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EAN : 9782374910659
157 pages
Éditeur : Quidam (02/11/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Ici, nulle forêt vierge, nul animal sauvage, nulle contrée exotique. Horacio Quiroga nous mène au cœur de la grande ville, où l’hostilité est tapie dans l’esprit des hommes et le hasard décide de bien étranges rencontres.

Les Persécutés
Un soir de pluie, chez son ami Lugones, l’auteur fait la connaissance de Lucas Díaz Vélez, curieux individu dont les obsessions et les raisonnements ébranleront ses plus solides certitudes.

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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Charybde2
  26 novembre 2017
Délires interprétatifs et jalousies inavouables, tortures et ruses de l'esprit.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2017/11/26/note-de-lecture-les-persecutes-histoire-dun-amour-trouble-horacio-quiroga/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   26 novembre 2017
Ce que Juárez ignorait, c’est que Rohán connaissait parfaitement les sœurs Elizalde. Après une amitié de dix ans avec la maison, Eglé, la cadette, avait été sa fiancée. Il l’avait aimée immensément. Et pourtant, ils en étaient là : elle, promenant sa beauté célibataire aux côtés de sa sœur, et lui, autre célibataire, travaillant à la campagne à deux cents lieues de Buenos Aires. Eglé ! Il se répétait son nom à voix basse, avec la facilité de qui a souvent et longuement prononcé un mot dans différents états d’esprit. Ces deux syllabes parfaitement connues lui évoquaient avec clarté les scènes d’amour où il les avait exprimées avec le plus grand désir, bien qu’il reconnaissait ne lui rester de cette vieille passion que la tendresse d’un prénom, rien d’autre. Il le murmurait et ne ressentait, à l’entendre, que la douceur obscure d’un mot qui, par le passé, a tant signifié, comme un idiot répète, des heures durant, le regard vide : « Maman » …
« Comme je l’ai aimée ! » se disait-il, s’efforçant vainement de s’en émouvoir. Il se remémorait les situations où il s’était senti le plus heureux ; il se voyait lui, il la voyait elle, il voyait sa bouche, son expression… Mais tout était d’une netteté excessive, car il appliquait ses souvenirs aux scènes plutôt qu’aux sensations, comme lorsqu’on s’efforce de bien se rappeler une chose pour la raconter ensuite à un ami. ("Histoire d'un amour trouble")
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Charybde2Charybde2   26 novembre 2017
Díaz Vélez marchait toujours et rapidement je me retrouvai deux pas derrière lui. Un de plus et je pouvais le toucher. Mais à le voir comme cela, sans qu’il s’aperçoive le moins du monde de ma proximité, malgré son délire de persécution et ses interprétations, je réglai mon pas exactement sur le sien. Persécuté ? Très bien ! … Je considérais minutieusement sa tête, ses coudes, ses poignets un peu sortis, les plis transversaux de son pantalon sur ses hanches, les talons, cachés et visibles, successivement. J’avais la sensation vertigineuse qu’auparavant, des milliers d’années auparavant, d’avoir déjà fait une telle chose : rencontrer Díaz Vélez dans la rue, le suivre, l’atteindre – et une fois fait, marcher derrière lui – derrière. Se dégageait de moi la satisfaction de dix vies entières qui jamais n’auraient pu réaliser leur désir. Pourquoi le toucher ? Soudain, il me vint qu’il pourrait se retourner, et ma gorge se serra instantanément d’angoisse. Je me dis qu’avec le larynx ainsi noué il est impossible de crier, et mon unique crainte, effroyablement unique, était de ne pouvoir crier quand il se retournerait, comme si le but de mon existence avait été d’avancer précipitamment sur lui, de lui ouvrir les mâchoires et de lui hurler démesurément en pleine bouche – et au passage de faire le compte de ses molaires. ("Les Persécutés")
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Charybde2Charybde2   26 novembre 2017
– Qu’est-ce que ce diable d’individu ? demandai-je à son retour. Lugones haussa les épaules.
– Un individu terrible. Je ne sais comment il a pu échanger dix mots avec vous cette nuit. En général, il passe une heure entière sans parler, si ce n’est pour lui-même, et vous pouvez imaginer comme je me réjouis quand il vient ainsi. Nonobstant, il vient peu. Il est très intelligent dans ses bons moments. Vous l’aurez sans doute remarqué, j’ai entendu que vous discutiez.
– Oui, il m’a raconté un curieux cas.
– Lequel ?
– Celui d’un ami persécuté. Il s’y connaît en folie, comme un diable.
– Je veux bien le croire puisqu’il est aussi un persécuté.
Entendre cela me suffit pour qu’un éclair de logique explicative vienne illuminer ce que j’avais perçu d’obscur chez lui. C’était indéniable ! … Je me souvins de son air sombre lorsque je lui avais demandé s’il continuait à interpréter… En bon fou, il avait cru que je l’avais percé à jour et que je m’immisçais en son for intérieur… ("Les Persécutés")
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Charybde2Charybde2   26 novembre 2017
Ici, nulle forêt vierge, nul animal sauvage, nulle contrée exotique. C’est au cœur de la grande ville où le hasard décide de si étranges rencontres que se tapit la plus implacable hostilité, au sein de l’esprit des hommes. (Postface d'Antonio Werli)
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Charybde2Charybde2   26 novembre 2017
Rohán, pour la troisième fois, vit une ouverture, mais se rappela aussi de ses déceptions antérieures. À peine lui dis-je quelque chose de concret, pensa-t-il, qu’à nouveau elle se ferme. Il était maintenant énervé : si cette idiote pense que je vais lui donner ce plaisir !
Comme toujours en ce cas, s’il forçait l’expression, c’était parce qu’il s’accrochait à un état de haine fictive qu’il créait lui-même pour mieux résister. ("Histoire d'un amour trouble")
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Video de Horacio Quiroga (2) Voir plusAjouter une vidéo

Horacio Quiroga : Le désert
Olivier BARROT depuis la rivière Pando en Uruguay présente le livre d'Horacio QUIROGA, figure majeure de la littératuresud Américaine : "Le désert". Maître de l'étrange, il met en scène un père qui élève seul ses deux enfants, Un jour, piqué apr un insecte, cette petite blessure va avoir des conséquences fatales.
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