AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782809712520
240 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (20/04/2017)
3.74/5   38 notes
Résumé :
Au début des années 1930, un jeune chercheur en géographie humaine se rend dans une île isolée au sud de Kyûshû. Une île petite et dense comme un bonsaï où, entre mer et montagne, il chemine dans la forêt de brume ou les villages accrochés aux pentes abruptes, attentif à la moindre rencontre, animaux, fleurs ou humains. Il cherche les ruines d'un immense monastère bouddhiste, recueille les croyances anciennes, mène de longues conversations avec un ancien marin retir... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
3,74

sur 38 notes
5
5 avis
4
7 avis
3
4 avis
2
1 avis
1
0 avis

Bookycooky
  01 juin 2017
"Oh ! Un mirage. Un mensonge de la mer !"
Osojima, l'île " lente", au Sud des innombrables îles de toutes tailles qui constituent l'archipel japonais,
Entre les deux guerres,
Akino, un étudiant du département de géographie humaine de l'Université K., le temps d'un été, y vient et loge à "La Paupière du Dragon". Un visiteur, " une personne rare ", pour l'île. En apparence il y serait venu pour des recherches scientifiques, et en écrire un mémoire, mais sa vraie recherche est ailleurs. Les secrets de l'île, ses rencontres et un guide vont l'y aider. La trouvera-t-il ?.....
Alors que l'île abrite un monastère bouddhiste de plus de cinq cents ans, au début de l'ère Meiji, en 1872, un mouvement est lancé pour détruire le bouddhisme, -ici appelé le Shugendô, une tradition millénaire japonaise à forte dominance Bouddhisme Vajrayana, qui prône l'ascèse -, au profit du shintoïsme et ceux sont des hommes originaires de clans ayant autrefois appartenu à cette île qui vont s'en charger. Etrange non ? détruire ses propres fondements.....
Un livre à sensations fortes, où la communion avec la Nature et ses esprits en constitue la base. Une communion qu'Akino va vivre et la partager avec nous à la lueur des souvenirs tragiques de sa vie privée......" sentir l'impermanence des choses".
("Oui. Ça vous secoue. Terriblement. Quelque chose, c'est sûr, était là avant, on sent que c'est là. On sent très bien qu'il reste quelque chose dans l'air même si la chose elle-même a totalement disparu. Mais peut-être que cela me secouait déjà avant de venir ici, ce n'en est peut-être que le prolongement… Même si je sais que rien ne dure, je n'arrive pas à m'y faire.").
Si vous voulez faire un long pèlerinage naturaliste dans la montagne au Japon, sur les traces des vestiges de monastères bouddhistes fantômes,
connaître ou peut-être même avoir la chance de rencontrer les moines de la pluie, les "Funadamas" qui habitent les bateaux de l'île, les " kappa" , les génies de l'eau, les "monomimi",les" gens "de l'île qui font le lien entre les vivants et les morts, "les nadakazé", les vents du large malfaisants, de divers couleurs, noirs et blancs, les "tobi-io", les poissons volants, les saros qui se figent avec le froid et les "Umi-uso", les mensonges de la mer,
et en prime goûter de la langouste en sashimi........,
alors n'hésitez pas à lire ce magnifique petit livre, qui est avant tout une réflexion
sur l'éphémère de la vie et trouver " un point d'appui " pour vivre dans ce monde.
Je vous laisse découvrir ce livre dont je vous ai révélé que le début, et ce n'est pas que l'histoire d'un pèlerinage dans la montagne......
Un coup de coeur ! Merci Pamplemousse !

"La forme est vide, la vacuité est forme"
"Niraikanai. L'au-delà....
Au-delà de la rive, se trouve un lieu sans nom."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6910
LePamplemousse
  29 mai 2017
L'impermanence c'est, pour les bouddhistes, le fait que tout change sans cesse, que rien ne reste jamais dans le même état.
Les lieux, la nature et les gens changent tout le temps, tout est amené à évoluer, à subir les assauts du temps ou des hommes, il faut donc d'autant plus profiter de l'instant présent, et cela devrait nous pousser à apprécier, savourer et chérir chaque moment agréable, chaque lieu visité, chaque personne rencontrée tout au long de notre vie.
Ce roman est un pur moment de sérénité et de lenteur, comme une parenthèse dans nos vies qui vont bien trop vite.
Pendant 200 pages, nous cheminons aux côtés d'un homme qui étudie la géographie humaine, sur une petite île japonaise isolée.
En compagnie de cet homme, nous allons arpenter les chemins montagneux de l'île le matin à la fraîche, nous allons tomber nez à nez avec un râle d'eau, nous allons explorer des grottes oubliées, nous allons apercevoir furtivement un saro, une sorte de bovidé ressemblant à une chèvre, nous allons goûter à des mets qui sentent la forêt, les algues marines et les oignons sauvages, nous allons caresser de vieilles pierres centenaires, traces infimes d'un monastère détruit, nous allons faire un bond dans le temps, nous allons fermer les yeux et sentir le vent qui vient de la mer sur nos visages, nous allons marcher, transpirer, respirer, manger, réfléchir, rêver, et chaque geste sera accompli avec plaisir, chaque instant fugace sera ressenti avec intensité.
Petit bijou de fraîcheur à l'écriture délicate, ce roman lumineux a égayé mon week-end.
Je remercie chaleureusement Babelio et les éditions Philippe Picquier pour cet envoi, qui fut un véritable cadeau.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          506
lafilledepassage
  26 août 2020
Il y a des musiques et des romans qui se marient merveilleusement … En écrivant ce petit billet, j'écoute un disque déniché aux puces dimanche dernier : Erik Satie et ses gymnopédies (qu'on peut probablement trouver sur internet aussi, pas besoin d'aller à la brocante). Et je trouve que les notes délicates de piano suspendues au-dessus du vide ont la fragilité des mensonges de la mer.
Ce roman nous emmène dans un paradis perdu, quelque part sur une île isolée, au large de Kyûshû, un endroit entre terre et mer, et dont les lieux portent des noms poétiques (j'avais constamment l'impression d'être en Chine, car c'est le propre de la langue chinoise de nommer joliment les lieux, non ?).
La nature y est un temple où chaque plante, chaque caillou, chaque animal est vénéré comme une divinité. C'est une invitation au calme, au silence, à la rêverie et à la nostalgie. Plaisir assuré pour une fille de passage en quête de recueillement et qui a aimé côtoyer les moines de la pluie, les sanctuaires oubliés envahis par les herbes. Et les mensonges de la mer.
La conclusion de ce roman pourrait être : « Nous suivons un long usogoé, un long, un très long chemin. Au-delà de la rive, se trouve un lieu sans nom». Puisse votre chemin être le plus fantastique possible !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4110
Biblioroz
  28 mars 2019
Osojima, l'île « lente », une île japonaise fictive au relief montagneux, à la forme d'hippocampe. Une île d'où l'on peut voir fugitivement des mirages de la mer.
Un lac, la lueur de la lune, des brumes matinales, des côtes escarpées et une odeur maritime.
Akino, professeur de géographie humaine, nous offre des pages apaisantes qui détaillent les différents lieux, de la tête à la queue de l'hippocampe, en passant par son oeil, son ventre, sa colonne vertébrale faite de montagnes.
Comme un cours de géographie, calmement, simplement, il nous dépeint la faune et la flore, les particularités des habitations, le climat.
Comme en apesanteur, accompagnés du bruit des cigales, nous évoluons entre chênes, lauriers, camélias, fougères arborescentes en croisant parfois papillons, chèvres sauvages, saro, poissons volants.
Avec une écriture pure et sans artifice, une véritable symbiose avec cette île s'installe inévitablement lors de cette lecture.
Dans les vestiges d'un monastère et en interrogeant les quelques habitants dont il fait la connaissance, Akino tente de compléter les recherches d'un collègue disparu au sujet de faits historiques religieux.
Fragilisé par des deuils successifs, on pressent que sa quête a sûrement plusieurs finalités.
Ce fût une promenade apaisante, contemplative, doublée d'un petit cours d'histoire sur les courants religieux du Japon. C'est aussi une belle réflexion sur le temps, le chemin de la vie, le monde changeant.
Tout au long de cette lecture, j'étais comme dans une bulle, à arpenter cette île au côté du narrateur, silencieusement.
À lire lentement, pour en extraire toute la puissance harmonieuse de la nature et des relations humaines respectueuses et d'une extrême simplicité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          322
blandine5674
  14 novembre 2018
Transformation de la beauté et du passé historique d'une île japonaise par le tourisme. Il ne se passe pas grand-chose et pourtant l'essentiel y est. L'observation de la nature, de la flore et de la faune que la course au profit va détruire. Désespoir du jeune géographe, héros de l'histoire, qui dans le futur y retournera parce que son fils fera parti de l'équipe du 'progrès'. Tristesse également pour le lecteur qui a parfois assisté à la destruction d'un paysage qu'il a admiré et qui lui rappelle des souvenirs heureux. Merci Bookycooky
Commenter  J’apprécie          383

Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   30 mai 2017
...ce genre de ficus, lui, s’accroche d’abord à des terrains aussi hauts que possible et de là entame son existence........Si ce qui lui sert de support est un organisme vivant (un arbre, en l’occurrence), avec le temps, peu à peu, il le recouvre entièrement, l’empêchant finalement de respirer, jusqu’à le faire mourir. C’est pourquoi ce ficus s’appelle aussi « l’arbre étrangleur ».......Il en use comme d’une sorte de « support » mais c’est de la terre sur laquelle il étend ses lianes qu’il se nourrit.
L’idée me traversa l’esprit que cela ressemblait aux nations et aux sociétés que construisent les hommes. Elles prennent pied sur un territoire qu’elles donnent l’impression de protéger par les lois qu’elles créent, or, en réalité, elles ne font que déployer un réseau de règles qui semblent faire prospérer ce sur quoi elles sont installées, mais, si l’on y regarde de plus près, on découvre que cette chose est exsangue ou que seule sa structure extérieure continue à se développer en maintenant plus ou moins sa forme initiale. Il s’agit donc d’une momification. Mais qui dépend aussi de la destinée sans doute. Alors, même exsangue, il est possible que l’intérieur continue quand même à vivre…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          442
BookycookyBookycooky   01 juin 2017
La lune qui avait commencé à monter tardivement dans le ciel venait poser son œil brillant sur le toit de cette petite cabane au milieu de la montagne. Si je ne m’étais pas réveillé par hasard, je ne m’en serais pas aperçu, ni personne d’autre, et la forêt serait simplement restée une forêt baignée de lumière, dans l’ignorance des hommes.
Je me levai et sortis. Il faisait si clair que mon ombre se dessinait sur le sol. Le chant discret des insectes nocturnes de la fin d’été résonnait autour de moi. La lune dessinait de son éclat blanc la silhouette du mont Shiun. Solennellement, sans le vouloir, je me retrouvai agenouillé, la tête inclinée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
BookycookyBookycooky   01 juin 2017
Le temps ne file pas à toute vitesse sur une ligne droite, le passé et le présent se retrouvent alignés devant nos yeux, à égalité, comme s’ils étaient à notre disposition pour être étudiés, sélectionnés. La perte était ce temps qui tombait au fond de moi et s’y accumulait.
Commenter  J’apprécie          361
blandine5674blandine5674   14 novembre 2018
Quand on se laisse flatter et tromper par les forts, quand non seulement on ne s’occupe que des faibles mais qu’en plus on les exploite, quand on ne sert que son seul intérêt, alors on vit dans un monde bestial où chacun ne pense qu’à sa propre survie. Quand on traite l’autre comme un ennemi, quand on ne pense qu’à triompher de lui, quand on est jaloux, envieux, alors on vit dans le monde de l’oppression et de l’impuissance…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
lafilledepassagelafilledepassage   26 août 2020
Il y avait peut-être quelque chose de miraculeux dans ces moments passés dans un espace clos entouré d’une épaisse forêt, alors que chacun de nous, oppressé par ses propres sentiments, ne supportait plus cette tension intérieure et, sans tomber dans ce qui aurait pu être d’assez conventionnels épanchements, ne retenait cependant pas tout en soi ; ces quelques soirées dans la maison de Morikata, ces discrets moments de relâchement, en ce qui me concerne du moins, sont comme une chose organique susceptible de se déliter et que je préserve avec le plus grand soin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110

autres livres classés : littérature japonaiseVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2372 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre

.. ..