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Frédéric Chambert (Traducteur)
EAN : 9782020128759
197 pages
Éditeur : Seuil (01/09/1960)
3.68/5   48 notes
Résumé :

Chaque nouvelle de Anaconda est un labyrinthe hallucinant dans lequel l'homme se débat contre la mort et où le lecteur est aux prises avec l'effroi, la surprise et l'humour. Dans la lignée de ceux de Poe et de Maupassant, ces contes nous entraînent dans un univers obsédant où le danger de la forêt tropicale, peuplée de reptiles et d'animaux étranges, domaine des fièvres et de la chaleur asphyxiante, s'unit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Nastasia-B
  27 août 2016
Anaconda est une nouvelle beaucoup plus longue que de coutume du toujours très talentueux auteur uruguayen Horacio Quiroga. (N. B. : pour les accros de la fusion d'édition, il s'agit bien d'une édition différente de celle du recueil qui porte le même nom mais qui lui comporte 19 nouvelles.) Il s'y adonne à un exercice où il excelle, à savoir celui de prendre le point de vue des animaux.
Ici, l'anthropomorphisation extrême des sentiments des serpents nous rapproche toutefois plus du conte que de la nouvelle. Il y est question d'une assemblée de serpents sud-américains qui s'inquiètent de la venue sur leur territoire d'un groupe d'hommes.
L'auteur doue chaque espèce d'une personnalité bien à elle ce qui rend l'assemblée des serpents absolument jubilatoire. le problème débattu à cette assemblée est de savoir quelle stratégie adopter face à ces hommes qui, après enquête de la couleuvre Ñacanina, s'avèrent être des scientifiques là justement pour mettre au point un sérum antivenin.
Il semble que ces empêcheurs de piquer en rond soient, de plus, aidés d'un chien et d'un cheval. Il est donc grand temps de prendre une décision. Croisée, une vipère venimeuse est donc mandatée pour aller voir de plus près ce qu'il en est. En chemin, elle enfonce bien consciencieusement ses crochets dans la peau du chien qui… ah ! horreur !… est immunisé contre le venin de serpent ! Si bien que la malheureuse Croisée se retrouve illico dans le vivarium.
Elle y fait la connaissance d'une étrangère, une cobra venue d'Inde. Cependant, les autres serpents continuent la réunion au sommet quand soudain, une intruse s'invite dans la réunion. Il s'agit… d'anaconda !
Je vous laisse, bien entendu, découvrir ce qu'il adviendra de ce foisonnement d'ophidiens. Encore une fois, il me faut saluer la forme, c'est-à-dire le style propre d'Horacio Quiroga, qui est l'un des tout grands maîtres du genre qu'est la nouvelle. En revanche, je suis, comme souvent, un peu moins enthousiaste sur l'histoire en elle-même, quoique très plaisante. Somme toute, y a pas d'lézard, y a qu'des serpents et ce n'est qu'un long et tortueux avis lové, plein de méandres et à la langue bifide, c'est-à-dire pas grand-chose.
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  23 septembre 2018
Horacio Quiroga (1878-1937) était un homme tourmenté, dont la vie fut hantée par la mort pratiquement dès sa naissance, puisqu'il n'avait que trois mois au décès de son père (suicide ou accident?). Quiroga lui-même, atteint d'un cancer, se suicidera à 59 ans, en avalant du cyanure. Il était par ailleurs fasciné par la Nature et la forêt tropicale en particulier, dans toute sa splendeur violente. Ces deux ingrédients, tourments de l'âme humaine et puissance des éléments, se trouvent, séparément ou cruellement mêlés, au coeur des 19 nouvelles qui composent ce recueil.
La première, « Anaconda », est la plus longue, et on y assiste à une vaine conjuration de la gent serpentine de la forêt contre un envahisseur humain. La dernière, « Miss Dorothy Phillips, ma femme », est également assez longue et se déroule dans le monde du cinéma. Le narrateur, « pauvre diable qui, chaque soir, sort du cinématographe amoureux d'une étoile », se rend à New York et à Los Angeles pour réaliser son rêve d'amour avec la star Dorothy Phillips. Cette nouvelle, avec son personnage un peu ridicule, pris dans un délire doux-amer et évoluant dans un univers mièvre et artificiel, est assez différente des autres, bien plus ravageuses.
Si la plupart des nouvelles se situent en Argentine, on voyage également dans le bassin du Niger, au Sahara, aux Philippines. On s'y embarque dans des projets fous, absurdes, presque désespérés, on y frôle parfois le fantastique, souvent la folie et la mort, toujours l'angoisse. Parfois c'est la Nature hostile et grandiose qui met à mal les caractères les plus solides : chaleur, froid, pluies, tempêtes, animaux et maladies font vaciller les corps et les esprits. Parfois c'est seulement l'Humain qui est à l'affiche et nous présente des personnages pris dans des huis-clos hypnotiques et oppressants, tout aussi aberrants que périlleux.
Avec un style rugueux sans fioriture, Quiroga nous raconte la fragilité et la cruauté de l'existence sur le fil de la folie. En maître du désarroi, il instille froidement le malaise et nous laisse nous tourmenter avec des questions sans réponse.
En partenariat avec les Editions Métailié.
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Dez54
  08 novembre 2020
Recueil de 19 nouvelles de l'auteur uruguayen Horacio Quiroga. Si cet auteur du début du XXème siècle est connu pour ses textes fantastiques et souvent macabres, force est de constater une grande diversité de thèmes et d'ambiances dans ce recueil.

Dans Anaconda, qui donne son nom au recueil, nous sommes à la limite du conte philosophique avec une assemblée de serpents décidés à lutter contre les hommes qui viennent s'installer dans la région. le thème du rapport (souvent conflictuel) entre l'homme et la nature est repris plusieurs fois et engendre les meilleurs textes du recueil, très bien racontés et qui invoquent images et émotions pour le lecteur : on retrouve le dépassement de soi d'une épouse qui remonte un rivière à contre-courant ou encore deux récits qui nous amènent dans un décor africain hostile et farouche que ce soit pour nous parler d'une fièvre mortelle au Niger ou des tempêtes de sable sans fin du Sahara.

C'est sur les autres textes que cela se gâte davantage. On retrouve quelques textes fantastiques d'une qualité variable (de bon à très moyens) qui supporteraient difficilement la comparaison avec ceux d'un Lovecraft ou d'un Maupassant (à l'exception notable d'un texte aussi original que remarquable nommé Diète d'amour qui assemble bien étrangement l'amour et une privation alimentaire draconienne). Il est également bien dommage que le livre se conclue sur une note bien insipide avec un texte que j'ai trouvé très fade et mal vieilli sur le voyage d'un Sud-américain dans le Hollywood des années 1910/1920.

Si Horacio Quiroga exprime ici son talent pour créer des ambiances particulièrement envoutantes et réussies, je suis arrivé à la fin de ce recueil avec un brin de déception ayant l'impression que les quelques très bons textes du recueil se retrouvent noyés entre des récits plus moyens et dans l'ensemble assez oubliables.
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veronic68
  03 juillet 2021
Anaconda est un recueil de nouvelles. le première, qui donne son nom au livre, est la seule qui raconte une histoire où les animaux, des serpents, sont les personnages. le thème en est la lutte des animaux contre les hommes et d'union de différentes races. Les autres nouvelles nous racontent des histoires d'hommes ayant des rêves, de fortune bien souvent, qui vont s'apercevoir que la nature est plus forte qu'on ne le crois. Deux récits nous amènerons vers l'Afrique ou là encore la nature peut être cruelle. La dernière laissera la nature de côté pour n'explorer que le rêve d'un homme face à une étoile.
Un recueil de nouvelles aux thèmes différents, dont parfois le récit traine un peu en longueur.
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PhilippeSAINTMARTIN
  25 septembre 2020
Recueil de nouvelles labyrinthiques et ambigües, illustrant parfaitement le style rigoureux de Quiroga, habité dans la vie comme dans ses livres par un univers passionnel agité.
Ces textes aussi inquiets qu'inquiétants donnent la pleine mesure de son écriture concise et son imaginaire marqué par le danger et l'étrangeté, mais surtout pas la notion de limite où la dimension fantastique n'est qu'une des possibles manifestations du réel : les personnages et les situations sont au seuil d'eux-mêmes, à la frontière de la normalité, sur le fil du rasoir séparant nature et culture, folie et rêve, vie et mort.
Lien : https://tandisquemoiquatrenu..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   27 août 2016
Quand un être est bien constitué, agile, fort et rapide, il maîtrise son ennemi avec la seule arme de ses muscles et de ses nerfs, ce qui fait son honneur, comme il en va pour tous les lutteurs de la création. C'est ainsi que chasse l'épervier, le léopard, le tigre, nous autres et tous les êtres noblement constitués. Mais quand on est lâche, lourd et peu intelligent, et donc incapable de lutter franchement pour la vie, alors on est doté d'une paire de crochets pour assassiner traîtreusement, comme cette dame importée qui veut nous en imposer avec son grand chapeau.

Chapitre IX.
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Charybde2Charybde2   04 juillet 2019
Être en même temps médecin et cuisinier n’est pas seulement difficile, c’est dangereux. Et le danger devient réellement grave si le client pratique à la fois le médecin et sa cuisine. J’ai pu moi-même faire la preuve de cette vérité en certaine circonstance où, dans le Chaco, je fus agriculteur, médecin et cuisinier.
Tout a commencé par la médecine, quatre jours après mon arrivée. Mon champ était en plein désert, à huit lieues du premier village, exception faite d’un chantier forestier et d’une petite ferme d’élevage à une demi lieue. Tandis que nous revenions tous les matins, mon compagnon et moi, construire notre maison, nous vivions sur le chantier. Par une nuit très froide nous fûmes réveillés par un Indien du chantier qui venait de recevoir un coup de pelle sur le bras. Le garçon souffrait beaucoup et pleurnichait. Je vis tout de suite que ce n’était rien, mais qu’il mourait d’envie d’être soigné. Comme cela ne m’amusait pas de me lever, je lui frottai le bras avec du bicarbonate de soude que j’avais à côté de ma table.
– Que lui faites-vous ? me demanda mon compagnon, sans sortir le nez de ses couvertures.
– Du bicarbonate, répondis-je et, en m’adressant à l’Indien : Tu n’auras plus mal. Mais pour que le remède soit efficace, il faut que tu appliques un chiffon mouillé.
Évidemment, le lendemain, il n’avait plus rien. Mais sans l’intervention de la poudre blanche enfermée dans le flacon bleu, l’Indien n’aurait jamais consenti à se soigner avec des chiffons mouillés. (« La crème au chocolat »)
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Charybde2Charybde2   04 juillet 2019
Les deux hommes posèrent à terre la machine de zinc et s’assirent dessus. De là où ils se trouvaient à la tranchée, il y avait encore trente mètres et la caisse pesait lourd. C’était leur quatrième pause – et la dernière – car tout près d’eux s’élevait maintenant le talus de terre rouge.
Le soleil de midi pesait lui aussi sur la tête nue des deux hommes. La lumière crue baignait le paysage d’un jaune livide d’éclipse, sans ombre ni reliefs. Lumière d’un soleil méridien, tel qu’à Misiones, sous lequel brillaient les chemises des deux hommes.
De temps à autre, ils retournaient la tête sur le chemin déjà parcouru, et la baissaient aussitôt, aveuglés de lumière. Des rides précoces et d’innombrables pattes d’oie, stigmates du soleil tropical, marquaient d’ailleurs le visage de l’un d’eux. Au bout d’un moment, ils se levèrent ensemble, empoignèrent le bord et, pas à pas, finirent par arriver. Ils s’étendirent alors sur le dos en plein soleil, et du bras se couvrirent le visage.
La machine, en effet, pesait lourd, autant que peuvent peser quatre chapes galvanisées de quatorze pieds, renforcées par cinquante-six pieds de fers en L et en T d’un pouce et demi. Dure technique que celle-là, mais elle était gravée de A à Z dans la tête de nos hommes, car la machine en question était une chaudière destinée à fabriquer du charbon, qu’ils avaient eux-mêmes construite, et la tranchée n’était rien d’autre que le four de chauffe circulaire, résultat également de leur seul travail. Et enfin, si les deux hommes étaient vêtus comme des péons et parlaient comme des ingénieurs, ils n’étaient ni ingénieurs ni péons.
L’un se nommait Duncan Drever et l’autre, Marco Rienzi. Respectivement fils d’Anglais et d’Italiens, ni l’un ni l’autre n’éprouvait le moindre préjugé sentimental en faveur de sa race d’origine. Ils personnifiaient ainsi un type d’Américains qui, comme tant d’autres, a horrifié Huret : le fils d’Européen qui se rit avec autant de légèreté de la patrie dont il a hérité que de la sienne propre.
Mais Rienzi et Drever, couchés sur le dos, le bras sur les yeux, ne riaient pas cette fois-là parce qu’ils n’en pouvaient plus de travailler à partir de cinq heures du matin depuis maintenant un mois, le plus souvent avec un froid de zéro degré. (« Les fabricants de charbon »)
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PhilippeSAINTMARTINPhilippeSAINTMARTIN   30 novembre 2016
Depuis des temps immémoriaux, le bâtiment était inhabité. Et maintenant on y entendait des bruits insolites, des coups métalliques, des hennissements de chevaux, tout un ensemble de choses qui révélaient à une lieue la présence de l'Homme.
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tristantristantristantristan   08 décembre 2017
Il était dix heures du soir et il faisait une chaleur suffocante. Le temps lourd, sans un souffle pesait sur la forêt.(...) Sur un chemin au milieu des spartes blancs, Lanceolée avançait avec la lenteur générique des vipères. C'était une yarara magnifique d'un mètre cinquante, aux flancs ornés d'une lige noire , bien découpée en dents de scie, écaille par écaille. Elle avançait en s'assurant de la sécurité du sol avec sa langue, qui remplace parfaitement les doigts chez les ophidiens.
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Video de Horacio Quiroga (2) Voir plusAjouter une vidéo

Horacio Quiroga : Le désert
Olivier BARROT depuis la rivière Pando en Uruguay présente le livre d'Horacio QUIROGA, figure majeure de la littératuresud Américaine : "Le désert". Maître de l'étrange, il met en scène un père qui élève seul ses deux enfants, Un jour, piqué apr un insecte, cette petite blessure va avoir des conséquences fatales.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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