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ISBN : 207073403X
Éditeur : Gallimard (04/05/1993)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Toute ma vie, je n'ai vu que des temps troublés, d'extrêmes déchirements dans la société, et d'immenses destructions ; j'ai pris part à ces troubles.
De telles circonstances suffiraient sans doute à empêcher le plus transparent de mes actes ou de mes raisonnements d'être jamais approuvé universellement. Mais en outre plusieurs d'entre eux, je le crois bien, peuvent avoir été mal compris. (...) Personne, mieux que Shakespeare, n'a su comment se passe la vie. I... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
meidosem72
  25 juin 2018
When the legend becomes fact, print the legend *

Certains d'entre vous on peut-être perçu mon goût pour les listes. En voici une, ou plutôt deux.
Clausewitz, Homère, Sterne, Li Po, Lacenaire, Cravan, Lautréamont, Mallarmé, Gondi, Thucydide, Aristophane, Marlowe, Shakespeare, Villon, Kháyyám, Archiloque, Tocqueville, Gracián, Steinbeck, Héraclite, Machiavel, Vauvenargues, Chateaubriand, Montaigne, Mac Orlan, Hérodote, Saint-Simon, Marx, Musset, Pascal, Quincey, Stendhal, Cervantes, Dante, Calderón, Swift.
Et "… la vodka de Russie… les bières d'Angleterre, les grandes chopes de Munich… les irlandaises… la bière tchèque de Pilsen… la Gueuze autour de Bruxelles… les alcools de fruits de l'Alsace ; le rhum de la Jamaïque ; les punchs, l'akvavit d'Aalborg, et la grappa de Turin, le cognac, les cocktails ; l'incomparable mezcal du Mexique… tous les vins de France… les vins de l'Italie… le Barlolo des Langhe, les Chianti de Toscane… les vins d'Espagne, les Rioja de Vieille Castille ou le Jumilla de Murcie."
Et voici que se dessinent les deux constellations dans lesquelles le météore Debord a évolué : la littérature et l'alcool.
À propos de la première, il nous apprend que quelques bons livres, tôt lus, lui ont permis de dévider ensuite tout l'écheveau de la littérature classique, et moins classique. Cette culture protéiforme vient nourrir son propos via d'innombrables citations, procédés moins subtils que "Les allusions, sans guillemets", mais procédés rendus nécessaires "dans les périodes d'ignorance ou de croyances obscurantistes". Ces lectures ont forgé un style qui m'enchante, d'un grand classicisme, qui produit de longues phrases sinueuses au terme desquelles Debord fait pourtant toujours mouche. Cette langue, parce que caduque aujourd'hui, est le gage de la vérité de son auteur car, comme le disent les gitans, la langue de l'ennemi (comprendre celle de la Société du spectacle) est la langue du mensonge. Dans cette perspective, Debord exige que les dépositions et les procès-verbaux qu'il a dû signer à contre-coeur, reformulés et massacrés qu'ils étaient par le préposé de service, ne figurent pas dans ses futures oeuvres complètes !
Du second, il nous dit qu'il a constitué sa passion la plus présente et la plus constante. Sa vie, dont il fait ici la relation, n'a été qu'une longue et ininterrompue beuverie. Même s'il admet qu'il a connu "des matins émouvants mais difficiles", il retient avant tout, au-delà de l'ivresse tout d'abord recherchée, qu'elle soit légère ou violente, "une paix magnifique et terrible, le vrai goût du passage du temps". Il s'étonne du fait que, parmi les nombreuses calomnies en tout genre que ses nombreux détracteurs ont fait circuler sur son compte, la plus évidente, celle qui aurait fait de lui un ivrogne, n'ait jamais eu cours. Il s'amuse du constat que, progrès de l'industrie et règlements étatiques aidant, les divers alcools que lui et ses compagnons de saoulographie ont consommés ont cessé d'exister avant eux : "De mémoire d'ivrogne, on n'avait jamais imaginé que l'on pouvait voir des boissons disparaître du monde avant le buveur." Il reconnaît que son ivrognerie l'a empêché d'écrire plus qu'il n'aurait pu le faire, mais "l'écriture doit rester rare, puisqu'avant de trouver l'excellent il faut avoir bu longtemps." La liste des grands auteurs qui souscriraient à ce principe est longue.
Reste que Debord a eu cette "vie d'aventures" dont il rêvait et qu'il s'est construit, loin des études, des milieux intellectuels et artistiques, loin de l'argent, de l'ambition, du travail en général et du salariat en particulier, loin des doctrines, loin de la famille, revendiquant la paresse et frayant parfois avec le "milieu de l'extrême nihilisme" et de ses "entrepreneurs de démolitions" (on se demande bien quelle étrange relation Debord pouvait entretenir avec l'énergumène Léon Bloy). Il faudrait aussi évoquer sa passion pour la stratégie militaire, des plus utile une fois que l'on a compris que "Dans un monde unifié, on ne peut s'exiler".
Avec ce texte magnifique, Debord contribue, à son corps plus ou moins défendant, à alimenter une nouvelle fois sa légende. Tant mieux, puisque "nous sommes tissés de l'étoffe dont sont faits les rêves." (Shakespeare).
* Mr Scot dans L'Homme qui tua Liberty Valence de John Ford
(Je ne note pas les livres car ce ne sont pas de bons ou de mauvais élèves.)
Lien : https://lesheuresbreves.com/
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   20 juillet 2013
La maison paraissait s'ouvrir directement sur la Voie Lactée. La nuit, les proches étoiles, qui un moment étaient intensément brillantes, le moment d'après pouvaient être éteintes par le passage d'une brume légère. Ainsi nos conversations et nos fêtes, et nos rencontres, et nos passions tenaces.
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tamara29tamara29   19 mars 2018
Le léopard meurt avec ses tâches, et je ne me suis jamais proposé, ni ne me suis cru capable de m’améliorer.
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stekasteka   12 novembre 2013
J’y ai connu quelques sucs que rebignait le marieux, froarts et envoyeurs ; très sûres louches comme assoses, n’étant à juc pour aruer à ruel ; souvent greffis par les anges de la marine, mais longs pouvant babigner jusqu’à les blanchir.C’est là que j’ai appris comment être beau soyant, à ce point qu’encore icicaille, sur de telles questions, je préfère rester ferme en la mauhe. Nos hurteries et nos gaudies sur la dure se sont embrouées. Pourtant, mes contres sans caire qui entervaient si bien ce monde gailleur, je me souviens vivement d’eux : quand nous étions à la mathe, sur la tarde à Parouart.
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moklosmoklos   16 octobre 2007
Bien plus tard, quand la marée des destructions, pollutions, falsifications, a atteint toute la surface du monde, et aussi bien s’est enfoncé dans presque toute sa profondeur, j’ai pu revenir aux ruines qui subsistent de Paris, puis qu’alors il n’était plus rien resté de mieux ailleurs. Dans un monde unifié, on ne peut s’exiler.
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moklosmoklos   16 octobre 2007
« Le monde n’est qu’abusion », résumait Villon en un seul octosyllabe. La décadence générale est un moyen au service de l’empire de la servitude ; et c’est seulement en tant qu’elle est ce moyen qu’il lui est permis de se faire appeler progrès.
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Videos de Guy Debord (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guy Debord
Grand parmi les grands metteurs en scène français, héritier de la Nouvelle Vague, cinéphile et spécialiste de cinéma asiatique, Olivier Assayas a conversé avec Bergman, fait l?éloge de Kenneth Anger, réalisateur américain classé underground, théorisé sur Guy Debord et son art de la guerre. Il se livre dans cette Masterclasse enregistrée à la Maison de la radio.
Pour en savoir plus : https://www.franceculture.fr/emissions/les-masterclasses/olivier-assayas-le-processus-decriture-se-prolonge-dans-la-pratique-du
Retrouvez toutes les émissions de France Culture avec Olivier Assayas : https://www.franceculture.fr/personne-olivier-assayas.html
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