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ISBN : B005R4N920
Éditeur : (29/09/2011)
Résumé :
Tchin−Tchié est une prostituée originaire de Cochinchine. Son triste destin l'a amenée jusqu'à une maison close de Draguignan où elle exerce la galanterie, n'ayant pour principal appât que son exotisme.

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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Gwen21
  19 novembre 2014
Aurélien Scholl est un écrivain et nouvelliste français du XIXème siècle plutôt méconnu du public. J'ai pourtant eu grand plaisir à découvrir son style à travers "Une chinoise", une nouvelle très noire qui retrace le drame social vécu par une jeune expatriée contrainte de se prostituer pour survivre, comme un certain nombre de malheureuses de cette époque (seulement de cette époque ou serait-ce encore, hélas, un sujet d’actualité ?).
Toulon, XIXème siècle. Une jeune Chinoise déjà bien éprouvée par le destin débarque en France ; elle n'a aucun avenir et doit "exercer la galanterie" pour survivre. Pas même belle, elle ne possède comme véritable "valeur marchande" que son exotisme, argument propre à exciter une société bourgeoise qui s'enivre du parfum des expositions universelles.
C'est sans aucun romanesque et avec un crudité tristement vraisemblable qu'Aurélien Scholl déroule son récit, celui de cette femme livrée en pâture aux appétits et aux fantasmes des hommes. Engagée dans une maison de tolérance à Draguignan, la "Chinoise" devient bien malgré elle l'objet de désir d'une horde de 600 représentants sénatoriaux réunis à l'occasion d'une élection départementale.
La femme, ravalée ici à sa plus misérable condition, succombera sous les coups de boutoirs d'une société faite par les hommes et pour les hommes et où la misogynie se fait barbarie, même à l'aube du XXème siècle. Sous la noirceur de cette histoire luit pourtant une étincelle d'espoir, alimentée par le simple fait qu'elle soit contée par un homme. Avare en métaphores, cette nouvelle est traitée de manière factuelle - son auteur était avant tout journaliste - et je ne peux m'empêcher d'y voir la volonté de l'auteur d'en faire un témoignage sociétal à part entière.

Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
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Marti94
  15 août 2017
« Une chinoise » est un livre surprenant car, sous une approche factuelle, il dit beaucoup de choses sur une époque, la fin du 19ème siècle, mais aussi sur le drame de l'exil, celui de la prostitution et donc sur la condition de la femme exploitée.
L'auteur, Aurélien Scholl, était chroniqueur. Il utilise donc un style journalistique qu'il maitrise très bien, pour raconter l'histoire de Tchin-Tchié.
Tchin-Tchié n'était pas une Chinoise, mais une Annamite. L'Annam était le nom désignant un protectorat français dans le centre de l'Indochine, le Nord du Viêt Nam étant alors appelé le Protectorat français du Tonkin, et le Sud la Cochinchine française. On voit ici la volonté d'Aurélien Scholl d'évoquer la colonisation en précisant l'origine géographique de la très jeune fille qui a été abusée par des hommes et se retrouve pauvre, seule et exilée en France. Elle va pourtant devenir une prostituée de luxe nommée La chinoise et objet de tous les fantasmes des bourgeois de Draguignan. Alors que son désir le plus profond est de retourner dans son pays et pour cela elle va économiser.
Enfermée dans un cocon de soie et un décor exotique, elle va devoir satisfaire les centaines de représentants sénatoriaux réunis à Draguignan à l'occasion d'une élection départementale. Sans en avoir l'air (parce que c'est suggéré) Aurélien Scholl montre le ridicule de ses hommes sans respect pour celle qui y laissera sa vie parce que leur intention est d'assouvir leur ego. Comme il dit : En réalité, ils revenaient profondément déçus de leur furtive excursion à travers le paradis des voluptés orientales, en proie au «Omne animal triste» du poète romain ; mais ils se gardaient bien d'en convenir. »
Ce texte très court écrit en 1894 par un homme (ce qui est à signaler) est à découvrir, il est disponible gratuitement en version numérique.
Lu en août 2017
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cmpf
  22 janvier 2015
Lu suite à une critique de Gwen21. Mais je ne dois pas avoir sa sensibilité et je dois avouer qu'elle m'a laissée un peu déçue (la nouvelle bien sûr, pas Gwen). Certes le thème est dramatique et hélas tout à fait crédible que ce soit au XIXème ou maintenant. Mais elle est traitée un peu rapidement. Toutefois il est vrai que s'il est journaliste, il a sans doute voulu s'en tenir aux faits.
Mais quand on lit en ayant Maupassant dans un coin de la tête, difficile de s'enthousiasmer.
J'aurai aimé avoir un second texte pour me faire une idée plus juste de son talent. Je crains de n'être pas dans une période qui me permette de rendre justice aux textes que je lis. le mieux est de vous engager à vous faire vous-même une idée, le texte ne fait qu'une dizaine de pages
Lu dans le cadre du challenge XIXè siècle 2015.

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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   19 novembre 2014
À minuit, Tchin−Tchié demanda grâce. Étendue sur les draps de son lit de santal, elle se prétendait rompue, invoquait ses jambes éreintées, ses reins fourbus, son pauvre corps exténué de brutalités et de caresses. Le patron la raisonna, fit appel à son courage, la menaça de la police. Ce serait impardonnable de s'arrêter en pleine veine au milieu de la nuit, alors que la maison regorgeait encore de messieurs qui attendaient leur tour en tirant la langue. On avait déjà encaissé plus de douze cents francs, sans compter les consommations et la limonade qui marchait rondement depuis le dîner.
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Gwen21Gwen21   20 novembre 2014
Un ancien chef de timonerie qui avait navigué dans les mers de Chine surexcita violemment les imaginations en parlant des bateaux fleurs de Canton qu'il n'avait d'ailleurs point visités et des contes absurdes que les Européens ont répandus au sujet de ces fastueux établissements. Selon lui, Tchin−Tchié sortait tout simplement d'un de ces bateaux, mais elle avait dû y apprendre des choses !
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Marti94Marti94   15 août 2017
Sur la place, devant le Palais de Justice, les six cents délégués évoluaient en proie à la même pensée fixe : la Chinoise.
[...]
En réalité, ils revenaient profondément déçus de leur furtive excursion à travers le paradis des voluptés orientales, en proie au «Omne animal triste» du poète romain ; mais ils se gardaient bien d'en convenir.
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Marti94Marti94   15 août 2017
Quand la pauvre petite Tchin-Tchié se retrouva seule dans sa chambrette du faubourg, derrière le port marchand, un gros chagrin lui sera le cœur, avec une vaine nostalgie des pays perdus. Retourner en Cochinchine ? Elle le tenta.
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Marti94Marti94   15 août 2017
La petite servante de Saïgon leur apparaissait comme une vraie princesse de Pékin ou de Canton, sortie de son extraordinaire patrie après des aventures d'un romanesque échevelé.
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