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EAN : 9782875684202
Éditeur : Espace Nord (28/11/2019)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 90 notes)
Résumé :
Dans le « Site enchanteur », taverne bondée et enfumée gravitent d’étranges personnages, emportés par le whisky « au goût de sang et de larmes ». Ils partagent un festin funeste de pitoyables et effroyables aventures d’errants de la mer. Au rythme des hallucinations et des fabulations, le whisky – feu purificateur – permet de dialoguer avec l’ombre et d’en finir avec l’éteignoir d’existences mornes et répétitives. Ici règne le principe de l’anamorphose : le regard s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
  08 janvier 2014
Vous êtes marin, rôdeur, mendiant, voleur, assassin ou prostituée. Vous vivez dans une masure délabrée, un immeuble décrépi ou dormez dans le ruisseau. Vous mangez du pain sec et buvez du bouillon auprès d'un maigre feu. Dehors, l'air est glacé et nauséabond, les rues sont désertées. En tendant l'oreille, vous pouvez entendre les chiens errants gratter aux portes, les miséreux râler dans leur fange, les catins alpaguer leur clientèle et les fantômes dériver doucement dans le fog londonien. Alors pour lutter contre la terreur nocturne et la détresse, il ne vous reste qu'une solution : le whisky, le bon whisky pourvoyeur de rêves et repousseur de cauchemars, le merveilleux whisky plus doux que les mains d'une femme et plus doré que l'or, le chaleureux whisky qui rapproche les hommes et les fait se sentir moins seuls et moins misérables…
Bien sûr, le sixième verre bu, vous risquez alors de voir d'étranges choses : des mains squelettiques ramper sur les trottoirs, une araignée monstrueuse sortir du bureau d'un prêteur à gages, des morts grimaçants surgir de leurs tombes pour se rincer le gosier et d'autres phénomènes tout aussi troublants. Mais la vie n'est-elle pas elle-même une curieuse affaire ? Et puis à quoi bon tout cela… Allons, barman, sers-moi un autre verre !
Avis aux amateurs de Jack l'Eventreur et autres ténébreuses légendes urbaines : voici un petit recueil de nouvelles qui devrait tout à fait vous séduire ! Ecrit dans le style si particulier de Jean Ray, alliant lyrisme tourmenté et réalité crasse, il vous plongera dans une Angleterre populaire du XIXe siècle agréablement surréaliste. Très brefs et souvent énigmatiques, ces « contes du whisky » oscillent souvent entre réalisme et fantastique, la plupart de leurs narrateurs étant ivres mort, ce qui rend leurs témoignages peu dignes de foi. le tout donne un recueil fort plaisant à lire, mais un peu trop répétitif à mon goût, bien que quelques très jolies nouvelles se détachent du lot, comme « Petite femme aimée au parfum de verveine » ou « le nom du bateau ». Afin d'éviter un sentiment de satiété trop rapide, je ne peux que conseiller aux futurs lecteurs d'y piocher un récit de temps en temps, au gré de leur fantaisie, plutôt que de lire l'ouvrage en une seule fois : leur lecture n'en sera que plus agréable.
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DocIdoine
  28 mars 2019
Indiscutablement l'un des recueils les plus extraordinaires qu'il m'ait été donné de lire à cause de la puissance d'évocation de Jean Ray, de sa "poésie efficace", qui envoûte, piège et réussit à surprendre n'importe qui et à lui glacer le sang, ne serait-ce qu'un fugitif instant. Jean Ray n'a rigoureusement aucun équivalent sur la scène littéraire. Aucun. "Je suivais sans hâte une longue drève de peupliers d'Italie, toute droite, se soudant à l'horizon..." Jusqu'aux phrases qui vous hantent, avec leur lancinance incantatoire.
Extraordinaire.
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Luniver
  28 novembre 2020
La nuit à Londres, lorsque le brouillard se lève et envahit lentement les rues, tout peut se produire. D'autant plus si on est passé par le pub en chemin : l'ivresse provoquée par le whisky sert autant à voir les choses cachées d'habitude aux esprits clairs qu'à révéler les fantasmes les plus sombres enfouis dans une conscience.
Les contes du whisky sont une série de nouvelles à caractère horrifique. Leur cadre est généralement Londres, dans les quartiers pauvres et sales, et le fog leur donne un petit côté gothique qui sert bien les récits. On alterne entre fantastique pur et apparition de monstres de légende, ou au contraire des fissures dans la raison humaine causées par quelques faits a priori anodins, sans que la frontière soit toujours très nette entre les deux.
Les nouvelles sont très efficaces. En quelques paragraphes à peine, on se sent enveloppé par cette inquiétude sourde et par le sentiment d'un danger imminent. J'ai picoré ce livre pendant trois semaines, mais ce sentiment est revenu à chaque fois.
Un point à noter tout de même, les commentaires violemment antisémites de certains narrateurs. Quelques rapides recherches ne m'ont pas permis de conclure qu'ils reflétaient les pensées de l'auteur, je les ai donc pris pour un « élément de décor » sans doute acceptable à l'époque (les textes ont été écrits autour de 1920-1930), mais qui fait un peu tiquer aujourd'hui.
Abstraction faite de cela, Jean Ray me semble un auteur trop peu connu compte tenu de son talent pour raconter une histoire.
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Walktapus
  31 juillet 2012
Ces histoires très courtes se déroulent toutes à Londres, et mettent en scène marins, vagabonds, voleurs, assassins, prostituées, prêteurs sur gage, tout un monde de misère et d'ivrognerie, de déchéance sociale et de crime, baigné par la lumière de Dickens. Ces histoires sont drôles, cruelles, effrayantes, d'une féroce ironie, et quelque fois même optimistes, tout ça d'une manière évocatrice plus que crue, dans le style imagé inimitable de Ray.
Le fantastique et l'horreur en baignent quelques unes, mais on reste souvent à la frontière du surnaturel. le personnage principal et narrateur de nombre de ces contes est en effet souvent ivre, ce qui laisse au lecteur la liberté d'interpréter ses expériences. le whisky, souvent consommé sans modération, est en effet le fil rouge de ces contes, et leur donne leur unité, avec un certain nombre de personnages récurrents.
Un recueil savoureux, inimitable, à picorer. Pour moi le meilleur de Jean Ray.
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belette2911
  23 juillet 2020
Tremblez misérables mortels, car le fog de Londres vous suit, vous enveloppe…
Dans ce recueil de conte de Jean Ray, se côtoient des marins qui chantent les rêves qui les hantent, des marins qui meurent pleins de bière et de drames…
Mais on a aussi des prostituées de Whitechapel, des rôdeurs, des mendiants, des voleurs, bref, la lie de Londres et d'ailleurs.
C'est sombre, c'est un puits sans fond, ce sont des âmes en perdition, des gens qui se noient dans le whisky pour oublier ou pour nous conter leurs histoires, comme si nous étions leur confident privilégié.
Mon édition n'est pas celle qui a été réédité de manière complète mais ce n'est pas grave… J'avais entre les mains un vieux livre qui crisse, du papier qui sent le vieux papier, un livre qui a vécu et qui finira ses jours dans ma biblio, jusqu'à ce qu'il recommence une nouvelle vie à la fin de la mienne.
Peut-être que s'il avaient bu des mojitos, tous ces personnages qui hantent ces pages auraient été plus gais, avec des récits colorés, joyeux, amusants.
Le whisky fait broyer du noir et les histoires racontées sont sombres mais inégales en plaisir littéraire comme en pages.
J'ai aimé la première, avec l'homme hanté par les fantômes des marins morts et qui se transforme, petit à petit en… [No spolier], j'ai frémi avec "Minuit vingt", j'ai été horrifiée par "Le singe" mais j'ai eu aussi beaucoup de mal avec le style d'écriture de Jean Ray, fort lyrique, parfois un peu brouillon dans le "qui dit quoi" et répétitif dans ses récits.
Par contre, ses descriptions de l'Angleterre brumeuse, sale, crasseuse et de ses quartiers peu recommandables, étaient d'un réalisme tel que je n'aurais pas été étonnée de voir surgir du fog en pleine journée ensoleillée ou d'entendre la pendule sonner minuit alors qu'on était l'après-midi.
Le fait de lire quelques récits sur la journée et d'étaler cette lecture sur plusieurs jours, en la coupant d'autres, m'a permis de mieux l'apprécier, que si j'avais cherché à tout lire le même jour.
Un recueil de nouvelles pour les amateurs de récits fantastiques, d'âmes tourmentées, de personnages louches, de marins qui ne sont pas d'eau douce, de vagabonds, de péripatéticiennes, de voleurs sans cols blancs, d'assassins à la petite semaine, de bandits, de prêteurs sur gage, ainsi que d'ivrognes qui hantent les bars, et qui boivent et reboivent et qui reboivent encore. Ils boivent à la santé des putains d'Angleterre…

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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critiques presse (1)
Telerama   22 juin 2016
Jean Ray, c'est Pierre Mac Orlan mordu par Edgar Poe, Stevenson réécrit par ­Lovecraft.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
ArakasiArakasi   27 décembre 2013
Où sont-elles accourues, toutes nos douloureuses amies de ports ? L'Espagnole de Las Palmas qui nous demandait des prières pour son amant, un pêcheur de Maltes, parce que l'Atlantique hurlait comme une louve ; la bonne fille de Marseille qui, après les instants brûlants de l'amour, voulait nous rendre notre ardeur par une ravissante bouillabaisse épicée comme un feu ; la girl de Southampton qui croyait que nous rapportions d'Orient des remèdes magiques ayant pouvoir de guérir un mal cultivé par cinq générations damnées et que nous avons payée, la pauvre, en formules grotesque et en brins d'algues séchées ; la Hollandaise aux seins lourds, qui se vengea à coups de sabots de notre parcimonie d'errants miséreux ; la blonde femme de Bergen dont le regard d'ange ignorait toutes les erreurs de son corps ; la Juive d'Hambourg qui marmottait une longue prière, en une chienne de langue hébraïque, en s'abandonnant à nos frustres désirs ; l'étrange belle d'Honfleur qui exigea la nuit complète autour de ses baisers ; l'hétaïre du Caire qui parfuma nos corps de benjoin ; la créole de Rio qui rythma le minutes d'oubli d'une singulière chanson des Pampas ; la pauvrette d'Iquine qui ne nous en voulut pas d'imprégner sa misérable couche des fauves odeurs des nitrates et du guano ; l'adorable insulaire de Papeete qui ne voulait pas d'argent, mais des chansons nouvelles de France et d'Angleterre ?
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VerdorieVerdorie   23 janvier 2016
Jean Ray est né à Gand, le 8 juillet 1887. C'était un personnage des plus insolites, dont la vie semblait issue en droite ligne d'un roman d'aventures. Trafiquant à l'époque légendaire de la prohibition, Jean Ray sillonna, dit-on, toutes les mers du monde sur différents vaisseaux, plus ou moins fantômes, mêlé sans cesse aux écumeurs de mers et aux pirates, dont il était un des derniers représentants.

(dans le dossier en fin de volume de mon exemplaire : Marabout, 1965)
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Dionysos89Dionysos89   25 août 2017
Mais de nouveau, l’horreur hanta les yeux de l’homme.
Lentement, ils sortaient du trou béant, les rats, les rats sans nombre ! noirs et gras, et leurs yeux luisaient dans la clarté rouge de la lampe.
Puis après eux d’autres bêtes en sortirent ; cloportes, blattes, scolopendres, mille-pattes ; des coléoptères de formes inconnues dont Rooks ignorait absolument l’existence.
Ils inondèrent la pièce comme une eau boueuse, et c’était un grouillement silencieux de pattes, de pinces, de mandibules et d’élytres qui s’offraient à son regard.
Dans le fond de la chambre les rats tenaient conseil, et avec une terreur indicible il vit leurs yeux humains et tristes posés sur lui.

[La vengeance]

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WalktapusWalktapus   09 janvier 2016
Et, tout à coup, le doigt frappa sous le plancher.
Il tapait fort ce jour-là, impérieusement.
Rooks se sentit du feu dans la gorge ; il aurait voulu boire, mais il ne pouvait faire aucun mouvement. Alors la chose eut lieu, et la terreur écarquilla les yeux de l'homme.
Les planches du parquet bougèrent. Oh ! doucement d'abord, très doucement, puis l'une d'elles craqua, funèbre, et Rooks distingua un mouvement de vie dans l'ombre qu'elle recouvrait.
Mais, soudain, la peur disparut de ses yeux.
D'entre les planches entrebâillées, un rat venait de sortir ; un gros rat qui se traînait à présent paresseusement sur le plancher.
Un rat ! Une pauvre bestiole lui avait valu cette peur atroce.
Il eût volontiers ri, mais il ne pouvait faire aucun mouvement ; sa figure restait immobile comme un masque de pierre.
(la vengeance)
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SiabelleSiabelle   21 janvier 2016
- Pourquoi ne pas remonté à Noé et reconstruire l'arche ?
- Les aventures, tout comme les modes, se renouvellent à travers les âges. On revit tous les jours l'Odyssée à bord des yachts à moteurs Diesel, où la T.S.F. rapporte fidèlement les concerts radiola et les jazz-band du Savoy Hôtel. Wells et Maurice Renard ont habillé Circé de neuf; Icare monte vers le soleil à bord du Goliath et se nomme Boussoutrot, ce qui est moins joli; Milord l'Arsouille a plagié les patriciens de Rome.
- Il n'y a que les contes de Milles et une Nuits qui ont échappé à l'imitation des âges nouveau...
- Ils ont gardé le secret des génies et des îles magiques.
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Videos de Jean Ray (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Ray
Extrait du documentaire "La Malle aux trésors" de René Follet: René Follet est un dessinateur d'exception qui fait le lien entre la Bande dessinée d'expérimentation graphique et la Bande dessinée Traditionnelle, entre la BD et L Illustration ; René Follet : Plus de 60 ans de Création face à sa fidèle planche à dessin ! Lors de son son apprentissage, il reçoit les conseils avisés d'Hergé, de Jijé , de Franquin: Excusez du peu ! Et pourtant le grand Public le connait peu : Il fallait absolument lui rendre Hommage ! On sait peu que René Follet fut un pilier de Spirou et du journal Tintin dès les Origines . Il a illustré Jean Ray avec Brio , repris la série Valhardi, collaboré avec Tillieux; Il a travaillé dans l'ombre pour William Vance et Mitacq....et réalisé de fabuleuses illustrations pour des ouvrages grand format sur les Grecs ou la Chevalerie... Des collègues dessinateurs, au premier rangs desquels Emmanuel Lepage, René Hausman, Frank Pé , Jean-François Charles, évoquent son style nerveux et aérien, son impressionnant sens du mouvement ! Un hommage appuyé lui est également rendu par les critiques et Bio-bibliographes Patrick Gaumer, Gilles Ratier ,Josef Peeters ainsi que par Rodolphe qui fut un de ses scénaristes pour une vie de Stevenson. René Follet n'a pas rangé ses pinceaux : à plus de 80 ans, ses lavis ou ses BD en couleur directe émerveillent plus que jamais ; Tout récemment, il est retourné vers son goût premier pour l'illustration: les petites cases de la BD n'ont pas réussi à enfermer sa volonté de liberté graphique... Un film Grif'GRAPHE de Patrick Dillies et Denis Pattyn/musique Juliette Dillies , à l'occasion des expositions organisées par Christian Antoine ( "Sur la pointe du Pinceau") Louis et Fabien Malré ( "Les amis de René Follet") à BD BOUM -Blois Novembre 2015 et au centre culturel de Rouge-Cloître près de Bruxelles ( 1er trimestre 2016). Ce documentaire a fait l'objet d'un DVD bourré de Bonus, avec notamment la complicité de Frank Pé.
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