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EAN : 9782354086251
360 pages
Éditeur : Mnémos (15/03/2018)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 91 notes)
Résumé :
Anthelme croit en la magie des livres qu'il dévore. Étudiant désabusé et sans attaches, il décide de vivre en ermite et de s'offrir un destin à la mesure de ses rêves. Sur son chemin, il découvre une étrange forêt d'arbres écarlates, qu'il ne quitte plus que pour se ravitailler en romans dans la bibliothèque la plus proche.
Un jour, au hasard des étagères, il tombe sur un ouvrage qui semble décrire les particularités du lieu où il s'est installé. Il comprend ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  29 décembre 2018
Bravo aux éditions Memnos pour la beauté attractive de la couverture d'Apostasie. L'illustration reflète bien l'ambiance générale du roman.
Un roman qui tient du conte macabre, de la fable onirique et de la boîte gigogne à histoires. Anthelme, le narrateur, est un jeune homme rêveur, d'un caractère empreint d'une mélancolie ombreuse, féru de féerie et de fantastique gothique Inadapté à notre contemporanéité, il s'évade dans les livres avant de découvrir, hasard ou destin, une forêt étrange, la Sylve rouge. Sorte de Peter Pan attristé par une réalité trop plate et manquant de magie. Lui le contemplatif énamouré d'un passé impossible et fantasmatique, il va se retrouver aux prises d'événements et de récits qui vont au-delà de ce qu'il a jamais pu rêver.
Vincent Tassy signe avec Apostasie une oeuvre fascinante et déstabilisante. En refermant la quatrième de couverture, j'ai eu l'impression de l'avoir rêvée plutôt que lue. Un de ces songes où la frontière entre le rêve et le cauchemar s'affine tellement qu'il devient impossible de les distinguer clairement. le roman possède une sombre violence et des scènes explicites barbares et en même temps la blancheur opaline d'une merveilleuse fantaisie.
Bacchanales sanglantes et contemplation mélancolique, réflexion sur l'amour, la vie, la mort et l'immortalité, tout trouve sa place dans un texte qui lie par un sortilège le lecteur un peu plus à chaque page.
Cela tient grandement à la richesse de l'écriture de Vincent Tassy. Robe hyaline, feuillée cinabrine, éclats adamantins, ... J'ai fait provende de mots rares et précieux. Cette préciosité du langage offre d'ailleurs au récit un caractère hiératique et digne des contes et légendes séculaires.
J'avoue m'être trouvée assez désarçonnée par les premières pages. Mais comme je le disais plus haut, le sortilège m'a happée et j'ai accompagné Anthelme à la rencontre de son destin et des secrets de la Sylve Rouge. Un beau rêve fantasque et funèbre, noir et pourtant si lumineux, dont je ressors conquise par le travail de l'auteur.
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LiliGalipette
  03 avril 2018
Anthelme, jeune homme qui ne trouve pas sa place dans le monde, se réfugie dans une forêt d'arbres rouges et dans un univers magique et enchanté. Il ne la quitte que pour emprunter des dizaines de livres à la bibliothèque. Il découvre un jour un texte qui parle de son abri et rencontre l'auteur de cette oeuvre. Il fait enfin la connaissance d'Aphélion, le maître de la Sylve rouge. Dans la tour du sombre château de ce dernier, Anthelme croise des suppliciés qui s'infligent les pires sévices pour que leur plus grand désir soit exaucé. Aphélion, être éblouissant assoiffé de sang, lui raconte la déchirante histoire d'Apostasie dont les parents se sont détruits à force de mensonges et de vengeance. Envoûté par ce récit, Anthelme décide de partir à la recherche de cette princesse parfaite qui hante désormais ses rêves. « Trouver Apostasie, ce serait plus beau que la plus belle de toutes les vies après la mort, et je ne voulais pas sombrer sans y avoir goûté. » (p. 265)
J'aime les textes riches, l'invention lexicale et les termes désuets – en témoigne mon admiration pour Joris-Karl Huysmans –, mais encore faut-il que cela fasse sens, que ce ne soit pas un artifice ou une posture. Ici, il y a trop d'adjectifs : cette qualification outrancière pourrait être baroque ou maniériste, mais elle n'est que confuse et étouffante. Un exemple pour que vous vous fassiez une idée : « Curieusement, je pus contempler son reflet sans souffrir d'étourdissement. Il avait la beauté d'une oréade morte ; quelque chose en lui me glaçait. Était-ce la luisance vénéneuse dans ses yeux effilés, ou le rouge sang de ses lèvres minuscules, ou les fuseaux de ses pommettes aiguilleuses ? Tout cela à la fois. Son visage comme une harmonie d'épines. » (p. 61) Si cela vous plaît, jetez-vous sur le roman, il devrait vous convenir. Dernier point : j'aime que les personnages d'un roman aient des noms originaux. Cela permet de bien les différencier et de s'en souvenir. Ici, Vincent Tassy nous sert la crème de la crème des prénoms oubliés et il n'hésite pas à transformer des noms communs en noms propres. Soit, pourquoi pas. Mais il est bien de connaître le sens véritable du terme avant d'en affubler un personnage. Ainsi, si vous décidez de lire ce roman, ayez bien en tête la définition d'apostasie...
La quatrième de couverture m'avait attiré parce qu'elle promettait un monde de livres et une éventuelle réécriture du mythe du vampire. Déception sur les deux tableaux ! le roman est un mélange confus et mal référencé de sujets mythologiques et bibliques et de contes de fées. Il y a bien des livres mentionnés, mais plutôt qu'intégrés au récit, ils sont égrenés dans des listes indigestes, comme la bibliothèque vaniteuse d'une personne qui dirait qu'elle a beaucoup lu, ou qui voudrait le faire croire. Quant au vampire, rien de très neuf sous le pare-soleil : il est simplement cet être étrangement fascinant, doté d'une beauté bizarre et inquiétante, peut-être vaguement plus pervers que chez Stoker et moins niais que chez Meyer. En gros, un vampire qui aurait lu Sade et qui aimerait le porno un peu trash, mais sur un lit de satin. Il est beaucoup question d'amours tragiques, maudites, interdites et malheureuses, mais elles ne sont que fantasmées et l'érotisme est complètement vicié. L'esthétique de la mort et de la torture n'étant pas ma tasse (de sang) de thé, il me semble que ce conte gothique et sanguinolent ravira surtout les amateurs de fantasy dark, d'ésotérisme torturé et de mysticisme sombre.
Pourquoi ai-je lu ce roman jusqu'au bout, moi qui ne m'entête pas quand un texte ne me convient pas ? J'ai été bloquée 3 heures dans une salle d'attente, avec un téléphone déchargé et aucun autre moyen d'occuper mon temps. Sans cela, j'aurais lâché page 40... Mais au moins, je peux fournir une critique argumentée et aux petits oignons !
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ManonReal
  30 octobre 2019
Spectral. Brillant. Coagulant. Lumineux. Ardent. Je pourrais uniquement utiliser ces cinq mots pour qualifier ce livre. Mais comme je me connais, je ne pourrais pas faire cette chronique sans vous confronter à l'atmosphère et au décor de l'univers crée par Vincent Tassy.
Apostasie nous évoquerait sans problème quelque chose en lien avec la religion, or pas du tout. C'est le nom d'une princesse ayant vécu dans un royaume perdu, celui d'Altrosa. Où est-il ce royaume? C'est ce que ne va cesser de se demander un certain Anthelme. Ce protagoniste est le prototype du lecteur qui ne trouve son bonheur qu'à travers un ouvrage. La réalité l'ennuie au plus haut point, jusqu'à lui donner envie de quitter son quotidien d'étudiant et de se réfugier dans la campagne, au plus profond d'une forêt à la caractéristique particulière: les arbres sont rouges. La Sylve Rouge s'ouvre alors à Anthelme. En y repensant mieux, il nous rappellerait une certaine jeune femme égoïste et inconsciente du danger du nom de Bella Swan (eh oui...Twilight n'est jamais loin...attention mon avis est purement subjectif...) mais à quelques détails près. Je serais tentée de dire qu'il s'est quand même rattrapé sur certains points dans le récit. Bref.
Notre ami Anthelme ne sort plus de cet endroit situé à proximité d'un village, où, un beau soir, un personnage digne des "vampires sauce Anne Rice" l'accoste. C'est Alvaron. Ce dernier va alors emmener Anthelme dans un lieu empreint de féerie, d'horreur et de gothique mêlés à une sensibilité romantique et quasi-surnaturelle. L'étudiant va se retrouver face à une créature d'une beauté impensable: Aphelion, maître des lieux et ami, si je puis dire, amant d'Alvaron. C'est là que tout s'enchaîne. Anthelme croit tomber dans un rêve sans fin lorsque Aphelion entame son récit centré autour de la fameuse Apostasie, fille d'Irvine et de Lavinia, souverains d'Altrosa.
Apostasie n'est pas le personnage qui apparaît le plus souvent dans l'oeuvre. Je dirais qu'elle illustre dans l'ombre les malheurs de ses parents, à commencer par sa mère, Lavinia, notamment lorsqu'elle rend visite à son sorcier de beau-frère, Ambrosius, pour lui demander de "briser des cordes vocales". Pourquoi? Parce que le roi Irvine connaît une passion amoureuse plus que dévorante pour une dénommée Elaine (Elaine...Hélène... une certaine inspiration mythologique?) et que la reine se sent délaissée malgré tous ses efforts de conquête! Au son de cette histoire Anthelme ne pensera qu'à une seule chose: retrouver Apostasie. Mais c'était sans compter sur Aphelion, prétextant cette histoire pour mieux se repaître de son sang et le faire sien pour l'éternité.
Je pense avoir écrit pas mal sur ce bijou littéraire et je vais vous laisser découvrir cette histoire par vous même. Merci Vincent Tassy pour ce beau moment à la fois pur et vermeil!
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Bouldegom
  16 septembre 2020
Anthelme est un garçon rêveur qui vit surtout dans les livres. Déçu par le monde, il s'exile et trouve refuge dans une cabane au coeur d'une forêt étrangement magnétique, dont la flore est couleur de sang, la Sylve Rouge. Contacté par un être vivant dans cette forêt, il est conduit au maître des lieux, le vampire Aphélion. Ce dernier lui conte l'histoire d' Apostasie, une princesse au bois dormant comme les aime Anthelme. Telle sera sa nouvelle quête, retrouver Apostasie. En cours de route, il rencontrera d'autres êtres étranges, qui l'aideront, dans leur propre intérêt, à chercher Apostasie.
L'ambiance du roman m'a rappelé l'univers de Anne Rice, dans son "Entretien avec un vampire". Des châteaux, des donjons, une forêt enchantée, des êtres surnaturels offrant des visions cauchemardesques autant que sublimes. Je suis tombée sous le charme de l'écriture, des mots utilisés, comme un envoûtement. J'ai cheminé entre rêve et cauchemar, entre imagination et réalité. Il y a une forte opposition entre pulsion de vie (Anthelme) et pulsion de mort (les vampires). Des sentiments ambivalents nous traversent.
Ce fût une expérience étrange que cette lecture, quelque chose de magique et d'envoûtant, avec l'impression d'avoir pénétré un royaume secret et interdit. Ce qui est sûr, c'est que j'y pense encore trois jours après avoir achevé ma lecture...
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vilvirt
  06 janvier 2020
Quel livre ! Dès le début, je savais que j'allais me laisser emporter. Et quand on est sensible aux mots, comme moi, à leur résonnance, à leur musique, impossible de ne pas se sentir touché par Apostasie. Vincent Tassy possède ce don avec les mots, cette sensibilité que je retrouve rarement ailleurs, ce goût pour le lyrisme et la poésie, pour le macabre et le dérangeant aussi. Tout cela couplé à un style élégant et totalement personnel : une véritable magie du verbe.
Apostasie est un magnifique roman gothique, une ode à la mélancolie, à la puissance des rêves, au désir, à la vie et surtout à la mort. C'est un voyage onirique et envoûtant au coeur d'un royaume, celui de la féerie, de la beauté, celui de l'immortalité où le merveilleux côtoie la cruauté la plus pure. Une mise en abîme maîtrisée, deux histoires qui se rejoignent, deux contes horribles et fascinants qui oscillent entre tristesse et magie du sang, qui nous écartèlent entre illusion et réalité.
Difficile de savoir ce qui se passe réellement pour Anthelme, le jeune ermite au centre du récit, qui a décidé de se retirer du monde pour lire et méditer au seuil d'une forêt étrange qu'il est peut-être le seul à voir. Difficile de lever le voile sur cette sylve mystérieuse qui reste insensible au temps et aux saisons. Difficile d'exprimer la complexité de sa symbolique - entre paradis et enfer - dont le héro s'arrache avec peine, dont les sentiers sont peuplés de fleurs inconnues, de parfums aphrodisiaques. Difficile de parler des personnages torturés qui l'entourent, de leurs mystères, de leurs secrets, de leurs ombres, de leurs retraites enchantées ou sanglantes.
Tout ce que je peux dire, c'est qu'on se laisser embarquer corps et âme dans cette étrange fable macabre. Plus qu'une plume élégante à la douloureuse perfection, l'auteur possède un esprit merveilleux probablement inspiré par le meilleur des littératures gothique et horrifiques. Cette qualité d'imagination qui mène forcément aux grandes histoires.
Apostasie restera dans mon esprit un récit fort, baigné de références douces-amères, avec des scènes parfois assez violentes - seul reproche que je lui ferais et qui m'empêche de le voir comme un coup de coeur absolu -, mais une symbolique puissante qui efface le malaise éprouvé lors de certains passages. Une découverte qui me rend impatiente de découvrir d'autres oeuvres de Vincent Tassy.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
BrochmaelBrochmael   11 février 2018
Mon ombre.

Ma pauvre ombre.

Depuis le coucher du soleil, elle saigne. Et ça ne s’arrêtera plus. Mais d’où vient-il, tout ce sang ? De nulle part, sans doute. Des eaux noires d’une malédiction.

Je ne pourrai plus sortir de chez moi, maintenant. Je m’en moque. Je vais peut-être me laisser mourir de faim. Me noyer. Est-ce que mon ombre saignera encore quand je serai mort ? Est-ce qu’elle pourra engloutir le monde ? Oui. Je crois bien. Je l’ai lu.

On trouvera mon corps, la source de ce mal inconnu. On l’enterrera quelque part. On priera pour que des funérailles mettent fin à l’inondation. Mais le sang se répandra encore et encore ; partout dans la terre, depuis la racine poreuse de mon cercueil. Même dans l’obscurité de la tombe j’aurai toujours une ombre. Alors on étudiera les arcanes de ma dépouille pour neutraliser son fléau, on voudra me réduire en cendres, mais leurs ombres invisibles, même celles de mes chairs désintégrées, saigneront en averses éternelles. Dans des siècles, ou plus tôt, ou plus tard, mes ombres auront tout noyé.

Je n’ignore plus les raisons de cette blessure indolore qui ne cicatrisera jamais. Ce sang, ce sang qui ne tarit pas, mon ombre ne l’aurait jamais versé si je n’avais pas été la proie des fleurs de la Sylve Rouge.

À l’heure noire où mon ombre ruisselle je voudrais dire l’histoire des fleurs maudites, des amours maudites, des splendeurs maudites qui m’ont mené ici. Reclus dans mon taudis, à la lueur grise et fatiguée d’une ampoule nue, je voudrais une dernière fantaisie, raconter l’histoire d’Apostasie.

Mon encre n’est pas enchantée. Mes mots n’auront pas d’énergie ; il n’y aura pas de miracle. Lorsqu’à la surface du monde il n’y aura plus que du sang, mes feuillets se ramolliront, et les souvenirs qu’ils renferment disparaîtront bêtement. C’est tout.

Mais je dois faire vite. Bientôt, on frappera à ma porte ; ce sera quelqu’un qui passe près d’ici, et qui s’inquiète du liquide qui se faufile dans l’interstice.
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kuroinekokuroineko   27 décembre 2018
J'étais né pour contempler, plus que tout autre chose.
Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi les beautés les plus ténébreuses étaient pour moi les plus attirantes. Peut-être le goût du mystère, du voile et de la profondeur. L'obscurité protège de la vérité. De tout ce qu'on ne veut pas savoir. Elle est folle et imprévisible, mais secrète, silencieuse; belle comme une mer de diamants noirs.
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kuroinekokuroineko   27 décembre 2018
Au fil de ma flânerie, au hasard de chemins qui n'en étaient pas, je vis des fleurs énormes ou minuscules qui brillaient doucement dans l'ombre, comme des vers luisants; des étincelles que les feuilles tombantes emportaient dans leur chute; des ruisseaux plus effilés que des serpents, caressés par les lueurs opalines d'un astre singulier. Des couleurs précieuses et voilées, des bleu nuit, des nacres vaporeuses, des abyssines et des fuligineuses, tissaient un lien charnel avec la chevelure cinabrine de la Sylve, offrant un nouveau sens à ce mot, féerie, que je croyais si bien connaître.
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leslecturessucreesleslecturessucrees   10 avril 2018
— Eh bien moi, je n’aime pas les livres.
— Vraiment ?
— Je les ai aimés. J’en ai lu des milliers. Des romans. Des pièces de théâtre. Des récits. Tout ce que l’on appelle des histoires. J’en ai lu jusqu’à m’en dégoûter. Toujours les mêmes histoires. Les personnages, les écrivains essaient de les nuancer pour en faire des êtres uniques, mais au fond ce sont toujours les mêmes. Juste des entités de différentes couleurs, de vagues énergies qui gigotent pour obtenir ce qu’elles veulent. Voilà ce que c’est, une histoire. Des désirs, qui se heurtent à d’autres désirs. Et quand on a trop lu, on voit tout ça, ce schéma pitoyable, qu’on module sans cesse pour donner l’illusion qu’on fait du nouveau, et on n’en peut plus. Machin veut chose, mais chose ou truc ne veut pas. Truc est de l’avis de chose et veut que machin fasse plutôt ceci ou plutôt cela. Machin n’est pas d’accord parce qu’il a ses raisons, bonnes ou mauvaises, ou entre les deux, et Seigneur, qu’est-ce qu’on le comprend, au fond, ce machin, ou alors on compatit avec truc même si on préfère chose. C’est minable. Ça tourne en rond à l’infini. Tellement que les nouveaux livres s’écrivent en fonction des vieux. Truc rend hommage à machin. Machin révolutionne tout en détruisant ce qu’ont fait truc et chose avant lui. On en revient toujours au même point. La structure et la langue changent, mais on a toujours besoin de dire les mêmes choses, parce qu’après des siècles et des siècles de littérature, personne n’a jamais rien compris à quoi que ce soit, et tout recommence sans cesse. Si ce que je suis en train de dire se trouvait dans un livre, je détesterais ce livre parce que je saurais que j’ai déjà lu ça avant, et que c’était inutile de le refaire.
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FungiLuminiFungiLumini   16 mars 2017
C'est l'art qui m'avait fait comprendre que j'avais besoin d'autre chose, et qui m'avait mis sur le chemin de la Sylve. C'est l'art qui avait édifié mes rêves et qui m'avait donné la force de croire que la magie existait. Au lieu de me rendre triste, au lieu de me faire éprouver mortellement la distance entre un réel et un existence enchantée, il m'avait, lui seul, ému aux larmes, confié le secret qu'un ailleurs m'attendait.
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Vidéo de Vincent Tassy
Une interview de Vincent Tassy pour Effroyable Porcelaine, le premier roman de la collections jeunesse Chatons Hantés du Chat noir et pour sa nouvelle dans la Clef d'argent des Contrées du Rêve chez Mnémos, une anthologie sortie dans le cadre du Mois Lovecraft des Indés de l'Imaginaire
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