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ISBN : 2702411428
Éditeur : Le Masque (30/11/-1)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Histoires noires et diaboliques, histoires de crime et d'horreur, histoires écrites avec de l'iode et de l'alcool avec du sel et des larmes, avec du soufre et du sang.

Histoires incomparables.

Voilà le premier livre de Jean Ray. Les premières lueurs de son extraordinaire univers fantastique y brillent déjà d'un éclat saisissant et ce n'est pas pour rien peut-être que la critique, en découvrant ce recueil en 1925, a aussitôt rapproché ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
  08 janvier 2014
Vous êtes marin, rôdeur, mendiant, voleur, assassin ou prostituée. Vous vivez dans une masure délabrée, un immeuble décrépi ou dormez dans le ruisseau. Vous mangez du pain sec et buvez du bouillon auprès d'un maigre feu. Dehors, l'air est glacé et nauséabond, les rues sont désertées. En tendant l'oreille, vous pouvez entendre les chiens errants gratter aux portes, les miséreux râler dans leur fange, les catins alpaguer leur clientèle et les fantômes dériver doucement dans le fog londonien. Alors pour lutter contre la terreur nocturne et la détresse, il ne vous reste qu'une solution : le whisky, le bon whisky pourvoyeur de rêves et repousseur de cauchemars, le merveilleux whisky plus doux que les mains d'une femme et plus doré que l'or, le chaleureux whisky qui rapproche les hommes et les fait se sentir moins seuls et moins misérables…
Bien sûr, le sixième verre bu, vous risquez alors de voir d'étranges choses : des mains squelettiques ramper sur les trottoirs, une araignée monstrueuse sortir du bureau d'un prêteur à gages, des morts grimaçants surgir de leurs tombes pour se rincer le gosier et d'autres phénomènes tout aussi troublants. Mais la vie n'est-elle pas elle-même une curieuse affaire ? Et puis à quoi bon tout cela… Allons, barman, sers-moi un autre verre !
Avis aux amateurs de Jack l'Eventreur et autres ténébreuses légendes urbaines : voici un petit recueil de nouvelles qui devrait tout à fait vous séduire ! Ecrit dans le style si particulier de Jean Ray, alliant lyrisme tourmenté et réalité crasse, il vous plongera dans une Angleterre populaire du XIXe siècle agréablement surréaliste. Très brefs et souvent énigmatiques, ces « contes du whisky » oscillent souvent entre réalisme et fantastique, la plupart de leurs narrateurs étant ivres mort, ce qui rend leurs témoignages peu dignes de foi. le tout donne un recueil fort plaisant à lire, mais un peu trop répétitif à mon goût, bien que quelques très jolies nouvelles se détachent du lot, comme « Petite femme aimée au parfum de verveine » ou « le nom du bateau ». Afin d'éviter un sentiment de satiété trop rapide, je ne peux que conseiller aux futurs lecteurs d'y piocher un récit de temps en temps, au gré de leur fantaisie, plutôt que de lire l'ouvrage en une seule fois : leur lecture n'en sera que plus agréable.
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DocIdoine
  28 mars 2019
Indiscutablement l'un des recueils les plus extraordinaires qu'il m'ait été donné de lire à cause de la puissance d'évocation de Jean Ray, de sa "poésie efficace", qui envoûte, piège et réussit à surprendre n'importe qui et à lui glacer le sang, ne serait-ce qu'un fugitif instant. Jean Ray n'a rigoureusement aucun équivalent sur la scène littéraire. Aucun. "Je suivais sans hâte une longue drève de peupliers d'Italie, toute droite, se soudant à l'horizon..." Jusqu'aux phrases qui vous hantent, avec leur lancinance incantatoire.
Extraordinaire.
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Walktapus
  31 juillet 2012
Ces histoires très courtes se déroulent toutes à Londres, et mettent en scène marins, vagabonds, voleurs, assassins, prostituées, prêteurs sur gage, tout un monde de misère et d'ivrognerie, de déchéance sociale et de crime, baigné par la lumière de Dickens. Ces histoires sont drôles, cruelles, effrayantes, d'une féroce ironie, et quelque fois même optimistes, tout ça d'une manière évocatrice plus que crue, dans le style imagé inimitable de Ray.
Le fantastique et l'horreur en baignent quelques unes, mais on reste souvent à la frontière du surnaturel. le personnage principal et narrateur de nombre de ces contes est en effet souvent ivre, ce qui laisse au lecteur la liberté d'interpréter ses expériences. le whisky, souvent consommé sans modération, est en effet le fil rouge de ces contes, et leur donne leur unité, avec un certain nombre de personnages récurrents.
Un recueil savoureux, inimitable, à picorer. Pour moi le meilleur de Jean Ray.
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Marcellina
  27 septembre 2017
Eh bien voilà, je confirme, la terreur et l'angoisse en littérature, ce n'est pas mon truc…
Néanmoins, un verre de whisky à la main, dans la chaleur d'un après-midi ensoleillé, les nouvelles courtes et horrifiantes et pourtant pleines de poésie laissent parfois un vague sourire se perdre dans la lumière.
J'ai été surprise de découvrir que l'auteur était belge, j'aurais plutôt mis sa plume dans la main d'un écrivain anglais adepte des promenades nocturnes dans les quartiers malsains de Londres.
Une ambiance souvent terrifiante et glauque donne le ton aux multiples contes et nouvelles qui sonnent comme la juste ou amère récompense de l'homme pas si honnête que cela.
La terreur issue des brumes alcooliques flanquées du brouillard collant et puant des villes portuaires, donne, aux pires heures de la nuit, des frissons glacés qui ont bien du mal à se dissiper.
L'horreur est déjà tellement présente dans la vie réelle qu'il m'est difficile de la lire pour le plaisir même si l'écriture est belle. J'aime trop les fins heureuses, les aventures passionnées, les joyaux fictionnels et les élans de l'histoire que pour me complaire dans le fantasque terrifiant.
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si-bemol
  20 février 2018
Ecriture pauvre, histoires cousues de fil blanc et à la noirceur peu convaincante, ces récits dits "d'épouvante" ne m'ont inspiré que de l'ennui.
Plus grave : il émane de ces Contes du Whisky un antisémitisme aussi nauséeux que primaire, triste reflet de l'époque où ils furent écrits...
Ne serait-ce que pour cette raison, un livre à fuir, ou à oublier très vite.
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critiques presse (1)
Telerama   22 juin 2016
Jean Ray, c'est Pierre Mac Orlan mordu par Edgar Poe, Stevenson réécrit par ­Lovecraft.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
ArakasiArakasi   27 décembre 2013
Où sont-elles accourues, toutes nos douloureuses amies de ports ? L'Espagnole de Las Palmas qui nous demandait des prières pour son amant, un pêcheur de Maltes, parce que l'Atlantique hurlait comme une louve ; la bonne fille de Marseille qui, après les instants brûlants de l'amour, voulait nous rendre notre ardeur par une ravissante bouillabaisse épicée comme un feu ; la girl de Southampton qui croyait que nous rapportions d'Orient des remèdes magiques ayant pouvoir de guérir un mal cultivé par cinq générations damnées et que nous avons payée, la pauvre, en formules grotesque et en brins d'algues séchées ; la Hollandaise aux seins lourds, qui se vengea à coups de sabots de notre parcimonie d'errants miséreux ; la blonde femme de Bergen dont le regard d'ange ignorait toutes les erreurs de son corps ; la Juive d'Hambourg qui marmottait une longue prière, en une chienne de langue hébraïque, en s'abandonnant à nos frustres désirs ; l'étrange belle d'Honfleur qui exigea la nuit complète autour de ses baisers ; l'hétaïre du Caire qui parfuma nos corps de benjoin ; la créole de Rio qui rythma le minutes d'oubli d'une singulière chanson des Pampas ; la pauvrette d'Iquine qui ne nous en voulut pas d'imprégner sa misérable couche des fauves odeurs des nitrates et du guano ; l'adorable insulaire de Papeete qui ne voulait pas d'argent, mais des chansons nouvelles de France et d'Angleterre ?
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Dionysos89Dionysos89   25 août 2017
Mais de nouveau, l’horreur hanta les yeux de l’homme.
Lentement, ils sortaient du trou béant, les rats, les rats sans nombre ! noirs et gras, et leurs yeux luisaient dans la clarté rouge de la lampe.
Puis après eux d’autres bêtes en sortirent ; cloportes, blattes, scolopendres, mille-pattes ; des coléoptères de formes inconnues dont Rooks ignorait absolument l’existence.
Ils inondèrent la pièce comme une eau boueuse, et c’était un grouillement silencieux de pattes, de pinces, de mandibules et d’élytres qui s’offraient à son regard.
Dans le fond de la chambre les rats tenaient conseil, et avec une terreur indicible il vit leurs yeux humains et tristes posés sur lui.

[La vengeance]

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DoVerdorieDoVerdorie   23 janvier 2016
Jean Ray est né à Gand, le 8 juillet 1887. C'était un personnage des plus insolites, dont la vie semblait issue en droite ligne d'un roman d'aventures. Trafiquant à l'époque légendaire de la prohibition, Jean Ray sillonna, dit-on, toutes les mers du monde sur différents vaisseaux, plus ou moins fantômes, mêlé sans cesse aux écumeurs de mers et aux pirates, dont il était un des derniers représentants.

(dans le dossier en fin de volume de mon exemplaire : Marabout, 1965)
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WalktapusWalktapus   09 janvier 2016
Et, tout à coup, le doigt frappa sous le plancher.
Il tapait fort ce jour-là, impérieusement.
Rooks se sentit du feu dans la gorge ; il aurait voulu boire, mais il ne pouvait faire aucun mouvement. Alors la chose eut lieu, et la terreur écarquilla les yeux de l'homme.
Les planches du parquet bougèrent. Oh ! doucement d'abord, très doucement, puis l'une d'elles craqua, funèbre, et Rooks distingua un mouvement de vie dans l'ombre qu'elle recouvrait.
Mais, soudain, la peur disparut de ses yeux.
D'entre les planches entrebâillées, un rat venait de sortir ; un gros rat qui se traînait à présent paresseusement sur le plancher.
Un rat ! Une pauvre bestiole lui avait valu cette peur atroce.
Il eût volontiers ri, mais il ne pouvait faire aucun mouvement ; sa figure restait immobile comme un masque de pierre.
(la vengeance)
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SiabelleSiabelle   21 janvier 2016
- Pourquoi ne pas remonté à Noé et reconstruire l'arche ?
- Les aventures, tout comme les modes, se renouvellent à travers les âges. On revit tous les jours l'Odyssée à bord des yachts à moteurs Diesel, où la T.S.F. rapporte fidèlement les concerts radiola et les jazz-band du Savoy Hôtel. Wells et Maurice Renard ont habillé Circé de neuf; Icare monte vers le soleil à bord du Goliath et se nomme Boussoutrot, ce qui est moins joli; Milord l'Arsouille a plagié les patriciens de Rome.
- Il n'y a que les contes de Milles et une Nuits qui ont échappé à l'imitation des âges nouveau...
- Ils ont gardé le secret des génies et des îles magiques.
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Videos de Jean Ray (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Ray
Extrait du documentaire "La Malle aux trésors" de René Follet: René Follet est un dessinateur d'exception qui fait le lien entre la Bande dessinée d'expérimentation graphique et la Bande dessinée Traditionnelle, entre la BD et L Illustration ; René Follet : Plus de 60 ans de Création face à sa fidèle planche à dessin ! Lors de son son apprentissage, il reçoit les conseils avisés d'Hergé, de Jijé , de Franquin: Excusez du peu ! Et pourtant le grand Public le connait peu : Il fallait absolument lui rendre Hommage ! On sait peu que René Follet fut un pilier de Spirou et du journal Tintin dès les Origines . Il a illustré Jean Ray avec Brio , repris la série Valhardi, collaboré avec Tillieux; Il a travaillé dans l'ombre pour William Vance et Mitacq....et réalisé de fabuleuses illustrations pour des ouvrages grand format sur les Grecs ou la Chevalerie... Des collègues dessinateurs, au premier rangs desquels Emmanuel Lepage, René Hausman, Frank Pé , Jean-François Charles, évoquent son style nerveux et aérien, son impressionnant sens du mouvement ! Un hommage appuyé lui est également rendu par les critiques et Bio-bibliographes Patrick Gaumer, Gilles Ratier ,Josef Peeters ainsi que par Rodolphe qui fut un de ses scénaristes pour une vie de Stevenson. René Follet n'a pas rangé ses pinceaux : à plus de 80 ans, ses lavis ou ses BD en couleur directe émerveillent plus que jamais ; Tout récemment, il est retourné vers son goût premier pour l'illustration: les petites cases de la BD n'ont pas réussi à enfermer sa volonté de liberté graphique... Un film Grif'GRAPHE de Patrick Dillies et Denis Pattyn/musique Juliette Dillies , à l'occasion des expositions organisées par Christian Antoine ( "Sur la pointe du Pinceau") Louis et Fabien Malré ( "Les amis de René Follet") à BD BOUM -Blois Novembre 2015 et au centre culturel de Rouge-Cloître près de Bruxelles ( 1er trimestre 2016). Ce documentaire a fait l'objet d'un DVD bourré de Bonus, avec notamment la complicité de Frank Pé.
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