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EAN : 9782757843703
648 pages
Points (26/02/2015)
3.89/5   132 notes
Résumé :
Enza et Ciro ont grandi à quelques kilomètres l'un de l'autre mais se rencontrent pour la première fois au début du XXe siècle dans les Alpes italiennes. Ciro est bientôt contraint de partir à New York pour devenir apprenti chez un cordonnier à Little Italy. De son côté, Enza s'installe également aux Etats-Unis pour aider les siens à sortir de la misère. La Première Guerre mondiale éclate.
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
3,89

sur 132 notes
Caterina Lazarri vient de perdre son mari Carlo - ce dernier était parti comme mineur pour l'extraction du fer dans l'Iron Range au Minnesota - et l'effondrement de la mine en 1904 l'a laissée veuve avec deux garçons Edouardo et Ciro. Elle confie la fratrie aux soeurs du Couvent San Nicola à Vilminore de Scalve, le village paternel. Les deux frères s'entraident et leur complicité fusionnelle va les construire et sceller leur relation. Quand Eduardo s'intéresse à la religion et se révèle très pieux, Ciro, plus révolté, a besoin de se dépenser et fait preuve d'une grande force physique, il aide Ignacio, le jardinier du couvent dans de multiples petits boulots physiques. C'est à l'occasion d'un enterrement qu'il fait la connaissance, à quinze ans, d' Enza, une jeune fille du même âge, qui voit en lui la force et la confiance dont elle a besoin, et dont elle tombe amoureuse. Malheureusement, le jeune Ciro, encore trop léger, n'a d'yeux que pour la jolie Concetta. La découverte d'une liaison condamnable dont il est témoin va le contraindre à fuir, aidé par les bonnes soeurs… Son sort est scellé, il sera envoyé aux Etats-Unis pour devenir cordonnier et c'est la mort dans l'âme qu'il doit quitter son frère et sa famille d'adoption.

Un roman historique et un roman d'apprentissage qui permet de suivre la destinée de Ciro, jeune adolescent, contraint de fuir son village pour découvrir un nouveau destin aux Etats-Unis, d'abord à New-York, puis dans le Minnesota. C'est également l'histoire d'amour très contrariée entre Enza et Ciro, le destin d'un couple qu'Adriana Trigiani connaît bien puisqu'elle s'est inspirée de sa propre histoire familiale, celle de sa grand-mère qui a débarqué à New-York pour y travailler comme couturière, notamment à l'Opéra de New-York, où elle rencontrera Caruso. L'italienne est un roman à la fois historique qui s'intéresse à l'immigration italienne qui s'installe d'abord dans Little Italy puis essaime au gré des opportunités offertes et selon l'entraide proposée par la communauté italienne,  un roman d'amour entre Enza et Ciro, et relate également l'amour fraternel entre Edouardo et Ciro, qui, bien que séparés par les frontières, restent proches et protecteurs. L'italienne est un roman bien écrit, je me suis attachée aux personnages, malgré quelques longueurs - 200 pages en moins n'auraient pas, à mon avis, enlevé la substance du roman, - et j'ai pris plaisir à découvrir la communauté italienne de New-York et l'entraide entre immigrants, relatée de façon très vivante par Adriana Trigiani.
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Nous sommes en Italie, en 1905, une mère trop pauvre pour élever ses enfants les confie à des religieuses dans un petit monastère de montagne. Les deux garçons, aux caractères très différents, vont se forger chacun un destin en fonction des événements auxquels ils seront confrontés.

Edouardo est sûr dès son plus jeune âge qu'il consacrera sa vie à Dieu en devenant prêtre.
Tout est plus compliqué pour Ciro, le révolté. Pour éviter la maison de correction, il n'aura d'autre choix que de partir aux Etats Unis, comme des milliers de ses compatriotes.
Un déchirement pour le jeune adolescent qui vient de rencontrer ses premiers émois amoureux en la personne d'Enza.

C'est à New York, dans cette ville magique, que le destin va à nouveau les réunir.
Au fil de la vie, faite de séparations et de retrouvailles, ces deux-là vont s'aimer, avec passion

A leur suite, l'auteure nous entraîne dans les riches demeures de Carnegie Hill jusqu' aux ruelles de Little Italy en passant par les faubourgs ouvriers et les vastes plaines du Minnesota.

Même si je me suis légèrement ennuyée dans le premier tiers du roman, trouvant que l'histoire se trainait vers un inévitable mélo aux fragrances d'eau de rose, je me suis rapidement laissée séduire par cette histoire servie par une écriture agréable.

J'ai aimé suivre Enza dans sa vie de costumière au Metropolitan Opéra de New York dans le sillage du grand Caruso.

« L'italienne » n'est certes pas un livre indispensable dans une vie de lecteur, mais il reste cependant une très agréable lecture.

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Confiés par leur mère à la garde du couvent San Nicola à Vilminore, Ciro et Eduardo grandissent sous le regard bienveillant des religieuses, espérant que leur maman tiendra sa promesse de venir les chercher. Mais les années passent. Eduardo devient très pieux et se destine à la prêtrise alors que le sang de Ciro bouillonne de désir pour les femmes et le monde. « Les filles étaient pour lui comme une religion. Il voyait leurs charmes et certains détails de leur beauté l'obsédaient littéralement. » (p. 133) Quand Ciro est envoyé en Amérique pour apprendre le métier de cordonnier, il est persuadé de revenir très vite en Italie pour retrouver son frère et sa mère. Tout comme Enza Ravanelli, jeune couturière qui embarque pour les États-Unis avec son père afin de gagner l'argent nécessaire à l'achat de la maison où la famille vivra enfin en sécurité. Enza et Ciro viennent du même village et se sont rencontrés quand ils étaient adolescents. En Amérique, ils ne cesseront de se croiser et de manquer pendant des années. Sauront-ils conjuguer leurs espoirs américains avec les élans de leurs coeurs ? Ils sont tous deux pleins d'ambition et très travailleurs, bien décidés à réaliser leurs rêves.

Étendu sur plusieurs décennies, ce roman commence au début du 20° siècle et traverse les deux guerres mondiales. Cette longue épopée amoureuse et américaine se lit facilement et sans déplaisir, mais il y a plusieurs mais. Des gros mais. Je passe sur le titre original,The Shoemaker's wife, qui est infiniment plus représentatif du roman que le titre français. J'en viens au style dont voici un exemple. « Sa peau avait le parfum des pêches et la douceur du satin. » (p. 10) Est-il possible de faire plus cliché ou plus éculé ? Oui, apparemment, Adriana Trigliani excelle dans ce domaine avec des considérations éculées sur la famille, la séparation, les liens familiaux, l'ambition, la religion, etc. Je passe également sur les nombreuses coquilles qui parsèment le texte et ne sont pas le fait de l'auteure, mais de l'édition française. Ainsi, annulaire devient annuaire, moins facile à passer au doigt…

En revanche, impossible de faire l'impossible de faire l'impasse sur les mots italiens qui parsèment le texte : si le roman est traduit, il doit l'être totalement, sinon cela brise la suspension consentie de l'incrédulité. Je sais très bien que des Italiens qui parlent ensemble dans un village reculé d'Italie parlent italien, mais j'accepte de lire leurs échanges en français puisque je lis un texte traduit. Or, chaque mot italien glissé dans les échanges me fait sortir de l'histoire, me rappelant justement que ma lecture est une traduction et me demandant pourquoi ces mots-là ne sont pas traduits ! En outre, comme il faut que je cherche le sens de ces mots, je m'éloigne encore plus de ma lecture. C'est foutu pour l'immersion !

Autre gros problème de forme avec les prétéritions qui donnent au roman un ton faussement dramatique, mais surtout qui semblent ne pas devoir être prises pour argent comptant. Je n'évoquerai pas celle qui me choque le plus pour ne pas dévoiler la fin du récit, mais voici une analogie. Si en page 100, le narrateur annonce que le personnage ne mangera plus jamais de gâteau au chocolat de sa vie parce que ça peut le tuer, il est absolument impensable et inacceptable de voir ce même personnage tendre la cuillère vers un tel gâteau en page 50 parce qu'il existe un médicament qui peut le sauver. Sinon, c'est se moquer du lecteur et pulvériser la crédibilité de l'intrigue.

Tous ces gros bémols sur la forme ont quelque peu entaché mon plaisir de lecture et m'ont empêchée d'en profiter pleinement. D'aucuns diront que je pinaille et que je m'attache à des détails. Il n'est pas question de détails quand la cohérence de l'histoire est mise à mal.
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Voilà une fresque romantique et dramatique comme on les aime!!! Tous les ingrédients y sont présents: des personnages forts, beaux et attachants; des paysages superbement décrits; un univers plein d'espoirs et de regrets; bref, un bonheur de lecture!
On suit donc Ciro, jeune italien orphelin de père et abandonné par sa mère, avec son frère Eduardo, dans un couvent, à l'âge de 10 ans. Et Enza, jeune fille d'un petit village de montagne, de 10 ans aussi, qui se bat pour que sa famille, tout ce qu'elle aime le plus, survive.
Des évènements malheureux les feront se rencontrer une première fois à 15 ans et déjà l'amour pointe le bout de son nez mais à quinze ans, c'est difficile de le voir. D'autres évènements vont faire que Ciro et Enza vont devoir s'exiler aux Amériques! A New York plus précisément. Ciro va devenir cordonnier et sera accueilli dans une gentille famille qui prendra soin de lui. Enza malheureusement sera traité comme une véritable Cendrillon dans la demeure qui l'accueille et se battra pour s'en sortir. Grâce à son amie Laura qui saura lui donner ce courage, elle va suivre un parcours merveilleux.
Bien d'autres aléas feront se croiser et se perdre ces 2 jeunes pour finalement les faire enfin de trouver définitivement mais l'histoire palpitante ne s'arrête pas là...
J'ai adoré, on plonge vraiment dans un pur roman d'amour, avec ses rebondissements malheureux, heureux, on vit les joies et les tristesses, lles passions et les haines, on voyage avec tout ce beau monde, les décors et les paysages, ainsi que l'ambiance sont parfaitement décrits et vécus par le lecteur! Superbe!
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Avec la guerre en toile de fond, « L'Italienne » est un roman qui traite de l'amour et du déracinement.
On y découvre les deux vies d'Enza et Ciro qui sont irrémédiablement liées par le destin. L'auteur profite de cette aventure pour nous faire découvrir le sort de ces expatriés italiens partis chercher en Amérique la solution à tous leurs problèmes. le déséquilibre entre la pauvreté de l'Italie et l'abondance des Etats Unis est parfaitement représenté.

On connaît le passé des protagonistes, on suit leurs vies pleines de joies, de peines, d'amour, d'amitié mais surtout de nostalgie. Car même si les protagonistes paraissent trouver leur bonheur sur cette terre promise, leur village et leur famille d'origine sont inscrits dans leur mémoire et restent à jamais leurs regrets les plus profonds. Adriana Trigiani a voulu personnifier le destin de ces immigrés, condamnés à quitter leur foyer pour leur survie et celle de leurs proches mais qui gardent toujours au fond d'eux la force de leurs racines.

Enza et Ciro sont des personnages attachants et le désir de les voir ensemble ne m'a pas lâché. Leurs différentes rencontres sont écrites sur leurs lignes de vie et leur amour semble pouvoir franchir tous les obstacles. Les aléas de la vie et les choix qu'ils font, vont les entraîner dans une relation pour le moins chaotique.

Toutes ces tentatives de rapprochement m'ont captivé et c'est lorsque les deux amoureux ont semblé enfin se retrouver pour de bon que le roman perd de sa force. En effet, dans la dernière partie du livre, quand l'amour a gagné et qu'il transpire la sérénité, le récit devient malheureusement sans saveur, sans passion. J'ai eu l'impression que l'auteur n'avait pas d'idée précise sur la fin à donner à cette idylle. Que faire du bonheur lorsqu'enfin, on l'a trouvé ? le récit traîne en longueur et les événements perdent de leur intérêt. C'est dommage car les trois quarts du roman étaient passionnants.
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
"Fête de la Vierge. Ce défilé était une façon de célébrer le fait d’être à la fois italien et américain. En tant qu’Américain, on était libre de manifester dans les rues, et en tant qu’Italien, on pouvait exprimer librement sa foi et honorer son culte."
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Je pourrais travailler dur par amour. Me faire un avenir. Construire pour elle une maison avec sept cheminées. On aurait une famille - cinq fils et une fille. Il en faudra au moins une pour s'occuper de sa mère dans sa vieillesse.
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L’odeur et les bruits que fait un nouveau-né apportaient toujours de la douceur dans une maison. Les aînés vous donnent joie et bonheur chacun à sa façon, et c’est un plaisir de prendre soin d’eux, mais le foyer se recentre et la famille resserre ses liens autour de l’enfant nouveau-né.
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Une soutane ne fait pas d’un homme un prêtre, pas plus qu’une jolie robe ne rend une femme vraiment belle – ou bonne, ou généreuse, ou intelligente. Ne confond pas l’apparence des êtres avec ce qu’ils sont réellement. La grâce est une chose rare.
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Mais alors qu'il s'abandonnait à son désespoir, les paroles rassurantes d'Eduardo lui revinrent en mémoire. Il prit conscience de sa situation. Et de la dureté du monde. Il se savait capable de travailler dur. Les sœurs ne s'étaient-elles pas maintes fois émerveillées de son énergie et de son ardeur à la tâche? (...) Ciro était un prolétaire, mais il était intelligent; il savait lire et écrire, grâce à Eduardo. Il saurait, grâce aux conseils et aux enseignements d'Iggy, ne pas se faire rouler en affaires. La vie au couvent lui avait appris le sacrifice et l'abnégation. Il saurait vivre de peu en Amérique et économiser pour revenir plus vte vers ses chères montagnes. Vu ainsi, son bannissement était aussi un ticket pour l'aventure, pour son avenir.
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Adriana Trigiani - The Shoemaker's Wife (en anglais)
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