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Critiques les plus appréciées

Gorgias
09 janvier 2017
Gorgias de Platon
  • 3/ 5
Le maniement du discours est-il un art ou un savoir-faire ? La rhétorique, nom que l'on donne volontiers à l'expertise dans le maniement du discours, est-elle bonne ou seulement séduisante ?



Un dialogue, comme souvent, très intéressant à un certain degré de lecture, mais assez ambigu tellement il est univoque. Très vite, on voit où le couple Platon-Socrate veut en venir : la rhétorique, l'art de convaincre en public, s'appuie sur la persuasion et la séduction, procède par savoir-faire et non par art véritable. Son action est perfide en ce sens qu'elle rend aux yeux du public le spécialiste d'un domaine donné moins convainquant que le profane bon rhéteur.



Dans le fonctionnement courant de la cité, les principaux rhéteurs sont les politiciens ou les avocats, dont il apparaît très vite que leur intérêt n'est pas le bien commun. Soit. Mais que penser d'une dialectique aussi pauvre et univoque entre un Socrate survitaminé et un Gorgias si timoré voire inexistant ?



Ce sont Polos et Calliclès qui se coltinent à Socrate et non pas Gorgias lui-même. Or, c'est Gorgias l'expert en rhétorique. Peut-on imaginer un expert en rhétorique qui ne dit rien et qui se laisse embarquer dans des sentiers retors sans jamais esquiver le coup ? Polos et Calliclès, élèves et partisans de Gorgias brillent par leur mal-habileté et se laissent mener dans les trous de souris de Socrate sans jamais exploiter aucune de ses faiblesses (pourtant nombreuses).



Que dire des rapprochements logiques de Socrate ? Il faut parfois vraiment faire le grand écart pour relier telle et telle idée qu'il présente comme coulant de source. Eh bien mon cher Platon, comme rhéteur, j'ai connu meilleur que vous, moi qui suis pourtant, a priori, de votre côté, je ne peux pas avouer que vous m'ayez particulièrement convaincue.



Comme toujours (en ce qui me concerne), l'intérêt du dialogue ne vient pas de la luminescence propre de son fil mais bien des questionnements et des argumentations qu'il nous oblige à fourbir en nos têtes pour être au clair avec nous-même. C'est donc hyper intéressant, mais à un autre degré que la lecture seule.



Finalement pas si mal joué monsieur Platon car c'est l'essence même de la philosophie et avec votre façon de prêcher le faux ou le dérangeant, vous concourez à faire émerger le vrai, du moins un peu de vrai, but ultime de votre quête. Lecture parfois fastidieuse, donc, mais essentielle, non pas pour ce qu'elle est mais pour ce qu'elle fait naître en nous, pour ses vertus thérapeutiques inhérentes ; ceci n'étant, bien sûr, que mon avis de rhéteuse de millième zone, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Repose-toi sur moi
09 janvier 2017
Repose-toi sur moi de Joncour Serge
  • 5/ 5
Le bonhomme en impose avec son mètre quatre-vingt douze et son quintal. Recouvreur de dettes, Ludovic intimide aussitôt. Ancien agriculteur qui a quitté la ferme familiale de la vallée du Célé, il y a deux ans, l'homme est aujourd'hui installé à Paris. De par son travail, il sillonne la banlieue et croise aussi bien des résignés que des tocards ou des insouciants. Le soir, il rentre tranquillement dans son petit deux-pièces qui donne sur une cour et un immeuble plus chic habité par des bobos. L'on se croise subrepticement dans cette cour, le bonjour-bonsoir à peine murmuré que chacun rentre chez lui. De l'autre côté, justement, habite Aurore, jeune styliste parisienne, mariée à un homme d'affaires américain et mère de jumeaux. Un soir, elle rencontre Ludovic, la tête dans les buissons, occupé à récupérer les chats de la voisine. Une rencontre pour le moins inamicale tant ces deux-là ne se ressemblent pas. C'était sans compter sur les maudits corbeaux qui ont élu domicile dans la cour. Des volatiles que la jeune femme déteste mais dont Ludovic saura s'occuper définitivement et passera ainsi, aux yeux d'Aurore, pour un preux chevalier...





Serge Joncour n'a pas son pareil pour décrire avec finesse et justesse les rapports humains et la vie contemporaine. Dans ce roman, l'on fait la connaissance d'Aurore et Ludovic, tous deux la quarantaine mais que tout semble opposer. Lui, un ancien agriculteur, veuf et sans enfant, imposant, d'apparence rustre, un peu solitaire dans cette ville immense. Elle, épouse et mère, citadine et parisienne jusqu'au bout des ongles, raffinée, élégante. Deux êtres dont la rencontre fera des étincelles. Deux êtres fragilisés qui se jaugent et se jugent, Serge Joncour oscillant de l'un à l'autre dans des chapitres assez courts. Des êtres à qui l'on s'attache aussitôt et que l'on quitte avec regret. Ce roman ne se résume pas à cette rencontre ni à la dérive de ces deux-là puisque l'auteur, fin observateur de notre quotidien, dépeint remarquablement une société en perte de repères et regrette l'anonymat des villes ou encore l'importance de l'apparence, s'attardant aussi bien sur le monde de la mode que de l'agriculture. Un roman intelligent, émouvant, profond et d'une grande finesse servie par une plume élégante et sensible.

Tout simplement beau...
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Léon l'Africain
14 janvier 2017
Léon l'Africain de Amin Maalouf
  • 5/ 5
Politique, polyglotte, polygame,

Trop poli, pour être Mahomet,

Faudrait pas qu'on me condamne,

je ne voudrais pas être un sultan,

Qu'il continue notre prof-être,

selon l'Hégire qui fut son temps. :-)



A découvrir ABSOLUMENT, riche en enseignement

Même si ton héros participe à l'anti-Babel,

Mérite, avec mes amis Babelios, tous nos compliments

Perso je te pressens Amin Maalouf, comme un futur Nobel.







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Article 353 du code pénal
07 janvier 2017
Article 353 du code pénal de Tanguy Viel
  • 5/ 5
Premier coup de coeur 2017 !



L'article 353 du Code de Procédure pénale permet d'en appeler moins aux preuves qu'à la conscience des juges et jurés de la cour d'assise, en somme se fier à l'intime conviction .

Un village du Finistère nord, les années 90.

Suite à une arnaque immobilière, Martial Kermeur jette à l'eau Antoine Lazenec durant une partie de pêche. Lazenec se noie, Kermeur est arrêté.

Face au juge il déroule tout le film de sa vie qui l'a mené là. Son licenciement de l'arsenal, le départ de sa femme et l'apparition de Lazenec, "amené par la providence".......et comment il s'est fait " avoir en beauté ".

J'ai été saisi par le mode d'expression puissant de Kermeur, se souvenant, racontant et analysant ce film où il voit progressivement se développer la vérité et l'inéluctable fin . Des expressions et métaphores improvisées sur le moment, langage d'un homme simple, tout sauf un intellectuel, (....au fond, plus vous faites une chose absurde et plus vous avez de marge de manoeuvre, parce que l'autre en face, l'autre, tant qu'il n'a pas mis ça dans sa machine à calculer à lui, tant qu'il n'a pas fabriqué une petite machine à lui pour domestiquer l'absurdité, il est paralysé"), face à un juge qui, lui emploie la langue officielle, celle du code pénal.

Ce face à face,où Kermeur voit le juge en psychologue, va l'aider à " tout déterrer jusqu'à la poussière des os" et à faire de la lumière sur le cours des choses ("Peut-être même, la lumière, c'est vous, j'ai dit au juge, peut-être vous aimantez mes souvenirs et vous les faites tourner en moi comme des anneaux autour de Saturne.").



Un livre qui touche à la question fondamentale de la justice naturelle qui ne tombera peut-être jamais ou l'injustice qui ne sera jamais réparée.

Un livre au langage foisonnant avec une note politique dans le fond et l'humour en bonus, que je ne voudrais pas analyser plus, car rien ne vaudrait sa découverte par vous-même.

Un vrai plaisir de lecture , le meilleur que j'ai lu de lui !





C'est toujours une certaine forme d'ignorance qui produit des pensées neuves.( Tanguy Viel )

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Les Univers multiples, Tome 1 : Temps
09 janvier 2017
Les Univers multiples, Tome 1 : Temps de Stephen Baxter
  • 4/ 5
Premier livre d’une trilogie de livres indépendants. (Les univers multiples, la réponse était dans le titre).



Reid Malenfant, astronaute éconduit (comme son auteur d’ailleurs) finance et réussit, envers et contre tous une expédition spatiale.

Il utilise pour cela, entre autre, des calamars intelligents.

Pendant ce temps là, des enfants surdoués naissent un peu partout dans le monde et semblent avoir le destin de l’humanité entre les mains.



A partir de trois arcs narratifs, qui se rejoignent bien évidemment, Baxter nous livre un récit très hard science sur le sens de la vie et l’avenir de l’humanité.

Un récit passionnant, pour ceux qui aiment les discours scientifiques qui émaillent (voire sont omniprésents) le livre.

Céphalopodes intelligents, exploitation des richesses des astéroïdes, catastrophe de Carter, radio de Feynman, Pépite de quarks, physique des possibles, théorie des univers multiples, effondrement du vide, pour tous les sujets qui existent et je ne vous parle même pas de ceux inventés.



Un page turner hard science. Ça existe ? Oui, Baxter l’a fait. Pas un seul temps mort, pas une faille dans le récit. A la fois triste, sombre et plein d’espoir, un peu comme tous les livres de l’auteur d’ailleurs. Une aventure spatiale palpitante. Un réel succès.
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Mille Femmes blanches : Les Carnets de May ..
07 janvier 2017
Mille Femmes blanches : Les Carnets de May Dodd de Jim Fergus
Jim Ferguson a connu un vif succès avec ce vibrant hommage à ce peuple méprisé, humilié, méconnu, bafoué et quasiment anéanti. Les indiens d'Amérique ne demandaient pourtant pas autre chose que continuer à vivre sur les terres que leurs ancêtres leur avaient léguées et qu'ils auraient voulu transmettre à leur descendance. Mais nulle part et à aucune époque, les richesses naturelles n'ont permis que les peuples légitimes vivent en paix. Il y a toujours eu des prédateurs pour donner la priorité à leur volonté d'enrichissement pour venir mettre la pagaille dans des populations pacifiques.



C'est sur des faits historiques que se bâtit cette histoire romancée, à travers le journal imaginaire de l'une de ces femmes offertes au peuple indien, histoire de calmer leur soif de rébellion contre les envahisseurs. C'est donc la vie quotidienne d'une tribu Cheyenne qui nous est révélée, avec ses coutumes, ses traditions et ses croyances. Le point de vue n'est pas non plus manichéen : au delà des bons indiens et les méchants soldats, les combats entre tribus, les exactions de délinquants autochtones, ne sont pas passés sous silence.



L'auteur ne se cache pas d'avoir construit une fiction, et soyons indulgents face à cet improbable journal, tenu jusqu'à l'agonie et transmis à la descendance de l'héroïne , malgré les solutions incendiaires utilisées par l'armée pour liquider l'ennemi. Oublions la façon cavalière avec laquelle Jim Fergus conçoit la psychologie féminine (ces femmes sont quand même peu réactives après avoir subi un viol)



Laissons nous leurrer tout en savourant ce roman, qui met en lumière la façon qu'avaient les gouvernants de cette époque de disposer du sort de leur administrés. Je ne suis pas certaine que les choses aient universellement changées et bien des comportements actuels sembleront bien iniques à nos descendants, mais tout de même , le recrutement des jeunes femmes livrées aux indiens repose sur des considérations morales discutables . Même si le roman fait apparaître que finalement , La narratrice est sortie grandie de cette épreuve, il est plus que certain que pour la plupart, l'épreuve a été extrêmement douloureuse.



En route pour la suite parue récemment : La vengeance des mères
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Grossir le Ciel
14 janvier 2017
Grossir le Ciel de Franck Bouysse
  • 5/ 5
Tout d'abord, je remercie canel et Eric76 de m'avoir fait découvrir ce roman et cet auteur. :-)

Quelle claque !! J'en reste toute abasourdie... Ce livre n'est pas qu'un simple polar-fiction, c'est certes noir, mais un roman également sociologique et profondément psychologique.

Un huis-clos en pleine campagne cévenole, entre neige et brouillard, solitude et labeur, routine et silence, solidarité et méfiance, rudesse et simplicité, angoisse et soupçons...

Une plume saisissante de réalisme et de poésie (jours qui passent, actes quotidiens, paysages), qui raconte la fierté d'hommes blessés, la solitude préférable au chaos du monde, une relation entravée par un secret de famille et de terribles traumatismes.

Époustouflant. Magistral.
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Invisible
10 janvier 2017
Invisible de Charlotte Bousquet
  • 4/ 5
Marie est une jeune fille timide, mal dans sa peau et se trouvant grosse. Elle a une grande passion : créer des bijoux mais aussi des vêtements. Aussi, lorsque la prof de techno lui demande de l'aider à confectionner les costumes pour la pièce de théâtre de fin d'année, elle accepte aussitôt. Une manière aussi d'approcher Soan dont elle est secrètement amoureuse. Même si ses camarades de classe sont admiratifs devant son travail, la jeune fille se sent invisible à leurs yeux. Invisible aussi aux yeux de ses parents. Mais, lorsque Soan lui demande de créer un bijou qu'il compte offrir à sa sœur, Marie se sent revivre et décide de se reprendre en main. Bercée d'illusions, elle ne semble pas voir la vérité en face...



Charlotte Bousquet traite avec justesse du mal de vivre des adolescents. Dans cet album, elle dresse le portrait de Marie, une jeune fille complexée, un peu solitaire et qui a du mal à trouver sa place. Elle se sent tout simplement invisible, aussi bien à l'école que chez elle. Un portrait tout en finesse, d'une grande justesse mais terrible. L'auteure aborde avec sensibilité le mal de vivre, la solitude et le passage délicat de l'enfance à l'adolescence. Un album touchant, un brin mélancolique et une jeune fille émouvante dans sa quête de soi. Un portrait percutant servi par un trait réaliste et des couleurs acidulées.



Rappelons que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans.
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Grossir le Ciel
08 janvier 2017
Grossir le Ciel de Franck Bouysse
  • 5/ 5
« le diable, il habite pas les enfers, c'est au paradis qu'il habite. »

Une phrase lourde de sens, lancée à la cantonade par le vieil Abel et qui a fortement impressionné le pauvre Gus. Une phrase prémonitoire, annonciatrice du drame futur qui pulvérisera les deux hommes.

Gus et Abel ! Deux paysans viscéralement attachés à leur terre dans ce coin paumé des Cévennes, au lieu-dit appelé Les Doges. Une terre pourtant ingrate, à peine arable. Deux paysans de ces temps révolus que j'ai vaguement côtoyé quand, tout gosse, je passais mes vacances à la campagne chez ma grand-mère. Deux reliques du passé. Deux lignées qui bientôt s'éteindront pour venir grossir le ciel. Deux brutes. Deux taiseux.

Leurs fermes sont mitoyennes : ils ont choisi de s'entraider, de mélanger leur solitude. Ils enfilent leurs journées les unes à la suite des autres, « comme des perles à un collier, la précédente ressemblant à la suivante. » de temps à autre, ils boivent ensemble un bon coup de rouge, aussi âpre, rustique et rugueux qu'eux, mais qui malgré tout parvient à délicieusement engourdir.

La vie a toujours été ingrate avec Gus. C'est « Un poisson qui nage à contre-courant depuis sa naissance ». Ses parents, allez savoir pourquoi, le haïssaient ! Quand il était môme, Gus faisait partie des faibles. Les autres en profitaient pour lui enfoncer la tête. Nabochodinosaure était son surnom. Il n'y avait guère que sa Mémé qui avait de l'affection pour lui. Mais quand elle est partie…

Gus n'a pour lui que ces quelques arpents de terre auxquels il tient comme à la prunelle de ses yeux. Sa vie, il la passe avec Mars, son chien, son fidèle compagnon. Et puis, il y a le vieil Abel ! Mais peut-on se faire un ami de cet homme tout environné d'ombres et de mystères ?

Ce drame que sentait Gus flotter dans les airs eut lieu le jour de la mort de l'Abbé Pierre. C'était l'hiver et un froid rude venait de s'abattre sur les Doges. Face à cette tragédie, Gus et Abel eurent bien quelques velléités de révolte, mais la volonté des hommes ne pèse pas lourd devant leur destin en marche, et c'est bravement que tous deux se sont enfoncés dans la nuit.

Le silence lourd et angoissant des champs, la monotonie du quotidien, les gestes infiniment répétés, la télé qui grésille… Et les mauvais souvenirs qui surgissent au crépuscule sans prendre garde comme « des vols de corneilles sorties du brouillard ». Les femmes enfuies à jamais, mais qui demeurent omniprésentes dans la tête des reclus. Le museau humide du chien qui se pose avec affection sur la cuisse de son maître, et le palais de l'homme qui claque après avoir avalé un bon coup de rouge…

Un livre inspiré, d'une noirceur sidérale qui parle avec tendresse de Gus et d'Abel, deux hommes rudes, tordus par la terre… Deux survivants du passé qui vont rejoindre ces fantômes qui rôdaient tout autour d'eux.





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La femme coquelicot
15 janvier 2017
La femme coquelicot de Chatelet Noelle
  • 5/ 5
Il n’y a pas d’âge pour l’amour.

Marthe attendra soixante-dix ans pour aimer, aimer passionnément, férocement, sans discernement…

Elle attendra d’être Mamie Marthe, d’être Bonne-maman, d’avoir cette poitrine plate, un peu osseuse, ses doigts raides, un peu déformés, avant de rencontrer l’homme qui viendra remplir sa vie de joie, de rires et de plaisirs.

Elle n’est pourtant pas malheureuse, Marthe ! Ses enfants l’aiment, la couvent, la protègent. Ses petits-enfants, ses chers boucles blondes, l’adorent. Ils viennent souvent chez elle, « trombe d’énergie, de jeunesse, de dit, de pas dit, de joie plutôt grande, d’agacement relativement petits. »

Mais c’est peut-être là que le bât blesse, dans cette vie bien rangée, calme, une vie pleine de sacrifice, de dévouement, d’oubli de soi pour la famille, le mari, les enfants, et maintenant les petits enfants.

Il aurait pu en être ainsi jusqu’au bout du chemin pour Marthe, mais il y eut cette rencontre au café des « Trois canons » avec Félix. Une rencontre qui bouleverse son destin, écarte brutalement sa mélancolie et sa vie routinière, lui rappelle des sensations tellement lointaines, lui met le rouge au front, lui fait oublier les médicaments et cette douleur lancinante à la hanche gauche, lui donne enfin le goût de la liberté.

Un sacré canaillou que ce Félix ! Surnommé par Marthe « l’homme au mille cache-col ». Félix ! Le chevalier de la lame de fond, le pourfendeur des galets clos… Le flamboyant Seigneur aux épaules affaissées…

Ils mettront un peu de temps à s’apprivoiser les deux « vieux » tourtereaux, mais ils vont vivre leur passion jusqu’au bout. Marthe dut s’efforcer de calmer les enfants inquiets de cette aventure arrivée sur le tard, vaguement choqués de voir leur vieille maman qui…

Une histoire racontée avec beaucoup de tendresse et de retenue. Comment ne pas aimer Marthe et Félix qui ne demandent pas à retrouver une seconde jeunesse, surtout pas, mais décident de vivre leur âge avec fièvre et enthousiasme.

Vive l’amour qui autorise la déraison et transporte vers les cimes ; vive l’amour qui se moque des convenances, tourneboule les cœurs, ne fait plus toucher terre… Et tant pis si la hanche gauche de Marthe parfois renâcle un peu !

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Le mambo des deux ours : Une enquête de Hap C..
12 janvier 2017
Le mambo des deux ours : Une enquête de Hap Collins et Leonard Pine de Joe-R Lansdale
  • 4/ 5
Le soir du réveillon de Noël, Leonard n'a rien trouvé de mieux, pour illuminer le quartier, de mettre le feu à la crack house des voisins. Et ce, pour la troisième fois. Évidemment, aux yeux des flics, l'incident à répétitions semble peu plausible. Hap, qui arrivait tout juste pour s'en mettre plein la panse et, au passage, aider son ami, se retrouve bien malgré lui mêlé à tout ça. Quelques coups sur la gueule de ces voisins peu recommandables, il n'en faut pas plus au lieutenant Hanson pour menacer Hap et Leonard de les foutre en taule. À moins que ces derniers, puissent-ils être charitables, ne l'aident à retrouver sa petite amie black, Florida (qui se trouve être l'ex de Hap). Celle-ci a en effet posé ses valises à Grovetown où un prisonnier noir se serait pendu. Une affaire vraiment louche que l'avocate Florida tenait à éclaircir. Mais au pays des cagoules blanches, il ne fait pas bon être noir et en plus poser des questions dérangeantes. Cela ne semble visiblement pas freiner Hap et Leonard, bien décidés à retrouver Florida...





L'on retrouve avec plaisir ces deux amis inséparables que sont Leonard et Hap. Cette fois-ci, pour échapper à la taule, ils décident d'aider le lieutenant Hanson à retrouver sa petite amie. Mais, à Grovetown, là où règne le Ku Klux Klan, Leonard ne risque pas d'être le bienvenu. Bien au contraire. Ils seront mis à mal par une société raciste qui n'aime pas les Noirs, surtout s'ils sont gays. Joe R. Lansdale nous peaufine une fois de plus une aventure riche, musclée et aux moult rebondissements. Des dialogues aux petits oignons, des héros parfois malmenés qui devront faire face à eux-mêmes, des seconds rôles tantôt attachants tantôt détestables, un contexte social pour le moins haineux et violent, des conditions climatiques renversantes ou encore un petit ami qui s'en va et qui revient. Pas une minute de répit dans ce roman noir à l'écriture fleurie et nerveuse.
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Le dernier Lapon
08 janvier 2017
Le dernier Lapon de Truc Olivier
  • 4/ 5
Après quarante jours de nuit polaire le soleil va réapparaître petit à petit. J'accompagne Klemet, de la police des Rennes et Nina, sa coéquipière, dans leur enquête hors du commun. Tout comme Nina, je découvre la Laponie, les Sami et leurs coutumes. Cette incursion dans un paysage enneigé, par des températures glaciaires, se déroule du 10 au 28 janvier, début de notre vingt-et-unième siècle mais, toute cette histoire trouve son origine dans des faits qui se sont produits en 1693 et en 1939, ce qu'ignore les protagonistes au début de leur enquête.

Sa grande connaissance de la Laponie s'explique par le fait qu'Olivier Truc, journaliste et documentaliste, est un spécialiste des pays nordiques et baltes ; le dernier Lapon est son premier roman.



Challenge Atout Prix 2016-2017 - Prix Quais du polar 2013 - Prix Mystère de la critique 2013

Challenge Pavés 2016-2017 - 571 pages

Club de lecture Babelio - lecture du mois de janvier 2017

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Eifelheim
12 janvier 2017
Eifelheim de Flynn Michael
  • 5/ 5
Un roman de SF certes , mais un roman historique médiéval aux r-e-m-ar-qu-ab-l-es qualités également .

Dans son genre ce texte atteint les sommets du texte phare , de référence : Le grand livre et haut la main ….



Voici un roman bien construit et passionnant sur le thème du contact.

L'intrigue se déploie sur le présent ( des chercheurs ) et sur le 14e siècle.

Les deux histoires parallèles se rejoignent à la fin de façon troublante et infiniment touchante .



L'auteur est très bien documenté et c'est une vraie plongée dans l'Europe médiévale.

Les personnages sont très présents et très crédibles du fait de l'absence totale d'anachronisme.



Les extraterrestres sont jaugés par un curé de campagne délicieux et très cultivé qui va de surprises en surprises sans céder à la panique tout en frisant régulièrement le naufrage ( sourires ) .

Il y a de nombreux personnages et milieux sociaux qui sont fouillés : les villageois ... la noblesse ... l'équipage extraterrestre ....

Si on apprécie l'histoire médiévale et la science-fiction ce roman permet de passer d'excellents moments de dépaysement savoureux .

Le résultat est sincèrement très ( très ... très ) réussis .



Quelques notes n'auraient pas étés inutiles d'ailleurs , car c'est vrai que l'auteur a excessivement bien intégré le cadre juridique de la seigneurie banale et celui de la seigneurie foncière mais l'aspect médiéval n'est pas forcément à la portée de tout le monde et ce roman est le reflet d'une incontestable expertise médiévale de l'auteur qui maitrise bien la civilisation de cette époque subtile .

C'est un euphémisme de le dire ainsi que un plaisir de le constater .

Il est réellement également très au fait des stratégies et des logiques d'occupation des sols dans ces terroirs de jadis.. de leurs rendements , ... des coutumes et du droit ... etc. ... etc. ...

Il connaît bien aussi le fonctionnement des milieux universitaires de ce 14e siècle ravagé par ailleurs par les assauts de la peste noire et les ravages ponctuels des guerres privées .

L'expertise technologique du moyen Age est superbement utilisée par l'auteur ( travail du bois et de celui des métaux principalement et entre autres ).

Sans spoiler, mais un exemple quand même : à un moment du récit un des personnages a besoin d'un long file métallique et c'est un délice de constater et de découvrir les réflexions de l'artisan appelé à le réaliser ainsi que d'explorer le cadre de production et sa description .



Ce livre rappelle un peu Le grand livre de Connie Willis .Un roman que j'aime beaucoup mais Eifelheillm est infiniment plus fouillé et puis il y a la dimension « contact « qui est un vrai plus ...

Mais vraiment Eiffelheim est très supérieur au grand livre , du point de vue de l'intrigue et de l'univers grâce à un sens du détail beaucoup plus ambitieux ..Les thématiques sont également beaucoup plus riches .

Le cadre mental , politique et religieux aussi , composent un véritable bijou qui sert une intrigue et un univers trépidants qui basculent de drôle à triste en passant par le dramatique et tutti quanti ...



Ce roman est un pur délice et les extraterrestres sont délicieusement étranges sans la moindre once d'anthropomorphisme ( de vrais gargouilles ) ...

Par ailleurs ils collent très biens avec le 14e siècle et les amateurs de peinture médiévale du 14e siècle feront utilement le lien avec les rares exemples de danses macabres ecclésiales qui sont parvenues jusqu'à nous !

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Principe de suspension
12 janvier 2017
Principe de suspension de Vanessa Bamberger
  • 4/ 5
Principe de Suspension, 33 chapitres aux titres de "suspension" et de "principe", déclinés dans leurs différents sens, qu'on s'amuse à en déchiffrer le sens par rapport au texte.

Normandie, la région du Hayeux, les usines désaffectées pourrissent lentement,dans le silence d'une campagne fantôme.

Un couple encore jeune, Thomas et Olivia, quinze ans de mariage, un couple en suspension*.

Thomas, "workaholic", patron d'une PME, fabrique des systèmes d'inhalation médicamenteux en matière plastique pour asthmatique, avec comme unique client un gros laboratoire du coin. Or ce dernier a des sérieux problèmes .....licenciement, délocalisation.....Bref rien de brillant en perspective. La crise des années 2008, la mondialisation......

Olivia, artiste-peintre mal reconnue, mal dans sa peau, mal dans sa famille, mal dans son couple, bref mal dans sa vie.

Vous avez compris, les choses ne vont pas fort.....et....Thomas tombe dans le coma à la suite d’une détresse respiratoire, ironie du sort, elle-même provoquée par une crise d’asthme non traitée, suspendu entre la vie et la mort....

L'originalité de ce premier roman vient de sa construction, une construction mécanique. Alternant le temps suspendu suite au silence de Thomas avec le passé proche où l'auteur nous remonte le temps.... où le temps reste toujours suspendu. Cette suspension est la force motrice, qui nous fait lire ce livre comme un thriller, jusqu'à ce que le passé rattrape le présent.

Est-ce-que Thomas va se réveiller ?

Est-ce-que le PME va pouvoir être sauver ?

Et quel sort pour le couple en suspension ?

Tout est en suspension.....mais on a beau s'agiter, tout finit par retomber à la fin......

Rien, non rien ne peut rester éternellement en suspension.



Un premier roman très réussi.



* "Le couple est une suspension. Un médicament. Un équilibre hétérogène. La dispersion d’un solide insoluble dans un milieu liquide ou gazeux. Au début, les particules restent en suspension. La stabilité est garantie. Mais avec le temps, il faut agiter le médicament pour le préserver. Sinon les particules précipitent au fond du flacon, et se séparent."







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Tanger
11 janvier 2017
Tanger de William Bayer
  • 4/ 5
Ne vous fiez pas à la beauté de la couverture. Ce voyage au Maroc avec William Bayer vous laissera un goût amer. L'ouvrage, qui date des années 70 pourrait être aisément transposé de nos jours en Républicaine Dominicaine, en Thaïlande, ou dans toutes les contrées où l'argent peut vous offrir une vie confortable.

La ville de Tanger a un statut particulier, jouit d'une réputation sulfureuse. Nid d'espions autrefois, elle a attiré comme un aimant dans les années 50 des écrivains expatriés, William S. Burroughs, Jack Kerouac, les Bowles, Tennessee Williams... Vingt ans plus tard, la ville exerce toujours autant d'attrait aux yeux des riches étrangers, amateurs de douceur de vivre, de climat bienveillant et de sexe tarifé. Chacun peut donner libre cours à sa sexualité et à ses fantasmes même quand ils sont illégaux. Les autorités ferment les yeux du moment qu'elles engrangent les devises.

Un homme observe le phalanstère, fasciné. C'est l'inspecteur de la section étrangère de la Sûreté, Hamid Ouazzani, qui grâce à un réseau d'informateurs, sait tout des agissements, des passions et des déviances des riches expatriés.

William Bayer, qui a vécu quelques années à Tanger a eu tout le loisir de les observer et nous offre dans ce roman psychologique particulièrement fouillé une radioscopie de ce microcosme. Ses personnages tout à leurs amourettes, à leurs soirées, à leurs rivalités sociales ou sexuelles s'observent le nombril à longueur de journée. Esthètes, jouisseurs impénitents, hédonistes, traînant dans leur sillage des parasites mondains et des gigolos, ils ne voient chez l'Autre que ce qui pourrait satisfaire un désir ou une ambition. Les pauvres, ils ne les aperçoivent que du haut de la colline, La Montagne, le quartier chic de Tanger. Le bidonville de Dradeb leur gâche d'ailleurs la vue. « Dans plusieurs secteurs de Dradeb, les habitations étaient beaucoup plus rudimentaires: des cabanes faites de bambou, avec une simple couverture en guise de porte. Certaines baraques avaient été construites sur un ancien cimetière juif et les pierres tombales, qui émergeaient au milieu des pièces, faisaient office de tables ou même de lits. Quelle pourriture! se dit-il. Quel endroit pourri! Drabed empestait la fosse sceptique débordante. »

Mais peut-on danser sur un volcan, alors que ceux d'en bas commencent à montrer des signes de colère? « Laissez-moi vous dire docteur pourquoi il n'y a pas d'eau ici. La véritable raison, ce ne sont pas les canalisations. le parcours de golf, sur le versant sud de la Montagne, doit être arrosé à longueur de journée, et comme il y a pénurie d'eau en ce moment, ils tirent sur le réservoir qui alimente Dradeb. (Il secoua la tête). je n'ai plus envie de construire, murmurait-il. J'ai envie de tout détruire. »

En 1978, William Bayer excellait déjà dans l'analyse psychologique et dans le mécanisme délicat des petites intrigues qui font les grands drames. Il tisse patiemment sa toile sur près de 400 pages et nous sert un dénouement en forme de déflagration, qui laisse le lecteur aussi ébahi que ses protagonistes. "Cher vieux, Je rentre maboulifié, mabouliquéfié par Tanger! » écrivait Gide. Les personnages de Bayer auraient pu en dire autant.
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Just Kids
10 janvier 2017
Just Kids de Patti Smith
  • 5/ 5
N'ayant jamais été fan de Patti Smith ni de Robert Mapplethorpe, un livre que je n'aurais probablement jamais lu si on m'en avait pas fait cadeau. Tant mieux, sinon cela aurait été vraiment dommage.

Je reporterais ici que deux passages sur les Kids, qui m'ont particulièrement touchée.

Au début de leur liaison, n'ayant de l'argent qu'uniquement pour un seul billet d'entrée aux musées, l'un attend, l'autre entre et par la suite, lui raconte.À la sortie d'une visite au Whitney Museum, Robert qui l'attend, lui dit," un jour nous y entrerons ensemble, et les œuvres seront les nôtres ".....un optimisme et une confiance en soi émouvants, qui d'ailleurs se réalisera. Ce n'est même pas de la fiction. Un baume au cœur pour qui peine à croire que les vrais désirs tôt ou tard se réalisent.

Un autre passage prémonitoire, est celui où Patti à vingt ans, peinant à survivre,écoute pour la première fois Jim Morrison en concert....son ressenti,"I felt, watching Jim Morrisson, that I could do that. I can't say why I thought this"(Regardant Jim Morrison, je sentis que je pouvais le faire aussi.Le pourquoi, je n'en sais rien). Alors qu'elle n'a encore aucun lien avec la musique, à part l'écouter.



J'ai aimé,

sa conception de la liberté, son attachement à sa famille, son regard sur Robert, son regard sans jugement sur les méandres sombres, contradictoires et inexpliqués de l'âme humaine, la douceur de sa prose, sa pudeur et sa passion pour la chine chez les bouquinistes à la recherche de la perle rare,.....mais aussi,

cet amour inconditionnel l'un pour l'autre et leur incroyable talent de débrouille.



J'ai adoré,

la surprise de l'épisode de Sam Shepard incognito, un de mes acteurs et dramaturges préférés !



J'ai tout aimé Patty, toi et ton histoire. Bien que ce soit loin de mon monde à moi, au fond je partage avec toi une chose fondamentale -du moins pour moi-, la sensibilité à reconnaître les signes sur la route de la Vie.





"The signs that mock me as I go" ( James Joyce/ Poems Penyeach)

(Les signes sur ma route qui me raillent)



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Neige
09 janvier 2017
Neige de Maxence Fermine
  • 4/ 5
J’avais adoré Soie d’Alessandro Baricco,

pour les mêmes raisons j’ai aimé Neige, profondément.

Leur douceur, leur sensibilité, leur poésie enveloppante en font des œuvres qui laissent une trace tenace,

des instants de lecture hors du temps,

beaux et sereins,

qui suspendent tout le reste.

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L'esprit du graal
15 janvier 2017
L'esprit du graal de Chloé Dubreuil
  • 5/ 5
J’ai pris mon temps pour lire ce roman car je ne voulais pas risquer de passer à côté de quelque chose. Les fêtes achevées, la famille partie, l’appartement rangé, me voici donc à nouveau le nez dans les livres. Et comme vous le savez, je ne résiste jamais, faible que je suis, à l’appel du Moyen Âge. Rien que le titre est déjà un enchantement, la couverture, une évasion… Si l’on me cherche, je suis en voyage, destination le XIIe siècle, entre Jérusalem et Carcassonne. Merci de ne me déranger sous aucun prétexte !



Attention Pépite ! Et je vous assure que je pèse mes mots ! J’ai été littéralement happée par le vortex stylistique de Chloé Dubreuil qui n’a pas son pareil pour nous faire vivre des épisodes historiques ou pseudo-historiques. Âmes sensibles, vous allez vous endurcir ! Sur certains points, le monde médiéval est âpre. On ne fait pas dans la dentelle… Et quelques instants, relatés comme si on y était, font froid dans le dos. Je pense notamment à l’exécution par le pal du seigneur de Montady devant Raoul, son fils de neuf ans… J’en ai encore la chair de poule ! Ajoutons à cela le récit d’une émasculation partielle… On n’y va pas de main morte ! Mais pour compenser toute cette violence, on a aussi de beaux moments. L’instant où Asseline « devient femme » est d’une splendeur ! Bref, on tourne les pages fébrilement, on a hâte de savoir ce qui va se passer… L’atmosphère ésotérique vous prend et ne vous lâche plus !



Et ce final ! Éblouissant ! Mais dites-moi un peu, Dame Chloé, n’auriez-vous pas été conteuse ou poétesse dans l’ancien temps ? Bon, je pense que vous l’aurez compris, j’ai adoré ce texte qui ne ressemble à aucun autre. Je suis toujours surprise (dans le bon sens du terme) par les écrits de notre romancière et j’en redemande !
Lien : https://promenadesculturelle..
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La saga de Hrolf Kraki
16 janvier 2017
La saga de Hrolf Kraki de Poul Anderson
  • 4/ 5
C'est a cause du challenge Poul Anderson que je me suis penchée sur ce roman... Parce que je n'ai absolument aucune connaissance en légende nordique. Et j'avoue que celles-ci ne sont pas pour moi les plus captivantes (oui, oui j'entends déjà les hauts cris de certains).



Par contre j'avoue que les faits de les avoir romancé a la sauce Poul Anderson leur donne un tout autre attrait. La prose de l'auteur investi cette saga d'une toute une autre dimension.



Poul Anderson a aussi un très grand atout c'est son sens de l'épique.. et là c'est franchement un régal pour le lecteur de suivre les combats.



Je ressors de cette lecture très enthousiaste, alors qu'au départ j'étais assez frileuse.
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L'Empreinte de l'ange
14 janvier 2017
L'Empreinte de l'ange de Nancy Huston
  • 5/ 5
Pour beaucoup d'anciens, l'événement majeur de 1957 restera la première victoire de Maître Jacques sur le Tour de France. D'autres aiment à se remémorer Albert Camus recevant à Stockholm le prix Nobel de littérature. Les uns et les autres ont peut être oublié que c'est précisément cette année-là que les appelés français ont appris bon gré mal gré à torturer les fellaghas en Algérie.



“L'Empreinte de l'ange” débute à Paris en cette période troublée de la Quatrième République finissante. L'auteure, Nancy Huston, se garde bien d'émettre un jugement tranché quant au jusqu'au-boutisme de l'Etat Français à conserver dans son giron les territoires algériens. Toutefois ses remarques et allusions distillées sans complaisance immergent rapidement le lecteur dans le contexte extrêmement tendu de l'époque.



Si l'intrigue épouse peu ou prou les années de la guerre d'Algérie, elle évoque avant tout un adultère vécu passionnément à Paris entre une jeune allemande et un juif hongrois.

Dans les derniers mois de la seconde guerre mondiale, encore enfants à l'époque, Saffie et András ont été marqué au plus profond de leur être par les atrocités commises dans leur pays respectif.

Saffie profite des absences répétées de son mari Raphaël, flûtiste de renommée internationale, pour traverser la Seine et rejoindre l'homme qu'elle aime. Son bébé légitime, Emil, l'accompagne chaque fois jusqu'à l'atelier où les mains du hongrois réparent avec habilité les instruments de musique les plus divers.

Bien qu'engagés sur une voie scabreuse, les amants goûtent pour la première fois de leur existence à une douce félicité. Extérioriser le passé qui les hante, permet à ces deux êtres de peu à peu découvrir leur véritable nature.



“L'Empreinte de l'ange”, roman publié en 1998, est sans nul doute une des oeuvres majeures de la plus française des auteures canadiennes.

S'appuyant sur des faits historiques d'une extrême gravité, tel le massacre par la police française de dizaines de manifestants algériens le 17 octobre 1961 à Paris, Nancy Huston montre à de nombreuses reprises combien le fil de la vie est ténu lorsque l'arbitraire devient force de loi.

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