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EAN : 9782953813005
118 pages
Éditeur : Philosophie magazine (15/09/2011)
3.97/5   18 notes
Résumé :
S'il existe une manière faussement paresseuse et vraiment joyeuse de faire de la philosophie, c'est bien en lisant Tintin ! De la Terre à la Lune, de l'empire du Milieu au "toit du monde", le reporter et son partenaire canin traversent les albums, accompagnés d'un savant sourd comme un potiron et d'un capitaine aux inoubliables bordées de jurons. Bienvenue dans l'univers d'Hergé, un univers où le Bien triomphe toujours du Mal, où l'Autre - oublions les préjugés des ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
zenzibar
  03 février 2015
Tintin au pays des philosophes
Tintin le héros des jeunes de 7 à 77 ans comme on disait à l'époque où je découvrais ces aventures.
Vingt-trois albums parus entre 1930 et 1976 qui font ici l'objet de réflexions philosophiques de la part de philosophes connus, par thèmes, bien ordonnés : de la morale, de la politique, de l'homme, de la raison du rire, de l'art.
Tintin, d'un point de vue philosophique fait l'unanimité, il est, semble t-il, spontanément bon, courageux, il est capable de partir dans une quête qui défie la raison, pour porter secours à l'autre bout du monde à son ami Tchang. Il aide le faible, combat l'injustice le tout en étant désintéressé spirituellement et matériellement.
Dans l'univers d'Hergé il apparaît même que l'animal « bestial » (yeti, gorille) est meilleur que l'homme
Bref, un champ d'étude d'une simplicité biblique tellement le personnage lisse, positif semble un cas d'école paré de toutes les vertus.
Cet album offre par conséquent un agrément double, outre qu'il permet de revoir avec bonheur certains extraits cultes de notre héros et de ses amis il étalonne et inventorie les qualités philosophiques les plus évidentes de Tintin. de plus, la mise en page, le choix des illustrations sont très réussies et apportent à eux seuls un vrai plaisir de consultation de cet ouvrage. Il pendra sa place avantageusement à coté des albums canoniques du fringant reporter à la houpe
Néanmoins, à mon avis, deux faiblesses sont susceptibles d'être relevées.
En premier lieu, les contributions sont d'une qualité inégale, à côté de celle d'un Michel Serres, d'autres n'ont pas un grand intérêt.
Ensuite, avec tout le respect du à ces philosophes connus et reconnus il semble en définitive que ce soit davantage l'affect attendri et bien trop respectueux qui domine leurs interventions plutôt que l'esprit philosophique critique.
Une appréciation philosophique sur le non exprimé dans les albums d'Hergé, en seconde approche, aurait du compléter les analyses.
A cet égard, il doit être observé ainsi que la moitié de ses albums ont été écrits et publiés dans une période historique la plus dramatique qui soit, caractérisée par la crise économique, la misère, les persécutions, la guerre, les massacres de masse.
Seul, « le lotus bleu » intègre le contexte historique contemporain et avec des détails qui collent à la réalité.
Même en ne perdant pas de vue que Georges Rémi (alias Hergé) exerçait ses talents dans un autre registre qu'un Malraux ou un Hemingway, cette (auto)censure questionne.
Pourquoi Tintin n'a t-il pas eu de Zorrino ou de Tchang juif, républicain, syndicaliste...journaliste, prisonnier à aider, à faire évader alors qu'il sauve un roi, un (apprenti)dictateur ?
La censure de l'occupation nazie a certes pesé pour certains albums mais pas pour l'ensemble.
Tintin n'est-il pas reporter ? Pourquoi à coté du « Tinitin au pays des soviets », n'y a t-il pas eu un « Tintin au pays des nazis », « au pays des fascistes », « au pays des franquistes » ? Guernica, les accords de Munich…. auraient pu fournir des beaux sujets de « reportage », au moins offrir des arrière plans stimulants à des aventures...
Pourquoi le communiste, le « nègre », les mafieux de Chicago ont été les seuls à être raillés, moqués  à cette époque?
Ensuite, le désert de la vie sociale, affective, sexuelle de Tintin est pour le moins suspecte.
En y regardant de plus près, l'univers de Hergé est tout sauf zen ; l'inavouable, des élans mortifères affleurent régulièrement et sont péniblement étouffés par un refoulement brutal
Hormis la Castafiore il n'y a pas de femme dans l'univers de Tintin et plus grave la sensualité, le désir, sont impitoyablement étouffés. Ils n'apparaissent que furtivement et sous une forme de souffrance, de violence à la frontière de la pathologie dans ces délires d'alcoolique ou de rêves-cauchemars. le moins que l'on puisse dire c'est que cette femme, la Castafiore ne peut que faire fuir.
Ce désert, conjugué à ces délires oniriques révèlent à l'évidence une peur de la vie, la vraie, avec ses fêlures, ses interrogations existentielles, politiques, sociales, affectives, sexuelles.
Ce constat s'agissant de Tintin est d'autant plus flagrant que Hergé avec le capitaine Haddock, et même avec Milou n'hésite pas à introduire des failles, un « coté obscur » dans ses acteurs
Au total un univers philosophique en trompe l'oeil , Tintin n'est pas un sage ou un homme juste par choix ou parce qu'il est naturellement bon mais parce que les questions, les situations dérangeantes sont absentes, évacuées. Il n'y a par conséquent pas de choix philosophiques à faire dans l'action et/ou la réflexion.
Cela n'enlève rien ni au charme indestructible ses albums ni au plaisir de lire ce Tintin au pays des philosophes mais sur ce terrain il existe fatalement des interrogations dont on peut difficilement faire l'économie, même si elles sont politiquement incorrectes
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Davalian
  09 janvier 2017
Tintin au pays des philosophes est un Petit plaisir plutôt bien pensé. Il s'agit d'une réédition – en édition de luxe – d'un numéro spécial de Philosophie magazine de l'année 2011 qui permet tout à la fois de s'initier à cette discipline de manière ludique et de relire différemment Tintin.
D'une manière ou d'une autre, une fois cette lecture achevée, plusieurs autres vont se révéler nécessaires. Il faudra s'attendre à avoir envie de relire les albums du canon, ou à l'inverse de s'intéresser davantage à la philosophie en visant des ouvrages généralistes. le travail de coordination de Sven Ortoli aura donc fonctionné.

Il est vrai que la démarche peut laisser dubitatif. Plusieurs grands noms de la discipline produisent des articles sur des thèmes tels que la morale, la politique, l'homme, la raison, le rire, l'art. Ils prolongent ainsi une initiative de Michel Serres qui a laissé sceptique Hergé en personne. Certains articles (notamment lorsqu'il est question de Vérité, du rapport au vrai, des médias) donnent l'impression d'être le fruit d'extrapolations assez éloignées du texte. Certains développements sont parfois difficiles à assimiler, comme le recours à un jargon hermétique.

Pourtant l'on s'adapte assez facilement et c'est avec curiosité que l'on découvre cette nouvelle dimension, d'autant qu'un effort de vulgarisation a été consenti. Vous pensiez être dégoûtes de la philosophie ou lassés de Tintin et bien voilà vos certitudes remises en question ! D'autant qu'il n'est pas seulement question d'idées, mais également d'histoire, de symbolique… le propos est riche et immersif. de nombreuses insertions viennent par ailleurs égayer le texte et rappeler des souvenirs.

Tous les auteurs tentent de réhabiliter Hergé aujourd'hui largement critiqué pour plusieurs de ses albums. Ils ne s'en cachent pas et proposent des arguments pertinents, notamment lorsqu'il est question de colonialisme ou de rapport avec l'occupant. Tintin au Congo, donne lieu à une analyse intéressante. Il est regrettable de constater que Tintin en Amérique et Tintin aux pays des Soviets n'en profitent guère.

Des sélections ont été opérées avec un effort visible pour englober la totalité de la geste du reporter à la houppette. Certains albums sont plus longuement commentés que d'autres qui doivent parfois se contenter de simples références. Il est hélas regrettable que les références faites par les différents auteurs concernent également ces albums phares (L'oreille casée, le lotus bleu, Tintin au Tibet, le cycle lunaire). La réflexion reste centrée sur les bandes dessinées occultant les autres supports (dessins animés, films) et l'exploitation commerciale faite de l'oeuvre d'Hergé.

Tintin au pays des philosophes se révèle donc être une agréable surprise. le livre permet d'initier une relecture avec un éclairage supplémentaire. Il permet également d'élargir le débat, tout en remettant à plat certaines polémiques faciles. Une belle découverte donc et surtout un agréable cadeau à faire… ou à recevoir !
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Domichel
  03 novembre 2014
Comme tout amateur de BD, j'ai fait mon éducation littéraire dans les pages du Journal de Tintin que j'achetais en face de chez moi tous les jeudis matin. Bien sûr le prolongement a été dans les albums où l'on pouvait vivre l'aventure complète quand ce n'était pas sur 2 albums à suivre. Quelle frustration de n'en avoir qu'un et d'attendre le prochain Noël ou anniversaire pour lire la suite. Les adultes ne comprenaient donc rien.
- Fin de la séquence nostalgie !
On dira ce qu'on voudra, je cite pêle-mêle les critiques acerbes et injustifiées des bobos des années 80/90 qui dénonçaient en vrac, le colonialisme, la naïveté, le collaborationniste supposé d'Hergé, l'ambivalence des rapports de Tintin et Haddock, où sont les femmes, j'en passe et des bien pires. Que n'a-t-on pas inventé pour se rendre intéressant dans des cercles dits “intellos” ?
- Fin de la séquence mitraillage !
Eh bien moi j'ai toujours aimé et j'aimerai toujours les aventures de Tintin que je relis à l'occasion, le temps d'un retour aux sources. Oui les personnages sont typiques, oui certains sont inspirés de personnages réels, eh bien tant mieux ! Cela donne davantage de corps aux histoires. le trait est simplifié, c'est sûr, mais c'est ça le génie de la ligne claire. le voilà le précurseur d'une génération d'enfants de la BD qui ont fait leurs armes sous la houlette du maître. Et sans Hergé, que serait devenue la BD ? Je ne citerai pas tous ceux qui se sont inspirés de son école, ce serait trop long. Citons juste quelques albums à mon avis magnifiques et incontournables : le Crabe aux pinces d'Or, Les Cigares du Pharaon, le Lotus Bleu, le Sceptre d'Ottokar, L'Oreille Cassée (grandiose), La Licorne et Rackham le Rouge (massacrés au cinéma il y a peu), Les 7 boules de Cristal & le Temple du Soleil, Objectif et On a marché sur la Lune, et enfin Tintin au Tibet.
Que ceux qui n'aiment pas aillent au Diable, et laissez-nous rêver. Merci Monsieur Hergé
En ce qui concerne ce numéro spécial comme en font régulièrement les magazines en mal d'impression, je l'ai acheté plus par curiosité que par amour de la philosophie. Étant par nature quasi-hermétique depuis ma Terminale, à ce genre de pensées, j'ai été vaguement intéressé par les théories développées, mais j'ai vite décroché, me contentant de feuilleter le reste du magazine pour les illustrations.
À recommander uniquement aux spécialistes du genre !
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critiques presse (1)
Sceneario   22 septembre 2011
Ce livre, cette étude est une œuvre que je vous conseille, un collector qui mérite une très bonne place dans votre bibliothèque.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
zenzibarzenzibar   23 décembre 2014
Le génie d'Hergé? Ses ciréations survivent à leur date de naissance et s'enrichissent de l'apport de chaque génération, de chaque lecteur.

Il faut imaginer Phillipulus enfant, écolier triste, moqué de tous, rêvant de prendre sa revanche, tissant de multiples théories du complot;
il faut imaginer Abdallah père de famille, gâtant ses petits vauriens et tentant un peu tard un compromis boiteux entre l'affection et l'autorité.
Il faut, imaginer,enfin, les enfants ou les petits-enfants de Séraphin Lampion. Ils sont devenus bobos, écolos, traders, avocats, artistes, ce sont des rebelles, des êtres du mouvement. Ils ont honte de leur ancêtre et de ses plaisanteries minables. Mais eux aussi obéissent aux nouveaux conformismes. ils se croient
originaux, ils sont, comme chacun de nous, dictés par l'opinion ambiante et se ressemblent dans l'illusion d'être uniques. Ils ont leurs comiques attitrés qui sévissent sur les ondes ou le petit écran, se croient drôles et sont tout simplement pathétiques et méchants.

C'est la revanche terrible de Séraphin Lampion qui rigole inlassablement depuis l'au-delà, et nous tend le miroir de notre propre bêtise.
(contribution de Pascal Bruckner)
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DavalianDavalian   03 janvier 2017
Hergé fut notre instituteur, nous invitant à considérer les autres cultures comme équivalentes à la nôtre. Ce qui est, au fond, la grande révolution philosophique du siècle : la mise sur un pied d'égalité de toutes les civilisations. Les autres ne sont plus des primitifs qui doivent nous rejoindre sur le chemin du progrès et de la civilisation, mais des semblables en qui nous avons à nous reconnaître.
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zenzibarzenzibar   17 décembre 2014
L'oreille cassée, le fétiche rapetassé avec des éclisses et du fil de fer : la vie c'est du rafistolage.

Nous sommes des êtres brisés, et ce n'est pas seulement notre oreille qui est cassée, mais tous nos membres et notre cœur même.

Et c'est très bien ainsi car il n'y a de bon système qu'un système cassé.

Le vivant est un bricolage dont l'unité de fonctionnement nous échappe...comme le diamant qui est dans le fétiche.(contribution de Michel Serres)
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zenzibarzenzibar   20 janvier 2015
Dans l'oreille cassée, le vol d'un fétiche au Musée ethnographique plonge le lecteur dans un labyrinthe étourdissant, un jeu de masques où l'original s'efface derrière la multiplication infinie de ses copies (....)
Ce que l'on ne vole n'est jamais ce que l'on cherche, et ce que l'on cherche est insaisissable. (...)
Car il ne suffit pas de récupérer le fétiche qui sommeille tranquillement dans la malle de Balthazar : il faut remonter l'Amazone, rencontrer les terribles Arhumbayas, affronter les piranhas et risquer le sacrifice pour redécouvrir l'original et son "aura". (....)
Car la valeur de l'original n'est pas marchande mais rituelle.
Au final le fétiche n'est plus celui qui était exposé au musée : brisé, rafistolé, il a perdu son trésor.
Mais il a retrouvé son aura en exhibant son mystère.
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DavalianDavalian   08 janvier 2017
Si vous vous lancez dans la philosophie, comme étudiant ou comme auteur, il faut avoir le moins d'idées possible, et avec celles-ci, créer le monde le plus riche et le plus varié possible. Ça, c'est la magistrale leçon d'Hergé, son tour de force incontestable.
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