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EAN : 9782211236959
88 pages
Éditeur : L'Ecole des loisirs (24/10/2018)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Tout va bien pour Selim : il est le meilleur de sa classe de 5e et ses parents, certes très occupés par leurs brillantes carrières, le gâtent. Jusqu’au jour où Mme Dupin, la prof d’histoire-géo, se met en tête de parler du Maghreb et en particulier de l’Algérie. Malheureusement, elle le fait vite et mal aux yeux de Selim. Déçu, il se range du côté de son camarade Redouane, le cancre de la classe. C’est le début d’un parcours fait de questions et de péripéties drolat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Ziliz
  05 juin 2019
A douze ans, Selim est un enfant modèle : premier de sa classe, fils unique docile avec ses parents. Tellement docile que ceux-ci le négligent au profit de leurs brillantes carrières. Pas par manque d'amour, mais par excès de confiance. Mais Selim, pré-ado, a besoin d'être remarqué, et sa conscience politique s'éveille au gré d'un cours de géo sur l'Algérie. L'occasion est trop belle, voilà deux bonnes raisons de mettre un coup de pied dans la fourmilière, de reprocher à son père et à sa mère leur silence. Il veut tout savoir, puisque ses grands-parents, alors jeunes adultes, étaient en Algérie pendant la guerre d'indépendance.
L'auteur livre un aperçu intéressant et nuancé de ce conflit grâce à des témoignages contrastés - mais pas contradictoires : les populations civiles sont les premières victimes des guerres, quel que soit leur bord, et la malédiction peut se poursuivre sur plusieurs générations.
Les questions de la colonisation et de l'arrivée en France des Algériens sont également abordées. On y voit que 'notre beau pays' est plus enthousiaste pour s'installer ailleurs que pour accueillir dignement ceux qu'il a chassés (plus ou moins directement) de chez eux.
Dommage que ces échanges entre trois générations arrivent si tardivement dans l'intrigue, après un préambule poussif et artificiel.
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Nadael
  05 mars 2019
Quand madame Dupin, la professeure d'histoire-géo annonce à sa classe de 5ème qu'elle va parler de la guerre d'Algérie, Selim est ravi. Car si ses racines sont algériennes, l'adolescent méconnaît cette période. Comme un creux, dans son histoire à lui.
Selim est un très bon élève. Ses parents ont réussi professionnellement et sont, de fait, très occupés par leur travail respectif. Selim a grandi entouré d'amour et de culture mais l'absence physique et d'écoute deviennent difficiles à vivre.
Selim attend donc beaucoup de madame Dupin et de sa leçon sur le pays de ses origines… seulement le cours, selon lui, est bâclé. Il n'apprendra rien de plus que ce qu'il sait déjà. C'est la déception et l'amertume. Selim avait vraiment besoin de savoir, de combler ce vide dans son histoire familiale. Il se sent désoeuvré, perdu, et terriblement en colère contre ses parents, sa prof, le collège, les autres élèves, la société… Lui, si pondéré si calme devient rageur.
Sa déconvenue le fait se tourner vers Redouane, le cancre de la classe. Tous deux viennent du maghreb mais leur ressemblance s'arrête là. La famille de Redouane n'est pas aussi bien intégrée que celle de Selim. Son père est au chômage depuis cinq ans, sa mère fait des ménages « au noir » chez des gens aisés.
Une amitié naît et avec elle une idée de vengeance : repeindre la voiture de Mme. Dupin aux couleurs du drapeau algérien…
Un roman pertinent – et non dénué d'humour – sur la quête d'identité et le manque de dialogue entre les générations. de nombreux ados se reconnaîtront à travers le personnage de Selim ; la guerre d'Algérie est peu et souvent mal abordée au collège et les parents se trouvent bien impuissants devant les interrogations de leurs enfants, n'ayant eux-mêmes très peu de connaissances sur le sujet. Un sujet douloureux et complexe que leurs propres parents taisaient. D'où l'importance et la nécessité de glisser ce livre dans de nombreuses mains!
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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delcyfaro
  29 décembre 2018

Un nouveau roman de Mabrouck Rachedi c'est juste du bonheur. Et bien que celui-ci soit estampillé Roman jeunesse, je n'ai pas hésité une seconde à me le procurer (je l'ai également offert à ma petite cousine pour Noël).
Selim et Redouane sont deux jeunes adolescents, totalement à l'opposé l'un de l'autre, l'un (Selim) est le meilleur élève de sa classe de 5 ème et Redouane lui est le cancre par excellence.
Redouane vit dans une famille pauvre tandis que Selim lui grandit dans un univers beaucoup plus bourgeois même si ses parents ont très peu de temps pour s'occuper de lui.
Le jour où leur professeur d'histoire-géo décide de parler des pays du Maghreb et particulièrement de l'Algérie, Selim ne comprend pas pourquoi elle évoque aussi rapidement et aussi mal son pays. Ce jour-là sa vie prend un nouveau tournant et il décide de ne plus rien faire au collège se rapprochant ainsi de Redouane.
Selim a besoin qu'on lui parle de son pays, qu'on lui explique la guerre d'Algérie, qu'on lui raconte un vécu dont son professeur ne connait rien et que seuls ses parents peuvent lui expliquer. Encore faut-il qu'ils en trouvent le temps.
C'est un roman qui émeut énormément car il nous parle de quête d'identité, des racines qu'il nous faut apprivoiser pour parvenir à être soi-même mais aussi de la vie actuelle qui accélère sans cesse et qui ne permet plus de mettre au premier plan les valeurs de la famille et de la solidarité. Selim et Redouane sont bien plus proches qu'ils ne le semblent au premier abord, la solitude est leur lot quotidien. L'un parce que ses parents travaillent trop et pensent que lui offrir tout ce qu'il désire va remplacer suffisamment leur présence et leur amour et l'autre à l'inverse parce que la misère éloigne son père chômeur de longue durée et sa mère qui s'esquinte, elle, en travaillant trop chez les riches.
Mais quand on connait les livres de Mabrouck Rachedi, on sait que l'humour va côtoyer l'émotion et que ce mélange va une nouvelle fois transporter le lecteur.
Mabrouck est un auteur de très grand talent qui mériterait vraiment une reconnaissance beaucoup plus grande.

Lien : https://delcyfaro.blogspot.c..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   02 juin 2019
Mon père a passé son service militaire dans une caserne. Deux ans dans le désert algérien. Imagine tout ce temps vécu dans un pays que tu ne connais pas, avec une mission qui ne te plaît pas. Il ne se souvient même plus du nom du village près duquel il était. Ce nom était imprononçable pour des Français qui ne parlaient pas arabe, à de très rares exceptions près. Centre trente-deux ans de colonisation pour ne même pas maîtriser la langue du pays… C'est bien la preuve qu'il y avait quelque chose de pourri dans ces 'départements' d'Algérie.
Mon père m'a avoué que, là-bas, il avait compris pourquoi les Algériens se battaient. On avait beau leur dire qu'on leur construisait des routes, qu'on leur apportait le progrès et la modernité, on ne leur a jamais demandé leur avis ni accordé des droits équivalents à ceux des métropolitains. D'ailleurs, rien que l'idée d' « accorder » des droits nous mettait en position de domination.
Mon père a subi cette guerre comme beaucoup de ses contemporains plongés dans les mêmes circonstances. Il faut être vigilant en tant que citoyen pour ne pas se retrouver prisonnier de l'Histoire, pour ne pas être passif face aux décisions qu'on vous impose.
(p. 81-82)

[ Wikipédia :
De 1954 à 1962, un nombre grandissant d'appelés du contingent fut envoyé en Algérie pour participer à la guerre d'Algérie, commencée le 1er novembre 1954. Officiellement, pour la France, il n'était alors pas question de parler de guerre d'Algérie, mais d'opérations de « maintien de l'ordre » ou de « pacification ». (…)
Entre 1952 et 1962 ce sont 1 343 000 appelés ou rappelés et 407 000 militaires (soit 1 750 000 militaires) qui participeront "au maintien de l'ordre en Afrique du Nord" (en Algérie, Maroc et Tunisie). ]
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ZilizZiliz   04 juin 2019
(…) elle venait de me révéler ma propre invisibilité aux yeux de mes parents. Ils se vantaient auprès de leurs amis que j'étais un enfant sans problèmes. Puisque c'était comme ça, j'allais en créer, moi, des problèmes, ils allaient voir !
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ZilizZiliz   31 mai 2019
Si la popularité [au collège] n'a jamais fait progresser personne, au moins elle rend les autres plus indulgents à votre égard.
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NadaelNadael   05 mars 2019
« À présent, le couvercle de l’Histoire se soulevait devant moi, et une foule de questions venaient s’agiter dans ma petite tête, dont celles-ci : pourquoi mes camarades et moi-même étions-nous si mal informés sur notre propre histoire? Comment mes grands-parents avaient-ils pu immigrer chez l’oppresseur français, à l’issue de la guerre? Moi, fruit de l’union de deux Franco-Algériens, eux-mêmes enfants de parents algériens nés en Algérie française, qui étais-je, qu’étais-je au juste? »
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NadaelNadael   05 mars 2019
« – L’humanité a pour premier talent de créer de l’injustice. La colonisation était une injustice d’un certain ordre, les libérateurs l’ont remplacée par une autre injustice. Les hommes sont très doués pour inventer des systèmes d’oppression. »
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Videos de Mabrouck Rachedi (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mabrouck Rachedi
"Tous les hommes sont des causes perdues" de Mabrouck Rachedi lors de la 3ème rencontre des "Universités des littératures des Afriques" organisées par le collectifs Palabres autour des Arts et le théâtre Cergy 95
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