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EAN : 9782714473257
300 pages
Belfond (14/01/2016)
  Existe en édition audio
3.49/5   354 notes
Résumé :
Evénement ! Après trente-sept ans, Haruki Murakami autorise enfin la publication de ses deux premiers romans, Écoute le chant du vent, prix Gunzo 1979, et Flipper, 1973, tous deux totalement inédits.

J'écrivais toujours sur la table de la cuisine, tard dans la nuit, jusqu'au petit matin. C'est la raison pour laquelle je nomme ces deux romans « écrits sur la table de la cuisine ». Avec beaucoup d'amour et une certaine gêne...

Pour rien a... >Voir plus
Que lire après Ecoute le chant du vent (suivi de) Flipper, 1973Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
3,49

sur 354 notes
En ce temps-là, il écrivait toujours sur la table de la cuisine, tard dans la nuit, jusqu'au petit matin. Il s'appelait déjà Haruki Murakami. C'est toujours émouvant d'assister sous nos yeux à la naissance d'un écrivain qu'on aimera plus tard, furieusement...
Ecoute le chant du vent (suivi de) Flipper, 1973 sont ses deux premiers romans. Figurant dans un seul volume où l'auteur en explique la genèse, cela les rend à jamais indissociables, ne serait-ce que dans mon coeur.
Je suis entré de plein pied dans l'univers fantasque, un peu mystique, décalé, pour ne pas dire déjanté, de l'écrivain. Il y a comme une ambiance douce-amère qui se dégage de ces pages en partance... Tout est un peu là déjà sans l'être encore vraiment...
Le narrateur, un jeune homme,- c'est Haruki Murakami à n'en pas douter, amateur de bières, de filles, de jazz et de mélancolie...
Dans le premier roman, l'été est là avec son insouciance, la chaleur des jours qui semblent s'étirer indéfiniment.
Une main féminine apparaît innocemment , il lui manque un doigt à la main gauche. C'est peut-être un détail pour vous... Mais cette jeune fille vient se frayer un chemin dans les pas et les gestes du narrateur le temps de cet été où il ne se passe presque jamais rien.
Presque. Tout est là chez Murakami et commence presque ici pour notre joie...
Ce premier roman dit avec humilité la naissance de l'écriture, de l'inspiration, des premiers mots qu'on jette sur une page vierge. C'est une écriture inspirée du quotidien, un quotidien banal, mais pourquoi ne pas lui donner du sel ? J'ai vu émerger les thèmes, les univers, les chemins de Murakami... Déjà.
Derrière la désinvolture d'un été insouciant, la musique des Beach Boys, des bières qui coulent à flot, deux amis ici veulent devenir écrivains, rien que pour cela, même si l'un d'eux s'appelle le Rat, même s'ils fréquentent tous deux le J' Bar, on a seulement envie de les écouter.
J'ai retrouvé le Rat, cet ami rencontré lors d'un précédent récit, La course au mouton sauvage. Chez Murakami, le passé et le présent sont tels qu'ils sont, presque dérisoires. Avec le futur, il existe un « peut-être ».
Dans le second roman, nous découvrons le narrateur pris dans sa lecture de la critique de la raison pure, de Kant, tandis que son existence est bousculée par l'arrivée dans son appartement de deux jolies soeurs jumelles qui passent leurs journées au lit à faire des mots croisés et leurs nuits à se blottir tout contre lui. Il semble qu'au début, sa lecture philosophique n'en fut pas troublée.
Ne connaissant pas la portée de la critique de la raison pure, je me suis alors demandé si, moi-même, plus jeune bien sûr, me retrouvant dans une telle situation, deux jolies soeurs jumelles déboulant dans mon lit, aurais-je pour autant lâché ma lecture de cette oeuvre philosophique essentielle ?
Il y a de la tendresse dans ces deux récits, il y a de la douleur aussi qui ne dit jamais son nom.
L'ennui est un magnifique paysage, dans l'attachement aux choses simples.
La mort guette en embuscade.
L'art de Murakami, ce sont ces fausses digressions, le quotidien le plus banal, le plus ordinaire, traversé brusquement par la transgression d'un élément, d'un geste, d'une rencontre...
Quant aux jumelles... Les voir traverser ainsi sa vie, nos vies forcément de lecteur, ma vie donc... Les voir ainsi dans la lumière de l'automne... Quel bonheur !
Et puis, il n'y a que Murakami pour dire la passion pour les flippers, pour l'un d'entre eux en particulier, une passion charnelle, presque érotique, dire cette rencontre avec la machine, la bête, dire ce désir de manière touchante et échevelée...
Ces deux récits se parlent forcément, comme deux échos, évoquant l'amitié, la fraternité, jetant une tendresse infinie autour des personnages comme un halo de lumière.
Certes, ils n'ont peut-être pas encore la force tellurique de l'oeuvre qui viendra plus tard, mais ô quelles sont belles déjà les fondations.
Un puits que l'on creuse dans son esprit pour y déverser ces petits riens qui traînent dans nos pas désabusés, et là-haut tout là haut, il y a ces oiseaux par-dessus tout, dans les interstices du ciel...
Écrire pourquoi ? Écrire pour ne pas oublier.
Jamais.
Ces deux récits ont la beauté d'un jour paisible de novembre où une lumière diaphane brille sur toute chose.

Je dis ici un grand merci à ma camarade bretonne qui m'a permis de découvrir ce magnifique livre.

♫ I, I love the colorful clothes she wears
And the way the sunlight plays upon her hair ♬
♫ I hear the sound of a gentle word
On the wind that lifts her perfume through the air ♩ ♩ ♩

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Après avoir lu Kafka sur le rivage qui m'a envoûtée, j'ai voulu découvrir l'auteur et quoi de mieux que ses premiers écrits (sur une table de cuisine), alors qu'il gère un petit club de jazz à Tokyo avec sa femme.
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Un jeune homme dont le nom ne nous sera pas révélé traîne dans un bar avec un ami qu'il y a rencontré, le Rat, homme riche et porté sur la bouteille, qui hait les riches.
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Un soir, dans ce même bar, notre ami croise le chemin d'une belle jeune femme à laquelle il manque un doigt. Chouette histoire qui emprunte des chemins inattendus.
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Dans le récit qui suit, Flipper, le jeune homme est obsédé par le souvenir d'une ex-petite amie qui s'est suicidée. En toile de fond de ses délires, un flipper est omniprésent.
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Haruki Murakami n'a autorisé que relativement récemment la traduction en français de ces deux nouvelles.
Ses tout premiers écrits, souvenirs de jeunesse auxquels il a toujours refusé de toucher par la suite.
Ça m'a rappelé Bouffanges qui refuse également de toucher à son premier recueil de nouvelles, Abîmés.
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Les récits sont très poétiques, on sent la grande plume qui "sévit" déjà, et les dialogues sont remarquables.
S'il est vrai que ses écrits suivants sont beaucoup plus élaborés, la "patte" Murakami était née.
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J'adore les versions brutes de décoffrage, et j'ai été servie. On part un peu dans tous les sens, c'est décousu, mais l'auteur suit son fil et on retombe sur nos pieds.
Je n'ai pas eu l'impression que ces textes servaient d'exutoire à l'auteur. J'ai plutôt senti qu'il se faisait vraiment plaisir en couchant tous ses mots sur le papier. Et j'ai aimé ça.
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Pour résumer, deux courts textes sympathiques, références culturelles intéressantes, onirisme à tous les étages, voyage labyrinthique.
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Si vous appréciez tout ça, laissez-vous tenter. Je pense néanmoins qu'il faut déjà avoir lu l'auteur dans une oeuvre plus aboutie pour vraiment apprécier le sel de ces textes.
Sans ma lecture précédente de Kafka sur le rivage, je ne sais pas si j'aurais autant accroché.
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Combien d'années attendais-je ce moment ? Plusieurs décennies, facilement. Je me souviens de ce premier achat murakamiesque. Un titre intrigant, une histoire de mouton sauvage, une course à travers le Japon. Je l'ai relu trois fois. A minima. Alors c'est dire mon attente et mon impatience à lire, à découvrir, les deux premiers volets de la trilogie dite du « Rat ».

Je ne parlerai pas de premiers romans pour cette histoire mais d'un premier pied à mettre dans l'univers de Haruki Murakami. Deux nouvelles, que certains trouveront sans intérêt. C'est vrai ça, quel intérêt peut-on trouver à lire les histoires de cul d'un gars avec deux soeurs jumelles ensemble dans un même lit. Et cette passion pour le flipper – pour les plus jeunes d'entre vous, il s'agit d'une grosse machine qui fait un bruit dingue et que l'on s'évertue de remuer dans tous les sens pour pas que la boule d'acier ne tombe dans le trou. Aucun intérêt. Sauf pour un bison.

Je suis du genre à tout lire de Haruki Murakami (comme de Paul Auster). Et le pire, c'est que je prends mon pied à chacune de mes lectures. Et si j'écoute le chant du flipper au milieu du vent n'a pas la force et la puissance de ses écrits futurs, il a déjà la base onirique si chère à l'écrivain. J'ai lu, j'ai adoré, et je le lirai de nouveau. Pourquoi ? Je ne sais pas. Pourquoi est-ce que je bois des bières aussi ?

N'as-tu jamais rêvé de te trouver au pieu au milieu de deux jumelles, aussi belles que semblables, et que tu ne peux donc nommer de peur de te tromper. N'as-tu jamais rêvé de te trouver dans un hangar froid et blafard, l'oeil hagard et la main fébrile à caresser la cuirasse de ce flipper. Moi si. Cela doit être donc pour cette raison que je tournai furieusement les pages avant de ne faire TILT.

Mais entre les jumelles et ce flipper, tu te demandes ce que tu pourras bien y trouver ? En fait pas grand-chose d'autres, juste des coques de cacahuètes, des verres de bières, des shots de whisky. Et de la musique, un juke-box composé de jazz et de rock, de la fumée de cigarettes s'échappant dans les vapeurs d'une marmite de riz.

Ce livre est un rêve ouvert dans lequel mes pensées peuvent s'évader ; et moi quand on me sert une bière à chaque page, mon esprit s'évade dans des hauteurs abyssales de plaisir et de volupté, même littéraires. Pour peu que je croise le cul de deux soeurs jumelles, ce n'est plus mon âme qui s'élève mais mon sexe qui se dresse. Cela dit, comme tout est relié chez moi, j'atteins le nirvana.
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À la lecture des deux premiers romans de Haruki Murakami, édités en français, en un seul volume, trente-sept ans après leur parution au Japon, j'éprouve la sensation d'assister à la naissance de l'écrivain. La préface qu'a écrite Haruki Murakami en juin 2014 m'a fait pénétrer un peu plus son intimité. Dans Écoute le chant du vent ainsi que dans Flipper, 1973, je retrouve, avec plaisir, le Rat personnage dans La course au mouton sauvage et Danse, danse, danse. Que du bonheur lorsque je lis un livre de Haruki Murakami !
Je choisis de ne rien écrire sur ces deux histoires, j'ai exprimé mon ressenti et encourage les lecteurs à découvrir ce grand Écrivain. J'ajoute une impression : la couverture est magnifique
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Lorsque j'ai lu en fin d'année dernière sur le Magazine littéraire auquel ma belle-mère est abonnée que les deux premiers écrits de Haruki Murakami allaient être réédités en ce début d'année 2016, je savais déjà que je me laisserais tenter. Cependant, j'avoue que j'avais un peu d'appréhension car connaissant l'auteur actuellement, je ne savais pas à quoi m'attendre avec ses deux premiers écrits et j'avais extrêmement peur d'être déçue, sachant qu'ils ne ressemblaient en rien à ce qu'il a pu produire par la suite...quoique, on y retrouve quand même une légère dose de mysticisme lorsque le narrateur protagoniste communique avec le flipper qu'il a cherché à retrouver pendant trois années, une célèbre machine à trois leviers qui n'a été produite qu'à un nombre d'exemplaires limité. Mais là, n'est pas l'essentiel de ces deux écrits et encore une fois, je me trouve démunie, ne sachant pas trouver les mots exacts pour décrire ce que j'ai ressenti au cours de la lecture de ces deux écrits. C'est l'histoire de quelques hommes, trois en particulier : notre narrateur, celui que l'on appelle le Rat et enfin de J, le patron d'un club appelé à juste titre le J's Bar. le Rat et notre protagoniste s'y retrouvent souvent afin de boire des bières et de discuter, parlant des choses les plus banales jusqu'à l'envie d'écrire : celle du Rat qui, pour ses romans, ne voudraient ni scènes de sexe ni de mort de ses personnages (en ce sens, je me serais bien entendue avec lui, je pense), destinée qui, en un sens, se mêle étrangement à celle de notre auteur. Première partie dans lequel l'auteur se cherche, racontant les histoires d'amour que son héros a eu avec des femmes tout au long de sa jeune existence, à savoir ses vingt et une premières années, se remémorant par la même occasion sa vie passée. En seconde partie, dans le roman "Flipper", toujours une quête de recherche du passé : notre héros, cette fois-ci, vit avec des jumelles qu'il est incapable de différencier l'une de l'autre mais surtout, dans lequel il va partir à la recherche de ses années d'étudiant en se mettant en essayant de retrouver un vieux flipper qui a marqué sa jeunesse. Pour lui, ce flipper représente en quelque sorte sa "madeleine de Proust" et c'est en cela que les deux écrits sont extrêmement poignants.

A quoi peut-on se raccrocher afin de ne pas oublier ? Je crois que Haruki Murakami nous donne la réponse la plus plausible qui soit à ses yeux, et aux nôtres, mordus de lecture que nous sommes tous ici, à savoir : quel meilleur remède contre l'oubli que celui de l'écriture ? A cela, moi, je ne peux qu'approuver et remercier notre auteur de nous avoir fait rêver encore une fois en nous faisant découvrir son Japon à lui ! A découvrir !
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Citations et extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
Elles ôtèrent leur sweat en silence, les échangèrent, et les enfilèrent de nouveau.

- Je suis 208, dit 209.
- Et moi 209, dit 208.

Je poussai un soupir.

Pourtant, dans les moments où il me fallait absolument différencier les jumelles, j'étais forcé de m'appuyer sur ces numéros, car je n'avais à ma disposition aucune autre méthode.
En dehors de ces sweats, les jeunes filles n'avaient pour ainsi dire pas de vêtements. Comme si, au cours d'une promenade, elles avaient soudain décidé de s'introduire chez quelqu'un et de s'y installer. Ce qui, en fait, n'était guère éloigné de la réalité. Au début de la semaine, je leur donnais toujours un peu d'argent pour qu'elles puissent s'acheter ce dont elles avaient besoin, mais en dehors de leurs repas, elles ne s'offraient qu'une boîte de biscuits à la crème au café de temps en temps.

- Ça ne vous gêne pas, de ne pas avoir d'habits ? leur demandai-je.
- Pas du tout, répondit 208.
- Les vêtements, ça ne nous intéresse pas vraiment, dit 209.

Une fois par semaine, toutes deux lavaient amoureusement leur sweat dans l'eau du bain. Lorsqu'il m'arrivait de lever les yeux depuis mon lit, où je lisais la Critique de la raison pure, je voyais les jumelles nues, l'une à côté de l'autre, occupées à leur lessive sur le carrelage de la salle de bain. À de pareils instants, j'éprouvais pleinement la sensation d'être parti très loin. Je ne sais pas pourquoi. Depuis que j'avais perdu une couronne sous le plongeoir de la piscine, l'été dernier, j'avais cette impression de temps à autre. Quand je rentrais chez moi après le travail, j'apercevais fréquemment ces sweats et leurs numéros 208 et 209, mis à sécher aux fenêtres exposées au sud. Ces moments- là me faisaient monter les larmes aux yeux.

Extrait de la nouvelle : Flipper, 1973.
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Superhéros, monstres, collégiennes, football, fusées, et puis des femmes… juste des rêves ordinaires, aux couleurs fanées, qui avaient terminé leur temps dans la pénombre des game centers. Tous ces héros et ces femmes me souriaient depuis les frontons des machines. Des femmes blondes, platine, brunes, rousses, des Mexicaines à la chevelure ébène, d’autres avec une queue-de-cheval, des Hawaïennes aux cheveux longs jusqu’aux reins, Ann-Margret, Audrey Hepburn, Marilyn Monroe… Toutes exhibaient fièrement leur merveilleuse poitrine, en blouse légère déboutonnée jusqu’à la taille, ou en maillot de bain, ou en soutien-gorge pointu… Des seins aux formes parfaites, à tout jamais. Seules les couleurs avaient passé. Et puis, en rythme avec les battements de leur cœur, les lampes continuaient à clignoter. Soixante-dix-huit flippers… C’était un cimetière de vieux rêves, des rêves si anciens que l’on ne pouvait s’en souvenir. 
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La dernière fois que j’ai lu un livre, c’était l’été dernier, dit-il enfin. J’ai oublié le titre du bouquin et son auteur. J’ai même oublié pourquoi je l’avais lu. Enfin, en tout cas, c’était un roman écrit par une femme. Le personnage principal, c’est une dessinatrice de mode d’une trentaine d’années, très connue, qui se persuade qu’elle est aux prises avec une maladie incurable.
- Quelle sorte de maladie ?
- J’ai oublié. Le cancer, je crois. Sinon, qu’y aurait-il comme autre maladie incurable ?... Bon, elle se rend dans une station de bord de mer, et elle passe son temps à se masturber. Partout, mais alors vraiment n’importe où, dans son bain, au milieu d’un bois, dans son lit, dans la mer.
- Dans la mer ?
- Ouais… C’est incroyable, tu ne trouves pas ? Franchement, à quoi bon écrire un roman sur des choses pareilles ? Il y a pourtant bien d’autres sujets, non ?
- Oui… ?
- Moi, je te le dis, ce genre de roman, c’est pas mon truc. Ça me fait vomir.
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Il y a des jours où certaines choses s’emparent de nous. Des petits riens, des choses sans importance. Un bouton de rose, un chapeau égaré, un pull qu’on aimait, enfant, un vieux disque de Gene Pitney… On pourrait dresser une liste impressionnante de toutes ces choses modestes qui n’ont plus nulle part où aller. Elles errent en nous durant deux ou trois jours puis retournent d’où elles sont venues… dans les ténèbres. Nous creusons toujours des puits dans notre esprit. Et, au-dessus de ces puits, vont et viennent des oiseaux.
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Nelly76. Un jour, donc , ce jeune homme qui vagabondait dans l 'espace entreprit de descendre dans l'un de ces puits. Il s 'était lassé de l'immensité de l 'univers et aspirait à mourir seul, loin de tout et de tout le monde.Il entama sa descente, et peu à peu il lui sembla que le puits devenait de plus en plus agréable. Il commença à se sentir comme enveloppé dans une sorte d 'énergie étrange. Après avoir parcouru environ un kilomètre vers le bas, il découvrit l entrée d 'une véritable galeries, s' y enfonca et continua ardemment à avancer au petit bonheur le long d 'un chemin sinueux. Il ignorait depuis combien de temps il marchait. Sa montre s' était arrêtée. Était - ce depuis deux heures ou bien depuis deux jours? Il ne ressentait ni faim ni fatigue et la sensation qu 'il éprouvait depuis un moment déjà, d 'être enveloppé dans une force spéciale, était toujours présente. Soudain , il sentit la lumière du soleil.La galerie était reliée à un autre puits. Il entreprit de se hisser vers le haut, parvint à ressortir en surface. Il s 'assit sur la margelle du puits, contempla le paysage désolé qui s 'étendait devant lui sans le moindre obstacle, puis il tourna ses yeux vers le soleil . Quelque chose avait changé. Le parfum du vent, le soleil. ....Le soleil était là au milieu de l 'espace, un soleil crépusculaire qui s 'était transformée une gigantesque masse orange.
"Dans deux cent cinquante mille ans, le soleil explosera. CLIC.....OFF. Ce n 'est pas une période tellement longue. ...."
......lui murmura le vent.



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Vidéo de Haruki Murakami
Pierre Földes a choisi d'adapter six nouvelles de l'écrivain Haruki Murakami dans son film d'animation "Saules aveugles, femme endormie". Pour conserver l'atmosphère de fantastique décalé et de mélancolie, Földes enchevêtre les histoires et suit le parcours de quatre personnages après le tremblement de terre et le tsunami qui ont touché le Japon en 2011.
#harukimurakami #littérature #animation
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