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ISBN : 2848762403
Éditeur : Philippe Rey (03/01/2013)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 25 notes)
Résumé :
« Laissez votre surf dehors, ici il n’y a pas de place pour des réalités aussi subjectives. »

Trois trentenaires turinois se retrouvent embarqués dans un voyage improbable du nord au sud de l’Italie : Vittorio, violoncelliste torturé et hypocondriaque ; Francesca, sa fiancée de toujours au bord de la rupture ; Manuela, leur amie loufoque, gogo-danseuse et monitrice d’auto-école à ses heures perdues (ou l’inverse)... Rapidement, avec l’ex de cette dern... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
nilebeh
  11 février 2015
Comment annoncer à son amoureux qu'on le trompe depuis des mois et qu'il est temps de rompre ? C'est le problème vécu par Francesca, assistante vétérinaire qui file un amour vaguement coupable avec son collègue Luca, expérience médicale qui aura son utilité lors de l 'attaque d'un doberman nommé Günter (oui, comme le compagnon facho de BB) : lancez des projectiles à distance, le chien ne peut savoir comment répondre et c'est ainsi qu'on se débarrasse d'un molosse redoutable.
Mais revenons au sujet : Francesca a une idée que beaucoup n'auraient pas eue, à savoir proposer à son violoncelliste de Vittorio un périple allant de Turin à Bari (soit plus de neuf cents kilomètres) et à l'arrivée de ce voyage en train (oui, en train) lui dévoiler en douceur la douloureuse réalité. Alors là, j'ai une question : avant ou après le concert qu'il doit donner ? Si c'est avant, elle lui fusille sa prestation ou au contraire le plonge dans des affres de douleur qu'il exprimera merveilleusement - succès artistique garanti – si c'est après elle flinguera ladite réussite, dans les deux cas il faut une bonne dose d'inconscience voire d'égoïsme. Sans parler du côté « voyage en amoureux » auquel il va croire avant la chute finale. Cruel.
Donc, un projet déjà mal embarqué. Mais qui va se compliquer quand leur copine de toujours, Manu, arrive en piteux état, tabassée par son Ivan, avec dans le coffre un tableau qu'elle lui a volée pour se dédommager. L'idée pointe alors : on va tous se tasser dans la petite et déjà bien vieille Punto, ajouter le tableau, le violoncelle et le barda de Manu et nous voilà partis pour un road-movie plein d'aventures drôles ou pas, qui permet aux regards de s'échanger (juste les regards, et quelques bisous), aux vieux souvenirs traumatisants de remonter, aux participants de découvrir l'Italie sous la neige et de se régaler de paysages inattendus et superbes, le tout sous la plume acérée et amusée de Enrico Remmert qui a intitulé son roman – choral Strade bianche (la route blanche) bizarrement traduit par « Petit art de la fuite » là où j'aurais préféré « Petit art de la fugue » pour la polysémie du terme et l'ambiance musicale du livre à trois voix. Je me demande quand même pourquoi l'auteur a choisis de dissocier la voix de Manu des deux autres par ce procédé de mise à distance utilisant le « tu » quand c'est elle qui est supposée parler. Un procédé de style vu il y a longtemps (Butor) et dont je ne vois pas ici la justification.
Un livre agréable à lire entre deux autres plus difficiles. Merci à Zazy de le faire voyager et de m'avoir fait partager ses impressions sur les trentenaires parfois un peu prise de tête !
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MarianneDesroziers
  30 décembre 2012
Francesca : jeune vétérinaire à l'esprit rationnel et scientifique qui se trouve déchirée entre deux hommes. Manuela, dite Manu : gogo danseuse/monitrice d'auto-école un rien déjantée qui vient de quitter son copain violent en lui piquant son tableau de Keith Haring. Vittorio : prodige du violoncelle un peu trop fragile qui retourne au domicile familial le temps de donner quelque concerts. Ils sont tous italiens, de Turin, amis, fiancés, futur-ex ou futur partenaire. Ils voyagent ensemble du Nord au Sud de l'Italie à bord de Baronne, une vieille Punto à double commande affichant beaucoup de kilomètres au compteur et sur le point de rendre l'âme.
On sourit souvent, on s'attendrit aussi, on se questionne parfois, en empathie avec ces personnages plus vrais que nature embarqués dans une folle aventure dans laquelle ils rencontrent de nombreux personnages hauts en couleur.
Enrico Remmert est écrivain mais aussi scénariste et réalisateur de court-métrages, ce qui n'étonne guère tant son écriture est visuelle et, pour tout dire cinématographique.
Un joli roman, tendre, drôle et émouvant sur des jeunes adultes d'aujourd'hui, un peu perdus et hésitants mais qui tentent de trouver leur chemin et d'atteindre le bonheur comme ils peuvent.




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zazy
  17 octobre 2013
Pincemi et pincemoi sont dans un bateau ? Dans ce livre, la difficulté est multipliée car ce sont trois trentenaires dans une Punto d'auto-école avec double pédales. Aucun rapport me direz-vous, mais ce livre m'a fait repenser à cette histoire que chaque gamin raconte.
Au tout début de l'histoire, ce devait être pour Vittorio, jeune homme de 29 ans violoncelliste et hypocondriaque, un voyage, en amoureux et en train, avec sa fiancée, apprentie vétérinaire, jusqu'à Bari. Une idée simple et séduisante. Francesca, la fiancée accepte ce voyage mais…. pour rompre. Drôle d'idée de vouloir passer un week-end avec cet amoureux-là, juste pour lui dire : je te quitte pour un autre. le voyage promet.
Là-dessus vient se greffer, en urgence totale, Manu, monitrice d'auto-école le jour et gogo danseuse la nuit, fuyant son amoureux qui la tabasse.
Il faut donc partir fissa pour fuir l'amoureux trop impulsif. La Punto, alias la Baronne, à double commande (très important cette double commande), devra rouler comme une grande pour échapper à la Range Rover blanche.
Attendez, j'oublie le quatrième invité : le violoncelle, pas sur le toit de la Baronne car trop risqué, mais qui hérite de la quatrième place, vous me direz que c'est normal puisqu'il ne reste que cette place.
Un passager clandestin ; un petit Keith Haring piqué à Ivan, le petit ami violent, qui voudra, on s'en doute, récupérer le tableau.
Je crois que je n'ai oublié personne dans ce départ précipité et chaotique. Maintenant, laissez votre esprit logique de côté, embarquez dans cette aventure loufoque et foutraque.
Au cours de ce périple qui doit les mener de Turin à Bari, Vittorio, Francesca et Manu racontent, se défoulent, se confessent, s'engueulent, se réconcilient….
Enrico Remmert nous promène dans un paysage italien hivernal loin des clichés et des cartes postales de vacances. Pas le temps de se poser, Ivan le terrible est à la poursuite du diamant vert du tableau. Ce n'est pas une promenade de santé, Enrico Remmert ne nous laisse pas le temps de rêver. Il y a des courses poursuites, des rencontres quelques peu dangereuses, des situations aussi cocasses qu'improbables. La Baronne à doubles commandes est poussive de temps à autre jusqu'à la panne totale, mais, là, motus et bouche cousue, je vous laisse l'envie de découvrir la suite..
Je sais, encore un bouquin sur ces trentenaires déboussolés, un peu paumés, se posant des questions existentielles, mais là, ils ne se regardent pas trop le nombril, ils n'ont pas le temps. le rythme est joyeux avec juste ce qu'il faut de causticité, de rêverie, de poésie pour passer un agréable moment de lecture.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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Ann
  19 avril 2013
Petit art de la fuite est comme une adaptation des films chorals en littérature. Enrico Remmert lie les destins de trois trentenaires un peu perdus dans leur vie et dans leurs sentiments. Il y a d'abord Vittorio, qui part de Turin pour quelques mois afin de rejoindre un orchestre à Bari. Il vit dans un état de panique quasi permanent provoqué principalement par une hypocondrie aigüe et un mal de vivre qu'il soigne à la bière. Puis Francesca, sa fiancée au bord de la rupture, qui l'accompagne pour lui avouer qu'elle le trompe avec Luca depuis plusieurs mois. Et enfin, Manuela, la meilleure amie de Francesca, qui leur propose de les conduire à Bari avec sa Punto à doubles commandes empruntée à l'auto-école de son père. Cela l'arrange puisqu'elle fuit Ivan, qui la battait, non sans lui voler un tableau d'une grande valeur pour se venger d'une arcade éclatée. le voyage vers Bari se transforme alors en un road-movieà travers l'Italie jalonné par des imprévus, des courses poursuites et des rencontres improbables.
Enrico Remmert décrit brillamment une génération de trentenaires au moyen d'une histoire à la fois légère et terrible. Individuellement, les personnages se posent tous des questions existentielles. Les angoisses montrent qu'il ne suffit de se laisser vivre, mais que ce n'est pas aussi simple que l'on pourrait le croire et que cela fait mal. Ensemble, ils comprennent que l'union fait la force, qu'en étant là les uns pour les autres, ils survivent un peu mieux. On remarque trois caractères qui dépeignent, presque de manière stéréotypée, les trentenaires d'aujourd'hui : l'angoissé profond, complètement perdu dans ce monde, doublé d'un hypocondriaque dépressif. Celle qui se pose des milliers de questions rationnelles et scientifiques sur l'amour et la manière dont il évolue, devenant ainsi plutôt égocentrique. Les questions sur l'amour sont souvent nombrilistes car elles ne concernent que celui qui se les pose. Et enfin celle dont le physique est une carapace, qui comprend sans doute le mieux comment fonctionne le monde mais qui est incapable de se plier à ses règles. Ses réactions impulsives et destructives témoignent de son caractère entier mais elle apparaît finalement très fragile, comme une enfant qui aurait besoin de protection, mais qui ne l'avouera jamais de peur d'être déçue et blessée.
C'est un tableau de la société qui aurait pu manquer d'originalité, car centré sur trois personnages symbolisant trois types de caractères assez radicaux, mais qui est finalement très juste. Sans s'identifier complètement aux personnages, ils représentent cependant une forme accentuée de nos propres angoisses et de nos propres questionnements. Par ailleurs, Enrico Remmert, à l'écriture simple et efficace, manie l'humour et le cynisme avec une grande finesse servie par la brillante traduction de Nathalie Bauer.
Lien : http://annbooks.wordpress.co..
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traversay
  10 avril 2013
Il est évident qu'avec ses allures de road-movie, Petit art de la fuite ferait un excellent film, une comédie douce/amère à l'italienne, vive et mélancolique, loufoque et grave. le roman à trois voix d'Enrico Remmert est déjà découpé comme un scénario avec des dialogues cinglants, des situations biscornues et des personnages de trentenaires à la croisée des chemins qui se demandent encore, adolescents attardés, quoi faire de leur vie. Rêver d'avenir ou en avoir peur ? Enrico Remmert se moque gentiment de leur égoïsme, de la confusion de leurs sentiments, de leur manque de maturité, de leurs angoisses existentielles. Entre miel et fiel, ce voyage qui traverse l'Italie, de Turin aux Pouilles, ne laisse pas le temps de regarder le paysage. Allegro molto vivace, le roman adopte un rythme rapide qui rend la lecture très agréable. Toutefois, en ralentissant dans les virages, il aurait pu gagner en profondeur. A l'image de son titre, le livre s'échappe vite de peur de se faire attraper.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
tamara29tamara29   19 octobre 2013
Nous ne regarderons pas notre montre, c'est nous qui établirons l'heure, les rails s'achèveront mais nous ne monterons jamais dessus, nous irons au musée et mettrons la main aux fesses des statues, nous marcherons sur les paupières du monde, nous attendrons au crépuscule les oiseaux qui crient des syllabes, nous nous habillerons comme deux prêtres insatiablement beaux, nous déchiffrerons les choses, et si cela ne nous plaît pas, nous nous boucherons les oreilles avec du chewing-gum, nous verrons Dieu à la télé, nous écrirons des poèmes indélébiles, nous saupoudrerons nos cils de sel pour rester des marins, nous serons à jamais assoiffés et joyeux, et chaque nuit - les nuits auront un ciel très blanc à plumetis bleu- tu murmureras à mon oreille avant que je m'endorme : tu es le meilleur d'entre tous et le pire d'entre tous.
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rkhettaouirkhettaoui   09 février 2013
Mon copain Andrea est un passionné de gares. C’est le seul endroit, prétend-il, où l’on perçoit l’intimité des êtres humains, l’étreinte sincère entre les gens qui arrivent et les gens qui attendent, entre ceux qui partent et ceux qui restent, entre ceux qui rêvent et ceux qui accompagnent : fiancés, amis pour la vie, pères et filles, grands-mères et petits-enfants. C’est un avant-goût du paradis, affirme Andrea : une immense file d’êtres qui s’aiment.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   30 octobre 2013
Vittorio
Je crois en une sorte de karma. Je suis persuadé que tout ce qui nous arrive est proportionnel à notre capacité de le supporter. Ainsi, alors que cette histoire se déroule exactement comme prévu _mal_ , je m'efforce d'en chercher le côté positif,l'articulation permettant de démontrer qu'elle avait un sens précis, qu'elle a servi à quelque chose. Pour ce faire, il me faut fouiller une série de tiroirs émotifs que j'ouvre rarement.
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rkhettaouirkhettaoui   09 février 2013
On naît, on grandit, on vit au sein d’une famille, on va à l’école, on noue des amitiés, on souffre, on tombe amoureux, on obtient un emploi, on se marie, on fonde une nouvelle famille, on a la vue qui baisse, le corps cède et l’on meurt. Mais parfois la vie montre tous ces éléments dans leur splendeur, les convoyant dans un seul lieu et un seul moment. Quand on est habile, on remarque les concordances et les analogies.
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tamara29tamara29   06 octobre 2013
-Tu sais que le grand Pablo a peint le portrait de Gertrude Stein. Le résultat déplut à Gertrude qui objecta qu'il ne lui ressemblait pas. Tu sais ce que répliqua Picasso ?
- Non.
- Alors essayez de lui ressembler.

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Video de Enrico Remmert (1) Voir plusAjouter une vidéo

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