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ISBN : 7780038181
Éditeur : (20/01/2005)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 1284 notes)
Résumé :
Une famille d'Américains s'installe à Cholong-sur-Avre, en Normandie. Fred, le père, se prétend écrivain et prépare un livre sur le Débarquement. Maggie, la mère, est bénévole dans une association caritative et se surpasse dans la préparation des barbecues.

Belle, la fille, fait honneur à son prénom. Warren enfin a su se rendre indispensable pour tout et auprès de tous.

Une famille apparemment comme les autres, en somme.

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Critiques, Analyses et Avis (127) Voir plus Ajouter une critique
andman
  15 août 2015
« Malavita », la mauvaise vie, a-t-on idée d'appeler sa chienne ainsi ! La condition d'ex-affranchi conduirait-elle à l'autodérision ?
Des idées saugrenues, Giovanni Manzoni n'en manque pas. de là à imaginer le plus loyal des mafieux de Newark, un homme d'une férocité implacable, tomber un jour dans la trahison.
Aujourd'hui repenti, il a entraîné Maggie et leurs enfants Belle et Warren dans une fuite éperdue de ce côté-ci de l'Atlantique. Nuit et jour protégés par les services secrets américains, les Giovanni viennent d'aménager sous un nom d'emprunt dans une ville normande de moyenne importance. La région n'avait pas connu pareil débarquement depuis la guerre : ah ces américains, la discrétion n'est vraiment pas leur fort !

Tonino Benacquista signe avec « Malavita » un roman d'une drôlerie irrésistible, truffé de situations burlesques. Lorsqu'une fieffée crapule quasi analphabète passe du maniement des armes à celui d'un clavier de machine à écrire, son entourage forcément rit sous cape. Le lecteur lui aussi se délecte du piètre style littéraire de ce gangster qu'il vaut mieux ne pas contrarier.

Finir au pays des pommes le corps criblé de pruneaux : Giovanni connaît mieux que quiconque la loi du milieu. De nature insouciante il entend malgré les circonstances mener à sa guise sa petite vie de paria ; Giovanni Manzoni n'est pas homme à s'apitoyer sur son sort, qu'on se le tienne pour dit…

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Missbouquin
  11 décembre 2012
Malavita fut une parenthèse littéraire délirante dans ma semaine de boulot. Emporté par hasard pour un trajet de RER, je me suis vite retrouvée happée par ce texte, fascinée par les personnages et l'histoire qui se déroulait sous mes yeux.
Une famille comme les autres s'installe dans la petite ville de Cholong-sur-Avre, en Normandie. Une famille apparemment comme les autres. Mais une chose est sûre, s'ils emménagent dans votre quartier, fuyez sans vous retourner …
Car la petite famille Blake, Américains fraîchement débarqués, cache bien des secrets. En l'occurrence que le père est un ancien mafieux, un repenti qui a balancé ses compagnons sous la pression, et qui aujourd'hui vit grâce au programme américain de protection des témoins … Seulement si Fred Blake est un repenti, ce n'est pas pour ça qu'il ne regrette la vie de prince noir qu'il menait à New York. le retour à la vie « normale » est bien dur (« Comment font les honnêtes gens ? Comment peuvent-ils vivre en se sentant si vulnérables ? Qu'est-ce que ça fait d'être une victime ? ») … le personnage de Fred est merveilleusement construit dans toute son ambiguïté d'ancien mafieux, de père de famille, et d'homme qui se cherche, et qui cherche une nouvelle raison de vivre.
Sans oublier que les mafieux américains sont toujours sur leurs traces …
« Combien vaut un homme ? Quel est le prix d'une vie humaine ? Savoir ce qu'on vaut, c'est comme connaître le jour de sa mort. Je vaux vingt millions de dollars. C'est énorme. Et bien moins que ce que je croyais. Je suis peut-être un des hommes les plus chers du monde. Valoir aussi cher et vivre une vie aussi merdique que la mienne, c'est le comble de la misère. »
En bref, tous les ingrédients sont là pour faire de ce roman un texte déjanté, surtout quand le fameux Fred se fait passer pour écrivain et finit par se lancer vraiment dans ses mémoires … Or, comme le disent ses enfants :
« - Trois mois qu'il s'enferme dans sa putain de véranda, dit-il, tout son vocabulaire doit y passer plusieurs fois par jour.
– Dis que ton père est analphabète …
– Mon père est un Américain de base, tu as oublié ce que c'était. Un type qui parle pour se faire comprendre, pas pour faire des phrases. Un homme qui n'a pas besoin de dire vous quand il sait dire tu. Un type qui est, qui a, qui dit et qui fait, il n'a pas besoin d'autres verbes. Un type qui ne dîne, ne déjeune et ne soupe jamais : il mange. Pour lui, le passé est ce qui arrivé avant le présent, et le futur ce qui arrivera après , à quoi bon compliquer ? As-tu déjà listé le nombre de choses que ton père est capable d'exprimer rien qu'avec le mot « fuck » ?
– Pas de cochonneries, s'il te plait.
– C'est bien autre chose que des cochonneries. « Fuck » dans sa bouche peut vouloir dire : « Mon Dieu, dans quelle panade me suis-je fourré ! », ou encore : » Ce gars-là va me le payer cher un jour », mais aussi « J'adore ce film ». Pourquoi un type comme lui aurait besoin d'écrire. »
Ce passage est parfaitement représentatif du ton employé tout au long du roman, et de l'humour – souvent noir - qui l'imprègne. Sans parler des piques constantes sur les cultures française (que de beurre et de crème !) et américaine (« de la grosse et grasse bouffe de Yankees »). L'auteur a un don pour décrire et faire vivre ses personnages, qui fait que ces derniers m'ont habité pendant plusieurs jours après avoir refermer ce livre …
Un roman riche, intéressant, et à découvrir à tout prix si vous avez besoin de vous détendre et de rigoler un bon coup ! Mais rassurez-vous, malgré les grosses ficelles et les caricatures, il ne manque tout de même pas d'un peu de sérieux (les réflexions sur l'écriture) et de profondeur. Et il a l'avantage de m'avoir donné envie de voir le Parrain (le film culte des mafieux) et Les Affranchis (le film qu'ils détestent car il les montre comme ils sont vraiment … « dépouillés de leur légende, n'apparaissaient plus que leur bêtise et leur cruauté. »). Des « personnages » qui fascinent, malgré nous, et qui sont pour quelque chose dans mon appréciation de ce roman. Car la « mauvaise vie » (la Malavita, qui désigne la terrible mafia américano-sicilienne) est toujours présente, au coin de l'oeil, avec ses tentations et ses pièges qui attendent les honnêtes gens …
Fort heureusement pour moi, il existe une suite qui m'attend sagement : Malavita encore. Je m'en lèche d'avance les babines littéraires.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Nastie92
  31 juillet 2014
Vous aimez les films sur la mafia ? Particulièrement les films pleins d'humour comme Mafia Blues avec l'incontournable Robert de Niro ? Foncez, ce livre est pour vous !
Voici donc un roman qui nous raconte sur un mode très humoristique la vie d'un repenti et de sa famille. Et cette vie est loin d'être de tout repos. La quatrième de couverture nous suggère : "s'ils emménagent dans votre quartier, fuyez sans vous retourner". le conseil me semble judicieux car la famille Blake n'est pas une famille ordinaire.
L'équation semble d'emblée impossible : comment imaginer qu'une ex-famille mafieuse puisse vivre incognito dans un petit village normand jusque là bien tranquille ? Chassez le naturel, il revient au galop : les habitants de Cholong-sur-Avre vont vite s'apercevoir que leurs gentils voisins ne sont pas ce qu'ils semblent être.
J'ai beaucoup ri, je me suis vraiment régalée. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant, l'action est très bien menée, avec des surprises et des changements de rythme bienvenus. Les personnages sont très réussis. Pas étonnant que ce livre ait été adapté au cinéma, avec... Robert de Niro dans le rôle principal. le sachant, je l'ai "vu" tout au long de ma lecture, et je ne peux pas imaginer meilleur interprète que lui pour jouer Fred Blake.
C'est fin et pétillant : un divertissement de très grande qualité, à lire de toute urgence si vous avez besoin de détendre vos zygomatiques.
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Kittiwake
  22 juillet 2014
Malavita, c'est la mauvaise vie : celle de la Casa nostra et de ses capos, de ceux qui ont choisi le crime organisé et qui obéissent à un code d'honneur bien particulier. Alors le jour où l'un d'eux se décident à balancer et à passer dans le camp des repentis, contre une protection promise, c'est le début de la clandestinité, de l'itinérance, avec la famille et le chien (Malavita c'est lui). Lorsque l'on fait la connaissance des Blake (ex Manzoni) ils emménagent au coeur de la Normandie profonde dans une petite ville isolée. L'intégration se fait tant bien que mal : Fred, l'ex-mafieux trouve sa planche de salut en commençant à écrire ses mémoires (lui qui a du mal à rédiger une liste de courses!), Maggie se lance dans la solidarité, Belle…cultive sa beauté et Warren règne rapidement en petit chef, rêvant de rejoindre la terre de ses origines en digne successeur de son père.
Mais le destin peut dépendre d'une feuille de chou locale, dont le périple international pour le moins inattendu, va modifier la donne et débusquer les planqués….
Le tout est mené tambour battant, avec force humour et dérision, en alternant les récits, chaque personnage suivant son propre rythme et ses propres prérogatives.
C'est une confirmation de l'impression ressentie lors de la lecture de « Tout à l'ego » du même auteur : un style très agréable, une construction habile (impossible de s'ennuyer, risque même de nuits courtes…).
La mafia peut faire rire (et un peu peur quand même) : la preuve avec ce roman!
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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nekomusume
  07 mai 2013
J'ai choisi ce livre après avoir lu une critique sur Babelio.
J'ai été très surprise par cette lecture: je ne sais pas trop à quoi je m'attendais mais j'avais cru comprendre que c'était un livre drôle et comme je n'accroche pas à tous les styles s'humour, j'avais un peu peur de ce qui m'attendait.
En fait c'est génial! Alors je ne rangerais pas ce livre dans les comédies, mais je dirais que c'est une vision décalée, celles que je préfère en général: Fred (Giovanni de son vrai nom) est un père de famille qui aurait pu être n'importe quel père désoeuvré qui trouve une machine à écrire et décide de se mettre à la rédaction de ses mémoires sous le regard ébahi de sa famille. Sauf que Tom est un repenti, un ancien mafieux qui a témoignés contre La Cosa Nostra et à permis l'arrestation du Parrain... donc le mec le plus recherché de l'histoire de la Mafia américaine...
Mais sa façon de voir, de vivre et même d'écrire sa vie ont un côté truculent.
Fred n'est pas le seul personnage savoureux de cette histoire, sa femme qui tente de se racheter une conduite, leur fille Belle pour qui tout est dans le prénom, leur fils Warren qui se voit en prochain parrain, leurs gardes du corps qui ne sont peu être pas si éloignés que çà des affranchis...
Bref une galerie de personnages croqués avec humour et dérision mais aussi une touche de gravité; des situations rocambolesques mais peut être pas si éloignées de la réalité, qui sait où commence le fantasme quand il s'agit de la mafia? Et ce passage où notre mafieux à peine capable d'écrire son nom réfléchi sur la métaphysique du point virgule... la subtilité avec laquelle chaque membre de la famille résout ses problèmes...
J'adore!!! et j'en veux encore... alors que lire après Malavita, Malavita encore certainement si j'arrive à mettre la main dessus.
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Citations et extraits (138) Voir plus Ajouter une citation
BMRBMR   30 juillet 2008
[... discussion entre les deux ados de la famille ... ]
- Trois mois qu'il s'enferme dans sa putain de véranda, dit-il, tout son vocabulaire doit y passer plusieurs fois par jour.
- Dis que ton père est analphabète ...
- Mon père est un Américain de base, tu as oublié ce que c'était. Un type qui parle pour se faire comprendre, pas pour faire des phrases. Un homme qui n'a pas besoin de dire vous quand il sait dire tu. Un type qui est, qui a, qui dit et qui fait, il n'a pas besoin d'autres verbes. Un type qui ne dîne, ne déjeune et ne soupe jamais : il mange. Pour lui, le passé est ce qui arrivé avant le présent, et le futur ce qui arrivera après , à quoi bon compliquer ? As-tu déjà listé le nombre de choses que ton père est capable d'exprimer rien qu'avec le mot "fuck" ?
- Pas de cochonneries, s'il te plait.
- C'est bien autre chose que des cochonneries. "Fuck" dans sa bouche peut vouloir dire : "Mon Dieu, dans quelle panade me suis-je fourré !", ou encore : " Ce gars-là va me le payer cher un jour", mais aussi "J'adore ce film". Pourquoi un type comme lui aurait besoin d'écrire.
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letypequetuconnaispasletypequetuconnaispas   06 février 2012
Page 78, Belle et Warren reviennent de l'école et préparent le barbecue avec leur mère.
Maggie mit les enfants à contribution dès qu'ils furent rentrés du lycée, le petit à la découpe des légumes, la grande à la préparation du jardin, couverts et décoration. Plus d'une trentaine de personne étaient attendus, autant dire un tiers des habitués des barbecues qu'ils donnaient, dans le temps, à Newark. Un par mois, d'avril à septembre, et personne ne s'avisait d'y couper. Au contraire, ils découvraient toujours de nouvelles têtes qui voyaient là une occasion de forcer délicatement leur porte.
- Qu'est-ce que les Normands mettent sur leur gril ? demanda Warren.
- Je dirais des côtelettes d'agneau, répondit sa mère, et, en accompagnement, cette salade à base de radis, de pommes et de fromage blan.
- Ma préférée ! dit Belle, de passage dans la cuisine.
- Si on leur avait servi ça, on courrait à la catastrophe, fit Warren. On va leur préparer le BBQ qu'ils s'attendent à trouver.
- C'est-à-dire ?
- De la bouffe américaine. De la grosse et grasse bouffe de Yankees. On ne doit pas les décevoir.
- Très appétissant, mon fils. Ca donne envie de faire des efforts.
- Ce qu'ils veulent, c'est de la nourriture pornographique.
Maggie cessa net de gratter son parmesan et, faute d'une repartie, lui interdit de prononcer ce mot.
- Maman, fit Belle, ton fils n'utilise peut-être pas "pornographie" dans le sens où tu l'imagine.
- Les Français en ont marre du raffinement et de la diététique, reprit Warren, on ne leur parle que de ça toute la journée. Vapeur, légumes bouillis, poissons grillés, eau gazeuse. On va les déculpabiliser, Mom, On va leur en donner, du gras, du sucré, c'est tout ce qu'ils attendent de nous. Ils vont venir bouffer chez comme on va au bordel.
- Attention à ce que tu dit, petit-homme ! Tu ne t'y risquerait pas devant ton père.
- Papa est d'accord avec moi . A Cagnes, je l'ai surpris à jouer l'Américain de base, les gens en redemandaient, ils se sentaient si brillants face à lui.
Tout en écoutant les élucubrations de son fils, Maggie la dernière main à sa te-mex potato salad, elle tourna sa Caesar salad, égouttas les zitis avant de les plonger dans la sauce tomate. Warren en goûtta un, encore brûlant, à même l'énorme saladier en plastique transparent .
- La pasta est parfaite, mais elle va nous trahir, Mom.
- ...?
- Ils vont s'apercevoir qu'avant d'être Américains, on était des Ritals

C'est le meilleur extrait que j'ai trouvé. Si vous avez des conseils, n'hésitez pas à me les dire, je passe un exposé dans 2 semaines sur ce livre et j'aimerais avoir vos avis.
Merci d'avance.
letypequetuconnaispas.
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Nastie92Nastie92   30 août 2014
Cinq individus, tous mâles, se tenaient en demi-cercle autour du barbecue, les yeux fixés sur la braise qui refusait de prendre, malgré le temps sec, malgré le matériel sophistiqué et les efforts du maître de maison, un vieux briscard en matière de grill.
- C'est pas comme ça qu'il faut faire... Faut plus de petit bois, monsieur Blake, vous avez mis le charbon trop vite.
[...]
- C'est pas comme ça qu'il faut faire. Moi, je ne mets pas de charbon de bois, je procède comme dans une cheminée, c'est plus long mais la braise est de bien meilleure qualité.
- C'est pas comme ça qu'il faut faire, ajouta un notable qui siégeait au conseil municipal. Vous utilisez des allume-feu, c'est toxique, et c'est pas du jeu. D'ailleurs, ce n'est même pas efficace, la preuve.
Sans le savoir, Fred vérifiait un théorème universel, qu'il se formula en ces termes : dès qu'un con essaie d'allumer un feu quelque part, il y en a quatre autres pour lui expliquer comment s'y prendre.
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TINUSIATINUSIA   11 août 2010
Fred s'interrogeait sur les mystère du point-virgule. Le point, il savait, la virgule, il savait, mais le point-virgule ? Comment une phrase pouvait-elle à la fois se terminer et se poursuivre ? Quelque chose bloquait mentalement, la représentation d'une fin continue, ou d'une continuité qui s'interrompt, ou l'inverse, ou quelque chose entre les deux, allez savoir. Qu'est-ce qui, dans la vie, pouvait correspondre à ce schéma ?
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AmbagesAmbages   10 septembre 2015
Un jeu de mots... Comme si les mômes de Cholong, voire les professeurs d'anglais, même bardés de diplômes, pouvaient comprendre quoi que ce soit à l'humour du New Jersey ! Ce mélange de cynisme et de dérision qu'on se forge à coups de poings dans la gueule, dans la fusion des races, sur fond de désespoir urbain. Tout le contraire de Cholong ! Cet humour-là constituait parfois le dernier bien des exclus, leur seule dignité. A Newark, une bonne répartie pouvait vous éviter un coup de couteau dans les côtes, ou vous consoler de l'avoir reçu. Cet humour-là n'avait pas lu ses classiques mais les classiques avaient su s'en inspirer. Une bonne dose d'ironie, un trait d'euphémisme, un zeste de non-sens, une pointe de litote, et le tour était joué, mais pour jouer ce jour-là il fallait avoir eu faim et peur, traîné dans les caniveaux et pris toutes sortes de coups. Et comme une balle qui rate sa cible, une réplique mal décochée se révélait, le plus souvent, fatale.

p. 138
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