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Critiques les plus appréciées

La Tanche d'Or
Nastasia-B26 avril 2016
La Tanche d'Or de Konstantin Paoustovski
  • Livres 3.00/5
Voici un petit recueil regroupant onze courtes nouvelles de Constantin Paoustovski. Vous y êtes immergé dans la réalité rurale de la Russie soviétique des années 1930-40.



En fait, ce sont plutôt des narrations d'anecdotes en lien avec la nature et les animaux. Cette nature des forêts et des lacs y est magnifiée. On se retrouve toujours auprès d'une isba au fond des bois, on nous y parle qui d'un chien, qui d'un chat, qui d'un coq ou d'un cheval, sans oublier, bien sûr, les poissons, notamment celle qui donne son titre au recueil.



Je pensais retrouver quelque chose de la magie que j'avais adoré chez Iouri Kazakov mais il me faut confesser que sans être du tout désagréables à lire, ces petites nouvelles gentillettes n'ont pas grand-chose à voir avec l'épaisseur et le lyrisme de Kazakov.



Paoustovski est un grand amoureux de la nature et il nous le retransmet bien. Son amour des animaux est tout à fait palpable mais est-ce que cela fait une nouvelle pour autant ? Là je suis un peu plus sceptique. Peut-être sommes-nous dans la contemplation, mais alors, à une seule dimension, loin du spectacle total, loin de l'expérience sensitive absolue de Kazakov.



Il y a quatre nouvelles que j'ai bien aimées dans ce recueil, le Dernier Diable ; le Lièvre Aux Pattes Brûlées ; La Vieille Barque et L'Hongre À La Robe Grise. Les autres m'ont semblé plus quelconques, à réserver aux amoureux de la nature. Ceci dit, ceci n'est qu'un avis de tanche même pas en or, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Des souris et des hommes
palamede25 avril 2016
Des souris et des hommes de John Steinbeck
  • Livres 5.00/5
Ils rêvent d'un lopin de terre, d'une petite ferme à eux, d'être libres et rentiers. Mais avant, ce qui attend Lennie et George c'est un boulot mal payé d'ouvriers agricoles dans un ranch de Californie.



Un travail indispensable qui se révèle un péril permanent pour Lennie, un géant naïf et impulsif. Un danger que rien ne peut éloigner, pas même les mises en garde de son ami George, dont la bienveillance envers lui, même si elle s'exprime brutalement, est extrêmement touchante. L'auteur en empathie avec ses héros terriblement humains nous prépare à un drame. La tension est palpable, on se surprend à souhaiter intensément que Lennie écoute son ami et ne se mette pas dans de sales draps.



A travers un univers qu'il connait pour y avoir travaillé, celui des travailleurs agricoles, John Steinbeck dénonce la politique et le système économique qui ont conduit à la Grande Dépression. De même que sans omettre de souligner le racisme et la ségrégation, elle soulève le problème du handicap et de son rejet, cette oeuvre naturaliste exceptionnelle, digne d'un drame antique, est un regard critique essentiel sur une Amérique qui a déçu et engendré un monde d'exclus.

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Qu'est-ce que les Lumières ?
Nastasia-B01 mai 2016
Qu'est-ce que les Lumières ? de Emmanuel Kant
  • Livres 4.00/5
Du pain et des jeux !

Ça ne vous rappelle rien ? Ça ne date pas d'hier, pourtant, comme technique pour éteindre, justement, de près ou de loin, toute forme de lumière. Immanuel Kant, nous livre ici en quelques pages (il s'agit d'un tout petit opuscule, à l'origine un article dans le journal Berlinische Monatsschrift) sa définition de ce que sont les lumières et de ce qui peut venir les entraver.

Cet article faisait suite à l'article d'un pasteur théologien qui mettait en garde contre les excès de liberté de penser, notamment dans le domaine religieux, conduisant les fidèles à " s'éclairer ". Il posait en substance la question « Qu'est-ce que les lumières ? tout le monde en parle mais on ne m'a encore jamais explicitement dit ce que c'est. »

Donc Kant se fait un devoir de répondre (son article s'intitule d'ailleurs " Réponse à la question qu'est-ce que les lumières ") et il ne faut pas trop s'étonner qu'il insiste sur l'aspect religieux au vu d'où émanait la question, mais il ouvre néanmoins la porte à d'autres domaines.

Selon lui, la lumière est le fait de réfléchir par soi même et non plus sous la direction de quelqu'un. Dit autrement, c'est l'accession à la majorité. Vous aurez compris que pour lui, celle-ci n'est pas seulement dépendante de l'âge comme c'est le cas dans notre société, mais bien d'un phénomène actif qui peut avoir lieu comme ne jamais avoir lieu.

Donc la principale entrave à l'illumination des individus, ce sont souvent les individus eux-mêmes qui, par paresse, par faiblesse, préfèrent faire et penser ce qu'on leur suggère fortement de penser plutôt que de prendre à leur compte le fait de développer un raisonnement propre.

La seconde entrave à l'éclairage public (j'aime bien cette formule) peut émaner évidemment des autorités dirigeantes qui ne voient pas forcément d'un bon œil le fait que les masses commencent à questionner tous azimuts, notamment leur politique, qu'on sait être " éminemment orientée vers le bien de l'individu " (le tout étant de savoir ensuite de quels individus on parle, mais là est une autre question à laquelle Immanuel Kant ne donne pas de lumière).

Pour celles et ceux qui connaissent Kant d'ordinaire, l'effort de concision est extrême et la clarté au rendez-vous, ce qui est tout de même un préalable quand on se propose de parler de lumières. J'ai vu dans ce minuscule écrit (par la taille et grand par la richesse) nombre de points qui me font questionner la situation actuelle (paresse intellectuelle des gens, rôle occulte des gouvernements...) et ne puis que souscrire à sa vision.

Par contre, l'auteur développe aussi une distinction entre usage public et privé de sa liberté de penser à laquelle je n'adhère pas pleinement. Il définit la sphère privée non pas comme nous l'entendons communément mais comme notre environnement de travail. Ainsi, un enseignant dans sa classe est pour lui dans la sphère privée. La sphère publique est celle où, en son nom propre et non plus au nom de l'organisme dont il fait partie, il participe, par ses écrits à la réflexion collective.

En somme, un fonctionnaire, un militaire, un employé doit obéir et appliquer les consignes dans l'exercice de ses fonctions et, s'il a des griefs, doit les exposer publiquement et en son nom propre pour faire évoluer les consignes.

Ok, je veux bien Monsieur Kant, mais heureusement tout de même que quelques fonctionnaires et quelques militaires n'ont pas appliqué scrupuleusement les directives de leurs chefs, sans quoi, Paris aurait été ravagé par les flammes en 1945 et Vichy aurait fait encore plus de victimes qu'il n'en a déjà fait.

Dans l'ensemble, une réflexion très intéressante, (comme devrait toujours l'être la philosophie) que je conseille bien volontiers, notamment aux très jeunes que les gros volumes effraient, du moins c'est mon avis faiblement éclairé, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Déluge
fnitter27 avril 2016
Déluge de Stephen Baxter
  • Livres 4.00/5
Premier tome d'un diptyque qui avec Arche compose le cycle catastrophe.



Un petit groupe hétéroclite vient juste d'être libéré d'une détention à titre d'otage, par un groupe extrémiste. Il constate qu'en 5 ans, le monde a changé, nous sommes en 2016, il pleut tout le temps, le niveau de la mer aurait monté, mais tout va bien, le gouvernement, la tête dans le sable, veille. Vraiment ? Au fil de l'histoire, sur plusieurs dizaines d'années, le niveau monte. 5 mètres, 100 mètres ? 1000 mètres ? Plus ?

Pris en charge par un visionnaire milliardaire, l'équipe va assister, en tant que spectateur ou en tant qu'auteur à l'inexorable montée des eaux et aux actions de notre milliardaire, et d'autres, pour survivre à ce qui pourrait être l'extinction de toute l'espèce humaine. Survivre en hauteur, construire une arche ? Mais de quelle nature ?

Et pendant ce temps, l'humanité part en exode, se meurt, se bat pour sa survie.



Le bon vieux ressort scénaristique du groupe brusquement projeté dans un environnement non familier et hostile (enlèvement, amnésie, coma, cochez la bonne case) permet à l'auteur de poser son histoire et nous expliquer ou faire expliquer les ressorts de cette dégradation (doux euphémisme) des conditions climatiques et de la montée de eaux.

Scientifiquement parlant, c'est assez light, mais l'auteur s'appuie néanmoins sur des théories scientifiques plausibles et déjà publiées. de toute façon, Baxter n'est pas réputé pour sa fantaisie extrême en matière de hard science. Tout reste plausible et assez intéressant à lire.

Les personnages sont bien mis en valeur, avec un background fouillé et une personnalité plus que correctement développée. C'est toujours un plus dans ces histoires où l'incursion du merveilleux, de la surprise est plus limitée que dans la fantasy ou la SF d'aventure.

On pourra regretter quelques longueurs malgré un récit assez rythmé, qui passe d'une situation à une autre, où on investigue avec les chercheurs, où l'on vit avec des réfugiés dans les hauteurs, où l'on marche avec des villes en exode, où l'on navigue avec quelques privilégiés.



Un livre très prenant, qu'on a du mal à lâcher.

C'est du Baxter, pur jus, pas d'humour, un sérieux qui fait froid dans le dos parfois, c'est sombre, triste, mais l'espoir est toujours là et puis, une suite appelée Arche, si ça ce n'est pas de l'espoir...



Pas besoin de zombies pour que le monde sombre dans le chaos. un peu (beaucoup) d'eau suffit.
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Trois jours et une vie
marina5325 avril 2016
Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre
  • Livres 4.00/5
Décembre 1999, Beauval, au cœur d'une région couverte de forêts. Un village plutôt paisible, dirigé par monsieur Weiser, maire et propriétaire de l'usine de jouets en bois, aujourd'hui menacée. Antoine, 12 ans, vit avec sa maman, un peu rigide, ses parents ayant divorcé il y a quelques années. Son père installé en Allemagne, le jeune garçon ne le voit presque plus. Il se sent un peu isolé des autres enfants de son âge. Un sentiment qui s'accroît le jour où ceux-ci ne portent guère plus d'intérêt à la cabane qu'ils construisaient ensemble dans le bois de Saint Eustache mais plutôt à la PlayStation de Kévin. Ulysse, le chien de monsieur Desmedt, le voisin, occupe dorénavant une place centrale. C'est avec lui dans les pattes qu'Antoine s'attelle à la construction d'une nouvelle cabane, cette fois haut perchée. Mais, Ulysse se fait renverser par une voiture, monsieur le refroidit d'un coup de fusil et fourre le corps du chien dans un sac plastique. Antoine, qui a tout vu, est sous le choc et se réfugie dans les bois où il détruit sa cabane. Lorsque Rémi, le fils Desmedt, 6 ans, s'approche de lui, le jeune garçon, fou de rage et déprimé, fait passer sa colère sur lui. Un mauvais coup sur la tête et Antoine ne peut se rendre qu'à cette évidence: il vient de le tuer. À coups d'efforts, il cache le corps dans une grande fente noire, sous le tronc massif d'un hêtre. De retour chez lui, il attend, tremblant de peur, qu'on vienne le chercher...



Comment vivre avec un tel poids? Celui d'avoir tué, par accès de colère, un petit garçon, alors qu'on est soi même à l'orée de l'adolescence. Comment regarder en face la terrible réalité? Pierre Lemaître nous plonge en plein cœur de ce drame et l'on suit Antoine à 3 époques de sa vie: en 1999, 2011 et 2015. L'on ressent ses émotions, l'on devine son désarroi et ses peurs. L'auteur traite de sujets très intéressants à savoir la culpabilité, la notion de justice ou encore la conséquence de nos actes. Ce roman haletant de bout en bout, qui plus est dans une ambiance de village plutôt pesante et tendue, dépeint avec subtilité ce drame humain, drame d'autant plus tragique que la mort était involontaire. Des personnages fouillés, parfois complexes ou cyniques, une fin inattendue, une écriture enlevée et précise... Un roman noir abouti et passionnant...
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A l'est d'Eden
andman02 mai 2016
A l'est d'Eden de John Steinbeck
  • Livres 5.00/5
Les chemins de la littérature permettent d'accéder à des petits coins de paradis, jardins merveilleux où chacun peut croquer comme bon lui semble des moments de douce félicité. Ainsi les grands classiques, porteurs de messages intemporels, sont-ils là pour tout à la fois divertir et éclairer.

Brillerait-il “À l'est d'Eden” un soleil enchanteur, comparable à celui rencontré dernièrement dans d'autres romans de John Steinbeck ?



Au coeur de la Californie, la vallée de la Salinas est une région fertile pour peu qu'il pleuve suffisamment durant le printemps. En ce 19ème siècle finissant, la plupart des fermiers vivent correctement de leur labeur. Les Hamilton n'ont pas la chance de posséder les meilleures terres mais l'intelligence inventive de Samuel et son altruisme compensent ce handicap. Avec sa femme Liza et leurs neuf enfants, ils forment une famille au sein de laquelle il fait bon vivre.

Nouvellement installé, son voisin Adam Trask est lui aussi un homme bon. Il est loin de posséder la fibre paysanne mais l'héritage paternel l'a mis jusqu'à la fin de ses jours à l'abri du besoin. Il vient d'engager un domestique chinois, un homme plus très jeune pétri d'humanisme et de sagesse.

Avec des personnages masculins, plus avenants les uns que les autres,“À l'est d'Éden” aurait-il le profil d'un roman à l'eau de rose ? C'est sans compter sur la personnalité étrange de Cathy Trask, la ravissante épouse d'Adam enceinte de plusieurs mois. Le regard inhabité de cet être démoniaque laisse transparaître un esprit schizophrène incapable de supporter la moindre contrariété.



Magnifique allégorie du Livre de la Genèse selon lequel toute la misère du monde découle du péché originel, “À l'est d'Éden” met en exergue une lutte à mort entre le bien et le mal.

Le titre de ce chef-d'oeuvre est lui aussi d'inspiration biblique et résume à merveille le jeune parcours de vie des jumeaux du couple Trask, Caleb et Aaron, abandonnés par leur mère à leur naissance et aussi dissemblables que l'étaient naguère Caïn et Abel.



Publié en 1952 après une longue période de gestation, ce long roman est peut-être le plus abouti et le plus fascinant du grand écrivain américain. Comme souvent chez Steinbeck le happy end est particulièrement réussi : la vie continue malgré tout...

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Une seconde après
fnitter02 mai 2016
Une seconde après de Forstchen-W.R
  • Livres 4.00/5
Un bon petit roman post-apo sans prétention.



Tout adepte de sf, ou d'histoire militaire ou qui s'intéresse un tant soit peu à la chose, connaît l'IEM. Pour les autres (qui devraient être peu nombreux à lire cette critique, du coup) : Impulsion ElectroMagnétique. Dans ce roman, issue d'une explosion nucléaire en haute altitude (IEM-HA). Effet désiré et recherché : Griller tous les équipements électriques et électroniques.

Résultat : Pour une société occidentale mondialisée, ultra dépendante à la technologie et à l'électricité : Retour à l'âge de pierre.



Nous sommes à Black Mountain en Caroline du Nord, chez les sudistes. Petite ville campagne-montagne. Notre héros est un jeune veuf, colonel à la retraite et prof d'histoire.

Vous la voyez venir là, l'histoire, quand l'événement survient ?

Petite organisation de survie après panique, loi martiale, famine et bandes armées hystérico-cannibalo-typiquement américaines.

Un style, une histoire très accessible, qui se lit très facilement, tout s'enchaîne, sans grosse surprise mais sans déplaisir.



Un roman de divertissement post-apocalyptique spécial j'en ai marre des zombies, mais c'est presque pareil.
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Légendes d'automne
Kittiwake30 avril 2016
Légendes d'automne de Jim Harrison
  • Livres 5.00/5
D’une plume sans artifice, simple et robuste, claire et sans détour, Jim Harrison dépeint dans ce recueil de 3 grosses nouvelles, trois univers reliés par un lien ténu, celui de la vengeance qui donne un titre au premier récit , mais aussi cohérents au regard de l’écriture, superbe.



Avec Une vengeance, l’auteur conjugue amour et violence, par le truchement d’une histoire d’adultère avec une erreur de casting sur le choix du cocu, magnat du commerce de substances illicites, avec ce que cela implique du soutien de réseaux tentaculaires. Autrement dit, l’amant pourrait y laisser la peau, et c’est ainsi que débute le propos : un homme mourant est secouru par un paysan et sa fille. Le temps de panser ses blessures, l’homme mûrit son plan de route pour retrouver sa belle et punir son agresseur



L’homme qui changea de nom est la plus moderne, la plus contemporaine des trois, se déroulant en milieu urbain, loin des grands espaces du Montana. Un homme mûr danse, seul, sans grâce mais avec entrain. Et c’est le flashback pour nous restituer le cheminement du personnage de son enfance à sa solitude présente, en passant par ses premières amours, et par sa réussite sociale que reflète son conformisme d’apparat .



Jim Harrisson est le chantre des peuples disparus, sacrifiés sur l’autel de la conquête légitimée. Avec Légendes d’automne, c’est un simple sursis qui est accordé aux descendants des conquérants. L’éphémère tient lieu d’éternité, malgré l’incarnation intense des personnages.

Le fils rebelle, dans une fuite perpétuelle, et tout aussi vaine, crée la dissonance face à à l’ancrage familial, mis à mal par les coups du sorts. Tous sont fous de chagrin, malades de regrets. Il faut une béquille surnaturelle pour ne pas imploser à chaque malheur inique : celui qui ne tire qu’une fois est cet homme là. Mais chacun des personnages est en lui même un héros même si c’est Tristan qui capte l’attention tel un trublion agité. Le deuil a des séquelles complexes.



Il faut parfois une disparition pour se pencher sur l’oeuvre d’un écrivain, fut-il mondialement célébré et reconnu comme un talent exceptionnel.

Le recueil Légendes d’automne offre cet avantage de mettre en évidence ce talent à travers trois récits différents, qui soulignent l’éventail varié des productions écrites. Et incitent à poursuivre plus loin l’exploration de l’univers romanesques de cet écrivain de légende (et pas seulement d’automne).








Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2016/04/legend..
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Un tout petit rien
marina5302 mai 2016
Un tout petit rien de Camille Anseaume
  • Livres 4.00/5
À 25 ans, Camille tombe enceinte. Un accident de capote trouée, une pilule du lendemain prise peut-être trop tard. Toujours est-il que les 2 barres sur le test de grossesse confirme bien la présence d'un embryon. Se pose ensuite la question cruciale: faut-il le garder? Le papa n'est pas vraiment enthousiaste. Bien au contraire. Camille, elle, doute beaucoup. Elle se rend compte que la relation avec le papa n'est pas aussi sérieuse que ça, que son petit appartement parisien risque vite d'être encombré et que sa famille est trop loin pour l'aider au quotidien. Elle essaie d'en parler autour d'elle même si la notion de bébé reste encore abstraite, prévenant ainsi ses parents et ses amis. Elle pèse le pour et le contre. Et finit par prendre une décision qui, quelle qu'elle soit, changera à jamais sa vie...



Dans ce roman d'auto-fiction dans lequel Camille Anseaume met en scène une grossesse non désirée, l'auteur y met forcément un peu du sien pour être aussi juste et précise dans les émotions qui l'habitent. De la nouvelle apprise brutalement à l'accouchement en passant par les questionnements incessants, les doutes qui la hantent, la peur qui tenaille ou les réactions dès lors que la décision est prise, l'on suit Camille dans son cheminement. Mais, même une fois sa décision prise, il faut encore se battre, montrer que cette décision est la bonne. La jeune femme se livre, avec humour souvent, avec émotions et une certaine poésie, sans pudeur et sans taire les mots qui peuvent heurter. Un roman subtil porté par une écriture pleine de vie, une déclaration d'amour à ce bébé, à ce tout petit rien qui va changer sa vie.
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Une chose incroyable, exceptionnelle, extra..
Nastasia-B27 avril 2016
Une chose incroyable, exceptionnelle, extraordinaire... de Véronique Cauchy
  • Livres 3.00/5
Une marmotte, puis un ours, puis un bouquetin, puis une hermine, puis un vautour et enfin un loup, dans cet ordre, décident de faire le tour de la montagne avec leur baluchon sur l'épaule pour vivre une chose incroyable, exceptionnelle, extraordinaire...



Mais qu'y aura-t-il au bout de la route ? Ça, c'est ce que je vous laisse le soin de découvrir par vous même. Remarquez, en soi, voir six animaux à la queue leu-leu avec un sac à provision sur l'épaule, ce n'est déjà pas si banal...



Ouais, bof, bof. J'hésite entre deux et trois étoiles. S'il n'y avait que moi, ce serait deux, mais il faut bien reconnaître que j'ai joué le jeu ; j'ai emmené ma fille à la bibliothèque et je l'ai laissée choisir, parmi la foule saisissante et assommante d'albums, celui qu'elle voulait découvrir.



Ce fut celui-ci : c'est donc qu'il présente un minimum d'attrait pour les petits. C'est une lecture à privilégier pour les enfants de la maternelle ou pour les apprentis lecteurs du CP en lecture autonome. Donc, pas sensationnel, mais pas catastrophique non plus, à vous de voir, d'ailleurs, ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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Pierre Grassou
Nastasia-B04 mai 2016
Pierre Grassou de Honoré de Balzac
  • Livres 3.00/5
Pierre Grassou, c'est l'un de ces portraits-nouvelles auxquels Honoré de Balzac nous a si souvent habitués. Ce portrait, même s'il s'appuie vraisemblablement sur une personne concrète, est bien plus la peinture d'un type que de quelqu'un en particulier. Il est d'ailleurs grandement question de peinture dans cette nouvelle-ci.



Qu'a cherché à nous dire Balzac au travers de Pierre Grassou ? Encore une fois, une parcelle du fonctionnement social ou sociétal dans lequel nous nous inscrivons encore de nos jours et qui concerne certes la peinture, mais encore bien davantage : littérature, musique et, je pense, à peu près tout le monde des arts au sens large.



Qu'en est-il ? Pierre Grassou est un provincial d'origine modeste et qui est venu tenter sa chance à Paris. Il s'échine et ne ménage pas sa peine auprès de très grands maîtres qui, tous, lui signifient poliment mais fermement qu'il n'a aucun talent et qu'il ferait mieux de quitter ce milieu. Ils le trouvent tous bon camarade mais en qualité d'artiste, zéro.



Alors Pierre Grassou gratte, gratte, gratte, s'efforce, s'efforce, s'efforce. Il rampe centimètre par centimètre pour tâcher d'atteindre les sommets. Mais il reste, au mieux, un copiste honnête, qui refait en très ordinaire de compositions qui ont révolutionné l'art en leur temps.



Toutefois, parmi les gens du gratin mondain qui n'y connaissent pas grand-chose en art, il arrive que certaines oeuvres de Grassou puissent, sur un malentendu, satisfaire l'oeil de l'une ou l'autre grosse légume, au rang desquels on comptera le roi Charles X.



La cour des lèche-savates fait donc grand éloge du tableau de Grassou et, dans la minute, on lui en commande à la pelle, de la même veine. Grassou exploite honnêtement le filon et devient vite un artiste dans le vent, une sommité de pacotille, multi-décoré, qui siège aux académies compétentes...



Je vous laisse évidemment découvrir le sel narratif de cette nouvelle et le rôle d'entremetteur que jouera le roublard marchand d'art juif Élias Magus. Ce qu'il est intéressant de noter, c'est que rien, absolument rien n'a changé à l'heure actuelle. Toutes les assemblées dites " d'experts " ou " d'artistes " sont pour la plupart un ramassis d'auteurs ou d'interprètes de deuxième voire troisième zone qui, par les vicissitudes de la vie, se sont fait un nom à un moment donné et qui capitalisent dessus jusqu'au restant de leurs jours.



Il suffit de regarder les jolies têtes de veaux d'Éric-Emmanuel Schmitt, Didier Decoin et consort pour se faire une opinion de l'académie Goncourt, et je n'ose même pas vous parler de la réception récente du grand, de l'illustre, du génialissime Marc Lambron à l'abracadémie française. Comme Lambron y est, Grassou y est. (Excusez une nouvelle fois ma fâcheuse tendance matinale au calembour de bas aloi ; on ne se refait pas.)



Là, là vraiment, on se dit qu'il avait tout de même un sacré oeil d'observateur notre petit Honoré chéri. On pourrait évidemment élargir ceci aux victoires de la musique et autres singeries du même genre dans d'autres domaines spécifiques des arts. En somme, le fossé qui existe entre le génie des artistes et leur reconnaissance publique et/ou académique.



Vaste sujet qui nous emmènerait loin et sur lequel je ne souhaite pas m'élancer plus avant. Une nouvelle donc, très clairvoyante, de loin pas celle que je préfère De Balzac qui a su faire beaucoup, beaucoup mieux, mais un Balzac même de second choix reste plus intéressant que ceux écris par la ribambelle de tiers couteaux sus-mentionnée. Au demeurant, souvenez-vous que ce que j'exprime ici n'est que mon grassouillet d'avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Les putes voilées n'iront jamais au Paradis !
fanfanouche2425 avril 2016
Les putes voilées n'iront jamais au Paradis ! de Chahdortt Djavann
  • Livres 5.00/5
Un achat d'impulsion... fortement influencé toutefois après avoir écouté l'auteure, Chahdortt Djavann, il y a une dizaine de jours à l'émission matinale "Thé ou café" où elle était invitée parallèlement à un autre invité, scientifique et féministe convaincu, Axel Kahn...



Un grand coup de poing avec cette dernière lecture spontanée , au titre des plus frappants !!!

Le premier écrit que je découvre de cette femme, d'origine iranienne, qui a déjà une douzaine de publications à son actif...dont plusieurs où elle décrit , dénonce le radicalisme, les excès islamistes...et les comportements indignes faits aux femmes !

Dévoré cet ouvrage entre roman et documentaire, qui prend "aux tripes"...par son sujet et son style cru et direct... qui épingle avec une force inouïe la tartufferie infinie des intégristes !!



"Je prends mon pied avec vos pères, vos frères, et vos maris. Ca vous choque ? Eh bien, c'est votre problème, bande d'hypocrites ! je ne vends pas mon corps. Je couche en échange d'argent. C'est un métier honnête et les gens en ont pour le fric. (...)

C'est drôle que, dans ce monde de putes où la corruption, le crime et la prostitution de tout genre gangrènent les sociétés, on s'en prenne à nous, ça en dit long sur la régression de notre époque. Ce n'est pas pour rien que , dès que les extrémistes islamistes s'emparent du pouvoir, ils s'en prennent tout de suite au plaisir en général, et au plaisir sexuel en

particulier. Comme les mollahs ici ou les Frères Musulmans en Egypte...

Ils ne supportent pas l'idée que leur mère ait écarté les jambes pour les fabriquer.Remarquez, elles auraient mieux fait de s'abstenir." (p. 79-80)



Il est question à travers ce texte bouleversant, à partir de faits malheureusement réels, de constats essentiels, qui font perdre à une communauté humaine toute dignité et respect envers elle-même: la misère affective, l'ignorance, l'intolérance religieuse , ainsi que le mépris et les maltraitances faites aux petites filles, aux femmes... sans omettre la maintenance sous terreur de toute une population... les premières victimes, et personnes sacrifiées se trouvant toujours être en première ligne les "Femmes".....



Un ouvrage inoubliable dont on ne ressort pas indemne !!

Aussitôt achevé, je me suis précipitée à ma médiathèque emprunter trois

autres livres de cette auteure... et j'ai débuté immédiatement un texte

publié en 2013, chez Fayard, "La dernière séance"...



Un livre des plus dérangeants qui, au-delà de la dénonciation des maltraitances faites par les intégristes et les mollahs aux iraniennes

depuis 1979...met à mal également tous les préjugés, comportements

déviants quant la sexualité est rejetée, transformée en péché, en une "chose" répugnante"... où le Féminin devient "unique objet de

persécution"... et ceci dans trop de pays et d'époques. !!!!..



Je vous demande "excuse" de finir ces impressions de lecture par un extrait abondant qui exprime au plus près ce que l'auteure a voulu transmettre dans ce texte mi-roman , mi-documentaire ..



"D'outre-tombe. Je vais nommer ces prostituées, assassinées dans l'anonymat, leur donner la parole pour qu'elles nous racontent leur histoire, leur vie, leur passé, leurs sentiments, leurs douleurs, leurs doutes, leurs souffrances, leurs révoltes, leurs joies aussi. Certaines ont été assassinées sans que nul ne déclare leur disparition, sans que nul ne réclame leur corps ou pleure leur mort. (...)

Ces femmes parleront avec une Liberté Totale, avec une Liberté Absolue. sans la moindre crainte, puisqu'elles n'ont rien à perdre, puisqu'elles ont déjà tout perdu: leur vie.

Assassinées, pendues ou lapidées. Je vais exhumer ces femmes et les faire exister dans votre imaginaire pour le malheur des ayatollahs, et écrire noir sur blanc qu'elles n'étaient pas des souillures, que leurs vies n'étaient pas condamnables, et que LEUR SANG N'ETAIT PAS SANS VALEUR. Qu'elles méritaient la vie et non pas la mort. Qu'elles n'étaient pas la honte de la société. Qu'elles n'étaient pas des coupables, mais des victimes assassinées. Des femmes mal nées, malmenées, mal loties, des femmes fortes, des femmes fragiles,vulnérables, sans défense, des femmes meurtries. Des écorchées vives d'une société hypocrite, corrompue, et surtout criminelle jusque dans sa pudibonderie.



Une société qui réprime, étouffe, pend, lapide, torture, assassine sous le voile. Je ne chercherai pas à les décrire ni comme des anges, ni comme des putains, ni comme des pures victimes. Mais comme des femmes. des Femmes Etonnantes. Et ce livre sera leur sanctuaire. Leur Mausolée. (p. 63-64)"





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Une odeur de gingembre
lyoko29 avril 2016
Une odeur de gingembre de Oswald Wynd
  • Livres 5.00/5
J'ai toujours eu une affection particu;lière pour les romans épistolaires ou les "carnets intimes". Et ce roman ne fait pas exception.



Mary une jeune femme naïve part en chine pour épouser un officier anglais en poste là bas. La vie ne sera pas facile et sa naiveté va vite s'eclipser au profit d'un caractère bien trempé et d'une envie de s'en sortir seule.



C'est un livre a la fois touchant et plein de poésie. L'auteur, qui est un homme, a su parfaitement retranscrire les sensations et les sentiments de Mary. C'est aussi un bel hymne au Japon et à la Chine.

j'ai apprécié l'écriture de l'auteur qui est fluide et qui nous emporte sur le paquebot et à la rencontre des serviteurs.



Je ne vais pas épiloguer pour moi ce livre est une perle
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L'épopée de Gengis Khan, tome 3 : La chevauchée v..
fnitter06 mai 2016
L'épopée de Gengis Khan, tome 3 : La chevauchée vers l'empire de Conn Iggulden
  • Livres 5.00/5
Un fin en apothéose.



Dernière campagne du grand Khan de l'empire mongol débutée en 1218 jusqu'à sa mort en 1227 (zut j'ai spoilé) : Le royaume de Khwarezm, une région historique située au sud de la mer d'Aral, entre les actuels Ouzbékistan, Turkménistan et Iran. (spécial thanks à wikipédia)



On démarre à fond, on accélère au milieu et on finit au sprint. Des descriptions de combats très enlevées. Des stratégies mises à mal, un Gengis impitoyable autant avec ses ennemis qu'avec ses amis ou même sa famille.



Au final, une trilogie exaltante, instructive, passionnante et extrêmement divertissante.
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Le jour des morts
marina5328 avril 2016
Le jour des morts de Nicolas Lebel
  • Livres 5.00/5
En cette veille de Toussaint, le capitaine Mehrlicht et son ami et ancien collègue, Jacques, n'ont rien trouvé de mieux pour égayer, un tant soit peu le couloir de l'hôpital, que de jouer la Mort. Un joli pied de nez de la part de Jacques qui se sait condamné... Le lendemain, dans les locaux du commissariat du XIIème arrondissement, Daniel Mehrlicht retrouve ses collègues, Latour et sa chevelure rousse flamboyante, et Dossantos, culturiste qui ne jure que par le code Pénal. Matiblout, le commissaire, est tout heureux de lui annoncer qu'il va de nouveau avoir sur le dos un nouveau stagiaire, Guillaume Lagnac, un "fils de" d'une beauté rare. Toute la fine équipe est appelée au service oncologie de l'hôpital. En effet, une infirmière a retrouvé l'un de ses patients mort. Visiblement empoisonné d'après les premières constatations. Le premier d'une longue série...



Des morts le jour des morts, jusque-là, rien d'anormal. Sauf lorsqu'il s'agit de mort non naturelle... Qu'a donc pu faire cet homme hospitalisé pour qu'on veuille s'en prendre à ses jours? Un mauvais dosage de la part de l'infirmière? Peu crédible dès lors qu'un second cadavre est retrouvé. Même mort dans d'atroces conditions. L'empoisonneuse, la bien-nommée, diffuse son poison à tout-va. Le problème pour Mehrlicht et sa fine équipe est de trouver le lien entre ces morts. Nicolas Lebel nous plonge dans une atmosphère sombre, la pluie tombant sur Paris sans discontinu. Des personnages très attachants, fouillés et profonds habitent ce roman: Mehrlicht, ses yeux globuleux et sa gueule de batracien; Dossantos, une sorte d'Hercule adepte du Code Pénal; Latour et son petit ami Tchétchène et ce stagiaire sorti tout droit des jupes de son père! Des moments parfois drôles ou enlevés viennent alléger la dramaturgie. Nicolas Lebel nous offre un roman policier rondement mené et habilement construit. Un polar palpitant, captivant, émouvant parfois, riche et rythmé, porté par une écriture soignée et travaillée, la pointe d'humour en plus! Une réussite!
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Neverhome
Dixie3928 avril 2016
Neverhome de Hunt Laird/Tissut An
  • Livres 5.00/5
Qui aurait cru que derrière la légende de "Galant Ash", ce soldat grimpé dans un arbre pour recouvrir de sa veste les jolis atours échappés par inadvertance du corsage d'une bien belle jeune fille, se cache une autre femme, bâtie sur un tout autre modèle ?

Constance Thomson est ce qu'on appelle une "maîtresse femme", de celle qui vous retourne un champs, trime pour planter, cueillir, moissonner tout en maniant la gâchette comme personne, et se repose en fumant le cigare et buvant un verre sous la tonnelle ! Rien à voir avec une jeune donzelle, perchée dans les branches d'un arbre pour saluer les hommes qui s'en vont à la guerre !

Non. Sa noblesse et sa beauté à elle, elles sont ailleurs...



Il y a de multiples raisons de partir au combat. La guerre de sécession n'en a pas manquées. Celle du soldat Thomson est plus particulière. Constance Thomson s'est enrôlée par amour. Elle a pris la place de son époux, Bartholomew, garçon fragile et délicat, parce qu'elle savait qu'il ne survivrait pas aux conflits et qu'il fallait bien qu'il y en ait un qui y aille ! Des deux, elle est la seule qui peut espérer s'en sortir.



Les cheveux longs cisaillés, les pantalons enfilés, elle rejoint les troupes et arpente les champs de bataille, tue, soigne, achève, parle ou se tait, puis entre tout cela, marche, marche, à tomber, à se croire déjà morte.



La réalité de la guerre la plus crue, avec son lot de douleurs, de sangs, de crasses, de cris et de larmes nous est livrée à travers les yeux de Constance, mêlée à l'expression de ses sentiments : son amour pour Bartholomew et tous ses maux qu'elle lui livre dans ses lettres, le souvenir de sa mère (que de belles pages !), son courage, sa ruse... Et ce moment où la raison n'en peut plus et part, quand elle est à bout. Poésie du désespoir :

"Il y avait des morts assis contre les arbres, des morts les pieds en l'air, des morts pendus aux branches. Il y en avait qui étaient tombés à trois dans le lit d'un ruisseau et d'autres allongés à part dans une clairière, bien bordés jusqu'au menton par des couvertures de soleil toutes propres."



L'auteur grâce à un style soigné, nous fait glisser petit à petit vers cette autre réalité, ce discours intérieur qui tentent, seulement, uniquement, de se garder en vie. Il nous amène alors à une vision un peu fantasmagorique de ce monde, où les hommes racontent les rêves de leur cheval, où les yeux fuient goutte à goutte mais ne pleurent pas...

Et sans pour autant nous anesthésier, nous épargner.



Laird Hunt nous livre là un portrait de femme, rare. Au fur à et à mesure de la lecture, l'enjeu de la guerre devient secondaire. Gris ou Bleus, peu importe, seuls comptent le courage et la volonté farouche de s'en sortir, de revenir...

Combien ont vécu un tel destin ? Combien enrôlées volontaires, grimées en hommes, ont été découvertes et condamnées, au seul tort d'être femmes, peu importe le cran et la bravoure ? Combien d'hommes ont su partager et garder ce secret ?



"De femme avec un fusil entre les mains, il n'en est pas une seule dans cette pile de livres que j'ai."



C'est un livre beau et éprouvant. On a envie que cela s'arrête et dans le même temps, on n'a pas envie de la quitter. Et quand arrive la fin, c'est le coeur serré qu'on referme le bouquin.
Lien : http://page39.eklablog.com/neverhome-laird-hunt-..
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Gigi la grenouille
Nastasia-B05 mai 2016
Gigi la grenouille de Martin Waddell
  • Livres 4.00/5
A priori (toujours se méfier de ses a priori), lorsque j'ai vu cet album, tout, absolument tout dans cet album flairait bon le livre bien commercial qu'on trouve en bonne place dans le rayon " littérature jeunesse " (si une telle appellation est possible) des hypermarchés.



Le dessin rond très (trop ?) facile d'approche, le titre de l'album, l'éditeur, bref, tout de l'album qui n'en est pas un et…

… et puis non. Certes, il a ce petit côté sirupeux que je déteste, mais en le lisant avec cet apriori que vous savez maintenant, je ne l'ai pas trouvé du tout mauvais, bien au contraire.



C'est une allégorie, presque. L'allégorie de l'enfant qu'on n'écoute pas ou, plus précisément, de l'enfant qu'on écoute mais que l'on n'entend pas, ce qui est peut-être pire encore pour la construction de l'enfant. Le fait de se sentir ravalé à l'élément de décor du contexte familial.



Gigi est donc une petite grenouille, qui, pour se sentir exister ressent le besoin de se revendiquer dragon. Mais, bien entendu, personne, absolument personne ne prête attention à ce dragon de pacotille auto-proclamé ce qui, je vous le laisse imaginé, peut-être perçu comme une marque de mépris assez offensante pour ledit dragon.



D'où sa réaction, que je vous laisse le soin de découvrir par vous-même si le cœur vous en dit et, une fois n'est pas coutume, je vais vous parler de la fin de l'histoire. Les parents de Gigi, surjouent maintenant l'effroi devant la bête immonde qu'est ce petit Gigi de dragon. Mais là encore, ils sont en décalage par rapport aux attentes de Gigi.



Et c'est ici que je trouve que l'album est vraiment bien vu, et c'est en ceci que je trouve que cet album doit être bien entendu à l'usage des parents. En ce sens qu'il ne suffit pas de répondre à un moment donné aux désirs ou besoins de son enfant, mais d'y être vraiment attentif, afin d'être en phase, en osmose avec lui.



Cela peut paraître une évidence, et pourtant, et pourtant, je puis vous assurer en tant qu'enseignante que je vois des groupes entiers de parents qui passent leur temps à essayer de recoller au train de leur manque d'attention auprès de leur enfant… avec toujours un wagon de retard !



Donc, un album pas si superficiel qu'il en a l'air, bien plus intéressant qu'il le laissait supposer. Bien sûr, ceci n'est qu'un tout petit avis qui se prend pour un dragon, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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En attendant Bojangles
Eve-Yeshe29 avril 2016
En attendant Bojangles de Olivier Bourdeaut
  • Livres 4.00/5
Ce premier roman est original, complètement déjanté. On tutoie l’absurde. C’est une très jolie façon de parler de la maladie mentale. Les héros ne prennent rien au sérieux et préfèrent ne pas voir.



Comment concilier la vie normale, la scolarité, la rencontre avec l’institutrice, l’apprentissage, car la société a des règles qu’il faut respecter, comme ouvrir son courrier, payer ses impôts, travailler… alors, parfois, notre petite famille fuit dans son « château en Espagne »…



On est dans la fête, la légèreté mais la tristesse n’est pas si loin, personne n’est dupe et ce qui était joie de vivre, plaisir va sombrer peu à peu dans la noirceur, au rythme de la voix magnifique de Nina Simone qui mêle aussi un rythme léger et des accents plus sombres. "Maman me racontait souvent l’histoire de Mister Bojangles. Son histoire était comme sa musique : belle, dansante et mélancolique. C’est pour ça que mes parents aimaient les slows avec Monsieur Bojangles, c’était une musique pour les sentiments". P 24



Cela m’a rappelé des souvenirs, la découverte de Boris Vian avec « L’écume des jours » il y a très longtemps, où les deux héros valsaient aussi avec leur amour fou et la mystérieuse maladie de Chloé avec ce nénuphar qui envahissait ses poumons comme la folie envahit le mental ici.…



Au fur et à mesure que l’on progresse dans la lecture, le besoin d’écouter la chanson se fait de plus en plus présent, et l’intensité monte. ♫ ♪ ♫♪



J’ai bien aimé la construction du récit qui se fait à deux voix lui-aussi : Georges qui raconte dans son carnet tous les évènements avec lucidité et l’enfant qui raconte ses souvenirs avec ses mots d’enfant, décrit très bien le côté labile de la maladie quand elle passe du rire aux larmes, de l’agitation à la mélancolie. "Le problème, c’est qu’elle perdait complètement la tête. Bien-sûr, la partie visible restait sur ses épaules, mais le reste, on ne savait pas où il allait. La voix de mon père n’était plus un calmant suffisant". P 67





Donc, une belle histoire, déjantée à souhait, mais dérangeante (à souhait également), car on passe du rire aux larmes, et l’atmosphère s’alourdit. C’est une façon particulière d’aborder la maladie mentale et comme avec Boris Vian, cela se veut léger mais ne l’est pas tant que cela. Pour un premier roman, c'est réussi et on attend le suivant...



Note : 8/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.com/archives/2016/04/2..
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20 ans ferme
marina5327 avril 2016
20 ans ferme de Sylvain Ricard
  • Livres 4.00/5
Des braquages qui ont mal tourné. Et une nouvelle maison pour Milan: la prison. En 1985, à 20 ans, le voilà condamné à 20 ans ferme. Une peine qu'il accepte. Des conditions de (sur)vie un peu moins. Déshumanisés, entassés comme des bêtes, trop peu de douches et de parloirs, telles sont les conditions de vie difficiles, parfois humiliantes. Une altercation avec un autre prisonnier lors de la promenade, une lettre d'amour envoyée à la juge d'instruction et le voilà condamné à dix jours de quartier disciplinaire. Mais Milan, forte tête, qui aspire à un peu plus de dignité, ne compte pas en rester là pour autant. Convaincant ses camarades de le suivre, il tentera d'expliquer à coups de gueulantes, d'émeutes et de provocations que leurs conditions d'enfermement sont à la limite de l'humain...



Partant du témoignage de Milko, président de l'association Ban Public, Sylvain Ricard nous enferme dans ces prisons aux conditions de vie déplorables. Milan, lui, n'aspire finalement qu'à une chose: purger sa peine dans la dignité. Mais, trop forte tête que les matons prennent un malin plaisir à recadrer, il subira les affres de son comportement. Sans parti pris, Sylvain Ricard dénonce simplement les conditions de vie carcérales. Des transferts incessants et inexpliqués aux heures de parloir supprimées en passant par les humiliations, le courrier détourné ou les violences (physiques et psychologiques), rien n'est épargné au prisonnier. Un témoignage plutôt sombre et inquiétant qui, on l'espère, réveillera quelques esprits. Le trait de Nicoby, anguleux et vif, et ses couleurs judicieusement choisies (clair pour l'extérieur, sombre pour l'intérieur) collent parfaitement à cette ambiance plutôt oppressante.
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Lucky Luke, tome 9 : Le Grand duc
Nastasia-B30 avril 2016
Lucky Luke, tome 9 : Le Grand duc de Morris
  • Livres 3.00/5
René Goscinny aime bien faire visiter des contrées exotiques à ses héros de bande dessinée. On sait qu'Astérix a fait quasiment le tour de l'Europe et de la Méditerranée ; Iznogoud ne s'est pas contenté de siéger à Bagdad mais s'est essayé en Inde et ailleurs.



Pour Lucky Luke, c'est un peu plus compliqué, car hormis le Mexique (Tortillas Pour Les Dalton) et le Canada (Les Dalton Dans le Blizzard, visité assez tôt dans l'ontogenèse de la série) il a fallu ruser pour occasionner des chocs culturels et linguistiques autres qu'avec les éternels indiens.



C'est ce qui fut initié de façon originale avec les scientifiques des Collines Noires mais pour les autres pays, un peu à la manière de Lagardère, si tu ne vas pas à l'étranger, l'étranger viendra à toi. Ce fût d'abord le fameux pied-tendre d'Angleterre, et ici, c'est le Russe en la personne du Grand-Duc Léonide. Plus tard il y aura les Chinois dans L'Héritage de Rantanplan.



Goscinny avance donc en terrain connu avec une mécanique déjà bien rodée dans Astérix et qui fonctionne bien aussi dans Lucky Luke. Et c'est parti pour les clichés à gogo, roulette russe en tête (il a oublié les montagnes russes, je me demande encore comment).



Lucky Luke se retrouve à devoir promener un Grand Duc qui rêve de danger quand les instructions du gouvernement américain sont précisément de lui éviter tout danger. On assiste donc à une sorte de road-movie savamment toujours édulcoré par Lucky Luke qui doit essuyer les frustrations du Grand-Duc.



Bref, un album un peu moins al dente que ce à quoi on aurait pu s'attendre, avec des gags un peu mous, du Goscinny en petite forme et du Morris pas génial non plus côté dessin, donc un résultat moyen, pas catastrophique mais très loin des sommets de la série. Du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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