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ISBN : 2354086253
Éditeur : Mnémos (15/03/2018)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Anthelme croit en la magie des livres qu'il dévore. Étudiant désabusé et sans attaches, il décide de vivre en ermite et de s'offrir un destin à la mesure de ses rêves. Sur son chemin, il découvre une étrange forêt d'arbres écarlates, qu'il ne quitte plus que pour se ravitailler en romans dans la bibliothèque la plus proche.
Un jour, au hasard des étagères, il tombe sur un ouvrage qui semble décrire les particularités du lieu où il s'est installé. Il comprend ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  29 décembre 2018
Bravo aux éditions Memnos pour la beauté attractive de la couverture d'Apostasie. L'illustration reflète bien l'ambiance générale du roman.
Un roman qui tient du conte macabre, de la fable onirique et de la boîte gigogne à histoires. Anthelme, le narrateur, est un jeune homme rêveur, d'un caractère empreint d'une mélancolie ombreuse, féru de féerie et de fantastique gothique Inadapté à notre contemporanéité, il s'évade dans les livres avant de découvrir, hasard ou destin, une forêt étrange, la Sylve rouge. Sorte de Peter Pan attristé par une réalité trop plate et manquant de magie. Lui le contemplatif énamouré d'un passé impossible et fantasmatique, il va se retrouver aux prises d'événements et de récits qui vont au-delà de ce qu'il a jamais pu rêver.
Vincent Tassy signe avec Apostasie une oeuvre fascinante et déstabilisante. En refermant la quatrième de couverture, j'ai eu l'impression de l'avoir rêvée plutôt que lue. Un de ces songes où la frontière entre le rêve et le cauchemar s'affine tellement qu'il devient impossible de les distinguer clairement. le roman possède une sombre violence et des scènes explicites barbares et en même temps la blancheur opaline d'une merveilleuse fantaisie.
Bacchanales sanglantes et contemplation mélancolique, réflexion sur l'amour, la vie, la mort et l'immortalité, tout trouve sa place dans un texte qui lie par un sortilège le lecteur un peu plus à chaque page.
Cela tient grandement à la richesse de l'écriture de Vincent Tassy. Robe hyaline, feuillée cinabrine, éclats adamantins, ... J'ai fait provende de mots rares et précieux. Cette préciosité du langage offre d'ailleurs au récit un caractère hiératique et digne des contes et légendes séculaires.
J'avoue m'être trouvée assez désarçonnée par les premières pages. Mais comme je le disais plus haut, le sortilège m'a happée et j'ai accompagné Anthelme à la rencontre de son destin et des secrets de la Sylve Rouge. Un beau rêve fantasque et funèbre, noir et pourtant si lumineux, dont je ressors conquise par le travail de l'auteur.
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LiliGalipette
  03 avril 2018
Anthelme, jeune homme qui ne trouve pas sa place dans le monde, se réfugie dans une forêt d'arbres rouges et dans un univers magique et enchanté. Il ne la quitte que pour emprunter des dizaines de livres à la bibliothèque. Il découvre un jour un texte qui parle de son abri et rencontre l'auteur de cette oeuvre. Il fait enfin la connaissance d'Aphélion, le maître de la Sylve rouge. Dans la tour du sombre château de ce dernier, Anthelme croise des suppliciés qui s'infligent les pires sévices pour que leur plus grand désir soit exaucé. Aphélion, être éblouissant assoiffé de sang, lui raconte la déchirante histoire d'Apostasie dont les parents se sont détruits à force de mensonges et de vengeance. Envoûté par ce récit, Anthelme décide de partir à la recherche de cette princesse parfaite qui hante désormais ses rêves. « Trouver Apostasie, ce serait plus beau que la plus belle de toutes les vies après la mort, et je ne voulais pas sombrer sans y avoir goûté. » (p. 265)
J'aime les textes riches, l'invention lexicale et les termes désuets – en témoigne mon admiration pour Joris-Karl Huysmans –, mais encore faut-il que cela fasse sens, que ce ne soit pas un artifice ou une posture. Ici, il y a trop d'adjectifs : cette qualification outrancière pourrait être baroque ou maniériste, mais elle n'est que confuse et étouffante. Un exemple pour que vous vous fassiez une idée : « Curieusement, je pus contempler son reflet sans souffrir d'étourdissement. Il avait la beauté d'une oréade morte ; quelque chose en lui me glaçait. Était-ce la luisance vénéneuse dans ses yeux effilés, ou le rouge sang de ses lèvres minuscules, ou les fuseaux de ses pommettes aiguilleuses ? Tout cela à la fois. Son visage comme une harmonie d'épines. » (p. 61) Si cela vous plaît, jetez-vous sur le roman, il devrait vous convenir. Dernier point : j'aime que les personnages d'un roman aient des noms originaux. Cela permet de bien les différencier et de s'en souvenir. Ici, Vincent Tassy nous sert la crème de la crème des prénoms oubliés et il n'hésite pas à transformer des noms communs en noms propres. Soit, pourquoi pas. Mais il est bien de connaître le sens véritable du terme avant d'en affubler un personnage. Ainsi, si vous décidez de lire ce roman, ayez bien en tête la définition d'apostasie...
La quatrième de couverture m'avait attiré parce qu'elle promettait un monde de livres et une éventuelle réécriture du mythe du vampire. Déception sur les deux tableaux ! le roman est un mélange confus et mal référencé de sujets mythologiques et bibliques et de contes de fées. Il y a bien des livres mentionnés, mais plutôt qu'intégrés au récit, ils sont égrenés dans des listes indigestes, comme la bibliothèque vaniteuse d'une personne qui dirait qu'elle a beaucoup lu, ou qui voudrait le faire croire. Quant au vampire, rien de très neuf sous le pare-soleil : il est simplement cet être étrangement fascinant, doté d'une beauté bizarre et inquiétante, peut-être vaguement plus pervers que chez Stoker et moins niais que chez Meyer. En gros, un vampire qui aurait lu Sade et qui aimerait le porno un peu trash, mais sur un lit de satin. Il est beaucoup question d'amours tragiques, maudites, interdites et malheureuses, mais elles ne sont que fantasmées et l'érotisme est complètement vicié. L'esthétique de la mort et de la torture n'étant pas ma tasse (de sang) de thé, il me semble que ce conte gothique et sanguinolent ravira surtout les amateurs de fantasy dark, d'ésotérisme torturé et de mysticisme sombre.
Pourquoi ai-je lu ce roman jusqu'au bout, moi qui ne m'entête pas quand un texte ne me convient pas ? J'ai été bloquée 3 heures dans une salle d'attente, avec un téléphone déchargé et aucun autre moyen d'occuper mon temps. Sans cela, j'aurais lâché page 40... Mais au moins, je peux fournir une critique argumentée et aux petits oignons !
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DawnG
  10 avril 2016
Anthelme, jeune homme désabusé, ne trouve pas sa place dans ce monde. Il dévore des livres, s'imprègne des histoires et rêve de mondes et de vies qui n'existent que dans les écrits. Sans attaches, il décide de voyager et d'errer par monts et par vaux au gré du vent. Cependant, un jour il pénètre dans une étrange forêt d'arbres rouges, dans laquelle il perd souvent la notion du temps, des heures, des jours et des nuits. Il découvre une cabane dans laquelle il s'installe. A partir de là, il va parcourir cette étrange contrée, entre lieux enchanteurs et sentiers déroutants. Il la quitte de temps en temps pour se rendre dans la ville la plus proche dans laquelle il pille la bibliothèque, tenue par Alice, de ses ouvrages fantastiques et envoûtants, des romans qui le font s'évader, vivre des vies et des histoires qu'il ne pourra jamais vivre. Un jour, il va tomber sur un roman fascinant qui parle de l'endroit où il a élu domicile depuis 3 ans. La Sylve rouge. Ainsi, il n'est pas seul à connaître cet endroit. le jour où il le rapporte à la douce Alice, il va rencontrer Alvaron, auteur mystérieux, habitant de la Sylve, doté d'un magnétisme étrange.
Alvaron va donner rendez-vous à Anthelme dans un lieu à la fois ensorcelant et angoissant, la maison des Effraies. Dans cette tour sans âge, il va faire la connaissance de personnages singuliers et du maître de la demeure : Aphelion. Être autant charismatique qu'étrange, autant triste que fascinant, autant mystérieux que troublant… A la douce lumière d'une bougie d'Ellébore, au son de la harpe, Aphelion va prendre tout son temps à conter, entre autres étrangetés, l'histoire mélancolique et sublime de la princesse Apostasie.
Ce roman, découpé en 3 parties, est une merveille. Au début, le lecteur découvre Anthelme, un être à fleur de peau, et sa vie dans la Sylve rouge. J'ai eu un peu de mal avec les premiers chapitres, tout s'est enchaîné très vite. Je m'attendais à suivre Anthelme avant la Sylve mais non, l'auteur nous plonge dans le vif du sujet dès le départ. C'était donc le temps d'accrocher au rythme de l'histoire et de me laisser bercer. La seconde partie se passe dans la Maison des Effraies, et suite, … je vous laisse le plaisir de la découverte.
La plume de l'auteur est magique, très belle, envoûtante, je me suis laissée porter par les mots, les sonorités. C'est soigné, travaillé, chaque mot semble pesé et choisi avec soin. le travail d'écriture a dû être important ou la muse très inspirée. C'est difficile d'en parler sans avoir l'impression de trop en dire, j'ai presque envie de vous laisser la surprise ^^
Le récit, l'histoire d'Anthelme est mélancolique, poétique, intemporelle. Pour le plus grand plaisir du lecteur, l'univers se veut sombre, romantique, un peu macabre, mais doux. L'auteur réussit à mêler les contraires: la cruauté et la douceur, la folie et l'espoir, la lumière et la nuit, la chaleur et le froid, … le tout dans un entêtant parfum de fleurs étranges et dans des décors abruptes. Même dans la manière d'écrire, Vincent Tassy souffle la modernité et le passé, il allie les références aux contes de notre enfance avec une histoire de buveurs de sang, hors d'âge, différente de celles déjà contées même si on y retrouve des thèmes chers au genre sous une nouvelle inspiration : ambiguïté sexuelle & sensualité exacerbée, souffrance & délivrance, rêves & réalité,…
La partie dans la Sylve est calme, c'est un temps propice à la découverte et à l'émerveillement, mélange de fascination pour sa flore étrange : fleurs et arbres rouges et de simplicité : promenades et repos. Ce qui se passe dans la maison des Effraies fait passer le lecteur du calme à l'agitation et il passe par une foule de sentiments. Dans cette demeure envahie d'effraies, de lierres et d'épines, on s'y sent à la fois bien et oppressé, fasciné et effrayé. le merveilleux y côtoie l'horreur. On vit un émerveillement malsain dans une aura surnaturelle.
Tout le roman est poétique et enivrant, les lieux, les personnages, j'ai oscillé entre malaise et ravissement. L'histoire d'Apostasie et de ses parents m'a touchée, si belle, si triste, …. J'ai aimé découvrir Lavinia, liée à un amour inconditionnel non partagé; Ambrosius, si doué, si sensible et à la fois si grave. J'ai eu mal avec eux, espéré avec eux, lutter à côté d'eux. J'étais, comme Anthelme, envoûtée par les histoires, les drames, le beau, le merveilleux et l'horrible. Puis une révélation m'a frustrée autant que le protagoniste ! Pour dire comme l'histoire se vit avec intensité. Heureusement, tout n'est pas terminé à ce stade de la lecture. Pour le reste, il faudra lire ce roman.
Je retiendrai une histoire magnifique, envoûtante, différente et mélancolique et une plume précise, belle, avec sa musicalité et son rythme particulier. Ainsi que l'amour des belles histoires, des mots, des livres. Une réussite. Je vous conseille vivement ce roman et la découverte de cet auteur.
Lien : https://lesdecouvertesdedawn..
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Elamia
  01 avril 2018
Je referme ce livre avec la fâcheuse impression de ne pas avoir tout compris à l'histoire.
C'est effectivement une réappropriation très personnelle du mythe du vampire, mais c'est tellement onirique et nébuleux que j'ai eu du mal à me laisser porter par ce roman. Je ne reviendrai pas sur la qualité indéniable de l'écriture de Vincent Tassy, qui est dans la forme, vraiment exceptionnelle, à n'en point douter, mais j'ai eu du mal avec son scénario. Ce qui m'a le plus dérangée est l'âpreté, la rudesse de certaines scènes, notamment dont est victime Elaine, c'est dégradant, dérangeant pour le lecteur. Je n'ai pas vu l'intérêt d'aller aussi loin dans le barbarisme. Certes, Elaine était l'un des personnages que je préférais avec Irvine et elle ne méritait pas ce sort à mes yeux. Car finalement, c'est l'histoire secondaire, celle que raconte Aphelion à propos de la chute du royaume d'Altrosa qui m'a le plus intéressée et emballée. C'est à ce moment là que le récit décolle vraiment et que j'ai cessé de m'ennuyer dans ma lecture. Pour moi Anthelme reste tout au long du livre un personnage assez fade, assez distant. Je pense que c'était le risque encouru en imbriquant l'histoire d'Altrosa dans l'histoire de base.
Les vampires sont assez convaincants dans leur rôle. Ils exercent une fascination morbide et érotique sur leurs victimes, et vont même jusqu'à les faire rêver, pour mieux les appâter et pour rendre leur sang meilleur. Car ici, la transformation en vampire est plutôt vue comme une rédemption, un cadeau, une façon de fuir une existence misérable. Ce qui a du sens, au départ du moins, car finalement, l'éternité est-elle vraiment un idéal, permet-elle réellement d'avoir une vie plus heureuse ? Beaucoup de questions et de réflexions sont posées dans ce roman. le vampire philosophe, le vampire rêveur de ce livre est une autre facette du buveur de sang que développe l'auteur. Il fait appel à de nombreuses références littéraires, gothiques et poétiques, comme Poe, ou Lautréamont, pour ne citer que ces deux là. On sent que Vincent Tassy maîtrise sont sujet, et utilise à bon escient ses sources d'inspiration, sans tomber dans le catalogue.
J'ai beaucoup aimé l'aspect nature, bucolique, avec la Sylve rouge, même si cette forêt au final est plus mortifère que régénératrice pour le héros.
Une lecture qui m'a sortie de ma zone de confort, et c'est peu de le dire. Je l'ai pourtant lu en deux jours, alors que je ne suis pas une habituée de la bit-lit ni du genre horrifique. Je remercie tout de même Babelio et les éditions Mnémos pour l'envoi gracieux de ce livre grâce à Masse critique. Je suis quand même contente d'avoir pu me faire un avis sur ce roman. Je pensais l'apprécier mais il est beaucoup trop éloigné de mes goûts personnel pour cela.
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celindanae
  17 mars 2017
Apostasie est le premier roman de Vincent Tassy auparavant auteur de nouvelles. Il est également professeur de lettres. Il s'intéresse à la littérature fantastique classique, aux littératures de genre contemporaines et au mythe du vampire et à ses diverses manifestations dans la littérature.
Le thème du vampire est ainsi au coeur de ce roman. C'est un thème qui m'intéresse en général même si on trouve un peu trop souvent des grosses bouses dans ce genre (cf Twilight, des vampires gentils qui brillent à la lumière non mais on aura tout vu et pourquoi pas un loup-garou végétarien qui se transforme au soleil et prend des bains de soleil aussi tant qu'on y est!). La couverture du livre m'avait intriguée et j'avais lu de bons avis sur ce roman, je l'ai ainsi acheté au salon du livre de Colmar en novembre dernier. À vrai dire, j'ai plutôt été déçue par ma lecture, je n'y ai pas retrouvé tout ce que les bons avis signalés et je ne suis pas rentrée totalement dedans au point de m'ennuyer par moment. Pourtant, le roman n'est pas dénué de qualités bien au contraire, mais je pense qu'il n'est pas pour moi.
Le début du roman nous présente Anthelme, personnage principal et narrateur, le récit étant fait à la première personne. Désabusé par le monde, il décide de vivre en ermite. Il découvre ainsi une étrange forêt qu'il ne quittera plus pendant 3 ans. On ne sait pas comment il vit ni où, ni comment il subvient à ses besoins, ce n'est pas abordé dans le roman. Ses seuls compagnons pendant tout ce temps sont les livres qu'il adore et emprunte à une bibliothèque sans aucun problème grâce à la gentillesse de la bibliothécaire appelée Alice. Bien entendu, un élément perturbateur va venir entraver cette belle situation: un livre parlant de l'endroit où il vit puis la rencontre avec l'auteur de ce livre (comme quoi un livre ça peut changer une vie).
Anthelme va ainsi faire d'étranges rencontres en la personne du maître de la forêt pour commencer et de ses hôtes. Les vampires sont assez traditionnels dans ce roman: ils sont beaux et extrêmement attirants, se nourrissent de sang bien entendu, n'aiment pas le soleil et lui préfèrent le noir et la cruauté, bref rien de neuf sous le soleil. Bien entendu, Anthelme va tomber sous le charme et se laisser conter une belle histoire de princesse endormie digne de la belle au bois dormant: Apostasie parmi les apostèles. On a ainsi un récit imbriqué dans le récit principal et cette seconde histoire est bien plus intéressante que la première. le souci de cette structure du récit est que l'histoire du début étant nettement en retrait, je me suis beaucoup moins intéressé aux personnages du récit principal. L'histoire de la princesse Apostasie est plus touchante et intrigante que celle d'Anthelme qui ne m'a pas vraiment touché.
Le roman suit un rythme langoureux et lent qui correspond bien aux personnages vampiriques décrits mais qui malheureusement n'est pas exempt de longueurs. Il ne se passe pas grand chose, et on attend désespéramment un peu d'actions. Certes les descriptions sont très belles, le style est soutenu et le vocabulaire très beau mais c'est creux. Tout est sombre et beau, triste et noir et on a envie de les secouer un peu pour les faire sortir de leur tristesse langoureuse. Pourtant, j'apprécie les romans sur les vampires, l'univers gothique et la poésie, mais là c'était trop, je ne suis pas arrivée à rentrer dedans.
Les questionnements sur la mort, l'éternité, l'immortalité sont bien entendu au rendez-vous et assez bien traités. le point de vue des vampires est abordé et on peut éprouver leur désespoir. du point de vue tragique, le roman est bien fait, on ressent bien la tristesse, le désespoir, la nostalgie qui imprègne le récit. La plume de l'auteur est très riche et arrive bien à montrer toute l'horreur dont sont capables les êtres de la nuit. L'univers créé est également riche, beau et froid, et très détaillé correspondant très bien au thème. L'auteur connait bien son sujet et les références aux romans vampiriques sont nombreuses allant de Carmilla au plus récent ouvrage de Morgane Caussarieu Dans les veines.
Apostasie est donc un roman avec de nombreuses qualités, une très belle écriture et un univers détaillé qui va tout à fait avec le thème des vampires. Cependant, je n'ai pas été emportée par le récit, je ne suis pas arrivée à m'attacher aux personnages, ni au rythme lent et à l'aspect froid du tout. En quelque sorte une mayonnaise dont on avait tous les ingrédients mais qui n'a pas pris sur moi…
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
BrochmaelBrochmael   11 février 2018
Mon ombre.

Ma pauvre ombre.

Depuis le coucher du soleil, elle saigne. Et ça ne s’arrêtera plus. Mais d’où vient-il, tout ce sang ? De nulle part, sans doute. Des eaux noires d’une malédiction.

Je ne pourrai plus sortir de chez moi, maintenant. Je m’en moque. Je vais peut-être me laisser mourir de faim. Me noyer. Est-ce que mon ombre saignera encore quand je serai mort ? Est-ce qu’elle pourra engloutir le monde ? Oui. Je crois bien. Je l’ai lu.

On trouvera mon corps, la source de ce mal inconnu. On l’enterrera quelque part. On priera pour que des funérailles mettent fin à l’inondation. Mais le sang se répandra encore et encore ; partout dans la terre, depuis la racine poreuse de mon cercueil. Même dans l’obscurité de la tombe j’aurai toujours une ombre. Alors on étudiera les arcanes de ma dépouille pour neutraliser son fléau, on voudra me réduire en cendres, mais leurs ombres invisibles, même celles de mes chairs désintégrées, saigneront en averses éternelles. Dans des siècles, ou plus tôt, ou plus tard, mes ombres auront tout noyé.

Je n’ignore plus les raisons de cette blessure indolore qui ne cicatrisera jamais. Ce sang, ce sang qui ne tarit pas, mon ombre ne l’aurait jamais versé si je n’avais pas été la proie des fleurs de la Sylve Rouge.

À l’heure noire où mon ombre ruisselle je voudrais dire l’histoire des fleurs maudites, des amours maudites, des splendeurs maudites qui m’ont mené ici. Reclus dans mon taudis, à la lueur grise et fatiguée d’une ampoule nue, je voudrais une dernière fantaisie, raconter l’histoire d’Apostasie.

Mon encre n’est pas enchantée. Mes mots n’auront pas d’énergie ; il n’y aura pas de miracle. Lorsqu’à la surface du monde il n’y aura plus que du sang, mes feuillets se ramolliront, et les souvenirs qu’ils renferment disparaîtront bêtement. C’est tout.

Mais je dois faire vite. Bientôt, on frappera à ma porte ; ce sera quelqu’un qui passe près d’ici, et qui s’inquiète du liquide qui se faufile dans l’interstice.
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kuroinekokuroineko   27 décembre 2018
J'étais né pour contempler, plus que tout autre chose.
Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi les beautés les plus ténébreuses étaient pour moi les plus attirantes. Peut-être le goût du mystère, du voile et de la profondeur. L'obscurité protège de la vérité. De tout ce qu'on ne veut pas savoir. Elle est folle et imprévisible, mais secrète, silencieuse; belle comme une mer de diamants noirs.
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kuroinekokuroineko   27 décembre 2018
Au fil de ma flânerie, au hasard de chemins qui n'en étaient pas, je vis des fleurs énormes ou minuscules qui brillaient doucement dans l'ombre, comme des vers luisants; des étincelles que les feuilles tombantes emportaient dans leur chute; des ruisseaux plus effilés que des serpents, caressés par les lueurs opalines d'un astre singulier. Des couleurs précieuses et voilées, des bleu nuit, des nacres vaporeuses, des abyssines et des fuligineuses, tissaient un lien charnel avec la chevelure cinabrine de la Sylve, offrant un nouveau sens à ce mot, féerie, que je croyais si bien connaître.
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leslecturessucreesleslecturessucrees   10 avril 2018
— Eh bien moi, je n’aime pas les livres.
— Vraiment ?
— Je les ai aimés. J’en ai lu des milliers. Des romans. Des pièces de théâtre. Des récits. Tout ce que l’on appelle des histoires. J’en ai lu jusqu’à m’en dégoûter. Toujours les mêmes histoires. Les personnages, les écrivains essaient de les nuancer pour en faire des êtres uniques, mais au fond ce sont toujours les mêmes. Juste des entités de différentes couleurs, de vagues énergies qui gigotent pour obtenir ce qu’elles veulent. Voilà ce que c’est, une histoire. Des désirs, qui se heurtent à d’autres désirs. Et quand on a trop lu, on voit tout ça, ce schéma pitoyable, qu’on module sans cesse pour donner l’illusion qu’on fait du nouveau, et on n’en peut plus. Machin veut chose, mais chose ou truc ne veut pas. Truc est de l’avis de chose et veut que machin fasse plutôt ceci ou plutôt cela. Machin n’est pas d’accord parce qu’il a ses raisons, bonnes ou mauvaises, ou entre les deux, et Seigneur, qu’est-ce qu’on le comprend, au fond, ce machin, ou alors on compatit avec truc même si on préfère chose. C’est minable. Ça tourne en rond à l’infini. Tellement que les nouveaux livres s’écrivent en fonction des vieux. Truc rend hommage à machin. Machin révolutionne tout en détruisant ce qu’ont fait truc et chose avant lui. On en revient toujours au même point. La structure et la langue changent, mais on a toujours besoin de dire les mêmes choses, parce qu’après des siècles et des siècles de littérature, personne n’a jamais rien compris à quoi que ce soit, et tout recommence sans cesse. Si ce que je suis en train de dire se trouvait dans un livre, je détesterais ce livre parce que je saurais que j’ai déjà lu ça avant, et que c’était inutile de le refaire.
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FungiLuminiFungiLumini   16 mars 2017
C'est l'art qui m'avait fait comprendre que j'avais besoin d'autre chose, et qui m'avait mis sur le chemin de la Sylve. C'est l'art qui avait édifié mes rêves et qui m'avait donné la force de croire que la magie existait. Au lieu de me rendre triste, au lieu de me faire éprouver mortellement la distance entre un réel et un existence enchantée, il m'avait, lui seul, ému aux larmes, confié le secret qu'un ailleurs m'attendait.
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Vidéo de Vincent Tassy
Une interview de Vincent Tassy pour Effroyable Porcelaine, le premier roman de la collections jeunesse Chatons Hantés du Chat noir et pour sa nouvelle dans la Clef d'argent des Contrées du Rêve chez Mnémos, une anthologie sortie dans le cadre du Mois Lovecraft des Indés de l'Imaginaire
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