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EAN : 9782492835094
136 pages
Éditions du Yéti (10/01/2023)
4.31/5   13 notes
Résumé :
« Je finis par reculer, sans me lever, le plus discrètement possible. La magie a eu lieu. La rencontre s’est produite. L’émerveillement était là, encore une fois. »

Photographe animalier, Bob Solo nous entraîne avec lui au sein des fleuves, des marais, des forêts, à la recherche de la faune sauvage. 27 chroniques de rencontres émouvantes, souvent bouleversantes.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Après, en 2021, un premier livre bouleversant, imprégné de la présence de sa compagne récemment disparue, Bob Solo revient avec un nouveau récit autobiographique, empli cette fois de ses expériences de photographe animalier amateur et d'un tout autre type d'émotion : celle qui vous saisit lorsque votre route et votre patience vous permettent d'entrevoir, en fugitifs moments de grâce, les discrètes et farouches beautés de la faune sauvage.


Chevreuils en Berry, cerfs en forêt de Tronçais, renards et marmottes dans le Massif Central, petit peuple des oiseaux de jardin ou bandes d'oiseaux migrateurs en Camargue, vautours réintroduits dans la Drôme ou gorilles sauvés dans un « espace zoologique » de la Loire… : entre petits jours en pleine nature, approches persévérantes et parfois sportives, aléas et coups de chance, chaque rencontre est une petite aventure riche en anecdotes et en sensations, mais aussi le couronnement, toujours imprévisible, d'une démarche toute d'humilité et de respect. En se fondant, invisible, dans chaque environnement naturel, l'observateur prend conscience de son statut d'intrus dans ces microcosmes que l'homme malmène ordinairement. Et c'est avec un émerveillement mêlé d'une pointe de tristesse, qu'en se camouflant aux côtés du photographe, l'on se fait le témoin de cette diversité animale devenue atrocement peau de chagrin.


Aucun lecteur ne restera insensible à la simplicité et sincérité de ton de ces petits récits attachants. Mis bout à bout, ils forment un ensemble jamais moralisateur, mais qui, en partageant le réel plaisir de l'observation et de la découverte de la nature et de sa faune, en même temps que l'excitation du chasseur de belles images, mène immanquablement au regret de voir peu à peu disparaître toute cette fascinante vie sauvage.


Ne reste plus alors, grâce au bonus en ligne offert avec le livre, qu'à courir découvrir les photographies de Bob Solo, chacune encore plus forte de son histoire particulière.


Un grand merci aux éditions du Yéti pour cette très attachante découverte.
Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Cette émotion particulière - Bob Solo - Récit - Éditions du Yéti - Lu en mars 2023.

Le titre de ce livre correspond tout à fait au récit de Bob Solo, la couverture d'abord, une superbe photo d'un renard qui vous fixe dans les yeux qui me fait penser au renard du Petit Prince. Photographie de l'auteur évidemment.

Bob Solo, après avoir écrit son premier livre bouleversant La Fée lumière, nous entraîne avec lui au milieu de la nature qui ne fait qu'un avec lui, il nous conte 27 rencontres toutes extraordinaires de simplicité, principalement avec les oiseaux qu'il photographie au gré de ses randonnées en solitaire.

Bob Solo, après le décès de son épouse Sophie, trouve une certaine sérénité au milieu de la nature qu'il respecte et admire, quoi de plus beau en effet que l'envol d'un oiseau, les couleurs de leur plumage, leur chant, leur façon de vivre, chaque oiseau est unique. C'est ainsi que j'ai croisé une rare corneille blanche, un héron roux, un milan royal et bien d'autres.

Pour l'amie des oiseaux que je suis, cette lecture m'a complètement déconnectée du monde des humains.
J'en ai nourri pendant 20 ans sur ma terrasse, mais hélas, où j'habite à présent, c'est interdit. Alors, je photographie des couchers de soleil.

Cette émotion particulière est une ode à la nature, un petit havre de paix et de rencontres insolites.

Victor Hugo, que Bob Solo cite au début de son ouvrage,
avait déjà tout compris du genre humain :
"C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas"

Et depuis qu'il a écrit cela, les choses n'ont fait qu'empirer.

Heureusement qu'il y a des personnes comme Bob Solo pour photographier cette merveilleuse nature, déjà tant d'espèces ont disparu. .




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Je ne connaissais pas Bob Solo jusqu'à ce que les Éditions du Yéti, que je remercie, m'invite amicalement à découvrir son dernier livre, Cette émotion particulière.
Bob Solo est un artiste éclectique, qui livre dans ce court récit autobiographique son expérience de photographe animalier à travers ses mots.
« C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas »
C'est par le truchement de cette magnifique citation de Victor Hugo que l'auteur nous invite à visiter son carnet de voyage, vingt-sept déambulations parmi le règne animal, la faune sauvage et si près de nous, libres et fragiles, plus que jamais. Ces déambulations nous amènent à le suivre en forêt de Tronçais, en Camargue, dans le Massif Central, dans le Vercors, et tant d'endroits encore préservés, mais jusqu'à quand ?
Vingt-sept tableaux d'un carnet de route que Bob Solo nous ouvre et où je suis venu picorer la lumière de ces rencontres...
Ici les mots n'ont pas vocation à remplacer les images, mais à les prolonger.
Rappelant que photographier, c'est se fondre dans un paysage, s'oublier, s'effacer, Bob Solo témoigne de cette humilité qui consiste à faire de l'intrus qui vient sur ce territoire sauvage, autre chose qu'un être indésirable mais au contraire un être empli de respect, un passeur d'images et d'émotions.
Il y a la patience, l'attente, l'instant présent, c'est une rencontre, souvent courte, fugitive, volée dans la fulgurance du temps qui nous assaille chaque jour.
C'est l'immanence de l'instant qui est célébrée ici, tout le contrainte de nos vies agitées.
Moments de grâce où un vautour moine prend son envol au-dessus du rocher du Caire, où une cigogne blanche traverse un ciel épuré, où des mésanges charbonnières se posent sur un perchoir improvisé, où le renard roux s'esquive dans une prairie...
Bob Solo dit aussi les rendez-vous manqués, les moments cocasses, les trébuchements devant une rivière où franchir le gué, rien n'est jamais parfait, le prévisible n'existe pas, ici ce n'est pas un monde qu'on peut programmer à coup d'algorithmes.
Il dit aussi la fragilité de cette nature en danger. le passage qui décrit les oiseaux migrateurs en Camargue en est un postulat accablant, évoquant la disparation inévitable de certaines espèces...
Devenir invisible, ne plus exister sauf à se confondre à un battement de coeur qui resserre...
Et puis de temps en temps le souvenir d'une présence revient entre les mots, Sophie l'être aimée qui n'est plus, elle est là comme un écho à la grâce qui prend son envol, celle qui l'accompagnait dans ses pérégrinations, riait aux éclats devant le spectacle de la beauté autour d'eux, se taisait brusquement à l'affût elle aussi...
Bob Solo dit d'autres chemins où il est retourné seul plus tard, le coeur serré, inlassable marcheur pour continuer de saisir dans l'intervalle qui sépare le photographe du monde animal sauvage, ce quelque chose de vibrant et d'essentiel.
Ce récit dit cela, la rencontre d'un paysage comme si on le voyait pour la dernière fois.
Cette émotion particulière, je vous la partage à mon tour.
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Cette émotion particulière, Bob Solo, Editions du Yeti 2023****

Janvier 2023 - lecture rapide, reprise par endroits pour le plaisir de revivre une pulsation présente à chaque instant pour tous ceux qui y prêtent l'oreille et se mettent en creux pour l'accueillir.
« Dans ces moments-là, je ne veux rien », le début d'un voyage, j'aime ce manque de vouloir qui laisse la place toute entière au besoin d'être et de sentir, à l'instant.
Des moments imaginés, vus et vécus, des souvenirs lumineux qui reviennent à répétition, en boucles de huit couché.
La beauté de l'écriture naît de la fraîcheur des émotions auxquelles Bob s'ouvre, de son envie de se confondre avec le vivant sauvage, de son émerveillement devant des moments rares de rencontres, l'espace d'un instant.
Patience, attente, désir d'aller vers l'autre vivant en ami et non en conquérant, la qualité du silence et de l'écoute, oubliés maintenant ou devenus désuets, et beaucoup de verbes à l'infinitif comme actions, réalisations, rêves, espoirs à attendre en mode, sans le temps.
L'homme reste détaché de la beauté du vivant sauvage, il est ce qu'il est, il en est conscient, vit avec le désir de pouvoir y retourner pour le grand bien que ça pourrait lui faire, il en fait la prière.
Pour approcher la vie sauvage il faut se camoufler, cacher notre condition humaine et le mal qu'elle fait, cette vie nous le dit à chaque fois par sa méfiance ! de plus en plus rares se font les moments dont nous pouvons, non, pas « profiter », mais les moments que nous accueillons.
Impossible de se confondre avec le sauvage, l'homme est sur le qui vive, à l'affût d'un moment de grâce, il en a besoin, « j'ai besoin de cet émerveillement .  Je ne sais pas comment on peut vivre sans. »p.27, serions-nous damnés ?
L'émerveillement est en face de nous, pour le vivre un pas suffirait, entrer dedans, abandonner le recul et la triste conscience de la différence et du rejet de la part du sauvage.
Comme nous ne sommes pas dans le monde sauvage, nous tentons de l'immortaliser, de le piéger dans nos photos, ça y est je l'ai eu et nous sommes contents, il ne bouge plus, il ne peut plus nous échapper. Possession ? Nostalgie ? Peut-être désir de transmission, et Bob, vous êtes parmi ceux qui le font.
L'enfant sauvage « grimperait aux arbres, même quand c'est dangereux », p.31 je dirais surtout quand c‘est dangereux !
« le bonheur n'est pas toujours au rendez-vous » p.38, peut-être parce qu'on a oublié de le sentir dans l'instant fuyant, on a oublié aussi de le construire, maintenant on l'attend au rendez-vous, et lui ne vient pas et, d'un pied de nez, a l'air de nous dire : c'est raté !
Le temps se définit en unités mesurables, repères humains, de l'humain civilisé, pour une bonne compréhension de la durée, et souvent l'instant est oublié. p.48
Sophie partie sans le vouloir, elle ne vous a pas quitté, et essaie, tente, vous supplie de vivre, de ressentir ce que la vie a de plus cher, et ainsi faire revivre votre amour, y aurait-il un autre choix ? p.50
« rêveries idiotes » p.52 , je ne crois pas qu'elles soient idiotes, vous non plus Bob, elle sont devenues idiotes, nuance et déception.
« nous sommes l'unique espèce qui détruit le monde qui rend son existence possible, incapables d'atteindre ce point d'équilibre que toutes les autres semblent avoir trouvé. En ce sens, ce splendide primate [le gorille] a plus de sagesse que moi »p.71. Ce sont mes réflexions aussi, celles des millions d'humains, sûrement, ainsi que notre désillusion !
Bob, solo, vous êtes accompagné de votre appareil photo et viennent au rendez-vous les oiseaux du ciel, la faune de la terre, le vivant sauvage encore peureux à l'approche de l'humain, il a raison. Quelle joie de retrouver ce vivant dans vos pages et sur votre blog.
Vous n'êtes pas seul, Sophie vous accompagne, elle est avec vous, dans vos rires et vos pleurs, dans votre force de la faire vivre, de vivre maintenant pour deux, pas facile, mais la vie a le dernier mot.
Je viens de finir Cette émotion particulière et la mienne arrive tout de suite derrière, quoi de plus naturel.
Un grand merci à Pierrick des Editions du Yeti qui m'a proposé cette lecture que j'ai accueillie et que je recommande chaleureusement.
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Un grand merci à Pierrick de m'avoir permis de découvrir "cette émotion particulière ".
Un récit écrit un peu comme un journal de bord sur la passion de l'auteur pour la photographie et la nature, un retour aux sources, aux origines.
Un déroulé au fil des saisons et des paysages avec un brin de nostalgie pour ce qui fût ou ne sera bientôt plus mais aussi un éternel recommencement, comme les saisons, ce qui tend à nous faire espérer, ne serait-ce qu'un peu.
Des mises en situation du photographe face à ses sujets de prédilection qui valent tous les selfies de la terre même si parfois, voir souvent il doit donner de sa personne pour un seul cliché ou simplement un instantané de pur bonheur.
En complément de ce récit, l'auteur nous fait découvrir une galerie de portraits pris sur le vif qui valent le détour pour la beauté naturelle qui s'en dégage et un esprit de liberté.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
À certaines époques, notamment en fin d'automne, les vergers bordant le fleuve abritent des centaines de passereaux. Les pinsons des arbres et les chardonnerets élégants dominent en nombre. On peut aussi y voir le pic vert, le pic épeiche, le geai des chênes, la buse variable, le faucon crécerelle. Et parfois, donc, la magnifique surprise d'un circaète Jean-le-Blanc, d'un crabier chevelu, d'un épervier.
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On n'avait vu que l'aspect utilitaire de la nature, une fois de plus. Plutôt que planter un piquet pour y accrocher un panneau, on clouait celui-ci au tronc d'un arbre sans autre considération. J'avais accompagné mon amie sur plusieurs sites pour assister à ses séances de photos, lui signalant même parfois ce qui pouvait faire une bonne image. Les jours passant, à voir tous ces arbres mutilés de la sorte, j'avais fini par ressentir une véritable empathie à leur égard. Une bonne dose de culpabilité aussi, en tant qu'humain, jusqu'à une sensation de malaise physique. J'y voyais la marque de notre indifférence à ces autres formes de vie, que nous jugeons trop inférieures pour nous émouvoir de leur sort. Et peut-être une certain degré de cruauté. Mais à bien y réfléchir, sachant le peu de prix que peut avoir le vie humaine en certains endroits du monde, on ne s'étonnera pas des traitements infligés aux vivants non-humains, en premier lieu les animaux, chassés, exterminés, exploités, produits à la chaîne. Alors pensez donc, des végétaux, qui s'en soucie ?
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Nous restons longtemps là à les regarder, bien après que le reste des visiteurs soit parti. Ils sont toujours aussi calmes. Certains semblent simplement se reposer après leur repas. En voilà un qui se cale contre la baie vitrée. Cette proximité m'émerveille. Je plonge mon regard dans le sien. C'est évidemment un réflexe d'anthropomorphisme qui me fait y chercher quelque chose que je pourrais comprendre. Et je voudrais qu'à son tour il perçoive quelque chose de moi. Rêve fou de pouvoir communiquer avec un être vivant qui ne semble pas d'une totale altérité. Au demeurant, c'est un fait, si l'on en croit la théorie de l'évolution : il y a fort longtemps vivaient nos ancêtres communs. Et quoi qu'il en soit, nous avons en partage ce phénomène étrange qu'est “la vie” ainsi que cette planète qui nous a vus apparaitre, qui nous a permis d'exister, qui nous a nourris. Dès lors, j'en arrive une fois de plus à l'idée que nous n'avons pas plus de droit que lui, pas plus de légitimité à vivre que lui, ni que n'importe quel organisme vivant. Et enfin, que nous sommes l'unique espèce qui détruit le monde qui rend son existence possible, incapables d'atteindre ce point d'équilibre que toutes les autres semblent avoir trouvé. En ce sens, ce splendide primate a plus de sagesse que moi. Lui connait les lois de la nature, les mêmes peut-être qui régissent notre univers, et il les respecte, dans son propre intérêt.
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Dans ces moments-là, je ne “veux”
rien. L'immobilité intérieure et le silence sont des clefs. Il
s'agit en quelque sorte de s'oublier, en tant qu'individu qui
la plupart du temps se pense et se vit comme séparé de tout
le reste, de tout ce qui l'entoure, séparé du vivant, et au
fond, coupé d'une partie de lui-même. Peut-être la partie la plus concrète, la plus fiable, la plus vraie, ou en tout cas la
moins encombrée. La plus apte, qui sait, à percevoir la
réalité environnante, sans tous ces filtres sociaux, culturels
ou autres, qui ont toutes les chances de nous faire
interpréter de travers ce qui est réellement là.
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Dans tout ce que j'ai été amené à connaître, à éprouver, à vivre, jusqu'ici, je ne vois rien de comparable à cette émotion particulière que provoque le contact avec la faune sauvage, quelle qu'elle soit, y compris la moins exotique ou la moins spectaculaire qu'on puisse imaginer. D'autres la émotions que celle-ci peuvent être aussi intenses, parfois même davantage, mais elles restent fondamentalement différentes. Aucune d'entre elles ne parvient à générer quelque chose d'identique.
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