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EAN : 9791070060476
384 pages
Cairn (12/03/2022)
4.04/5   14 notes
Résumé :
Un polar à Bordeaux. En 2050 la cité du Port de la Lune a été submergée par la montée des eaux, les bordelais se sont adaptés mais le crime a pris un nouveau visage...le pire de l'humanité semble avoir refait surface avec l'affaire des " 1000 disparus ".

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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Soufflé, soufflé par la lecture de ce livre pourtant lu dans d'extra mauvaises conditions physiques.
Mais les auteurs ont, une fois de plus réussi le pari d'écrire ensemble comme ils l'avaient déjà expérimenté avec « Air » paru en 2019.
Ce nouveau roman noir reste à fond dans le genre thriller, mais il l'humanise en créant une dystopie dans laquelle nous refusons trop vite intellectuellement de rentrer. Et si Bordeau, domaine des vignobles, était à son tour noyée par les eaux qui monte et qui permettre maintenant de circuler sur les grands axes que formaient ses routes principales. Mieux qu'à Venise, on circule à Baordeaux pour le travail, les trajets usuels, les loisirs. Bordeaux, comme tant d'autres villes dans le monde est devenue lacustres. Fascinant ! Ce qui l'est beaucoup moins, c'est que les auteurs font deux constats : le premier est qu'une série folle de moyens techniques ont disparus. L'informatique et les réseaux sont devenus des jeux d'enfants à pirater trop facilement, les archives dans le cloud ne sont plus en sécurité et les archives papiers, pour ce qu'il en reste, ont souffert de toutes ces montées des eaux auxquelles personnes ne voulaient croire. Les précautions n'ont pas été prises. Deuxième constat, alors que nous ne sommes qu'en 2050, le pouvoir du crime a su se développer avec un réseau bien plus fiable que celui de la police et avec un développement extrême de la violence et du retour au pire crime que l'humanité puisse offrir aux peuplades internationales : l'esclavage. Toutes les catégories ethniques, sociales, intellectuelles sont touchées, s'il leur manque l'argent, ils sont des proies sans défense ou quasi ! Une horreur, addictive, mais horreur tout de même.
Les deux auteurs, par la justesse de leurs plumes, des descriptions, des évènements historiques qu'ils glissent habillement dans le récit et par leur un style clair, vif, parfois sec et bref laisse affirmer que la situation telle qu'elle est un fait et ne se discute même plus.
Seule compte la traque entreprise par les inspecteurs Mercy Silla et Sacha Baronski. Une équipe à qui le lecteur ne pourra que donner raison, surtout s'il prend, de temps en temps le temps d'arrêter sa lecture pour réfléchir aux causes qui ont amené ce Bordeau à baigner dans l'eau et le sang.
Tout roman noir est là, aussi, pour pousser le lecteur à revisiter le sens qu'il donne au terme humanité. Avec Mer, B. Scali et R. de Andreis réussissent parfaitement.
Un énorme merci à Babelio et à sa Masse critique, de même qu'aux Editions Cairn à qui je dois le bonheur d'avoir découvert ces plumes. Et milles excuses pour la lenteur de ma chronique. Ce n'est pas l'envie du coeur qui manquait, c'est le corps qui ne pouvait plus.
Mer, un roman qui se fonde sur le crime et la recherche des coupables et vous en apprend sur l'homme, ses coutumes, ses habitudes, ses travers et ses dépassements de soi. Un livre à partager sans modération !

Lien : https://frconstant.com
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Nous sommes à Bordeaux vers 2100. La ville est devenue une cité lacustre où la circulation se fait désormais en bateau de ponton en ponton. Tout le littoral a été submergé suite à la catastrophe du réchauffement climatique qui n'a pu être enrayée à temps malgré des années de dictature écologiste. Les changements ont impacté tous les pays, bouleversant les paysages, la faune et la flore, l'économie, la politique, la vie sociale et quotidienne, et créant d'importants flux de migration pour de nombreuses populations contraintes de quitter leur pays et leur vie d'avant.
Deux policiers, une jeune lieutenante noire, mercy, elle-même issue de l'immigration, et Sacha, un commissaire à la veille de la retraite, vont enquêter sur la disparition inexpliquée d'un millier de « migrateurs » (nos migrants d'aujourd'hui) ; Malgré les réticences et blocages administratifs, malgré les difficultés liées à l'absence des moyens de communication informatiques ayant prévalu au début du siècle avant un énorme crash des principaux serveurs, ils vont s'entêter pour découvrir ce qui est advenu notamment de Gloria, une jeune « migratrice » australienne qui a dû quitter sa terre brûlée et dont la vie et le destin font étrangement écho au passé et au présent de mercy.
Ce polar écologique m'a tenu en haleine de bout en bout. Au-delà d'une intrigue bien bâtie, La fiction nous interpelle et nous questionne en ce qu'elle résonne curieusement avec l'évolution actuelle du monde et les angoisses sur l'avenir de notre planète. Un « éco-thriller » original qui oblige à réfléchir…Hâte de lire le premier opus des 2 auteurs intitulé AIR.
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Après Air, voici Mer, le dernier ouvrage de B.Scali et R. de Andreis paru aux éditions Cairn dans la collection du noir au sud.

Je remercie Babelio et les éditions Cairn pour l'envoi du livre gagné lors de la dernière Masse Critique Polar.

Mer est une dystopie...dont le scénario est détonnant. Et si... ce dernier n'était pas totalement fictif tant les presque 400 pages sonnent juste?

Et si la catastrophe climatique avait réellement lieu et que de nombreux endroits étaient rayés de la carte du monde par la montée des eaux?

C'est ce qu'il se passe pour notre belle ville de Bordeaux qui n'est plus qu'une cité flottante... Mercy Sylla et et le commissaire Sacha Baranowski se déplacent donc en aéroglisseur. Je vous rassure le deux tons est toujours d'actualité et toujours utilisé avec plus ou moins de ... justesse :)

J'ai aimé visiter Bordeaux, ses lieux emblématiques, ses vignobles, sa métropole, Lacanau. Description détaillée, précise, complète.

J'ai aimé voguer au travers des années noires bordelaises: esclavage, traite des humains, bourgeoisie... La encore, le travail est conséquent et le résultat vraiment qualitatif.

J'ai aimé cette mise en lumière écologique qui vous gifle vraiment. Retour à l'âge de pierre, retour au telex, au stylo... Retour à la réflexion quelque part, même si bien évidemment il demeure de la technologie. Plus de cloud, tout est noyé.

J'ai aimé ces deux policiers, si complémentaires, si attachants, si combattifs et si humains.

J'ai aimé enfin la façon de nous amener vers la résolution de l'énigme des deux auteurs. de petits cailloux par ci, de fausse pistes par là, des rebondissements inattendus, des sombres manigances politiques...
Jamais Mercy ne baisse les bras, jamais elle ne renonce à retrouver la jeune australienne disparue tant elle se sent proche d'elle. Je vous laisse découvrir pourquoi. Pour autant, elle ne s'isole pas, elle garde une vie privée, des amis, des envies.

Mer est un ouvrage haletant que l'on parcourt avec gourmandise. Il incite le lecteur à réfléchir. Il est bien connu que le roman noir sert à traiter des sujets graves. Vous en avez une preuve supplémentaires ici.

C'est une vraie réussite. Je vous conseille vivement de le lire et de le méditer...

Et rendez vous sur Terre peut-être la prohaine fois :)

4/5

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On a déjà oublié le dernier rapport du GIEC opportunément éclipsé par la guerre en Ukraine.
Cent ans plus tard, quand même la pluie sera salée, il sera trop tard pour pleurer, c'est que nous raconte le roman de Bertil Scali et Raphaël de Andreis au titre sec qui sonne comme une claque : Mer.
Alors que nous faisons à peine notre deuil du monde d'avant, les deux compères nous plongent (c'est le cas de le dire) dans le monde d'après-demain. En 2100, le réchauffement climatique est là, les villes côtières sont noyées sous les eaux, les plaines centrales ravagées par les incendies géants, le monde envahi par les réfugiés climatiques et quelques autres bestioles qui pullulent dans ce nouvel éco-climat.
Bordeaux n'est plus qu'une nouvelle Venise marécageuse battue par les eaux, ce qui nous vaut cette belle couverture. le Cap Ferret a disparu, du fameux immeuble Signal, seul le toit émerge encore et sert de quai de fortune aux boat people, et la place des Quinconces est devenu un port de plaisance, ...
La mise en scène d'une côte française envahie par les eaux est bien entendu spectaculaire, d'autant qu'elle est plutôt réussie et "réaliste", ce décor suffira à faire la renommée du bouquin mais il en fallait un peu plus pour réussir un bon thriller.
Alors les auteurs ont décidé de mettre en avant le retour à l'esclavage, intelligent clin d'oeil au lointain passé bordelais, en noircissant à peine le trait de notre monde actuel : la traite humaine des migrants n'a malheureusement pas attendu le réchauffement climatique.
Et puis ils imaginent également une sorte de dictature écologique (tiens donc ...), en donnant un tout autre sens au titre de leur bouquin.
Dans ce décor apocalyptique, une enquête policière va nous servir de guide : des réfugiés disparaissent en masse, ça fait désordre et sème le trouble ...
Une fliquette sympathique et un vieux commissaire roublard mènent leur bateau de police dans les canaux de Bordeaux.
Tout cela est plutôt bien écrit, c'est pas du thriller au rabais (même si le prix est modique) même si l'on regrette quelques personnages un peu 'cliché' aux traits un peu grossiers.
Le thriller idéal pour les plages cet été, ambiance garantie "les pieds dans l'eau".
Sauf qu'on ne sait pas toujours comment prendre certaines petites phrases assassines :
[...] L'homme s'adapte vraiment à tout. Il s'acclimatera même à la fin du monde …
Pour celles et ceux qui aiment avoir les pieds dans l'eau.
Lien : http://bmr-mam.blogspot.com/..
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Polar manifeste sur le réchauffement climatique : l'entreprise est louable. Quelques trouvailles de ci delà. Je reviens d'un court séjour à Bordeaux et il était amusant de s'imaginer la ville désormais en quasi bord de mer. Mais suivant la formule consacrée, quelques bonnes idées ne font pas un bon roman. Pas grand chose à tirer de ce fatras d'intrigues qui partent dans tous les sens. Dommage.
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critiques presse (1)
LePoint
03 mai 2022
La capitale du vin, noyée ? Voilà une bien ironique réalité que campent, à quatre mains, un éditeur reporter, Scali, et un fils d'éditeur devenu communicant, de Andreis, dans une dystopie écologique fracassante.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
On pouvait lire l'histoire de la montée des océans aux traces que les grandes marées avaient laissées sur les murs de la ville et, encore plus sur ceux du réfectoire du poste de police. Deux ou trois fois par an, de colossales tempêtes recouvraient le sol usé de la salle à manger d'eau salée et de détritus en plastique, vestiges du siècle passé que la mer n'en finissait pas de rejeter. Des vagues poisseuses déferlaient sur la lagune de Bordeaux depuis l'océan à une cinquantaine de kilomètres de là. Elles se répandaient sur les champs, dans les vignes, dans les rues et au rez-de-chaussée des bâtiments, malgré les digues , les murets, les canaux de dérivation et les mêmes barrages qui bordaient maintenant toutes les côtes de la planète. Les murs imbibés d'eau mousseuse se recouvraient de salpêtre.. Celui de la cantine se transformait en matière visqueuse qui, à son tour, se changeait en poussière anthracite. Rien ne résistait à la montée des océans.
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Déjà, le soleil commençait à brûler la planète. Déjà, les cyclones et les tornades dévastaient chaque année des régions de plus en plus vastes. Les dirigeants de ces temps-là n'avaient pas été capables d'identifier le vrai danger qui se profilait. Le réchauffement de la planète avait commencé son oeuvre. Bientôt, la moitié de l'humanité serait contrainte de suivre la succession des saisons. Comme des oiseaux migrateurs.
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Puis arrivait le moment de l'interrogatoire et il fallait écouter leur histoire. Les premières fois, Mercy s'était projetée dans leur vie. Elle avait imaginé ce qu'ils décrivaient : des existences normales en Australie, en Indonésie, en Chine et même en Polynésie. Ils montraient des photos de tout ce qu'ils avaient abondonné : une villa cossue, un magasin, une voiture...Une vie.
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[...] Il semblerait, selon les derniers rapports de l’Onu, que l’esclavage ait également repris aux États-Unis. Les autorités nord-américaines seraient peu enclines à réguler la résurgence de ce commerce, semble-t-il excellent pour leur économie.
[...] Les villes peinent à juguler ce commerce de la main-d’œuvre humaine.
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[...] Les agents du mer (Migration, Équité, Réaction), service de contrôle des réfugiés climatiques mis en place par l’Onu lorsque le niveau des mers et des océans avait commencé à monter.
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