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ISBN : 2081314797
Éditeur : Flammarion (2014)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.84/5 (sur 1009 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Peut-être parce qu'il la constatait dans sa famille et la pressentait en lui, peut-être aussi parce que l'époque est celle des grands aliénistes, de Charcot en particulier dont (quelques années avant Freud) il suivit assidûment les leçons à la Salpêtrière, Maupassant es... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 06 juillet 2012

    Nastasia-B
    Voilà, c'est fait ! Il fallait bien que ça arrive un jour, le plus tard possible, mais non c'est tombé aujourd'hui. Je le gardais sous le coude pour les jours de grand froid, mais j'ai craqué avant, en plein été... « Le horla » était le dernier recueil de nouvelles De Maupassant qu'il me restait à découvrir. Je l'avais gardé exprès celui-là, jalousement, au chaud, dans le double fond de ma table de nuit. J'avais tout dévoré les autres, goulûment, à pleines bouchées, en m'en mettant plein la figure, sans en garder suffisamment dans le creux de mes poches. Et bien voilà, bien fait pour moi, je suis à sec maintenant, quelle tristesse. Il faut vite que je devienne amnésique pour remettre tout ça en route…
    « Le horla » est une nouvelle très finement écrite, tout spécialement retravaillée pour la mise en recueil, avec le soupçon de lyrisme qui est propre au style de Guy de Maupassant et qui atteint un degré, parmi les plus élevés ici. Un homme, grand bourgeois ou châtelain normand, se construit une angoisse tenace qui finit par dévorer l'essentiel de son existence. Des éléments de surnaturel, qu'on ne sait dus aux événements mêmes ou aux défaillances de perception du narrateur, ponctuent les pages de son journal intime. Cette nouvelle est réellement parfaite dans son genre et dans sa catégorie de « Contes de peur ou d'angoisse ». Mais il s'avère que, personnellement, ce n'est pas ce Maupassant-là que j'affectionne le plus. le régionaliste normand qu'il est me séduit souvent bien davantage et me procure de bien plus vifs plaisirs de lecture. Donc, si vous aimez la facette thriller de l'auteur, vous trouverez que c'est du grand art, pour ma part, j'aime bien mais sans plus.
    La nouvelle suivante intitulée « amour », par exemple, bien que beaucoup plus modeste dans son développement et dans ses ambitions, étant typiquement dans la veine régionaliste normande, dans la droite ligne des « Contes de la bécasse », m'a littéralement bouleversée. L'auteur y décrit dans son style sobre et efficace, en peu de mots, une scène de chasse et l'émouvant attachement d'un mâle sarcelle d'hiver pour sa femelle fraîchement abattue par les chasseurs. C'est du Maupassant pur jus, ou l'art de jouer juste, sur la corde de notre sensibilité.
    « le trou » est l'une des fameuses comparutions devant le tribunal régional, dont il a le secret et où se traitent des différends aussi mesquins que tragiques, tels que l'attribution d'un emplacement de pêche à la ligne, avec les termes fleuris du patois local.
    « Sauvée » nous raconte comment une femme s'y est prise pour obtenir son divorce, grâce aux bons soins d'une soubrette tout spécialement engagée pour créer l'adultère.
    « Clochette » est encore le récit d'un de ces touchants destins de femmes, à l'instar de « La rempailleuse » dans Les Contes de la Bécasse, qui ont sacrifié leur vie et leurs rêves à l'amour d'un seul homme.
    « le marquis de Fumerol » nous présente les derniers instants d'un noble ayant rompu avec la religion et, ce faisant, ayant mené Une vie libertine pas tout à fait du goût de sa famille.
    Dans « le signe », Maupassant nous relate le piment qu'une femme "comme il faut" peut chercher à mettre dans son existence en "essayant", "juste une fois", de jouer à la dévergondée. Attention aux dommages collatéraux…
    La nouvelle que je vous recommande tout particulièrement dans ce recueil est « le diable ». L'auteur nous remet le couvert de ces fins de vie des vieillards à la campagne, qui ne viennent jamais assez tôt et coûtent toujours un peu trop cher. C'est mon coup de cœur du recueil.
    « Les rois » est une énième évocation de la guerre franco-prussienne de 1870, mais cette fois-ci sous un angle original. L'organisation d'un gueuleton à l'occasion de l'épiphanie. Vous imaginez bien qu'il faut que surgisse un petit malheur sinon Maupassant y perdrait sa réputation.
    Les nouvelles « Au bois », « Une famille » et « Joseph » sont l'occasion pour l'auteur de retourner sur ses thèmes favoris, à savoir, respectivement les bonnes mœurs des honnêtes gens, la misère et le carcan de la vie familiale et un bon vieil adultère comme Maupassant les aime.
    « L'auberge » est une étonnante scène de survenue de la démence dans un refuge alpin isolé.
    Et enfin « le vagabond » est la dernière de mes favorites pour ce recueil, avec une dénonciation sociale forte et bien menée sur un charpentier, contraint de quitter son village natal faute de travail, qui se démène sur les routes pour trouver de l'ouvrage mais que les braves gens laissent crever de faim, et qui finalement, termine par se rendre coupable de tous les maux dont on l'accusait tandis qu'il était encore innocent et qui pour une journée de délits par moisir vingt ans en prison. Bel exemple de ce que la société peut produire comme délinquance quand elle est incapable de donner du travail et de la dignité à chacun.
    Pour conclure, un bon recueil, solide, homogène, plaisant, mais pas mon préféré d'où mes quatre étoiles sur cinq, mais ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par Pavlik, le 08 juin 2014

    Pavlik
    Le Horla est une nouvelle bien connue des amateurs de fantastique mais également des adeptes de son auteur, Guy de Maupassant. Son oeuvre peut être qualifiée de réaliste mais de nombreux éléments fantastiques la parsèment (La Chevelure, La Tombe...) s'axant sur le registre de la folie et de la paranoïa. Guy de Maupassant était, en effet, un écrivain profondément pessimiste, qui fit plusieurs tentatives de suicide et qui mourut, interné, un mois avant son quarante troisième anniversaire. Lorsqu'il écrit le Horla, en 1887, sa santé mentale est déjà extrêmement précaire.
    L'histoire est celle d'un homme de quarante deux ans qui coule des jours paisibles dans sa propriété en bord de Seine, près de Rouen. Un jour il voit passer un trois mats brésilien devant ses fenêtres et à compter de ce moment il devient la victime d'étranges phénomènes qui lui donnent rapidement l'impression qu'il n'est pas seul. Un être apparemment surnaturel, invisible, qu'il baptise le Horla, semble prendre un malin plaisir à le tourmenter. le héros en vient à se rendre au Mont St Michel ou un moine lui raconte de vieilles légendes, évoquant la présence d'autres êtres que les hommes sur terre. de retour chez lui, les phénomènes étranges ne font que s'accentuer et il devra (ou croira devoir) prendre une mesure radicale pour y remédier, à savoir l'incendie de sa maison, sans garantie de succès. A tel point qu'il se posera sérieusement la question de son propre suicide.
    Cette nouvelle a connu deux versions. Je parle ici de la seconde, la plus célèbre, dans laquelle Maupassant a recours à la forme du journal intime, créant de fait une proximité avec le lecteur, à qui il souhaite s'adresser comme à un proche, ce qui renforce le sentiment d'angoisse et sonne comme un avertissement. Car c'est bien de lui qu'il nous parle, en nous narrant cette lente descente dans les tréfonds de la folie, mais il semble également vouloir nous dire que chacun est susceptible d'y succomber. En effet, même si l'ensemble de l'histoire joue de l'ambiguïté entre un irréel toujours possible et la réalité angoissante, mais plus banale, d'un homme qui sombre dans la paranoïa, il ne fait aucun doute (en tous cas pour moi) que Maupassant s'est attaché à nous décrire cette dernière et se sert de l'aspect fantastique comme d'une parade à ses propres défaillances mentales. Consciemment ou pas, il ne croit pas à la présence d'êtres surnaturels, dont la possibilité est évoquée par un moine, et quand on sait l'opinion qu'il se faisait de la religion, il y a peu de chance qu'il fasse grand cas des paroles d'un de ses représentants. Mais peu importe car, d'un point de vue stylistique, c'est sur cette ambiguïté que repose toute la tension dramatique qui permet à Maupassant de nous livrer une nouvelle de grande qualité, qui marque celui qui la lit (fan de fantastique ou pas) et qui est, depuis, devenue un classique.
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    • Livres 4.00/5
    Par LUKE59, le 21 octobre 2012

    LUKE59
    L'ouvrage que j' ai lu , destiné aux classes de lycée , contient uniquement les trois versions du Horla dont la première s' intitule "Journal d' un fou".Sa couverture est illustrée par l' inquiètant " Autoportrait au miroir" de Léon Spilliaert. Ce récit oppressant est construit comme le journal intime d' un bourgeois provincial, relatant les phénomènes de plus en plus troublants affectant son quotidien : carafes d' eau ou de lait dont le contenu disparaît inexplicablement durant la nuit, objets qui se volatilisent et surtout, sensation d' une présence invisible, malveillante, insupportable ...Le horla ! Conte classique et fantastique ,qui n' est pas sans rappeler les " Histoires extraordinaires' d' Edgar Allan Poe, cette nouvelle détaille avec une extrême précision la lente dérive d' un homme vers la paranoïa : un modèle du genre.
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    • Livres 5.00/5
    Par paroles, le 01 mars 2014

    paroles
    Je crois bien que c'est le seul livre qui m'ait autant effrayée. Quand j'ai terminé sa lecture (quelle idée aussi de le lire à la nuit tombée) j'ai regardé sous le lit, puis je me suis ensevelie sous les couvertures.
    Depuis, je n'arrive pas à le relire. Rien que de regarder la couverture, j'en ai encore les cheveux qui se dressent sur la tête. Mais je le garde précieusement dans ma bibliothèque car pour moi, il est incontestablement le livre de La peur.
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 31 octobre 2012

    Luniver
    J'hésite longtemps avant de lire du « vieux » fantastique : certains récits ont pour moi horriblement mal vieillis (certaines nouvelles de Poe notamment), j'ai toujours la crainte de m'ennuyer ferme.
    Mais dans ce recueil de nouvelles, Maupassant exploite un sentiment qui n'est pas prêt de passer de mode : La peur du noir, La peur de se retrouver isolé dans la brume sans voir à trois pas, La peur des « phénomènes inexplicables » qui laissent aussitôt libre court à notre imagination débordante. S'enchaînent donc des récits de morts qui viennent se venger, d'esprits insaisissables mais qui tourmentent tout de même les humains, et d'hommes qui perdent la tête et qui sont pris de manies étranges.
    Une seule critique à faire : une certaine répétition dans les thèmes, ce qui gâche un peu la surprise dans certaines nouvelles.
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Citations et extraits

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  • Par ralbol, le 30 octobre 2010

    Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit : « amuse-toi. » Il s’amuse. On lui dit : « Vote pour l’Empereur. » Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : « Vote pour la République. Et il vote pour la République.
    Ceux qui le dirigent sont aussi sots, mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion
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  • Par Javert, le 26 septembre 2011

    Quant à moi, maintenant, j'ai fermé mon âme. Je ne dis plus à personne ce que je crois, ce que je pense et ce que j'aime. Me sachant condamné à l'horrible solitude, je regarde les choses, sans jamais émettre mon avis. Que m'importent les opinions, les querelles, les plaisirs, les croyances ! Ne pouvant rien partager avec personne, je me suis désintéressé de tout. Ma pensée, invisible, demeure inexplorée. J'ai des phrases banales pour répondre aux interrogations de chaque jour, et un sourire qui dit "oui", quand je ne veux même pas prendre la peine de parler.
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  • Par Nastasia-B, le 15 août 2012

    Sur le perron, une dame apparut, parée pour la visite, coiffée pour la visite, avec des phrases prêtes pour la visite. Ce n’était plus la fillette blonde et fade que j’avais vue à l’église quinze ans plus tôt, mais une grosse dame à falbalas et à frisons, une de ces dames sans âge, sans caractère, sans élégance, sans esprit, sans rien de ce qui constitue une femme. C’était une mère, enfin, une grosse mère banale, la pondeuse, la poulinière humaine, la machine de chair qui procrée sans autre préoccupation dans l’âme que ses enfants et son livre de cuisine.
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  • Par Nastasia-B, le 18 août 2012

    Il s’indignait de l’injustice du sort et s’en prenait aux hommes, à tous les hommes, de ce que la nature, la grande mère aveugle, est inéquitable, féroce et perfide.
    Il répétait, les dents serrées : « Tas de cochons ! » en regardant la mince fumée grise qui sortait des toits, à cette heure du dîner. Et, sans réfléchir à cette autre injustice, humaine, celle-là, qui se nomme violence et vol, il avait envie d’entrer dans une de ces demeures, d’assommer les habitants et de se mettre à table, à leur place.
    Il disait : « J’ai pas le droit de vivre, maintenant… puisqu’on me laisse crever de faim… je ne demande qu’à travailler, pourtant… tas de cochons ! » Et la souffrance de ses membres, la souffrance de son ventre, la souffrance de son cœur lui montaient à la tête comme une ivresse redoutable, et faisaient naître, en son cerveau, cette idée simple : « J’ai le droit de vivre, puisque je respire, puisque l’air est à tout le monde. Alors, donc, on n’a pas le droit de me laisser sans pain ! »
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  • Par Luniver, le 29 octobre 2012

    » Tu ne me comprends pas ? Écoute. Deux corps se heurtent. L'air vibre. Ces vibrations sont plus ou moins nombreuses, plus ou moins rapides, plus ou moins fortes, selon la nature du choc. Or, nous avons dans l'oreille une petite peau qui reçoit ces vibrations de l'air et les transmet au cerveau sous forme de son. Imagine qu'un verre d'eau se change en vin dans ta bouche. Le tympan accomplit cette incroyable métamorphose, ce surprenant miracle de changer le mouvement en son. Voilà.

    » La musique, cet art complexe et mystérieux, précis comme l'algèbre et vague comme un rêve, ne vient donc que de la propriété étrange d'une petite peau. Elle n'existerait point, cette peau, que le son n'existerait pas, puisque par lui-même, il n'est qu'une vibration. Sans l'oreille, devinerait-on la musique ? Non. Et bien ! nous sommes entourés de choses que nous ne soupçonnerons jamais, parce que les organes nous manquent qui nous les révéleraient.
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