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ISBN : 2843441382
Éditeur : Le Bélial' (13/11/2015)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Fin 1939.
La mission archéologique de l'Ahnenerbe est un échec : l'extraordinaire découverte faite dans la vallée du Nahr al-Zab-al-Saghir semble aux mains de l'ennemi anglais, et Friedrich Saxhäuser est porté disparu au large de Madère... Heinrich Himmler ne peut tolérer pareil camouflet, d'autant que ce qui a été mis au jour dans le Kurdistan irakien se révèle à ce point stupéfiant, impensable, que l'ensemble des forces en présence, à l'aube du plus grand c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Apophis
  11 mars 2016
Très bon roman, bon second tome, mais je ne suis toujours pas pleinement convaincu
Ce roman est le second tome de la Tétralogie des Origines, après le château des millions d'années. Il en a toutes les qualités (le côté haletant qui fait qu'on le dévore plus qu'on ne le lit, la reconstitution historique absolument sidérante de précision, l'ambition et la maîtrise de la structure narrative, la richesse et la complexité des personnages – du moins la plupart-), mais on y retrouve également certains des défauts du premier tome (la structure à base de flash-backs un peu trop exigeante principalement).
J'ai également constaté dans ce tome 2 l'apparition de nouveaux défauts ou l'aggravation de défauts existants qui font que, malgré d'indéniables et importantes qualités, je ne suis toujours pas à 100 % convaincu par cette Tétralogie pour le moment.
- Nouveaux lieux, nouvelles têtes, têtes connues
Après la capture de Schmundt par les anglais, la momie et les pièces de technologie extraterrestre sont rapatriées en Angleterre. Saxhäuser, lui, a survécu (quelle surprise…), secouru par les extraterrestres, qui lui font des révélations puis le déposent sur les côtes ibériques, d'où il va reprendre contact avec l'Amiral Canaris mais sans que la nouvelle de l'exagération des rumeurs sur sa mort ne se répande (particulièrement chez les SS).
Le gros de la narration (en dehors des flashbacks, évidemment) se concentre sur le commando nazi qui va se rendre en Angleterre pour libérer les prisonniers (ils ne sont pas au courant de la noyade -présumée- de Saxhäuser) et tenter de récupérer leurs découvertes. On y retrouve des têtes connues (comme Albrecht), ainsi que de nouveaux personnages, au premier rang desquels se trouve la redoutable et perverse Maud Alten, aristocrate anglo-danoise passée corps (vous allez bientôt comprendre…) et âme du côté nazi.
Les nouveaux personnages bénéficient du même degré d'approfondissement à coups de flash-backs expliquant leur psychologie, leurs motivations et leur historique commun que les anciens. Que ce soit côté anciens ou nouveaux personnages, j'ai apprécié l'absence de manichéisme, un des anglais (Rourke) se révélant dans son genre aussi immonde que les allemands, et les américains se révélant être des manipulateurs sans état d'âme capable de tuer leurs « alliés » anglais pour les empêcher de parler. J'ai aussi apprécié que, sans tomber dans les excès du Trône de Fer, l'auteur n'ait pas hésité à se débarrasser froidement de plusieurs personnages (dont au moins un pas-si-secondaire).
Le déplacement du cadre de l'action vers l'Angleterre (pour l'essentiel) donne à ce tome une ambiance sensiblement différente de celle du premier, mais tout aussi réussie. Les passages à bord du U-Boot donnent un vague (mais très plaisant) côté Das Boot ou U-571 (pour le grenadage) à l'ensemble. La fin est très réussie, pas dans le genre de celle du premier tome (il n'y a cette fois pas de cliffhanger) mais plutôt dans le genre « scène coup de poing de blockbuster estival hollywoodien ».
- Rien ne change…
Comme je le disais en introduction, on retrouve toutes les qualités qui m'avaient fait adorer le premier tome :
* un sens aigu du rythme et des personnages (c'est vraiment remarquable de la part de l'auteur, lorsqu'on y pense, sachant qu'il s'agit de ses deux premiers romans).
* une immersion impressionnante offerte au lecteur dans les grands événements de l'époque (Stéphane Przybylski est historien, et se sert de ses connaissances à fond et habilement, en décrivant avec précision et justesse l'ambiance de ces années noires).
* une structure narrative d'une ambition rafraîchissante (sans vouloir décrier les auteurs SFFF français, on a plus l'habitude de voir ça chez les auteurs anglo-saxons que chez les nôtres) et qui, surtout, permet d'expliquer très finement les motivations des personnages en insérant un flash-back approprié qui justifie leurs motivations dans le présent de l'intrigue.
Le problème est qu'on retrouve aussi les défauts du premier tome :
* Un mélange des genres flou : Si l'équilibre SF / roman historique est meilleur que dans le tome 1 (voir plus loin), il reste beaucoup de scènes qui n'ont finalement que pour seul but de brosser le portrait d'une époque et de ses personnages emblématiques, sans rien apporter à l'intrigue centrée sur les extraterrestres. On peut classer une partie des scènes avec Heydrich dans cette catégorie là, par exemple (l'auteur passe trop de temps à nous montrer « vous voyez ? Cet homme est un monstre et il terrifie tout le monde ! ». Inutile de multiplier ces scènes, une ou deux suffisent, après c'est du remplissage ou alors on glisse du roman à l'essai historique). Ces scènes intéresseront évidemment l'amateur d'histoire (dont je suis), mais beaucoup moins le pur lecteur de SF, qui va trouver qu'elles nuisent au rythme et sont de trop. Enfin, même si, apparemment, on est plus sur de l'Histoire secrète que sur de l'uchronie, on reste encore dans le flou à ce niveau là. Au bout de deux tomes sur quatre, c'est tout de même un peu gênant (ou alors l'auteur nous réserve de gros coups de théâtre pour la fin du tome 3 ou 4 ?).
* Une structure vraiment très, très complexe, sans doute trop pour certains lecteurs : non seulement on garde le système de flash-back (plus quelques flash-forward) du tome 1, mais on va encore plus loin dans ce système là (voir plus loin). Même moi, qui n'avais pas été gêné à ce niveau là lors de ma lecture du tome 1, j'ai eu un peu de mal avec celui-ci. J'ai un peu peur que l'auteur tire un peu trop sur la corde et se coupe de ces lecteurs qui n'aiment pas ce genre de complexités narratives et préfèrent une narration plus fluide et plus directe.
* Certains personnages ressemblant un peu trop à ceux d'oeuvres connues : autant je ne suis pas d'accord pour dire, comme certains, que Saxhäuser n'est qu'une version nazie d'Indiana Jones, autant il faut reconnaître qu'au moins trois personnages sortent tout droit des références séries TV / films de la quatrième de couverture du premier tome. Il y a tout d'abord Mr. Lee (l' »homme à la cigarette »), puis l' »homme très soigné » (qui évoque celui de X-Files, là encore) et enfin Maud Alten, qui non seulement hérite de tous les clichés sur les espionnes nazies (voir plus loin), mais qui en plus a l'air de la soeur jumelle du personnage d'Elsa dans Indiana Jones 3.
- … ou presque (et pas toujours en bien)
Il y a aussi des changements par rapport au tome 1, et malheureusement une partie sont, pour moi, négatifs :
* le système de flash-back franchit parfois encore un niveau, et on se retrouve avec un retour en arrière année / mois / jour et heure / minute : autant dire que le fait de devoir faire attention à l'heure en plus complexifie encore une lecture qui n'était déjà pas toujours facile.
* Un découpage en micro-paragraphes pas toujours utile : je vais prendre un exemple, le moment où les anglais tombent sur les trois allemands dans les ruines : était-il vraiment utile de faire varier autant les points de vue, alors que chaque paragraphe se passe exactement à la même heure ? Il aurait mieux valu l'équivalent narratif d'un plan-séquence, une narration ininterrompue, parce que là, tel que ça a été fait, c'est inutilement lourd.
* Des flash-backs sans utilité ou pas utiles pour tous les types de lecteurs : j'ai déjà parlé des flash-backs sur Heydrich, mais il y a en a d'autres qui sont encore plus contestables. Par exemple, quel est l'intérêt de faire un flash-back sur le commandant en second de l'U-Boot… juste avant sa mort ? A part faire du remplissage et donner encore un aperçu de ce monstre froid qu'était Heydrich, franchement, je ne vois pas.
* Un personnage stéréotypé : alors que j'avais applaudi des deux mains devant la subtilité et la complexité de la psychologie des personnages du tome 1, Saxhäuser en tête, j'avoue avoir été déçu par Maud Alten. Oh certes, elle bénéficie du même système de flash-back que les autres, afin d'expliquer et d'étoffer sa personnalité et son background, mais seigneur, que de clichés : la belle espionne allemande blonde (ou du moins travaillant pour le compte des allemands), femme fatale, nazi fanatique (bien plus que certains militaires qui l'entourent…) et sexuellement perverse (cf la scène SM à Londres), vraiment ? Ce n'est pas beaucoup trop cliché ? D'ailleurs, puisqu'on parle de sexe…
* Des scènes sexuelles inutiles : on constate dans ce tome 2 une multiplication de scènes de sexe, bien plus que dans le tome 1. Je n'ai rien contre ce genre de scène, à la seule condition qu'elles apportent quelque chose à la construction de l'intrigue ou des personnages. Malheureusement, ce n'est pas le cas ici : les deux tiers d'entre elles n'apportent rien à ce niveau (je pense à celles mettant en scène Heydrich, à quatre de celles mettant en scène Maud- particulièrement la scène SM et celle dans la cuisine qui n'apportent rien à l'intrigue- et à celle impliquant l'homme à la cigarette), et à part attirer le chaland qui en est avide, je peine à voir leur intérêt (oui, merci, on a compris que Maud aime se taper tous ces fringants officiers nazis dans leur bel uniforme noir juste sous le nez de son mari anglais, on peut arrêter maintenant ? En plus, bon, les toilettes -deux fois-, la banquette arrière et les écuries, vraiment ?). Par contre, je vois tout à fait leur intérêt dans certains autres cas, quand cela explique par exemple les relations entre Albrecht, Maud et Friedrich. Mais bon dans l'ensemble, je pense que l'auteur a largement assez de talent pour s'éviter (et nous éviter…) l'emploi abusif de procédés aussi racoleurs que malhabiles.
Tous les changements ne sont pas mauvais cependant :
* l'alternance d'angles narratifs (interrogatoire, compte-rendu écrit, récit en direct d'un des protagonistes comblant les blancs des deux précédents) permettant de dépeindre le raid sur le château est par exemple remarquable, et fait encore franchir à la narration un palier supplémentaire en terme de qualité. J'ai aussi apprécié, dans le genre, l'utilisation du journal de guerre d'Albrecht.
* de plus, ce que je présente comme une complexité supplémentaire (l'ajout de l'heure dans les flash-backs) est aussi une richesse en plus, d'un autre point de vue.
* L'équilibre SF / roman historique est meilleur que dans le premier tome, même si dans l'esprit, le livre tire encore très (trop ?) nettement vers le second. En tout cas, le pur amateur de SF qui ne fait que peu de cas du contexte historique (et je précise que je ne fais pas partie de cette catégorie là de lecteurs) en a un peu plus pour son argent, en terme de scènes spectaculaires ou d'explications sur la nature, la provenance et les projets des extraterrestres.
Un petit mot sur la présentation : à nouveau, la couverture signée Aurélien Police est superbe et réussit, chose que j'apprécie toujours, à concentrer le maximum de points marquants / caractéristiques du livre sur l'illustration.
- En conclusion
Certes, ce tome 2 est clairement un très bon roman, qu'on lit avec plaisir. Pour un premier cycle, on reste impressionné par la qualité atteinte par l'auteur, et par l'ambition dont il fait preuve. Il n'a assurément pas choisi la voie de la facilité, notamment sur le plan de la narration (avec un système de flash-backs de plus en plus complexe au fur et à mesure qu'on avance dans la tétralogie). C'est sans conteste, pour le moment, une série de romans qui n'a pas à rougir par rapport à la production anglo-saxonne.
Mais je ne suis pas encore convaincu à 100 % qu'on tienne vraiment un chef-d'oeuvre (juste deux très bons livres pour le moment, et c'est déjà pas mal !). Il y a, pour moi, trop de maladresses (scènes de sexe gratuites, scènes de remplissage pas toujours utiles), un degré de complexité parfois inutile dans la narration et un équilibre SF / roman historique qui bien que s'améliorant notablement, n'est toujours pas idéal (du moins pour moi). Et franchement, au bout de la moitié du cycle, c'est vaguement inquiétant. J'ai un peu peur que le tome 4 ne renverse totalement la balance et en fasse au contraire trop dans ce registre là.
Globalement (et je dis bien globalement), ce tome 2 est à la hauteur du premier, même si je regrette l'apparition de procédés faciles comme les scènes de sexe inutiles ou celles de remplissage qui, à mon avis, sont un pas en arrière en terme de qualité, et pas un pas en avant.
Bref, c'est avec impatience que j'attends le tome 3 (prévu pour juin, il me semble), d'abord parce que je suis certain que je vais encore prendre un grand plaisir à le lire, et pour voir si les quelques erreurs de tir que j'ai pu constater dans ce tome 2 ont été corrigées. J'ai vraiment, vraiment envie d'être convaincu à 100 % par ce cycle. de plus, la courte apparition de Hess et la mission qui lui est confiée par Hitler laissent présager d'une explication tout à fait passionnante à sa petite escapade écossaise de 1941. Et toutes les allusions à la course à l'armement nucléaire (ainsi que le titre, Club Uranium) laissent présager quelques scènes totalement trépidantes.
Lien : https://lecultedapophis.word..
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Dionysos89
  08 décembre 2016
Après le Château des Millions d'années, Stéphane Przybylski poursuit chez le Bélial' sa tétralogie des Origines autour de la Deuxième Guerre mondiale. le deuxième tome, le Marteau de Thor, reprend la quête de Friedrich Saxhaüser dans les tout premiers jours de ce conflit mondial.
Pour partir directement dans le style, à l'image de son premier tome, Stéphane Przybylski fuit comme la peste la narration linéaire. Il est très simple de se perdre en ce début de volume : l'action reprend tambour battant à l'instant même où elle s'était interrompue à la fin du premier opus ; la technique de multiplier les scènes en des lieux et des périodes parfois très éloignés se perpétue et s'accélère même ; enfin, les changements d'une période à une autre nous font découvrir tout une flopée de personnages nouveaux. Pour mieux se repérer, il faut continuellement scruter les indications de temps et de lieu ouvrant chaque paragraphe, et surtout se dire que tout saut en avant dans le temps nous pose de nouvelles questions, dont les réponses sont explicitées dans les paragraphes suivants par des sauts en arrière. Cette gymnastique sert à justifier et expliquer les nouveautés introduites au fur et à mesure dans l'intrigue. Elle montre surtout combien l'auteur compte prendre son lecteur pour quelqu'un d'intelligent, c'est toujours plaisant de lire dans ce contexte.
Ainsi, l'Opération Mjöllnir, qui au coeur de ce volume, prend surtout place dans le contexte troublé du tout début de la Deuxième Guerre mondiale, de septembre à novembre 1939. Mais, pour placer cette action stratégique dans un cadre plus large et pour expliquer les motivations des différents personnages, nous avons droit à des incursions en 1918, 1921, 1924, 1937, etc. jusqu'à même 1946 : nous sommes moins, comme dans le premier tome, dans un développement sur la montée du régime nazi que dans un développement des personnages en marge du lancement du conflit mondialisé. Et c'est dans ce contexte que la galerie de personnages se densifie franchement : Friedrich n'est plus forcément le seul antagoniste, mais fait des incursions dans les péripéties des autres. Une équipe d'intervention nazie est dépêchée en Angleterre pour récupérer ce qu'a découvert Saxhaüser en Irak et qui a été récupéré par les Britanniques, mais évidemment même au sein des espions allemands, une lutte interne s'organise entre les SS d'Himmler et l'Abwehr de l'amiral Canaris, chacun cherchant à être toujours plus proche du pouvoir central hitlérien.
Stéphane Przybylski fait toujours preuve d'une extrême érudition sur cette période de la Deuxième Guerre mondiale, sur ce qui l'a suscité et sur le fonctionnement des institutions de l'époque (les annexes finales sont particulièrement parlantes). Pour autant, il n'en fait pas du tout un cours d'Histoire et les met véritablement au service de l'action car, dans ce tome, les péripéties s'enchaînent à une vitesse folle au point de perdre une quantité non négligeable de personnages touchants. Face cette myriade de destins brisés par le lancement de la Deuxième Guerre mondiale (les premiers combats en Pologne se font discrets ici, contrairement aux jeux d'espions qui sont à l'oeuvre), l'élément extraterrestre n'est pas à négliger, même s'ils n'interviennent que sporadiquement et parfois de façon très sibylline ; pour autant, ils peuvent bien vite apparaître comme des personnages destinés à exprimer une pensée qui se placerait un peu au-dessus de la nasse, par-delà le panier de crabes qu'est le milieu du XXe siècle, peut-être est-ce parmi eux qu'il faut se placer pour en apprendre le plus sur notre façon de raisonner...
En somme, le Marteau de Thor est un deuxième roman foisonnant de bonnes idées, qui ne lésine pas sur l'action et qui développe une sacrée galerie de personnages, ce n'est rien de moins qu'un de coup de coeur supplémentaire pour la narration produite par Stéphane Przybylski, ce qui justifie pleinement d'attaquer dès que possible les tomes 3 et 4 de cette saga.
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Lutin82
  16 janvier 2016
Nous avions laissé Saxhauser et Schmundt à bord de leur frégate en perdition à la fin du Château des millions d'années. Dès le début de ce deuxième tome, le bateau a été arraisonné, l'archéologue capturé, la mystérieuse cargaison rapatriée en Angleterre et l'agent SS considéré comme perdu.
Désormais, nul ne connaît la nature de cette arme si puissante. Aussi, les services secrets britaniques cherchent-ils à comprendre et acquérir l'équipement dévastateur qu'évoque Hitler dans ses dicours de l'été 1939; alors que Canaris - chef de l'Abwehr- et Heydrich tentent de les précéder et d'éviter que l'opération Mjöllnir ne se solde par un échec. Petite précision, Mjöllnir désigne le Marteau de Thor dans les légendes nordiques, d'ou le titre de ce roman.

Par ailleurs, de sourdes luttes d'influence s'organisent également parmi les hommes. En effet, Heydrich souhaite écarter définitivement l'Abwehr de Canaris des affaires de l'état afin que les SS règnent en maîtres sur l'Allemange nazie. de l'autre côté de la Manche, le Lieutenant Rourke veut acquérir reconnaissance et honneur quitte à jouer contre son camp...
Même les aliens sont confrontés à une certaine incertitude concernant les motivations de leurs lointains congénères.

Ce deuxième volume est dense et riche bien qu'il soit centré sur les opérations d'exfiltration de l'archéologue et de l'arme découverte par Saxhauser (mi-octobre 1939). Les qualités du premier roman sont bien présentes : écriture fluide, construction élaborée et élégante, et maîtrise des détails de la seconde guerre mondiale. Cet ensemble prend d'avantage d'amplitude ici, l'auteur présentant les faits historiques en concordance avec une opération Mjöllnir haletante. Les enjeux ont clairement évolué à la hausse.

Les événements se déroulent pour l'essentiel dans the Dartmoor, le sud ouest des îles britaniques. L'auteur confére à l'atmosphère l'humidité, le froid et la luminosité que l'on visualise facilement dans cette lande austère avec le chien des Baskerville à la lisière de notre imagination. J'adore d'ailleurs le clin d'oeil à Sherlock Holmes. Alors c'est sans surprise, que l'on s'attache au sort des trois espions saxons : le comte von Erchingen, Ziegler et Maud Alten. le comte et la danoise sont des personnages complexes et pas forcément sympathiques, mais ils ont suffisament d'humanité et d'ambiguité pour que le lecteur leur porte un intérêt certain. Les nombreux flashbacks éclairant leur évolution personnelle et leurs rapports sont d'ailleurs un autre élément à mettre au crédit de ce roman. Pour l'ensemble, cela donne structure particulière au récit, renforce ses qualités, sa cohérence globale et confère un background et une charpente solide aux personnages principaux. En passant H. Heydrich est odieux à souhait.

Outre Tim Powers, l'éditeur évoque l'ambiance de X-files concernant le Marteau de Thor. C'est vrai qu'il y a un "mystérieux" homme à la cigarette dont l'affiliation reste floue dans le livre, le thème complotiste est bien présent et j'imagine finalement assez bien Gilian Anderson en Maud Alten!

Toutefois, j'émettrais quelques bémols relatifs aux nombreux flashbacks qui peuvent rendre la lecture un peu plus compexe que nécessaire. Certes, le procédé est élégant et maîtrisé par l'auteur, mais j'ai eu l'impression que cela flirtait avec la démontrastion à quelques occasions. Certains semblent inutiles - par exemple Selchow - comme d'autres abusifs où l'auteur "remonte" le temps d'une demi-heure ?... Il faut prêter attention aux lieux, jours ET heures ! Cela coupe quelque peu le rythme et le sentiment d'urgence de la situation, surtout dans la 3° partie.

Enfin, Schmundt est quasiment absent et Saxhauser n'apparaît pas vraiment avant les 2/3 du livre. Même si la curiosité du lecteur est titillée, ils laissent un petit vide, vite comblé par les enjeux et l'opération en cours.

Le volume est enrichi de cartes, glossaire, chronologie ou organigrammes qui sont tous bienvenus pour un intérêt encore supérieur, et même une bibliographie.

Roman difficile à classer, il tient les promesses augurées par le premier tome. C'est une belle immersion dans L Histoire, les théories du complot, l'espionnage, ... Captivant.

Lien : http://lmauget.wix.com/albed..
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BlackWolf
  15 décembre 2015
En Résumé : J'ai de nouveau passé un tr-s sympathique moment de lecture avec la suite de ce cycle qui nous offre une histoire mélange d'Histoire, d'aventures et de SF qui se révèle, selon moi, mieux maîtrisé dans son rythme que le premier tome, offrant une intrigue efficace, entrainante, pleine d'action et percutante. L'univers construit continue à se révéler solide, on sent bien toute la passion de l'auteur sur cette époque, nous offrant ainsi une image de fond nuancé et réussie. Concernant les personnages, le héros du premier tome est un peu en retrait, même si présent ponctuellement et toujours ainsi intéressant à découvrir. Cela permet de mettre en avant de nouveaux protagonistes qui ne manquent pas d'attraits, denses et nous entrainant assez facilement dans leurs aventures. Au final je regretterai tout de même deux choses, quelques longueurs l'auteur en faisant un peu trop quelque fois dans le détail, et surtout une intrigue qui, même si elle a des qualités, parait pour l'instant plus secondaire. Rien de non plus bloquant, car j'ai de nouveau été emporté par le récit, bien porté par une plume simple, efficace et entrainante. Je lirai la suite sans soucis.

Retrouvez ma chronique complète sur mon blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Yumiko
  18 juin 2016
Après un premier tome qui m'avait bien plu mais un peu perturbée aussi, j'étais pressée de lire cette suite, surtout pour voir où l'auteur allait nous emmener et comment l'histoire allait dérouler son fil rouge. Et autant vous le dire de suite, cette suite est bien différente du premier tome, car tous les protagonistes sont encore plus en mouvement et les liens se tissent plus clairement, nous permettant de mieux cerner les rôles de chacun.
Si l'histoire reste complexe et qu'il faut toujours gérer de nombreux éléments pour ne pas perdre le fil, j'ai beaucoup plus apprécié ce deuxième tome. le premier posait vraiment le décor et l'intrigue, ce qui mettait parfois un peu l'action au second plan et nous perdait parmi la multitude des personnages. Ici, les pièces du puzzle se mettent en place petit à petit, ce qui ravive notre intérêt et nous donne envie d'en apprendre toujours plus. Bien sûr il reste une belle part de mystère car il est bien difficile de prévoir ce qu'il va se passer tellement l'auteur nous prend à contre-pied.
Nous nous familiarisons aussi davantage avec les personnages, ce qui nous donne plus envie de les suivre et d'en apprendre plus sur eux, craignant même parfois pour leur vie. Et bien sûr, il y a « Eux », ceux qui restent somme toute assez mystérieux et secrets bien que nous en apprenions petit à petit davantage. « Ils » auront un rôle important à jouer, mais les cartes ne sont pas encore toutes sur la table et la guerre avance inexorablement entre trahisons et victoires.
Je me demande vraiment quelle fin nous proposera l'auteur car, pour le moment, l'implication des uns et des autres dans cette guerre est surprenante et ne nous permet pas de dire jusqu'à quel point l'Histoire va être modifiée. C'est ce que j'aime avec cette série finalement, c'est qu'elle reprend des événements très forts de notre passé en en modifiant insidieusement certains bouts, enclenchant des réflexions et des questions dont j'ai hâte de connaître la conclusion.
En bref, j'accroche de plus en plus à cette série et je me réjouis d'avoir le tome 3 entre les mains car, si je suis emportée par les récits qui nous sont proposés, je n'arrive pour le moment à formuler aucune hypothèse quant à la conclusion qui nous sera proposée et j'adore ça.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   06 novembre 2016
"Que dirait-on de nous, si l'un d'entre nous déclarait que le régime actuel en France ou en Angleterre ne lui convient pas et qu'en conséquence, nous lui déclarions la guerre ? Ce serait une incommensurable absence de conscience de notre part !"
Dans les premiers rangs de l'assistance, les pontifes du régime avaient ri de bon cœur. Certains s'étaient même tapés sur les cuisses.
Tels étaient les propos d'Adolf Hitler en ce 19 septembre 1939. Le Führer était prêt à toutes les calomnies, à toutes les menaces, à tous les mensonges, y compris celui consistant à déclarer que l'Allemagne était désormais disposée à faire la paix. Capable de distordre la réalité au point d'imprimer à l'histoire du monde sa propre version des faits et sa vision des choses, le chancelier était conscient, surtout, que les livres et les manuels scolaires du futur étaient toujours écrits par les vainqueurs...
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Dionysos89Dionysos89   06 mars 2017
Retrouvant le page en question marquée d’un signet, le SS relut le paragraphe qui l’avait tant inspiré :
« Ils lui demandèrent où il se rendait, et il répondit : ‘‘Vous êtes parvenus à la Lisière de la Sauvagerie, comme certains d’entre vous le savent. Cachée quelque part devant nous se trouve la belle vallée de Fendeval qui abrite la Dernière Maison Hospitalière, la demeure d’Elrond. Mes amis lui ont transmis mon message, et nous sommes attendus.’’ »
Cela avait été écrit par un certain Tolkien deux ans plus tôt.
« La Lisière de la Sauvagerie »… Ziegler possédait quelques idées sur un tel lieu, et ce à quoi il pouvait ressembler…

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PrzybPrzyb   24 avril 2016
« Bien qu’il soit difficile d’accorder foi à votre histoire, je me dois de rester pragmatique et de garder toutes les options ouvertes. Or, si ce que vous dites est vrai, je doute qu’ils soient animés de bonnes intentions : ce serait un cas unique dans l’histoire de l’humanité si une civilisation supérieure entrant en contact avec des primitifs n’inféodait pas ceux-ci tôt ou tard…
— Vous avez raison, je les vois mal pétris des vertus dont aiment à se parer ceux qui embrassent une des grandes religions monothéistes, rétorqua M. Lee. Même si, en l’occurrence, ils ne sont pas humains… »
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PrzybPrzyb   18 novembre 2015
Jamais Esteban ne parlerait à quiconque des événements de ce soir-là. Mais quelquefois, en rêve, il lui arriverait de repenser à cette cité des nuages et à cette angoisse soudaine qui l’avait saisi dans la montagne. Refusant d’admettre que, dans le creux de son lit, il lui semblait ressentir encore une présence, celle-là même qui l’avait étreint cette nuit-là au-dessus de Cofete, l'enfant enfouirait alors son visage dans son oreiller et s’en retournerait doucement vers l’univers des hommes.
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PrzybPrzyb   12 novembre 2015
Jamais Esteban ne parlerait à quiconque des événements de ce soir-là. Mais quelquefois, en rêve, il lui arriverait de repenser à cette cité des nuages et à cette angoisse soudaine qui l’avait saisi dans la montagne. Refusant d’admettre que, dans le creux de son lit, il lui semblait ressentir encore une présence, celle-là même qui l’avait étreint cette nuit-là au-dessus de Cofete, l'enfant enfouirait alors son visage dans son oreiller et s’en retournerait doucement vers l’univers des hommes.
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Videos de Stéphane Przybylski (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stéphane Przybylski
Une interview de Stéphane Przybylski dans le cadre de la Rencontre Blogueurs du 26 octobre dans les locaux de Fleuve Éditions.
Elle présente sa tétralogie de science fiction et d'uchronie : La Tétralogie des Origines
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