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Dominique Goy-Blanquet (Traducteur)
EAN : 9782848050706
478 pages
Éditeur : Sabine Wespieser (02/04/2009)
3.91/5   22 notes
Résumé :
Selina Sen prend pour décor de ce premier roman mené tambour battant les faubourgs de New Delhi, où se sont installés en 1947, après avoir fui le Bengale, les grands-parents de ses deux héroïnes. Chhobi, la soeur aînée, qu'occupent essentiellement ses projets professionnels, tente de veiller-tant bien que mal-sur la jeune, ravissante et impulsive Sonali. Leur mère, dont le mari militaire en poste dans l'Himalaya est mort des années auparavant, se bat vent debout con... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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cmpf
  07 octobre 2014
Une famille bengali de femmes, le seul homme vivant le grand père, étant mentalement exilé volontaire dans le passé. Une vie simple, la grand-mère s'occupe de diriger la maison et surtout de cuisiner, la mère, veuve, travaille dans un bureau. S'y ajoutent deux filles l'une travaillant dans une revue d'art, l'autre étudiante. Aussi dissemblables que possible. L'aînée se souciant des autres, la cadette, très belle ne se souciant que d'elle-même.
Mise en place de l'intrigue très longue et débuts un peu décousus. Pendant longtemps on ne sait pas où l'auteur veut nous mener. Et puis passé les premières pages, on est happé par le récit, même si au début il ne s'agit que de leur quotidien banal.
C'est autour de la cadette Sonali que s'enroule l'histoire. Elle en est le support mais non l'actrice principale. Car toutes ces femmes jouent un rôle. Sonali a rencontré un jeune homme très riche, et s'imagine que puisqu'elle est extrêmement belle il va l'épouser. Malheureusement la famille du jeune homme a d'autres ambitions, et par dépit la jeune fille en épouse un autre. C'est le début de complications.
De beaux portraits de femmes, une grande présence de fleurs, d'arbres, de mets, de saris. le récit est ancré dans les petits riens du quotidien, malgré la vie qui s'accélère bientôt.
De beaux portraits de femmes sauf Sonali dont j'ai trouvé l'âme aussi noire qu'elle est physiquement lumineuse. A l'inverse de Chhobi, sa soeur qui ne se soucie pas plus que nécessaire de son apparence mais réfléchit, analyse. Alors que le narrateur est extérieur, j'ai pourtant eu l'impression que les évènements étaient vus à travers ses yeux à elle.
Un premier roman très prometteur tant pour le fond que pour la forme. Car le style est travaillé avec de bonnes trouvailles. Je me jetterai sur le prochain.
Un lexique des noms communs et un autre des noms propres terminent le livre.
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5Arabella
  15 août 2016
New Delhi, dans les années 80. Nous partageons pendant quelques temps la vie d'une famille indienne, composée de trois générations. D'abord les grand-parents, obligés de partir du Bengale après la partition de l'Inde, ce dont le grand-père Dadu ne s'est jamais remis, trouvant le plus grand réconfort dans le souvenir. Et comme suite à des ennuis professionnels, son activité de médecin est très sporadique, il a le temps de revenir au passé. La survie matérielle de la famille repose donc essentiellement sur les femmes, et en particulier sur la fille de Dadu, Ma, qui travaille pour subvenir aux besoins de tout le monde, tout en n'arrivant pas à surmonter la mort de son mari, militaire, tué bêtement dans un accident. Et puis il y a les deux filles de Ma, Chobi, la très sage, qui après de brillantes études travaille dans un journal, et la belle et frivole Sonali, qui par ses frasques va se mettre en danger, et mettre en danger sa famille.
Je ne sais pas à quoi cela est dû, mais j'ai dévoré ce livre, l'histoire m'a tenu en haleine presque jusqu'à la fin. Pourtant on ne peut pas dire que l'écriture est particulièrement forte et personnelle, plutôt neutre et impersonnelle, mais finalement elle s'adapte bien à ce roman, dont l'intrigue constitue l'intérêt principal. Je ne peux pas non plus dire que les personnages soient particulièrement fouillés, il y a un côté conventionnel dans l'opposition entre les deux soeurs, le chagrin insurmontable de leur mère... Mais finalement cela fonctionne malgré tout, même si je n'ai pas été surprise, il y a une certaine crédibilité dans l'ensemble. le portrait de la société indienne n'est pas non plus détaillé, l'auteur a choisi une famille de gens cultivés, dans laquelle tout le monde a reçu en partie une éducation à la britannique, et qui suit bien l'évolution du monde, donc les références à la cultures à proprement indienne ne sont pas permanentes (sauf pour la nourriture). Mais finalement c'est peut être cela qui est intéressant, montrer comme cette catégorie de la population jongle entre deux appartenances et façons de vivre, dès le berceau. Certes, cela ne représente qu'un partie de la population, mais au moins cet aspect sonne très vrai. Et c'est peut être finalement cela qui donne son intérêt au livre, le fait que l'auteur n'ait pas des ambitions qui dépassent ses possibilités, mais décrit un milieu qu'elle connaît, dans une écriture efficace et adaptée au sujet, en évoquant certains événements historiques et en soulevant quelques questions récurrentes à la société indiennes (une ou des nations, les violences à répétitions, la place de la religion...) mais sans avoir la prétention d'y répondre.
C'est donc une lecture très plaisante.
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kathel
  03 août 2020
Chhobi et Sonali, deux soeurs vivent avec leur famille à Delhi dans les années 80. Leur mère veuve est soutenue par Dadu, le grand-père médecin, réfugié venu du Bengale une quarantaine d'années auparavant, et Dida, la grand-mère, excellente cuisinière lorsqu'elle ne plonge pas dans la dévotion.
Chhobi travaille pour une revue historico-touristique concernant Delhi, Sonali qui est encore étudiante, semble plus superficielle que Chhobi, elle se plaît à choisir ses toilettes et à faire tourner la tête aux garçons. Lorsqu'un riche fils de famille lui tourne autour, elle se voit déjà mariée, avec le train de vie dont elle rêve.
Si ce résumé du début peut laisser penser à une histoire toute simple de mariage à l'indienne, je vous détrompe tout de suite. le mélange est subtil entre les événements qui surviennent en 1984, le vécu de la famille, les comportements des jeunes indiens et le monde du travail, ainsi que la vie quotidienne, bien représentée par les plats délicieux de Dida, ou les fleurs du jardin de Dadu.
J'ai eu enfin le plaisir de croiser, après quelques lectures sans relief, voire décevantes, un roman dépaysant, passionnant, qui ne manque pas d'humour ni de situations plus tendues, qui ne s'embarque pas dans des narrations à plusieurs époques, et qui offre une galerie de caractères bien définis et avec lesquels on a envie de passer du temps. Charmée par la musicalité de l'écriture, je n'ai pas vu le temps passer, et j'ai frémi et souri en suivant des personnages intéressants, et en m'immergeant dans l'Inde d'il y a une trentaine d'années, pas celle des très riches, ni celle des parias, un juste milieu qui m'a tout à fait convenu.
Cette heureuse découverte est un repérage sur un blog anglophone (The book around the corner), livre aussitôt acheté, et vite lu. le fait qu'il soit édité chez Sabine Wespieser m'a confortée dans mon intuition que ce roman allait me plaire.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Babelcoyo
  21 décembre 2020
Dans un style parfois proustien qui digresse beaucoup (trop ?) sur les modes vestimentaire et culinaire indiennes, ce bel ouvrage - dont l'éditeur sait mettre en valeur les textes avec un format plus carré, du papier épais et agréable au toucher, en aérant le contenu avec de grandes marges - nous invite à suivre les déboires d'une famille indienne de New Delhi au lendemain de la Partition. Divisé en deux grandes parties, cette histoire se conclue étonnement, après une introduction qui ne le laisse pas présager, sous la forme d'un polar assez manichéen où les gentils et les méchants sont clairement identifiés et dont la chute n'a rien de surprenant bien que peu réaliste... L'aspect politique mentionné en quatrième de couverture est relégué très loin en arrière-plan, et on nous propose ici une vision de la société indienne bien plus Bollywoodienne que celle de Rohinton Mistry qui décrit plus durement les insoutenables injustices que subissent les petites gens de ce pays envoûtant. Un scénario proche de "Slumdog Millionaire" auquel on pense un peu, ce qui ne ferait donc pas un mauvais film. Malgré cette naïveté et cette débauche de bons sentiments, la finesse du regard de l'auteur sur ce qui l'entoure et la qualité de la traduction engendrent un agréable moment de lecture.
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Atasi
  19 septembre 2014
Chhobi, âgée de 24 ans, est passionnée par l'histoire et l'architecture de Delhi. C'est une jeune femme raisonnée, qui sait rester forte face à l'adversité.
Entre une mère veuve depuis une dizaine d'années, qui est encore très éprouvée par le décès de son mari, son grand-père Dadu, perdu dans la nostalgie de sa vie d'avant la Partition, qui lui a fait perdre ses terres, désormais au Bangladesh, et sa ravissante et impulsive soeur Sonali, la vie de Chhobi est un équilibre précaire. Elle peut heureusement compter sur sa grand-mère Dadi, une cuisinière émérite qui, par ses prières à Krishna, espère protéger le foyer.
Cette famille d'immigrés bengalis qui tente de trouver ses marques à New Delhi sera une nouvelle fois secouée en cette fin d'année 1984, non seulement par l'assassinat d'Indira Gandhi et les émeutes contre les Sikhs qui s'ensuivront, mais aussi par les aventures sentimentales de Sonali. Cette dernière tombe éperdument amoureuse du fils d'une grande famille de la capitale. Il la séduira puis l'abandonnera. Sonali se jette alors dans les bras d'un marin qu'elle épouse. Mais ce dernier disparaît en mer dans des conditions mystérieuses. Chhobi, assistée des femmes de la famille, se lance dans une enquête qui la conduira dans un monde inconnu..

Lien : http://atasi.over-blog.com/2..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
clarinetteclarinette   06 février 2010
Sonali et Chandrayee. Chhobi était née par une nuit de pleine lune qui lui avait valu ce nom extravagant. [...] Peu de rayons de lune et encore moins de vif-argent chez elle, sinon son impression fréquente d'être le reflet liquide de Sonali la mordorée - l'ambre de sa peau rehaussé par ses grands yeux sombres aux longs cils semés de paillette d'or. Maintenant c'est sur Chhobi que Dida concentrait son ambition. Difficile de jouer les doublures d'argent pour un nuage entièrement cousu par Sonali. [...] Si seulement elle pouvait par quelque magie alchimique transformer le plomb de Chhobi en or. On ne peut pas dire que Chhobi était laide, ni même "popote", cette exigence fréquemment exprimée dans les petites annonces matrimoniales du Times of India par des épouseurs en quête de fée du foyer diligente. Non, elle avait une jolie silhouette et de grands yeux intelligents, mais ellle avait tendance a cacher ses formes sous les des kurtas de tissage et de coupe artisanaux, et à force de lectures tardives sous un éclairage médiocre ,ses yeux avait pris un regard myope un peu fatigué. Comme s'en plaignait Dida, elle faisait de son mieux pour ne pas paraître à son mieux. Le premier problème, c'est qu'en voyant Sonali, sa beauté vraiment exceptionnelle, les gens plaçaient trop haut leur attente.
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kathelkathel   03 août 2020
Mi-janvier, et certains jours, les phares des voitures restaient allumés jusqu’à midi tandis que Delhi frissonnait sous un linceul de brouillard, la fumée des feuilles sèches brûlant à tous les carrefours, rassemblées en pyramides instables et mises à feu par les balayeurs municipaux.
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AtasiAtasi   19 septembre 2014
Delhi passait pour être la métropole la plus verte, mais Chhobi avait peine à admirer les arbres de Delhi comparés aux feuillages persistants de Simla. Elle y parvenait presque quand après l'hiver les jamblons autour d'India Gate et d'Ashok Road sortaient leur tendres feuilles nouvelles. Elle se demandait si au fond les gènes de Dadu ne seraient pas dominants - tous deux cherchant à faire retraite dans les lieux dans les lieux dont la géographie ne s'alignait pas sur leur histoire.
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michelekastnermichelekastner   07 février 2013
Ferme-la ! hurla-t-elle étouffant de fureur, main crispée sur la petite fiole de verre. Le flacon vola en direction du mur, oiseau aveugle se ruant à sa mort. Verre en mille éclats sur le mur, laissant une tache d'ambre déchiquetée en forme de larme, une déchirure impossible à réparer ou camoufler.
Et l'odeur. Une mousson entière de tensions, un torrent de larmes. Une tornade accablante de gouttes de rosée distillées qui les suffoqua toutes deux, muettes et à bout de souffle. Gil.
Un déluge assez fort pour noyer le parfum d'enjôlement.
Presque.
Mais pas tout à fait.
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kathelkathel   03 août 2020
Ça ne peut pas nous arriver à nous, tout cela est irréel, se dit Chhobi. Nous voilà comme ces gens qui ont été pris dans le mouvement de l’histoire, comme ces gens qui ont vécu la Partition.
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