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François Maspero (Traducteur)
EAN : 9782020499927
303 pages
Seuil (16/05/2001)
3.25/5   223 notes
Résumé :
Bien sûr, bien sûr que Nestor Chaffino, traiteur madrilène de talent, avait imaginé sa fin dans ces jeux morbides auxquels les hommes s'adonnent parfois. Mais son imagination avait sans doute mis moins d'ironie que le fit le sort en le guidant à la mort, derrière la porte close de la chambre froide d'une villa de la Costa del Sol. La question classique tombe alors, comme le couperet sur un quartier de viande : cette mort est-elle accidentelle et si ce n'est pas le c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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sur 223 notes
Les petites infamies pour le cuisinier Nestor Chaffino, ce sont ces infimes détails jamais révélés par les chefs, détails minimes mais importants, petites tricheries style un peu de menthe dans la mousse au chocolat (une tuerie) qu'il se propose de révéler au monde. Mais comme ils sont secrets, justement, ces secrets, il préfère faire croire à ses cuisiniers que les infamies, ce sont les adultères, pédophilie, meurtres pas trop graves, ou si, mortels quand même.
Grave erreur, nous apprenons sa mort dans chambre froide, congelé sur la Costa del Sol, « carrément idiot » commente Carmen Posadas.
Nestor avant de mourir a tout de même une pensée vers Adela, qui l'a contacté pour assurer un diner spécial. « Ah, que le temps est cruel sur les beaux visages » se dit-il, car dans les moments terribles les pensées s'évadent vers la plus totale banalité. »

Voilà , le ton est donné.
Le roman est drôle, caustique, cynique, ou plutôt naïvement cynique, grinçant comme une porte mal huilée (non, pas celle de la chambre froide, qui ne grince même pas.)
Le pédophile s'appelle Serafin, comme si la Providence avait annoncé de source sûre qu'il s'entourerait de chérubins.
De Providence, il en est question, une voyante prédit, nous, nous savons, mais l'intéressé lui, ne devine pas les chemins tortueux du destin et les coïncidences pas du tout fortuites, ou bien si.
Satire de la haute société madrilène, vue par un étudiant tchéque (comment s'y prendre avec une européenne, car même si « les prolégomènes de la conquête » sont les mêmes que dans son pays, certains codes lui échappent : « Brad Pitt ou un autre de ces acteurs capitaliste vous épie du haut de son poster… comme s'il voulait s'assurer que vous vous conduisiez en tout point comme un homme ».)
Satire du monde des collectionneurs, méprisant l'argent puisqu'ils en ont, ne dédaignant pas « le luxe, mais sans ostentation, le confort, oui, mais avec une touche de décadence bien méritée. », manipulant avec adresse la journaliste qui veut le coincer, (elles sont souvent bigleuses, gauchères, se dit-il, avant de lui mentir, et s'avouent proches parentes d'un peintre inconnu-« que d'inculture ! »)

Bien sûr , on lit, on rit, on veut en savoir plus sur les infamies , petites ou énormes, et puis, transformés en nouveaux Poirot, déterminer le responsable, soit une erreur mécanique , comme celle de l'ascenseur qui a vu se confronter deux époux qui n'avaient jamais eu l'expérience d'être si proches, et qui constatent que leur peaux se haïssent, soit un meurtre ? Bien que chacun ait un motif, qui ?
Et cependant, à la fin du livre, le rire s'éteint, la porte se referme en grinçant, et si j'essaie d'analyser, il manque une certaine tendresse, une dimension, une raison plausible à cette farce.
Je m'en suis voulue d'avoir ri, c'est un comble.
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Première lecture de 2018 et je dois dire que l'année commence très fort !

Carmen Posadas signe ici un roman vraiment très drôle autour du meurtre de Néstor Chaffino, un célèbre traiteur, retrouvé dans une chambre froide. "Il est incontestable que les fourneaux sont de bons alliés pour les confidences.Que devant un chaudron de sirop bouillant dans lequel flottent par exemple, des fleurs d'oranger ou peut-être aussi, des morceaux de potiron et autres délices,on finit par révéler à un ami ou à un maître ses secrets les plus intimes,comme le ferait un jeune barde en présence d'un druide."
Autour de lui gravitent ses employés et employeurs et tous, suite à plusieurs quiproquos ont une bonne raison de vouloir sa mort. Qui a donc fait le coup? Vous ne le saurez que dans les dernières pages et l'auteur m'a surprise car je ne m'attendais pas à cette fin....

L'intrigue est prenante, l'enquête également et puis le style hispano - sud américain est indéniablement là, avec sa petite pointe de folie qui donne au livre une note différente des romans policiers classiques. Bref c'est une excellent moment de lecture assuré.

Il y a longtemps que je veux découvrir un roman de Carmen Posadas et je ne suis vraiment pas déçue. Sa plume est vraiment agréable à lire et son écriture très acérée : pleine d'humour, d'ironie mais aussi de vérité. Elle sait trouver les mots justes:
"Les chambres de ceux qui sont morts jeunes sont le sanctuaire de leur absence, mais aussi le refuge de la lâcheté des vivants. Peu nombreux sont ceux qui se risquent à vivre avec les souvenirs et à les intégrer dans le présent. Seuls les plus forts sont capables de laisser la photo d'un enfant mort dans leur salon en s'exposant aux questions des inconnus et au poids de ce sourire juvénile immuable qui ignore le passage du temps. Nous vieillissons tous pendant qu'eux, parallèlement, rajeunissent, en nous faisant sentir coupables de ne pas avoir joui jusqu'à la dernière seconde de leur brève présence, de ne pas avoir deviné qu'ils pourraient partir, laissant tout à moitié chemin. Laissant non seulement inachevées leur vie et leur illusions, mais, ce qui est plus douloureux encore, laissant en suspens ce qui s'est passé le jour de leur mort, peut-être une discussion idiote dont nous nous rappelons tout juste quelques mots désagréables que nous regretterons toujours: «si je ne lui avais pas dit... si je ne lui avais pas fait...». Mais personne ne peut ressusciter les morts ni compléter leur destin.
Voila pourquoi beaucoup de gens préfèrent oublier ceux qui sont partis, sans pour autant les trahir, et les effacent ainsi de leur vie quotidienne, tout en les gardant présents dans un endroit de la maison : un petit sanctuaire coupable et à la fois rassurant, comme l'est la chambre d'Eddie Trías chez ses parents."

J'ai plusieurs roman de Carmen Posadas dans ma PAL et une chose est sur, c'est que je ne tarderai pas à les en sortir !

Lien : https://missmolko1.blogspot...
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Petites infamies de Carmen Posadas m'a fait penser aux enquêtes d'Hercule Poirot que son auteur Agatha Christie installait souvent en huit-clos au milieu d'une brochette de suspects et dont le détective découvrait l'existence, les secrets honteux, les mobiles plausibles, au fur et à mesure de l'histoire pour finir sur la découverte du coupable. Ici, la possibilité d'un accident est maintenue, l'écheveau des existences est bien déroulé, mais ce roman policier a été rédigé par le destin qui inexorablement referme son piège sur des marionnettes humaines qu'il dirige pour arriver à ses fins. J'ai aimé le style de l'auteur même s'il s'agit d'une traduction, la version originale ne devait pas manquer de flamboyance ibérique. A contrario le début traine un peu pour ce genre de littérature.
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"Nestor Chaffino n'a aucun danger à redouter jusqu'à ce que se liguent contre lui quatre T."
Et ne voilà-t-il pas que l'angoissante prédiction faite par Mme Longstaffe, la voyante extralucide brésilienne, sosie de l'horrible Malcom d'Orange mécanique, se réalise pour le plus grand malheur de Nestor, chef cuisinier aux secrets indéniables (tout autant culinaires que d'alcôve) dont la légendaire moustache va finir aussi raide que le reste du corps.
"Clac!" Une main, tout sauf innocente,pousse la porte de la chambre froide, où l'indiscret traiteur du "Le murier et le gui" se trouve enfermé, sans issue de secours.
"Christ miséricordieux!"
Le voilà congelé, truffes en main!
Carmen Posadas romancière, auteur de livres jeunesse et scénariste espagnole à la plume ironique et mordante, épingle les défauts de chacun, leurs Petites infamies (d'où le titre....à moins que le terme ne possède un double sens!!), dans ce roman policier rondement mené. Si meurtre il y a et mobile, manque le chef d'accusation, ce fameux petit carnet où l'infâme Nestor est censé discréditer les uns et les autres.
Les personnages hétéroclites, hauts en couleurs, se croisent et se recroisent, le lendemain de la réception d'Adela Teldi et de son riche époux le marchand d'art Ernesto Teldi dans leur villa Les Lilas de Malaga, où se trouve la funeste chambre froide. Un ami: le magistrat veuf et homosexuel Séraphin Tous. Trois serveurs: Karel Pligh, le culturiste tchèque; Chloé Trias sa maîtresse "à la dégaine d'harré krishna famélique", femme-enfant traumatisée par la mort accidentelle de son frère,et Carlos, le jeune amant de la vieillissante Adèle, obsédé par un portrait de famille dont il est fou amoureux.
Chacun d'eux cache un secret et une bonne raison d'éliminer un indésirable curieux.
Qui est donc ce mystérieux T et quel est le mobile du crime?
Facile à lire, Petites infamies, nous met l'eau à la bouche rien qu'en lisant certaines de ses infamies chocolatées et se déguste comme un délicieux dessert au "café capucci".
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Surprenant roman que celui-ci! Roman policier pas vraiment certes il y a un mort mais est-ce un assassinat ? ne serait-ce pas tout simplement un banal accident domestique? C'est ce que pense la police quand elle arrive à la villa Les Lilas après la découverte du corps de Nestor Chaffino ,traiteur madrilène réputé, engagé par les Teldi , Ernesto richissime collectionneur et Adela son épouse. le corps de Nestor est retrouvé congelé dans la chambre froide , la porte s'étant malencontreusement refermée sur lui . ..
Mais qui est donc Nestor ? Carmen Posadas nous distille par bribes savamment orchestrées le contexte , le passé de tous ceux qui ont dormi à la villa Les Lilas cette nuit là et c'est qu'ils ont tous à leur actif un acte pas vraiment top , la petite infamie qui peut, si elle venait à être découverte, ruiner à tout jamais une réputation, une carrière ou un amour naissant.!,bref Nestor gêne et pas qu'un peu ! .. Les différentes pièces du puzzle vont se mettre en place , le dénouement ne peut que surprendre et c'est ce qui fait le charme sulfureux de ces Petites-infamies. Il est bon de noter aussi la qualité de la traduction de François Maspero !
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Les chambres de ceux qui sont morts jeunes sont le sanctuaire de leur absence, mais aussi le refuge de la lâcheté des vivants. Peu nombreux sont ceux qui se risquent à vivre avec les souvenirs et à les intégrer dans le présent. Seuls les plus forts sont capables de laisser la photo d'un enfant mort dans leur salon en s'exposant aux questions des inconnus et au poids de ce sourire juvénile immuable qui ignore le passage du temps. Nous vieillissons tous pendant qu'eux, parallèlement, rajeunissent, en nous faisant sentir coupables de ne pas avoir joui jusqu'à la dernière seconde de leur brève présence, de ne pas avoir deviné qu'ils pourraient partir, laissant tout à moitié chemin. Laissant non seulement inachevées leur vie et leur illusions, mais, ce qui est plus douloureux encore, laissant en suspens ce qui s'est passé le jour de leur mort, peut-etre une discussion idiote dont nous nous rappelons tout juste quelques mots désagréables que nous regretterons toujours: «si je ne lui avais pas dit... si je ne lui avais pas fait...». Mais personne ne peut ressusciter les morts ni compléter leur destin.
Voila pourquoi beaucoup de gens préfèrent oublier ceux qui sont partis, sans pour autant les trahir, et les effacent ainsi de leur vie quotidienne, tout en les gardant présents dans un endroit de la maison : un petit sanctuaire coupable et à la fois rassurant, comme l'est la chambre d'Eddie Trías chez ses parents.
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Les maisons où une mort subite est sur le point de se produire ne se distinguent en rien des autres, plus innocentes. C'est un mensonge d'affirmer que le bois des escaliers grince avec des bruits semblables au croassement d'un corbeau et que les murs ressemblent à des sentinelles lugubres dans l'attente d'un évènement maléfique.
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Leurs vies étaient comme deux lignes voyageant de conserve dans le Temps et qui ne se rejoindraient qu'à l'infini... ou peut-être un peu plus tôt : les conventions sociales les réuniraient certainement dans la même tombes, car telle est la fin inévitable de tout ménage bourgeois. Et aussi de ces couples où règne la plus complète indifférence.
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05.31, clic... 05.32, clic... Tandis que Serafín souffre ainsi, son réveil - un modèle assez ancien - marque l'heure avec des chiffres carrés et phosphorescents qui tombent comme les feuilles d'un calendrier. Minute après minute. Telle la goutte d'eau d'un supplice chinois raffiné.
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C'est vrai que les hommes qui ont l'air distingué et les cheveux gris fascinent les femmes, mais en revanche ils ne sont guère sympathiques aux maris, surtout quand ceux-ci sont chauves.
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Vidéo de Carmen Posadas
Bande annonce VO du film "Invitación a un Asesinato", adaptation du roman de Carmen Posadas, publié en francais sous le titre Invitation à un assassinat
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