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Critiques les plus appréciées

    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 24/06/2015


    La Main gauche de Guy de Maupassant

    Voici un très, très bon recueil (sûrement l'un de mes préférés) datant de la maturité de Maupassant. Le seul (à ma connaissance, avec Contes Du Jour Et De La Nuit), à ne pas porter le nom d'une des nouvelles qui le constitue.

    La Main Gauche : voilà forcément un titre qui interpelle. Pourquoi la main gauche ? Je n'ai pas d'explication fiable ni vérifiée, juste un sentiment. Selon moi, cela fait référence, d'une part, à la main à laquelle on portait l'alliance, signe ostensible de disponibilité ou non, qu'on prenait sur soi d'outrepasser ou pas.

    Il sera donc question, de façon quasi omniprésente, d'adultère ou de relations doubles (Allouma, Hautot Père Et Fils, L'Ordonnance, Le Lapin, Un Soir, Les Épingles, Le Rendez-Vous, La Morte) mais aussi de l'impossibilité de passer l'anneau à la main gauche, notamment pour cause de racisme (Boitelle).

    Il est difficile cependant de ne pas voir aussi dans cette main gauche une allusion à la " sinistra ", par opposition à la " dextra ", main qui porte le sceau de la fatalité et du malheur comme dans Duchoux, Le Port, Hautot Père Et Fils, L'Ordonnance ou La Morte.

    Onze nouvelles donc, probablement moins originales que dans des recueils précédents (quoique...) mais parfaitement travaillées — ciselées pourrait-on dire — marque nette de la maturité de l'auteur et aussi probablement, en raison de la reconnaissance, d'une moins grande nécessité de produire beaucoup et vite comme ce fut parfois le cas au début de sa carrière.

    J'en terminerai en vous livrant mes favorites, la première de toutes, La Morte, une nouvelle mi-réelle, mi-fantastique, un peu à la Gogol (voir Nouvelles de Petersbourg) brève mais édifiante. Ensuite je vous conseille bien volontiers Hautot Père Et Fils & Boitelle, deux belles nouvelles, bien écrites et plus consistantes. Il y a encore la désillusionnée Duchoux et enfin la succulente verve normande dans Le Lapin.

    Mais vous aurez compris que cette sélection ne révèle qu'un avis gauche et une main tremblotante, c'est-à-dire, pas grand chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 23/06/2015


    L'Île des esclaves de Marivaux

    Il doit bien y avoir quelques grammes de Rousseau dans Marivaux, tout au moins de précieux germes, avec la verve et le mordant gracieux d’un Voltaire ou d’un Beaumarchais.

    En effet, quelle brûlante petite comédie met-il sur le feu de l’aristocratie d’alors avec cette Île des Esclaves ! Ouh ! Que ça devait faire mal d’entendre ça ! Car Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux sait très bien de quoi il parle et sait également à qui il s’adresse.

    Il faut saluer ce beau courage de dire tout haut, dès 1725, à une époque où les Lumières sont encore au stade de l’étincelle, que l’aristocratie se comporte envers le peuple de la façon la plus abjecte ; qu’elle est, même vis-à-vis d’elle-même, mesquine, superficielle et viciée. Rien que ça. Chapeau bas Monsieur de Marivaux.

    Elle est petite cette comédie — un seul acte —, mais elle est corrosive à souhait et l’on y sent déjà comme un avertissement à la classe dirigeante, comme un avant-goût de révolte. Assez parlé ! L’histoire, quelle est-elle ?

    Au large de la Grèce (On éloigne un peu l’action histoire de ne pas trop s’attirer les foudres de la cour de Louis XV, mais tout le monde s’y reconnaît cependant.), un bateau transportant des personnes de qualité et leurs domestiques fait naufrage.

    Or, le naufrage a lieu sur l’Île des esclaves, une île où, des années auparavant, des domestiques ou des esclaves (Marivaux emploie le terme esclave pour désigner les domestiques ce qui renforce le trait) mutinés ont trouvé refuge et ont, au passage, trucidé leurs maîtres.

    Depuis lors, dès qu’un arrivage se fait sur l’île, ces compagnons démocrates de l’île (eux-mêmes ex-serviteurs) infligent une inversion des positions sociales aux naufragés.

    C’est ainsi qu’Iphicrate, le maître et son serviteur Arlequin ainsi qu’Euphrosine et sa servante Cléanthis vont faire l’expérience d’une inversion des rôles sous la houlette de Trivelin, le grand ordonnateur de l’île. Ceci est bien sûr le prétexte à de nombreuses répliques comiques, mais aussi et surtout à une prise de conscience de l’iniquité avec laquelle les maîtres ont conduit leur destinée jusqu’alors, notamment envers leurs subordonnés.

    Je vous laisse savourer la chute et ce qui a bien pu l’inspirer à Marivaux en cet Ancien Régime flamboyant. Il demeure une très belle comédie sociale, pleine d’allant et de sous-entendus, que j’élèverais sans honte au firmament de mes cinq étoiles s’il n’était une impression de trop grande brièveté. Je vous la conseille sans hésitation, mais tout ceci n’est que mon valétudinaire avis, c’est-à-dire, bien peu de chose sur le continent.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 21/06/2015


    Un Ennemi du Peuple de Ibsen Henrik

    Un Ennemi Du Peuple est un drame social de l'auteur norvégien Henrik Ibsen, une nouvelle fois visionnaire, après sa très remarquée et remarquable Maison De Poupée. Ici, il n’est plus question de la position de la femme dans la cellule familiale mais d’un sujet d’une actualité encore plus brûlante de nos jours.

    Henrik Ibsen nous parle de santé publique, de pollution et des fameuses décisions cornéliennes écologie vs. économie. Osera-t-on aborder la question de la santé publique s’il y a des millions en jeu ? S’il y a toute une économie et des emplois locaux sur la sellette ? Que dira-t-on de celui qui dénoncera le scandale sanitaire ? Est-ce un bienfaiteur ou… un ennemi du peuple ?

    Tomas Stockmann est un médecin apprécié et respecté dans sa petite ville natale. C’est même lui qui est à l’origine de la création d’un établissement thermal auquel personne ne croyait lorsqu’il en a émis l’idée et qui pourtant, désormais, assure la prospérité de la bourgade, directement ou indirectement, par les retombées immobilières, notamment.

    Le projet d’établissement thermal proposant des bains pour les curistes ne fut entériné que lorsque les décideurs locaux se furent appropriés le projet et virent leur intérêt propre. À la tête de l’établissement, on retrouve tout le gratin du panier de crabes politique de la ville parmi lesquels on compte le juge Peter Stockmann, le propre frère du docteur mais qui ne partage pas du tout les mêmes visions de l’intérêt général que lui.

    À telle enseigne que Tomas Stockmann est relégué au simple rang de médecin de l’établissement et soumis à la tutelle décisionnaire de son frère. Le docteur est opposé aux économies qui ont été faites sur la longueur des canalisations pour le captage de l’eau thermale qui, selon lui, est fortement polluée par les rejets toxiques des tanneries situées en amont. Lui préconise un captage plus distant qui garantirait la salubrité de l’eau et des soins prodigués au sein de la station thermale. Mais ces travaux ont évidemment un coût…

    Après une période de flottement (sans jeu de mots), l’établissement commence à dégager des bénéfices et les curistes arrivent de plus en plus nombreux mais le docteur a remarqué des cas de dysenterie anormaux et a donc pris l’initiative de faire analyser précisément l’eau des thermes. Lorsqu’il reçoit les résultats, ses soupçons sont largement confirmés et il escompte bien en informer la population par le biais du journal local dont les rédacteurs voient d’un bon œil le fait de mettre quelques coups de pieds aux fesses de la clique dirigeante et de la pousser adroitement vers la sortie mais…

    … mais le reste, c’est à vous de le découvrir. D’après moi, encore une excellente pièce d’Ibsen où le personnage du docteur Stockmann n’est pas sans rappeler son propre personnage et les propres déconvenues de l'auteur vis-à-vis de la critique suite à ses prises de position courageuses dans ses précédentes pièces.

    De plus, Henrik Ibsen émet une idée qui peut paraître surprenante sous sa plume, celle que l’opinion de la majorité n’est pas forcément la plus légitime car intéressée et émanation de l'individu " moyen " voire " très, très moyen ". On peut évidemment ne pas être d'accord avec cette vision mais cela a le mérite de nous faire réfléchir et de nous mettre en perspective, nous autres dans nos propres vies et dans ce que nous vivons, par rapport aux situations décrites dans cette pièce.

    Il aborde aussi la pusillanimité des masses et les retournements de veste comme il arrive à chaque coup dur ou à chaque fois qu'il y a quelque chose à gagner ou à perdre. En somme, un drame social en cinq actes de très bonne facture, peut-être un peu plus cérébral que scénique, d’où mes quatre étoiles et non cinq, mais c’est là une vision éminemment subjective, qui plus est, émanant d’une ennemie du peuple, c’est-à-dire, bien peu de chose.

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    • Livres 3.00/5
    Par fnitter, le 19/06/2015


    Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks

    Ça manque de mordant

    Du même auteur que le très bon World War Z, qui lui, est une des indéniables références en matière zombiesque.

    Sauriez-vous survivre face à une épidémie zombie de catégorie 1 à 3 ? Oui ? Lecture non indispensable alors. Non ? Ce guide recense les armes, les véhicules, les terrains, les attitudes avec avantages et inconvénients pour survivre. Vous aurez en prime la liste détaillée des attaques connues à travers les âges.

    L'univers zombiesque est plutôt sombre et sérieux à l'image de la géniale série The Walking Dead. L'humour est un exercice extrêmement périlleux dans ce domaine (et il y a des réussites). Ici ? Plutôt pas. D'accord. Si l'auteur avait rédigé son guide en mode sérieux cela aurait été uniquement chiant. (Il n'y a pas d'autre mots). Mais là du coup, c'est chiant et pas même drôle.
    Moins qu'un guide, un catalogue, un amoncellement. On pourrait penser que l'auteur à jeté pêle-mêle tout ce qu'il n'a pas pu mettre dans son excellent roman. Même pas puisque cette œuvre a été publiée 3 ans avant. Ou alors il a séparé le bon du mauvais et collé tout le mauvais ici.
    Une idée de départ sympathique, mais qui ne tient pas ses promesses, puisqu'au lieu de me sauver la vie, il me l'a plutôt ennuyée.
    C'est souvent répétitif, parfois contradictoire et puisque le feu est une arme, parfois efficace, parfois dangereuse et inefficace lors d'une attaque zombie (en fonction des circonstances), vous pourrez donc emmener ce guide pour vous servir d'éventuel combustible (pour paraphraser un autre commentateur qui se reconnaîtra).


    Bon allez, je suis un peu de mauvaise foi, puisque les textes ou parties pseudo-historiques sont quelque fois lisibles. Mais à tout prendre, lisez plutôt du Loureiro (Apocalypse Z), du Zito (L'homme des morts), du Bourne (Chroniques de l'armaggeddon) du Recht (le virus Morningstar) du Dilouie (Homeland of the dead). Vous en apprendrez autant, si ce n'est plus et vous vous divertirez.

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    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 29/06/2015


    Destination système solaire de Heather Couper

    Un ouvrage absolument magnifique.

    Explorez le paysage volcanique de Vénus, les dunes de Mars, les profondeurs abyssales de Jupiter, et tant d'autres merveilles du Système solaire.
    Des photos, des dessins et des cartes, réalisés grâce à des technologies de pointe, permettent de découvrir chacune de planètes et les principaux satellites avec une précision magnifique, depuis les couches les plus élevées de l'atmosphère jusqu'au cœur du noyau.
    Ce livre, présentant les dernières découvertes et données de la NASA, vous emporte dans un incroyable voyage, à travers des mondes qui sont autant de défis à l'imagination.

    Voilà pour le contenu du livre (qui n'est autre que la quatrième de couverture, honteux plagiaire que je suis).
    Plus de 250 pages de photos ou de vues d'artistes très léchées et très impressionnantes, le format 25*30 y aide beaucoup (c'est sûr qu'il vaut mieux éviter de le prendre pour le lire dans le métro, vous allez vous faire des ennemis).
    Des textes clairs et concis. Un peu d'histoire, un peu de physique ou d'astrophysique et beaucoup de rêves.

    Ce n'est évidemment pas un livre de chevet, mais s'y plonger de temps en temps, y picorer et s'y instruire... C'est tellement mieux que Wikipedia.
    Le système solaire comme vous ne l'avez jamais vu.

    Lu et critiqué dans le cadre d'une opération masse critique. Merci à Babelio et aux éditions Marabout.

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 26/06/2015


    Saga d'Eiríkr le Rouge, suivi de : Saga des Groenlandais de Anonyme

    Bien sûr, comme à chaque fois avec les sagas islandaises, il faut se familiariser avec le style, il faut accepter le long (ouh… trèèèès long) rappel généalogique avant la présentation de chaque protagoniste, et encore une ou deux petites conventions propre à ce type d'écrit si particulier (forme orale transcrite par écrit plusieurs siècles après les faits).

    Mais lorsqu'on fait fi de tout cela, il reste des écrits particulièrement intéressants pour quiconque s'enquiert soit de l'histoire, tout simplement, soit de l'ethnologie, soit des croyances, soit de la sociologie de l'époque. Car malgré le miroir déformant des perceptions et des générations comme n'importe quel bon téléphone arabe, il y a forcément des altérations, mais certains éléments récurrents semblent avoir des fondements historiques tout à fait avérés de nos jours.

    Ces deux courtes sagas, celle d'Eiríkr Le Rouge et celle des Groenlandais (qu'on désigne parfois sous l'enveloppe générique de sagas du Vinland) nous montrent d'une part comment les Scandinaves (Norvégiens et Islandais, ce qui revient, à cette époque, au même) ont d'abord prospecté plus à l'ouest et ont débarqué au Groenland.

    Le personnage d'Eiríkr le Rouge ressort car il est d'abord banni de Norvège et s'installe en Islande, puis à nouveau a quelques démêlés en Islande, si bien qu'il reprend le bateau et échoue au Groenland.

    Je précise, pour ceux dont la géographie nordique n'est pas extrêmement parlante que, malgré la situation particulièrement septentrionale de cette grande île, lorsqu'on part d'Islande, la pointe sud du Groenland se situe plein ouest, voire sud-ouest et donc qu'il n'est pas nécessaire de s'élever en latitude pour l'atteindre, bien au contraire.

    Je signale enfin que le climat autour de l'an mille, date à laquelle se situent les faits mentionnés, était, semble-t-il, notoirement plus clément que ce qu'on a connu au XVIIIe et XIXe siècles, juste avant la grande phase de réchauffement actuel qui doit nous faire revenir à un climat assez comparable à celui qu'a expérimenté Eiríkr Le Rouge.

    Le marrant de l'histoire, c'est que les sagas nous narrent de fréquents aller-retours entre le Groenland et l'Islande ou la Norvège et que c'est lors d'un de ces voyages retour qu'un fils d'Eiríkr loupe la pointe sud du Groenland à cause du mauvais temps et se retrouve encore plus à l'ouest, très probablement sur la côte de l'actuel Labrador canadien, terre nouvelle qu'ils désigneront plus tard sous le nom de Vinland car ils prétendent y avoir découvert de la vigne.

    Très intéressant car on y lit encore la toute première rencontre entre des autochtones amérindiens et des explorateurs de l'ouest européen et la vision que ces derniers en donnent. Et, une fois n'est pas coutume, les Skraelingar (nom que les Scandinaves donnèrent aux autochtones, peut-être des Inuits) mirent la pâtée aux Européens, notamment en raison du nombre de combattants.

    Les sagas sont peu claires sur les motifs qui ont conduit au conflit. Elles s'accordent toutefois sur le fait que c'est à la troisième rencontre que les choses ont mal tourné. Il semble que les Scandinaves, malgré le rapport qu'ils en ont fait ensuite, n'aient peut-être pas été irréprochables vis-à-vis des Skraelingar qu'ils semblent avoir très vite méprisés, tant pour leur " laideur " que pour leur mauvais sens des affaires ou encore leur méconnaissance de l'usage d'une hache, par exemple.

    Donc, pourquoi l'Amérique s'appelle-t-elle Amérique ? Parce que, plus qu'être le premier à découvrir quelque chose, il faut être le premier à le maîtriser, or, les Scandinaves n'ont pas maîtrisé cette nouvelle terre pourtant prometteuse, ce qui fut le cas des Espagnols 500 ans plus tard.

    Ensuite, plus qu'être le premier (le second en fait) Christophe Colomb ne croyait pas avoir découvert quelque chose de nouveau mais simplement une nouvelle voie pour aller dans un territoire connu, l'Inde. Il faut attendre Amerigo Vespucci pour tenir à la fois le discours de la découverte et celui de la nouveauté en plus de la maîtrise, d'où le nom d'America.

    En somme, il y a la découverte et il y a la publicité faite autour de la découverte et, comme dans notre XXIe siècle triomphant, ceux qui ont la fibre commerçante et qui usent des moyens de communication recueillent les fruits des découvertes des autres. Une découverte non brevetée ne vous est pas attribuée, une découverte associée à une mauvaise campagne de com fait un flop. Bref, rien n'a changé…

    Mais, revenons à notre livre, il y a encore des tas de notions abordées dans ces sagas et je me limiterai à une seule d'entre elles, celle de la position de la femme en cet an mille, époque qui correspond également à l'introduction du christianisme en Islande et, par contagion, au Groenland.

    On constate sans peine que malgré (ou en vertu de, peut-être) leur statut de païens, les Scandinaves donnent notablement plus d'importance aux femmes que ce qu'on connaît en Europe médiévale continentale. Et ça aussi c'est intéressant quand on retrace l'histoire de l'émancipation des femmes, ou si l'on s'intéresse aux premiers auteurs, tels Henrik Ibsen, à promouvoir l'égalité homme-femme.

    En somme, une plongée en immersion dans un mode de pensée et un mode de vie très éloigné du nôtre, très dépaysant et qui, en ce qui me concerne, m'a donné beaucoup de plaisir à la lecture, mais je conçois que ce type d'écrit ne soit pas du goût de tous. À vous de voir car ce n'est là qu'un avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 25/06/2015


    Les Manteaux de Gloire de Sebastien De Castell

    Premier roman de l'auteur et très certainement premier tome d'une série à venir.

    Cache-misère, Trattari, voilà ce que sont devenus les manteaux de gloire après leur échec à protéger leur roi, assassiné par les Ducs il y a maintenant 5 ans. Mais il leur reste une ultime mission : Trouver les Charoïtes du roi. Falcio, Kest et Brasti s'y emploient, mais ils ne savent même pas ce que sont ces Charoïtes. Bretteurs émérites, gardes du corps, anciens flics juges et bourreaux tout en un, baladés d'aventures en combats d'honneur et défense de la veuve et de l'orphelin. Nos amis auront déjà fort à faire pour ne serait-ce que rester en vie.

    Nous naviguons dans un univers fin moyen-âge début renaissance avec un poil de magie.
    Pour l'ambiance, je suis également obligé d'y aller de ma référence aux trois mousquetaires et jusqu'au trois quart du livre j'aurais comparé l'atmosphère à celle de la nouvelle série The musketteers un peu boueuse, un peu kitch, gentillette quoi. Et puis une belle scène de torture est venue muscler tout ça, mettre un peu de noirceur, de densité de puissance à l'ouvrage, y mettre du GoT en un acronyme, et lui a fait gagner des points.
    Le ton est assez léger, même si ça zigouille à tout va. L'action est omniprésente et les combats à la rapière sont très bien orchestrés.
    Les nombreux background nous permettent de mieux comprendre cet ancien corps d'élite que sont les manteaux de gloire, sorte de Judge Dred à l'ancienne, leurs motivations et les raisons de leur déchéance. L'auteur distille savamment quelques énigmes pour nous persuader qu'il y a plus qu'une simple aventure de cape (euh de manteau) et d'épée derrière tout ça.
    L'histoire est centrée sur Falcio, un peu trop « honnête » et trop prompt à vouloir mourir pour la bonne cause, les personnages secondaires sont un peu oubliés et un peu caricaturaux mais ce n'est absolument pas rédhibitoire

    Une aventure menée tambour battant, facile à lire et très divertissante.
    Lu et critiquée dans le cadre d'une opération masse critique. Merci à Babelio et aux éditions Bragelonne.

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 30/06/2015


    Lucky Luke, tome 18 : A l'ombre des derricks de Morris

    Avec cet album, Morris, mais surtout Goscinny commencent à tendre vers leur meilleur niveau qui sera atteint quelques albums plus tard entre La Ville Fantôme et Le Pied-Tendre. Ici, chose plutôt rare dans la série, René Goscinny nous emmène dans l'est des États-Unis (est-ce un Eastern ?) à l'époque de la première ruée vers le pétrole.

    Un méchant, Barry Blunt, s'approprie malhonnêtement tous les puits de ses concurrents mais le colonel Drake s'oppose à lui. Évidemment, Lucky Luke sur son fidèle destrier va mener la vie dure à Blunt et s'allier à Drake. Comme toujours, les gags récurrents vont émailler l'aventure pour la rendre hilarante. (C'est une marque typique de Lucky Luke par rapport aux autres séries scénarisées par Goscinny car Morris détestant les calembours dont son comparse était si friand, ce dernier devait s'adapter à son dessinateur.)

    Les auteurs se sont également bien documentés, car le personnage d'Edwin Drake, qui a réellement existé, est assez fidèlement rendu tant dans son caractère que dans sa caricature, de même que les dispositifs d'extraction pétrolière de l'époque.

    Goscinny nous livre, au surplus, une réflexion bien amère sur le genre humain, avide au gain et égoïste, ainsi que sur la pollution, sujet très peu à la mode au moment où Morris dessine cette histoire (en 1962, je vous le rappelle).

    Le scénariste nous glisse aussi, subrepticement, une critique sur le déterminisme social et la détection précoce des criminels, (critique à peine masquée de l'eugénisme) notamment par l'entremise du gros et maladroit Bingle : « Je suis un criminel endurci !!... J'ai de mauvais penchants !... Je battais mes petits frères !... »

    Bref, j'aime beaucoup cet album, et même si mon cœur bat plus fort encore pour le tome suivant, Les Rivaux De Painful Gulch, celui-ci reste d'après moi (et aux dires également de l'inspecteur Derrick qui était un fin limier qui préférait rester dans l'ombre) un très bon cru. Mais ce n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par LydiaB, le 29/06/2015


    La couleur du lait de Nell Leyshon

    Je dois bien avouer que l'écriture, au début, m'a un peu refroidie : pas de majuscules, des répétitions, une syntaxe incorrecte... j'avais l'impression d'être encore en train de corriger des copies. Mais je m'y suis faite au final car l'histoire l'a emporté sur l'écriture.

    La petite Mary (Cabrel, sort de ce corps !) est la narratrice de ce court roman. Elle n'a pas été à l'école, a vécu dans la misère... et bien plus que cela d'ailleurs. Car on peut être sans le sou et avoir tout l'amour de sa famille. Mais la pauvre enfant devait subir des parents comme on n'en souhaite même pas à son pire ennemi : un père complètement c**, brutal à souhait (il m'est avis qu'il devait bien lever le coude celui-ci) et une mère vide de sentiments qu'on a envie de secouer comme un prunier en lui rappelant qu'elle l'a enfantée sa gamine ! Heureusement qu'il y a le grand-père à qui elle peut parler et qui, lui aussi, est obligé de se taire et de subir. On est loin de la famille de paysans (ne voyez rien de péjoratif dans ce terme) se réunissant à table au coin du feu et partageant la soupe. Le pauvre homme, paralysé des jambes depuis un accident doit être certainement considéré comme un parasite, un bon à rien qui ne rapporte pas d'argent, puisqu'on l'a placé dans la remise, au milieu des pommes. J'ai prononcé le mot : "argent". Alors cela ne vous étonnera pas si je vous dis que le paternel va tout faire pour en gagner, quitte à placer sa gamine de 15 ans chez le révérend pour une durée indéterminée... tant qu'il paie. Il s'en fiche de toute façon, Mary ayant une "patte folle", elle ne lui sert à rien dans les travaux de la ferme. Et puis il lui reste les trois autres, Béatrice, Violette et Hope... sans compter sa femme bien sûr. Argent / amour, un duel dans lequel le premier gagne toujours dans cette famille ! Mais Mary n'est pas comme les autres. Rien ne sera plus fort que son amour-propre, ce qui pourrait la perdre. Je m'arrête là pour ne pas dévoiler l'histoire. Sachez que vous serez surpris.

    Roman d'une noirceur absolue au titre si doux, La couleur du lait est également un livre dénonçant une société corrompue.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-contemporaine/leyshon-nell/

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 30/06/2015


    La Grande Route du Nord - tome 1 de Peter F. Hamilton

    Divertissant.

    Un petit roman (1000 pages seulement) du nouveau pape du space opera moderne sous-section littérature anglaise. Il est à noter qu'il vient de remporter le grand prix de l'imaginaire 2015 catégorie roman étranger.
    Comme toujours, la séparation en deux tomes due à l'éditeur français.

    Nous sommes en 2143, dans un univers proche de celui de Pandore, un membre de la famille de clone la plus influente et riche de l'univers, les North, est assassiné. Chose étonnante, 20 ans plus tôt, un autre membre de cette même famille était tué de la même façon. Angela Tramelo avait été jugée coupable, mais cette dernière accusait un étrange extraterrestre. En prison elle n'a pu commettre ce nouveau meurtre. L'inspecteur 3ième classe Sidney Hurst est chargé de l'enquête, pendant que d'autres se chargent du volet extraterrestre sur Sainte Libra, la planète des North.

    En début de roman, l'auteur pose son univers en quelques dizaines de date sur 150 ans, plus efficace que tout un chapitre, voire tout un roman, comme il aurait très bien pu le faire.
    Il faut vraiment aimer le style d'Hamilton, toujours très long, très détaillé, souvent nébuleux. Il nous plonge directement dans son univers et ses personnages que nous apprenons à connaître tout au long du roman à l'aide de nombreux flash back.
    On retrouve beaucoup de ses précédentes œuvres dans celle-ci. L'habitat de Jupiter, les portails de transport interstellaires, l'inspecteur de génie, les ET susceptibles d'anéantir l'humanité, les améliorations génétiques et technologiques de l'homme, le début de l'immortalité... Si on connaît l’œuvre de l'auteur on n'est pas vraiment dépaysé, mais en contrepartie on s'immerge assez facilement dans l'histoire.

    Pas de bonne surprise, mais pas de mauvaise non plus. Un Hamilton pur jus, pur sucre. Un univers extrêmement riche et fouillé, une enquête policière addictive, des personnages intéressants, un peu d'action, un peu de réflexion, tout est réuni pour passer un bon moment.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 25/06/2015


    Père et Fils de E.O Plauen

    J'aime beaucoup e. o. plauen et son plus célèbre petit livre d'images (quasiment pas de texte et il n'est absolument pas question d'être germanophone pour ce repaître de l'ouvrage) intitulé Vater und Sohn, soit Père et Fils en français.

    e. o. plauen est le pseudonyme d'Erich Ohser (ça c'est pour le e. o.) et Plauen est le nom de la ville où il a grandi.

    Il faut savoir que les bandes (au sens premier du mot) dessinées par e. o. plauen (constituées de 4 à 6 vignettes) paraissaient dans un journal en pleine période nazie (de 1934 à 1937), sous la férule de la censure et sous la menace toujours très présente de la déportation ou de la prison si les dessins étaient jugés " contraires à l'ordre et à la morale publique ".

    On comprend mieux la nécessité de travailler avec un pseudonyme et l'on s'aperçoit que malgré cette très mince fenêtre de liberté, l'auteur a réussi à faire passer beaucoup d'idées, ou du moins à les suggérer habilement, au travers de ces petites saynètes apparemment anodines.

    On y retrouve toujours un homme quelque peu ventripotent, chauve et affublé d'une moustache que n'aurait pas reniée Bismarck, et son fils, un petit brun espiègle.

    Et si l'on sent que la fessée n'est jamais très loin entre le père et le fils, on sent aussi beaucoup de connivence et de complicité entre le père et son enfant. Le père qui, d'ailleurs, en voulant montrer les bonnes mœurs à son fils finit souvent par faire pire encore que ce dernier.

    Au final, on y voit un père qui n'aime pas tant que cela se plier aux règles, qui fait beaucoup de bêtises lui aussi ou qui a des idées encore plus saugrenues que son fils, bref, qui est tout sauf le canon du père de famille tel que le désirait le régime tendrement dictatorial de l'époque.

    J'en termine en saluant cet opuscule tant pour sa fraîcheur et son comique que pour le courage politique de son auteur, qui, quelques années plus tard, pour ses idées et pour l'amour de la liberté, a été contraint au suicide, ayant été démasqué, lui qui avait signé plusieurs dessins plus nettement politiques et anti-nazis.

    Chapeau bas et respect Monsieur Erich Ohser, mais à jamais dans nos cœurs, e. o. plauen. Donc, une petite BD ancienne à découvrir ou à relire, au nom du père, du fils et du sain d'esprit. Mais ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 21/06/2015


    Les Nouvellaires de Sonia Frisco

    Magnifique ! Un recueil magnifique ! Habituellement, j'ai toujours du mal à faire la critique de nouvelles car comment s'y prendre ? Faire une chronique par nouvelles ou une, plus générale, de tout le livre ? Ici, la question ne s'est même pas posée car il y a toujours un fil conducteur : le regard des autres. Le lecteur va naviguer entre trois récits et entre trois personnages principaux : Eva, Monsieur Poitou et Uma. Tour à tour, ils vont devoir combattre le fameux "qu'en-dira-t-on", l'opinion d'autrui, pour avancer. Eva et son amour particulier, Monsieur Poitou et les médisances d'un village, Uma, la rebelle amoureuse. Les trois histoires se situent dans un village, un petit univers clos où les langues se délient, où les rumeurs vont bon train...

    C'est toujours avec poésie (admirez au passage le jeu de mots sur le titre, pur néologisme au sens si symbolique) que Sonia Frisco fait vivre ses personnages. Certes, on est ici entre songe et réalité mais qui n'a pas connu un de ces protagonistes ? Eva et Andy ressemblent à Sarrasine et Zambinella de Balzac, Monsieur Poitou me fait penser à Madame Bovary, en beaucoup plus sage. Uma et Giacomo, à Juliette et son Roméo. Bien entendu, les histoires sont très différentes des noms que je cite ici mais il y a des similitudes dans le tourment éprouvé, ponctuellement ou non, par les trois protagonistes. Pourtant, il y a aussi une différence majeure : si les histoires finissent mal chez Balzac, Flaubert ou Shakespeare, Sonia Frisco laisse la porte ouverte à l'espoir. Cela donne à réfléchir.

    C'est beau, c'est magique et cela peut faire souffrir pour mieux se reconstruire... Lisez ces récits initiatiques, vous en ressortirez différent !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-contemporaine/frisco-sonia/

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    • Livres 1.00/5
    Par LePamplemousse, le 26/06/2015


    La femme parfaite est une connasse ! de Anne-Sophie Girard

    Je ne fais pas partie de ces femmes qui boivent au point de se réveiller sans culotte et les cheveux plein de vomi à côté d’un inconnu, je ne fais pas de gaffe monstrueuse devant mon patron ou mes beaux-parents, je n’ai pas de passion immodérée pour les escarpins de plus de 12 centimètres de haut, je n’ai pas d’appartement qui ressemble à la photo d’un magazine de déco, je n’ai jamais passé toute une journée à élaborer des verrines compliquées pour épater mes invités, je n’ai pas non plus 15 amies avec lesquelles échanger des potins de stars et ricaner toute la soirée en buvant des cocktails à la mode…

    Bref, je ne sais pas si je suis la cible de ce genre de livre mais une chose est sûre, je n’ai pas ri, pas même souri, je me suis juste ennuyée, j’ai trouvé ce petit opus navrant, affligeant et pathétique.
    Alors, peut-être que je suis ringarde, que j’ai passé l’âge de ces futilités ou que ce petit bouquin est juste mauvais…en tout cas, mon avis est clair, ce truc est nul.
    Bah, oui, c’est comme ça et puis c’est tout !

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, hier


    Iliade, tome 3 : Chants XIII-XVIII de Homère

    Vous êtes arrivés au troisième quart de l'Iliade (certains parlent même du tome Troie), plus rien ne peut vous arrêter dans votre cheminement dans l'œuvre d'Homère, ni dieux ni armées ni les rayons ardents de l'astre d'Apollon… Rien ! Vous irez au bout ; quitte à revêtir le bouclier d'Achille pour vous protéger des méchants qui pourraient vouloir vous en empêcher…

    Vous en êtes même précisément arrivés au point où Poseidon, mécontent de la tournure que son frangin Zeus imprime aux choses, décide de s'engager clairement auprès des Grecs, qui, du coup, reprennent espoir et infligent de lourdes pertes aux Troyens. (Bon évidemment, ce sont les Grecs qui racontent l'histoire, donc les pertes troyennes sont toujours lourdes, par essence.)

    Cependant, même avec le soutien de Poseidon, les Grecs s'aperçoivent que les Troyens ne sont plus très loin de leurs bateaux et beaucoup d'entre eux sont blessés ou n'ont plus la force de combattre. C'est alors qu'Héra, la femme et sœur de Zeus (oui, je sais, c'est toujours un peu bizarre mais les dieux aimaient faire ça en famille), décide de détourner l'attention de son divin mari et frère en lui proposant un petit after puis en l'endormant.

    Dès lors, Poseidon ne se sent plus de joie, ouvre un large bec et laisse tomber… euh…, j'ai dû croiser quelques informations, je crois… reprenons : Poseidon se dépêche d'aller porter de l'aide aux Argiens (c'est-à-dire les Grecs mais Homère se plait à leur donner 36 noms différents). Hector, le chef troyen est blessé par Ajax, le fils de Telamon (parce que sur le champ de bataille comme à la SNCF, un Ajax peut en cacher un autre). Et donc, après quelques vibrantes inquiétudes, l'espoir est repassé chez les Grecs.

    Le problème de tout cela, c'est que Zeus finit par se réveiller et, comme tout souverain de l'Olympe qui se respecte, il n'est pas toujours bon à prendre avec des pincettes au saut du lit. Il est comme qui dirait furieux et ordonne à son frère Poseidon d'arrêter de soutenir les Argiens. Lui-même intime l'ordre à son fils Apollon d'aller relever Hector.

    Si bien que les Troyens, poussés par Apollon, parviennent à enfoncer le mur et les défenses grecques et arrivent droit aux nefs avec la ferme intension d'y mettre le feu. La déroute semble proche pour les Grecs. Voyant cela, Patrocle, le plus proche ami d'Achille, demande à ce dernier qui est toujours en train de bouder s'il peut prendre ses armes pour repousser les Troyens.

    Achille accepte et le laisse mener ses hommes au combat mais il précise à Patrocle que celui-ci ne doit pas poursuivre les Troyens une fois repoussés. Écoutez bien, soyez attentifs, c'est un moment important de l'histoire et comme j'ai senti que vous commenciez à décrocher, j'aime autant vous laisser finir vous-même la lecture de ce troisième tome de l'Iliade.

    En outre, le mieux sera toujours que vous vous fassiez vous-même vos avis, car, comme Troie déchue, celui-ci n'est qu'une Colline de Cendres (en anglais on dit Ash Hill, ceci pouvant expliquer cela), c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 22/06/2015


    Nous rêvions juste de liberté de Henri Loevenbruck

    On ne peut pas dire que l'école, ça soit son truc à Hugo. Pour le punir, ses parents l'ont inscrit à l'école privée de Providence. Ils ne savaient pas alors que ce gamin allait faire une rencontre qui allait changer sa vie. Une rencontre hasardeuse au détour d'un couloir, des parents aux abonnés absent, des fêlures, des envies d'ailleurs, ces gamins partagent plus qu'ils ne le pensaient. Accepté dans la bande de Freddy, le rital sûr de lui que tout le monde admire ou craint, en plus de se faire de vrais potes, à la vie, à la mort, il va se découvrir. Et par là-même donner un tout autre sens à sa vie...

    Un tour de cric et nous voilà embarqués en compagnie de Hugo et ses potes. La tête dans le guidon, les jambes bien calées, le vent dans les cheveux, le sable qui fouette le visage, l'horizon à perte de vue et la liberté au bout du chemin. Voilà un road-movie qui fleure bon la liberté, les chevauchées, puissent-elles être fantastiques, et l'amitié. L'auteur met toute son énergie, sa vitalité et sa passion pour la moto pour nous offrir un roman initiatique exalté et exaltant. Passionnant et passionné. Fougueux. Un peu rebelle. L'on suit Hugo, devenu Bohem. On le colle, lui et ses amis. Freddy, Sam, Alex, Oscar et les autres. Comme si on faisait partie du MotorCycle. Comme si leurs histoires si personnelles, leurs blessures, leurs forces, leurs conneries et leurs rêves pleins la tête étaient aussi un peu les nôtres. Et, même si ce rêve de liberté se paie au prix fort, qu'importe... L'ivresse est là. L'écriture, dans le style parler nous invite à la confidence, et nous rapproche d'autant plus d'Hugo, personnage ô combien touchant et attachant dans sa quête de liberté.
    Qu'on soit bleu, poireau, caisseux, sac de sable, biker ou au contraire boîte à roues, cette virée bouleversante et ébouriffante nous fera aussi rêver de liberté...

    Nous avions à peine vingt ans et Nous rêvions juste de liberté...

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 18/06/2015


    Toujours avec toi de Marie Ernestam

    Cela fait 2 ans maintenant qu'Inga, photographe de renom, a perdu subitement son mari, Mårten. Mort d'une crise cardiaque alors qu'il faisait une promenade. Désormais, elle vit au jour le jour, incapable de se projeter dans un avenir plus lointain. Pour se reposer, elle décide d'aller passer quelque temps dans la maison familiale de Marstand, sur une île suédoise. Une odeur de vieille maison et de moisi la saisit dès qu'elle franchit le seuil. Heureusement, son ami d'enfance, Niklas, au courant de sa venue, avait allumé un feu et remis l'eau. Celui-ci lui fait la surprise de sa venue le soir-même de son arrivée et lui concocte un bon dîner. Dès le lendemain, elle se met en tête de ranger la remise au fond du jardin. Dans un carton, elle découvre des articles de journaux portant sur la deuxième guerre mondiale et surtout une lettre d'une missionnaire basée en Afrique et adressée à sa grand-mère, Rakel, datant de novembre 1916. Elle parle d'une nuit qu'elles ne pourront jamais oublier et au cours de laquelle elles se sont substituées à Dieu. Inga décide d'en savoir plus sur la passé de sa grand-mère qu'elle n'a jamais connue et remonte dans le temps à la découverte de ce secret...

    Maria Ernestam nous offre un roman à deux voix: celle d'Inga, en 2007, et celle de Rakel, sa grand-mère, en 1959, qui, atteinte d'une leucémie et à l'hôpital, se rappelle sa jeunesse à partir des années 1918-1919. L'on plonge dans cette période sombre, en pleine guerre, notamment lors de la bataille de Jutland, le plus grand affrontement naval qui opposa la Royal Navy à la Marine impériale allemande en mer du Nord et qui fit plus de 8000 morts dont les corps ont échoué le long des côtes suédoises. L'histoire de la jeune Rakel est passionnante, l'auteur nous plongeant à la fois dans le passé de la famille d'Inga et dans l'histoire suédoise. L'on découvre peu à peu la vie qu'a menée la jeune femme, répercutant inévitablement celle d'Inga, de son père ou de son oncle. Ce récit à deux voix apporte un certain rythme à la lecture et l'on pressent une forte documentation de la part de l'auteur. Mêlant habilement secrets familiaux et Grande Histoire, ce roman, porté par une écriture délicate, se révèle abouti et touchant.

    Toujours avec toi... Toujours...

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 27/06/2015


    Les Fleurs d'hiver de Angélique Villeneuve

    Attention pépite ! J'avais déjà fortement apprécié le style d'Angélique Villeneuve dans Grand Paradis mais là, je dois dire que je me suis pris une claque magistrale. Vous savez, c'est ce livre que l'on referme en disant "waouh !" ; ce livre qui a fait une telle impression que l'on est obligé de lire un petit roman léger derrière car tout nous paraît fade, sans saveur littéraire.

    Avec une écriture ciselée, un ton intimiste, poétique parfois, la romancière nous livre ici un épisode douloureux, conséquence de la Première Guerre Mondiale : le retour au domicile des gueules cassées. Elle ose montrer le quotidien, étaler les ressentis que l'on se gardait bien de montrer car trop honteux. La famille se devait d'être exemplaire envers ces hommes qui avaient combattu pour la Patrie. Pourtant, bien souvent, face à celui qui ne ressemblait plus à l'homme parti quelques années auparavant, qui n'avait plus aucune similitude avec le faciès d'un être humain d'ailleurs, le cercle familial éprouvait de la crainte, du dégoût, allant même jusqu'à préférer la disparition du soldat. Puis venait l'apprivoisement... apprivoisement d'un visage, d'un corps pour l'un, d'un individu pour les proches.

    Ce qui me marque d'autant plus, c'est le fait que la beauté des mots met en relief la laideur, la noirceur du vécu des personnages. J'aime beaucoup ce genre et ces auteurs pas suffisamment connus à mon goût. Un grand bravo pour ce petit chef-d'œuvre !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-contemporaine/villeneuve-an...

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 19/06/2015


    Derrière la haine de Barbara Abel

    Une violente dispute éclate entre Laëtitia et Tiphaine à propos des enfants. Une accusation de trop, des menaces d'avertir les flics, c'en est trop pour Tiphaine. La gifle part et s'abat violemment sur Laëtitia. David, le mari de cette dernière, met fin à cette querelle. Le couple rentre chez lui, Tiphaine dans la maison mitoyenne séparée par une haie...
    7 ans plus tôt, les deux couples, d'un côté Laëtitia et David, de l'autre, Tiphaine et Sylvain sont amis et qui plus est, voisins. L'amitié est parfaite, ils s'entendent à merveille, partageant les bonheurs et les petits malheurs du quotidien. Leur amitié déjà fusionnelle sera renforcée par l'arrivée de leurs petits garçons à trois mois d'intervalle. Ces derniers, presque frères, complices et joueurs, font le bonheur de chacun. Jusqu'au jour où un drame surgit mettant à mal la confiance, le respect et l'affection qu'ils se portaient...

    Dès les premières pages, l'on sait qu'un terrible drame a séparé les deux couples. Fini l'entente parfaite, place aux reproches, à la rancoeur et à la défiance. Quel événement tragique a pu ainsi les diviser? Barbara Abel, avec son premier chapitre évidemment accrocheur, attise la curiosité du lecteur, témoin privilégié de cette spirale. Efficace et redoutable! L'on en vient évidemment à douter de ces deux couples, l'auteur jouant au chat et à la souris. Des couples pourtant attachants au premier abord. En effet, chacun traine son lot de casseroles, tels qu'un passé d'ex-taulard toxicomane pour David, la perte soudaine des parents de Laëtitia et une rencontre malsaine entre Tiphaine et Sylvain. Malgré une fin trop rapide, ce roman sombre, porté par une écriture riche, nous entraîne dans les tréfonds de l'âme humaine.

    L'on se cache Derrière la haine...

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 02/07/2015


    Le bruit de tes pas de Valentina D`Urbano

    24 juin 1987. A force de se côtoyer, ils étaient devenus le portrait l'un de l'autre. Telles deux gouttes d'eau inséparables. On les appelait les jumeaux. Alfredo et Beatrice, Beatrice et Alfredo. Comment vont-ils l'appeler, elle, maintenant que son jumeau est mort?
    Les années de plomb en Italie. Un quartier infect d'immeubles délabrés. Des rues sales et poussiéreuses. Des antennes illégales. C'est dans cette terrible cité, la Forteresse, qu'a grandi Bea, entourée de ses parents et son frère, Francesco. Une famille pauvre mais aimante. Au-dessus de leur appartement vivent Alfredo, ses deux frères et son père. Alcoolique dépressif depuis la mort de sa femme, il ne cesse de battre ses enfants. Les cris et les larmes résonnent dans tout l'immeuble. Les deux gamins se rencontrent en 1974. Elle a 9 ans, lui 8. Salement amoché par les coups de son père, Alfredo trouve refuge chez Bea. Une forte amitié se noue aussitôt entre eux. Inséparables, ils font tout ensemble, se disputent aussi mais ne restent jamais bien loin l'un de l'autre, s'aimant plus qu'ils ne le pensent...

    De quelle nature est la relation qui unit Bea et Alfredo? De l'amitié? De l'amour? De la passion? Ce qui est sûr, c'est que chacun est lié à l'autre. Etroitement. Inexorablement. Beatrice, la narratrice, nous raconte les années passées avec son jumeau. Les petits bonheurs, les disputes, les déchirures et les retrouvailles qui rythment leur quotidien dans cette Forteresse, cité plus que jamais sombre et déchue. Avec cette impression d'être enfermé et réduit à peu de choses, chacun tente de s'en sortir. Valentina D'Urbano nous livre un roman social intense et poignant et nous décrit avec force cette jeunesse vulnérable mais volontaire. Bea et Alfredo, désireux d'une autre vie, sont terriblement touchants. Porté par une écriture à la fois amère et poétique, ce roman d'une grande justesse dresse avec noirceur le portrait d'une société miséreuse.

    J'entends encore et toujours Le bruit de tes pas...

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    • Livres 3.00/5
    Par marina53, hier


    Daisy sisters de Henning Mankell

    Elna et Vivi, deux filles d'ouvriers, sont devenues correspondantes. L'une habitait dans le nord du pays, à Sandviken, l'autre dans le sud, à Landskroma. Une correspondance qui s'accrut au fil des années, devenant aussi plus intime, s'échangeant leurs pensées, des fleurs séchées et leurs rêves d'avenir. Si bien qu'elles envisagent de se rencontrer. Mais en cette année 1939, la guerre, à la fois très lointaine et très proche, éclate et il faudra attendre. Au printemps 1941, à 17 ans, elles décident de se rencontrer quand même. Quelques jours de congé, des vélos et des sacs de couchage, c'est tout ce qu'il leur faut pour aller découvrir la frontière avec la Norvège. Malheureusement, elles rencontrent deux soldats, passent une soirée avec eux et boivent plus que de raison. Elna se fait violer et tombera enceinte. Sa tentative d'avortement se passe mal et le bébé arrivera. Eivor, cette enfant non désirée, chamboulera à jamais sa vie...

    Ce dernier roman paru mais le premier écrit par Henning Mankell en 1982 est, finalement, à l'image de ce que nous offrira l'auteur. Il nous dépeint sans concessions la société suédoise, notamment la place de la femme, l'avortement, les conditions de travail à l'usine, les ravages de l'alcool et de la drogue ou bien encore la jeunesse aspirant à une certaine liberté, tout au long de ces 40 années. Empreint de mélancolie, parfois de pessimisme, ce récit retrace la vie des ces deux jeunes filles, Vivi et Elna puis d'Einor, la fille de cette dernière auxquelles on s'attache assez vite. Aucune ne semble avoir la vie facile et elles devront faire face aux aléas de la vie et lutter pour leurs droits. Mankell, avec ce premier roman, entrait dans la cour des grands. Preuve en est: ses nombreux romans sur l'Afrique ou avec Wallander. Même si son talent n'est plus à prouver, ce premier manque de finesse parfois, certains passages cassent le rythme, d'autres sont trop longs. L'écriture, elle, un brin simpliste, souffre de quelques faiblesses et de répétitions. On pardonne, parce que c'est Mankell...

    Elles étaient les Daisy sisters...

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