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Michel Lederer (Traducteur)André-François Ruaud (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070306251
400 pages
Éditeur : Gallimard (01/07/2005)
4.04/5   139 notes
Résumé :
Au XXVe siècle, l'humanité s'éteint doucement, abreuvée de tranquillisants prescrits en masse par les robots qu'elle a elle-même programmés à cette fin. Le monde repose désormais sur les épaules de Robert Spofforth, l'androïde le plus perfectionné jamais conçu, qui possède des facultés inouïes... sauf, à son grand regret, celle de se suicider. Mais l'humanité moribonde se fend d'un dernier sursaut. Paul Bentley, petit fonctionnaire sans importance, découvre dans les... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Luniver
  21 décembre 2012
Planète Terre, XXVe siècle. Notre monde s'est progressivement robotisé : les androïdes règlent désormais la plupart des tâches industrielles, nous servent dans les restaurants, nous surveillent, et nous éduquent. Les robots sont de plusieurs classes, en fonction de l'intelligence que leur mission requiert. le plus haut degré, le neuvième, consiste à implanter une copie de l'esprit d'un ingénieur humain dans l'androïde. Ce cocktail d'humanité et de haute intelligence a conduit tous les robots de classe neuf à se suicider, ce qui n'est pas particulièrement rassurant (et en dit long sur l'estime que porte l'auteur à ses semblables). le seul à survivre à cette hécatombe est l'androïde Robert Spofforth, à qui on a retiré la faculté de se supprimer, et condamné à servir les humains jusqu'à ce qu'ils n'aient plus besoin de lui.
Malheureusement, il y a peu d'espoir de ce côté-là : les humains sont éduqués depuis des siècles à éviter tout effort intellectuel (« Pas de questions, relax », « Dans le doute, n'y pense plus »), à vivre dans l'isolement le plus complet, et à se contenter du plaisir sexuel ou chimique comme seuls buts dans la vie. Plus personne n'est capable de réparer quoi que ce soit, et quand un robot tombe en panne, on apprend seulement à se priver de ce qu'il fournissait.
Un homme, cependant, va faire une découverte susceptible de changer sa vie. Paul Bentley, professeur d'université spécialisé dans les films, tombe par hasard sur une bobine qui n'est pas un film porno comme attendu, mais qui représente une maîtresse apprenant à lire à des enfants. Avec de l'obstination, il parvient lui aussi à maîtriser la lecture. Ce qu'il découvre dans les livres et les vieux films muets le stupéfie : des gens vivants en groupe, en « famille », sans se soucier des Fautes de Promiscuité et d'Intrusion dans la Vie Privée qu'ils commettent. D'autres qui se disputent, se battent, pleurent, tombent amoureux, sans songer aux sopors qui leur permettraient d'oublier tout ça. Avec l'aide de Mary-Lou, une autre marginale, il va redécouvrir tout le passé de l'humanité et apprendre à se défaire de son éducation.
Walter Tevis nous fait le portrait d'un monde où l'individualisme a été poussé à son maximum, où la société s'est totalement coupée de son passé. La thématique est évidemment intéressante, et on peut facilement comprendre les mises que l'auteur nous adresse, mais j'ai trouvé l'écriture très sèche. J'ai eu peu d'empathie pour les personnages, et à aucun moment je n'ai ressenti en quoi ce système était mauvais, et ce qui manquait aux gens qui en étaient prisonniers, à la différence d'autres dystopies, comme 1984, la Servante écarlate, … dans lesquelles on ressent presque physiquement le poids écrasant de leur vie au quotidien. Ici, on sait juste que des gens s'immolent, sans savoir vraiment pourquoi, et ces gens invoquent le nom du Christ, alors que la religion est totalement absente de la vie de Paul, ce qui laisse à penser qu'ils ne font pas vraiment partie du même système. Paul regrette de temps en temps la compagnie de ses amis, mais on ne s'attarde pas non plus beaucoup sur ce sentiment. On peut alors se poser la question : cette vie nous semble bien fade, mais est-ce qu'elle rend les gens vraiment malheureux ? Et quand on trouve que la vie dans une dystopie n'est pas aussi mauvaise qu'elle en a l'air, on ne peut s'empêcher de penser que l'auteur a un petit peu manqué sa cible...
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Missbouquin
  15 juillet 2012
"Seul l'oiseau moqueur chante à l'orée du bois."
Aux alentours du XXVe siècle, Walter Tevis nous dépeint un monde effrayant : il n'y a presque plus d'hommes sur Terre, plus de naissances, des robots mal réglés contrôlent tout et l'humanité a tout oublié. La lecture, le cinéma ont disparu :" La Lecture est le partage profond et subtil d'idées et de sentiments par des moyens sournois. C'est une grossière invasion de la Vie Privée [...]. L'Enseignement de la Lecture est également un crime contre la Vie Privée et la Personnalité."
Les rares humains survivants sont drogués, stupides (« Pas de questions. Relax », "dans le doute, n'y pense plus" ) et fondamentalement individualistes. Leurs principales occupations sont de faire l'amour (« Sexe vite fait, sexe bien fait »), fumer des joints et prendre des tranquillisants fournis en masse par le gouvernement pendant que les robots s'occupent du reste.
Et surtout, on apprend très tôt aux enfants les réflexes fondamentaux : rester seul, ne pas engendrer de situations de violation de la vie privée, ne pas penser. L'intimité et la solitude sont à la base de cette Terre désertée.
C'est là qu'évoluent les trois personnages principaux :
- Spofforth, dernier représentant des robots les plus évolués construits par l'homme avant la décadence. Il contrôle tout mais recherche la paix dans la mort, ce que son corps programmé lui refuse : "Spofforth avait été conçu pour vivre éternellement et ne rien oublier. Et les hommes à l'origine de ce projet ne s'étaient même pas interrogés sur le drame qu'une telle existence pouvait représenter."
- Paul Bentley, qui apprend à lire, redécouvre la culture, l'histoire humaine et suivra un long et douloureux chemin avant de parvenir à s'émanciper de son éducation première. "Le simple fait de savoir que l'homme a un passé, un passé sur lequel je ne possède pourtant que de très vagues notions, a radicalement modifié mon esprit et mon comportement."
- Mary-Lou, jeune rebelle résistante à tout système, dont Paul tombe amoureux et pour qui il luttera jusqu'au bout.
C'est un roman un peu terrifiant que l'Oiseau d'Amérique car cette vision est crédible : une Terre appauvrie, détruite par les guerres, déshumanisée, où les hommes vivent chacun de leur côté ou se suicident en masse quand ils ne peuvent plus supporter le vide de leur vie. Une Terre où les sentiments, l'amour, l'amitié, semblent avoir totalement disparus.
Pourtant, il est finalement fondamentalement optimiste. Walter Tevis nous fait découvrir son monde tranquillement, sans faire intervenir de nombreuses péripéties, il suit le cheminement de Paul, ses interrogations et ses découvertes, et l'accompagne jusqu'au dénouement. Jusqu'à l'infime bouleversement qui nous laisse présager un avenir plus radieux ... Un hymne au pouvoir subversif des livres et de la culture, émaillé de nombreuses références à la culture américaine.
D'un point de vue de l'histoire, c'est donc un coup de coeur, un roman qui suscite des réflexions intemporelles. Pourtant, on peut regretter un style presque pauvre. Est-ce la traduction ? En tout cas nous (car je l'ai lu à voix haute avec mon cher et tendre) avons trouvé que les constructions étaient très simplistes, du genre sujet, verbe, complément. Ce qui, à l'oral, rend une lecture saccadée, peu fluide.
Cependant, un classique de la SF et de la dystopie, à lire (en VO ?)
Lien : http://wp.me/p1Gkvs-Yf
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Le_chien_critique
  17 janvier 2019
Foutus robots, ils étaient censés nous servir, pas asservir.
Mais l'ont-ils seulement fait ?
Drôle d'oiseau que ce Spofforth, un androide plus qu'humain en ce 25ème siècle. Il tente même de se suicider dès les premières lignes du roman. Alors si vous voulez savoir pourquoi un robot tente de mettre fin à ses jours...
Peut être est-ce du aux nouvelles valeurs inculquées à nos chers têtes blondes : "Sexe vite fait protège", "Dans le doute, n'y pense plus", "Être seul, c'est être bien" "Pas de questions, relax".
L'auteur donne lentement les indices de son univers en nous contant l'histoire de trois personnages dans ce monde étrange, suicidaire, individualiste et moribond.
Métaphore de notre société individualiste, la réflexion n'a pas perdu de son mordant malgré ses 50 ans d'âge. Cela est sûrement du à sa manière d'aborder le sujet, un récit intimiste, mélancolique, poétique et tout en douce ironie. La chute est le symbole, absurde, d'une société qui marche sur la tête.
Un roman qui continue à vous interroger, longtemps après sa lecture. Et qui vous explique pourquoi il faut continuer à lire. Ce roman m'a fait penser un peu dans son style et atmosphère à un roman d'Andreas Eschbach, le Dernier de son espèce.
Parce qu'il faut bien dire un peu de mal, j'ai trouvé un peu longuet l'épisode servant prétexte à nous parler de la religion. le propos est judicieux, mais un peu longuet.
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Lady_Stardust
  10 mars 2018
À un élan de nostalgie pour les : 1984 de George Orwell, le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, où encore Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, s'est greffée la curiosité et l'envie de sortir de mes étagères un roman dystopique plus "ancien" et peu souvent évoqué.
Attention, il ne s'agit pas d'une antiquité non plus ! Il n'a que 38 ans (deux de moins que le premier film Blade Runner, soit dit en passant), mais a été nommé, en son temps, pour les prix Locus et Nebula du meilleur roman, et revient régulièrement dans des listes de romans d'anticipation préférés chez certains lecteurs.
Avec un roman de ce genre, vous ne serez pas surpris d'apprendre que le XXVe siècle dépeint ici est sinistre et déprimant. D'ailleurs aucune date précise ne filtre avant le dernier chapitre pour millésimer ce monde .On ne parle plus en mois ou en année, mais en bleus ou jaunes pour se représenter le temps passé.
Une façon de nous aviser que le temps, et l'histoire elle-même, n'ont plus de signification pour le peu d'humains qui restent sur terre, puisqu'ils ne travaillent plus, ne raisonnent plus, ne communiquent plus, ne savent même plus lire, ni même ce qu'était un livre !
Le propos central de l'auteur tourne effectivement autour de cette idée, que l'abrogation de la lecture et la prohibition de l'accès à la connaissance engendreraient l'aliénation et l'effondrement à terme de l'humanité. Et que par opposition, de la résurrection du savoir naîtrait la rédemption du monde des hommes et l'accès à leur libération.
Toutes ces thématiques ne sont pas nouvelles, et je vous mentirais en disant que cette histoire déborde d'originalité, tant les thèmes évoqués ont déjà été traités dans bon nombre de romans ou de films. Mais son attrait n'est pas là !
J'ai d'abord été frappée par la simplicité et la pureté du style, entraînant une aisance à faire défiler les pages assez étonnante, et qui pour moi, s'apparente à de l'habileté.
La surprise m'attendait aussi au tournant face à la poésie teintée de mélancolie de certaines scènes, et ce, dès le premier chapitre, sur le toit de l'Empire State Building. Je me suis d'ailleurs fait la réflexion comme quoi le titre original de "Mockingbird" était bien plus beau que celui de la traduction.
[...]
L'impression que ce roman n'est pas une dystopie traditionnelle ou un roman de SF classique perdurera en moi ! Je garderai à l'esprit l'image d'une parabole aux contours philosophiques, centrée sur l'âme humaine, la force de l'amour, le recouvrement de toutes les libertés, en passant par celle de vivre ou de mourir. le futur de l'humanité pourra-t-il être secouru par le pouvoir de la connaissance ? C'est une petite lueur d'espoir qui refusera de s'éteindre une fois le livre refermé.
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Marilynzillah
  27 avril 2020
Un livre qu'on souhaite faire découvrir à tout le monde. Une histoire fantastique pour nous faire aimer la réalité, la liberté et l'amour.
La préface, fort bien faite, d'André-François Ruaud, nous présente Walter Tevis et donne envie de lire tous ses romans. J'adore la science-fiction de cette qualité-là, sans trop de jargon technologique, située dans un univers futuriste mais cohérent avec des personnages attachants. Il se dégage une mélancolie tranquille, tour à tour désespérée ou pleine de vie, des moments de grâce pure. Un roman captivant qui est tout entier une belle allégorie de la lecture.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
bibliophagebibliophage   09 avril 2011
Autrefois, il y a très longtemps, il existait des téléphones privés à New York. Les gens se parlaient alors, peut-être à distance, de façon étrange, avec des voix rendues ténues et artificielles par l'électronique, mais ils se parlaient. Des prix des produits alimentaires, des élections présidentielles, du comportement sexuel de leurs enfants, de leur peur du temps et de la peur de la mort. Et ils lisaient, écoutant les voix des vivants et des morts leur parler dans un silence plein d'éloquence, entendant cette rumeur du discours humain qui devait s'enfler dans leur esprit pour dire : Je suis humain. Je parle. J'écoute. Et je lis.
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SioSio   09 mai 2012
Lorsqu'elle m'a relu ces quelques phrases, j'ai ressenti ce que j'avais déjà ressenti en regardant certaines scènes dans les films. Quelque chose qui s'enflait, douloureux et joyeux, dans ma poitrine.
Après, pour une raison étrange qui m'échappait, j'ai dit: "Seul l'oiseau moqueur chante à l'orée du bois."
Elle a levé les yeux de son livre et a fait: [...]
"ça ressemble aux mots que je viens de lire, non? On éprouve quelque chose et on ne sait pas ce que c'est.
- Oui, ai-je fais, étonné, presque rempli d'effroi à l'idée qu'elle venait justement d'exprimer ce que j'avais justement l'intention de dire. Oui, exactement.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   17 janvier 2019
C’est étrange. Je pense à présent qu’ils s’attendaient à quelque miracle en entendant dire tout haut les mots de la Bible, à la révélation de ce profond mystère : le message d’un livre impénétrable qu’ils avaient appris à révérer. Mais il n’y eut pas de miracle et ils perdirent bientôt tout intérêt véritable envers ce sujet. Je crois que pour comprendre les mots de la Bible, il fallait une attention et une dévotion qu’aucun d’eux, à l’exception peut-être du vieil Edgar, ne possédait. Ils s’étaient disposés à accepter sans se poser de questions la plus rigoureuse des piétés, le silence, les contraintes sexuelles, de même que quelques platitudes sur Jésus, Moïse et Noé, mais ils étaient incapables de faire l’effort nécessaire pour appréhender la réalité littéraire qui était la véritable source de leur religion.
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odin062odin062   15 août 2017
— Qu’est-ce que tu entends par tomber amoureux ? Qu’est-ce que c’est l’amour ?
Il mit très longtemps avant de répondre.
— Des contractions dans l’estomac. Des serrements de cœur. Vouloir que tu sois heureuse. Être obsédé par toi, par la façon dont tu redresses le menton, par la façon dont tes yeux se posent parfois sur moi avec intensité, par la façon dont tes mains tiennent cette tasse de café. Et c’est aussi t’écouter ronfler la nuit pendant que je reste assis dans ce fauteuil.
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SioSio   09 mai 2012
Simon me disait toujours: "N'oublie jamais d'explorer ton environnement, mon petit." Je me suis donc promenée dans les couloirs comme Lady Macbeth ouvrant les portes. La plupart des pièces étaient vides.
- Qu'est-ce que c'est, Lady Macbeth? demandai-je pour essayer de faire la conversation.
- Une personne qui se balade en pyjama, répondit-elle.
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Videos de Walter Tevis (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Walter Tevis
| LES LIVRES PAR LEURS TRADUCTEURS |#2 Rencontre avec Jacques Mailhos Pour sa traduction de
LE JEU DE LA DAME de Walter Tevis
/// RÉSUMÉ
Kentucky, 1957. Apres la mort de sa mere, Beth Harmon, neuf ans, est placee dans un orphelinat ou l'on donne aux enfants de mysterieuses ”vitamines” censees les apaiser. Elle y fait la connaissance d'un vieux gardien passionne d'echecs qui lui en apprend les regles. Beth commence alors a gagner, trop vite, trop facilement. Dans son lit, la nuit, la jeune fille rejoue les parties en regardant le plafond ou les pieces se bousculent a un rythme effrene. Plus rien n'arretera l'enfant prodige pour conquerir le monde des echecs et devenir une championne. Mais, si Beth predit sans faute les mouvements sur l'echiquier, son obsession et son addiction la feront trebucher plus d'une fois dans la vie reelle.
11/03/2021 |Les éditions Gallmeister
/////// Cette série d'entretiens est réalisée par les étudiants en Master 2 de création littéraire de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines dans le cadre de leur stage au festival vo-vf.
:::: LE PROGRAMME COMPLET de la série : https://www.festivalvo-vf.com/les-livres-par-les-traducteurs/
© FESTIVAL VOVF 2021 www.festivalvo-vf.com
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