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ISBN : 2754808736
Éditeur : Futuropolis (05/03/2015)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Lorsque Troubs arrive à Achgabat, la première question que lui posent les Turkmènes en découvrant sa nationalité est « Travaillez-vous pour Bouygues ? » Alors que la culture hexagonale est portée hors de nos frontières par les seules figures de Pierre Richard et Gérard Depardieu, Troubs est invité par le Centre Culturel Français pour superviser un recueil de poèmes de Jacques Prévert illustrés par des artistes locaux. Un événement pour ce pays où le livre le mieux d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  09 septembre 2015
Après un siècle d'occupation russe, on pouvait espérer que les conditions de vie de la population turkmène allaient s'améliorer avec la dissolution de l'URSS en 1991 - adieu la misère, la pénurie, place à l'opulence et à la liberté occidentales. Hélas, comme pour d'autres pays du bloc soviétique, le dirigeant est resté le même, a développé un fort culte de la personnalité et la situation s'est aggravée. Amnesty International a dressé un portrait sombre des Droits de l'Homme dans ce pays en 2003.
L'auteur de cet album, Troubs, a passé vingt semaines au Turkménistan pour une association de promotion de la lecture. Il n'était pas autorisé à prendre des photos, mais pouvait dessiner - même si la différence pouvait laisser perplexes certains des fonctionnaires qu'il a croisés.
Dans ce carnet de voyage, Troubs évoque ses rencontres avec les autochtones, qui associent la France à Bouygues (fortement implanté dans le pays), à Gérard Depardieu et Pierre Richard ; il décrit le pays, pauvre, où l'on croise l'effigie du dirigeant partout, et quelques constructions mégalos en son honneur.
Cette démarche rappelle celle du dessinateur Guy Delisle. Le ton est peut-être un chouïa plus sérieux, mais pas pontifiant pour autant. J'ai particulièrement apprécié le graphisme (les dessins à l'encre de Chine) et cette réflexion sur les échanges économiques avec une dictature : « Couper les ponts serait encore plus dramatique pour la population. Il faut toujours privilégier le dialogue. Même si c'est pour le bizness. Le fait qu'il y ait des entreprises étrangères ici permet d'avoir des représentations diplomatiques. Des ambassades. Des observateurs. Sans Bouygues il n'y aurait pas d'ambassade de France. Pas de Centre culturel. »
Je n'avais pas vu les choses sous cet angle, mais oui, en effet : même si la logique commerciale de B. n'est pas philanthropique (ne nous leurrons pas, il ne fait que du business), elle peut avoir des effets positifs.
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Under_the_Moon
  11 janvier 2020
Petit croquis de scènes de voyage au Turkmenistan, pays indépendant depuis 1992 seulement.
C'est un pays dont on parle peu et dont on sait bien peu de choses, en dehors du fait que Bouygues a réussi l'exploit de s'y implanter.
On ne peut pas dire que les graphismes à l'encre soient particulièrement remarquables et les scènes sont très décousues mais cette bande dessinée a le mérite de donner quelques aperçus de ce pays dont la culture tient à la fois des Turcs et des Russes ! Un mélange culturel détonnant pour ce peuple qui tente de faire revivre son identité de glorieuses tribus. Mais un siècle d'occupation par l'Union soviétique laisse bien des traces, et au-delà de la langue et de l'alphabet cyrillique, les habitudes du communisme stalinien (qui s'est fort bien accomode de l'islam d'ailleurs!) constituent sans doute un élément culturel qui mettra du temps à être dépassé.

Challenge Globe-trotteurs saison 2
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bdelhausse
  28 avril 2017
Récit de voyage amer du dessinateur Troubs au Turkménistan, parti pour 20 semaines pour participer à un projet de traduction de poèmes de Jacques Prévert... Sables noirs est un mélange de croquis de voyage (il est interdit de photographier au Turkménistan) et de BD normale (en N/B).
On perçoit assez rapidement que le Turkménistan est à l'écart du monde. Mais la joie de la découverte d'une civilisation différente de la nôtre cède vite la place à un récit acerbe sur une dictature qui reçoit l'assentiment de l'Occident. Son gaz et son pétrole, ses achats d'armement, sa position stratégique à côté de l'Iran, son statut d'ex-république de l'URSS... tout cela "justifie" l'implication de la France, bien davantage que quelques poèmes, des libertés en berne et un statut de la femme inexistant.
Je suis prêt à parier que Troubs aura bien du mal à obtenir un visa pour ce pays à l'avenir. le Turkménistan a-t-il un avenir... bien sûr puisque tout y est figé et que même les dictateurs s'y succèdent et s'y ressemblent physiquement, à un point tel qu'il est difficile parfois de les distinguer... Une lecture utile.
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outofzebra
  20 avril 2015
Sous-titre : 20 semaines au Turkménistan. le reportage en bande-dessinée est à la mode ; si la presse française était plus libre, on pourrait peut-être même en lire plus dans les journaux, au lieu de BD un peu débiles comme « Blueberry » ou « Largo-Winch » ; en effet les photos ne se prêtent pas bien à la reproduction dans les pages de journaux, en raison du mauvais papier. le dessin est plus net.
Un autre obstacle est sans doute la rareté des dessinateurs capables de faire du reportage ; de ce point de vue aussi, Cabu était exceptionnel. La formule de « La Revue dessinée » n'est pas encore très convaincante, qui reprend le modèle des BD pour enfants, tirant vers la fiction et pas assez synthétique.
L'album de Troubs est un peu entre les deux : il part du récit se son expédition en Turkménie pour y faire traduire et illustrer quelques poèmes de Prévert, mais on sent un effort pour prendre du recul et donner de ce pays une image aussi juste que possible. Ce petit Etat à l'Est de la mer Caspienne, anciennement partie de l'empire soviétique, et officiellement indépendant depuis 1991, est isolé à bien des titres : pas de touristes, et un régime qui n'encourage pas le tourisme ; interdiction de prendre des photographies, que de jeunes gens effectuant leur service militaire sont chargés de faire respecter ; en dessinant ce qu'il y voit, Troubs profite d'un vide juridique. le législateur n'a pas estimé que le dessin représentait une menace.
La culture officielle locale est un peu bizarre, mélange de communisme et d'islam. Mais quelle culture est vraiment cohérente ? le « neutrisme », par quoi on pourrait résumer l'idéologie officielle, donne l'occasion à notre reporter d'ironiser un peu. Il est symbolisé par une tour de 75 m, dite de la « Neutralité », sur laquelle est juchée la statue en or du précédent chef de l'Etat. le « neutrisme » fait penser au concept de laïcité à la française – le but du « neutrisme » est de neutraliser ou de censurer tout ce qui n'est pas neutre, c'est-à-dire susceptible de déranger les élites qui administrent le pays. L'isolement du Turkménistan arrange tout le monde, ses dirigeants comme les grandes puissances mondiales.
On sent l'auteur, lui-même isolé dans la Turkménie isolée, étant étranger, et comme la police surveille en permanence la population, on le sent néanmoins quelque peu sous le charme de cet isolement. Quelques dessins représentent l'architecture des villes et les étendues désertiques qui les séparent. Après tout ne dit-on pas qu'on vit plus heureux en restant caché ?
C'est le principal mérite de Troubs et de son reportage de ne pas opposer le « monde libre » au Turkménistan caché et sous contrôle policier, ne renfermant dans ses bibliothèques et librairies que des ouvrages neutres officiels. L'auteur se met tout de même en scène, reprochant lors d'un cocktail à un cadre de Bouygues, multinationale française qui a de gros chantiers au Turkménistan (euphémisme), de contribuer à la réclusion des Turkmènes. A quoi il s'entend répondre, argument classique, que le libéralisme économique et l'enrichissement du pays, dont l'industriel français du BTP est un acteur, est le meilleur moyen pour le Turkménistan d'accéder aux libertés dont l'Europe bénéficie. Comme Troubs reste coi, le lecteur peut tirer la conclusion qu'il veut – se dire par exemple qu'il est désormais quasi-impossible d'envisager la liberté autrement qu'en termes de jouissance.
La mission que s'est assignée Troubs de faire traduire et illustrer quelques poèmes de Prévert connaît un certain nombre d'aléas administratifs, que notre reporter finit par prendre avec une sagesse de bonze – ce qui est encore une forme de neutrisme.
C'est aussi le mérite de l'éditeur, Futuropolis, de proposer une BD, si ce n'est « d'auteur », terme derrière lequel se cache parfois un nombrilisme excédant, mais qui sorte des sentiers battus de la fiction. Espérons que Bouygues n'achètera pas tout le stock !
Lien : http://www.zebra-bd.fr/kritik
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MarcoPolo85
  09 mars 2015
Il était un Pays, perdu derrière des hautes montagnes et recouvert en grande partie par le désert que personne ne semblait connaître ou presque...
Certes, des peuplades mongoles et slaves s'en étaient emparés dans le passé, mais elles avaient fini par partir.
Là-bas, il y avait un Roi, mi homme mi Dieu dont le portrait était présent partout. Il avait sa statue en haut d'une sorte de Tripode qui tournait sur elle même en suivant le soleil.
Ce grand personnage avait écrit un livre qui devait être lu par tous les habitants. C'était une référence morale pour chacun.
Les gens étaient gentils. Ils étaient prêts à vous accueillir, sauf qu'ils avaient ordre de ne pas vous héberger. Ils ne pouvaient pas, non plus, parler de politique. Les artistes, de leur côté, ne travaillaient que sur des thèmes qui ne dérangeaient personne.
Et, ce pays était béni des Dieux (ou plutôt de ce Dieu). Il était rempli dans son sous-sol de gaz qui fit le bonheur de nombreuses compagnies étrangères.
Alors, notre Roi- Dieu-Empereur se mit à construire avec ce pactole une ville à sa mesure et recouverte de marbre blanc. Les architectes et les constructeurs venaient du lointain Occident.
Et, c'est, donc, de là-bas qu'était arrivé un troubadour...euh pardon, un certain Troub's venu décorer un livre de poésie.
A vous, amis des lointaines routes caravanières, lisez ce recueil abracadabrantesque. Vous en saurez davantage sur ces contrées inconnues
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critiques presse (4)
BulledEncre   26 novembre 2015
Un album à mettre entre toutes les mains.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
ActuaBD   15 avril 2015
Un récit très efficace riche d’enseignements dans lequel flotte une déprime bien compréhensible...
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Auracan   16 mars 2015
Les esquisses et les dialogues nous transportent dans un monde inconnu.
Lire la critique sur le site : Auracan
BoDoi   10 mars 2015
Ce très bel ouvrage reste toutefois une invitation à voyager, dans ce pays ou ailleurs, en aiguisant nos sens et en affutant notre réflexion.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   07 septembre 2015
Le président Berdy a effectivement été reçu (assez discrètement) à L'Elysée par Sarkozy en février 2010. [...]
- [...] c'est dingue de voir ça quand même !
- Pourquoi ?
- On fait des affaires avec un tyran.
- Ça n'est pas si simple.
- C'est une façon de soutenir une dictature. Non ?
- Couper les ponts serait encore plus dramatique pour la population. Il faut toujours privilégier le dialogue. Même si c'est pour le bizness. Le fait qu'il y ait des entreprises étrangères ici permet d'avoir des représentations diplomatiques. Des ambassades. Des observateurs. Sans Bouygues il n'y aurait pas d'ambassade de France. Pas de Centre culturel. Et toi, tu ne serais pas là.
(p. 59-60)
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ZilizZiliz   11 septembre 2015
Il baragouine l'anglais et on finit par se comprendre. Il se trouve que nous avons le même âge. Ça crée des liens.
- Aux Turkmènes !
- Aux Français !... Les Américains ne sont pas bons. Il ne faut pas les écouter. Il faut arrêter de les suivre, vous les Français. C'est vrai. Tu as fait la guerre ?
- Non !
- Moi oui ! En 87. Pendant 8 mois. J'ai tué mes frères afghans... A cause des Russes. On suivait les Russes. Et maintenant, c'est les Américains qui tuent mes frères. Il ne faut pas les suivre.
(p. 66)
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MarcoPolo85MarcoPolo85   06 mars 2015
Et avec le volume sonore, de vodka et la douceur de l'air...on ne peut échapper aux envoûtantes mélodies.
L'air chaud du soir.
Les gens dansent... virevoltent [...]
Et puis arrive 23 heures...la musique s'arrête.
Et à 23 heures, tout est fermé au Turkménistan.
et ce couvre feu me glace le sang.
On ne rigole plus. On remballe les sourires...
...et estimez vous heureux d'être vivants.
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ZilizZiliz   10 septembre 2015
Les personnes qui l'ont connue sont souvent nostalgiques de l'époque communiste [au Turkménistan] :
« Il y avait du travail pour tout le monde. »
« Tout le monde était au même niveau. »
(p. 51)
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alouettalouett   18 mars 2015
Et puis arrive 23 heures, la musique s’arrête. Parce qu’à 23 heures tout doit être fermé, éteint, rangé. Et à 23 heures, tout est fermé au Turkménistan. Et ce couvre-feu me glace le sang. On ne rigole plus. On remballe les sourires et estimez-vous heureux d’être vivants. Alors on comprend pourquoi la musique est si forte le soir autour des guinguettes
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