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EAN : 9782879299839
400 pages
Éditeur : Editions de l'Olivier (20/10/2016)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 20 notes)
Résumé :
« Je gaspillais beaucoup de temps et d'énergie à créer une certaine image de moi-même et à recueillir une approbation ou une acceptation qui ne me faisaient rien, parce qu'elles n'avaient rien à voir avec celui que j'étais vraiment. J'étais un imposteur et ça me dégoûtait, mais je crois que je n'arrivais pas à m'en empêcher ».David Foster Wallace n'était pas uniquement l'auteur du roman-monde L'Infinie Comédie : il était également reconnu pour la qualité de ses hist... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Luniver
  30 juin 2017
Il n'est pas toujours facile d'exister dans la société moderne. Une formalité administrative à remplir ? Un petit ticket vous rappelle que vous serez le 56e à vous présenter aujourd'hui depuis une employée blasée. Au boulot, votre place dans la hiérarchie, à 20.000 lieues sous une chaîne interminable de chief executives en tout genre, vous confine à des travaux que tous trouvent sans intérêt, y compris vous-même.
Alors que se passe-t-il quand l'individu trouve finalement une petite faille dans laquelle s'engouffrer pour prouver son unicité? Ce n'est pas toujours très joli ; tout ce qui a été trop longtemps contenu explose, en laissant des traces et quelques dégâts un peu partout.
Les quelques nouvelles qui composent ce livre donnent une vision assez sombre de la vie, à travers des personnages dont on ne sait s'ils sont fous, ou si c'est le monde qui les entoure qui l'est. La plupart des protagonistes ont quelques tics ou particularités qui paraissent anodins au premier coup d'oeil, mais qui se transforment lentement en quelque chose de malsain et d'oppressant.
Toutefois, si j'ai été rapidement happé par toutes les nouvelles, la conclusion m'a souvent laissé sur la fin. Trop souvent, l'auteur nous laisse en plan juste avant le dénouement final, avec un goût d'inachevé désagréable. C'est visiblement une de ses caractéristiques d'écriture, puisque c'est déjà quelque chose que je lui reprochais dans L'infinie comédie. Dans un roman, ça se pardonne facilement, mais dans un recueil de nouvelles, ça se reproduit régulièrement au point de devenir désagréable.
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LeaTouchBook
  21 décembre 2016
J'ai découvert David Foster Wallace avec L'Infinie Comédie, ce grand classique américain enfin traduit en France grâce aux éditions de l'Olivier. La maison d'édition remet ainsi cet écrivain à l'honneur avec toute son oeuvre dont L'oubli, un recueil de nouvelles.
Comme vous le savez peut-être, cela fait depuis peu de temps que je suis devenue une adepte des nouvelles mais je me régale à rattraper mon retard en lisant les classiques du genre et en découvrant les grands de demain. Les recueils de nouvelles permettent souvent de faire un condensé, résumé de l'oeuvre d'un auteur, de pouvoir appréhender son style, son univers et ses thématiques préférées. Ainsi si vous souhaitez découvrir David Foster Wallace sans pour autant vous attaquer à son classique -qui est un pavé assez impressionnant- je vous conseille de lire L'oubli !
Le recueil de nouvelles est le genre noble en littérature américaine de la même manière que le roman est le genre phare en France. Nous ne sommes certes pas habitués à lire des histoires courtes mais je peux vous dire qu'il suffit de lire les bonnes pour comprendre à quel point c'est vraiment le genre parfait pour transmettre la substantifique moelle d'un personnage, d'un fait, d'une idée.
Avec L'oubli, David Foster Wallace dépeint des protagonistes anéantis, conditionnés, portés par la société capitaliste du XXIème siècle. Des personnages tourmentés à l'image de leur auteur comme le souligne leurs questionnements perpétuels, leurs réflexions pessimistes, leurs introspections fatidiques. C'est ainsi que la folie, la mort ou le désespoir semblent les seules issues face au non-sens de la vie. Un peu pessimiste pour la période mais parfait pour lire après les fêtes !
En définitive, un recueil sombre et percutant qui met en avant tout le talent de Wallace !
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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veronique-m
  08 janvier 2017
Je n'ai pas encore terminé ce livre que j'ai commencé par la lecture de la nouvelle intitulée "Ce cher vieux néon" dont les premiers mots m'on tout de suite attirée : "Toute ma vie j'ai été un imposteur". Je n'ai pas été déçue.
Si j'en crois un article lu sur la vie de DFW, cette nouvelle doit être très autobiographique. Il y explique/analyse/expose ce qui a été la grande affaire de sa vie, ce sentiment insupportable d'être un imposteur, de ne plus agir que pour un public qu'il s'agit d'éblouir. de ne plus faire les choses que dans l'espoir des félicitations. Question dont je ne sais jusqu'à quel point elle me concerne. Que je débusque peut-être dans la chasse aux likes sur les réseaux sociaux. Et que DWF met impitoyablement à nu. Ainsi se souvient-il avoir aimé le football, jusqu'à ce que ce gout, ce plaisir lui soit ôté, enlevé, supplanté par l'angoisse de la performance à assurer, la nécessité d'être le meilleur, le seul.
J'ai particulièrement aimé les rencontres avec son analyste ainsi que celle de la méditation. Son maître de méditation est le seul qui ne se laissera pas prendre à son bluff, et le lui laissera entendre avec beaucoup de subtilité, en lui décernant le prix de la statue. Plus tard, il se demandera s'il n'aurait pas dû continuer la méditation après s'être ainsi senti démasqué.
D'une effrayante lucidité, la nouvelle se termine par son suicide. Il l'écrit 4 ans avant son suicide effectif.
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LeCombatOculaire
  01 mai 2017
L'histoire du monde moderne résumée par David Foster Wallace, avec toujours autant de lucidité, d'intelligence, d'humour noir et presque pince-sans-rire, de détachement, et de "bon les gars tout ça c'est bien joli mais la vie ça ne peut pas être aussi con ?" Et disons qu'avant de vous plonger dans L'Infinie Comédie, ce serait bien de commencer par celui-ci, comme un entrainement cérébral avant explosion littéraire. Disons qu'il a une aptitude sérieuse à faire des phrases montées si subtilement en neige qu'il vous faudra beaucoup de concentration et de volonté pour ne pas vous laisser complètement happer par les moindres détails - drôles ou pétrifiants - du monde qui vous entoure, ou vous laisser impressionner par la qualité du jeu de langage, impeccable et foudroyant, dont il fait preuve.
Et c'est pour ça qu'on l'aime.
(voir la critique intégrale avec résumé des nouvelles sur le blog)
Lien : http://lecombatoculaire.blog..
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Ieronim
  07 juillet 2017
Immense !
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   14 juin 2017
[À] un moment donné ses talents professionnels pour le marketing avaient métastasé et contaminé toute sa personne au point qu'il était aujourd'hui le genre d'homme à propos de qui, s'il prenait son courage à deux mains et proposait à une collègue de boire un verre et autour d'un verre lui ouvrait son cœur et révélait qu'il la respectait énormément, que ses sentiments pour elle relevaient d'une estime professionnelle et aussi éminemment personnelle, et qu'il pensait à elle bien plus souvent qu'elle ne l'imaginait probablement, et que s'il pouvait faire quoi que ce soit pour lui rendre la vie plus heureuse ou facile ou satisfaisante ou épanouissant il espérait qu'elle le dise, car c'est tout ce qu'elle aurait à faire, dire un mot ou claquer de ses doigts épais ou même poser sur lui un regard chargé de sens, et il serait là, dans l'instant et sans la moindre réserve, les gens penseraient quand même selon toute probabilité qu'il cherchait juste à coucher avec elle ou à la peloter ou à la harceler, ou qu'il nourrissait pour elle une obsession malsaine, voire peut-être qu'il lui avait élevé une espèce de petit autel malsain dans le coin de la seconde chambre inoccupée de son appartement, un autel rassemblant des objets personnels repêchés dans la corbeille à papier de son box ainsi que les petits mots secs et spirituels qu'elle lui faisait passer de temps en temps et surtout pendant les réunions absurdes ou mortellement ennuyeuses du personnel de Team Delta-y, ou que le fond d'écran de son ordinateur personnel Apple PowerBook était un agrandissement en qualité Adobe 1440 dpi d'un cliché numérique les représentant tous les deux avec son bras à lui sur son épaule à elle et de l'autre côté un petit morceau du bras et de l'épaule d'un autre membre de l'équipe Terrain de Team Delta-y pendant un pique-nique que A.C. Romney-Jaswat & Assoc. avait organisé pour ses sous-traitants à Navy Pier le 4 juillet deux ans plus tôt, Darlene tenant un gobelet à la main et souriant de telle façon qu'elle dévoilait presque autant de gencive supérieure que de dents, le rouge du gobelet de bière retouché informatiquement pour l'assortir à son rouge à lèvres et au petit nœud écarlate qu'elle portait souvent dans les cheveux, légèrement décentré sur la droite, comme une sorte de signature personnelle ou d'affirmation identitaire.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   22 avril 2017
Je sais que vous savez aussi bien que moi à quelle vitesse les pensées et les associations peuvent nous filer dans la tête. On peut être au boulot en pleine réunion de création, et rien que pendant les petits silences où les gens regardent leurs notes et attendant la présentation suivante on peut avoir la tête traversée par une telle quantité de choses qu'il faudrait un temps exponentiellement plus long que toute la réunion pour mettre simplement en mots le flux de pensées de ces quelques secondes de silence. C'est un autre paradoxe, dans la vie une grande partie de nos impressions et de nos pensées nous traversent si vite la tête que vite n'est même pas le bon mot, elles paraissent complètement étrangères ou extérieures au temps ordinaire séquentiel dans lequel nous vivons tous, et elles ont si peu de rapport avec le langage linéaire avec lequel nous communiquons un mot après l'autre qu'il faudrait facilement toute une vie juste pour déplier le contenu des pensées et des associations qui jaillissent en une fraction de seconde, etc. - et pourtant on continue à essayer d'utiliser l'anglais (ou la langue en vigueur dans notre pays de naissance, ça va de soi) pour essayer d'exprimer ce qu'on pense et pour découvrir ce que les autres pensent, alors qu'en réalité au fond de nous on sait tous que c'est une comédie et qu'on fait comme si.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   22 avril 2017
Réfléchissez-y une seconde - imaginez maintenant que tous les mondes de matière infiniment dense et changeante en vous à chaque moment de votre vie se révèlent ouverts et exprimables après la mort de ce que vous concevez comme vous, car imaginez maintenant qu'ensuite chaque moment soit une mer ou un plan ou un passage de temps infini dans quoi l'exprimer ou le communiquer, et vous n'avez même pas besoin d'un langage organisé, vous pouvez comme on dit ouvrir la porte et arriver dans la salle de n'importe qui avec toutes vos idées et facettes et formes multiformes. Car écoutez (...) : Qu'est-ce que vous croyez être, exactement ? Les millions et les trillions de pensées, de souvenirs, de juxtapositions - même les plus folles, comme celle-ci, je sais que vous le pensez - qui défilent dans votre tête et disparaissent ? Une espèce de somme ou de reste de tout ça ? Votre histoire ? (...) La vérité, c'est que vous avez déjà entendu ça. Que c'est ça qui se passe. Que c'est ça qui crée de la place pour les univers en vous, pour toutes les fractales sans fin de relations et de symphonies de voix, les infinités que vous ne pouvez jamais montrer à une autre âme. Et vous croyez que ça fait de vous un imposteur, cette minuscule fraction qui est la seule visible ? Bien sûr vous êtes un imposteur, bien sûr ce que les gens voient n'est jamais vous. Et bien sûr, vous le savez, et bien sûr vous essayez de maîtriser la partie qu'ils voient puisque vous savez que ce n'est qu'une partie. Qui ne le ferait pas ? (...) Mais en même temps c'est pour ça qu'il est si bon de fondre en pleurs devant les autres, ou de rire, ou de parler en langues.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   22 avril 2017
Néanmoins, lorsque l'enfant sort de sa transe catatonique ou de sa phase chrysalide, ou qu'il émerge de sa méditation sur les conséquences de ce qu'ont pu lui chuchoter le chamane hégémonique ou la nubile endeuillée, ou qu'il se remet de sa première poussée de testostérone adolescente, bref lorsqu'il revient de ce qui se produisait sur l'estrade en vannerie pendant les cycles lunaires où il est demeuré immobile et inaccessible, nous comprenons tout de suite qu'il a considérablement mué, car lorsqu'il en sort et qu'il rouvre les yeux et qu'il réagit aux stimuli et qu'il recommence à répondre à l'enchaînement cyclique des interrogations villageoises, ses réponses sont apparemment fort différentes, et sa relation avec les questions, les villageois et leur culture en expansion trahit désormais une gestalt tout à fait distincte. (...) Là, dans un premier temps, il arrive que l'enfant réponde à la question d'un villageois exactement comme avant, mais en adjoignant à cette réponse précise des réponses annexes à certaines autres questions liées ou consécutives et découlant d'après lui de sa réponse initiale, comme si maintenant il semblait concevoir ses réponses au sein d'un réseau ou système bien plus vaste de questions et de réponses et de nouvelles questions, et non plus comme de simples unités d'informations distinctes et indépendantes.
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LuniverLuniver   19 juin 2017
« Mais c'est de la merde.
— Et en même temps c'est de l'art. Des œuvres d'art sublimes. C'est extraordinaire au sens propre du terme.
— Non, c'est de la merde au sens propre du terme, c'est tout ce que c'est au sens propre du terme. »
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Vidéo de David Foster Wallace
Pourquoi tant d'écrivains mélancoliques se sont-ils suicidés, alors qu'ils étaient déjà célèbres et en train d'écrire leurs oeuvres les plus prometteuses ? Franz Kaltenbeck montre comment l'écriture est devenue mortelle en elle-même pour des auteurs comme Kleist, Stifter, Nerval, Celan, Foster Wallace.
Alors que l'écriture d'une oeuvre peut soutenir son auteur jusqu'à lui éviter la folie, comme on le voit chez Joyce et d'autres artistes, certains, au contraire, en meurent. C'est à résoudre cette contradiction, qui a dans chaque cas des coordonnées singulières, que s'attache Franz Kaltenbeck en lisant des écrivains mélancoliques célèbres du xixe au xxie siècle. Il les considère comme des puits de savoir sur leur mélancolie, longuement décrite à travers leurs fictions. Il s'appuie sur sa solide connaissance de Freud, dont il tire des arguments nouveaux grâce à Kafka. On comprend, à le suivre, que ce qui a d'abord résisté à la mélancolie chez ces auteurs a subi par la suite une défaite mortelle. L'écrivain américain David Foster Wallace met particulièrement ce phénomène en évidence : il dit qu'une catastrophe, qu'il identifie de loin sans pouvoir la maîtriser – la transformer – par l'écriture, l'attend au tournant comme un cyclone. À l'instar de Kleist, Stifter, Celan, Nerval avant lui, il s'est suicidé au sommet de son art.
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