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EAN : 9782749938448
280 pages
Michel Lafon (16/04/2020)
3/5   3 notes
Résumé :
En ce 14 juin 1940, Charles de Gaulle, 49 ans, entre dans Bordeaux parmi la foule des réfugiés, méditant amèrement sur son sort et celui de son pays. Simple général " de brigade " et " à titre temporaire ", que peut faire ce vaillant soldat maintenant que le drapeau allemand flotte sur Paris et que le gouvernement est à deux doigts de demander l'armistice ? Ce matin il a voulu démissionner de son poste de sous-secrétaire d'état...
Quatre jours plus tard, apr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
D'aussi loin que je me souvienne, la seconde guerre mondiale est une période qui m'a toujours passionnée. Je suis toujours très curieuse d'en apprendre davantage sur ces années historiques, m'éloignant petit à petit du programme que l'on a tous plus ou moins suivi dans le cadre de notre scolarité pour enrichir ma culture générale.



De Gaulle est un personnage que l'on connaît tous, mais, à vrai dire, pour ma part, je le connaissais sans le connaître. J'avais évidemment connaissance de son rôle en temps que figure de la résistance, à l'instar de Jean Moulin (que l'on rencontre d'ailleurs au fil du récit), puis en tant que Président de la République, mais qu'en est-il de l'homme, du militaire qu'il était avant ce fameux appel du 18 juin ? C'était pour moi un mystère, un pan de son histoire qui m'était totalement inconnu, ce pourquoi j'ai absolument voulu lire ce livre qui narre une partie à mon sens méconnue de l'ascension de Charles de Gaulle au pouvoir, à savoir les quelques jours qui ont précédé cet appel à la résistance qui a sans aucun doute changé le cours de l'Histoire.



Ce livre écrit par le reporter Bertil Scali sous forme de roman retrace le parcours de De Gaulle, lorsqu'il arrive à Bordeaux comme simple général, fraîchement nommé sous-secrétaire d'Etat, alors que la France est en exode, que le peuple se déplace pour échapper à l'invasion allemande qui semble irrattrapable et qui n'est plus qu'une question de jours, voire d'heures. Alors qu'il a essuyé un certain nombre d'échecs durant sa carrière militaire, c'est avec un peu d'aigreur que l'homme accuse le coup, tout en se questionnant sur l'avenir de la France et du gouvernement tenu à bout de bras par Paul Reynaud.



Alors qu'il traverse la ville et son célèbre pont, symbole de la puissance Napoléonienne, il pense à l'empereur en se demandant à son tour ce qu'il pourrait faire pour sauver la France de ce qui semble une catastrophe inévitable.



Malgré un récit romancé, ce livre nous apprend beaucoup de choses sur qui était Charles de Gaulle avant l'appel, et comment les choses l'ont menées à le prononcer depuis Londres après avoir rallié Churchill à ses côtés. Conçu comme un journal de bord, la narration retranscrit parfaitement l'ambiance qui a pu être celle de ces quelques jours où tout a basculé, où certains hommes ont décidé que demander l'armistice n'était pas la solution pour combattre le régime hitlérien.



Dès les premières pages, j'ai été happée. Il y a pourtant beaucoup d'informations, beaucoup de noms de personnalités qui nous rappellent les cours d'histoire du collège avec plus ou moins de précision. Pour alimenter son récit, Bertil Scali a fait un véritable travail d'investigation qui se ressent, avec une collecte d'informations grâce à de nombreux témoignages de personnes qui ont eu l'occasion de croiser la route du général, et qui ont donc contribué à faire naître ce portrait assez loin de ce que j'imaginais de l'homme célèbre.



Grâce à ce récit, on suit le parcours de De Gaulle entre la France et Londres qu'il rejoindra à plusieurs reprises en seulement 4 jours, pour organiser l'après, le futur. On se rend compte que ce parcours a été fait de rencontres, de bonnes rencontres avec des personnalités qui ont été déterminantes dans la décision du général qui aspirait, à l'image de Napoléon, à faire de grandes choses, du moins ces choses qui marqueraient l'Histoire, lui qui n'était pourtant qu'un inconnu ou presque en entrant en territoire bordelais.



Entre la fiction et la biographie, difficile parfois de faire la différence et d'imaginer qu'il ait pu en être autrement que ce qui nous est narré. Néanmoins, la réalité revient au grand galop quasiment à chaque chapitre, lorsqu'à travers l'histoire de l'homme, Bertil Scali nous rappelle l'Histoire, avec son lot d'atrocités : l'invasion allemande, l'antisémitisme, les attaques, les morts, les camps. Fiction et réalité se mêlent parfaitement dans ce livre qui est justement dosé : il y en a assez pour nous apprendre réellement des choses sur ces personnes qui ont gravité autour de De Gaulle à cette période, sur la personnalité qu'il était avant d'être propulsé au devant de la scène, mais aussi assez pour faire voyager le lecteur en plein coeur de la France de cette époque, si tant est que le voyage puisse être agréable, au moins semble-t-il réaliste, et en tout cas, impossible à quitter avant d'en avoir terminé avec le roman.



En somme, j'ai beaucoup apprécié ma lecture qui a satisfait ma curiosité et mon envie d'enrichir mes connaissances. C'est un livre court mais très prenant, à lire pour ma part en n'ayant pas peur de s'arrêter pour faire des recherches concomitantes et s'imprégner encore davantage de cette histoire qui nous est propre. Si vous avez envie d'en savoir plus sur Charles de Gaulle et si la seconde guerre mondiale est une période qui vous intéresse, n'hésitez plus !

Lien : https://abookcatcher.fr/chro..
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Faire de de Gaulle un personnage de roman : en voilà une drôle d'idée !
Bertil Scali passe en revue les quatre sombres journées qui ont précédé l'appel. Il s'attache aux basques du général de brigade à titre temporaire, reconstitue ses faits, gestes et propos, détaille ses états d'âme supposés, enrobe le tout dans un contexte artificiellement reconstitué à partir d'archives, de témoignages et d'ouvrages historiques. Il n'apporte rien de neuf, s'attache à des détails sans importance, se perd dans des digressions futiles. On s'attarde sur la liste des victimes du bombardement de Tonnerre, sur le nombre de baignoires de l'hôtel Majestic, sur la carte des vins du Splendide, sur le mobilier de la chambre de Jeanne de Gaulle. le Président du conseil est « hagard et sonné », Churchill « roule les r », Adrien Marquet a « le sourire grimaçant » et Laval « le regard sournois ». Pour faire bon poids, on croise vaguement Romain Gary, Saint-Ex, Pompidou…
En revanche, Scali passe rapidement sur l'évolution des comportements des ministres et des chefs militaires, sur les rapports de force au sein du cabinet Reynaud et sur les décisions dramatiques qui y sont prises.
Entre la fiction et l'histoire, l'auteur a choisi l'anecdote. Mais quitte à noyer le lecteur dans les détails superfétatoires, il aurait avantage à se relire : le moteur de la Renault Vivastella était un six-cylindres et non un V8, le 25 avril 1945 n'était qu'à quelques jours de la fin de la guerre sur le front de l'Ouest et non à quelques mois, Wangenbourg n'a fusionné avec Engenthal qu'en 1974, soit pas mal d'années après le séjour qu'y fit le colonel De Gaulle.
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Envie de connaître les « coulisses » du fameux appel du 18 juin ? Alors ce livre est fait pour vous !

Bertil Scali retrace pour nous les 4 jours qui ont précédé cette fameuse date. On suit le Général de Gaulle, et son acolyte Geoffroy Chodron de Courcel, de Bordeaux à Londres. On y croise tous les personnages qui ont joué un rôle capital durant cette période de guerre, que ce soient des collaborateurs, de futurs résistants ou des alliés anglais de renom, pour ne pas citer le plus célèbre d'entre eux, Winston Churchill.

On comprend mieux comment le sort de la France a été scellé par le Maréchal Pétain. Une capitulation à laquelle le Général de Gaulle ne pourra se résoudre, que ce soit pour des raisons politiques ou personnelles.

En plus de relater les faits historiques, l'auteur nous fait découvrir aussi les doutes et les faiblesses du Général. On prend conscience que sa force ne réside pas dans sa notoriété, qui est encore inexistante à cette époque, mais dans ses convictions.

Dans ce récit, on a vraiment l'impression d'être une petite souris observatrice de conversations et d'instants capitaux dans la destinée de la France.

Bertil Scali s'est basé notamment sur des témoignages de proches du Général de Gaulle et de survivants de cette période.

Bref, si l'Histoire avec un grand H vous intéresse, ce roman vous plaira sûrement.

#massecritiquebabelio
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Un jour, d’Astier rejoindra de Gaulle qu’il ne connaît pas encore, et poursuivra le combat. Un jour, il écrira ce qu’il a sur le cœur, dans un roman rédigé dans la clandestinité, dans un journal publié dans le secret, et nommé Libération, et dans des chansons. Un jour il écrira ces mots, qui seront chantés à la radio de Londres, et se répandront parmi l’armée des ombres sous le titre La Complainte du partisan, ce morceau poignant qui des décennies plus tard, dans un monde en paix, sera repris en anglais par le chanteur canadien, de religion juive – puis bouddhiste –, Leonard Cohen :

Les Allemands étaient chez moi,
On m’a dit Résigne-toi,
Mais je n’ai pas pu,
Et j’ai repris mon arme...

Une nuit, le fils d’Emmanuel d’Astier, Christophe, me racontera toute cette histoire dans un bar. C’est lui qui me donnera l’envie d’écrire ce livre.
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Conduire, rouler, partir, c’est l’illusion de pouvoir diriger sa vie : tout droit, vers Londres, et peut-être le destin. Un coup de volant à droite, vers l’un de ces hêtres, sentinelles de la route, et c’est la mort instantanée. Un raccourci vers l’éternité. Mais tout droit, il faut essayer, ce peut être le salut. Celui de l’âme, en tout cas.
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Pendant trois ans, comme pour un vieux puzzle oublié dans une vieille maison de famille, j’ai ainsi tenté de rassembler tous ces morceaux épars afin de retracer le chemin, la route qui ont conduit de Gaulle et la France de Bordeaux à Londres, de la soumission à la liberté, de la honte à l’honneur, de l’humiliation à la fierté.
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Kacew se désole sans savoir qu’un jour il fera de cet épisode l’un des plus beaux passages de la littérature française, dans son roman La Promesse de l’aube, qu’il signera Romain Gary. Ce jour-là, ce 14 juin de l’année 1940, il aurait pu accompagner le général de Gaulle à Londres. Mais personne n’est venu le lui demander.
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Ses yeux lisent encore, mais son esprit ne comprend pas ce qu’ils voient, il s’en est allé dans le passé, et puis la réalité surgit à nouveau : le monde semble s’être donné rendez-vous là, sur les quais de Bordeaux, pour le grand départ.
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