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Omar Slaouti (Autre)Olivier Le Cour Grandmaison (Autre)
EAN : 9782348046247
368 pages
La Découverte (08/10/2020)
4/5   1 notes
Résumé :
Aujourd’hui en France, des personnalités médiatiques et politiques de premier plan, jusqu’au plus haut niveau de l’État, attisent les haines et les peurs, agitant le spectre du « séparatisme » et l’épouvantail du « grand remplacement » qui menaceraient la République française « une et indivisible ». De là, la stigmatisation des Arabes, des Noirs, des musulmans, des Asiatiques, des Rroms… Qu’elles soient françaises ou étrangères, les personnes non blanches sont toujo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Un excellent ouvrage avec des contributions de Mame-Fatou Niang, Nacira Guénif-Souilamas, Dominique Vidal, Kaoutar Harchi, Karim Hammou, Françoise Vergès, etc... Les auteurs, de formations diverses (universitaires, militants, journalistes...), se rejoignent pour déconstruire les mécanismes de racialisation qui sont aux fondements mêmes de l'État-nation.
La perspective historique permet de voir les hiérarchies raciale, religieuse et culturelle comme des héritages coloniaux, qui créent les discriminations structurelles actuelles.
Chaque chapitre propose un angle différent (monde médical, monde scolaire, monde de  l'art...) ou analyse les spécificités du racisme touchant des populations discriminées : Arabes, Noir-e-s, musulman-e-s, Asiatiques, Rroms...
Cet ouvrage très éclairant permet de déconstruire la mythologie républicaine de la France. Il déclare que le racisme étatique est compatible avec un régime démocratique.
Il est aussi question du racisme anti-Blanc, conception réfutée car n'existe pas de façon systémique (le racisme systémique est différent d'actes ponctuels d'hostilité; il est visible par la distribution inégale des capitaux, emplois, de l'éducation, etc.)
Le dernier chapitre sur la laïcité est une excellente synthèse de l'histoire de ce mot, de cette valeur française brandie par les politiques de gauche comme de droite, avec des visées pourtant différentes.
Les auteurs appellent en conclusion à ne pas dépolitiser le racisme, qui n'est pas que le comportement d'individus seuls, ni un simple objet de répréhension morale.
Bref, un brillant ouvrage que je recommande.
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critiques presse (1)
LaViedesIdees
04 décembre 2020
Alors que les débats autour de la notion de race occupent les médias, la question reste mal formulée ou masquée par le credo républicain. Un ouvrage collectif invite à déconstruire le racisme sous-jacent à l’universalisme apparent.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Ce partage des savoirs ordinaires et la réflexivité qui l’accompagne ont ainsi vocation à devenir une méthodologie de mobilisation politique visant à rendre réelles et objectives les situations d’injustice et de violence, ainsi qu’à accéder à une forme d’universalité, aussi paradoxale que cela puisse paraître au premier abord. Les subjectivités donnent en effet lieu à des savoirs objectifs ; les positions situées sont le langage même à partir desquelles s’énoncent des propositions d’universel. Ce ne peut être qu’en politisant les identités multiples souvent considérées comme déviantes o monstrueuses qu’une universalité inclusive peut être atteinte. (…) Mais c’est justement cette dimension universaliste qui est souvent niée par les détracteurs de l’intersectionnalité, au même titre que la notion de race dont la centralité est pourtant essentielle. Or ces réfutations sont l’envers et l’endroit d’une même logique de déni car l’un des processus de racialisation est le refus d’universalité exprimé à l’encontre des personnes non blanches, lesquelles ne pourraient représenter (au mieux) qu’elles-mêmes ou leur « communauté ». (Tous ces nous qui résistent, p. 268)
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La colère est précisément cet affect à partir duquel la lutte peut commencer et grâce auquel la transformation du statut de victime vers celui de guerrière peut avoir lieu. Audre Lorde rapporte que le refus de prendre en compte les questions issues des rangs minoritaires (ceux des féministes et plus encore des lesbiennes) entretient une hostilité horizontale, au sein même des structures, collectifs, associations engagés dans les luttes pour la justice et la dignité. Elle propose au contraire de verticaliser les colères : loin d’être des particularismes, des revendications d’un droit à la différence, les mobilisations formulées dans un langage dit minoritaire sont la seule manière de prendre en compte un problème dans sa globalité. (Tous ces nous qui résistent , p.271)
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En quoi l’absence de signes religieux serait-elle un frein au prosélytisme religieux ? Celui-ci est véhiculé principalement par des écrits et des paroles. (…) Le rôle de l’enseignement laïque est-il d’éduquer les esprits au rejet des convictions religieuses (de l’islam notamment) ou d’assurer aux élèves une éducation pluraliste et critique ? Concevoir l’égalité à partir d’interdits et d’une homogénéisation culturelle à l’école est un tropisme républicain français. (…) Ce républicanisme à la française exclut, de fait, la culture et/ou la religion des populations racisées. (Tous ces nous qui résistent, p. 346)
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La population maghrébine est sommée de se conformer aux « valeurs de la laïcité » : une laïcité religieuse, non pluraliste et non inclusive. Faisant fi de la lettre et de l’esprit de la loi de 1905, cette laïcité entend imposer des restrictions aux croyances des individus. Loin de défendre la laïcité, elle en est en réalité la fossoyeuse. Cette tendance religieuse a des adeptes aujourd’hui aussi bien à droite qu’à gauche. (…) Inversement, la laïcité réelle est garante du pluralisme culturel et religieux. (Tous ces nous qui résistent , p. 353)
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our les populations les plus démunies, qui sont aussi celles qui sont le plus souvent accusées de « communautarisme », la concentration dans certains territoires et secteurs d’activité n’est pas la conséquence d’une décision librement consentie, mais le résultat de nombreuses contraintes subies. (p. 257, Tous ces nous qui résistent)
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Videos de Omar Slaouti (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Omar Slaouti
Avant la gueule de bois de lundi, nous vous proposions une soirée spéciale présidentielle dimanche dernier sur Mediapart. Une fois annoncée la victoire d'Emmanuel Macron, la société civile était sur notre plateau pour interpeller le président de la République réélu avec la fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis, Ghada Hatem-Gantzer ; Émilien Houard-Vial, doctorant en science politique, spécialiste de la droite ; Paul Rocher, économiste, auteur de Gazer, mutiler, soumettre (éd. La Fabrique) et Omar Slaouti, conseiller municipal d'Argenteuil, coauteur de Racismes de France (éd. La Découverte).
Société civile et représentation politique aussi, ce lundi, avec trois candidates aux législatives qui aimeraient, enfin, que l'Assemblée nationale ressemble à la société : Nadhéra Beletreche, Rachel Kéké et Lumir Lapray. Et, pour évoquer ce « troisième tour » et analyser les dynamiques politiques qui composeront cette campagne, nous recevions en début d'émission le sociologue Étienne Ollion.
C'était la grande cause (devenue toute petite) du quinquennat d'Emmanuel Macron : la lutte contre les inégalités de genre et les violences sexistes. Il reste du chemin dans ce domaine et l'affaire du « Viol du 36 » est venue questionner à nouveau l'institution judiciaire face aux affaires de violences sexuelles. C'est ce que nous raconte la réalisatrice Ovidie dans son nouveau documentaire. Elle était notre invitée mardi.
En Ukraine, l'armée russe patine et semble multiplier les atteintes au droit international. La guerre menée par le Kremlin est-elle en train de lui échapper ? Faut-il craindre une stratégie de l'attrition ? C'était l'objet de notre émission de mercredi.
Jeudi enfin, nous interrogions une promesse du président Macron, « l'invention collective d'une méthode refondée pour cinq années de mieux ». Que faut-il attendre, vraiment, de ce second quinquennat sur le plan de la méthode de gouvernement et des libertés publiques ? Éléments de réponse avec nos invité·es : Michel Wieviorka, auteur de Alors monsieur Macron, heureux?, et la professeure de droit public Stéphanie Hennette-Vauchez, qui a écrit La Démocratie en état d'urgence.
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