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ISBN : 2266159208
Éditeur : Pocket (2005)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 536 notes) Ajouter à mes livres
Peut-être parce qu'il la constatait dans sa famille et la pressentait en lui, peut-être aussi parce que l'époque est celle des grands aliénistes, de Charcot en particulier dont (quelques années avant Freud) il suivit assidûment les leçons à la Salpêtrière, Maupassant es... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 17 avril 2010

    Seraphita
    « L'Héritage » : Lesable est un jeune homme zélé qui travaille au ministère de la Marine. Il a comme collègue Cachelin qui cherche un parti pour sa fille Cora. Cette dernière semble attirante, non pour des raisons physiques, mais du fait de L'Héritage prometteur qu'elle touchera au décès de sa tante, Melle Charlotte. En connaissance de cause, Lesable épouse Cora. Quelques années plus tard, la tante Charlotte décède. le notaire leur apprend alors que Cora ne touchera L'Héritage qu'à la naissance du premier enfant. Si aucun enfant ne naît d'ici à trois ans, L'Héritage reviendra à des œuvres. Or, malgré deux ans d'union, notre couple n'a toujours pas d'enfant. S'engage alors une course contre la montre…
    « Le Horla » : Un homme se sent victime d'un étrange phénomène : un être invisible se nourrit de sa vie durant son sommeil, tel un vampire : qui est cet être mystérieux dont on parle beaucoup au Brésil, qui se nomme lui-même « Le Horla » ? Peut-on s'en débarrasser ?
    J'ai découvert la nouvelle titrée « L'Héritage » par le biais d'une lecture publique. C'est la première partie de la nouvelle qui a été lue, et j'ai été tellement conquise que j'ai acheté ce livre chez mon libraire pour découvrir la suite et surtout la fin : comment le couple allait-il résoudre le délicat problème posé par la tante Charlotte ?
    J'aime beaucoup l'écriture de Maupassant qui dresse le portrait d'une société et ici d'une famille, avec beaucoup d'humour et de cynisme, n'hésitant pas à railler ses contemporains, à dénoncer les travers des uns et des autres. A travers la description des employés du ministère, Maupassant pointe les ambitions personnelles, les moqueries et bassesses perpétuelles, la figure d'autorité incarnée par le chef. C'est aussi une histoire d'ambition qu'il nous conte à travers l'union de Lesable et Cora : le désir impérieux de devenir riche, même si on doit passer au-dessus des convenances et s'avilir. Un conte cynique, très bien écrit, qui nous présente une fin pour laquelle j'aurais aimé entendre le père Savon.
    J'ai bien aimé la nouvelle du Horla, qui est la première nouvelle de ce recueil. Sur un mode introspectif et intimiste, le narrateur conte ses émois, ses états d'âme, ses doutes, ses égarements face aux événements inexpliqués qui surgissent dans son quotidien. J'ai hésité dans la catégorisation de cette nouvelle : s'agit-il plutôt d'une nouvelle à dominante psychologique, Maupassant décrivant l'histoire d'une folie progressive ? Ou bien alors d'une nouvelle fantastique, avec le surgissement inexplicable d'une créature surnaturelle, Le Horla ? Peut-être Maupassant a-t-il su mêler avec art ces deux registres ?
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 01 juillet 2011

    brigittelascombe
    Guy de Maupassant, né en 1850, lié aux naturalistes a commencé sa vie littéraire avec "Boule de suif" en 1880.
    Mondain, suite a des expériences amoureuses multiples, il a contracté la syphilis aux manifestations viscérales et psychologiques plus qu'embêtantes.
    Le Horla, rassemble une série de nouvelles dont une éponyme. Cette dernière a été assimilée à une production délirante en vue de préserver son intégrité psychique.
    J'ai beaucoup aimé ces récits que l'on dirait écrits par des personnes différentes. L'auteur peut passer d'un langage délicat,poétique et imagé pour certaines à une gouaille populaire mêlant de nombreux dialogues paysants et vivants pour d'autres.
    Les thèmes abordés sont dissemblables aussi, ce qui fait qu'on ne s'ennuie jamais, poussant tour à tour treize portes de chapitres sans vraiment savoir se qu'elles cachent.
    Le titre du "Horla", ou hors de là, hors de lui, symbolise l'inexpliqué, la part d'ombre en chacun de nous souvent projetée à l'extérieur, cette inconnue angoissante qui parfois, comme dans cette nouvelle consume puis détruit jusqu'à la folie. "Le vampire" disait Baudelaire, qui hors de notre monde et des lois rejoint ici le récit de science fiction ou la pure hallucination.La peur monte crescendo, du "Quelle journée admirable!" du début, à "Je suis malade!", puis "Ca s'aggrave!", jusqu'aux cauchemars où la seule façon de se débarasser de cet être qui hante le narrateur et l'épouvante est de se tuer lui même.
    Idem dans "L'Auberge" où l'on voit Ulrich devenir fou, hanté par une âme.
    Ces Contes se font parfois cruels:dans "Le diable" une pauvre femme à l'article de la mort est épouvantée par une autre, soudoyée par le fils, qui finit par se déguiser en malin pour hater l'ultime départ.
    Dans "Une famille",un vieillard est affamé.
    Dans "Le vagabond", le vagabond dont personne n'a pitié est condamné pour vol et viol, alors qu'il a été poussé à voler par faim et que la servante troussée était consentante.
    Les récits sont émouvants: l'adorable-laide "Clochette" boite d'amour,
    "Le marquis de Fumérol" au seuil de la mort renvoie son monde, ses voleurs d'ame et de conscience, ses crocheteurs de porte de moribonds, sans ambages.
    le curé des "Rois" rit beaucoup, le mort rit moins.
    La sarcelle dont on a tué la femelle dans "Amour" nous touche de son cri, sa plainte déchirante et répétée, elle pleure et souffre, lamentable. Un passage que j'ai trouvé sublime car le fond, des paysage décrits en bord de marais, poétique avec ses longues feuilles en rubans, sa cabane-diamant au coeur de feu, est si beau qu'il fait ressortir l'émotion unique de l'animal touché dans son coeur par la perte de sa compagne, préférant mourir et allant au devant du fusil.
    Et puis des récits cocasses, plein d'humour: "Le signe" ou "Joseph"et la coquine barone, "Au bois" et les époux qui pêchent sous les feuilles, "Le trou" et sa plaidoierie burlesque.
    Le narrateur reste souvent passif ou contemplatif de cette comédie ou tragédie humaine. Il constate mais ne fait rien pour la positiver.
    Sadique Maupassant?
    Bref, on ne s'ennuie pas, on lit, on se laisse emporter, on rêve jusqu'aux portes parfois sans retour du fantastique et l'on se dit: Oui Maupassant était et est toujours un grand écrivain!
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 13 juillet 2011

    cicou45
    Superbe nouvelle dans lequel le lecteur découvre la vie d'un homme de quarante-deux ans qui tombe lentement dans la folie. Se sentant sans cesse suivi, voire même traqué, il décide de faire une expérience et découvre que c'est réellement le cas. de plus, en observant son visage dans le miroir, il découvre que celui-ci a changé, il a pris l'apparence de celui qi=ue le narrateur a baptisé "Le Horla". Pour se débarasser de cet être qu'il considère comme machiavélique, le narrateur va donc décider de l'enfermer dans sa maison et de mettre le feu à cette dernière...oubliant que tous ses serviteurs se trouvaient encore à l'intérieur.
    J'ai trouvé cette nouvelle absolument captivanten tout comme l'est d'ailluers l'écriture de l'auteur. Le Horla serait-il la part cachée, celle que nous refoulons, celle qui est issue du mal, que chacun d'entre nous possède en lui ? A lire et à méditer !
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    • Livres 3.00/5
    Par Audreyy, le 06 janvier 2012

    Audreyy
    Voilà un petit livre de 170 pages composés de plusieurs Contes fantastiques.. plusieurs nouvelles de quelques pages puis une plus grande "Le horla". Mais à la fin, toutes ont le même thème en commun.. Des objets possédés, des apparitions de personnes décédées, des meubles disparaissent et réapparaissent à leur guise.. le narrateur a donc dans l'idée qu'un être surnaturel vit ici, qu'il baptise Le horla.. Vérité ? Folie du narrateur ?
    Ce n'est pas vraiment un roman fantastique car le narrateur ne cesse de se demander si ce qu'il voit, ce qu'il entend est réel ou s'il le rêve. On est donc basculer entre la raison et la folie. La peur et les superstitions des êtres humains qui n'y croient pas.. mais au fond..
    Un livre vraiment étrange qui peut donner la chair de poule si on lit ces récits tard la nuit.. Mais j'ai apprécié, c'est tout aussi captivant que étrange et l'écriture de Guy de Maupassant continue d'être un plaisir.

    Je n'aime pas trop faire des critiques brèves mais là, je ne vois vraiment rien d'autre à ajouter à part que j'ai aimé. C'est prenant bien que tordu.
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    • Livres 5.00/5
    Par Liligoth, le 25 mai 2011

    Liligoth
    Pour moi la meilleure des nouvelles fantastiques que j'ai lue jusqu'à maintenant! Et je ne dis pas ça parce que Maupassant est un de mes auteurs préférés, ni parce que je lui ai consacré, à lui et à ses Contes fantastiques, mon mémoire de Master...hum...hum
    Ce texte nous plonge avec force dans le quotidien d'un homme apeuré par les propres divagations de son esprit. A l'aide de son journal il nous décrit la lente invasion d'un être invisible au sein de son foyer qui semble chercher à lui voler son énergie vitale. Mais comme dans tout conte fantastique une hésitation subsiste : ce personnage est-il fou? ou Le horla est-vraiment réel? car la narration par le journal intime ne saurait être un garant de la vérité pour le lecteur dans la mesure où un seul point de vue nous est fourni. Et là est selon moi l'intérêt de ce récit : Maupassant parvient de façon magistrale à cultiver l'indécidable. Car comment être convaincu de la folie d'un narrateur qui parvient encore à avoir des raisonnements logiques (ex : l'expérience qu'il fait avec le lait et l'eau), ou quand d'autres personnages soutiennent l'existence de forces invisibles qui nous dépassent? (ex : la scène,ô combien célèbre, de la séance d'hypnose avec le Dr parent). Au final, lecteur et narrateur ne savent plus où ils en sont (bien que l'avantage pour le 1er est qu'il peut s'en sortir simplement en fermant le livre!)
    La réputation De Maupassant, en tant que conteur fantastique, n'est plus à faire. Pour moi c'est une œuvre extrêmement riche de sens, mais que l'étude en milieu scolaire risque d'appauvrir.
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Citations et extraits

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  • Par ralbol, le 30 octobre 2010

    Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit : « amuse-toi. » Il s’amuse. On lui dit : « Vote pour l’Empereur. » Il vote pour l’Empereur. Puis, on lui dit : « Vote pour la République. Et il vote pour la République.
    Ceux qui le dirigent sont aussi sots, mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, c’est-à-dire des idées réputées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion
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  • Par Javert, le 26 septembre 2011

    Quant à moi, maintenant, j'ai fermé mon âme. Je ne dis plus à personne ce que je crois, ce que je pense et ce que j'aime. Me sachant condamné à l'horrible solitude, je regarde les choses, sans jamais émettre mon avis. Que m'importent les opinions, les querelles, les plaisirs, les croyances ! Ne pouvant rien partager avec personne, je me suis désintéressé de tout. Ma pensée, invisible, demeure inexplorée. J'ai des phrases banales pour répondre aux interrogations de chaque jour, et un sourire qui dit "oui", quand je ne veux même pas prendre la peine de parler.
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  • Par Couperine, le 03 décembre 2010

    12 mai. - J'ai un peu de fièvre depuis quelques jours ; je me sens souffrant, ou plutôt je me sens triste.
    D'où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre confiance en détresse ? On dirait que l'air, l'air invisible est plein d'inconnaissables Puissances, dont nous subissons les voisinages mystérieux. Je m'éveille plein de gaieté, avec des envies de chanter dans la gorge. - Pourquoi ? - Je descends le long de l'eau ; et soudain, après une courte promenade, je rentre désolé, comme si quelque malheur m'attendait chez moi. - Pourquoi ? - Est-ce un frisson de froid qui, frôlant ma peau, a ébranlé mes nerfs et assombri mon âme ? Est-ce la forme des nuages, ou la couleur du jour, la couleur des choses, si variable, qui, passant par mes yeux, a troublé ma pensée ? Sait-on ?
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  • Par Orphea, le 18 février 2011

    Est-ce étrange qu'un simple malaise, un trouble de la circulation peut-être, l'irritation d'un filet nerveux, un peu de congestion, une toute petite perturbation dans le fonctionnement si imparfait et si délicat de notre machine vivante, puisse faire un mélancolique du plus joyeux des hommes, et un poltron du plus brave ? Puis, je me couche, et j'attends le sommeil comme on attendrait le bourreau. Je l'attends avec l'épouvante de sa venue, et mon coeur bat, et mes jambes frémissent ; et tout mon corps tressaille dans la chaleur des draps, jusqu'au moment où je tombe tout à coup dans le repos, comme on tomberait pour s'y noyer, dans un gouffre d'eau stagnante. Je ne le sens pas venir, comme autrefois, ce sommeil perfide, caché près de moi, qui me guette, qui va me saisir par la tête, me fermer les yeux, m'anéantir.
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  • Par Couperine, le 03 décembre 2010

    Je dors - longtemps - deux ou trois heures - puis un rêve - non - un cauchemar m'étreint. Je sens bien que je suis couché et que je dors... je le sens et je le sais... et je sens aussi que quelqu'un s'approche de moi, me regarde, me palpe, monte sur mon lit, s'agenouille sur ma poitrine, me prend le cou entre ses mains et serre... serre... de toute sa force pour m'étrangler.
    Moi, je me débats, lié par cette impuissance atroce, qui nous paralyse dans les songes ; je veux crier, - je ne peux pas ; - je veux remuer, - je ne peux pas ; - j'essaie, avec des efforts affreux, en haletant, de me tourner, de rejeter cet être qui m'écrase et qui m'étouffe, - je ne peux pas !
    Et soudain, je m'éveille, affolé, couvert de sueur. J'allume une bougie. Je suis seul.
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Vidéo de Guy de Maupassant

Bande annonce du roman de Guy de Maupassant signée Declan Donnellan et Nick Ormerod avec Robert -Twilight- Pattinson,Uma Thurman, Kristin Scott Thomas et Christina Ricci dans les rôles titres.








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