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Marie Vila Casas (Traducteur)
EAN : 9782330179069
192 pages
Actes Sud (07/06/2023)
3.9/5   152 notes
Résumé :
Un architecte qui fuit Constantinople avec les plans d'une bibliothèque inexpugnable, un étrange cavalier qui arrive à convaincre un tout jeune écrivain (accessoirement nommé Miguel de Cervantes) d'écrire un roman inégalable... on retrouve dans ce recueil une atmosphère et des thématiques familières aux lecteurs de Zafón : des écrivains maudits, des bâtisseurs visionnaires, des identités usurpées, une Barcelone gothique et certains des personnages phares de la tétra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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Mon parcours de découverte d'un auteur est variable : soit je lis le premier roman... mais dans ce cas-là je risque d'être décu parce que sa plume ne sera peut-être pas encore affirmée... ou alors je me lance dans son best-seller... et là il y a plutôt intérêt que j'aime sinon le reste... encore qu'il y a parfois des jolies surprises méconnues... Bref, pour Carlos Ruiz Zafon, le chemin menait logiquement vers l'Ombre du Vent, son best seller et premier livre paru en France (même si un cycle publié dans les années 90 en Espagne fut publié plus tardivement). C'était ce que je m'étais destiné... et certaines contingences challengesques en ont décidé autrement et m'ont fait me tourner vers cette Ville de Vapeur, recueil de nouvelles publié de façon posthume.

Quel pire choix existait-il que ce livre, où apparemment les références à son cycle de roman foisonnent, où plusieurs personnages sont repris d'ailleurs de ce même cycle... ? Je ne peux que faire confiance à la préface de l'éditeur puisque je n'ai de mon côté pas pu saisir tous ces clins d'oeil. Et pourtant, je pense avoir pu malgré tout discerner quelques éléments caractéristiques de l'auteur qui me font envie de mieux le découvrir.

Barcelone est le personnage principal de ce livre, elle inspire d'ailleurs le titre, même si les touristes français n'auraient sans doute pas pensé qu'elle se cachait derrière cette expression de "Ville de vapeur". Pourtant c'est bien dans le brouillard, ou sous les temps neigeux que l'auteur nous dépeint le plus souvent sa ville qui est je crois le théâtre de tous ses romans. Toutes ses nouvelles y ont leur cadre et le baroque et le gothique des architectures fournit une atmosphère parfaitement littéraire à tous ces récits. Les genres sont multiples, du roman historique au thriller, en passant par le roman d'apprentissage ou le roman fantastique, le tout au format nouvelle.

Certaines manies de l'auteur apparaissent, les yeux aux pupilles dilatées en mode miroir, l'omniprésence des livres, les aubes rougeoyantes, les ombres en forme de tache d'encre. Je ne sais pas si cela est aussi une marque de fabrique dans les romans mais j'aime les auteurs qui ont leur petite musique et parviennent à tisser des histoires originales autour de leurs obsessions.

J'ai particulièrement apprécié la nouvelle autour de Cervantès avec ses histoires imbriquées et celle autour de Gaudi. Ll faut un talent certain pour s'emparer des espaces mystérieux de la réalité des personnages célèbres et les remplir avec une fiction qui tienne la route et nous fasse voyager dans un imaginaire cohérent.

Ce "pire choix" de départ est finalement un apéritif agréable.... qui pourra se transformer en digestif appréciable, une fois ingurgité toute l'oeuvre du maitre, auteur européen parmi les plus lus au monde.
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Choisi le lundi 13 décembre 2021---

Un moment de lecture aussi captivant que bien singulier : mélanges des genres : roman d'apprentissage, récit historique, magique, surnaturel, fantastique, gothique, histoires d'amour et d'amitié….Il faut juste se laisser « porter » par l'imagination débridée de Carlos Ruiz Zafon…!

La célébrissime tétralogie de cet écrivain espagnol, « le Cimetière des livres oubliés » est depuis des lustres… et plus… dans mon interminable PAL. En fouinant tout récemment en librairie , je suis tombée sur ce recueil de textes brefs… reprenant certains personnages de sa Tétralogie : le libraire Semperre, l'imprimeur Corelli, l'écrivain, David Martin, etc.

Ce recueil de « nouvelles » me tendait les bras. Je débute donc involontairement la découverte de cet écrivain, disparu prématurément en 2020, par cette publication posthume, hommage de son éditeur !

Des sauts dans les époques du XVIe siècle au XXe siècle : de Cervantes au génial architecte, Gaudi !

Mes préférences vont, sans hésiter, aux deux nouvelles consacrées au Grand Cervantes et à Gaudi… ainsi qu'à la première nouvelle, « Blanca et l'Adieu » qui m'a enchantée et émue : l'amitié entre un petit garçon pauvre, Daniel Martin [ le futur écrivain], qui réussit à se faire aimer d'une petite fille riche, car il sait lui raconter des histoires… Très poétique, et bouleversant, avec, cerise sur le gâteau, un curé complice et fort malicieux !

J'achève cette brève chronique par quelques lignes réservées à Antonio Gaudi :
« Gaudi à Manhattan .--
La réputation de Gaudi devenait celle d'un fou acariâtre et célibataire, un illuminé qui dédaignait l'argent (le plus impardonnable de ses crimes) et dont l'unique obsession était la construction d'une cathédrale fantasmagorique dans la crypte de laquelle il passait la plus grande partie de son temps attifé comme un clochard, concoctant des plans qui défiaient les lois de la géométrie, convaincu que son unique client était le Très-Haut. » (p. 178)
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Un recueil de onze nouvelles de longueurs inégales, mais qui toutes célèbrent Barcelone, en convoquant le fantastique, le ténébreux, l'histoire, le poignant et le fantasmagorique. Un voyage dans la ville et dans le temps, mêlant les époques du XVème siècle au XXème.
On croise dans ces nouvelles des personnages historiques comme Miguel de Cervantes, jeune, se faisant chevalier servant d'une jeune femme mariée à un vieux barbon ou un jeune architecte qui accompagne Gaudi à New-York. D'autres textes sont plus intimistes abordant des amitiés enfantines passées ou le sort malheureux d'une jeune femme mendiant et mourant en mettant au monde son enfant.
Tantôt baroque, tantôt intimiste, Carlos Ruiz Zafon fait preuve de tous ses talents de conteur pour emmener le lecteur dans les tréfonds des secrets d'une Barcelone imaginée, réinventée et surtout sublimée grâce à une imagination débordante.
Même si pour certaines nouvelles je me suis un peu perdue et n'ai pas trouvé mon compte, pour d'autres j'ai été touchée par une humanité débordante et surtout impressionnée par les talents de conteur luxuriant de Zafon.
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[Coup de coeur] Ça y est, j'ai bouclé la boucle avec Carlos Ruiz Zafon, que j'ai découvert avec la lecture de l'Ombre du vent. Je referme La ville de vapeur, dernières lignes que je lis de cet auteur, disparu, décidément parti trop vite. Je suis aussi retourné à Barcelone sur les indices menant au cimetière des livres oubliés, parcourant les rues du Barri Gotic, Montjuic, le Park Guell et Las Ramblas. Un moment singulier que les pages de ses nouvelles font ressentir. Une très belle lecture au coeur de cette ville, baroque et unique, hors du temps.

A travers 11 nouvelles, qui n'ont de commun que Barcelone, Carloz Ruiz Zafon nous entraine dans une balade dans laquelle le temps est suspendu. Dans ce recueil posthume, il nous fait côtoyer fantômes et assassins, écrivains et bâtisseurs, destins brisés. Pourtant, malgré ces récits émouvants, Ruiz Zafon, sait par son pouvoir narratif emporter le lecteur dans cette ville magnifique et surréaliste. On y retrouve parfois des personnages de l'Ombre du vent, ce qui ne fait qu'enchanter ce plaisir de lecture.

Pourquoi relire l'Ombre du vent, premier opus de la tétralogie du « Cimetière des livres oubliés », pour trois raisons essentielles, c'est tout d'abord un livre qui m'a envouté dès les premières pages, c'est un roman qui parle de livres enfin les protagonistes sillonnent Barcelone. Malgré le monde, il faut le reconnaitre, Barcelone est victime de son attrait extrêmement singulier, son urbanisme en angle droit et en paradoxe total avec les façades baroques et arrondies. Peu de villes me donnent l'envie de revenir, Paris, Séville et Barcelone et celles que je ne connais pas encore.

❓Connaissez-vous Barcelone ?

Lien : https://jmgruissan.wixsite.c..
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A la demande de l'auteur de regrouper ses nouvelles dans un seul recueil, son éditeur espagnol, Emile de Rosiers Castellaine a publié, à titre posthume, « La ville de vapeur » regroupant onze nouvelles. La disparition de Carlos Ruiz Zafon en 2020, à l'âge de 56 ans, n'a malheureusement pas permis un plus grand nombre.
Onze nouvelles toutes aussi riches les unes que les autres.
Riches d'une plume fine, élaborée, mais néanmoins accessible.
Riches d'imagination. Vous y croiserez certains personnages de ses romans, leur donnant vie plus que s'ils avaient été repris comme personnage principal d'un autre livre. Vous y croiserez Gaudi, Cervantès.
Riches de rêves qui paraissent engloutis par la noirceur des âmes des hommes.
Riches d'une Barcelone noircie de ses vapeurs industrielles, engoncée dans son Histoire tumultueuse, parfois méprisée et souvent adorée.
Mais riches aussi de beauté, de poésie, d'amour, de femmes évanescentes à la beauté du diable.
Carlos Ruiz Zafon est un grand écrivain, parti beaucoup trop tôt.
Je termine par citer la première phrase de la première nouvelle, histoire de vous mettre l'eau à la bouche :
« J'ai toujours envié la capacité d'oubli de certaines personnes qui ne voient dans le passé qu'un changement de saison ou une paire de vieilles chaussures qu'il suffit de remiser au fond d'une armoire pour les rendre incapables de retracer les pas perdus. »
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critiques presse (2)
LeMonde
17 juillet 2023
La quintessence d’un imaginaire et l’élixir littéraire du créateur de la tétralogie Le Cimetière des livres oubliés (2001-2016).
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress
13 décembre 2021
Les groupies de Zafon retrouveront ici ou là les personnages de la fameuse tétralogie du Cimetière des livres oubliés, des Sempere, libraire de père en fils, à l'éditeur Andreas Corelli et à l'écrivain David Martin ; les autres découvriront dans ces textes courts l'univers enchanté et labyrinthique, mêlant récits et légendes, romans populaire et historique, thriller et histoire d'amour, du virtuose espagnol.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Blanca et l'Adieu
[extrait des Mémoires qui n'ont jamais eu lieu d'un certain David Martin ]

J'ai toujours envié la capacité d'oubli de certaines personnes qui ne voient dans le passé qu'un changement de saison ou une paire de vieilles chaussures qu'il suffit de remiser au fond d'une armoire pour les rendre incapables de retracer les pas perdus. Pour mon malheur, je me souvenais de tout, et tout se rappelait à moi. Je garde le souvenir d'une petite enfance de froid et de solitude, d'instants morts passés à contempler le gris des jours, et du miroir noir qui ensorcelait le regard de mon père. Impossible de me souvenir du moindre ami. (p. 13)
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« Gaudi ». La seule mention de ce nom me donnait des frissons. J’avais grandi en rêvant de ses voûtes impossibles, de ses îlots néogothiques et de son primitivisme futuriste. Gaudi était la raison pour laquelle je désirais devenir architecte, et ma plus grande aspiration, hormis celle de ne pas mourir de faim pendant cette année scolaire, était de réussir à absorber un millième de la mathématique diabolique grâce à laquelle l’architecte Reus, mon Prométhée moderne, soutenait a ligne de ses créations.
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Gaudi à Manhattan

La réputation de Gaudi devenait celle d'un fou acariâtre et célibataire, un illuminé qui dédaignait l'argent (le plus impardonnable de ses crimes) et dont l'unique obsession était la construction d'une cathédrale fantasmagorique dans la crypte de laquelle il passait la plus grande partie de son temps attifé comme un clochard, concoctant des plans qui défiaient les lois de la géométrie, convaincu que son unique client était le Très-Haut. (p. 178)
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Le proverbe dit qu'un homme doit marcher tant qu'il a encore des jambes, parler tant qu'il lui reste de la voix et rêver tant qu'il conserve encore l'innocence, parce que tôt ou tard il ne pourra plus se tenir debout, il manquera de souffle et il ne désirera plus d'autre rêve que la nuit éternelle de l'oubli.
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Son père mentait, Laia le savait, il mentait sans même s'en rendre compte, comme tous les grands menteurs qui se mentent d'abord à eux-mêmes et deviennent ensuite incapables d'apprécier la vérité, quand bien même on les poignarderait en plein cœur.
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Videos de Carlos Ruiz Zafón (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carlos Ruiz Zafón
Extrait du livre audio "Marina" de Carlos Ruiz Zafón lu par Frédéric Meaux. Parution numérique le 22 juin 2022.
https://www.audiolib.fr/livre/marina-9791035408978/
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