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EAN : 9782875684202
Espace Nord (28/11/2019)
3.74/5   102 notes
Résumé :
Dans le « Site enchanteur », taverne bondée et enfumée gravitent d’étranges personnages, emportés par le whisky « au goût de sang et de larmes ». Ils partagent un festin funeste de pitoyables et effroyables aventures d’errants de la mer. Au rythme des hallucinations et des fabulations, le whisky – feu purificateur – permet de dialoguer avec l’ombre et d’en finir avec l’éteignoir d’existences mornes et répétitives. Ici règne le principe de l’anamorphose : le regard s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
3,74

sur 102 notes

Arakasi
  08 janvier 2014
Vous êtes marin, rôdeur, mendiant, voleur, assassin ou prostituée. Vous vivez dans une masure délabrée, un immeuble décrépi ou dormez dans le ruisseau. Vous mangez du pain sec et buvez du bouillon auprès d'un maigre feu. Dehors, l'air est glacé et nauséabond, les rues sont désertées. En tendant l'oreille, vous pouvez entendre les chiens errants gratter aux portes, les miséreux râler dans leur fange, les catins alpaguer leur clientèle et les fantômes dériver doucement dans le fog londonien. Alors pour lutter contre la terreur nocturne et la détresse, il ne vous reste qu'une solution : le whisky, le bon whisky pourvoyeur de rêves et repousseur de cauchemars, le merveilleux whisky plus doux que les mains d'une femme et plus doré que l'or, le chaleureux whisky qui rapproche les hommes et les fait se sentir moins seuls et moins misérables…
Bien sûr, le sixième verre bu, vous risquez alors de voir d'étranges choses : des mains squelettiques ramper sur les trottoirs, une araignée monstrueuse sortir du bureau d'un prêteur à gages, des morts grimaçants surgir de leurs tombes pour se rincer le gosier et d'autres phénomènes tout aussi troublants. Mais la vie n'est-elle pas elle-même une curieuse affaire ? Et puis à quoi bon tout cela… Allons, barman, sers-moi un autre verre !
Avis aux amateurs de Jack l'Eventreur et autres ténébreuses légendes urbaines : voici un petit recueil de nouvelles qui devrait tout à fait vous séduire ! Ecrit dans le style si particulier de Jean Ray, alliant lyrisme tourmenté et réalité crasse, il vous plongera dans une Angleterre populaire du XIXe siècle agréablement surréaliste. Très brefs et souvent énigmatiques, ces « contes du whisky » oscillent souvent entre réalisme et fantastique, la plupart de leurs narrateurs étant ivres mort, ce qui rend leurs témoignages peu dignes de foi. le tout donne un recueil fort plaisant à lire, mais un peu trop répétitif à mon goût, bien que quelques très jolies nouvelles se détachent du lot, comme « Petite femme aimée au parfum de verveine » ou « le nom du bateau ». Afin d'éviter un sentiment de satiété trop rapide, je ne peux que conseiller aux futurs lecteurs d'y piocher un récit de temps en temps, au gré de leur fantaisie, plutôt que de lire l'ouvrage en une seule fois : leur lecture n'en sera que plus agréable.
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DocIdoine
  28 mars 2019
Indiscutablement l'un des recueils les plus extraordinaires qu'il m'ait été donné de lire à cause de la puissance d'évocation de Jean Ray, de sa "poésie efficace", qui envoûte, piège et réussit à surprendre n'importe qui et à lui glacer le sang, ne serait-ce qu'un fugitif instant. Jean Ray n'a rigoureusement aucun équivalent sur la scène littéraire. Aucun. "Je suivais sans hâte une longue drève de peupliers d'Italie, toute droite, se soudant à l'horizon..." Jusqu'aux phrases qui vous hantent, avec leur lancinance incantatoire.
Extraordinaire.
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Luniver
  28 novembre 2020
La nuit à Londres, lorsque le brouillard se lève et envahit lentement les rues, tout peut se produire. D'autant plus si on est passé par le pub en chemin : l'ivresse provoquée par le whisky sert autant à voir les choses cachées d'habitude aux esprits clairs qu'à révéler les fantasmes les plus sombres enfouis dans une conscience.
Les contes du whisky sont une série de nouvelles à caractère horrifique. Leur cadre est généralement Londres, dans les quartiers pauvres et sales, et le fog leur donne un petit côté gothique qui sert bien les récits. On alterne entre fantastique pur et apparition de monstres de légende, ou au contraire des fissures dans la raison humaine causées par quelques faits a priori anodins, sans que la frontière soit toujours très nette entre les deux.
Les nouvelles sont très efficaces. En quelques paragraphes à peine, on se sent enveloppé par cette inquiétude sourde et par le sentiment d'un danger imminent. J'ai picoré ce livre pendant trois semaines, mais ce sentiment est revenu à chaque fois.
Un point à noter tout de même, les commentaires violemment antisémites de certains narrateurs. Quelques rapides recherches ne m'ont pas permis de conclure qu'ils reflétaient les pensées de l'auteur, je les ai donc pris pour un « élément de décor » sans doute acceptable à l'époque (les textes ont été écrits autour de 1920-1930), mais qui fait un peu tiquer aujourd'hui.
Abstraction faite de cela, Jean Ray me semble un auteur trop peu connu compte tenu de son talent pour raconter une histoire.
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belette2911
  23 juillet 2020
Tremblez misérables mortels, car le fog de Londres vous suit, vous enveloppe…
Dans ce recueil de conte de Jean Ray, se côtoient des marins qui chantent les rêves qui les hantent, des marins qui meurent pleins de bière et de drames…
Mais on a aussi des prostituées de Whitechapel, des rôdeurs, des mendiants, des voleurs, bref, la lie de Londres et d'ailleurs.
C'est sombre, c'est un puits sans fond, ce sont des âmes en perdition, des gens qui se noient dans le whisky pour oublier ou pour nous conter leurs histoires, comme si nous étions leur confident privilégié.
Mon édition n'est pas celle qui a été réédité de manière complète mais ce n'est pas grave… J'avais entre les mains un vieux livre qui crisse, du papier qui sent le vieux papier, un livre qui a vécu et qui finira ses jours dans ma biblio, jusqu'à ce qu'il recommence une nouvelle vie à la fin de la mienne.
Peut-être que s'il avaient bu des mojitos, tous ces personnages qui hantent ces pages auraient été plus gais, avec des récits colorés, joyeux, amusants.
Le whisky fait broyer du noir et les histoires racontées sont sombres mais inégales en plaisir littéraire comme en pages.
J'ai aimé la première, avec l'homme hanté par les fantômes des marins morts et qui se transforme, petit à petit en… [No spolier], j'ai frémi avec "Minuit vingt", j'ai été horrifiée par "Le singe" mais j'ai eu aussi beaucoup de mal avec le style d'écriture de Jean Ray, fort lyrique, parfois un peu brouillon dans le "qui dit quoi" et répétitif dans ses récits.
Par contre, ses descriptions de l'Angleterre brumeuse, sale, crasseuse et de ses quartiers peu recommandables, étaient d'un réalisme tel que je n'aurais pas été étonnée de voir surgir du fog en pleine journée ensoleillée ou d'entendre la pendule sonner minuit alors qu'on était l'après-midi.
Le fait de lire quelques récits sur la journée et d'étaler cette lecture sur plusieurs jours, en la coupant d'autres, m'a permis de mieux l'apprécier, que si j'avais cherché à tout lire le même jour.
Un recueil de nouvelles pour les amateurs de récits fantastiques, d'âmes tourmentées, de personnages louches, de marins qui ne sont pas d'eau douce, de vagabonds, de péripatéticiennes, de voleurs sans cols blancs, d'assassins à la petite semaine, de bandits, de prêteurs sur gage, ainsi que d'ivrognes qui hantent les bars, et qui boivent et reboivent et qui reboivent encore. Ils boivent à la santé des putains d'Angleterre…

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Marcellina
  27 septembre 2017
Eh bien voilà, je confirme, la terreur et l'angoisse en littérature, ce n'est pas mon truc…
Néanmoins, un verre de whisky à la main, dans la chaleur d'un après-midi ensoleillé, les nouvelles courtes et horrifiantes et pourtant pleines de poésie laissent parfois un vague sourire se perdre dans la lumière.
J'ai été surprise de découvrir que l'auteur était belge, j'aurais plutôt mis sa plume dans la main d'un écrivain anglais adepte des promenades nocturnes dans les quartiers malsains de Londres.
Une ambiance souvent terrifiante et glauque donne le ton aux multiples contes et nouvelles qui sonnent comme la juste ou amère récompense de l'homme pas si honnête que cela.
La terreur issue des brumes alcooliques flanquées du brouillard collant et puant des villes portuaires, donne, aux pires heures de la nuit, des frissons glacés qui ont bien du mal à se dissiper.
L'horreur est déjà tellement présente dans la vie réelle qu'il m'est difficile de la lire pour le plaisir même si l'écriture est belle. J'aime trop les fins heureuses, les aventures passionnées, les joyaux fictionnels et les élans de l'histoire que pour me complaire dans le fantasque terrifiant.
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critiques presse (1)
Telerama   22 juin 2016
Jean Ray, c'est Pierre Mac Orlan mordu par Edgar Poe, Stevenson réécrit par ­Lovecraft.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
AndroctasieAndroctasie   16 septembre 2022
- Écoutez vous m'êtes sympathique, quel dommage que vous ne soyez pas mort.
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AndroctasieAndroctasie   16 septembre 2022
- Pardon, dis-je, je ne vous suis pas très bien.
- Buvez, mon ami, je crois que seul le whisky ouvre la porte de votre compréhension. Sans vous froisser, à l'état normal vous devez être d'une stupidité notoire.
- Tiens, répondis-je légèrement ennuyé, comment vous êtes-vous aperçu de cela ?
- Mon Dieu, ami, voilà une heure que je vous parle et vous ne vous êtes pas aperçu que je suis mort.
- Non, affirma-je avec une grande sincérité, je ne l'aurais pas cru.
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AndroctasieAndroctasie   14 septembre 2022
Je me rappelle la violente colère d'un petit bonhomme de capitaine de schooner à qui Hildesheim exprima des doutes sur la fidélité de sa femme et sur les bonnes moeurs de sa mère et de ses filles; il est vrai que, pour le convaincre davantage de son malheur conjugal, Petrus Sneppe lui jeta une bouteille vide à la figure, ce qui lui coupa le nez.
- Cette fois-ci, dit Hildesheim triomphant, je suis bien sûr de ne pas mentir quant à la conduite de sa femme:il est impossible à une épouse de ne pas tromper son mari quand celui-ci n'a plus de nez.
+ Lire la suite
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AndroctasieAndroctasie   16 septembre 2022
- Écoutez, vous m'êtes sympathique, quel dommage que vous ne soyez pas mort.
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ArakasiArakasi   27 décembre 2013
Où sont-elles accourues, toutes nos douloureuses amies de ports ? L'Espagnole de Las Palmas qui nous demandait des prières pour son amant, un pêcheur de Maltes, parce que l'Atlantique hurlait comme une louve ; la bonne fille de Marseille qui, après les instants brûlants de l'amour, voulait nous rendre notre ardeur par une ravissante bouillabaisse épicée comme un feu ; la girl de Southampton qui croyait que nous rapportions d'Orient des remèdes magiques ayant pouvoir de guérir un mal cultivé par cinq générations damnées et que nous avons payée, la pauvre, en formules grotesque et en brins d'algues séchées ; la Hollandaise aux seins lourds, qui se vengea à coups de sabots de notre parcimonie d'errants miséreux ; la blonde femme de Bergen dont le regard d'ange ignorait toutes les erreurs de son corps ; la Juive d'Hambourg qui marmottait une longue prière, en une chienne de langue hébraïque, en s'abandonnant à nos frustres désirs ; l'étrange belle d'Honfleur qui exigea la nuit complète autour de ses baisers ; l'hétaïre du Caire qui parfuma nos corps de benjoin ; la créole de Rio qui rythma le minutes d'oubli d'une singulière chanson des Pampas ; la pauvrette d'Iquine qui ne nous en voulut pas d'imprégner sa misérable couche des fauves odeurs des nitrates et du guano ; l'adorable insulaire de Papeete qui ne voulait pas d'argent, mais des chansons nouvelles de France et d'Angleterre ?
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Videos de Jean Ray (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Ray
Extrait du documentaire "La Malle aux trésors" de René Follet: René Follet est un dessinateur d'exception qui fait le lien entre la Bande dessinée d'expérimentation graphique et la Bande dessinée Traditionnelle, entre la BD et L Illustration ; René Follet : Plus de 60 ans de Création face à sa fidèle planche à dessin ! Lors de son son apprentissage, il reçoit les conseils avisés d'Hergé, de Jijé , de Franquin: Excusez du peu ! Et pourtant le grand Public le connait peu : Il fallait absolument lui rendre Hommage ! On sait peu que René Follet fut un pilier de Spirou et du journal Tintin dès les Origines . Il a illustré Jean Ray avec Brio , repris la série Valhardi, collaboré avec Tillieux; Il a travaillé dans l'ombre pour William Vance et Mitacq....et réalisé de fabuleuses illustrations pour des ouvrages grand format sur les Grecs ou la Chevalerie... Des collègues dessinateurs, au premier rangs desquels Emmanuel Lepage, René Hausman, Frank Pé , Jean-François Charles, évoquent son style nerveux et aérien, son impressionnant sens du mouvement ! Un hommage appuyé lui est également rendu par les critiques et Bio-bibliographes Patrick Gaumer, Gilles Ratier ,Josef Peeters ainsi que par Rodolphe qui fut un de ses scénaristes pour une vie de Stevenson. René Follet n'a pas rangé ses pinceaux : à plus de 80 ans, ses lavis ou ses BD en couleur directe émerveillent plus que jamais ; Tout récemment, il est retourné vers son goût premier pour l'illustration: les petites cases de la BD n'ont pas réussi à enfermer sa volonté de liberté graphique... Un film Grif'GRAPHE de Patrick Dillies et Denis Pattyn/musique Juliette Dillies , à l'occasion des expositions organisées par Christian Antoine ( "Sur la pointe du Pinceau") Louis et Fabien Malré ( "Les amis de René Follet") à BD BOUM -Blois Novembre 2015 et au centre culturel de Rouge-Cloître près de Bruxelles ( 1er trimestre 2016). Ce documentaire a fait l'objet d'un DVD bourré de Bonus, avec notamment la complicité de Frank Pé.
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