encontre de la petite délinquance… Celle des couches sociales les plus pauvres qui ne voient d’autre solution pour vivre, survivre, que les menus larcins envers lesquels une certaine Justice veut se montrer impitoyable et prête à faire preuve d’une violence n’ayant aucun rapport avec la gravité des fautes commises. Cette justice, selon Thomas MORE, est celle du pouvoir en place, des nantis, adeptes du repli sur soi plutôt que de l’ouverture à l’autre et de la solidarité….
Je dois bien l’avouer, certaines images, très récentes, me sautent aux yeux quand je lis ce texte qui, malgré la patine du temps qui n’en facilite pas la lecture, m’apparaît comme le révélateur, quasi au sens photographique du terme, de la dérive actuelle de nos politiques, migratoires entre autres. Je mesure, 600 ans après, l’ouverture d’esprit qui a marqué son écriture.
Globalement, je suis d’accord avec son interpellation à rêver un autre monde en matière égalité hommes/femmes (même si je sens, chez Thomas MORE, des relents de machisme inacceptables). D’accord aussi avec l’appel à la liberté religieuse (même si la méritocratie y a une large part dans le binôme récompense et châtiment éternels). D’accord, bien sûr, avec la nécessité du respect de chacun et la nécessité de donner aux gens la possibilité d’accéder démocratiquement, sans confiscation de pouvoir, à la prise de décisions politiques, à la gestion de la richesse de l’état, à la lutte contre la propriété au-delà des besoins, à la nécessité de viser des relations établies dans la fidélité, la prise en charge des personnes dans le besoin, le questionnement d’une société de production qui couvre le nécessaire sans appât du gain, surtout s’il est confisqué par quelques-uns qui le plus souvent n’exécutent pas la tâche eux-mêmes. Je reste plus critique par rapport à l’étatisation de l’esclavage (même si je reconnais que le modèle MORE était déjà, en soi, une révolution). Ci et là, je pourrais pinailler et détruire encore quelques idées … mais elles seraient, le plus souvent, tirées de leur contexte et mes attaques ne serviraient pas la recherche honnête de compréhension du texte.
Je m’en tiendrai donc à cet élan vers un monde plus juste, moins brutal, plus harmonieux et plus solidaire.
Utopique ? Oui, certes. Le terme ‘utopie’ lui-même est une invention de l’auteur et la signification semblerait tourner pour lui autour des notions de ‘nulle part’ et de lieu de bonheur’. Ce qui, on le conviendra, est curieux puisque ‘nulle part’ deviendrait alors un ‘lieu’ ! On est donc dans le rêve… et c’est très bien ainsi. Car, in fine, il appartient à l’Homme de transformer ses rêves en projets, de se doter des conditions nécessaires et indispensables pour que les projets aboutissent. Merveilleux défi à relever car, même si le texte ne correspond plus guère à nos styles d’écriture ou de lecture actuels, il me faut reconnaître que cet essai philosophique, cet entretien platonicien, ce récit mythique, bien qu’empoussiéré par le temps, est une belle opportunité pour pointer certains dysfonctionnements d’aujourd’hui et réfléchir à une approche revisitée de la gestion de la ‘Res publica’ !

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InstinctPolaire
  18 mars 2013
… Ou quand un homme habile à raconter des histoires nous parle d'un pays qui n'existe pas. Pensez donc, un pays dont la capitale est baignée par un fleuve qui n'a pas d'eau. Tout ceci ne semble pas bien sérieux. Semble-t-il que que nous soyons incités à percer les secrets de cet étrange récit.
Qui est-il ce mystérieux conteur ? Un marin, qui en ces temps de Grandes Découvertes voyageât avec celui qui donnât son nom au Nouveau Monde. Mais Raphaël Hythloday allât bien plus loin, puisqu'il revint par la Chine. Sur sa route, il croisât donc ce pays qui n'existe pas : L'île d'Utopie dont le nom évoque pour nous aujourd'hui un idéal impossible à atteindre.
Mais bien avant de parler de cet extraordinaire pays, il s'emploie à juger des moeurs de l'Angleterre à l'aune de son expérience personnelle. On pourrai juger sa vindicte décousue : Les Magistrats, les ovins et les Ministres... encouragement à l'insurrection et aux pratiques mahométanes. Encore une fois approchons-nous. Aux Magistrats, cet arpenteur d'une Terre tout juste considérée comme ronde reproche le traitement du sort des voleurs : La pendaison. Elle ne satisfait personne, et surtout pas les victimes qui pourraient préférer réparation du préjudice. Aux moutons, il reproche la plus-value que rapporte leur laine à leur propriétaire qui étendent donc les pâturages au détriment des exploitations vivrières et de leurs métayers... qui n'ont plus d'autre choix que le vol pour vivre. Quand aux conseils des Monarques,, ils ne proposent qu'au soucis de leurs propres ambitions ou qu'au soucis de conserver leur si enviable position.
Ne vaut-il ainsi mieux un pays imaginaire bien administré qu'une terre inique bien réelle ?
Utopie est une industrieuse civilisation principalement tournée vers l'agricole soucis de procurer à tout un chacun les moyens de sa substance. Préoccupation inscrite dans l'activité de tout citoyen urbain ou rural qui doit un temps de service aux champs. Les besoins matériels primaires comblés, les habitants trouvent les joies simples... Dans le plaisir de la bonne santé et dans les loisirs consacrés à l'étude. Bien sûr les plus libertaliens pourront objecter : A confier à tout un chacun une tâche, à obliger tous à vivre en communauté, l' État – aussi démocratique que soit son mode de désignation – nie l'individualisme et la liberté. le conformisme généralisé de la société utopienne n'est que le produit d'un endoctrinement de ses habitants. La renonciation de la propriété privée est un leurre idéologique.
Mais tout de même : Une place pour chacun, un labeur qui ne soit pas abrutissant car effectué par tous et donc mieux distribué, un respect des aînés pour les plus jeunes et inversement, un soucis de juste répartition de l'effort collectif pour satisfaire aux besoins – certes minimum – de tous : N'est-ce-pas une proposition à regarder plus en détail ?
Utopie ! Me direz-vous... Mais n'est-ce-pas exactement pour cela que le mot existe ? Ne le dit-on pas " principe d'espérance" ?
Car sa racine grecque porte à débat. " L'Île de nulle-part " pouvant se transcrire aussi " l'Île heureuse "…
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Kittiwake
  21 juin 2012
L'utopie

Du grec signifiant "endroit heureux", l'Utopie est un pays idéal décrit par Raphaël Hythlodée, qui a pu observer son organisation au cours de ses nombreux voyages.
Fondée sur une base collectiviste, puisque la propriété n'existe pas, la vie dans cette société présente certains avantages : 6 heures de travail quotidien (en comparaison en France en 1840, la durée légale du travail hebdomadaire était de 78 heures!), assurance de manger à sa faim, et d'être correctement vêtu, absence de peine de mort (à l'époque en Angleterre un simple larcin suffisait pour être pendu), pas de guerre (l'état se sert de ses richesses pour rémunérer des mercenaires étrangers en cas d'attaque), la liberté de religion. En contrepartie, la vie quotidienne évoque celle d'une communauté monastique quant à la rigidité des horaires et l'absence de toute fantaisie que ce soir dans les repas (collectif), les horaires et les loisirs très restrictifs ( pas de jeux, pas de chasse). le plaisir est de deux ordres : l'absence de souffrance, résultant souvent de l'assoupissement d'un besoin, ou le plaisir des sens comme celui,procure par la musique.
Peu de références à l'éducation, hormis la nécessité de formater les jeunes esprits dans le sens d'un sens moral en harmonie avec les préceptes de la vie,en société.
C'est donc une société très totalitaire, et assez peu fantaisiste que nous propose cet humaniste, en réponse aux terribles conditions de vie ayant cours en Angleterre à cette époque. Conscient des limites de sa théorie, il termine le récit sur une incertitude quant à la viabilité d'un tel projet. D'autant que l'auteur lorsqu'il rédige le texte à sûrement connaissance de l'Eloge de la Folie de son main Erasme, et qu'il devrait être conscient du rôle de grain de sable que ce travers des humains risquerait de jouer dans une telle organisation
Cet ouvrage a été considère comme les prémisses de la sociologie. Il n'aura pas porté bonheur à son auteur puisque celui ci, après avoir accédé à la charge de Chancelier du Royaume, tombera en disgrâce pour son refus de reconnaître le mariage du roi et d'Anne Boleyn, et condamné à mort.
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critiques presse (1)
Liberation   16 juillet 2012
Les vacances de l’esprit devraient toujours passer par un voyage en Utopie.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (123) Voir plus Ajouter une citation
finitysendfinitysend   12 août 2012
Il existe une foule de nobles qui passent leur vie à ne rien faire , frelons nourris du labeur d'autrui , et qui , de plus , pour accroitre leurs revenus , tondent jusqu'au vif les métayers de leurs terres . Ils ne concoivent pas d'autre façon de faire des économies , prodigues pour tout le reste jusqu'à se réduire à la mendicité . Ils trainent de plus avec eux des escortes de fainéànts qui n'ont jamais appris aucun métier capable de leur donner leur pain .
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denis76denis76   12 avril 2018
Mais l'orgueil, passion féroce, reine et mère de toute plaie sociale, oppose une résistance invincible à cette conversion des peuples.
L'orgueil ne mesure pas le bonheur sur le bien-être personnel, mais sur l'étendue des peines d'autrui.
L'orgueil ne voudrait pas même devenir Dieu, s'il ne lui restait plus de malheureux à insulter et à traiter en esclaves, si le luxe de son bonheur ne devait plus être relevé par les angoisses de la misère, si l'étalage de ses richesses ne devait plus torturer l'indigence et allumer son désespoir.
L'orgueil est un serpent d'enfer, qui s'est glissé dans le coeur des hommes, qui les aveugle par son venin, et qui les fait reculer loin du sentier d'une vie meilleure. Ce reptile s'attache de trop près à leurs chairs pour qu'on puisse facilement l'en arracher.

NDL : c'est pour moi une des plus belles citations que je lis. On sent toute la colère de Thomas More contre ce fléau, l'orgueil. On comprend pourquoi le pays Utopia n'est qu'une utopie.
Cette description de l'orgueil de 1516 me fait penser au comportement des pervers narcissiques, que Marie Farnce Hirigoyen a si bien définis. C'est quasi est la même chose.
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candlemascandlemas   08 avril 2018
N’est-elle pas inique et ingrate la société qui prodigue tant de biens (...) à des joailliers, à des oisifs, ou à ces artisans de luxe qui ne savent que flatter et asservir des voluptés frivoles quand, d’autre part, elle n’a ni coeur ni souci pour le laboureur, le charbonnier, le manoeuvre, le charretier, l’ouvrier, sans lesquels il n’existerait pas de société. Dans son cruel égoïsme, elle abuse de la vigueur de leur jeunesse pour tirer d’eux le plus de travail et de profit ; et dès qu’ils faiblissent sous le poids de l’âge ou de la maladie (...), elle oublie leurs nombreuses veilles, leurs nombreux et importants services, elle les récompense en les laissant mourir de faim. (...) En Utopie, au contraire où tout appartient à tous, personne ne peut manquer de rien, une fois que les greniers publics sont remplis. Car la fortune de l’État n’est jamais injustement distribuée en ce pays. L’on n’y voit ni pauvre ni mendiant et quoique personne n’ait rien à soi, cependant tout le monde est riche. Est-il en effet de plus belle richesse que de vivre joyeux et tranquille sans inquiétude ni souci ? Est-il un sort plus heureux que celui de ne pas trembler pour son existence ?
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JcequejelisJcequejelis   28 juin 2014
La principale cause de la misère publique, c'est le nombre excessif de nobles, frelons oisifs qui se nourrissent de la sueur et du travail d'autrui, et qui font cultiver leurs terres, en rasant leurs fermiers jusqu'au vif, pour augmenter leurs revenus ; ils ne connaissent pas d'autres économie.

1847 - [Librio n° 317, p. 22]
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OrpheaOrphea   06 janvier 2011
La plupart des gens ignorent les lettres ; beaucoup les méprisent. Un barbare rejette comme abrupt tout ce qui n'est pas franchement barbare. Les demi-savants méprisent comme vulgaire tout ce qui n'abonde pas en termes oubliés. Il en est qui n'aiment que l'ancien. Les plus nombreux ne se plaisent qu'à leurs propres ouvrages. L'un est si austère qu'il n'admet aucune plaisanterie ; un autre a si peu d'esprit qu'il ne supporte aucun badinage. Il en est de si fermés à toute ironie qu'un persiflage les fait fuir, comme un homme mordu par un chien enragé quand il voit de l'eau. D'autres sont capricieux au point que, debout, ils cessent de louer ce qu'assis ils ont approuvé. D'autres tiennent leurs assises dans les cabarets et, entre deux pots, décident du talent des auteurs, prononçant péremptoirement condamnation au gré de leurs humeur, ébouriffant les écrits d'un auteur comme pour lui arracher les cheveux un à un, tandis qu'eux-mêmes sont bien tranquillement à l'abri des flèches, les bons apôtres, tondus et rasés comme des lutteurs pour ne pas laisser un poil en prise à l'adversaire. Il en est encore de si malgracieux qu'ils trouvent un grand plaisir à lire une œuvre sans en savoir plus de gré à l'auteur, semblables à ces invités sans éducation qui, généreusement traités à une table abondante, s'en retournent rassasiées sans un mot de remerciement pour l'hôte.
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