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ISBN : 2226249702
Éditeur : Albin Michel (21/08/2013)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 73 notes)
Résumé :
« La nuit, déjà, et Muette écoute vibrer les insectes, glissée jusqu’au nez dans son sac de couchage. Elle a chaud mais ne peut se résoudre à se découvrir. Dehors, dans le grand monde, des gens courent à sa recherche, elle n’a plus de doute à ce sujet. Elle y est. Elle a grand ouvert les portes de sa vie. »

Par sa maîtrise de la langue au plus près des émotions, des impulsions et des souvenirs d’une jeune fugueuse, Eric Pessan, l’auteur d’Incident de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  29 avril 2018
Muette refuse de parler ou parle pour ne rien confier...ou ses paroles dérangent, sont niées.
Un jour, elle a 17 ans, elle décide de quitter sa maison, de fuguer. C'est cette volonté de disparaître, de rester seule, qui nous est contée. Elle ne va se réfugier qu'à quelques kilomètres, dans la grange abandonnée qui est son refuge depuis l'enfance.
Entrecoupée des paroles maternelles brutales qui lui ont laissé des bleus au coeur plus qu'aucun coup n'aurait pu le faire ( " tu es folle", " arrête de mentir", " tu m'en fais voir depuis que tu es née"), la narration flotte au gré des pensées de Muette, comme la rivière où elle essaie de se laver de ses soucis. Des pensées souvent négatives mais aussi des trouées de bonheur de la petite enfance, serrée tendrement dans les bras de sa mère.
Le lecteur est prisonnier des non-dits, il suppose, se demande si Muette exagère, s'angoisse d'un secret terrible que Muette jusqu'au bout ne dévoilera pas, il se sent frustré, même si certains mots lui laissent entrevoir la blessure profonde, en plus du rejet d'une mère qui l'a eue trop jeune et d'un père taiseux et qui semble toujours en colère.
On se sent oppressé tout au long du livre, malgré la beauté de l'écriture , les descriptions poétiques de la nature, des animaux sauvages ( quelle belle image en particulier, ce chevreuil qui effleure Muette, couchée dans la grange...). Car on est en empathie avec la jeune fille, on comprend ses souffrances d'enfant mal aimée , harcelée de mots blessants, et on se demande quelle va être l'issue de cette fuite en avant, et surtout ce qui a entraîné ce désir de partir.
La fin est inattendue et reste ouverte. Les questions demeurent.
Un livre qui pour ma part m'a laissé une impression d'étouffement, au-delà du charme particulier qui s'en dégage.
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Ziliz
  18 décembre 2013
Muette, Muette ne l'est pas, mais on lui demande de l'être, en gros. On l'accuse de mentir et on lui demande de se taire lorsque sa parole dérange. Alors elle fugue. Une fuite à travers la campagne, les bois, pour se cacher dans la grange où elle aime se réfugier depuis l'enfance.
Elle observe la nature, s'y fond, se rappelle à quel point elle exècre l'être humain, elle ressasse les paroles maternelles toxiques, mais se souvient aussi de moments de douceur avec cette mère, lorsqu'elle était toute petite.
Fuit-elle pour faire souffrir ses parents, tester leur amour ? Est-elle aussi mal aimée qu'elle le pense ? Sa sensibilité d'adolescente est-elle particulièrement exacerbée, de manière démesurée : "Elle se demande si les gestes et les mots dont elle a pu souffrir ont été faits sans penser à mal eux aussi. Jamais elle n'a envisagé les choses dans ce sens. Toujours les autres étaient les salauds et elle la victime." (p. 157)
Bref, comment en est-elle arrivée là ? Un événement particulier a-t-il tout fait basculer ?
Je n'ai pas eu de réponse à toutes ces questions, d'où un léger sentiment de frustration à la fin de la lecture, et, paradoxalement, une satisfaction. Celle de ne pas être entraînée par l'auteur dans des rebondissements spectaculaires, glauques. On devine, on imagine. Malgré ce flou, les derniers mots sont particulièrement éloquents... quoique, finalement...
La jolie plume d'Eric Pessan et certains de ses propos m'ont rappelé Annie Ernaux et Inès Cagnati ('Génie la folle'). L'histoire est belle et aussi dérangeante que le ton, alternant douceur, douleur et rudesse. Malgré cela, j'ai eu beaucoup de mal à suivre le récit, à ne pas m'échapper du texte, que j'ai trouvé long et ennuyeux, comme le dit en substance Muette à propos des "films magnifiques".
--- Un moment intense et marquant : la façon dont Muette, enfant, aimait sa poupée.
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sylvaine
  15 septembre 2013
Muette quitte la maison, la maison où elle se sent si mal , si mal-aimée,entre son père qui ne parle pas ou seulement en criant quand il est en colère et sa mère toujours affairée, toujours en mouvement qui la houspille toute la journée ....
Muette s'en va , certes pas bien loin mais elle part .
Qu'est-il donc arrivé à Muette pour qu'elle craque ?Les phrases assassines de sa mère "tu es folle ma fille" "tais- toi" "mais parles donc "" elle nous rendra fous"
"arrête de mentir"...;
L'hypersensibilité de Muette face aux misères du monde, des migrants, des réfugiés, lui donne l'envie de fuir ce monde indifférent et de se retrouver dans sa tanière une vieille grange désaffectée . Là elle est bien , en pleine nature , elle renaît à la vie lui semble t 'il elle apprend à être elle-même , à se détacher de la Muette digne fille de sa mère !
Eric Pessan signe là un superbe ouvrage , plein de retenue mais ô combien percutant .Son choix de raconter Muette par le truchement d'un narrateur donne à son écriture une fluidité de ton et nous fait ressentir le sentiment de liberté "conditionnelle" de cette adolescente en mal de vivre . Bien sûr nous ne saurons pas le motif profond de cette fugue ( 'c'est grave ce que tu racontes, si tu l'as inventé cela peut faire très mal p 94) mais nous l'accompagnerons longtemps elle et tant d'autres une fois ce livre refermé
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nilebeh
  11 février 2015
Muette n'a plus ni nom ni prénom, elle ne sera que « Muette » pendant un peu plus de 200 pages. Muette, elle ne l'est pas vraiment. Sauf si l'on considère que le fait de n'être jamais entendue, encore moins écoutée, finit par faire de vous une Muette ? Elle n'a que seize ans et devrait passer son bac français. Au lieu de quoi elle est partie de chez elle, préparant soigneusement sa fugue (duvet, camping-gaz, provisions et dix euros pour tout viatique). Fera-t-elle du camping ? Non, pas vraiment, elle a repéré une grange à une heure de chez elle et s'y installe, dans la fraîcheur du printemps sur les bords de Loire, le froid de la nuit, l'humidité du sous-bois. Mais qu'importe ? Muette se repaît de sa solitude,, supporte tout et se crée un monde magique où les animaux sont ses amis, jusqu'aux redoutables fourmis qui la dévorent. Elle sent la présence humide et douce d'un jeune chevreuil, écoute les oiseaux, nous parle d'un « harpail » ( = harde de bêtes sauvages) de chevreuils et de biches, des « chaintres »( = partie creuse laissée au bord des champs pour servir d'égouts) au bord des champs où elle se cache des hommes. Car sa plus grande crainte semble provenir des hommes, non tant qu'elle redoute de les voir la saisir et la ramener à ses parents. On sent qu'il s'est passé « quelque chose », à peine évoqué dans des paroles entendues (on peut parler de ces choses-là, même si cela fait mal, attention à ne pas dire n'importe quoi, tu pourrais faire beaucoup de mal).
Car le fil des pensées et observations de Muette est entrecoupé de phrases entendues, encore et encore à la maison, de ces phrases qui pourraient faire l'objet d'une plainte pour maltraitance morale et défaut de soins : Si tu n'étais pas là, on avait vraiment besoin de toi, mais tu vas nous tuer, mais tu es folle, mais pourquoi est-ce qu'on t'a eue etc...D'ailleurs, Muette a bien failli naître sur la pierre tombale de sa grand-mère maternelle, le jour des obsèques de celle-ci. Tu te rends compte, par ta faute je n'ai pas pu rendre hommage à ma pauvre mère ! dira la sienne. Et la voilà coupable de naissance intempestive ! Et puis on entend les cancans du village (telle mère, telle fille, sa mère était une pute, forcément, enceinte même pas majeure! Et d'un « vieux » de trente ans !).
Mais comment trouver sa place dans un tel contexte ? Alors Muette fait ce que beaucoup feraient à sa place : elle se tait, elle s'enferme dans sa chambre puis elle s'enfuit.
Pourtant la crainte de ressembler à sa mère l'habite : « ...terrifiée, elle sent sa mère pousser et croître en elle, c'est comme si elle rendait tardivement la monnaie de la pièce, comme si elle finissait par accoucher à rebours. »
Avec le secret espoir que « là-bas », on la cherche, on pleure, on s'inquiète pour elle (et si elle se faisait maltraiter, enlever ? Violer, non, on ne parle pas de « ces choses ». Car chez ces gens-là, monsieur, on lave son linge sale en famille. Alors, pas de gendarmes, pas de plainte, pas de signalement.
Et notre jeune fille devient un Robin des bois en jupons (enfin non, en jean, comme toutes les filles de son âge), souffre de la saleté et du froid, mais s'invente un monde où elle devient animal, chevreuil, lapin : « Être animal, c'est rendre la vue à un aveugle, Muette prend conscience de l'extraordinaire parfum du monde. »
Comment peut finir une telle équipée ? Après bien des moments savourés dans la forêt la fin sera bien décevante, à l'image du monde de Muette ! Elle qui entrevoyait des retrouvailles larmoyantes et médiatiques, en sera pour ses frais !
Un joli livre où s'expriment la sensibilité, le caractère bien marqué de la jeune fille et son extraordinaire sensibilité au monde vivant, en une langue alerte et précise, très agréable à lire. Les notations animalières et botaniques (dans la digitale pourprée, ce sont les feuilles qui tuent, pas les fleurs!) sont bienvenues.
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zazy
  10 septembre 2013
Muette fugue ; non pas pour aller retrouver un improbable amoureux, non pas pour parcourir le monde, mais pour se retrouver, loin d'un père qui ne parle, ne lui parle, jamais et d'une mère qui ne la regarde pas, tout en n'étant qu'à quelques kilomètres de chez elle, dans une grange abandonnée depuis longtemps. L'indifférence de la mère est insupportable dans l'épisode de la marche dans le sable si chaud qu'il brûlera la plante des pieds de Muette. Bien sûr, la mère accuse sa fille et la petite de 5 ans le pense vraiment « Et Muette se tait, elle croit sincèrement que tout est de sa faute, qu'elle s'est mal comportée, qu'elle a fichu en l'air la journée de sa mère et la sienne. ». Toujours à rabrouer Muette, fille non désirée, née alors que la mère est juste lycéenne ; « Je n'ai pas choisi, je n'en voulais pas de cette enfant » Ce bébé qui a « gâché » les rêves de la mère. Tout ce fiel retombe sur la petite fille qui écoute sans broncher ces phrases assassines.
Pourtant, il y a eu de l'amour entre elles lorsqu'elle était petite « Muette –petite et confiante- se blottit dans les bras tendus, au chaud….. Muette se relâche, se détend, jure à sa mère qu'elle l'aimera toujours et sa mère jure en retour qu'elle la protégera toute sa vie, »
Bien sûr, les gendarmes la retrouve et la ramène chez elle, mais sa fugue n'a rien changé « Elle va parler et Muette prie pour que cela ne soit ni un reproche ni une demande d'explication. En ce sens, elle est exaucée. Ma pauvre fille, dit la mère, tu es folle. »
Le monologue de Muette est entrecoupé des « gentilles phrases assassines» que certains ont eu la malchance d'écouter de la bouche d'un parent, d'un enseignant, d'un conjoint. Là, elles sortent de la bouche de ses parents et elles paraissent si justes : Arrête cette comédie. On t'aura prévenue, à croire que tu le fais exprès pour nous donner des soucis.
« Muette dépoussière ses pensées, elle y déniche des questions qu'elle n'a jamais formulées, des questions qui se sont heurtées aux regards fuyants et coléreux de son père, à l'empressement de sa mère, maman ? Plus tard maman s'il te plaît. Plus tard j'ai dit, ne traîne pas dans mes pattes.
Epargne-moi la honte. Moi, je t'ai tout donné, tu pourrais me respecter.
Elle n'a eu que ce qu'elle mérite….
Ce livre, presqu'un « hymne » à l'indifférence, fait peur. Toutes ces petites phrases alignées bout à bout ont détruit Muette plus sûrement que des coups.
Muette n'est qu'émotions devant le monde qu'elle découvre à travers les informations. Ces parents ne comprennent absolument pas. Les infos de la télévision ne sont, pour eux, qu'un bruit de fond qui ne désamorce pas leur indifférence, leur petite vie étriquée de ceux qui n'ont pas, qui ont peur de…. Vivre ??? . Si Muette ne parle pas, ce n'est pas par infirmité mais parce qu'elle se l'est imposé et pourtant : «Souvent, Muette parle. Les choses ne se réduisent pas à une grossière simplification, il ne faut pas croire. Manier les mots, Muette sait le faire ; ouvrir la bouche, arrondir les lèvres et tordre la langue pour articuler des phrases, elle y parvient si bien que beaucoup se leurrent et ne voient pas qu'au fond d'elle, elle est Muette
Ce livre est dur. Les monologues de Muette sont ponctués par les phrases quotidiennement et banalement assassines de sa mère et ses petites phrases font mal, très, très, mal. Oui, vraiment c'est ce que je retiens de ce livre.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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critiques presse (2)
Lhumanite   21 octobre 2013
Avec Muette, Éric ­Pessan donne une épure tendue comme un arc autour de la trajectoire d’une jeune fille habitée par la seule énergie du refus, qui lui fera surmonter tous les obstacles, à commencer par ceux qui se trouvent en elle. Muette rayonne, comme un trou noir, dont le lecteur ne peut échapper à l’attraction.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Lhumanite   02 septembre 2013
Éric Pessan habite littéralement ce personnage de jeune fugueuse qui va jusqu’au bout vivre les tensions, les colères et les rêves de l’adolescence en un roman fascinant de justesse.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   18 décembre 2013
(...) la vie a appris [à Muette] que les prédateurs ne rusent pas, qu'ils fondent du ciel pour planter leurs serres dans une échine, qu'il sautent d'un bond sur leur proie insouciante, qu'ils viennent toujours par le même chemin et qu'ils peuvent compter sur leur aplomb pour que le monde entier détourne le regard à cet instant.
Ceux qui ravagent et détruisent dévalent les plaines en poussant des hurlements ; ils mettent à sac, pillent et égorgent, on trouvera toujours des gens pour dire que cela n'a pas eu lieu, que certains esprits chagrins ont inventé ou exagéré l'invasion. L'abondance de preuves n'a jamais empêché de nier.
(p. 55)
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ZilizZiliz   16 décembre 2013
Dans la grange rouge, Muette cachait des poèmes qu'elle inventait et recopiait à l'encre turquoise sur des beaux papiers. Elle dessinait aussi, gommait impeccablement les traits du crayon une fois les formes coloriées avec des feutres. C'étaient ses secrets - textes comme dessins - des choses venues d'elle qui ne s'adressaient qu'à elle.
(...) Longtemps, Muette avait réfléchi puis elle avait pris la décision de les détruire. Elle les avait déchirés en minuscules confettis qu'elle avait ensuite enterrés dans plusieurs endroits. Elle préférait savoir ses secrets morts qu'en d'autres mains.
(p. 25)
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ZilizZiliz   18 décembre 2013
[Pour Muette] la vraie vie, ce sont des parents qui se plaignent que la vie coûte trop cher, qu'élever une enfant coûte trop cher,
'misère, misère'
qu'ils travaillent comme des cons pour maintenir la tête hors de l'eau mais qu'ils n'arriveront jamais à relâcher la pression.
La vraie vie, c'est la mère de Muette qui conclut les soirées employées à faire les comptes par la même phrase
'si seulement Muette n'était pas arrivée, j'aurais continué mes études et nous n'en serions pas là',
et dans la vraie vie, on classe soigneusement les papiers, on les range dans le grand tiroir du meuble de la télévision, on maudit la cherté des prix, on va se coucher résigné, de mauvaise humeur, lourd de fatigue. Et on joue au loto parce qu'on ne voit pas comment on pourrait s'en sortir autrement. Il faudrait un miracle et le loto pourrait bien être ce miracle.
(p. 103)
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ZilizZiliz   18 décembre 2013
Faire confiance, Muette ne peut pas, ne sait pas. Les apparences trompent tellement. La main tendue dissimule souvent une serre. Muette boutonne ses gilets jusqu'au col, elle se claquemure dès qu'on l'aborde, flaire le piège. Dans le doute, elle préfère se détourner qu'être capturée.
(p. 45)
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Charybde2Charybde2   08 septembre 2013
Mais rien de cela ne se produit. Muette s'est enfuie le plus normalement du monde, en préparant son sac, en glissant à l'intérieur un pain de cinq cents grammes, deux fromages, plusieurs paquets de gâteaux secs, trois litres d'eau, des vêtements propres, sa trousse de toilette, et en refermant à clé la porte de la maison.
Muette fugue en marchant paisiblement, ses parents ne rentrent que ce soir, rien ne presse ; la journée, elle reste seule à la maison, elle part si elle veut, elle n'a pas eu à sauter par une fenêtre ou à ramper à l'abri d'une haie. Une casquette la protège du soleil, elle évite les champs de maïs pour ne pas être surprise et trempée par le déclenchement de l'arrosage automatique, elle préfère longer les tournesols tournés vers le midi, même si - à la longue - leur odeur chaude et sucrée l'écoeure.
La lumière du matin est encore douce, satinée, Muette enjambe un talus de broussailles et marche vers le nord, vers sa cabane. Sa planque. Si quelqu'un un jour s'inquiète de sa disparition on placardera sa photo dans les gares et les aéroports, on diffusera sa description dans les villes, on imaginera des fuites au loin, des rapts, des tragédies. Qui pensera qu'elle se cache à une petite heure de marche ?
"Tu vas nous rendre fous."
En plus de la nourriture, des vêtements de rechange et des affaires de toilette, Muette emporte un duvet et le fouillis désordonné de ses pensées.
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Quand les bibliothèques mettent la littérature au c?ur de leurs actions.
- Cécile Morel-Chevalier, responsable du service culturel de la Ville de Landivisiau, pour le festival « Moi les Mots » ; - François Rosfelter, directeur des Médiathèques de Quimper-Communauté, pour le festival « L?Odyssée des Mots » ; - Guénaëlle Closier, chargée de l?animation culturelle à la Bibliothèque des Côtes-d?Armor, pour « Des formes littéraires impromptues : Escales poétiques, Ciao Italia? » ; - Eric Pessan, écrivain.
Table ronde du jeudi 20 novembre 2014 - à l'occasion des Rencontres "Le livre, la lecture et la littérature demain?..." organisées par Livre et lecture en Bretagne et la Bibliothèque des Champs Libres à Rennes.
Plus d'infos sur http://lalecturedemain.wordpress.com
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