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EAN : 9782226249708
224 pages
Éditeur : Albin Michel (21/08/2013)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 77 notes)
Résumé :
« La nuit, déjà, et Muette écoute vibrer les insectes, glissée jusqu’au nez dans son sac de couchage. Elle a chaud mais ne peut se résoudre à se découvrir. Dehors, dans le grand monde, des gens courent à sa recherche, elle n’a plus de doute à ce sujet. Elle y est. Elle a grand ouvert les portes de sa vie. »

Par sa maîtrise de la langue au plus près des émotions, des impulsions et des souvenirs d’une jeune fugueuse, Eric Pessan, l’auteur d’Incident de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
NathalC
  16 janvier 2021
Ecriture très intéressante. le lecteur découvre Muette, adolescente fugueuse.
On ne connait ni son âge exact, ni son prénom, ni les véritables raisons de cette fugue.
Au fil de la lecture, des indices semblent apparaître. On apprend à connaître cette jeune fille qui nous livre ses sentiments.
On suppose une violence psychologique depuis toujours, un manque évident de communication avec ses parents, peut être même une violence physique se cache-t-elle derrière cette fugue.
Le lecteur aura-t-il des réponses, des explications ? Comment se terminera cette fuite ?
Je ne dévoilerai rien ici, dans cet avis.
L'écriture d'Eric Pessan nous rend ce moment intime. On aimerait questionner cette jeune ado. Est-elle réellement victime ? Est-ce une rébellion justifiée ou un moment d'action instantanée après une dispute familiale ?
Bref, beaucoup de questions assaillent le lecteur. Beaucoup de remises en cause également en tant que parents, sur la communication avec les enfants, sur les ressentis, sur l'impact que peut avoir l'histoire familiale.
Un roman qui questionne.
Un roman qui parle des relations avec l'autre, avec l'humain.
Et quelques touches sur la relation à la nature, à la faune.
Finalement, à travers cette histoire, Muette nous en dit beaucoup...
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sabine59
  29 avril 2018
Muette refuse de parler ou parle pour ne rien confier...ou ses paroles dérangent, sont niées.
Un jour, elle a 17 ans, elle décide de quitter sa maison, de fuguer. C'est cette volonté de disparaître, de rester seule, qui nous est contée. Elle ne va se réfugier qu'à quelques kilomètres, dans la grange abandonnée qui est son refuge depuis l'enfance.
Entrecoupée des paroles maternelles brutales qui lui ont laissé des bleus au coeur plus qu'aucun coup n'aurait pu le faire ( " tu es folle", " arrête de mentir", " tu m'en fais voir depuis que tu es née"), la narration flotte au gré des pensées de Muette, comme la rivière où elle essaie de se laver de ses soucis. Des pensées souvent négatives mais aussi des trouées de bonheur de la petite enfance, serrée tendrement dans les bras de sa mère.
Le lecteur est prisonnier des non-dits, il suppose, se demande si Muette exagère, s'angoisse d'un secret terrible que Muette jusqu'au bout ne dévoilera pas, il se sent frustré, même si certains mots lui laissent entrevoir la blessure profonde, en plus du rejet d'une mère qui l'a eue trop jeune et d'un père taiseux et qui semble toujours en colère.
On se sent oppressé tout au long du livre, malgré la beauté de l'écriture , les descriptions poétiques de la nature, des animaux sauvages ( quelle belle image en particulier, ce chevreuil qui effleure Muette, couchée dans la grange...). Car on est en empathie avec la jeune fille, on comprend ses souffrances d'enfant mal aimée , harcelée de mots blessants, et on se demande quelle va être l'issue de cette fuite en avant, et surtout ce qui a entraîné ce désir de partir.
La fin est inattendue et reste ouverte. Les questions demeurent.
Un livre qui pour ma part m'a laissé une impression d'étouffement, au-delà du charme particulier qui s'en dégage.
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Ziliz
  18 décembre 2013
Muette, Muette ne l'est pas, mais on lui demande de l'être, en gros. On l'accuse de mentir et on lui demande de se taire lorsque sa parole dérange. Alors elle fugue. Une fuite à travers la campagne, les bois, pour se cacher dans la grange où elle aime se réfugier depuis l'enfance.
Elle observe la nature, s'y fond, se rappelle à quel point elle exècre l'être humain, elle ressasse les paroles maternelles toxiques, mais se souvient aussi de moments de douceur avec cette mère, lorsqu'elle était toute petite.
Fuit-elle pour faire souffrir ses parents, tester leur amour ? Est-elle aussi mal aimée qu'elle le pense ? Sa sensibilité d'adolescente est-elle particulièrement exacerbée, de manière démesurée : "Elle se demande si les gestes et les mots dont elle a pu souffrir ont été faits sans penser à mal eux aussi. Jamais elle n'a envisagé les choses dans ce sens. Toujours les autres étaient les salauds et elle la victime." (p. 157)
Bref, comment en est-elle arrivée là ? Un événement particulier a-t-il tout fait basculer ?
Je n'ai pas eu de réponse à toutes ces questions, d'où un léger sentiment de frustration à la fin de la lecture, et, paradoxalement, une satisfaction. Celle de ne pas être entraînée par l'auteur dans des rebondissements spectaculaires, glauques. On devine, on imagine. Malgré ce flou, les derniers mots sont particulièrement éloquents... quoique, finalement...
La jolie plume d'Eric Pessan et certains de ses propos m'ont rappelé Annie Ernaux et Inès Cagnati ('Génie la folle'). L'histoire est belle et aussi dérangeante que le ton, alternant douceur, douleur et rudesse. Malgré cela, j'ai eu beaucoup de mal à suivre le récit, à ne pas m'échapper du texte, que j'ai trouvé long et ennuyeux, comme le dit en substance Muette à propos des "films magnifiques".
--- Un moment intense et marquant : la façon dont Muette, enfant, aimait sa poupée.
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sylvaine
  15 septembre 2013
Muette quitte la maison, la maison où elle se sent si mal , si mal-aimée,entre son père qui ne parle pas ou seulement en criant quand il est en colère et sa mère toujours affairée, toujours en mouvement qui la houspille toute la journée ....
Muette s'en va , certes pas bien loin mais elle part .
Qu'est-il donc arrivé à Muette pour qu'elle craque ?Les phrases assassines de sa mère "tu es folle ma fille" "tais- toi" "mais parles donc "" elle nous rendra fous"
"arrête de mentir"...;
L'hypersensibilité de Muette face aux misères du monde, des migrants, des réfugiés, lui donne l'envie de fuir ce monde indifférent et de se retrouver dans sa tanière une vieille grange désaffectée . Là elle est bien , en pleine nature , elle renaît à la vie lui semble t 'il elle apprend à être elle-même , à se détacher de la Muette digne fille de sa mère !
Eric Pessan signe là un superbe ouvrage , plein de retenue mais ô combien percutant .Son choix de raconter Muette par le truchement d'un narrateur donne à son écriture une fluidité de ton et nous fait ressentir le sentiment de liberté "conditionnelle" de cette adolescente en mal de vivre . Bien sûr nous ne saurons pas le motif profond de cette fugue ( 'c'est grave ce que tu racontes, si tu l'as inventé cela peut faire très mal p 94) mais nous l'accompagnerons longtemps elle et tant d'autres une fois ce livre refermé
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Symphonie
  11 septembre 2020
Depuis sa naissance non désirée, Muette souffre du désamour de sa mère. Complètement désoeuvrée, elle fugue et s'installe dans une grange pas très éloignée. Durant le laps de temps passé hors de chez elle, on la suit depuis son départ jusqu'à son retour. Tout au long de cette lecture, on devine la souffrance d'une fillette de cinq ans, jusqu'à ses seize ans, la découverte de sa féminité jamais évoquée par sa mère et pour cause. Son quotidien n'est qu'une longue suite d'insultes, des propos cinglants qu'elle évoque durant son escapade. " Tu nous auras tout fait "- " Il n'y a que toi pour te fourrer dans des ennuis pareils "- " Arrête de mentir " - "Sors de ta chambre". " Ma pauvre fille, tu es complètement folle " Tel est le langage fleuri qui martèlent ses oreilles à longueur de journée.

Muette, elle ne l'est pas vraiment, mais à force d'être la cible de sa mère, elle se referme sur elle-même, enfonce ses écouteurs sur les oreilles pour ne pas entendre le chapelet d'insultes dont elle fait l'objet.
Une folle idée germe dans son esprit. Fuguer, tenter une brève disparition, histoire de créer une belle frayeur à ses parents, particulièrement sa mère qui, heureuse de retrouver sa fille saine et sauve, lui exprimera enfin son amour, une parenthèse enchantée dans la nature, à la découverte d'un monde qui la fascine. Les prairies, les animaux sauvages, les insectes, tout l'émeut par son extrême sensibilité.
Hélas, à son retour, tout ne se passe pas comme elle l'avait imaginé et force est de constater qu'elle restera une malédiction dans l'esprit tordu de sa mère.
Eric Pessan évoque avec justesse, le portrait d'une enfance dévastée par une mère perfide, emmurée dans un paradoxe étonnant dont Muette portera à tout jamais les stigmates. Une lecture déchirante, émouvante au possible, d'une adolescente en pleine évolution en pleine révolution.
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critiques presse (2)
Lhumanite   21 octobre 2013
Avec Muette, Éric ­Pessan donne une épure tendue comme un arc autour de la trajectoire d’une jeune fille habitée par la seule énergie du refus, qui lui fera surmonter tous les obstacles, à commencer par ceux qui se trouvent en elle. Muette rayonne, comme un trou noir, dont le lecteur ne peut échapper à l’attraction.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Lhumanite   02 septembre 2013
Éric Pessan habite littéralement ce personnage de jeune fugueuse qui va jusqu’au bout vivre les tensions, les colères et les rêves de l’adolescence en un roman fascinant de justesse.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   18 décembre 2013
(...) la vie a appris [à Muette] que les prédateurs ne rusent pas, qu'ils fondent du ciel pour planter leurs serres dans une échine, qu'il sautent d'un bond sur leur proie insouciante, qu'ils viennent toujours par le même chemin et qu'ils peuvent compter sur leur aplomb pour que le monde entier détourne le regard à cet instant.
Ceux qui ravagent et détruisent dévalent les plaines en poussant des hurlements ; ils mettent à sac, pillent et égorgent, on trouvera toujours des gens pour dire que cela n'a pas eu lieu, que certains esprits chagrins ont inventé ou exagéré l'invasion. L'abondance de preuves n'a jamais empêché de nier.
(p. 55)
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ZilizZiliz   16 décembre 2013
Dans la grange rouge, Muette cachait des poèmes qu'elle inventait et recopiait à l'encre turquoise sur des beaux papiers. Elle dessinait aussi, gommait impeccablement les traits du crayon une fois les formes coloriées avec des feutres. C'étaient ses secrets - textes comme dessins - des choses venues d'elle qui ne s'adressaient qu'à elle.
(...) Longtemps, Muette avait réfléchi puis elle avait pris la décision de les détruire. Elle les avait déchirés en minuscules confettis qu'elle avait ensuite enterrés dans plusieurs endroits. Elle préférait savoir ses secrets morts qu'en d'autres mains.
(p. 25)
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ZilizZiliz   18 décembre 2013
[Pour Muette] la vraie vie, ce sont des parents qui se plaignent que la vie coûte trop cher, qu'élever une enfant coûte trop cher,
'misère, misère'
qu'ils travaillent comme des cons pour maintenir la tête hors de l'eau mais qu'ils n'arriveront jamais à relâcher la pression.
La vraie vie, c'est la mère de Muette qui conclut les soirées employées à faire les comptes par la même phrase
'si seulement Muette n'était pas arrivée, j'aurais continué mes études et nous n'en serions pas là',
et dans la vraie vie, on classe soigneusement les papiers, on les range dans le grand tiroir du meuble de la télévision, on maudit la cherté des prix, on va se coucher résigné, de mauvaise humeur, lourd de fatigue. Et on joue au loto parce qu'on ne voit pas comment on pourrait s'en sortir autrement. Il faudrait un miracle et le loto pourrait bien être ce miracle.
(p. 103)
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ZilizZiliz   18 décembre 2013
Faire confiance, Muette ne peut pas, ne sait pas. Les apparences trompent tellement. La main tendue dissimule souvent une serre. Muette boutonne ses gilets jusqu'au col, elle se claquemure dès qu'on l'aborde, flaire le piège. Dans le doute, elle préfère se détourner qu'être capturée.
(p. 45)
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NathalCNathalC   11 janvier 2021
Les enfants abandonnés passent leur vie à enquêter sur le passé et ceux qui sont encombrés de trop d'histoires ne savent comment les oublier.
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Vidéo de Éric Pessan
Quand les bibliothèques mettent la littérature au c?ur de leurs actions.
- Cécile Morel-Chevalier, responsable du service culturel de la Ville de Landivisiau, pour le festival « Moi les Mots » ; - François Rosfelter, directeur des Médiathèques de Quimper-Communauté, pour le festival « L?Odyssée des Mots » ; - Guénaëlle Closier, chargée de l?animation culturelle à la Bibliothèque des Côtes-d?Armor, pour « Des formes littéraires impromptues : Escales poétiques, Ciao Italia? » ; - Eric Pessan, écrivain.
Table ronde du jeudi 20 novembre 2014 - à l'occasion des Rencontres "Le livre, la lecture et la littérature demain?..." organisées par Livre et lecture en Bretagne et la Bibliothèque des Champs Libres à Rennes.
Plus d'infos sur http://lalecturedemain.wordpress.com
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