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EAN : 9782359496390
Don Quichotte éditions (17/08/2017)
4.25/5   16 notes
Résumé :
Surgi au coeur de l’Afrique, Ebola a mis les hommes et le monde face au danger de l’extinction. Dans le silence après la tourmente, trois voix s’élèvent : Baobab, confident et mémoire essentielle des êtres, Ebola, qui n’est pas le mal mais un organisme luttant pour sa survie, et Chauve-souris, porteur sain du virus et initiatrice du dialogue. Témoins ou acteurs de la tragédie, ils devisent sur la place de l’Homme, son rôle et ses responsabilités à l'égard du Monde d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Stelphique
  18 août 2017
Ce que j'ai ressenti:…L'effroi derrière la poésie…
« Nous les arbres. (..). Nous sommes le lien qui unit les hommes au passé, au présent et au futur incertain. »
Si jamais, tu écoutais Baobab, il te conterait l'histoire du monde, l'essence même de la vie, la conscience collective…Il te raconterait des petits morceaux d'instants vécus, En compagnie des hommes, et tu verrais comme, soudain, le temps a retenu sa respiration, en voyant arriver la vague de contamination, partie du coeur de la forêt ancestrale: Ebola.
Ce roman polyphonique est à la fois poétique et ancré dans un réel effroyable. On sent la peur et le courage, le désespoir et l'envie de vivre, l'horreur et la beauté du monde. Contre le Virus mortel qui décime la population, des hommes et des femmes se mobilisent, enfilent un costume d'humanité et tendent une main de solidarité, tandis que d'autres rejettent, barricadent, ferment yeux et oreilles, aux cris de la souffrance…Un tour d'horizon à différentes échelles de la gérance de cette épidémie.
« Ils préfèrent nier la mort car ils n'ont plus le temps d'y songer. La mort est une faute parce qu'elle interrompt leur course effrénée. »
Derrière la sensibilisation au danger, il y a le désir de faire passer un message de paix et une volonté de vivre en harmonie avec la Nature. Entre la légende du conte, la poésie des mots et l'affreuse réalité du danger, ce livre est une petite collection de vies qui se sont vues confronter au pire des virus, juste des témoignages, juste l'essentiel… Il redéfinit notre place dans le monde, nous confronte à notre faiblesse, mais nous redonne aussi un certain souffle d'espérance et de soulagement…En refermant ses pages, on sent à quel point, nous avons frôlé la catastrophe mondiale et combien le bilan des pertes humaines est lourd…Souhaitons qu'ils reposent en paix, peut être à l'ombre d'un Baobab…
« Il faut la mort pour apprendre à retrouver la solidarité. »
J'ai beaucoup aimé la sensibilité de cette auteure, sa manière de voir le monde, sa façon de le ressentir. Je serai vraiment curieuse de voir le reste de ses écrits…Très jolie découverte!
Ma note Plaisir de Lecture 8/10

Lien : https://fairystelphique.word..
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sylvaine
  29 mai 2021
Ebola ou fièvre hémorragique Ebola ..; mars 2014 la Guinée puis le Libéria sont touchés, en mars c'est le tour de la Sierra Leone. Il faudra attendre mars 2016 pour que l'épidémie soit maitrisée.
Véronique Tadjo convoque tout à tour le Baobab, l'arbre premier, l'arbre éternel, l'arbre symbole, puis viendront le médecin, l'infirmière, l'aide-soignant, le fossoyeur, le pulvérisateur et tous ceux qui de près ou de loin ont apporté leur aide à ceux qui étaient touchés par l'épidémie. Et même si sa plume se veut légère et pleine de poésie il n'en reste pas moins une vision d'horreur qui prend aux tripes.
En ce mois de mai 2020, entendre parler de gestes barrières, d'isolement des malades, de propagation du virus, cela sonne bizarrement mais les années passent et le cycle des épidémies est toujours en mouvement ...
Une plume venue de Côte d'Ivoire, un texte d'une actualité désespérante.
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raton-liseur
  07 novembre 2021
Je me souviens de l'épidémie d'Ebola qui a touché l'Afrique de l'Ouest en 2014. Je me souviens de l'impuissance que j'ai ressentie, et aussi de l'étonnement à la panique qu'on ressentait dans les médias occidentaux. Je me souviens d'une personne interrogée par la radio française qui disait sa peur de toucher la barre du métro. J'avais trouvé cela un peu ridicule et dénotant une bien mauvaise information sur le virus. Puis le Covid est passé par là, et la panique est revenue, pourtant ce virus est bien moins grave qu'Ebola. Que se serait-il passé si nous avions eu en France (et dans le monde) un virus aussi contagieux et létal qu'Ebola ?
Je ne sais pas, et ce livre ne répond pas à cette question. Ce livre est une sorte de tombeau (au sens d'hommage) aux différentes personnes qui ont été affectées par l'épidémie, ou qui s'y sont retrouvées mêlées, volontairement ou non. Chaque chapitre est une voix différente, un point de vue différent. Les survivants, les médecins, les autorités, les fossoyeurs, et même le baobab et la chauve-souris.
J'avais envisagé de lire ce livre à sa sortie, en 2017, puis cela ne s'était pas fait. J'en ai entendu à nouveau parler à la faveur de sa traduction en anglais, et cette fois j'ai franchi le pas. Ce n'est pas pareil de lire ce livre avant l'épidémie de Covid ou après, et je n'ai pu m'empêcher de comparer. Une comparaison qui met en évidence surtout des similitudes, et bien peu de différences. On se gausse beaucoup de l'incurie des pays africains, mais les questions ont été les mêmes, les hésitations aussi, les erreurs même. Et les mythes quand à des traitements possibles, ou des façons de se protéger.
Le style du livre est assez plat, je n'ai pas été emportée par la plume de l'auteur, mais les personnages sont poignants. Ils se livrent entièrement, sans fard, et les angoisses, les doutes, les hésitations, les peurs sont là. Et parce que l'on sait que c'est une épidémie réelle, on sait que de telles personnes ont existé. Je ne sais pas comment Véronique Tadjo a pu donner la voix à tant de points de vue différents, elle qui n'a pas pu être tout cela à la fois, mais chaque témoignage est criant de vérité. La dédicace m'avait touchée : « Aux victimes de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone. A tous ceux qu'Ebola a touchés de près ou de loin, c'est-à-dire à nous, les hommes. », le reste du livre aussi.
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chachourak
  22 novembre 2017
Entre 2014 et 2016, le virus Ebola a infecté plus de 28 000 personnes, parmi lesquelles 11 000 sont mortes. Pendant quelques années, ce sont trois pays de l'Afrique de l'Ouest, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, qui ont vécu sous la menace de cette épidémie.
Ebola, c'est le thème du (magnifique) roman de Véronique Tadjo publié en cette rentrée littéraire : En compagnie des hommes. Dans ce roman choral où diverses voix se mélangent pour former une cacophonie théâtrale et solennelle, des narrateurs se succèdent, tous différents et anonymes, et racontent leur quotidien de soignant, de malade, proche, mourant, rescapé, d'arbre millénaire même.
Parmi toutes les choses qui m'ont époustouflée dans ce roman, il y a certainement la force et la portée du récit malgré l'absence notoire de personnage principal : la plupart des protagonistes n'ont d'ailleurs même pas de prénom, et on ne les croise que le temps d'un seul chapitre. L'auteur se retire avec élégance et ne trompe personne en mettant en scène un héros qui ne serait que l'avatar insuffisant de cette épidémie : le vrai sujet, c'est Ebola.
Qu'elle est belle, d'ailleurs, la langue de Véronique Tadjo, et celle de tous les hommes, femmes et enfants qu'elle nous présente dans ce roman -bien trop court, d'ailleurs, ce roman : j'aurais bien tourné encore quelques dizaines de pages en sa compagnie. Un beau coup de coeur pour un texte magnifique.
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mimipinson
  16 août 2017
Ebola, cinq lettres pour désigner un terrible virus qui régulièrement fait parler de lui en Afrique, semant la mort sur son passage, et qui régresse puis retourne à la forêt.
Voilà un roman bien singulier qui nous est proposé ; singulier dans sa conception, dans sa construction ; singulier parce que le déroulé d'une épidémie est pris en main par tous ses acteurs.
De multiples narrateurs donc, de multiples points de vue encadrés par la figure tutélaire de la forêt : le baobab. En Afrique, le baobab est sacré ; c'est l'arbre à palabre ; celui autour duquel la communauté se rassemble pour parler de choses importante.
Ici le baobab est en quelque sorte la conscience collective. Il ouvre et ferme le roman. On retrouve donc, et c'est courant en littérature africaine la cohabitation du sacré et du profane ; du rationnel et de l'irrationnel.
Devant l'hécatombe, après avoir écouté ce qu'on pourrait appeler le " président de séance" chacun s'exprime, chacun y va de sa propre vision des choses dans un seul but : faire reculer l'épidémie.
Roman singulier donc par ses composantes, par son écriture puissante, et par l'énergie qu'il dégage.
Un roman fort dans lequel on entre presque avec une certaine violence et que l'on quitte avec regret.
Un roman qui rend un hommage vibrant à l'âme africaine, à la magie qui entoure ce continent fascinant.
Lien : https://leblogdemimipinson.b..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
chachourakchachourak   01 octobre 2017
Nous, les arbres. Nos racines plongent jusqu'au cœur de la terre dont nous sentons battre le pouls. Nous respirons son haleine. Goûtons sa chair. Nous naissons et mourons au même endroit sans jamais nous éloigner de notre territoire. À la fois prisonniers et vainqueurs du temps, figés et élancés. Nous nous adaptons à la pluie et au beau temps, aux orages et aux vents d’harmattan. Nos cimes épousent les rêves cotonneux du ciel. Nous sommes le lien qui unit les hommes au passé, au présent et au futur incertain.
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oreeoree   23 février 2021
Les hommes devraient prendre conscience de leur appartenance au monde, de leur lien avec toutes les autres créatures, petites ou grandes. Au lieu de vouloir s'élever au-dessus de leur condition terrestre. Au lieu de vouloir occulter la présence de la mort, à coup d'inventions de plus en plus sophistiquées. Au lieu de se cacher les souffrances de la vie, ils devraient apprendre à s'y préparer et à accepter la pure joie d'être au monde.
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StelphiqueStelphique   18 août 2017
Il faut la mort pour apprendre à retrouver la solidarité.
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GangoueusGangoueus   15 octobre 2017
Nous étions là pour durer. Nous étions ici pour étendre notre ombre au-dessus des contrées les plus reculées. Nous étions ici pour murmurer dans notre feuillage les secrets des quatre coins du monde. Mais les êtres humains ont détruit nos espoirs. Partout où ils se trouvent, ils s'attaquent à la forêt. Nos troncs s'écrasent dans un bruit de tonnerre. Nos racines dénudées pleurent la fin de nos rêves.
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StelphiqueStelphique   18 août 2017
Nous les arbres. (..). Nous sommes le lien qui unit les hommes au passé, au présent et au futur incertain.
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Vidéo de Véronique Tadjo
Grand entretien avec Véronique TADJO
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