AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782070774760
240 pages
Éditeur : Verticales (17/04/2008)
4/5   7 notes
Résumé :

Dans ce livre de "mémoires" collectives et personnelles, Raoul Vaneigem évoque, quarante ans après le mouvement des occupations du printemps 68, les prémices de cet "embrasement au cœur multiple" puis sa récupération insidieuse par le spectacle culturel et contre-culturel. Il dresse, à cette occasion, un bilan de sa participation au groupe situationniste, non sans faire la part de certains errements propres à t... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Apoapo
  12 février 2016
« Les gestionnaires de la faillite et de la paupérisation croissante ont fait de l'humain l'image publicitaire du confort dans la servitude » (p. 92)
« Sous le pressoir oecuménique de la marchandise, les religions se vident de leur substance dogmatique et rythment de leurs soubresauts une danse macabre partout réorchestrée pour électriser les adeptes de la mort.
Les idéologies défuntes ont beau ajouter leur grouillante purulence au cadavre des religions, il n'y a plus ni idées ni croyances qui ne se trouvent dénuées de sens, éviscérées, réduites à cet état de charogne emblématique, à quoi se rallient si aisément les foules galvanisées par la haine et le désespoir.
Le nihilisme triomphe avec ses visions et ses bénéfices à court terme. le capitalisme gâteux n'entreprend plus rien ; mieux, il sacrifie à la spéculation boursière l'industrie et les services publics, qu'il s'enorgueillissait hier de promouvoir.
La révolte s'est faite affairiste. Il existe – plus qu'une connivence ou une complicité – une communion d'esprit entre la brute de banlieue qui brûle les écoles et les bibliothèques et la brute affairiste qui les détruit pour accroître ses bénéfices aux dépens du bien public. […]
Le capitalisme ne tire désormais ses profits que d'une autodestruction programmée. […]
La déshumanisation progresse et passe pour la norme dans le concert des lamentations ordinaires. L'insensibilité fait marcher la machine à décerveler du profit. Sous le coup de torchon du néant, le sentiment d'inexistence en vient à effacer la conscience d'une vie à créer » (pp. 30-31)
Pour l'auteur de ces lignes, l'heure n'est plus aux démonstrations de la pertinence de son analyse ni aux appels à la révolution, épigone d'une logique de destruction qui appartient elle-même à la civilisation de la prédation et de l'inhumain, née au néolithique et culminant dans la société consumériste. Si la fulgurance de la compréhension de l'actualité – particulièrement la critique du travail (un thème sur lequel je me suis penché et qui raisonne donc d'échos familiers) et de l'économie de l'agiotage – est toujours aussi aveuglante de clarté, en cette heure de bilans pour le philosophe alors septuagénaire, il est aussi question de sa participation à l'Internationale Situationniste, voire de mémoires familiales et de jeunesse.
Je continue à n'avoir du mouvement qu'une vision très fragmentaire mais le projet insurrectionnel du père du « jouissez sans entraves » me semble désormais épuré de ses pulsions destructrices et agrémenté d'un souffle beaucoup plus ample qui, partant du constat que le nihilisme et la désespérance sont aussi un produit commercial de la civilisation de prédation, gage sur un vitalisme salvateur inné et instinctif qui n'attend pour se libérer que la propre et subjective reconquête solitaire de ses espaces d'humanité.
« Je ne me sers pas de mes semblables, si ce n'est en ce qu'ils m'offrent en eux de plus vivant. Ce que je puise à la margelle de leur générosité les autorise en retour – non en échange – à disposer de la profusion qu'il m'arrive de dispenser.
Ainsi nul n'a besoin de se servir de moi puisqu'il dispose en moi d'un capharnaüm de pièces détachées, de projets pertinents ou désuets, d'outils neufs et usés qu'il a le libre choix d'affûter et d'affiner pour son accomplissement. » (p. 222)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Cacha
  22 juin 2015
Pensées philosophiques d'un rêvolutionnaire hédoniste.
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ApoapoApoapo   12 février 2016
« Les gestionnaires de la faillite et de la paupérisation croissante ont fait de l'humain l'image publicitaire du confort dans la servitude » (p. 92)

Commenter  J’apprécie          10

Video de Raoul Vaneigem (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raoul Vaneigem
Le 22.05.18, Thibault Henneton recevait Gérard Berréby dans "À voix nue" (France Culture), pour un entretien en cinq parties :
"Gérard Berréby vit de petits boulots et se met en quête : que faisaient les Guy Debord, Raoul Vaneigem et consorts avant 1968 ?
Sa première rencontre, c?est avec le poète et plasticien Gil Joseph Wolman, membre fondateur de l?Internationale lettriste : point de départ d?une généalogie des avant-gardes qui le conduira à rassembler et publier, en 1985, ses Documents relatifs à la fondation de l?Internationale situationniste. Ce qui n?a pas plu à tout le monde."
Photo : Gérard Berréby et Ralph Rumney à Cosio d'Arroscia. © Pauline Langlois.
+ Lire la suite
autres livres classés : situationnismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2366 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre