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Critiques les plus appréciées

Nous rêvions juste de liberté
21 avril 2017
Nous rêvions juste de liberté de Henri Loevenbruck
Encore une pépite découverte grâce à Babelio, les ami(e)s, MER-CI !!! J'ai dû juste patienter le temps qu'il fallait pour m'offrir le livre en poche. ;-)

Pas besoin d'être un mec, ni d'aimer les belles bécanes, ou d'être nés dans les années 50-60 pour se laisser emporter par cette bouleversante aventure humaine ! Bohem et sa bande vous prennent aux tripes, vous font rire, voyager, rêver, trembler, grincer des dents, pleurer, jusqu'à la dernière page, jusqu'au dernier mot...

L'amitié et l'honneur vécus comme des sacrements, quoiqu'il advienne. Tout est franc, brut, entier : la solidarité, le respect, la parole donnée, la trahison, la folie, la souffrance, l'abandon. J'ai parfois lu que c'était un roman sur / pour les esprits "rebelles", mais je ne suis pas d'accord. Être épris de "liberté" ne signifie pas forcément provoquer, fuir, s'opposer ou prendre une revanche sur la vie. Ici, cela sonne véritablement pour Hugo comme une échappée belle, une course en avant, sans penser au lendemain, une épopée chevaleresque et cylindrique, sans regrets, quels que soient les obstacles et le prix à payer (!)

Des héros qu'on n'a pas envie de quitter ni d'oublier, comme lorsque l'on regarde un bon film. Des personnalités plus émouvantes que d'autres. Et des répliques marquantes : "Ta gueule, Oscar" !.....
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Sa majesté des mouches
15 avril 2017
Sa majesté des mouches de William Golding
Le plus formidable livre que j'ai jamais lu !

1954 : Un avion anglais se crashe sur une île déserte. Seuls, des enfants (garçons) survivent. Au début, tout va bien, le grand Ralph, 12 ans, est élu chef de la communauté.

Mais petit à petit, tout se dégrade, et l'île sombre dans la folie. Mais pourquoi????

Jack veut prendre la place de Ralph, mais il représente la jalousie et l'instinct de destruction. ....



Lire ce livre provoque un choc ! Je l'ai lu et relu, et à chaque fois, il m'a donné une perspective différente !

Il pose le problème fondamental de la vie en société dans un milieu vierge de toute règle. C'est une sorte de parabole posant les bases de la sociologie, de la psychologie, et de l'éducation ou de la non éducation.



La "conque" comme symbole de respect et de la prise de parole, ne suffit plus à Jack dont l'ambition impatiente renverse les codes que tentent d'établir Ralph et les autres. Les "mister Hyde" se révèlent alors. Ici, la plupart des enfants ne sont pas capables du sentiment d'hypocrisie qui permet de supporter une vie sociale non souhaitée. Ce sont d'abord des invectives, des menaces, puis la bande de Jack passe aux actes, elle est prête à tout pour dominer.

Après avoir abattu un cochon, Jack décide de conserver la tête empalée sur un pieu afin d’apaiser le monstre qui vit sur la montagne. La tête de cochon devient un totem.

La conque est le symbole de la civilisation de Ralph, la tête de cochon ( sa majesté des mouches ) est le symbole de la sauvagerie et du mal.

Qui va gagner ?

Dans la vraie vie, et malgré les codes sociaux plus ou moins abscons finement établis et travaillés par des juristes technocrates, il y a des êtres constructeurs, et des destructeurs.

Ces sentiments destructeurs sont très bien décrits ici.



Ce roman a construit ma pensée sur la nature humaine, et a défini ma perception de l'humanité et même de l'enfance. Il m'a permis, pas suffisamment encore, de comprendre les enfants des zones "sensibles" et surtout leurs parents, dont les préoccupations n'ont rien à voir avec les objectifs de l'école.



Fitzhugh Dodsen a écrit "tout se joue avant six ans".

Ici, ils ont dix / douze ans, il est peut être déjà trop tard !

Ce livre, comme "L'assommoir" et d'autres oeuvres, explique la vie.

De plus, en cadeau, William Golding (auteur d'une belle trilogie maritime) analyse un pervers narcissique (lire le très bon livre de Marie France Hirigoyen à ce sujet) avant que le terme n'apparaisse ! C'est une catégorie de gens à laquelle je suis très sensible.
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Dans une coque de noix
15 avril 2017
Dans une coque de noix de Ian McEwan
Le narrateur du dernier livre de Ian McEwan est... un foetus, à moins d'un mois du terme. Quand au sujet, un remake de Hamlet, donc originalité garantie.

Installé bien au chaud, " par-dessus les bruits de laverie automatique de l’estomac et des intestins" de sa mère, non seulement il perçoit tout mais il semble aussi avoir une connaissance du monde non négligeable. Nous voici embarqués dans une histoire loufoque où l'oreille plaqué contre la paroi utérine gluante, il apprend que sa mère complote de tuer son père avec l'aide de son amant qui n'est autre que son oncle, le demeuré.......

Dans une maison appartenant au père, une ruine de style georgien dans Hamilton Terrace, rue prétentieuse de Londres, notre fœtus Sherlock mène l'enquête dans une décrépitude ambiante et une position physiologique des moins agréables, pris entre deux feux, copulation et complot, -"Tout le monde ne sait pas quel effet ça fait, d’avoir le pénis du rival de votre père à quelques centimètres de votre nez....". Quand au père, ironie du sort, evicté de sa propre maison, négocie son retour par le biais de poèmes peu inspirés, cas sans issu........comment intervenir pour éviter le pire ? Fœtus Sherlock a du pain sur la planche. Ce n'est que le préambule.



J'ai beaucoup ri, car notre embryon qui joue la carte de l'innocence, un brin intello ( euh, il peut citer Ulysse de Joyce ) et fin connaisseur en vins ( une connaissance des cépages impressionnante), ne manque pas d'humour. Pour relever plus d'indices sur le complot, il réveille sa mère la nuit,en lui donnant des coups de pied, mais manque de pot celle-là ne veut pas déranger son amant. À défaut, elle se plaque sur les oreilles une conférence podcastée et s’adonne à la magie d’Internet. Elle zappe. -"J’ai déjà tout entendu. Élevage d’asticots dans l’Utah. Randonnées sur le plateau irlandais du Burren. L’offensive de la dernière chance pour Hitler dans les Ardennes. Parades amoureuses chez les Yanomamis. Comment Poggio Bracciolini a sauvé Lucrèce de l’oubli. Les lois du tennis.....-", notre embryon écoute et s'instruit à merveille, sauf qu'il commence à réaliser, qu'avoir une conscience dans sa futur vie va être un cadeau empoisonné.

L'imagination de l'auteur est sans borne, pourtant il ne tombe jamais dans l'absurde ni le n'importe quoi. En lisant certains passages on y oublierait presque que le narrateur est un embryon, et quand ce dernier nous rappelle qu'il baigne toujours dans son liquide amniotique, cela paraît presque naturel....... la créativité, l'intelligence de McEwan y brille.

À travers les pérégrinations du fœtus Sherlock, l'écrivain touche aussi aux divers dilemmes de la vie et balaie du regard l'actualité politique et sociale nationale et internationale, avec quelques piques à son pays , -"......la commissaire. Je me demande si elle est armée. Trop voyant. Comme pour la reine qui n’a jamais d’argent sur elle. Ce sont les brigadiers et leurs subalternes qui tirent sur les voyous."-

Comme dans "L'intérêt de l'enfant", on penserait que c'est trop, mais non tout est à sa place, juste et précis.



Imagination et humour noir avec un zest de suspens dans une mise en scène originale,

un très bon moment de lecture que je conseille !









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Il était une lettre
23 avril 2017
Il était une lettre de Kathryn Hughes
Une simple lettre ! L'une de celles qui fend les coeurs, même les plus endurcis, parce qu'elle est remplie d'amour. Une douce missive oubliée dans la poche d'un vieux veston qui va traverser les ans avant d'être retrouvée par une âme en pleine détresse. Un billet doux qui va raviver les coeurs meurtris, soigner les blessures, redonner foi en l'avenir... Un message exalté qui va sortir les fantômes de l'oubli.

Au début, je dois l'avouer, j'ai craint le pire ! Les personnages de ce livre me paraissaient tellement caricaturaux, les situations tellement outrées que l'histoire me semblait vide, dénuée de sens. Une femme battue, le mari ivrogne, le père tyrannique, l'ami de toujours secrètement amoureux, la mère qui refuse de voir… Pourquoi pas le pompier pyromane et la prostituée au grand coeur, pendant qu'on y est !!!

Et puis, soudainement, la magie s'opère quand celle par qui le scandale arrive est envoyée en Irlande chez sa tante, une paysanne à l'ancienne, une revêche dure à la peine et rigide sur les principes. L'histoire de nos deux belles héroïnes bafouées, aux rêves piétinés, liées par cette lettre jaunie pleine d'espérance, d'amour, de vitalité, devient alors de plus en plus émouvante, et vraie. Les personnages prennent de l'épaisseur ; on devine leurs fêlures ; on ressent le poids de leurs inconséquences et de leurs remords.

Elles se nomment Tina et Chrissie. L'amour qui rend aveugle, le sens du devoir, la moralité et sa chappe de plomb, les ont laissées au bord du chemin, esseulées, brisées, sans avenir ni perspectives. Jusqu'à l'arrivée miraculeuse de la lettre qui renoue les fils du destin.

Cette jolie lettre, pour moi, c'est un peu comme le sourire bienveillant de l'ange gardien…



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Les Salauds Gentilshommes, tome 2 : Des Hor..
19 avril 2017
Les Salauds Gentilshommes, tome 2 : Des Horizons Rouge Sang de Scott Lynch
Second tome de la licence les salauds gentilshommes.



Locke et Jean sont définitivement grillés à Camorr et commencent donc une nouvelle vie d'escroquerie à Tal verrar. Et tout comme pour le premier tome, l'escroquerie se transforme rapidement en nid à embrouilles, beaucoup plus vaste que les deux compères ne l'avaient d'abord imaginée. Nous verrons nos deux héros embarqués sur un bateau pirate pour fomenter une rébellion. Eux dont la seule expérience des navires consiste à monter dessus, à y avoir le mal de mer et à en descendre.



De plan foireux en plan foireux. Aucun  plan de bataille ne résiste au premier contact avec l'ennemi. Telle est désormais la devise de nos salauds gentilshommes.

Il faut dire que si Locke est doué pour établir des arnaques il est aussi et surtout un génie du rebondissement et de l'improvisation.

Ce tome qui nous ballade en mer une grosse partie du temps n'échappe pas à la règle. Construit comme le premier (avec des chapitres flashbacks) l'auteur nous immerge dans son univers et son histoire avec une facilité confondante. La verve et l'humour des personnages n'empêchent pas les scènes de violence.



On pourra regretter une facilité avec les Mages esclaves, mais il faut simplement comprendre que ces derniers seront l'objet du Tome 3.
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Les Salauds Gentilshommes, tome 1 : Les men..
13 avril 2017
Les Salauds Gentilshommes, tome 1 : Les mensonges de Locke Lamora de Scott Lynch
Un premier tome qui promet énormément.



Locke est un salaud Gentilhomme. Un arnaqueur de premier ordre qui s’attaque aux nobles de Camor. Ni pour les pauvres, ni par conviction, mais pour le gain et surtout pour le plaisir. Sa dernière affaire s’annonce sous les meilleurs hospices, mais un nouveau joueur entre en scène qui va propulser Locke et ses amis à un autre niveau de risque de danger et de violence.



Une introduction tout en douceur dans un univers qu’on devine très riche et qui s’ouvre à nous peu à peu. A aucun moment on ne sent désorienté ou perdu.

Le langage des protagonistes, tantôt fleuri, tantôt emprunté voire ampoulé est un délice.

L’architecture du roman avec deux fils qui forment deux histoires en une, la seconde (la jeunesse de Locke) qui donne des renseignements sur l’univers et le comportement des personnages permet de ne pas alourdir le texte.

J’ai été happé par l’histoire. J’ai aimé les personnages. Je rame comme un fou pour trouver des choses à raconter sur le roman. Mais au final, le plus beau compliment que je puisse lui faire c’est : J’attaque directement le tome 2.
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Rever
19 avril 2017
Rever de Thilliez Franck
Un polar de Thilliez , c’est un peu comme une recette de grand chef : beaucoup de travail de préparation et de réalisation, pour arriver au montage final, pour finalement être engloutie en quelques bouchées! Ce dernier opus est même générateur de nuits blanches consenties, au risque de passer la journée suivante dans le pâté. En totale empathie avec l’héroïne de l’ouvrage, qui souffre de narcolepsie.



Les premières pages peuvent faire craindre le pire : le karma d’Abigaël est quand même sacrément atterrant : outre la pathologie invalidante qu’elle subit, et qui la maintient en permanence à la lisère du rêve et de la réalité, au risque de ne plus les distinguer, elle subit aussi des drames familiaux destructeurs, qui sont au coeur de l’histoire. c’est à partir de subtils indices qu’Abigaël refuse d’admettre la thèse officielle de l’accident qui l’a séparée de ceux qu’elle aimait le plus au monde.



L’enquête est dense, riche en révélations, et tentaculaire : au delà du suspect psychopathe kidnappeur d’enfants, bien d’autres personnages semblent impliqués.



C’est un récit sans répit, un truc à tourner les pages avec fébrilité, tout en restant vigilant pour ne pas omettre un détail révélateur.



Sur la construction, je reste mitigée,. Qu’apporte t-elle par rapport à un récit chronologique? Hormis le fait d’embrouiller le lecteur, même si l’abscisse temporelle au début de chaque chapitre constitue une béquille de fortune.



L’improbable clinique au bord de la falaise à Plogoff m’a fait sourire : depuis le projet avorté de centrale nucléaire dans les années 80, la lande est vierge de toute construction. (Thilliez me raconterait donc des mensonges que la plupart du temps je suis incapable de repérer?)



Un petit plus que ce lien codé pour avoir le droit de lire le 57ème chapitre (dont l’absence m’avait échappée : je ne vérifie pas en pleine action le titre du chapitre, à fortiori quand il s’agit d’un chiffre).





En conclusion, un excellent thriller , qui a de plus un effet sur mes propres rêves, plus denses, plus marquants.



Challenge Babelio Pavés 2016-2017
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Rebecca
16 avril 2017
Rebecca de Daphne Du Maurier
J’ai essayé de ralentir au maximum ma lecture tant j’ai été envoutée par l’écriture de Daphné du Maurier. Je remercie Mind The Gap de m’avoir ouvert les yeux sur cette romancière qui n’a pas son pareil pour nous tenir en haleine. Pourtant, je dois bien l’avouer, je partais avec un préjugé (complètement idiot, comme à chaque fois), pensant que ce devait être le genre de bouquin qui avait mal vieilli. Pas du tout ma brave dame ! Bon alors, de quoi parle ce roman ?



Nous sommes en Angleterre, au début du XXe siècle. Maximilien de Winter, veuf d’une quarantaine d’années, fait la connaissance, à Monte-Carlo, d’une demoiselle de compagnie, qui sera la narratrice. Cette dernière tombe amoureuse de ce charmant aristocrate, mais leur différence d’âge fait qu’elle n’ose y croire. Pourtant, lorsque la patronne de celle-ci, Mrs Van Hopper, décide de quitter ce quartier de Monaco, M. de Winter propose à la jeune employée de l’épouser et de vivre avec lui en Cornouailles. Elle accepte sans écouter les recommandations de Mrs Van Hopper. Mais lorsqu’elle arrive dans la grande propriété de son époux, Manderley, elle doit faire face à la terrible Mrs Danvers, la gouvernante, ainsi qu’à l’ombre de l’épouse décédée, Rebecca.



J’ai eu des frissons en lisant ce livre et je comprends à présent pourquoi Alfred Hitchcock s’en est inspiré. Nous sommes dans un pur thriller psychologique qui joue avec nos nerfs. Des livres comme celui-ci, j’en redemande !!!
Lien : https://promenadesculturelle..
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Le Siècle, tome 1 : La chute des géants
18 avril 2017
Le Siècle, tome 1 : La chute des géants de Ken Follett
Quel merveilleux ouvrage !  C'est un roman historique, le premier tome ( 1911-1923) de trois livres sur le XXè siècle vu sous l'angle de cinq familles : deux galloises, une allemande, une russe et une américaine. C'est une saga. Ces familles vont subir la première guerre mondiale. Dans les deux autres tomes, les enfants subiront la deuxième guerre mondiale, les petits enfants auront la guerre froide.



Ken Follett est un Gallois sympathique, et un de mes auteurs favoris. J'ai tout lu de lui, il a écrit plusieurs romans historiques sur les deux guerres mondiales, et connaît bien son sujet.

La note de fin de livre "personnages historiques", répond à mes interrogations quant aux faits réels ou non. 

Tout élève qui étudie le XXè siecle devrait lire ce délicieux livre. Les causes de la première guerre mondiale sont décortiquées, notamment le "plan Schliessen" que je ne connaissais pas....L'imbécillité humaine est soulignée. 

Les allemands et les français ne sont pas très choyés dans ce livre, mais leur esprit vengeur de "petits garçons en colère" mérite ce traitement. 

Les personnages des cinq familles évoluent, leur destinée aussi...Ils passent par des lendemains sombres ou radieux...Les petits peuvent devenir grands, et inversement. 

La morale douteuse de Lev est un peu compensée par sa réflexion vive.



Vous me direz qu'il y a trop de personnages ! Je trouve que cette guerre vue par des gens de plusieurs pays, avec différentes personnalités est une superbe trame pour composer un roman historique. Je vous conseille de faire cinq arbres généalogiques pour suivre confortablement les trois livres.



Il y a les deux familles galloises, l'aristocrate arrogant, et la famille de mineurs qui n'a pas sa langue dans sa poche ! 

Dans la famille allemande, le fils pacifiste est amoureux de la fille d'une famille galloise ! Comment réagira t-il face à Hitler, dont on voit poindre le bout du nez à la fin de ce tome 1 ? 

La famille russe est complexe et les deux frères ont un comportement et un parcours opposé, mais ils se retrouvent à la fin du livre ! 

Et puis il y a la famille américaine... 



Tout s'imbrique merveilleusement, fierté mal placée ou sentiments amoureux d'une part, horreurs de la Grande Guerre, et événements de la révolution russe d'autre part 

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La succession
18 avril 2017
La succession de Dubois Jean-Paul
Par où commencer une chronique quand un roman bouleverse les pages de ta vie. Je découvre Jean-Paul Dubois, son écriture, sa plume, avec ce livre sur « la succession », le deuil, la vie et l'amour impossible.



Par où ?

La Floride, bien sûr, Miami. du soleil, des boites de nude girls, et le paradis des strings, bien sûr. Non oublie toutes ces émotions, tu n'es pas dans un roman de Tom Wolfe qui a tant su me vanter les charmes de Miami et ses atouts proéminents. Florida, orange sanguine et sex on the beach… Je me dois donc de délaisser la plage, ses marais de crocodiles et ses danseuses latinas pour me concentrer sur cette corbeille en osier que les aficionados nomment en bon basque chistera, ces trois murs qui se dressent devant moi, une foule hurlante, les paris sont fous, parier sur moi, le pauvre type, le jeune médecin un peu fou qui a plaqué la médecine de papa pour vivre de sa passion, la pelote basque.



Quelques années de bonheur. Un bonheur pur même, une insouciance idyllique, l'homme ne vivant que de sa passion, qui s'est arrêtée promptement le jour où le consulat de France lui apprend le décès de son père, médecin reconnu de Toulouse. Ô Toulouse… Je ne te sors pas la vieille rengaine, tu connais le refrain, l'homme doit faire un choix. Dilemme. Comment abandonner sa passion et prendre la succession de son père. Mais quelle succession d'ailleurs ?...



Retour en France, un chien en soute et les souvenirs qui remontent à la surface. Des moments d'enfance, des instants d'incompréhension. Une famille pas vraiment aux normes, où est donc l'amour ?... Une famille qui ne s'est jamais comprise, qui n'a jamais communiqué, qui a laissé dériver le mal-être de chacun. Succéder aux gênes familiaux ? Succéder au sacerdoce familial ? La médecine, pffff… c'est plus vraiment ce que c'était…



Alors je le revois traverser les Pyrénées pour descendre jusqu'au Pays Basque, admirer au détour d'un virage l'étendue bleutée de l'océan, les bruits sourds de la pelote cognant contre le jaï-alaï, et mon coeur qui cogne encore et encore, la sueur sur les tempes, sentir le goût de l'huile emplir ta bouche quand tu mords dans un churros. Je l'imagine aussi à l'autre bout de la planète, au milieu des culs rebondissant des latinas dansant face au jaï-alaï de Miami, et un vieux bateau pour se promener sur cette autre étendue bleutée. Un Fisherman's Friend ? Oui ne pas oublier l'ami des marins avant de s'embarquer sur la mer, sur ce livre, sur cette succession. Puissant roman, putain de roman j'ai même envie d'écrire, un roman qui m'a parlé, qui m'a ému.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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Coeur de pierre
14 avril 2017
Coeur de pierre de Séverine Gauthier
En ce jour de décembre naquit un petit garçon un peu particulier. Après l'auscultation des médecins qui n'entendaient pas son cœur battre, il fut annoncé aux parents que leur fils ne pourrait jamais aimer, ne sourirait jamais, serait même allergique à tout sentiment et serait toujours de méchante humeur. Et pour cause, il avait une pierre à la place du cœur. Son père pleura jour et nuit de tristesse et sa mère devint folle de douleur. Le petit garçon grandit, vivant seul, dénué de tout sentiment. Il devint froid comme la pierre...

En ce même jour de décembre naquit une petite fille un peu particulière aussi. Les battements de son cœur chantaient une chanson. Ce n'était pas une pierre qu'elle avait à la place du cœur mais un artichaut. Un cœur un peu fragile et délicat. Aussi, la petite fille grandit, elle, entourée, choyée et protégée...

Et un beau jour, ils se rencontrèrent...



Séverine Gauthier et Jérémie Almanza ont bien fait, eux aussi, de se rencontrer et de nous offrir cet album réellement magnifique. L'on fait ici la connaissance de ce petit garçon au cœur de pierre, solitaire, triste, n'éprouvant ni sentiment ni émotion, et de cette petite fille au cœur d'artichaut, souriante, heureuse, aimable et aimante. Leur rencontre hasardeuse ne put que chambouler leurs petits cœurs. Ce conte onirique fait la part aux sentiments, parfois mystérieux, et nous plonge dans une ambiance à la fois étrange et envoûtante, un peu à la Tim Burton. Le texte narratif et tout en rimes de Séverine Gauthier est d'une incroyable délicatesse et poésie. Les personnages, au nombre de trois, sont terriblement attachants. Graphiquement, Jérémie Almanza magnifie tout simplement cette fable sensible et émouvante. Chaque enfant est plongé dans un décor qui lui est propre : sinistre et dans les tons gris pour le garçon ; gai, énergique et coloré pour la fille.

Un album sublime, bouleversant et magique...
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Au revoir Monsieur Friant
13 avril 2017
Au revoir Monsieur Friant de Philippe Claudel
Quelque soit le sujet de ses livres, la prose sublime de Philippe Claudel me va droit au cœur. Un écrivain qui manit les mots sans artifice, avec douceur, une écriture visuelle , simple où tout sonne juste, un vrai bonheur de lecture .



Comme dans son "Autoportrait en miettes", les toiles d'un peintre éveillent chez lui de lointains souvenirs, ceux d'une enfance heureuse avec une grand-mère éclusière, et d'une jeunesse insouciante. Les tableaux s'animent, fourmillants d'images, de sensations et de pensées, nous glissant à travers une autre époque, où l'auteur s'immisce avec ses propres souvenirs y mêlant rêves et imaginaire. Le tout s'amalgame, si bien qu'il s'y perd lui-même. Et une fois qu'il s'éloigne du tableau, "......plus rien. Je suis sorti du musée comme on sort de sa vie."

Le peintre en question est Émile Friant, ce peintre nancéien du XIX e siècle au talent précoce ,que le succès a étouffé et jeté dans l'oubli ("Mort, éteint, enterré, fusillé sous les honneurs à trente ans"). À travers ses toiles, Claudel revient aussi sur sa propre trajectoire d'écrivain. Comment survivre au succès ? Comment conserver sa prose naturelle, sans souci d'être aimé ou non ?



Friant, je l'ai connu grâce à Claudel dans "Autoportrait en miettes" avec son tableau "Jeune nancéienne dans un paysage de neige". Ce livre me donne l'occasion d'en faire plus ample connaissance et de mieux l'apprécier dans cette riche perspective.



Un court texte puissant, émouvant qu'on lit d'une traite et qui nous réserve une belle surprise à la fin.......merci monsieur Claudel, merci monsieur Friant.















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Le Siècle, tome 2 : L'hiver du monde
20 avril 2017
Le Siècle, tome 2 : L'hiver du monde de Ken Follett
La période (1933-1949 ) du tome II, « L'hiver du monde », c'est naturellement le grand froid qu'Hitler souffle sur le monde. Malgré la sidération de la période, c'est une œuvre romanesque : les enfants de nos héros du tome I sont amoureux : à Washington, le fils du sénateur Gus et un fils du sombre Lev ; à Londres, la fille de l'héroïne travailliste Ethel ; à Berlin, la fille des passionnants socio-démocrates Walter et Maud ; à Moscou, un autre fils de Lev.



Ces enfants de héros devient héros à leur tour. Ils tombent tous amoureux en même temps, et ces scenarii nous captivent alors que « le fond de l'air » est évidemment très froid ! Ken Follett est incollable sur cette période !  Il a beaucoup écrit sur World War II. Je vous recommande "Le réseau Corneille", un roman historique sur un réseau de résistantes anglaises en France.

Hitler façonne le monde à sa guise, comme Alexandre, César, Attila, Napoléon en leur temps : les conséquences de sa volonté de puissance, de ses caprices et de ses colères ont bien sûr des répercussions, notamment sur les trajectoires de nos héros amoureux. 



Ce livre serait, comme le tome I, un superbe livre d'Histoire pour tous nos jeunes gens en formation ! 

Outre le style parfaitement fluide, la mise en tension dramatique, avec exposition claire des enjeux est un grand "plus" de Ken Follett ! 

Sa méthode ne laisse pas souffler le lecteur : 

Par exemple, à Washington, un conflit éclate entre Greg et Lev ; à Londres, Daisy fait une scène de ménage à Boy ; en Allemagne, le S.A. (section d'assaut) nazi Macke soupçonne Werner d'être un espion, et lui monte un traquenard, etc... 



L'explication du succès du fascisme auprès d'une partie des Allemands est donnée par Robert von Ulrich, frère de Walter : "Le fascisme est un mensonge séduisant". L'Allemagne, à l'image de Walter et Maud, n'est pas vraiment opposée à Hitler qui est le roi des pervers narcissiques, l'empereur des manipulateurs.



On vit l'incendie du Reichtag avec Werner, l'extermination des malades mentaux avec Carla, le conflit de Cable Car avec Lloyd, le bombardement de Pearl Harbor avec Chuck, le frère de Woody, le débarquement en Normandie avec Woody, parachutiste, les viols des soldats russes victorieux sur les Allemandes avec Carla, et Maud, qui nous font vivre Berlin au quotidien, de 1933 à 1949. 



Je soupçonne ce sacré Ken de s'inspirer des membres de sa famille pour façonner ses personnages gallois ! 

Un chef d'oeuvre ! 5 étoiles !
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Le sorcier de Terremer, Tome 1
17 avril 2017
Le sorcier de Terremer, Tome 1 de Ursula Le Guin
Terremer : c'est d'abord un monde d'eau qui tolère la présence de quelques pitons rocheux éparpillés ici et là sur lesquels, vaille que vaille, les hommes s'accrochent. Dans ce monde liquide et de terres éparses, la magie est omniprésente. On la trouve dans le vent qui agite les cheveux ; elle pénètre au coeur des arbres vénérables dans les forêts profondes, ou au milieu des haies vives à l'orée des champs. Aux yeux du mortel, elle parait aussi naturelle que la respiration, aussi indiscutable que les cycles de la vie. Pour lui, elle peut se montrer bienveillante ou effroyablement cruelle.

Seuls les mages peuvent maîtriser cette terrible puissance capable d'infléchir les vents, de raisonner la vague impétueuse, de soigner les maladies ou de comprendre le chant des oiseaux. Elle peut être destructrice, cette puissance, si elle n'est pas utilisée avec sagesse et tempérance.

Ainsi commence l'histoire de Ged le chevrier ! Ce sale gosse, insolent, impétueux, a les dons d'un grand mage. Il voit les choses invisibles pour tous les autres ; il comprend et maîtrise les mouvements désordonnés de la nature. Mais la sagesse manque à ce jeune trublion. Malgré les enseignements et les avertissements de ses Maîtres, il fait preuve d'une effarante vanité. Dominé par la jalousie et l'esprit de compétition, il finit par se perdre. Pauvre Ged, l'apprenti mage le plus doué de sa génération, qui se retrouve poursuivi sans trêve ni repos par son ombre maléfique…

Ce premier livre, c'est comme une chanson de geste, un poème épique. C'est un roman de Fantasy différents des autres, enfin ! de ceux que j'ai pu lire… Pas de fracas des armes, pas de râles des morts, pas de civilisation qui s'effondre, où de perfidies immondes… Rien d'autre qu'un malheureux qui expie pour ses errements, aidé dans sa quête par de fidèles compagnons, et qui sème la joie là où il passe. Ce roman, c'est une union permanente avec le vent fou, les arbres, les vagues endiablées, et les grands oiseaux… Et pourtant, allez comprendre ! durant tout le livre, je me suis retrouvé baigné dans une sorte de douceur attachante. J'ai vraiment hâte de retrouver Ged…



Club imaginaire 2017 Poul Anderson et Ursula le Guin

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L'amie prodigieuse, tome 3 : Celle qui fuit..
20 avril 2017
L'amie prodigieuse, tome 3 : Celle qui fuit et celle qui reste de Elena Ferrante
Fin des années 60. Elena, forte du succès de son livre, écume les librairies et les conférences, le plus souvent épaulée par Adele, la mère de son fiancé et certainement futur mari, Pietro, un homme intelligent, cultivé et bienveillant. Alors qu'un journaliste critique ouvertement son roman, un homme dans l'assemblée se lève et prend la défense d'Elena. La jeune femme est étonnée de se trouver face à Nino, son amour de jeunesse avec qui Lila a eu une liaison. Une rencontre qui bouleversera la jeune femme promise à un avenir bourgeois et réconfortant...

Elena, elle, a quitté Stefano et vit désormais avec son fils, Gennaro, et Enzo. Elle travaille dorénavant à l'usine de salaisons. Mais les conditions de travail sont pénibles, le patron et certains employés ont la main baladeuse. La jeune femme s'intéresse de plus en plus au contexte social...



L'on retrouve avec plaisir Elena et Lila, bientôt la trentaine, dans l'Italie de la fin des années 60. Période ô combien trouble et agitée politiquement et socialement qui subit des attentats, des actions révolutionnaires et féministes. C'est dans ce contexte que les deux femmes, dont l'amitié sera plus que jamais soumise à rudes épreuves, tentent chacune de leur côté de s'en sortir. Elena dans son mariage bourgeois qui ne la satisfait pas complètement, Lila militante pour le droit des femmes et des ouvriers. Dans ce troisième volet, les deux amies ne se voient que sporadiquement et entretiennent des relations à la fois bienfaitrices et destructrices. Une amitié complexe et rare dans laquelle les deux femmes sont tiraillées de part et d'autre. Elena Ferrante décrit avec précision tous ces sentiments (jalousie, amour, amitié, désir, cruauté, vengeance... ) mais aussi avec force cette Italie tourmentée. Une écriture passionnante, dense et authentique. Un roman captivant et fascinant...
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La nature exposée
15 avril 2017
La nature exposée de Erri De Luca
Le narrateur, ancien mineur, sculpteur et alpiniste, vit dans un petit village au pied de la montagne, troublé par des « étrangers désorientés » qu'il aide à passer de l'autre côté de la frontière, n'ayant qu'une « adresse en poche pour toute boussole ». Une fois sur la bonne route, il rend à ces « voyageurs d'infortune » l'argent du passage. Les media arrivent jusqu'à lui et créent un remue-ménage tel autour de sa générosité qu'il doit quitter momentanément son village natal.



Dans une ville portuaire, un prêtre lui propose de restaurer un crucifix grandeur nature, en le remettant dans son état d'origine, c'est-à-dire nu, sa « nature exposée ». L'enlèvement du voile de marbre ajouté ne peut se faire sans dégâts.



Le créateur de l'ouvrage était un jeune sculpteur, retour de la Première Guerre mondiale où il a connu l'horreur des corps déformés et déchiquetés. le crucifix lui a demandé un an de travail acharné. Devant son refus de couvrir le sexe du supplicié, il est évincé. Il se tue peu après en montagne. Autre temps, autre regard sur l'Art, l'évêque d'aujourd'hui veut revenir à l'original.



L'artisan déchiffre la sculpture comme il lit la nature, en connaisseur avisé et avide d'apprendre. Fasciné par son réalisme, il s'informe sur le créateur, lit les journaux de l'époque, essaie de mélanger les pensées de l'artiste aux siennes, étudie minutieusement les étirements des muscles du supplicié, va jusqu'à se faire circoncire pour éprouver la douleur, la position du corps en état de souffrance. Est-ce pour imiter, est-ce pour interpréter la démarche totale du sculpteur ?



Ce que les yeux ne voient pas, le toucher le lui permet. Il découvre une chair de poule, des ébauches d'écailles sur les pieds, des lettres hébraïques sur la tête de chaque clou, des lettres qu'il ne connaît pas sur le bois de la croix. le rabbin l'éclaire sur les initiales ADAM et URA. le curé évoque l'ICHTHUS, signe de reconnaissance des premiers chrétiens. Dans la cantine du port, il rencontre un ouvrier algérien qui travaille dans une carrière de marbre. Il cite quelques lignes du Coran et lui offre un morceau de marbre pour terminer son chef-d'oeuvre. En quelques mois, l'homme sans foi rencontre un curé, un rabbin et un musulman. En quelques mois, il part dans une quête intérieure dont il sortira grandi.



Les thèmes récurrents d'Erri de Luca se retrouvent évidemment dans ce livre : les textes religieux, la fraternité, la condition humaine, le silence, la profondeur, la montagne et Naples.



Un symbole revient régulièrement : celui de la traversée. La traversée de la lumière vers l'ombre dans sa mine de charbon, celle des clandestins dans la montagne, celle du peuple juif que célèbre la Pâque, celle de l'Algérien qui vient chercher du travail loin de chez lui, la traversée de ceux qui arrivent en terre inconnue, la traversée de l'intimité, de ses propres ténèbres.



Pour moi qui apprécie énormément Erri de Luca, ce livre atteint un apogée, un sommet dans son oeuvre, une efficacité redoutable sans verbiage, une parole simple qui touche le coeur. Davantage que tout ce qui a précédé.



Un grand humaniste.

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La petite barbare
24 avril 2017
La petite barbare de Astrid Manfredi
Elle est née du mauvais côté du périphérique, dans un monde où la prison à vingt ans est terriblement banale, où misère sociale et misère intellectuelle conduisent plus surement sur le banc d'un cachot que sur ceux de la faculté.



Sauf que là le crime est atroce, la France entière a été traumatisée par les agissements de ceux qui se nommaient eux-mêmes le gang des barbares. Elle, celle que ses codétenues appellent la petite barbare, les a suivis. Elle a servi d'appât pour piéger un garçon de son âge qui a eu comme seul tort de la trouver belle.



Qui est-elle celle qui a assisté à son calvaire sans aucun sentiment ? Un monstre, une jeune fille à la dérive ? Pendant son procès, les juges lui trouvent des circonstances atténuantes. En prison, elle rencontre des psychologues à qui elle parle. Elle semble disciplinée, mais avant de retrouver la liberté, elle prend dans ses rets d'autres hommes au-dessus de tous soupçons.



Astrid Manfredi s'est admirablement mise dans la tête de cette jeune délinquante. Le ton est percutant pour raconter son parcours, et des faits et leur presque gratuité qui font froid dans le dos. On comprend la haine qui anime des jeunes sans éducation, sans avenir, mais on n'excuse pas leur barbarie.

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Tu tueras le Père
17 avril 2017
Tu tueras le Père de Sandrone Dazieri
Mon avis est, à ce jour, le 103ème proposé sur ce roman mais je pense qu'il en suscitera de nombreux autres en raison de son excellence. Le mien ne contredira pas la majorité des précédents qui expriment fréquemment une satisfaction littéraire évaluée à 5*****.





Le ton est donné dès le titre qui transforme le 6ème commandement du décalogue, Tu ne tueras pas, en une injonction parricide : Tu tueras le père. C'est pas gentil, ça ! Pour rester un instant dans le registre religieux, je n'ai pu m'empêcher de remarquer, comme d'autres avant moi, que ce roman compte précisément 666 pages dans son édition originale, collection « la bête noire », chez Robert Laffont. S'agit-il pour autant d'un roman diabolique, la religion n'étant pas le thème choisi par l'auteur ? A vous de juger...





Sandrone Dazieri a créé deux héros, Colomba Caselli, commissaire, en disponibilité suite au Désastre survenu à Paris, dont elle se sent responsable, et Dante Torre, surnommé par les media l'enfant du silo, garçonnet enlevé à l'âge de 6 ans, qui a échappé après une douzaine d'années de détention dans un silo à grains, à son tortionnaire, le Père pour lui. Sous la plume d'un auteur moins rigoureux et surtout moins brillant, ces deux là auraient pu rapidement faire vivre au lecteur une aventure grand-guignolesque compte-tenu de leur pedigree respectif extrême. Il n'en est rien, l'auteur a réussi à les accoupler savamment, mettant en avant leurs difficultés, l'assistance mutuelle qu'ils se portent pour les vaincre et les dépasser, et l'affection qu'ils éprouvent finalement l'un pour l'autre. Une fois entré(e) dans l'histoire, on ne peut plus en sortir, c'est clair, c'est simple, c'est net, c'est un grand roman, un des meilleurs que j'ai lus, depuis.... un bon moment environ..





Qu'ils soient principaux ou secondaires, les personnages sont traités avec beaucoup de soin. Leurs histoires livrent ce qu'il faut d'informations au lecteur, d'une manière suffisamment détaillée sans être pesante ou inutile, et l'auteur possède cette qualité magique de les faire immédiatement aimer, bons ou mauvais. Les troubles psychiatriques dont souffrent Colomba et Dante, des crises de panique pour la première, la claustrophobie pour le second, sont décrits avec beaucoup d'humanité et contribuent à les rendre attachants. J'ai particulièrement apprécié la méthode mise au point par Dante, pour collecter toutes les informations concernant les années, hors du monde, qui lui ont été volées par son prédateur. L'intrigue quant à elle relève du grand art littéraire : complexe, foisonnante, avec des rebondissements apportés à l'exact bon moment, jamais tombés du ciel, mais toujours en parfait accord avec le récit, et surtout crédibles. Et toujours grâce au talent de l'auteur, les implications politiques, la guéguerre des polices en Italie comme ailleurs, n'alourdissent pas le récit, elles l'enrichissent en restant toujours d'une compréhension adamique. D'un bout à l'autre, Tu tueras le père, tient la route, bien au delà des promesses faites par la 4ème de couverture. C'est suffisamment rare pour être souligné et puis c'est bien écrit.





Vous aurez probablement compris que j'ai été emballée. S'agit-il d'un roman diabolique ? Pour ma part, je l'ai trouvé divin.
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Silence
14 avril 2017
Silence de Shûsaku Endô
Le silence règne sur les montagnes. Sur la mer. Sur un pays. Aux cieux. Ce silence oppressant, aussi lourd à porter qu'une croix sur son épaule. le Japon s'est ouvert aux portugais, pour le commerce. Les portugais y apportèrent la paix du Christ ou du moins leur religion. Des prêtres convertirent les paysans au christianisme. La foi devant le Seigneur fut grande et pleine d'espoir. Mais le Japon est-elle une terre d'asile pour cette religion ? Des bruits venus de cette île font état de persécutions sur ces néo-chrétiens. Bravant le danger, l'incertain, le voyage, les années, la mer, la maladie, la piraterie, la mort - quelle expédition ! – deux envoyés de Dieu débarquent sous une lune éclairée - et sa bienveillance clarté ? - sur cette terre si hostile aux ouailles du même Dieu.



Une plage déserte, une croix au sommet de la montagne, une pluie déchirante, mauvaise augure...



Je chemine donc en silence (le silence étant ce qui me caractérise le mieux) cet extraordinaire voyage (autant que celui d'un samouraï du même auteur) avec tous les questionnements qui s'imposent. Sur la foi. Sur Dieu. Sur la barbarie humaine. Sur l'âme. Entre chaque question intérieure, tu me réponds par un silence. Un silence que j'accepte au début comme une mise à l'épreuve de ma foi. Mais le silence devient torture, la torture s'en prend à des paysans, les paysans sont crucifiés, noyés, saignés. le silence demeure. L'homme meurt. le silence oppresse, divise même mon esprit. J'attends que tu me répondes, Dieu, sur ce que tu attends de moi, de nous, simples missionnaires venus répandre ta foi et ta compassion sur la terre, une terre boueuse et devenue bien silencieuse.



La nuit, tandis que la lune monte, je regarde le ciel et ses étoiles qui clignotent comme autant d'âmes venues s'évaporer dans les volutes de la Voie Lactée. La mer se démonte contre les falaises de cette île silencieuse. La pluie se fracasse dans un bruissement continu et hurlant. Ai-je envie de hurler mon cri de douleur et de désespoir à la face de ce monde ? Pourtant je n'entends que le bruit des vagues et le croassement des corbeaux répondants au coassement des grenouilles. Lugubre. Funeste. Les missionnaires espèrent, attendent, prient. Pour leur salut. Pour celui des chrétiens. Pour celui des âmes perdues. Croyant ou pas, j'assiste impuissant à ces séances de torture organisées par le chef suprême. La torture physique devient psychologique. Ne pas les tuer. Ne pas en faire des martyrs. Un missionnaire soumis qui renonce à sa religion aura toujours plus de poids et de force qu'un missionnaire mort. Là est la vraie torture, le faire douter de sa foi, de son Dieu, jusqu'à l'apostasie. Un Dieu qui a choisi de garder le silence, un silence si oppressant qu'il en est devenu incompréhensible pour qui veut garder la foi devant tant de cruauté humaine. Comme un signe d'abandon.



[...]
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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Les enfants du froid
17 avril 2017
Les enfants du froid de London Jack


Jack London a été très tôt livré à lui-même. De San Francisco où il est né, il connaît tous les recoins du port et de ses entrepôts, les bars et le whisky qui ne le lâchera plus, les parcs à huîtres qu’il pille, et surtout la bibliothèque qui fera de lui un autodidacte acharné. A 20 ans, il a lu Marx et Darwin. Il survit grâce à toutes sortes de petits boulots et, en 1897, lorsque la rumeur rapporte que des coulées aurifères ont été découvertes dans le Grand Nord, il s’embarque immédiatement pour le Klondike.



Il n’y reste que deux ans, ne se sent aucune vocation de chercheur d’or mais explore passionnément cet environnement étrange où vivent des Indiens qui observent avec étonnement puis avec colère, les bienfaits de la civilisation. « Aussi loin que l’œil pouvait porter, jusqu’aux bords des crêtes environnantes, on voyait ces êtres en train de percer, de déchirer et de défigurer la nature » (p. 181).



Il reviendra aussi pauvre qu’à son départ mais la tête remplie d’histoires, réelles ou imaginaires, qu’il jette frénétiquement sur des kilomètres de papier.



Les Enfants du froid retracent la vie au bord du Yukon, l’avidité et la rudesse des aventuriers de l’or, leur vie rudimentaire et alcoolisée, leurs espoirs et leurs déceptions mais surtout sa fascination pour les Indiens qui vivent selon les lois de la nature.



Personne ne connaissait les réalités de cette terre inconnue. Jack London en a fait de multiples récits. A l’écoute des natifs, ce qui le touche le plus c’est leur adéquation à la nature, à tout ce qui y vit et leur acceptation de la mort.



Ce livre est un recueil de dix nouvelles qui balaient d’un faisceau très visuel les vicissitudes, les épreuves et les souffrances des Blancs et des "Rouges". Sa manière de raconter ce qu’il a vu et vécu parmi les Indiens, leurs mœurs, leur mode de vie, leurs croyances, leur justice, peut s’assimiler à un travail ethnologique.



Mes nouvelles préférées sont Li-Wan la belle, jeune Indienne aux rêves troublants depuis l’enfance. Lorsqu’elle rencontre des femmes blanches, elle n’a de cesse de leur montrer qu’elle est de leur race avec les quelques mots rudimentaires que sa mémoire a retenus. Son mari la ramène brutalement à la réalité.



L’autre c’est La mort de Ligoun, vieux chef fort respecté qui réunit les tribus alentour pour un plaidoyer sur la nécessité d’établir une paix durable entre elles. Le rassemblement commence par « la gourde de l’amitié », un quass amélioré propre à échauffer les esprits et finit dans un bain de sang.



Une préface remarquable de Jeanne Campbell Reesman, chercheur et professeur à l’université du Texas, spécialisée dans les écrivains réalistes et naturalistes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, ouvre brillamment cette édition Phébus Libretto, traduite par Louis Postif.



Un grand merci à Erik35 qui m’a conseillé quelques titres de Jack London et qui m’a ouvert les yeux sur l’œuvre de celui qui s’obligeait à écrire mille mots par jour, ni plus ni moins.

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