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ISBN : 2213701350
Éditeur : Fayard (23/08/2017)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Hospitalisée à la suite d’une opération, Lucy Barton reçoit la visite impromptue de sa mère avec laquelle elle avait perdu tout contact. Tandis que celle-ci se perd en commérages, convoquant les fantômes du passé, Lucy se trouve plongée dans les souvenirs de son enfance dans une petite ville de l’Illinois – la pauvreté extrême, honteuse, la rudesse de son père, et pour finir son départ pour New York, qui l’a définitivement isolée des siens. Peu à peu, Lucy est amené... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  06 décembre 2017
Découverte de ce roman et de cette auteure américaine...au fil des déambulations en librairie...
Un roman émouvant sur les rapports mère-fille et sur la pauvreté vécue par une enfant...La narratrice se retrouve hospitalisée...et quelle n'est pas sa surprise de retrouver à son chevet, sa mère qu'elle n'avait pas revue depuis des années...
Seule enfant d'une fratrie de trois, elle est la seule à être partie de la maison, et à avoir poursuivi des études... Un mérite d'autant plus grand que la famille bien que vaillante était très pauvre...Nous constaterons au fil du récit que ses frères et soeur ne lui ont pas pardonné d'avoir en quelque sorte "trahi" leur milieu...Lucy a réussi socialement et professionnellement , mais pour le prix de cette réussite, elle a fui sa famille, et savait encore moins qu'avant, comment communiquer avec elle... La trahison de l'origine sociale de la famille, d'où on provient !
Cinq nuits où sa mère va se tenir au chevet de sa fille , Lucy...où elles vont évoquer, toutes deux les souvenirs, l'enfance, ce que sont devenus tel ou tel voisin, tel(le) ou tel(le) camarade d'école...Peu importe ce qui se dit;
Lucy a besoin d'entendre le son de la voix maternelle...Pourtant ...qu'il semble difficile à la mère et à la fille de formuler en mots leur "amour"...réciproque
"J'ai cessé d'écouter. C'était le son de la voix de ma mère dont j'avais besoin : ce qu'elle disait n'avait pas d'importance. Alors j'ai écouté le son de sa voix; avant ces trois derniers jours, je ne l'avais pas entendue depuis longtemps et elle était différente. Ou peut-être était-ce mon souvenir qui était différent car, d'habitude, le son de sa voix me crispait. Tout le contraire de ce que
j'entendais là, avec ce sentiment pressant, cette urgence. " (p. 102)
" J'ai la sensation que les gens pourraient ne pas comprendre que ma mère n'a jamais pu dire les mots "je t'aime". J'ai la sensation que les gens pourraient ne pas comprendre que ça n'était pas grave" (p. 148)
C'est un roman percutant... dans la sobriété du style, et la gravité des thèmes abordés:
La pauvreté du milieu familial, vécu douloureusement par un enfant... au milieu des autres, plus chanceux, la complexité des rapports mère-fille, un amour réel et intense entre cette fille et sa mère, qui ne parvient que
très imparfaitement à se manifester ! d'où l'intensité de chaque instant de ces cinq nuits de veille maternel, auprès de la fille hospitalisée !
...le changement de milieu social par les études, la réussite intellectuelle [ dans ce cas, notre narratrice, veut devenir écrivain, ce qui se réalisera]
qui augmente l'incompréhension et la distance avec cette famille que la narratrice aime et déteste à la fois !
Il est question du "désamour" ou de l'incapacité à se dire "je t'aime"..., la pauvreté éprouvante qui provoque "honte et exclusion sociale"... et pour tenter de réparer tout cela, "les MOTS" et un des éléments de la fratrie, cette soeur, Lucy, plus brillante, qui va devenir écrivain,
et parler pour elle, pour sa propre construction, mais aussi pour atténuer sa culpabilité, et exprimer la densité des souvenirs communs de cette famille taiseuse,mal-aimante, mais réelle.
Un roman très fin, rempli de simplicité et de sensibilité... qui parle de nous tous... de notre construction, d'enfant à adulte, de nos failles, de celles de nos parents...qui nous transpercent, nous forment ou nous déforment... plus ou moins gravement...de la Résilience... du fait , comme le dit notre narratrice, que pour continuer à se construire et à vivre son existence, on se doit d'être "impitoyable"... et penser à soi, exclusivement, parfois !!
Sans omettre l'insistance de notre narratrice qui parle de l'écriture, de son métier d'écrivain [ignoré et dédaigné par sa famille !!], d'ateliers d'écriture auprès d'une auteure [qui l'intrigue], mais qui l'enrichit dans ses questionnements personnels sur son travail de "mise en
mots" de son histoire, mais aussi celle de tous les autres, rencontrés, qui n'ont pas la facilité, ni la possibilité de s'exprimer et de jongler avec la parole et la force des mots !
"- Quel est votre métier en tant qu'auteur de fiction ?
Elle exposa que son métier en tant qu'auteur de fiction était de rendre compte de la condition humaine, de nous dire qui nous sommes, ce que nous pensons et ce que nous faisons." (p. 111)
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diablotin0
  29 juin 2018
Je m'appelle Lucy Barton est l'histoire d'un lien, celui entre Lucy hospitalisée et sa mère qui est venue la voir et reste à son chevet durant 5 jours et 5 nuits.
Avec sa mère, qu'elle n'avait pas revue depuis plusieurs années, Lucy va revivre des bribes de son enfance. Issue d'un milieu très pauvre, Lucy va se rappeler des moments difficiles, des situations délicates, humiliantes mais aussi savourer des petits instants avec sa mère.
On ressent combien le dialogue entre elles deux est difficile à renouer mais l'on ressent aussi toute l'émotion exacerbée par un seul mot : « à l' entendre utiliser ce surnom que je n'avais plus entendu prononcer depuis une éternité, je me sentais envahie d'une sorte de chaleur liquide. Comme si toute la tension accumulée en moi avait formé un bloc compact, et que ce bloc n'existait plus ».
L'émotion est palpable, les regards fuyants, les sourires devinés et si on trouve dans cette histoire de la délicatesse, de la tendresse, le texte n'en est pas moins dur, j'ai eu à plusieurs reprises envie d'entendre la mère de Lucy, lui dire « je t'aime » même si l'amour n'a pas toujours besoin de mots .
Elizabeth Strout décrit avec beaucoup de sensibilité la relation mère-fille. C'est un très beau livre intimiste écrit avec pudeur .
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AudreyT
  12 septembre 2017
***
Loin des siens, Lucy Barton vit entourée de son mari et de ses deux filles. Alors qu'elle est hospitalisée pendant plusieurs semaines suite à une opération, elle reçoit la visite de sa mère. Au cours des quelques jours où elles seront toutes les deux, Lucy se souvient de son enfance. Et alors que sa mère lui donnent des nouvelles des personnes qu'elles ont côtoyés par le passé, les deux femmes semblent tisser des liens bien fragiles...
J'attendais plus de ce roman... Pourquoi, je ne sais pas : la quatrième de couverture peut être, le prestigieux pris Pulitzer en 2009 reçu par l'auteur... Mais je n'ai pas été conquise par l'écriture. Il y avait pourtant tellement matière à faire de la vie de Lucy Barton un roman passionnant !!! On sent bien que son histoire de famille est compliquée mais on la survole. On comprend que la relation avec ses parents est quasi inexistante mais on n'en connaît pas les raisons. On partage sa solitude et sa souffrance mais on ne s'émeut pas.
Les 200 pages se lisent, sans supplice, sans accroc mais aussi sans frisson...
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isabelleisapure
  15 octobre 2017
Lucy Barton est étonnée et émue de trouver sa mère à son chevet dans cet hôpital de New-York où elle est hospitalisée depuis plusieurs semaines.
Les deux femmes se sont perdues de vue et Lucy est légèrement inquiète, reprendre un dialogue interrompu, sans avoir réellement commencé, s'avère difficile pour la jeune femme.
"A la voir ainsi devant moi, à l' entendre utiliser ce surnom que je n'avais plus entendu prononcer depuis une éternité, je me sentais envahie d'une sorte de chaleur liquide. Comme si toute la tension accumulée en moi avait formé un bloc compact, et que ce bloc n'existait plus".
Peu à peu les souvenirs affleurent, l'enfance blessée, la pauvreté, la honte à l'école lorsqu'on lui disait « ça pue chez vous ».
Toutes deux vont se remémorer leur vie, les non-dits qui peu à peu ont creusés un gouffre entre elles, jusqu'à les rendre étrangères l'une à l'autre.
Lucy se confie sur sa vie, son mari, ses filles, sa passion pour l'écriture dont elle a fait son métier.
Cette relation mère-fille est magnifiquement relatée par Elizabeth Strout qui a l'art de nous entraîner dans la psychologie et les pensées intimes de ses personnages. Elle nous fait partager les émotions qui les assaillent sans jamais tomber dans le larmoyant.
Il se dégage beaucoup de nostalgie de ce livre. On se prend à songer à toutes les erreurs que nous avons commises, tous les mots que nous n'avons pas su ou pas voulu dire.
Et si on y pensait avant qu'il ne soit trop tard !
Une belle lecture pour laquelle je remercie NetGalley et les Editions Fayard.
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Albertine22
  25 juin 2017
Je m'aperçois, au fil des années, que mes choix de lecture évoluent, que mes centres d'intérêt changent. J'aime alterner les gros pavés fourmillant de détails, avec une construction assez classique, les "feel good", parenthèses à la dureté du quotidien et les romans qui me surprennent, me déroutent, me bousculent.Je m'appelle Lucy Barton appartient à cette dernière catégorie. le titre paraît anodin, mais révèle déjà la principale thématique du livre : l'identité. Comment savoir qui l'on est quand une enfance, dans une extrême pauvreté, vous a tenue à l'écart de la société ? Peut-on réussir à intégrer les codes de ceux qui ont toujours possédé de quoi vivre décemment ? Est-il possible de laisser derrière soi une enfance, une famille dysfonctionnelle et renaître ailleurs en poursuivant ses études ?
L'héroïne, Lucy Barton, va se retrouver hospitalisée neuf semaines à la suite d'une opération de l'appendice. Une bactérie met ses jours en danger et son mari prend la décision d'appeler sa mère pour la prévenir de la situation. Lucy a coupé tout lien avec les siens et découvre, un jour, avec stupéfaction, que celle-ci est venue et est assise au pied de son lit. Commencent alors une étrange cohabition, d'étonnantes conversations entre les deux femmes. La narration à la première personne nous permet de suivre au plus près le ressenti de Lucy. Que dire à cette mère, surgie du fin fond de l'Illinois pour retrouver sa fille à New-York ? Revenir sur le passé, lui demander des comptes ? Les souvenirs qui remontent à la surface sont souvent tristes, parfois effrayants mais sont-ils fidèles au passé ? Elizabeth Strout retranscrit admirablement les pensées fébriles de son héroïne, ses doutes sur ce qu'elle a vécu, ses scrupules à aborder certains sujets avec sa mère. Est-il encore temps de demander des comptes à cette dame âgée ? Des excuses auraient-elles le pouvoir de guérir ses blessures d'enfance ?
Il va s'écouler cinq jours et cinq nuits, où sa mère va surveiller Lucy comme une louve son petit. Cinq jours en milieu hospitalier où leurs bribes de conversation sont interrompues par les soins, les examens et les visites du médecin. Si peu de temps pour entendre ce que chaque enfant, même devenu adulte, veut entendre, que sa mère l'aime et l'a toujours aimé.
Cette hospitalisation va être une sorte de catalyseur pour Lucy, dénouant certains fils de son histoire personnelle et la confortant dans sa vocation d'écrivain. Les mots lui serviront à panser ses maux. Elle prendra conscience que la résilience ne consiste pas à faire table rase de son passé, mais à composer avec celui-ci. Pour se construire une identité, il faut savoir d'où l'on vient et accepter que tout ne peut être transcendé par l'argent, la réussite ou la culture. Pour grandir et s'épanouir, il lui faudra intégrer qu'avant d'être Lucy Barton, elle a été "Lucy Bordel-de-merde-Barton".
Une lecture en apnée
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critiques presse (1)
LeFigaro   15 décembre 2017
Une femme dont l'enfance fut un cauchemar retrouve sa mère. Un roman d'une subtilité exceptionnelle.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   04 décembre 2017
A la maison, nous n'avions ni télévision, ni journaux, ni magazines, ni livres. dans l'année qui avait suivi leur mariage, ma mère avait travaillé à la bibliothèque municipale. Apparemment, comme l'a appris mon frère par la suite, elle adorait les livres. Mais, un jour, des gens ont dit à ma mère que le règlement de la bibliothèque avait changé et qu'il fallait posséder un diplôme pour y travailler. Elle ne les a pas crus. Elle a cessé de lire, et plusieurs années ont passé avant qu'elle s'inscrive à une autre bibliothèque d'une autre ville et recommence à rapporter des livres à la maison. Je mentionne cette histoire parce qu'on se demande souvent comment les enfants prennent conscience de ce qu'est le monde et de la façon de s'y comporter. (p. 20)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 décembre 2017
Lors de la petite fête de notre mariage, elle a dit à une amie : "Voici Lucy" . Et, sur un ton presque amusé, elle a ajouté : "Lucy vient de rien ". Je ne me suis pas vexée et, sincèrement, je ne me vexe toujours pas. Mais je pense : dans ce monde, personne ne vient de rien. (p. 163)
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fanfanouche24fanfanouche24   06 décembre 2017
J'ai la sensation que les gens pourraient ne pas comprendre que ma mère n'a jamais pu dire les mots "je t'aime". J'ai la sensation que les gens pourraient ne pas comprendre que ça n'était pas grave. (p. 148)
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fanfanouche24fanfanouche24   01 décembre 2017
Et je me promettais qu'une fois sortie de l'hôpital, je ne marcherais plus jamais dans la rue sans être remplie de reconnaissance à l'idée de faire partie de ces gens. De fait, pendant des années, en repensant à la vue depuis la fenêtre de ma chambre d'hôpital, je me sentirais reconnaissante de fouler ces trottoirs. (p. 10)
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diablotin0diablotin0   29 juin 2018
La solitude est le premier goût que m'a laissé la vie, et il ne m'a jamais quittée, toujours tapi dans les.interstices de ma bouche, comme un rappel.
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Videos de Elizabeth Strout (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elizabeth Strout
Elizabeth Strout "The Burgess Boys". This event was recorded at Politics & Prose on Tuesday, April 2, 2013.
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