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ISBN : 2843446899
Éditeur : Le Bélial' (24/04/2015)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Où avait-il abouti ? Le sol était dur, glissant, l'air noir et puant. Aucun autre détail ne se signalait. Hormis son mal de tête. Allongé sur le sol moite, Festin gémit avant de dire : « Bâton ! » Que le fût en aulne refuse de venir dans sa main indiqua au magicien qu'il courait un danger. Il s'assit. Faute de disposer de son bâton pour émettre une clarté adéquate, il claqua des doigts et prononça un Mot afin de produire une étincelle dont jaillit un feu follet crac... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
BazaR
  01 janvier 2017
C'est une nouvelle année qui commence… et mon premier Bifrost. Champagne !! (heu, non, il est trop tôt là).
Eh bien c'est une belle découverte que cette revue de l'Imaginaire. On y trouve quelques nouvelles, des news du milieu SFFF, un paquet de critiques de bouquins, des articles mi SF / mi sciences (un truc dément sur la science dans Star Wars ici), et un big maousse dossier sur un auteur ou, parfois, un thème. le n°78 se consacre à la grande par le talent Ursula K. le Guin.
Je passe rapidement sur les critiques — que j'ai trouvées assassines quand le chroniqueur n'aime pas, mais qui donne bien envie d'aborder le bouquin quand il aime — pour focaliser sur le dossier. Là, ce sont les qualificatifs « complet » et « exhaustif » qui me viennent au clavier. C'est carrément « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Ursula le Guin, et même ce que vous ne vouliez pas savoir ». On commence par un retour biographique où sa longue carrière est décortiquée, puis on continue avec une interview assez récente (2013) qui constitue un bon complément à son essai « le Langage de la Nuit » (années 1970). Les grandes lignes constitutives de son oeuvre sont disséquées : l'anthropologie (veine familiale) et l'altérité, l'abandon de la notion de progrès comme élément d'évolution intrinsèque de l'humanité, le taoïsme et le yin-yang, le féminisme et la liberté sexuelle. On apprend que Cordwainer Smith est une de ses sources d'inspiration majeures (faudra que je lise les Seigneurs de l'Instrumentalité, depuis le temps que je me le dis), qu'elle déteste la SF typée pulps et trouve que la Hard Science est trop déshumanisée (je ne suis pas d'accord, ce genre d'attaque contre l'introduction des sciences dures dans la littérature m'agace, à force).
Ensuite c'est le corpus complet de l'auteur traduit en français qui est décortiqué dans plusieurs articles. D'abord le cycle de l'Ekumen, puis Terremer, puis ses nouvelles, ses romans pour enfants (si, si ! allez voir du côté des « chats volants ») et les quelques romans non affiliés aux deux grands cycles (Lavinia, L'autre côté du rêve, les romans de littérature générale). A la lumière des connaissances que l'on a acquises sur Le Guin, on découvre un élément commun aux deux grands cycles : les deux présentent des décors qui favorisent le particularisme, la création d'humanités dotées de caractéristiques spécifiques ; dans le cas de l'Ekumen, ce sont les distances interstellaires et l'absence de « passages court-circuit » du genre trous de ver ou hyperespace, pour Terremer c'est la multiplicité des îles. Des rapprochements avec Jack Vance et Christian Léourier sont inévitables. Ces articles ont deux effets contradictoires bien dans l'esprit du taoïsme : ils créent une profonde envie de lire mais ils spoilent beaucoup.
Trois nouvelles débutent le magasine (je les ai lues à la fin) : deux nouvelles d'Ursula le Guin prennent en sandwich un écrit de Laurent Genefort qui appartient à l'univers d'Omale.
« Ceux qui partent d'Omelas » est comme un bout de charbon qui cache un diamant en son sein. Le Guin nous évoque une ville utopique où règne un bonheur naïf. Discutant avec son lecteur, l'auteur sait que ce qu'elle écrit est perçu comme naïf et gnangnan, et alors elle nous dévoile le yang derrière le yin, l'ombre qui crée la lumière (pour une fois). Et là, bam ! c'est la claque dans la tronche. Tout simplement sublime.
« le mot de déliement » a l'honneur d'être la nouvelle qui introduit l'univers de Terremer, à travers le combat d'un magicien pour se libérer d'un terrible sorcier que l'on ne voit jamais. Tout est annoncé ici de l'univers de Terremer : bien et mal enchaînés l'un à l'autre, mourant l'un avec l'autre, une autre illustration appliquée du taoïsme (sur lequel il va falloir que je me penche un peu).
Enfin « Ethrag », de Laurent Genefort, est ici car le cycle d'Omale est censé beaucoup s'inspirer de Jack Vance et d'Ursula le Guin. Je fais partie des « étourdis » (ainsi introduit-on la nouvelle dans le magasine) qui ne le connaissent pas. La construction de cette sphère de Dyson aux dimensions d'un système solaire abritant trois espèces intelligentes ayant oublié comment elles sont arrivés là a de quoi donner le vertige, en effet. Cependant cette nouvelle, pour fort qu'en soit le thème, ne profite pas de l'exotisme de son décor. Genefort y introduit des hommes aux manières et pensées du 19ème siècle et les pires moments du 20ème : des scientifiques ayant oubliés la compassion, une église fondamentaliste et réactionnaire, une guerre qui rappelle celle de 1914, un procès pour crime contre… disons, la sentience. Bref, on est loin d'une analyse anthropologique d'une espèce incroyablement différente. Les messages priment sur le voyage.
Je suis ravi d'avoir découvert Bifrost. Nul doute que j'y repasserai cette année (le dossier Poul Anderson m'attend). Et je suis impressionné par la qualité du dossier sur Ursula le Guin dont il semble que tous les membres de la ligne éditoriale soient grands fans. En ce qui me concerne, je n'ai qu'à me lancer à nouveau dans son oeuvre, depuis le début.
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BlackWolf
  08 juin 2018
Mon Avis : Cela fait un long moment que je n'avais pas sorti un Bifrost de ma PAL, d'ailleurs je vous l'annonce officiellement, j'ai 3 ans de retard dans ma lecture de ce magazine ^^ Je vais donc essayer de remédier à cela en rattrapant doucement mon retard dans les prochains mois. Mais ne brulons pas les étapes et concentrons-nous déjà sur ce numéro 78 consacré à Ursula K. le Guin. J'avoue ce numéro me tentait bien, car même si j'ai un peu lu de ses écrits de l'autrice il y a plusieurs années, je n'ai jamais continué ma découverte. Rien à voir avec son style ou ses écrits, mais plus par le fait qu'à l'époque j'étais dans une période où je lisais de moins en moins. Je pensais donc profiter de ce numéro pour, pourquoi pas, replonger dans ses univers dont, je suis sûr, j'ai loupé énormément de chose. A noter aussi la couverture, illustrée par Anders Lazaret, que je trouve magnifique. Comme d'habitude je me consacrerai principalement sur les nouvelles présentes dans ce recueil.

Ceux qui partent d'Omelas de Ursula K. Le Guin : Il s'agit ici d'une courte nouvelle qui va nous faire découvrir le magique village d'Omelas, mais qui va peu à peu nous montrer que la perfection de ce village à un coût. Une excellente nouvelle, qui immerge rapidement le lecteur dans la présentation de ce coin de paradis, un peu comme un début de roman de Fantasy d'époque, mais qui peu à peu prend à parti le lecteur pour lui en montrer le côté sombre. Je me suis laissé rapidement happé par la plume magnifique et la construction où l'émerveillement, la poésie, la beauté laisse doucement place à une angoisse de plus en plus glaçante. Au final, d'une certaine façon, elle nous laisse face à nos propres choix et ce qu'on serait prêt à faire si on était dans la même situation. Un excellent texte, court, intense, terriblement percutant et réussi, qui ne laisse pas indifférent.
Ethfrag de Laurent Genefort : Cette nouvelle se situe dans l'univers d'Omale, dont je sortirai un jour les tomes que j'ai dans ma PAL. Ce texte est construit de façon épistolaire, comme un journal, où l'on suit un scientifique humain qui a eu l'autorisation de mener des « études » sur les Hodgqins, l'une des autres races extra-terrestres d'Omale. Des camps sont ainsi construits pour permettre au héros et à son équipe de scientifique de les réaliser. Alors oui, on s'en doute au résumé, le texte fait obligatoirement référence aux camps qu'on retrouve régulièrement durant les guerres et principalement pendant la seconde guerre mondiale. Il s'agit d'un texte qui va se révéler froid, glaçant, principalement à travers le regard de ce scientifique qui ne voit les Hodgqins que comme des sujets d'études qui ne doivent pas être nommés. Pour lui ils ne sont là que pour permettre une avancée exceptionnelle d'un point de vue scientifique. Un texte qui nous fait obligatoirement réfléchir sur la morale, la notion de science et de conscience, mais aussi sur la façon dont nous voyons les autres, le spécisme : les Hodgqins étant des aliens peut-on tout justifier. Surtout l'ensemble est porté par un héros bien construit, distant, qui ne se rend pas compte des problématiques que peuvent créer ses expériences qui voit son entourage s'effondrer moralement tout en restant éloigné de ses problématiques. Certes c'est parfois poussé légèrement le génie froid à l'extrême, mais cela ne l'empêche pas de se révéler très efficace et finalement de nous pousser à réfléchir. Un très bon texte, même si une ou deux transitions sont un peu faciles, et à la conclusion efficace.
Le Mot de déliement de Ursula K. le Guin : Dernière nouvelle de ce numéro, encore une fois un court texte qui se situe, si j'ai bien bien compris, dans l'univers de Terremer et qui nous raconte la bataille entre deux magiciens, l'un cherchant à s'échapper de l'autre. Franchement c'est un joli texte, agréable, très bien écrit, offrant une certaine poésie et une bataille qui ne manque pas de surprises et de rebondissements. Pour autant je pense qu'il faut avoir lu Terremer pour en appréhender encore plus cette nouvelle car, là, seule, elle me paraît manquer d'un peu de force et se révéler un peu courte pour vraiment gagner en intérêt et en densité. Un texte tout de même sympathique, qui m'a donné envie de découvrir plus en profondeur Terremer.
Le reste de ce bifrost nous propose un cahier spécial sur Ursula K. le Guin vraiment prenant et très intéressant, qui m'a franchement donné envie d'en découvrir plus sur l'autrice et ses écrits. Que ce soit à travers son interview que j'ai trouvé très passionnante, ou bien encore dans la présentation de ces plus grands cycles, je dois bien admettre que ce Bifrost a parfaitement rempli son rôle et je pense que je vais rapidement sortir de ma PAL les écrits de l'autrice qui traînent depuis quelques temps. Comme toujours, on y trouve aussi le cahier des chroniques (vu que j'ai trois ans de retard je l'ai un peu survolé), ainsi que la chronique de Pierre Stolze qui me laisse toujours autant de marbre. L'interview de Cathy Martin, libraire chez bédéciné est intéressante et permet toujours de découvrir un peu le monde des librairies. On retrouve aussi une rubrique scientifique très pertinente je trouve dans son travail de fond, qui nous propose cette fois d'étudier la force et les sabre laser dans Star Wars.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Apophis
  13 janvier 2016
Très complet, mais une nouvelle inédite sans grand intérêt
Je ne vais pas revenir en détails sur les rubriques habituelles, elles sont toujours aussi intéressantes, surtout la partie critiques, qui permet de faire une première sélection dans la masse de parutions SF / Fantasy / fantastique du moment. Signalons juste une petite étude type "science de Star Wars" consacrée aux Midichloriens et à la Force, et une longue nouvelle de Laurent Genefort placée dans le monde d'Omale.
Je vais plutôt me concentrer sur le dossier thématique de ce numéro, consacré à Ursula le Guin. Sur le dossier lui-même, rien à dire, bio complète de l'auteur, interview, analyse très détaillée de sa bibliographie (de la SF -l'Ekumen- à la Fantasy -Terremer- en passant par les livres pour la jeunesse), rien ne manque. Par contre, au niveau des nouvelles, l'une n'est pas un inédit, tandis que le gros point fort de ce numéro, l'ultime nouvelle inédite de Terremer, se révèle faire 6 pages et 5 lignes (pour être précis) et être d'un intérêt discutable. Sauf à la rigueur en la considérant comme germe du combat de Ged contre l'Ombre et de l'intrigue de l'Ultime Rivage.
Bref, si vous l'achetez pour le dossier Le Guin, vous pouvez y aller sans crainte, mais si vous l'achetez seulement pour la nouvelle inédite, demandez-vous si ça vaut vraiment le coup. Pour moi la réponse est non, à moins de vouloir à tout prix TOUT avoir sur Terremer.
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ACdeHaenne
  22 juillet 2015
Trois nouvelles sont ensuite au programme. C'est la grande dame à l'honneur de ce numéro qui ouvre le bal avec un texte relativement court, Ceux qui parlent d'Omélas. Récit court, certes, mais d'une forte densité qui nous parle d'un village qui vit dans l'allégresse et d'un enfant enfermé dans le noir. Je ne peux en dire plus, de peur de déflorer le noeud de l'histoire. Un beau texte, assurément. Ensuite, c'est à Laurent Genefort de nous offrir une nouvelle, beaucoup plus longue celle-là. Cet Ethfrag se situe dans le vaste cycle d'Omale, que l'auteur français construit avec brio depuis près de vingt ans. Cette nouvelle, écrite sous la forme d'un journal de bord (ou intime), nous narre les pensées "éthiques" d'un scientifique qui décide d'étudier les Hodgqins, une des rehs d'Omale. Mais la guerre entre ces derniers et les Hommes décide les militaires à se rendre maître du camp d'expérimentations, au grand dam du scientifique... Encore une fois, Laurent Genefort nous plonge dans le monde qu'il a créé, Omale. Il le fait ici avec un tel brio, sur un sujet vraiment pas facile qui nous ramène plus de soixante-dix ans en arrière avec les "scientifiques" Nazis dans les camps de la mort qui pensaient oeuvrer pour le bien de l'humanité (sic !), qu'on sort assez bouleversé de notre lecture. Déboussolé, même. Enfin, c'est Ursula K. le Guin qui nous revient avec une nouvelle encore plus courte que la première et, si c'est possible, encore plus dense. le Mot de déliement, tel est son titre. Celle-ci est inédite et se situe dans l'une des sagas qu'elle a créées, le monde de Terremer. Un magicien du nom de Festin tente d'échapper à un ennemi mortel. Je vous laisse lire le texte si vous voulez savoir s'il y parvient... Aussi bref que précis, sans fioritures, encore une fois de la belle ouvrage.
Pour une chronique plus complète :
Lien : http://les-murmures.blogspot..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
WindvaanWindvaan   29 avril 2015
> Recherche SF désespérément

Y a-t-il un peu de science-fiction dans la salle ? Au-delà des tombereaux de dystopies adolescentes nées dans le sillage d'Hunger Games ? Qui ne soit ni steampunk, ni le énième surgeon d'une littérature blanche peinant à se réinventer en empruntant quelque vague motif de genre sous une étiquette "pop culture" puant le marketing ? Qui n'ait rien a voir avec la noria de récits plus ou moins post-apocalyptiques peuplés de morts-vivants colonisant les étalages de nos librairies préférés ? Cette SF du vertige, vous savez, ce concentré de "sense of wonder" qui invente notre futur, prend la température du monde et nous balance en pleine tronche de "grands navires en feu surgissant de l'épaule d'Orion" [*] à l'ombre des rayons cosmiques traversant la porte de Tannhäuser ?


[*] réplique dans le film Blade runner.
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BazaRBazaR   01 janvier 2017
[Ursula K. Le Guin] Seuls les humains produisent de la fiction, et seulement en certaines circonstances. Nous en ignorons les buts précis. Mais l'une des choses que la fiction accomplit est de vous faire reconnaître ce que vous ne saviez pas avant. C'est ce que cherchent bon nombre de disciplines mystiques : tout simplement voir, vraiment, et être éveillé. Ce qui signifie que vous reconnaissez les choses qui vous entourent avec plus d'acuité, et que ces choses semblent nouvelles. Avoir un "regard neuf" et la reconnaissance sont en réalité la même chose.
(entretien dans The Paris Review, 2013)
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BazaRBazaR   29 décembre 2016
[Ursula K. Le Guin] Philip K. Dick était l'auteur exploité par excellence. Comme il ne parvenait pas à placer ses romans hors genre, ses romans réalistes, il s'est tourné vers la SF. Ce pour quoi il était doué. Mais il a eu une carrière des plus ingrate. Les Français l'ont remarqué, quand il était en vie et écrivait, et nourrissent énormément de respect pour lui. J'ignore à quel point cela comptait à ses yeux.
(entretien dans The Paris Review, 2013)
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BazaRBazaR   30 décembre 2016
L'ennui, c'est que nous avons la mauvaise habitude, encouragée par les pédants et les sophistes, de considérer le bonheur comme quelque chose de plutôt stupide. Seule la douleur est intellectuelle, seul le mal est intéressant. Voilà la trahison de l'artiste: un refus d'admettre la banalité du mal et le terrible ennui de la douleur.
(Ursula K. Le Guin - "Ceux qui partent d'Omelas")
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