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3,96

sur 288 notes
Piatka
  04 mars 2015
Ainsi va la vie...je dois refermer ce roman poétique et tendre, m'éloigner du petit joueur d'échecs et de son univers attachant. C'est incontestablement un signe de réussite, de bonne pioche pour moi quand je quitte à regret un livre, quand la force de l'imaginaire combinée au talent littéraire d'un auteur m'ont happée au point d'éprouver ce petit pincement caractéristique de l'attachement. Je continue de découvrir les oeuvres de Yoko Ogawa, et assurément celle-ci rejoint mes préférées : Cristallisation sécrète et Parfum de glace.

Je n'aime pas trop divulguer le contenu d'un roman, ici moins encore que d'habitude. Il suffit à mon sens de savoir qu'il n'est nul besoin de connaître les règles du jeu d'échecs pour savourer ce récit et qu'il est en revanche préférable d'avoir gardé un accès privilégié à son âme d'enfant pour se laisser entraîner avec délices dans les méandres de la vie de cet enfant hors du commun, né avec les lèvres soudées, de ses sept ans à sa disparition.
Son handicap a contribué largement à développer une vie intérieure riche et une force de concentration exceptionnelle qui vont lui permettre de s'épanouir et de voguer sur l'océan des échecs en devenant, sans se précipiter, un " petit Alhekine ", son surnom en référence au grand champion d'échecs russe.

" Les échecs constituaient une symphonie grandiose composée par l'esprit de deux adversaires qui s'affrontent et se confondent. "
C'est bien ainsi que j'ai ressenti ce récit, une symphonie dédiée à l'imagination fertile, à l'évasion sans entrave par l'esprit, que l'on retrouve bien sûr incarnée par le petit joueur d'échecs lui-même qui ne joue que recroquevillé dans l'espace confiné d'un automate et par ses quelques amis marquants coincés eux aussi par des barrières physiques qu'il faut découvrir au fil de la lecture pour les apprécier.

" Devant l'échiquier personne ne peut tricher avec soi-même. "
Alors, " Partez voguer sur l'océan des échecs ", le rêve vaut le détour.
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le_Bison
  27 septembre 2013
Que tu sois passionné(e) d'échecs ou que tu n'y connaisses rien à ce jeu. Pas grave, là n'est pas le plus important. Si le mouvement des pièces te parait aussi irrationnel qu'insolite, et que tu ne sembles capable de comprendre les déplacements qu'avec trois verres de vodka glacée, tu penses ne rien pouvoir comprendre à ce roman. Détrompes-toi, il suffit juste d'avoir gardé une part d'enfance au fond de ton âme, et de croire en la poésie. Cela faisait quelques temps que Yôko Ogawa ne m'avait pas tant ému dans un de ses romans.

Je me souviens du « maitre et le tournoi de go » de Yasunari Kawabata. Déjà, il n'était pas nécessaire de comprendre le jeu pour en goûter sa saveur. Les parties étaient décryptées, et le suspense haletant. Ici aussi, il est question d'un maître, un homme au coeur pur et au ventre plus que proéminent. Et là aussi, la poésie du jeu sert de trame à cette histoire sur la différence, sur le respect des autres, et sur l'amour et la mort.

Le petit joueur d'échecs est un enfant différent des autres. Une difformité qu'on a voulu masquer, puis corriger. Mais cela reste graver au fond de soi. Il faut avoir un coeur pour oser ouvrir ce livre. Mais dès ce premier chapitre, tu sens que ce roman est pour toi, qu'il a été conçu pour que tu voies ce jeu différemment, pour que tu t'imprègnes de son essence sucrée préparée par le maître, pour que tu verses quelques larmes salées à chaque drame inévitable dont tu perçois à l'avance. Lorsque la dernière page se tournera, tu caresseras de nouveau la couverture, tu essuieras la dernière larme qui perle sur ta joue, et tu rangeras délicatement le livre parmi d'autres Ogawa, en remerciant l'auteure d'un tel moment de bonheur.

Pourquoi est-ce que ce roman m'a touché ? Les échecs ne sont pas en cause, mais ce petit garçon, marqué et solitaire, ce maître, immobile et obèse, cette jeune fille, immaculée et belle, ces vieillards en fin de vie. le lien entre les générations, entre l'amour et la mort, entre les pions et le roi. Jamais tu n'as vu le déplacement d'un cavalier chevaucher les cases de l'échiquier de façon si poétique, jamais tu n'as croisé la diagonale d'un fou aussi impétueux, jamais tu n'as traversé la verticalité d'une tour aussi majestueuse, jamais tu n'as fait choir ton roi aussi violemment. Ces échecs sont une ode à la poésie et au silence.

[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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diablotin0
  01 septembre 2018
Quand on entre dans l'univers de notre petit joueur d'échec, il est difficile d'en sortir tant il nous est attachant et familier. Nul besoin de savoir jouer aux échecs pour apprécier et comprendre l'amour de ce jeu. Yoko Ogawa arrive à nous faire entrer dans ce conte dès les premières pages, la magie est là et nous ensorcelle immédiatement.
Beaucoup de douceur et de sensibilité émanent de ce roman et il n'est guère possible de ne pas tomber sous le charme de cet univers poétique. Je ne pense pas qu'il soit utile d'en dire plus, il faut le lire et se laisser imprégner par la délicatesse et recevoir le cadeau que Yoko Ogawa nous offre.
Non, grandir n'est pas un drame comme le pense ce petit joueur d'échec mais comme lui a répété souvent son maître et j'en ferai le mot de la fin : « ne te précipite pas mon garçon » !!!...
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latina
  24 décembre 2020
Cela pourrait être un conte : un conte de patience, un conte de respect.

L'univers que décrit cette auteure japonaise pleine de sensibilité est celui des échecs.
Avez-vous déjà entendu parler du célèbre joueur Alekhine ? Il faisait de chaque partie un véritable poème, parait-il. Je ne joue pas aux échecs, mais j'ai adhéré totalement à cette façon de décrire le jeu. Yôko Ogawa s'est approprié Alekhine qui règne en maitre dans son roman.

Celui-ci se divise en plusieurs parties, qui partent de l'initiation d'un jeune garçon « différent » aux échecs (il est né avec les lèvres scellées et le chirurgien lui a greffé de la peau de ses cuisses afin de les reconstruire, mais les poils des cuisses continuent à pousser sur ses lèvres). Cette initiation se fait graduellement, avec patience, par un ancien chauffeur de bus obèse. C'est dans l'ancien bus où ce pédagogue hors pair habite que le petit garçon acquerra la méthode exceptionnelle avec laquelle il jouera toute sa vie. Et puis nous suivons ce garçon qui grandit, non en taille mais en maturité et en maitrise.
Il sera question d'un automate « Little Alekhine » dans lequel il se glissera pour jouer avec toutes sortes de gens, des plus rustres aux plus élégants.
Il sera question d'une jeune fille à la colombe, toute en discrétion et en renoncement.
Il sera question de vieillards spirituels férus d'échecs.

Ce roman fin et philosophique me fait penser au bouddhisme, qui prône le recul de l'égo pour se fondre dans l'univers, tel le petit joueur d'échecs qui se recroqueville sous la table de jeu ou derrière le mécanisme de l'automate.
Le silence, l'écoute, la retenue, la déférence, tout ceci me parle en cette période de l'année où l'agitation s'octroie tous les droits.
Je me permets donc de vous souhaiter tout le calme possible, toute la sérénité possible pour traverser ce moment particulier que nous vivons.
Et si mes mots ne suffisent pas à vous convaincre, je vous remets entre les mains de Yôko Ogawa et de son petit joueur d'échecs.

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rabanne
  23 mai 2020
Mon 4e ouvrage de Yôko Ogawa, et voilà encore un petit bijou de roman !

Au sortir de ma lecture, je n'ai pas tellement envie de revenir sur le synopsis.
Succinctement, il s'agit à la fois d'un roman d'apprentissage et d'un huis-clos, qui mêlent des thèmes prisés par l'auteure japonaise : la différence (handicap), la solitude, l'amitié, le dépassement de soi, le sacrifice, le deuil, la transmission...
Quid des échecs à proprement parler ?! Au-delà de l'histoire particulièrement émouvante, je crois que les amateurs apprécieront. Quant aux non-amateurs, ils se laisseront simplement porter par l'onirisme du récit. Sinon, patience, analyse, technicité, stratégie, respect de l'adversaire... Tous les ingrédients du jeu, mêlées à la passion et au suspense, sont brillamment retranscrits.

Je n'ai lu que deux autres romans évoquant les échecs : "Le joueur d'échecs" de Stefan Zweig et "Le fils de l'Ursari" de Xavier-Laurent Petit (en littérature jeunesse)... Mais le roman de Yôko Ogawa (329 pages) me semble être le plus poussé en ce qui concerne la technicité du jeu.
Quant à la psychologie des personnages, dont celle du très attachant héros, l'on reconnaît bien la patte de l'auteure : un style délectable, tout en acuité et sensibilité, une plume pleine de sagesse, d'onirisme et de poésie.
Un magnifique roman que je recommande !!
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gouelan
  29 août 2016
Le petit joueur d'échecs est né les lèvres soudées, comme s'il voulait rester silencieux et garder tous les secrets au fond de son esprit.
De son handicap naîtra un don extraordinaire, celui de la concentration et de l'imagination. Il fait peu de rencontres, mais elles sont décisives. Comme aux échecs, il ne choisit pas le chemin du plus fort, mais celui qui émet la mélodie la plus douce, qui crée le poème le plus léger.
Il vit comme effacé au monde, mais ceux pour qui il n'est pas invisible sont éblouis.
Recroquevillé sous sa table d'échecs, invisible aux regards, l'infini s'offre à lui. Le monde des échecs lui permet de voyager, de ressentir les émotions, d'établir un lien avec les personnes, sans qu'il ait besoin de mots ou de regards.
Il vit dans le monde des échecs, car c'est l'endroit qui lui convient. Oublier sa propre personne, dépasser les limites de son corps, et se sentir libre.
Si les échecs sont un miroir de ce qu'est l'homme, comme le dit le maître de l'autobus, le petit joueur d'échecs est immense, malgré sa petite taille.

Un roman puissant qui nous fait entrevoir le monde des échecs comme un miroir de la vie. Yôko Ogawa a beaucoup de talent pour nous transporter aussi loin dans l'imagination et dans l'émotion, même si comme moi, on n'y connaît rien aux échecs.

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polarjazz
  20 avril 2016
Je suis allée à la médiathèque et j'ai demandé à découvrir un auteur japonais hors Yukio Mishima et l'on m'a proposé "Le petit joueur d'échec" de Yôko Ogawa. Éditeur : Acte Sud. J'aime beaucoup la couverture : les contours effacés d'une pièce avec un jeu d'échec et un éléphant. L'éléphant Indira mort sur le toit d'un immeuble, trop corpulent pour entrer dans l'ascenseur. Il y a le Maître obèse et gourmand qui ne quitte plus son autobus. C'est la rencontre entre cet homme et un jeune garçon aux lèvres duveteuses. C'est l'apprentissage des échecs mais pas que...
C'est la densité du silence rendue par une écriture tout en rondeur. Il y a un souffle, c'est magique.
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afadeau
  18 septembre 2021
Il n'est pas nécessaire de savoir jouer aux échecs pour apprécier ce livre très singulier. J'ai très vite été embarqué dans l'univers de celui qui deviendra le petit Alekhine par analogie avec Alexandre Alekhine, légendaire joueur d'échecs russe, né en 1892 à Moscou, naturalisé français en 1927 et mort en 1946.

Les pièces du jeu sont poétiquement décrites en préambule. Tout comme chaque pièce du jeu d'échecs, chaque mot est finement sculpté et à son exacte place.

L'autrice prévient le lecteur, elle va raconter « une histoire qui date de longtemps »... Tout comme Miira, on est au-delà des murs, au-delà du temps. Nous n'aurons aucune date dans ce récit, ni de lieux précis. Jubilation d'un conte qui se construit au gré de l'imagination, dans la poésie de création de personnages hauts en couleur qui vont animer les pièces du jeu d'échecs. Dans cet exercice, toutes les situations peuvent émerger si au final la transcription sur le papier est belle comme peut l'être la transcription d'une partie d'échecs réussie. J'ai particulièrement aimé les chapitres retraçant l'initiation du petit joueur. Puis ses différents emplois toujours centrés sur ses compétences aux échecs sont à chaque fois de nouvelles surprises.

Le personnage principal est un enfant qui naît avec la bouche scellée, une intervention chirurgicale puis une greffe lui permettent de pousser son premier cri. La parole sera rare chez lui, il sera incapable de se mettre en avant, sauf de façon indirecte par les échecs. Cet enfant ainsi que les autres personnages sont nommés par des termes généraux : le garçon, grand-frère, le petit joueur d'échecs, Little Alekhine. le grand-père – travaillant le bois, il m'a évoqué Geppetto fabriquant sa marionnette, le célèbre Pinocchio –, la grand-mère, le maître, le secrétaire du club d'échecs, la vieille demoiselle. Seuls échappent à cette règle et ont un vrai nom l'éléphant Indira, Monsieur S, le maître de renommée internationale et Miira, la toute petite fille ancrée dans le mur, qui lui est apparue dans les ténèbres. Cette forme inhabituelle participe à donner un style d'une très grande douceur. le silence, l'ombre et le mystère sont mis à l'honneur. J'ai retrouvé ici avec plaisir cette littérature japonaise que j'aime particulièrement, dans la filiation de Junichiro Tanisaki (notamment son Eloge de l'ombre).

L'autrice met en avant ce qui est petit, caché, l'esprit des choses et des lieux, la présence fantomatique des êtres aimés qui meurent, le vrai qui ne cherche pas à s'exposer de façon grandiose et mensongère. Grandir effraie le petit joueur d'échecs depuis que son maître, installé dans un autobus transformé en appartement, est devenu obèse – il se gave de sucreries dans de délicieux goûters partagés avec le petit garçon – et qu'il ne pourra bientôt plus se mouvoir dans cet espace réduit. D'ailleurs, par la suite, le petit joueur d'échecs refusera toute sucrerie et refusera même de grandir. le corps de sa grand-mère malade enfle et il la masse « afin d'évacuer ce quelque chose de mauvais qui... en dilatait le contour ».
La bienveillance est largement présente, tout juste si apparaît un méchant, sans autre nom que « l'homme », dont la violence est mise en rapport avec l'alcool.

Cette opposition grand et petit se retrouve aussi dans les lieux. le petit garçon se fait fabriquer par son grand-père un lit clos avec un échiquier peint au plafond, tellement étroit que lui seul peut entrer. Ensuite il lui faudra reproduire de tels environnements exigus pour exceller au jeu. le gigantesque échiquier humain au fond de la piscine désaffectée sera la source de sérieux ennuis alors que l'échiquier minuscule, avec une loupe pour observer les pièces, est une source de rêve et de plaisir. Mais ce qu'il préfère c'est se blottir sous la table de jeu de la poupée mécanique...

Malgré ses choix, ses refus, le petit joueur d'échecs n'est pas du tout un ermite retiré du monde. Il aime se confronter aux autres à travers la vie des pièces sur l'échiquier mais il n'aime pas la compétition. Il joue pour écrire de belles transcriptions de parties qui doivent être des sortes de poèmes, la beauté du chemin, accompagné en cela par son adversaire, est plus importante que le fait de gagner. L'autrice, de façon douce et poétique, dégage de ce parcours singulier des valeurs, des interrogations sur l'amour que nous portons aux autres, qu'ils soient vivants ou déjà dans l'ombre des morts.

Yôko Ogawa vit au japon. Elle est considérée dans son pays comme l'une des auteures les plus importantes aujourd'hui, lauréate du Prix Akutagawa, le Goncourt japonais, pour La Grossesse paru en 1991. Derrière le Petit Joueur d'échecs il y a évidemment l'écrivain qui ne déplace pas les pièces d'un jeu d'échecs, mais des mots pouvant aussi faire de belles transcriptions. C'est le cas ici avec ce beau livre qui pourrait bien devenir un classique, tellement il dégage de puissance à décrire l'universel.

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Retrouvez cette chronique avec ses illustrations sur le blog Bibliofeel ou sur la page Facebook Clesbibliofeel :
_ Composition photo personnelle à partir de la couverture du livre
_ Photo du grand joueur d'échecs Alekhine et de la véritable poupée mécanique jouant aux échecs, ayant servi de modèle pour ce récit.

Lien : https://clesbibliofeel.blog
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isabelleisapure
  18 juillet 2018
J'aime plonger dans l'univers si particulier de Yoko Ogawa, tendre et poétique, nimbée de mystère.
J'ai retrouvé tout cela dans « le petit joueur d'échecs », un garçon de sept ans à l'enfance difficile vivant dans un monde de silence, une conséquence de sa naissance troublée par des lèvres collées. L'opération censée lui permettre de s'alimenter et de s'exprimer, une greffe de peau de sa jambe sur ses lèvres, lui donnera une bouche couverte d'un incessant duvet source de moqueries.
Sensible, solitaire, à l'imagination fertile et parlant parfois à des personnages imaginaires, il ne se sent bien que dans les espaces étroits ou cachés, comme coupés du monde et où il peut mieux se concentrer. Au travers de riches rencontres il va découvrir les échecs, surmonter son handicap et s'exprimer au travers de sa passion.
On suit le parcours de vie de cet enfant qui persuadé que « Grandir est un drame » gardera même à l'âge adulte une taille d'enfant ce qui lui permet de se glisser chaque soir dans un automate joueur d'échecs : Little Alekhine, en référence à un célèbre joueur russe.
Je ne connais rien aux échecs, je n'ai jamais pris le temps d'en apprendre les règles, ça ne m'a absolument pas gênée pour apprécier ce roman attachant. On y parle de l'amour, de la mort, du respect des différences et des aînés tout en gardant une certaine fraîcheur.

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paroles
  04 février 2014
J'ai rêvé...
J'ai rêvé d'un petit personnage caché dans un automate qui jouait aux échecs, ou était-ce un éléphant ? J'ai rêvé que des pions humains se déplaçaient sur un échiquier géant ou étaient-ce des vieillards ?
Quel rêve étrange, étrange et doux...


Je ne connais strictement rien aux échecs. Même après la lecture de ce roman, je n'ai fait aucun progrès dans ce domaine. Mais qu'importe, ce n'est pas nécessaire.
Par contre, en poésie, j'y ai fait des pas de géant. J'ai été profondément émue par l'écriture de Yoko Ogawa et par l'histoire insolite de ce petit garçon touché par la grâce du jeu.

Ce petit garçon silencieux a sept ans quand il rencontre un homme obèse vivant dans un autobus immobile et passionné de pâtisserie et d'échecs. Petit à petit, une grande amitié et un profond respect réciproque uniront ces deux personnes. Grâce aux conseils du gros homme, le petit garçon deviendra expert au jeu.

Des particularités, cet étrange enfant en a. Il est né les lèvres soudées et une opération lui a laissé une vilaine cicatrice, cachée par un léger duvet. Ses amis imaginaires sont l'éléphante Indira, qui a vécu sur le toit d'un magasin et une jeune fille Miira coincée entre deux murs. A l'âge de onze ans, à la mort de son maître, il décide de ne plus grandir car "grandir est un drame". Enfin, il joue aux échecs caché dans un automate, son seul moyen de communication ou presque.
Pour lui, chaque partie d'échecs est une transcription poétique, car l'important n'est pas de gagner mais de faire la partition la plus harmonieuse possible. "Il valait mieux chercher le meilleur chemin que le plus fort."
Il n'a pas besoin de voir ses partenaires. Il a seulement besoin d'entendre la petite musique que fait le déplacement des pièces sur l'échiquier. "Sur l'échiquier apparaît tout du caractère de celui qui déplace les pièces... Sa philosophie, ses émotions, son éducation, sa morale, son ego, ses désirs, sa mémoire, son avenir, tout. On ne peut rien dissimuler. Les échecs sont un miroir qui donne une idée de ce qu'est l'homme."
Ce qu'il apprendra de la vie (bonheur, malheur, piège, etc.), ce sont les échecs qui lui enseigneront au fur et à mesure des rencontres avec ses partenaires.



J'ai adoré ce roman avec tous ces personnages attachants qui existent tous avec leurs manques ou leurs différences. J'ai aussi été troublée par tous ces décors détournés de leur fonction première et qui apportent un côté magique à l'histoire. J'ai plongé avec bonheur dans cet univers onirique, dans cette écriture envoûtante et si gracieuse.
Et bien sûr, je vous souhaite un excellent voyage au pays des rêves...

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