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EAN : 9782330073336
211 pages
Actes Sud (01/02/2017)
3.36/5   28 notes
Résumé :
Sur la route de Maastricht, dans les Flandres, la Villa des Roses s'effondre mystérieusement. Frank Doornen, militaire en convalescence, parcourt sans relâche les décombres à la recherche de Lies, la femme qu'il aime et qui vivait là. Mais la jeune femme reste introuvable. C'est Tchip, informaticien ferrailleur dont la gouaille guide le récit, qui le met sur la piste d'Orlandini, un entrepreneur véreux et propriétaire des carrières de calcaire alentour. Il y stocke ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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mollymonade
  23 février 2017
L'intrigue concoctée par Caroline de Mulder nous emmène en Belgique, dans une campagne sans charme aux relents nauséabonds de purin, de choux pourris et de bien d'ordres choses encore.
Un homme y cherche , morte ou vive, la femme qu'il aime et qui a disparu brusquement, avalée ou envolée... Dans sa quête il rencontre une faune inquiétante; des individus louches, déglingués, fantasques, malades ou poètes qui évoluent dans une atmosphère de gadoue putride. C'est une plongée suffocante, qui peut mettre au bord de la nausée, dans les profondeurs d'un monde souterrain rempli d'ordures en tout genre.
Porté par un verbe nerveux, aux accents rocailleux et à la gouaille inventive, ce roman sonde la merditude des choses pour atteindre le coeur pur de la matière.
Un coup de coeur pour ce roman très, très noir et surtout vraiment bien écrit !
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tiben
  16 mars 2017
« de la petite villa en pierre pâles, il reste quelques murs et un tas. Tas de pierres et de gravats, tas de rien. Broyée la Villa des Roses, à terre, des poutres, des châssis de fenêtres, une cage thoracique défoncée avec toutes ses côtes brisées. La structure de la toiture a tenu, mais elle mord la poussière, comme aspirée dans le sol. Une carcasse pulvérisée. »
Très noir, Calcaire est un roman surprenant dans lequel le lecteur est happé, saisi, capturé et oppressé dès les premières lignes. Caroline de Mulder ne nous laisse en effet aucun répit en nous plongeant d'emblée dans les sombres et suffocantes abymes belges.
« Franck Doornen est quelqu'un que l'amour rend généreux. Que l'amour contrarié rend féroce. Assis dans son canapé de cuir, il fume encore, les jambes croisées, les bras derrière la tête sur le dossier. Une fois de plus, il regarde sur son téléphone les photos de la ruine. S'arrête à une image en particulier : celle du signe, tagué au spray de peinture rouge sur un pan de mur. Un S crochu, une barre au milieu. »
Une femme, Lyes, a disparu brusquement. Un homme, Franck, amoureux transi, se lance à sa recherche. Au travers de ses pérégrinations, il va rencontrer de multiples acteurs, aussi louches, inquiétants que dangereux. Bagarre, hacking, secrets, ordures, … Au centre de tout, gravite un homme d'affaires tout puissant : le fameux Orlandini. Que cache-t-il dans les carrières de calcaire souterraines ?
« PLUS PROFOND, plus loin encore de la lumière, dans des interstices plus subtils, de minuscules crustacés ressemblent à des larves blanchâtres incrustées à la pierre. Ils ont perdu leurs yeux, ils ne sentent pas grand-chose. Ils vivent à peine. Ils ne bougent pas. Rien ne bouge. Autour d'eux rien ne bouge jamais. »
Si la nausée est proche, les nombreuses descriptions poétiques nous offrent une bouffée d'oxygène salvatrice. Subtil et remarquable.Il n'empêche, les claustrophobes fuiront certains passages tant leurs descriptions sont réalistes et "expressifs".
« TOUTES LES FONTAINES du grand abîme se sont rompues et les écluses des cieux se sont ouvertes. La mer était partout. L'eau a mangé le ciel. L'eau a enterré les montagnes. Elle a envahi jusqu'aux roches qui autrefois touchaient les nuages, a pénétré dans chacune de leurs failles, chacun de leurs creux, tout se remplissait, et l'air qui s'y trouvait est remonté. Elle a léché la pierre, et l'a caressée, mordue de ses courants salés. Elle a bercé les charognes, bercé les morts, a nettoyé, blanchi leurs os, d'un blanc lumineux, blanc lumière, sauf que l'obscurité envahie de courants froids, et tout au fond , l'eau était si lourde qu'elle a broyé comme de vulgaires coquillages le squelette des animaux les plus forts. »
Je ne suis pas fan de ce genre de textes, encore moins de cette atmosphère aussi nauséabonde que malsaine. Dès les premières lignes, je me suis demandé si j'allais aller au bout. La réponse est oui! Et sans aucune difficulté finalement. Je dois reconnaître que les qualités littéraires de cet opus sont nombreuses : le style très rythmé, varié et différent en fonction des chapitres puisqu'adapté à chaque personnage nous pousse à en vouloir en savoir toujours davantage ; Fascinant et addictif.
« Il marche et marche dans cette sale campagne sèche comme un os. LA lumière lui plie le visage et le fait suer. Sel et eau, il suinte dans ses sucs, baigne dans son propre jus. Pense à Lies, en regardant s'éloigner la voiture. Elle disait qu'elle était morte dedans, en elle tout était éteint. Qu'elle ne sentait plus grand-chose et précisément grâce à ça, elle avait tenu et supporté. Morte dedans, tu veux dire quoi exactement, ma pauvre chérie. Que j'ai renoncé, et elle abîmait les mots avec son accent éraflé, rocailleux, roulant comme des pierres dans l'eau »
L'écriture superbe, travaillé, poétique et rude, voire vulgaire est clairement pour moi le gros point fort; les personnages aussi atypiques, malsains que complémentaires, sont loin d'être attachants, mais on éprouve de l'empathie pour eux (notamment pour ce liutenant Franck Doornen) ; enfin l'intrigue, originale et bien construite, va crescendo afin de nous garder en haleine tout au long de l'opus.
« Sans indiscrétion, on va faire comment, luitenant, pour retrouver une malade inconnue dans un hôpital ? C'est un peu comme une fleur dans un pré fleuri, un diamant dans une rivière, ou, pour le cas qui nous concerne, un cadavre dans un charnier, une poussière dans un cimetière – je pourrais continuer comme ça longtemps, c'est mon côté poète. Parce que vous voyez on va avoir du mal à se faire aider, y a le secret médical. Bref, on est pas sortis de cette auberge à grabataires, dernier arrêt avant le terminus. »
Ce roman marque profondément et longtemps. On est loin du page turner, de la lecture d'été ou du roman de gare. Ne pensez pas être délivré une fois la dernière page tournée, il restera en vous encore un certain temps, vous pouvez me croire. D'autant plus que l'auteur suggère souvent et votre inconscient fait le reste... Fascinant vraiment mais également effrayant quand on y pense.
Chapeau l'artiste ! Une sacré découverte que je vous incite à faire également. N'hésitez pas à me faire part de votre avis ensuite ici ou ailleurs ;-)
« j'étais en légitime défense d'amour propre »
4/5


Lien : https://alombredunoyer.com/2..
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croquignol
  28 avril 2021
Collection "Actes noirs" parfaitement justifiée.
Actes noirs. Idées noires, aussi (salut à toi, ô Franquin).
Roman noir, beaucoup plus qu'un simple roman policier. Des échos du "Silence des Agneaux" dans le labyrinthe de calcaire qui abrite des... bizarreries dirons-nous.
Langue âpre, violente, très suggestive, peu fréquente chez une écrivaine. Despentes s'y est essayée qui s'y est cassée les dents. le style haché m'a irrité au début, puis l'auteure l'apprivoise et le mûrit, et il devient force là où il n'aurait pu être que tic pénible. L'écriture m'a fait penser à celle de Joseph Incardona (c'est un compliment).
Une note particulière à mes ami.e.s (ou pas) belges, surtout si vous avez des notions de flamand, vous allez vous retrouver en terrain connu (autour de Maastricht en l'occurrence) : l'auteure, même si elle écrit en français, glisse dans la bouche d'un de ses (savoureux) personnages, Tchip, des expressions flamandes de son cru. J'allais dire que ça fait bien couleur locale, mais je sens déjà venir le haro sur le bidet (sic, c'est Tchip qui m'a contaminé).
Non, je ne terminerai pas en disant que Caroline de Mulder est belle et talentueuse. Ah ben si en fait.
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Labelettedusud
  22 octobre 2017
ENFIN ! Enfin, un polar que j'emmènerais bien sur une île déserte ! C'est vous dire ! Tout y est insolite, à la marge.
Les personnages d'abord.
Mal en point, décalés, cabossés, à la marge de la société, de la loi, de la folie.
L'intrigue ensuite.
Une enquête atypique, un récit brillamment élaboré, un suspense distillé avec soin sans grosses ficelles pour vous faire regretter d'avoir consacré du temps à la lecture d'un polar. Des sujets de société abordés de manière intelligente.
Mais surtout, surtout …. Il y a l'écriture …
Une écriture taillée dans le roc, une belgitude assumée.
Le style de Caroline de Mulder pique votre curiosité dès les premières lignes, vous happe, percole à travers votre cerveau, exige attention et lecture en apnée.
Son pouvoir d'évocation convoque tous vos sens. Vous avez froid, vous sentez l'odeur de pourriture, vous êtes perdu dans les entrailles des vies brisées, les noires cavernes de l'âme humaine et le labyrinthe de la folie des hommes.
Puis, finalement, dans les dernières pages, Caroline de Mulder a pitié de vous et vous ramène à la lumière, hagard, désorienté, sonné par tant d'inattendu.
Mais pour vous, c'est trop tard, vous êtes contaminé par son style aussi puissant que l'odeur de charogne en décomposition. Curieusement, c'est l'absence d'hémoglobine qui finit par déranger le plus. C'est du noir intense. de celui qui vous colle à la peau.
En refermant ce livre, vous n'aurez qu'une envie : sortir pour réapprendre à votre corps à respirer à l'air libre.

Lien : https://belettedusud.wixsite..
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saigneurdeguerre
  11 août 2018
Un polar noir de chez noir ! Une écriture abrupte, brève, tranchante, unique, originale... Cela passe ou ça casse ! Tout le monde n'est pas prêt à suivre l'auteure («auteure», «autrice», «écrivaine»,... je m'y perds un peu) tant son écriture bafoue les normes, choque les oreilles châtiées, mais renforce l'efficacité des atmosphères plombées qui émanent de ce récit.
Un officier qui se remet lentement d'un AVC, le luitenant Frank Doornen (lieutenant, pour ceux qui ne parlent pas flamand) aime. Il aime une femme fragile que la vie (et les hommes) n'ont guère épargnée. Elle aussi l'aime. Il devait passer la prendre, mais il a eu un malaise, conséquence de son AVC. Quand il se présente quelques heures plus tard à la fermette de pacotille qui abrite sa dulcinée, il ne trouve plus qu'un trou qui a avalé la "villa". Mais où est passée Lies ? Point de corps sorti par les pompiers des décombres de cette baraque construite sur du vide, le vide des carrières de roche calcaire extraite sur des kilomètres. Frank veut à tout prix retrouver Lies, morte ou vive. Il commence son enquête dans un univers de déchets toxiques où règne Monsieur Orlandini, puissant homme d'affaires, protecteur de Lies et corrupteur de tout ce qui a un peu ou beaucoup de pouvoir dans la région. Heureusement, il pourra compter sur Tchip, ferrailleur, recycleur, informaticien...
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   10 mars 2017
Caroline De Mulder explore une Flandre souterraine, sinistre et inquiétante.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Actualitte   02 février 2017
Caroline De Mulder revient en terres mosanes et elle y décline un polar sombre à l’issue improbable. Sur les talons d’un policier, elle nous entraîne dans une enquête aux indices dispersés et aux contours indécis.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
croquignolcroquignol   25 avril 2021
Et donc un jour qu’on venait de vider les conteneurs d’un immeuble et qu’on repartait gentiment, une Porsche Cayenne nous dépasse, elle pile, s’arrête de biais devant le camion-benne et bouche le passage. Un type descend, frais comme un gardon et sapé comme un milord, il a tout son temps, il ouvre son coffre tranquille, il prend deux sacs poubelles pleins à crever, à bout de bras pour pas salir sa belle veste, et sans un mot, il me les tend, à moi qui suis sur mon marchepied. Je descends, pas un mot non plus. Et au lieu de lui prendre ses poubelles, je lui mets un pain. Batman aussitôt essaie de me maîtriser, et là rapplique l’autre con, qui a lâché ses sacs dont un s’est répandu. Bref, ça dégénère. Après ça, je me suis fait virer, alors même que j’étais en légitime défense d’amour-propre. Soi-disant que ça arrive tout le temps, des mecs des beaux quartiers qui veulent pas attendre le passage et nous, on a qu’à prendre et la fermer, mais moi j’ai le cœur sur la langue "op de tong", et je leur dis merde.
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croquignolcroquignol   27 avril 2021
Sortir de cet enfer, ce trou à rats crevés, ce charnier de volatiles. De ce tombeau inondé. Frank Doornen, tout secoué, se lève, de nouveau les pieds dans la mort liquide et noire et rougeâtre, les pieds dans le sang dilué, marche dans du cadavre déterré, de la charogne gorgée et fragile comme de l’éponge. Il a autour du cou le vêtement en strass, mouillé, collé, il respire et boit son parfum de marécage et de chair avariée. Gluante et rêche, le démange, l’étrangle. Il a les yeux grands, presque sortis, presque fous, une bouche de noyé. Il scrute au briquet la porte. Fer. Rouille à cœur.
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rkhettaouirkhettaoui   21 février 2017
Et tant pis pour celles qui jettent leur âme aux ordures, en pensant que les ordures ça disparaît, comme par magie, vous jetez, et hop ça s’évapore. Je vais vous dire un secret, luitenant, ça s’évapore pas. Pas du tout même. Ça s’entasse, ça dort. Ça vous attend au tournant. Et la mémoire de ces dames, elle reste là, intacte, leur cœur continue à battre au milieu des déchets, leur tête à rêver, tout en mordant à belles dents la poussière. Ah j’aurais pu être maître chanteur ! Les traîtresses, les traîtres cœurs ! L’amour, ce bâtard de Bohême. Mais loin de moi l’idée ! Je suis de leur côté, nous partageons elles et moi cette manie de coucher sur le papier, ce dangereux besoin de mots.
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LabelettedusudLabelettedusud   22 octobre 2017
Il élimine ce qui souille et s'en met plein les doigts. Il veut se rincer l'âme et il a les mains sales. Il veut se venger des monstres qui tuent sa mère et commence à leur ressembler. Que l'ordure périsse avec l'ordure.
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rkhettaouirkhettaoui   21 février 2017
Que mettre, c’est insensé, cette armoire qui dégorge de fringues fines et sexy, mais rien ne va, frénétique elle fouille, vire au sol. Ce qui ne va pas, c’est qu’on les lui a payés, ces vêtements de pute. Elle est toujours en soutien-gorge et culotte. Sept minutes. Elle hésite, se décide à prendre les habits dans lesquels elle est arrivée, un jeans trop juste et un pull de strass blanc écorché. Le passé la rattrape de nouveau, pas pleurer, pas le temps. Six minutes. Enfiler tout ça. Cinq. Maintenant le rouge à lèvres, toujours à poser en dernier, c’est le plus délicat. Y aller sec, et intense elle manie le bâtonnet.
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Videos de Caroline de Mulder (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Caroline de Mulder
Caroline de Mulder publie "Manger Bambi", aux éditions Gallimard. Dans cette oeuvre littéraire, l'héroïne est une adolescente de 15 ans, surnommée Bambi, meneuse d'un gang de filles pratiquant le sugardating. Cette activité, pratiquée par des jeunes femmes, consiste à séduire des hommes d'âges mur via des sites web. En échange, elles sont entretenues financièrement par ces derniers.

Dans "Manger Bambi", le vice est poussé à l'extrême puisque la protagoniste pratique son activité avec violence et sang-froid, afin d'extorquer un maximum d'argent. Jusqu'au jour où les rôles s'inversent... Dans ce cinquième roman, à la fois sombre et beau, Caroline de Mulder aborde un sujet tabou : la violence féminine. 


Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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