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EAN : 9782213717364
368 pages
Fayard (25/08/2021)
4.07/5   46 notes
Résumé :
Professeure de math bien connue des habitants de la petite ville côtière de Crosby, dans le Maine, pour son caractère buté et revêche, Olive, aujourd'hui veuve et retraitée, entame une période de sa vie qui lui réserve son lot de bouleversements.
Mère, belle-mère et grand-mère pataude et hors du commun, elle qui suscite d’ordinaire tous les étonnements est la première surprise de trouver un nouveau mari en la personne de l’élégant Jack Kennison. Au fil des an... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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On la retrouve 13 ans après que sa première apparition littéraire a valu un prix Pulitzer à sa créatrice. Olive Kitteridge a vieilli, et les angles se sont un peu arrondis, elle reste malgré tout cette femme abrupte et sans concession, qui lui ont valu par le passé autant de respect que d'aversion.

Son mari est décédé, les avantages de la solitude ne compensent pas ses inconvénients . Il en est de même pour Jack, un ex-prof de fac qui avait mal anticipé les conséquences d'un flirt sur le lieu même de son travail. Ces deux veufs échoués sur le continent de l'isolement unissent leur destin.

Les années passent avec les chapitres et avec elles la preuve que la vieillesse est un naufrage et un gouffre sans fond où chute l'amour-propre. Avec la déchéance physique , le cortège des disparitions en série.

Comme dans le roman précédent, Olive apparaît au centre de certains chapitres pour n'être qu'une connaissance plus ou moins proche d'autres héros du quotidiens. L'auteur reprend cette forme de narration qui fait de l'héroïne à la fois le personnage central et un fil rouge, qui permet de décentrer le point de vue et s'attacher à d'autres destins, qui reflètent l'évolution de la société américaine jusque'à nos jours puisqu'on y entrevoit la silhouette d'un président aux cheveux orange.

Lu avec plaisir, avec ce sentiment de familiarité induit par l'apparition de personnages déjà entrevus dans le premier opus.


Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Après une attente de treize ans, Elizabeth Strout nous offre la suite d'Olive Kitteridge. Constitué comme une suite de petites histoires nous dépeignant la vie à Crosby, dans le Maine, Olive est le personnage principal ou le témoin d'un événement. Dans cet opus, nous la retrouvons vieillie. Elle nous parle avec franchise de la solitude, de la vieillesse, du corps qui vous lâche progressivement, de la peur de mourir. Elle n'a pas perdu son franc-parler et sous son aspect d'ours mal léché est attentive à ceux qui l'entourent. Elle s'interroge beaucoup sur ce qu'a été sa vie et ses relations aux autres, en particulier avec son fils et ses époux.

Elizabeth Strout fait preuve une nouvelle fois de beaucoup de tendresse pour nous décrire la vie ordinaire de personnes sur le déclin. Elle nous offre également de très belles descriptions de la campagne en automne, miroir de la vie d'Olive.

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Ce roman raconte des tranches de vie de plusieurs personnages dans la ville imaginaire de Crosby, Maine, USA. Même si Olive, vieille dame au caractère affirmé, est un personnage récurrent, parfois le personnage principal, parfois juste une apparition ou une évocation dans les différents chapitres, ce livre reste plus proche du recueil de nouvelles que d'un roman, et je n'y ai donc pas trouvé ce que j'aime dans une lecture : vivre avec les personnages, les suivre dans leur vie quotidienne, les adopter en quelque sorte pour le temps de ma lecture.

Dommage, les thèmes évoqués m'ont intéressée. Il est question de vieillesse, de deuil, de relations familiales. L'auteure aborde avec beaucoup de sensibilité tous ces points, et notamment le déclin physique qui accompagne l'âge, les renoncements auxquels la vieillesse oblige. Cela est abordé d'une plume directe, mais qui reste tendre avec les personnages. On y sourit aussi parfois.

Olive se révèle une vieille dame attachante, au franc parler, pas plus indulgente avec elle-même qu'avec les autres. Je regrette d'autant plus ce choix de format. J'aurais aimé passer plus de temps avec elle.

Merci aux éditions Fayard pour ce partage #Oliveenfin #NetGalleyFrance

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Ah, Olive, comme je suis contente de te retrouver. Treize ans sans donner de tes nouvelles, c'est long! Malgré ton fichu caractère, tu m'as manqué.

le temps a effectivement passé, tu es au seuil de la vieillesse, puis vraiment âgée, et, franche et directe comme tu l'es toujours, tu n'édulcores pas les ravages de l'âge, ah, ça, non! Physique qui décline, angoisse de la mort, solitude... Mais tu aimes toujours autant contempler la mer, dans ta petite ville du Maine, et profiter du soleil. T'intéresser aussi aux autres, car si certains détestent ton côté abrupt, d'autres ont compris que tu pouvais être empathique et généreuse.

Ton humour un peu désespéré est encore là, tes contradictions également. Ton deuxième mariage t'a surprise , moi aussi! Et comme dans le premier tome, celle qui t'a créée nous fait découvrir tous ces personnages qui gravitent autour de toi, de près ou de loin. Quelle finesse psychologique, et quelles émotions éprouvées, face au destin de chacun!

Olive, j'ai aimé particulièrement ces moments que tu as passés avec une de tes anciennes élèves, atteinte d'un cancer. Tout le monde la fuyait, par peur. Toi, tu es venue lui parler, sans apitoiement, sincèrement. Et vous avez observé toutes deux avec émerveillement la belle clarté de février.

Et alors que tu te sentais si seule, dans cette maison de retraite, tu as rencontré Isabelle, devenue ton amie. Chaleur du coeur au bout d'une vie...

Adieu, Olive. Tu écris, à la fin:" Je n'ai pas la moindre idée de qui j'ai été ". Une chose est sûre, tu es unique et précieuse.

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Dans ce roman semblable à un recueil de nouvelles hanté par la présence d'Olive, Elizabeth Strout s'intéresse aux erreurs parentales, aux errements de notre société, et surtout à l'entrée dans le troisième âge, lent automne qui s'éternise. Pour ce faire, elle multiplie les points de vue ; tous ses héros vivent à Crosby et connaissent Olive de près ou de loin. Malgré tout, cette kyrielle de focalisations fait de ses personnages des ombres comme émergeant de nouvelles, trop vite dissouts dans ces pages pour être véritablement attachants (plus de détails : https://pamolico.wordpress.com/2021/10/29/olive-enfin-elizabeth-strout/)


Lien : https://pamolico.wordpress.c..
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critiques presse (1)
LeFigaro
07 octobre 2021
Dans la suite d’Olive Kitteridge, prix Pulitzer 2009, l’héroïne atrabilaire, désormais septuagénaire, fait l’apprentissage de la tendresse. Superbe.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation

Un samedi de juin, en début d’après-midi, Jack Kennison mit ses lunettes de soleil, prit place dans sa voiture de sport après avoir baissé la capote, passa la ceinture de sécurité sur son épaule et son ventre proéminent, puis mit le cap sur Portland – à près d’une heure de route – pour acheter un gallon de whisky sans risquer de tomber sur Olive Kitteridge à la supérette de Crosby, dans le Maine. Ou sur cette autre femme qu’il avait croisée à deux reprises dans le magasin, lui, sa bouteille de whisky à la main, elle, monologuant sur la météo. La météo ! Cette femme – son nom lui échappait – était veuve, elle aussi.

Pendant qu’il roulait, une sensation proche du calme monta en lui. Une fois arrivé à Portland, il se gara et marcha vers le fleuve. L’été avait éclos. S’il faisait encore frais en cette mi-juin, le ciel était bleu et les mouettes volaient au-dessus des docks. Il y avait du monde sur les quais, beaucoup de jeunes gens avec des poussettes et des enfants, et tous paraissaient se parler. Ce détail l’impressionna. Comme cela leur semblait naturel d’être ensemble, de se parler ! Personne ne lui adressait le moindre regard, et il prit conscience d’une chose qu’il avait déjà remarquée, mais différemment cette fois : il n’était qu’un vieil homme bedonnant, peu susceptible d’attirer l’attention. C’était presque libérateur. Pendant de nombreuses années, il avait été grand, plutôt bel homme, sans embonpoint, et il attirait les regards quand il flânait sur le campus de Harvard. Pendant toutes ces années, il avait vu les étudiants l’observer avec déférence, et les femmes aussi le regardaient. Aux réunions du département, il intimidait ses collègues. Certains le lui avaient avoué, et il sentait qu’ils disaient vrai, car c’était l’effet qu’il recherchait. Et voilà qu’il se promenait le long d’un quai bordé de résidences en construction, se demandant s’il ne ferait pas mieux de venir s’installer ici pour vivre entouré d’eau – et de gens. Il sortit son portable de sa poche, le consulta, puis le rangea. Il avait envie de parler à sa fille.

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Olive avait encore sa voiture, mais ce jour là, elle avait décidé de prendre le van, car son ami Edith, qui habitait à Maple Tree depuis quelques années, lui avait récemment conseillé de sympathiser avec les autres résidents. « Oui, bah… Qu'ils commencent par sympathiser avec moi », avait-elle répondu.

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Elle aurait plutôt écrit sur la lumière de février. Comme elle métamorphosait l’apparence du monde. Les gens se plaignaient de février : trop froid, trop neigeux et trop souvent humide, mouillé ; les gens avaient hâte que le printemps arrive. Mais, aux yeux de Cindy, la lumière de ce mois avait toujours été comme un secret, et elle restait un secret jusqu’à ce jour. En février, les jours rallongeaient vraiment et on pouvait l’observer, si on y prêtait attention. On parvenait à voir, à la fin de la journée, le monde s’entrouvrir et un supplément de lumière se frayer un chemin parmi les arbres dépouillés, comme une promesse. Cette lumière était une promesse, et quelle lumière ! Allongée sur le lit, Cindy la voyait, à présent, l’ultime lumière, cet or qui révélait le monde.

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- Vous savez quoi, Bernie ? J'ai beaucoup réfléchi à tout ça. Beaucoup. Et voici la conclusion à laquelle je suis arrivée - je veux dire, juste pour moi. C'est une phrase qui m'a traversé l'esprit. Je crois que notre mission... peut être même notre devoir, c'est...

Sa voix se fit soudain plus calme, adulte.

- ... de porter le fardeau du mystère avec toute la grâce dont on est capable.

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Un couple ap­pa­rut à la porte d’un ap­par­te­ment. Ils avaient son âge, l’homme avait lui aus­si du ventre, mais pas au­tant que Jack, et la femme pa­rais­sait contra­riée. À leur at­ti­tude l’un en­vers l’autre, Jack se dit qu’ils de­vaient être ma­riés de­puis des an­nées. Il en­ten­dit la femme dire : « Ça suf­fit, main­te­nant. » L’homme ré­pon­dit quelque chose, et elle ré­pé­ta : « Non, ça suf­fit. » Ils le croi­sèrent (sans le re­mar­quer) et quand, un ins­tant plus tard, il se re­tour­na pour je­ter un coup d’œil vers eux, il fut – va­gue­ment – sur­pris de consta­ter que la femme avait pas­sé son bras sous ce­lui de l’homme tan­dis qu’ils re­mon­taient le quai en di­rec­tion de la pe­tite ville.

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Payot - Marque Page - Elizabeth Strout - Olive, enfin
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