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ISBN : 2756021040
Éditeur : Delcourt (06/01/2010)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Les années 50. Le petit David a dix ans. Perdu au sein d'une famille où toute tentative de communication semble vouée à l'échec, il se réfugie dans le dessin et l'imaginaire. Pour soigner des problèmes de sinus récurrents, son père, médecin très au fait des nouvelles avancées scientifiques, lui prescrit des séances intensives de radiographie. Plusieurs années passent avant que l'on ne découvre une excroissance dans le cou du garçon. Le diagnostic initial laisse pens... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
KrisPy
14 décembre 2015
Sutures, ou une enfance ordinaire, ou presque, aux Etats-Unis dans les années 50.
Aux U.S.A. l'atome a eu son heure de gloire. on traite tout et n'importe quoi avec les rayons X... La notion de dangerosité n'existe pas encore... et puis, il faut bien rentabiliser tout ces investissements dans l'énergie atomique et ses dérivés.
Alors quand un enfant a des problèmes respiratoires qui touchent poumons ou sinus, on l'irradie...
David Small se souvient... Il a grandi dans une famille typique de ces "glorieuses" années de l'Amérique des 50's. Son père, médecin radiologiste, fait partie de cette nouvelle vague de scientifiques, qui ne vivent que pour leur carrière, et qui croient révolutionner le monde avec les rayons X.
La mère, elle, semble en vouloir à la terre entière en permanence, et en particulier à son second rejeton, David. Peu de mots, des gestes brusques, voire violents, mais jamais tendres. Une communication inexistante, et pis que cela, de l'indifférence froide.
Dans une famille où la communication passe par les claquements de porte et les regards noirs, David développe son propre système pour attirer l'attention : la maladie. Et David a de la chance malgré sa santé fragile ! Son père s'occupe bien de lui : lavements, ostéopathie, deux à quatre cents rades de rayon x quotidiens sur les sinus... tout baigne !
Un jour, une grosseur apparait dans son cou. Las, pas grave ! Ce doit être un kyste, on traitera ça plus tard, quand papa et maman auront fini de profiter de la nouvelle promotion de papa.... On va pas gâcher un tel évènement avec des broutilles !
Trois années passent avant qu'on se décide à soigner David... Et devinez quoi !? Son kyste n'en était pas un...
L'indifférence et le rejet ne sont-ils pas aussi dévastateurs que la maltraitance physique ? C'est la question délicate que pose David Small en revenant sans concession sur une douloureuse période de sa vie.
Exorcisme, règlement de compte, catharsis...? Peu importe le nom qu'on lui attribue, il reste de profondes sutures, certaines apparentes, d'autres invisibles, qui font mal, et touchent celui qui les observe.
Avec son dessin à la Will Eisner et sa pudique sensibilité, David Small nous livre là un témoignage terrible.
David Small, c'est grand...
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Shan_Ze
03 décembre 2014
David Small raconte son enfance. Entre une mère qui ne parle qu'avec les bruits qu'elle fait dans la cuisine et un père souvent absent, David vit dans un silence étrange. A treize ans, David se fait opérer d'un kyste dans le cou. Lelendemain, il se réveille totalement muet. Il apprendra par hasard queson kyste était une tumeur.
Ce n'est pas l'histoire de son cancer que David Small raconte mais celle de sa relation avec ses parents. Sa mère se soucie pas vraiment de lui. Les dessins de David sont assez expressifs. Les lunettes de ses parents cachent leur regard et donnent de la dureté aux visages. le manque de communication entre parents et enfant est flagrant, beaucoup de silences marqués par les regards ou les peuff-peuff du père de David quand il fume sa pipe.
A la fin, l'auteur met une note explicative sur ses parents. Il n'a pas écrit son histoire par méchanceté ou vengeance mais pour expliquer son enfance et son gros manque affectif pendant celle-ci. Histoire très dure à lire mais magnifiquement raconté.
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chocobogirl
02 mai 2011
L'histoire de ce roman graphique commence dans les années 50, dans une famille de la middle class.
David grandit avec son frère auprès d'un père radiologue toujours absent et d'une mère froide et peu aimante.
Les premières phrases sont fortement explicites :
"Maman avait sa petite toux... Deux ou trois fois, un sanglot étouffé, hors de vue... ou le claquement des portes de placard de la cuisine... c'était son langage. Rien que le déplacement de sa fourchette de deux centimètres à droite annonçait un dîner sous le signe de la terreur. Ses replis sur soi furieux et muets pouvaient durer des jours, voire des semaines d'affilée... Comme elle ne disait jamais ce qu'elle avait sur le coeur, on ne savait jamais de quoi il retournait. du moins pas nous, les deux garçons.
Papa, de retour du travail, descendait au sous-sol et cognait sur un punching-ball. C'était son langage à lui.
Mon frère, Ted, sur son tambour.
Et moi aussi, j'avais trouvé un moyen de m'exprimer sans les mots... Tomber malade. C'était ça, mon langage. "
En effet, dès son plus jeune âge, David souffre de problèmes divers. Et plus particulièrement des sinus. Son père carrièriste expérimente alors sur lui le pouvoir supposé des séances de radiographie intensives.
Malheureusement quelques années plus tard, David développe un kyste dans le cou. Les parents font trainer l'opération, sous des prétextes financiers mais préfèrent s'offrir une nouvelle voiture quand le père gagne une augmentation... Hélas, le pire arrive et le kyste se révèle une tumeur cancéreuse et David perd une corde vocale qui le rend muet...
Vous l'aurez compris, c'est pas la grande joie dans la famille. C'est David qui nous raconte son histoire et nous allons le voir grandir auprès de parents peu aimants. La communication est quasi nulle et la mère ne sait que crier ou faire des reproches à David.
Devant leur égoisme et leur indifférence, David n'aura d'autre solution que de s'évader par la lecture et l'imagination. Mais les cauchemars sont récurrents et le terrifient.
Certains passages sont particulièrement violents moralement. Par exemple, la mère de David qui, persuadée qu'il ne réchapperait pas de son opération, lui rachète un livre brûlé quelque temps avant (le sulfureux Lolita) pour mieux le lui retirer quand elle comprend qu'il va survivre... ou leur refus de parler du cancer et de leur erreur qu'ils semblent complètement occulter.
Le récit avance au fil d'évènements marquants et très significatifs qui arrivent à rendre parfaitement l'enfance du garçon. David décrit sa vie avec amertume mais sans la méchanceté ou la violence qu'on aurait pu attendre de la part d'un enfant rejeté. Devenu adulte, il ferait même preuve de compassion devant la déchéance de ses parents.
L'album est fait de sensibilité, de suggestions et de sobriété. Aucun misérabilisme ne l'habite et le récit en est d'autant plus poignant. Ce parcours si difficile sera finalement une véritable quête de soi pour David qui saura déjouer les pièges de l'amertume et de la haine pour mieux avancer dans son futur.

Et maintenant, si je vous dit que cet album est autobiographique, que l'auteur David Small a sorti cet album de ses tripes pour en faire une sorte de thérapie et que tout ce que vous venez de lire est vrai....
...vous n'avez plus qu'à courir chez votre libraire !!!
C'est une lecture qui ne laissera personne indifférent et que vous ne devez pas laisser passer !
Lien : http://legrenierdechoco.over..
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kbd
04 décembre 2010
Années 50. American Way Of Life.
La foi dans la science. La famille comme unité de base de la société. le travail comme épanouissement. Bien loin de ce cadre idyllique, l'autobiographie de David Small, né en 1945, s'attache à décrire l'enfance d'un petit garçon fragile, délaissé par une mère qui ne lui donne pas de signes d'affection et par un père médecin soignant l'enfant avec d'importantes doses de rayons X. Il en héritera d'un cancer au cou.
Au-delà d'une description à contre-jour de la génération de l'atome, l'auteur nous plonge dans une famille mortifère. Pour David Small, il s'agit de revenir sur sa jeunesse pour refermer ses anciennes blessures, retisser des liens avec ses parents, tout en les décrivant avec le fil aiguisé de la vérité.
Lien : http://k.bd.over-blog.com/ar..
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CelineGe
07 décembre 2012
Cette autobiographie dessinée fout les jetons.
David Small, célèbre auteur et illustrateur pour enfants américain, se livre en quelques trois cents pages noir et blanc, et ça fait peur.
Déjà, la couverture dérange. Notre regard ne retient que ces personnages inquiétants et fantomatiques penchés vers nous, le reste est insaisissable. Il faudra lire l'ouvrage pour comprendre cette image.
Né en 1945, David est un enfant rêveur, très tôt attiré par le dessin. Il est terrifié par une grand-mère maternelle, qui finira folle, et qui le tyrannise, et surtout, par les traitements médicaux expérimentaux que lui fait subir son père, radiologue (des cures de rayons X pour traiter des problèmes de sinus) et par sa mère, personnage le plus terrible de la famille.
Elle est froide et sèche comme une trique, capable de s'emporter dans des colères froides, grandes comme la vague d'Hokusaï.
Tout simplement, elle n'aime pas David.
C'est une personne extérieure à la famille qui lui fait remarquer un jour que son fils a une boule au niveau du cou. C'est dire si elle fait attention à lui... David a alors 11 ans et le médecin auquel il est présenté diagnostique un simple kyste.
Qu'il faudrait tout de même enlever.
David entre à l'hôpital trois ans et demi après...
Il y restera quelques jours de plus car finalement, ce n'était pas un simple kyste.
Quand il rentre chez lui, il ne peut plus parler suite à l'ablation. Il découvre quelques temps après, tout seul, que sa tumeur était cancéreuse. Jamais ses parents ne lui en ont parlé.
Glups.
Cet ouvrage a été réalisé après la mort de ses deux parents.
Le message est sans appel pour eux.
Au niveau de la forme, les dessins font peur. N'ont pas qu'ils représentent des horreurs, mais David Small donne des airs effrayants aux membres de sa famille. Ils sont certainement à l'image des souvenirs qu'il a gardés de cette époque.
suite de la critique sur mon blog + des images, merci
Lien : http://linecesurinternet.blo..
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Citations & extraits (1) Ajouter une citation
yolandelayoyolandelayo18 mars 2012
"maman avait sa petite toux... ou le claquement des portes de placard de la cuisine. C'était ça son langage.
Papa cognait sur son punching - ball.C'était ça son langage à lui.
Mon frère Ted tapait sur son tambour.
Et moi aussi, j'avais trouvé un moyen de m'exprimer sans les mots..."
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