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EAN : 9782379100086
246 pages
Éditeur : Livr's Editions (14/02/2019)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Rayna est l'ombre du cartel Aslanov. Elle est celle qui exécute les traitres, les balances, celle qui répand la terreur chez leurs ennemis par ses ?uvres macabres. Pour elle, la mort est un art et les cadavres, une matière première indispensable. Rayna est un monstre, et elle le vit bien. Eleyna est la fille unique de Vassily Aslanov. Élevée dans un monde violent, ses valeurs morales sont viciées, mais pas autant qu'elle l'aimerait. Rayna la fascine et la dégoûte à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
krzysvanco
  12 mars 2020
J'ai choisi ce livre à la foire du livre de Bruxelles après un entretien avec son auteure qui m'a donné l'envie de le lire et me l'a dédicacé.
Dois-je dire qu'il est à mille lieues de mes lectures habituelles ? Un Dark Fantasy mais aussi à la fin quasi une romance, deux genres qui ne me tentent normalement pas, qui me rebutent même...
Et pourtant, Bratva est loin de m'avoir laissé indifférent !
Rayna est une tueuse, et elle adore cela. Elle est la vourdalak (Вурдалак = vampire en russe) de Vassily, l'un des deux patrons de la Mafia qui se partagent la ville de Saint-Pétersbourg, elle tue pour lui et prend plaisir à faire souffrir ses victimes. Sa rencontre avec Eleyna, la fille de Vassily va bouleverser sa vie.
Manon d'Ombremont m'a entraîné facilement dans ce roman, elle a un don d'écriture indéniable, elle m'a captivé, et, malgré l'atmosphère sombre et malsaine de ce roman, on la suit, de chapitre court en chapitre court jusqu'à fin de son roman.
Et le lecteur que je suis a aimé également. Je suis prêt à lire un autre de ses livres !
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Horizon_du_plomb
  07 novembre 2019
« Par contre, qu'ils aient manifestement décidé de m'achever avec des balles… Après toutes mes oeuvres gracieusement offertes ? »
Déjà bravo à la bibliothèque de Liège de mettre en avant les productions d'écrivains liégeois pas nécessairement reconnus, jeunes talents qui se dégagent de l'amateurisme pour voguer vers des terres incertaines.
« Je baisse les yeux et regarde l'une des larmes tatoués se teinter de sang. Assez ironiquement, c'est la bleue. »
Ce livre noir dans le milieu mafieux russe nous parle d'une histoire d'amour qui n'oublie jamais le doute. Rayna la tueuse et Eleyna l'héritière du clan Aslanov sont comme les deux pans du Tao. On peut dire qu'elles étaient prédestinées à se rencontrer, il suffit de voir comme l'une a perdu son père et l'autre sa mère. La couverture suggestive qui s'immisce, diffuse vers le regard curieux, est réussie. Ses couleurs et son ambiance de peintures aquatiques ainsi que le titre rendent hommage de multiples points de vue à l'histoire.
« Je suis le pendant féminin de l'homme de main, en plus créative et en moins remplaçable, parce que j'ai accumulé un capital fort. Je terrifie. »
L'ensemble du livre est constitué de chapitres courts, avec chacun un nom en cyrillique, qui surfent sur la crête de la crédulité sans que la vague s'effondre foncièrement. L'éclat est parfois un peu grossier, on a parfois du mal à croire à cette tueuse professionnelle psychopathe mais amoureuse, qui se laisse guider trop souvent par ses pulsions sexuelles et émotionnelles et se fait apprendre par Eleyna qui est qui dans la famille adverse, l'auteure en rajoute un peu trop sur « l'artiste, la création », les douches en toc, on aimerait entendre plus les voix des Matvens (petit spoiler) et ainsi de suite mais la fin réveille et vient donner une profondeur insoupçonnée qui renvoie à rebours vers l'écho brut de ce qui a précédé.
« Je suis passé par toutes les phases : la fascination, l'indifférence, le dégoût, la révolte. »
En fait, lire ce livre, c'est comme contempler une jument au galop, on observe son souffle sous l'effort, sa musculature élancée, son don pour la course racé par le sang, son pas intrépide parfois trop proche des gouffres, puis tout d'un coup, à la fin, on s'empale sur cette corne que l'on n'avait pas vue.
« La normalité, je la visualise comme une échelle de valeurs, de points de vue. À coté de moi, cet homme mérite la canonisation. »
« -Ouais
-Merde
- Pourquoi ?
-Pourquoi quoi ?
- Pourquoi merde ?
Échange bref, rythmé. »
Honnêtement, sans la fin, je l'aurais coté 2,5 étoiles mais les quarante dernières pages qui montrent la toile tranchante qui se tisse entre les gens permettent le 3 étoiles. Le livre est rempli de phrases coups de couteau qui jouent sur le vif alors que parfois, au contraire, le propos s'appesantit un peu sur pas grand chose, sauf qu'ici cet « effet d'endormissement » sert la fin. L'auteure ne manque pas d'autodérision mais son écriture m'a semblé sonner comme si elle avait des comptes à rendre alors qu'elle se voudrait libre. On a envie de lui crier: « Encore un peu plus loin, encore un plus haut ».
« Tu vaux mieux. N'importe qui aurait pu créer ça. »
Non, rares sont les gens qui auraient pu écrire un tel livre mais je suis sûr que l'auteure peut mieux faire, pourquoi pas dans un style moins trash (pour une fois ;) ).
« - Se sentir en vie, elle répète.
J'acquiesce en silence.
- J'aimerais bien ressentir ça une fois. »
« Le bonheur ne me réussit pas, j'appartiens à cette catégorie de gens à qui ça ne va pas bien au teint. »  
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lumerolle
  26 septembre 2020
Bratva est ma première lecture issue de mes achats à la Foire du Livre de Bruxelles 2020. Ce livre est à des années-lumière de ma zone de confort. Pourtant l'autrice et blogueuse avec qui j'ai eu le plaisir d'échanger quelques mots, a réussi à me convaincre par ses quelques mots empreints de vérité qu'elle a inscrits dans la dédicace : « Au fond, les pires horreurs sont humaines. » Quand des atrocités sont commises, les gens utilisent souvent le mot « inhumain ». Pourtant, seul cet être est capable de torturer physiquement comme psychologiquement l'un de ses semblables ou des animaux (sauf peut-être les chats à qui on a appris à jouer avec la nourriture).
Rayna est surnommée la vourdalak de la famille Aslanov. Elle sait qu'elle est différente, qu'elle est un monstre et elle l'assume entièrement. Depuis qu'elle a été prise sous l'aile de cette mafia russe, elle sculpte la mort dans les corps terrifiés. Pour elle, tuer est un art. Elle vit et jouit pour le meurtre bien fait jusqu'à sa rencontre avec Eleyna, la fille de son boss qu'elle sauve des griffes des Matven et qui lui demande une requête incongrue : elle souhaite être initiée à son monde. Un lien qui va ébranler Rayna au plus profond de son art et de son âme.
Ce roman est à part. Plongé dans l'univers de la pègre russe, celui-ci ne sert que de décor à une histoire bien plus psychologique, sombre et humaine. Ce qui le rend difficilement classable dans un genre littéraire classique. Si je devais choisir une boîte, je pencherais plus pour un style emprunté au théâtre : la tragédie. Sans l'emphase accompagnant ce type de récit. Il touche également à la romance érotique homosexuelle par la relation entre Eleyna et Rayna. Toutefois, il ne peut clairement pas être figé dans cette option même si leur relation est au centre de l'histoire. C'est elle qui modifie la perception de la tueuse et ébranle son train-train quotidien.
Le bouquin est divisé en courts chapitres à la fin desquels un changement de point de vue s'opère par la courte intervention d'un stalkeur se révélant vite être Vassily observant sa bête. La possessivité est au coeur de Bratva créant une sorte de triangle amoureux malsain caché dans l'ombre et dont Rayna ne se doutera qu'à la dernière minute. Elle est comme un poison s'insinuant dans la vie des protagonistes en leur infligeant les pires horreurs. C'est d'ailleurs, la révélation finale liée à ce comportement qui m'a bouleversé après une lecture qui se voulait plus distrayante qu'autre chose. J'aimerais ne pas trop spoiler sur ce point. Sachez juste qu'il aborde un thème que je dénonce en tant que femme.
La narration est basée sur le point de vue de Rayna. Cette psychopathe parle comme les gens normaux. Elle n'a pas de forte opinion si ce n'est sur les voyeurs assistant à ses spectacles mortuaires à la Divine Comédie et sur l'art de tuer. Si elle ressent facilement la peur de ses victimes, la psychologie humaine et ses relations ne sont pas son fort. Outre, tuer artistiquement, elle adore se droguer pour l'aider à visualiser ses futures oeuvres. Suite à un trip avec Eleyna, elle va être troublée car elle s'est laissée aller à utiliser une méthode si peu conforme à ses habitudes qu'elle va se faire tatouer une larme bleue, au couleur de la chevelure de son amante, pour ce crime au lieu d'une rouge comme elle le fait pour chacun des êtres dont elle a pris soin.
Eleyna est difficilement cernable. Elle a l'air d'être la fille d'un chef de mafia un peu paumée qui demande de l'aide pour se défendre après son agression. Ses arrière-pensées restent secrètes jusqu'au bout. Elle semble instable car elle est à la fois capable de paniquer devant la violence des actes et de poignarder follement un homme par la suite.
La relation entre ses deux âmes est racontée à l'aide d'une plume simple et fluide similaire à l'esprit de la narratrice. La noirceur écrase dans les coins la faible lumière de ce monde où la pureté n'a pas sa place. La romancière n'hésite pas à décrire les scènes avec toute la violence et l'horreur dont l'humain est capable. le sexe n'y est pas seulement sensuel mais est aussi teinté d'un aspect licencieux. Il porte bien sa notion de réservé à un public averti.
En bref, Bratva- Larme bleue est un roman déconcertant par son histoire oscillant entre plusieurs genres dont les traits principaux sont absorbés par la noirceur de l'atmosphère. Si je lisais cette oeuvre sortant de mes préférences d'un oeil curieux mais sans excitation particulière au début, ce que cachaient les intentions d'Eleyna m'a profondément touchée et révoltée. Une lecture dont on ne sort pas intacte.
Lien : https://uneloupiotedanslanui..
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casscrouton
  03 avril 2017
Bratva est un roman qui m'a plu même si je suis mitigée sur certains points.
Nous faisons la rencontre de Rayna, une machine à tuer fabriquée par Vassily Aslanov, le boss du cartel Aslanov. Alors que Rayna sort d'un de ses « spectacles », Eleyna, la fille de Vassily se fait agresser et Rayna tue ses assaillants. Cela marque la reprise de la guerre entre le clan Aslanov et le clan Matven, de manière extrêmement violente…
On rentre direct dans le vif du sujet avec le titre, qui fait référence à la mafia russe. Cela m'a intéressée car j'apprécie la littérature immergée dans le monde de la mafia –à plus forte raison lorsque j'ai constaté que l'auteur faisait référence dans sa préface aux Velazquez d'Aspi Deth que j'avais adoré !
Bratva est un roman particulièrement sombre tant par l'atmosphère que l'on s'en fait que par les personnages. Rayna, la protagoniste est une jeune femme qui est exempte de toute humanité. Elle n'est plus qu'une machine à tuer, dépourvue d'empathie et d'une cruauté sans nom. C'est assez difficile de suivre un tel personnage principal parce que l'on ne peut pas s'y identifier et l'on a du mal à l'appréhender. J'étais fascinée par sa personnalité mais elle me mettait aussi mal à l'aise et c'est plutôt étrange comme sensation.
Heureusement, avec l'apparition d'Eleyna, une once d'humanité peut se discerner chez Rayna. Cela fissure –de manière infime- la carapace totalement impassible et insensible de cette dernière et nous permet d'être un peu moins distants d'elle.
Les descriptions que l'on nous offre dans le roman sont… Assez atroces. Je parle des « crimes » de Rayna. Elle tue avec une telle envie, une telle force mais de manière absolument horrible. Si j'ai été particulièrement mal à l'aise à certains moments, j'ai aussi été captivée par ces fameux meurtres. On ressent vraiment le côté artistique de Rayna qui se considère comme une artiste et non comme une bouchère, comme elle le dit à plusieurs reprises. C'est ainsi que je l'ai ressenti, ses mises en scène relèvent de l'art. de la même manière, j'ai été intéressée par les souvenirs des exécutions qu'elle commet, qui se constituent de draps recouverts de sang qu'elle collectionne. Cela m'a fait penser au Dexter de Jeff Lindsay qui collectionne dans une boîte une tâche de sang pour chacune de ses victimes.
Je tiens donc à préciser pour ceux qui voudraient lire ce roman que le « réservé à un public averti » du résumé est bien là pour une raison. Il faut avoir le coeur accroché en lisant les meurtres de Rayna, entre mutilations et énucléation, vous serez servis !
Je regrette en revanche que l'on n'ait pas plus d'informations sur le cartel d'Aslanov. Certes l'histoire se focalise plus sur l'histoire de Rayna et Eleyna, mais j'aurais apprécié avoir une vue d'ensemble plus large. Mais peut-être qu'il y aura une suite avec une découverte plus intense de ce monde si spécial !
En définitive, j'ai apprécié ma lecture parce que j'aime le monde des mafieux en littérature, avec les guerres de clans, les vengeances et les trahisons. J'ai aussi apprécié la relation entre Rayna et Eleyna. Mais les meurtres et mutilations m'ont parfois vraiment mises à l'aise et j'aurais aimé un peu plus d'informations sur le cartel Aslanov et ce qui a lié dans le passé Vassily et Rayna.
Lien : http://www.casscrouton.fr/br..
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BertieEtEllie
  29 juin 2018
Comme il est noté sur la 4ème de couverture, ce roman est destiné à un public averti. Il n'est pas à mettre entre toutes les mains, Manon ne dissimulant pas la violence, qu'elle soit physique ou psychologique. J'ai retrouvé avec plaisir dans Bratva la plume sombre de Manon, même si je l'ai trouvée moins poétique que dans les Légendes Faës. le contexte de Bratva veut certainement ça aussi : nous ne sommes plus dans la fantasy, mais au sein de la mafia russe. Peut-être aurais-je aimé que les tortures de Rayna soient un peu plus poétiques, oui, comme elle les considère comme son art, ses oeuvres... C'est d'ailleurs peut-être la seule chose que je reproche à Bratva : ses descriptions. La description de Rayna au début m'a fait un peu tiquer, elle fait assez peu naturelle... Peut-être est-ce dû au fait que Rayna se décrit, ainsi que ce qu'elle porte, le tout à la première personne... mais ce n'est qu'un petit détail.
Les deux protagonistes nous emportent dans leur histoire sombre et malsaine. Il ne faut pas y chercher une jolie petite histoire où tout se déroule bien, à part la petite dispute et les quelques complications qu'on retrouve dans les romances. Non, Rayna et Eleyna ne font pas partie des gentils. Et on trouve là toute la beauté de leur relation, que je trouve presque plus naturelle que celle que l'on trouve dans les autres romances, crue, difficile, brisée, mais d'une certaine façon plus vraie. Moins artificielle que celles qu'on nous sert habituellement.
Cette histoire reste celle de Rayna et d'Eleyna, plus qu'une autre. On goûte à la vengeance et à la guerre entre différents clans de la mafia... mais au final, tout tourne autour d'elles. Jusqu'à la fin, même. Une fin surprenante, plus qu'ouverte, qui donne envie de savoir ce qui arrive à Rayna... mais d'un autre côté, est-ce que ça n'enlèverait pas du charme à l'histoire de le savoir? Est-ce que ça n'enlèverait pas à la tension continue que l'on trouve dans le roman, de donner une réponse? Au final, cette fin correspond bien à la montée en émotion, en adrénaline, menée du début à la fin, le climax du page turner.
Pour finir, je dirais que Manon signe là un autre très bon roman. On sent que sa plume a encore mûri, après les Légendes et Nechtaàn. Peut-être même le meilleur des siens que j'ai eu l'occasion de lire (il me manque juste le dernier tome des Légendes). Ce genre va si bien à Manon, j'espère qu'elle l'explorera à nouveau dans le futur !
Lien : https://bertieandellie.weebl..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
krzysvancokrzysvanco   12 mars 2020
— Tu ressens quoi, quand tu ...
— Quand je tue ?
— Oui.
Je ne réponds pas immédiatement. J’essaie de mettre des mots, de comparer mes expériences. J’ai couché avec des hommes, parce que ça se fait, mais sans que ça soit à la hauteur de ce qu’on peut voir dans un film. J’ai couché avec des filles, mais pareil. J’ai eu des orgasmes, certainement. Sauf que ça ne se compare pas.
— C’est mieux que jouir. C’est ... se sentir en vie.
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