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Critiques les plus appréciées

Rien que la Vie
Nastasia-B14 août 2016
Rien que la Vie de Alice Munro
  • Livres 4.00/5
Première rencontre avec Alice Munro, cette femme alerte et malicieuse dont l'œil aiguisé nous promène autour de Toronto dans le Canada d'après guerre. C'est une écrivaine déjà âgée qui écrit et, phénomène moult fois constaté, ce sont les très anciens souvenirs qui remontent le plus facilement à la surface, ceux qui furent imprimés de façon indélébile alors que la mémoire avait encore si peu servi, qu'elle était encore toute neuve pourrait-on dire.



Ce recueil, qu'elle a annoncé être son dernier, regroupe quatorze nouvelles, dix présentées comme des fictions et les quatre dernières comme autobiographiques. Seules " Vue Sur le Lac " et " Dolly " font intervenir des personnages principaux de l'âge de l'écrivaine (environ 80 ans au moment de l'écriture de ce livre). Toutes les autres se passent peu après ou pendant la seconde guerre mondiale, vue du côté de l'arrière-pays canadien, ou bien encore vers la fin des années 1960.



Alice Munro y développe une perception très féminine et une étonnante acuité à sonder l'intériorité de ses personnages dans les petits riens de la vie. Il y a toujours un œil sagace et non dénué d'humour ou de dérision. Elle choisit délibérément de donner à ressentir et non à calibrer un scénario parfait, d'où, peut-être, un certain sentiment de queue de poisson, parfois, à la fin des nouvelles.



Ceci n'a rien de surprenant eu égard à son projet littéraire : traiter de gens simples et les regarder évoluer dans la vie, avec ses remous, ses passes calmes et ses coups de grisou, de temps en temps. Il n'y a pas de finalité, comme pour la vie, rien que la vie.



Une belle découverte en tout cas de mon point de vue, une façon bien à elle de mener le déroulé de ses nouvelles, preuve s'il en était besoin que l'on n'a pas encore exploré toutes les possibilités de ce genre narratif que l'on croit bien connaître. Intéressant, en somme, peut-être pas captivant, mais ce n'est que mon avis, rien que l'avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Les murailles de feu
fnitter10 août 2016
Les murailles de feu de Steven Pressfield
  • Livres 4.00/5
Instructif et passionnant.



L'histoire tragique et épique d'un rescapé de la bataille des Thermopyles, en 480 avant J.C, opposant les Spartiates et leurs alliés aux armées du roi perse Xerxes.



Fameuse bataille, popularisée et révélée au grand public par le film 300 de Snyder en 2007 lui même tiré de la BD éponyme de Miller et Varley.

Le livre est ici bien plus proche de la réalité historique que ses cousins plus connus, dont la vocation visuelle, Heroïc Fantasy et sublimation du héros guerrier aurait peut-être eu un peu plus de mal à s’accommoder de la vérité.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Les murailles de feu est un roman historique, à la manière des livres de Bernard Cornwell, où la dimension épique est particulièrement présente, où le sang gicle et nourrit la terre.



A travers un récit plein de bruit et de fureur, on s'instruit sur la culture Lacédémonienne (Spartiate) et plus généralement sur la Grèce de cette époque, confrontée aux guerres médiques.

On pourra regretter un rythme en dents de scie et quelques longueurs (notamment au début) mais on ressort de cette lecture divertissante gonflé à bloc, débordant de testostérone et cerise sur le gâteau, un peu plus instruit.
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999 têtards
Nastasia-B17 août 2016
999 têtards de Ken Kimura
  • Livres 3.00/5
Voici une mare devenue 1000 fois trop petite… correction : 999 fois trop petite. La raison ? Un couple de grenouilles ultra prolifique dont les restants d'ébats s'ébattent au milieu des eaux de cette ridiculement petite surface d'eau.



Ce n'est plus tenable, il faut vider les lieux. Voilà donc la petite troupe qui se déplace en file indienne, façon 101 dalmatiens, mais en 10 fois plus longue, si j'ai bien compris. Chemin faisant, le papa grenouille enjoint sa progéniture à prendre gare au serpent. « Mais c'est quoi un serpent ? » demandent les jeunes, en substance.



« Disons, répond le père en substance, que c'est un peu comme une grenouille mais sans patte et en beaucoup, beaucoup plus allongé… et ça avale une grenouillette plus vite que nous autres un moucheron. Donc, méfiance ! »



« Dis Papa, ce serait pas à moitié un machin comme ça, par hasard ? » Eh si, malheureusement. Donc je vous laisse imaginer la mine de notre auguste batracien. Fort heureusement pour les parents et les 999 têtards, le serpent dort. Ouf ! juste le temps de serpenter hors de portée du serpent mais… il y a pire que le serpent… il y a…



Ah c'est vraiment dommage, j'aurais aimé vous le dire mais précisément je suis attendue ce midi et il faut donc que j'y aille sans plus tarder. Néanmoins, je vous fais confiance, je sais que vous allez foncer comme des aigles sur cet album pour en connaître le fin mot et savoir ce qu'il adviendra de ces 999 têtards, pas un de moins, je viens de les recompter.



Une histoire gentillette, grenouillette pour les enfants d'âge de la maternelle mais qui ne casse pas non plus trois pattes à un serpent d'après moi. Toutefois, rappelez-vous, et même si vous en avez un peu mare, ô vous 1000 fois têtus, 999 fois têtards, que ce n'est bien évidemment pas la vérité mais seulement l'expression d'1 avis, 1 seul avis donc 999 fois pas grand-chose, un pavé dans la mare, et encore...
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La Ruée vers l'Or
Nastasia-B21 août 2016
La Ruée vers l'Or de Laurence Gillot
  • Livres 3.00/5
J'étais tentée : retrouver ce film magnifique dans une version album jeunesse ; c'était alléchant. Et il est très honnête cet album, très complet mais…



… il ne s'en dégage aucune magie. J'imagine que pour quiconque n'ayant jamais vu le film il doit être assez plat. C'est un peu comme si j'entreprenais de vous raconter Sur La Route ou Voyage Au Bout De La Nuit : l'intérêt serait faible car la valeur des œuvres réside ailleurs que dans le scénario.



Eh bien ici, c'est le cas aussi. Si l'on expurge l'histoire des gags visuels et des mimiques sensationnelles de Charlie Chaplin, ne reste qu'une coquille vide. Quand on vous dit qu'il exécute la danse des petits pains, rien ne passe, quand vous visionnez la scène, c'est magique.



Donc, une pseudo bonne idée totalement sans intérêt si l'enfant n'a pas vu la scène. Par contre, l'album peut s'avérer intéressant pour les bambins de 7 à 9 ans ayant déjà vu le film car il réactivera leurs souvenirs grâce à son traitement très fidèle à l'œuvre cinématographique.



Désolée ! J'aurais aimée être plus enthousiaste mais je vous invite en premier lieu et essentiellement à voir le film. Après, si les enfants ont adoré (ce qui est souvent le cas) vous pouvez vous orienter vers cet album. Je doute que dans le sens inverse ils se ruent dessus. Mais ce n'est que mon avis, c'est-à-dire bien peu de chose.
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La Peur
Sachenka12 août 2016
La Peur de Stefan Zweig
  • Livres 4.00/5
Je suis tombé un peu par hasard sur cette petite plaquette, La peur, dépassant à peine cent pages. Quand j’ai remarqué que l’auteur n’était autre que le grand Stefan Zweig, je l’ai pris et je l’ai lu d’une traite, dans un temps record. L’histoire, je la résume à ceci : une femme est aux prises avec la peur. Croyez-moi, ce n’est pas si banal que ça en a l’air. Trop succinct ? Alors voici : Irène Wagner trompe son mari. Oui, oui, cette grande bourgeoise, épouse d’un magistrat bien connu de Vienne, a un mari. Mais, elle qui a tout, elle se sent lasse, inutile, comme si elle errait sans but dans la vie. Du moins, c’était jusqu’à ce qu’elle rencontre un jeune peintre de basse extraction. Non, non, il ne s’agit pas d’une histoire de vaudeville. Elle trompe son mari, mais surtout son ennui. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sent en vie. Mais voilà qu’un jour, en sortant de chez son amant, une femme l’apostrophe, l’empêche de s’enfuir, lui bloque le chemin, lui crache à la figure son dégoût. Cette femme la suivra et exercera du chantage par la suite.



À partir de ce moment, la peur envahit Irène Wagner, au point de prendre toute la place dans vie. Plus rien n’a d’importance. La dame n’ose plus quitter ses appartements, craignant de tomber sur la folle hystérique qui risquerait de dévoiler son aventure et de ruiner sa vie. Exit le gentil amant, l’amour, la passion. Mais la peur a déjà emprise sur elle et nulle part elle ne trouve la paix. Même la sonnette la fait sursauter : est-ce sa vile extorqueuse qui la harcèle jusque chez elle ? Et elle n’a personne vers qui se tourner (il est évidemment hors de question de faire appel à son mari). C’est une véritable torture psychologique. Paralysée par la peur, elle n’a plus le goût de manger, plus rien ne l’amuse, elle semble dépérir.



Stefan Zweig a écrit un véritable drame psychologique. Il n’a pas son pareil pour sonder l’âme humaine. Il décrit Irène Wagner, ses actions, réactions, sentiments, motivations sans jamais la juger – elle le fait assez bien elle-même! – et son évolution psychologique suit une courbe en crescendo parfaite. J’y trouve un quelque chose à la Madame Bovary, de Flaubert. En tous cas, plusieurs parralèlles peuvent être faits entre les deux héroïnes, bien que leur destin ait pris des chemins différents. D’ailleurs, parlons-en, du dénoument. Beaucoup diront qu’il est inattendu, certains qu’il est magistral. Moi, je ne l’ai pas aimé. Mais bon, je suis quand même capable d’en apprécier la superbe, c’était vraiment bien pensé de la part de l’auteur. En tous cas, ça tient la route. Plus personne n’osera tromper son partenaire après avoir lu cette nouvelle…
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Juste une ombre
Ptitgateau13 août 2016
Juste une ombre de Karine Giebel
  • Livres 5.00/5
Mais qui êtes-vous donc Madame Giebel, pour nous offrir des écrits aussi savamment pensés, et grâce à votre plume infernale, entraîner le lecteur dans les méandres d’un roman, le happer, l’aspirer, l’engloutir, annihiler chez lui toute volonté de sortir du livre, pour lui communiquer cette peur comme si lui-même devenait le héros à la place de Cloé ?



Les personnages nés de votre plume, particulièrement étudiés et façonnés de telle sorte que moi-même je me suis demandé si Cloé est parano, il semble bien que oui, elle qui est seule à voir des ombres et qui semble bien surmenée, que je me suis interrogée sur moi-même : suis-je aussi parano que Cloé ? Question sans réponse évidemment, mais je ne me suis pas senti uniquement parano, je me suis surprise à essayer de donner mentalement des conseils à cette femme modelée par un passé douloureux, parfois méprisante et impitoyable avec autrui, et j'ai versé dans la mélancolie en suivant l’évolution d’Alexandre Gomez, personnage extraordinaire : allure de racaille mais charmant (au moins dans mon imagination), voyou au grand cœur, humour décapant, sens de la répartie.



C’est simple Madame Giebel, je n’aurais pas dû me goinfrer de ce roman, j’aurais dû me rationner pour faire durer le plaisir, maintenant j’envie les lecteurs qui ne l’ont pas encore découvert, les veinards !!!!





Sachez, Madame Giebel, que ce roman sera tout en haut de mon top 10 à la fin de l’année, à moins que l’occasion me soit fournie de me jeter sur un autre de vos romans qui m’absorberait de la même façon.
Lien : http://1001ptitgateau.blogsp..
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Guerre et Paix
Gwen2111 août 2016
Guerre et Paix de Léon Tolstoï
  • Livres 5.00/5
La langue française a beau posséder un vocabulaire très riche, parfois, lorsqu’il s’agit de dresser un panégyrique, il arrive pourtant qu’on manque de superlatifs.



Telle est mon impression au moment d’écrire mon modeste billet sur une œuvre aussi colossale et brillante que "Guerre et Paix".



Je pourrais résumer en disant qu’après avoir lu "Les Misérables" d’Hugo et "Guerre et Paix" de Tolstoï, j'ai le sentiment de pouvoir mourir en paix mais heureusement je pense avoir encore quelques belles années de lecture devant moi, qui me permettront sans aucun doute de découvrir encore bien des chefs-d’œuvre littéraires.



Avec "Guerre et Paix", nous assistons à l’émergence du roman-fleuve, de la saga ; autant vous dire que le scénariste de la dernière adaptation du roman de Tolstoï en 2015 par la BBC n’a pas trop eu à se fouler tant le rythme est équilibré, tant l’action est parfaitement distillée et tant les nombreux personnages sont si intimement fouillés dans leur âme, leurs opinions et leurs sentiments.



Quant à moi, que dire, si ce n’est qu’entre deux coups de canon, j’ai eu un gros coup de cœur ! 1 680 pages ont passé sur moi dans un grand souffle constellé d'étoiles, avec éclat et douceur à la fois, sans un instant d’ennui. Les aiguilles de la grande horloge du salon ont parcouru bien des tours, la pendule de la chambre a tinté bien des fois, les heures ont coulé les unes après les autres sans que je leur prête attention tandis que l’incroyable narration de Tolstoï m’emportait loin, bien loin de mon temps et de mon quotidien.



Stop, je n’en dirai pas plus, il appartient à chaque lecteur de vivre cette expérience intense. Pour ma part, j’ai eu bien tort de redouter si longtemps cette lecture, plus accessible, de mon point de vue, que celle d’"Anna Karénine".





Challenges PAVES

Challenge BBC

Challenge 19ème siècle 2016

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Anna Karénine
Eve-Yeshe09 août 2016
Anna Karénine de Léon Tolstoï
  • Livres 5.00/5
Ce roman est un chef-d’œuvre. Je l’avais beaucoup aimé lors de ma première lecture à l’adolescence . Un demi-siècle plus tard, j’ai eu à nouveau un coup de foudre pour la langue, l’écriture de Tolstoï. C’est une belle histoire, très bien construite pendant laquelle on découvre trois couples dont les destins sont liés sans forcément se côtoyer au quotidien.



Anna est une belle femme qui a fait un mariage de raison avec Alexis Karénine, haut fonctionnaire en vue dans la ville de Saint-Pétersbourg dont elle a eu un fils Serge. Tous deux mènent une vie aisée, sortent le soir ou invitent des amis.



Son frère Stepan Oblonski a épousé Dolly qu’il trompe avec tous les jupons qui passent et mène une vie oisive, opportuniste et un comportement d’éternel adolescent qui le rend très vite insupportable.



Le troisième couple est formé par Kitty, la jeune sœur de Dolly et Lévine, un ami de Stepan. Un couple qui se construit et repose sur l'amour en opposition avec la passion d'Anna pour Vronski. Tolstoï nous propose ainsi plusieurs facettes du mariage, du couple...



Anna n’est pas seulement belle, elle est intelligente, sensible et après, avoir longtemps résisté, elle finira par choisir de partir avec Vronski, sacrifiant son fils au passage. Tolstoï décrit très bien ses périodes d’hésitation, ses tourments de mère, la façon dont elle est écartelée entre le devoir et l’amour ou plutôt la passion, car elle ne sait pas mentir.



Tous les personnages sont étudiés en détails, leurs qualités, leurs défauts, Tolstoï n’en fait jamais des icônes mais des êtres de chair. Il réussit même à nous émouvoir quand il plonge dans l’âme de Karénine qui au premier abord nous paraît froid insensible, mais qui est prêt à fermer les yeux pour que la vie continuer comme avant.



Un autre personnage intéressant : Lévine. Amoureux d’abord éconduit de Kitty, il se réfugie dans ses terres et essaie de moderniser l’agriculture, pour améliorer ou rentabiliser les récoltes, ce qui ne plaît pas forcément aux paysans qui n’ont pas envie de changer leurs habitudes. Il lit beaucoup, en particulier tout ce qu’il peut trouver dans ce domaine et on voit apparaître des idées de réformes, (nous sommes à la fin du 19e siècle). Un contraste important avec le mode de vie des gens aisés de la noblesse.



On sent que Tolstoï aime ce personnage ; il s’identifie un peu à lui, son nom est inspiré de son propre prénom Lev. Il lui prête aussi une réflexion sur la vie et la mort.



Anna et Lévine sont les deux personnages que j’ai préférés dans cette deuxième lecture, car ils sont puissants, avec leurs forces et leurs faiblesses, ils évoluent tout au long du roman, ils tiennent les rênes de leur existence.... suite sur le blog

10/10 évidemment…
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Chanson douce
nameless18 août 2016
Chanson douce de Leïla Slimani
  • Livres 5.00/5
La lecture de Chanson douce m'a occasionné un choc, que ma mémoire de lectrice n'est pas près d'oublier, je remercie donc en préalable Gallimard et Babelio, sans qui cette secousse littéraire n'aurait pas eu lieu.



La scène inaugurale décrit un tableau aussi horrible qu'irréparable digne des meilleurs scénarios de films d'horreur, en totale contradiction avec le titre du roman qui laisse présager une paisible histoire. Dans les chapitres suivants, Leïla Slimani dévoile l'implacable chronologie des événements qui ont abouti à cet épilogue.



Tout a commencé lorsque Myriam, avocate, habituée à défendre des assassins et donc censée bien les connaître, décide de travailler à nouveau après avoir consacré quelques années à l'éducation de Mila et Adam, ses enfants. Paul, son mari, et elle-même, recrutent une nounou pour s'occuper des bambins. C'est ainsi que Louise entre dans leur appartement et dans leur vie. Jeune femme effacée, veuve, en difficulté financière, Louise révèle rapidement des talents de fée du logis dignes d'une nounou irréelle, telle une Mary Poppins jaillie d'un livre pour enfants. Ménage, cuisine, bouquets, rangement, entretien du linge, jeux et sorties avec Mila et Adam, histoires et berceuses, rien n'échappe à sa perfection. Chaque jour elle devient davantage nécessaire au bien-être familial, tandis que Myriam et Paul veillent scrupuleusement, en “bons” patrons qu'ils veulent être, à garder la bonne distance avec elle, à ne pas l'humilier.



Il serait dommage de déflorer davantage l'intrigue et gâcher ainsi le plaisir de la découverte des futurs lecteurs de Chanson douce qui est à sa manière, un roman à suspense. C'est la raison pour laquelle, je préfère parler du style de Leïla Slimani, singulier et brillant, sous son apparente simplicité parfaitement travaillée. Avec beaucoup de talent, elle instille dans son récit l'inéluctabilité du drame, à doses homéopathiques, ajoute habilement quelques granules dans chaque page sous la forme de menus faits quotidiens, alourdit lentement la menace qui plane, blanche, indicible, sulfureuse. Sans jamais porter de jugement sur ses personnages, elle utilise une écriture sobre, aussi neutre que l'est un rapport d'autopsie, totalement adaptée à cette autopsie d'une catastrophe annoncée. Elégants et sensibles, les mots sont agréablement assemblés pour former des images émouvantes, teintées d'une poésie mélancolique qui accentue le rythme lancinant du roman. Avec économie, sans verbiage, sans effet spectaculaire, elle restitue des émotions fortes et nuancées, d'une petite voix douce qui murmure à l'oreille du lecteur une berceuse, ou un conte enfantin.



Chanson douce contient aussi une subtile analyse des modes de vie actuels. Tout au long du roman, Leïla Slimani, évoque avec pudeur et tendresse à travers les difficultés de leur vie journalière, le sort de ces petites gens, souvent immigrées, souvent sans papiers, toujours démunies, ces fantômes urbains qui vivent dans un monde parallèle et vendent leurs compétences domestiques et maternelles, et offrent quelques mots d'amour et d'affection, en baoulé, dioula, arabe, hindi, filipino, russe, aux marmots que leur confient des couples économiquement dominants, pris dans le tourbillon de carrières qui les prive de temps.



Je souhaite beaucoup de succès à Leïla Slimani, parce qu'elle le vaut bien.
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Les jours clairs
Bookycooky15 août 2016
Les jours clairs de Zsuzsa Bànk
  • Livres 5.00/5
Années 60, sud de l'Allemagne, un petit bled, un trio d'enfants, un trio soudé à vie.

Aja, une petite fille pas comme les autres, une maman, Évi qui invente des histoires à défaut de les lire,.....ne cache pas ses bleus et noue ses cheveux ébouriffés avec des bandes de tissu et un papa, Zigi,qui ne porte pas de chaussure, gagne sa vie dans un cirque et ne rentre chez lui qu'une fois par an...." Seri", la petite copine d'Aja, nous raconte leur histoire.....Un petit garçon, Karl, suite à un drame familial, les rejoindra par "les jours clairs" d'une enfance, au cours desquels ils regardaient leur monde sans avoir de doute.....Les accompagne,trois mères seules, Évi, Ellen, Maria, et le pére de Karl, seul aussi, Zigi remplissant ses fonctions paternelles que temporairement. Etrange compagnie, étranges relations.....et....les jours clairs de l'enfance s'estomperont peu à peu avec le plongeon dans l'âge adulte, se heurtant aux vérités et secrets révélés et effaçant à jamais les illusions inventées .



Une histoire très poétique, pleine de charme, où la noirceur des événements et circonstances n'enlève à aucun moment l'infinie douceur qui enveloppe le récit et ses protagonistes qui semblent vivre hors du temps dans un cocon, pourtant des plus spartiates. Communiquant entre eux qu'avec trés peu de mots et même en silence, chacun porte sa croix, mais une sensibilité profonde commune à tous, crée des vrais liens d'amour et d'amitié. Trés émouvant.



Bànk nous croque des portraits et scènes délicieuses, foisonnant de détails, tout juste sortis des albums de photos en noir et blanc du milieu du siècle dernier. La photo est d'ailleurs un des détails de la toile de fond. C'est son troisième livre que je viens de lire, et c'est toujours avec beaucoup de finesse et de sensibilité qu'elle nous raconte l'insoutenable légèreté et complexité de la vie et des relations humaines.

Un livre dont la photo de couverture est magnifique, avec ces trois enfants sautant dans l'eau dans toute l'insouciance de leur âge.

Un livre dont on déguste chaque mot, chaque phrase...."Je garde les jours clairs, je rends les sombres au destin"........

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L'Auberge de la Jamaïque
Kittiwake13 août 2016
L'Auberge de la Jamaïque de Daphne Du Maurier
  • Livres 4.00/5
C'est un classique de ceux qui appartiennent à ces chefs d'œuvre dont on dit volontiers qu'on devrait les relire, même quand on ne les a jamais lus.

C'est donc fait, et je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà parcouru cette histoire , qui, du fait de la période où se déroule l'intrigue mais aussi, et là c'est plus étonnant, par le style d'écriture , qui évoque Bronte ou Collins. Bien sûr, les lieux évoqués renforcent ces analogies.



On est dès les premières lignes dans l'ambiance : la pluie est glaciale, la route cahoteuse, il fait nuit. Les passagers qui subissent les accidents du chemin et l'humidité du véhicule ne sont pas à la fête. Même le cocher vit un enfer. Dans l'habitacle, une jeune femme vient de quitter son village natal, pour rejoindre sa tante dans une auberge . S'occuper d'une ferme seule, en Cornouailles au 19è siècle, même si l'on séjourne dans le village de son enfance, est trop difficile.



Mais son arrivée dans cette bâtisse lugubre, fuie et honnie par tous les habitants de la région, car l'on se doute qu'il s'y passe des choses pas très catholiques, lui laisse entrevoir des lendemains qui ne chantent pas. Sa tante est dans un état lamentable, sous l'emprise d'un homme alcoolique, et violent . Les activités qu'il pratique et qui ont lieu à la nuit tombée plongent Mary dans une terrible angoisse.

C'est peu à peu que les faits se révèlent, peu à peu élucidés par Mary. Le déroulement du récit évoque ainsi l'ambiance d'un thriller, même si ce terme n'existait pas lorsque Daphné du Maurier a publié le roman. Même si l'on finit par se douter du fin mot de l'histoire, le lecteur ne découvre le pot aux roses que dans les dernières pages.



Un bon point pour l'ambiance, habilement calquée sur les états d'âme de Mary. Les descriptions des paysages sont remarquables et on visualise sans difficulté les landes escarpées et les marécages embrumés.



Par contre la désuétude est manifeste dans les dialogues : on n'arrive pas à croire un seul instant qu'un être aussi rustre que l'aubergiste parle une langue aussi châtiée, même si on imagine que le vouvoiement et le passé simple soient une justice rendue à la langue anglaise.



Expérience très intéressante et très agréable, malgré la faiblesse des dialogues, largement rattrapée par le pouvoir d'évocation d'une ambiance qui n'est pas sans rappeler la lande bretonne, à la morte saison quand vent, brouillard et pluie noient les contours des paysages .
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Lettre aux générations futures en espérant qu'e..
andman09 août 2016
Lettre aux générations futures en espérant qu'elles nous pardonneront de Michel Rocard
  • Livres 5.00/5
L’opinion publique a toujours eu de la considération pour Michel Rocard. Sans doute percevait-elle l’homme politique habité des vertus que l’on prête au grand démocrate, capable de se critiquer et ne cherchant pas à toujours avoir raison. Les prises de positions court termistes n’étaient pas la tasse de thé de ce passionné de navigation qui savait combien il est important pour tenir un cap d’observer sans ciller la ligne d’horizon.



Ce petit livre publié l’an dernier, tiré d’un entretien avec le journaliste économique Mathias Thépot et au titre testamentaire “Lettre aux générations futures en espérant qu'elles nous pardonneront”, permet au lecteur de situer le libre penseur dans le contexte post seconde guerre mondiale.

Deux démarches intellectuelles attestent de la haute réactivité du jeune Rocard épouvanté par la folie destructrice du national-socialisme et conscient avant beaucoup de la monstruosité intellectuelle du communisme soviétique : il accueille à Paris les déportés l’année de son quinzième anniversaire et adhère quatre plus tard à la section française de l’internationale ouvrière (SFIO).

Ardent défenseur de l’indépendance des peuples, combattant pour la paix, il clame haut et fort son anticolonialisme en luttant contre la guerre d’Indochine puis contre la guerre d’Algérie. “Faire la paix suppose d’accepter l’autre comme il est, et par conséquent de le connaître”, telle sera invariablement sa ligne de conduite en politique.

Son franc parler était légendaire, ainsi n’hésite-t-il pas au cours de l’entretien à qualifier Milton Friedmann, le chef de fil de la théorie monétariste, de criminel contre l’humanité.

Michel Rocard détestait les approximations et raccourcis de toutes sortes, il trouvait par exemple injuste que l’on associe la bureaucratie soviétique aux travaux de Karl Marx.



Les sept chapitres se succèdent sur un rythme alerte. Les questions du journaliste sont pertinentes et posées avec un souci évident de vulgarisation. Elles abordent l’Histoire des peuples, l’économie, la science mais aussi la démocratie, l’information, l’Europe... La variété des thèmes abordés n’empêche pas un certain fil conducteur et les réponses franches et directes sont compréhensibles même pour le lecteur néophyte dans tel ou tel domaine.



Le dialogue, la négociation, la recherche du compromis équilibré faisaient partie de la méthode Rocard, il croyait dur comme fer à l’efficience du syndicalisme démocratique.

Vous ne trouverez pas la phrase ci-dessous dans ce livre mais elle résume à mon sens assez bien le dessein de l’humaniste Rocard. Elle est extraite de son discours à L’Assemblée Nationale lors du projet de loi concernant le RMI en 1988, il occupait alors les fonctions de Premier Ministre :

“La solidarité n’est pas la bonne conscience de la modernisation, elle est la condition de sa réussite.”

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Le ver à soie
Eric7614 août 2016
Le ver à soie de Robert Galbraith
  • Livres 5.00/5
Un roman à déconseiller à celles et ceux qui rêvent de devenir un jour écrivain, et ont une très haute opinion de ce sacerdoce. Robert Galbraith, alias J. K. Rowling, y égratigne avec délectation ce noble métier. Auteurs reconnus ou écrivains ratés, ceux qui évoluent dans ce livre sont tous plus égocentriques et canailles les uns que les autres. Rien qu’une bande de sales gosses, prétentieux, grossiers, avides de récompenses… Petits tyranneaux jaloux, médisants, haineux, grands amateurs du coup de poignard dans le dos… Quant au monde de l’édition, il est à l’image de ces tristes sires.

Le détective Cormoran Strike, notre géant unijambiste, héros de la guerre d’Afghanistan, qui a connu la fraternité des armes et peut se targuer d’avoir conservé quelques amitiés inébranlables, regarde d’un œil froid et effronté cette bande de paltoquets, de jean-foutre qui passent leur temps à médire, à s’invectiver, se jalouser et à se donner maints coups d’épingles… L’un d’entre eux, peut-être un peu plus fripouille que les autres, mais si peu, est retrouvé assassiné selon « un rituel particulièrement atroce ».

Les flics de Scotland Yard, aussi obtus que dans le roman précédent (L’appel du coucou), inculpent un innocent. A charge pour Cormoran, assisté de la belle et déterminée Robin, de trouver le coupable.

Cormoran se lance dans cette enquête à corps perdu. A la recherche d’indices, il traverse en boitillant - son moignon lui faisant souffrir le martyr - un Londres spectral enfoui sous la neige où règne un froid polaire ; un Londres insouciant car les fêtes de Noël approchent à grands pas… Il ferraille dur contre Scotland Yard et ces écrivains persifleurs qui n’aiment pas voir ce gros nounours buté se mêler de leurs petites affaires, suit à la trace cet assassin à l’intelligence démoniaque et parvient à le confondre une quarantaine de pages avant la fin de ce petit pavé.

J’en suis resté comme deux ronds de flanc…

Puis il y a Robin, l’indispensable et imprévisible assistante, gracieuse, belle, aérienne, coincée entre ses deux hommes : le falot de mari jaloux et le géant immature et grognon cabossé de partout… Stoïque, inébranlable, elle poursuit son rêve de devenir un jour détective privée…

Faut-il vous dire que j’ai adoré de bout en bout ce long polar, son atmosphère pesante, son humour pince-sans-rire, et ses âmes perdues à la bêtise insondable et à la tendresse aveugle ?



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Orgueil et préjugés
Coriolis12 août 2016
Orgueil et préjugés de Jane Austen
  • Livres 4.00/5
Quand survient le premier amour, les désordres du coeur sont tels que l'émoi ressenti distille à la fois le chagrin et la félicité dans nos veines. Personne n'échappe à son emprise et au désarroi dont il est la principale cause ; étrange maladie qui transcende autant qu'elle blesse, illumine et décourage. Dans Orgueil et Préjugés, Jane Austen dissèque le sentiment amoureux et en livre une analyse d'une finesse psychologique rarement atteinte. Prenant comme point de départ des familles de conditions et d'horizons différents de la société anglaise, l'auteure prend un malin plaisir à les faire évoluer autour d'un même pivot construit sur le désir. Les attirances se font et se défont, les liens se nouent et se déchirent, des coeurs se rapprochent pendant que d'autres développent une antipathie que rien ne saurait éteindre…Rien si ce n'est l'apaisement de deux âmes qui se trouvent. La crainte de déplaire, l'orgueil interdisant de se déclarer obligent l'amour à emprunter des chemins de traverse, sinueux et dangereux à l'image de la Carte du Tendre. Et si certains trouvent leurs propres voies et l'âme à laquelle ils sauront accorder leurs pas, d'autres se fourvoient, dupés par une belle tournure et un visage plaisant.

L'intérêt de ce roman réside surtout dans l'évolution de la relation entre Elizabeth Bennet et Mr. Darcy. Au fil des pages, un lien « animal » se déploie entre eux, presque de l'ordre de la prédation. Ils s'observent pour mieux découvrir les faiblesses de l'autre, se toisent, parent les attaques pour finalement se reconnaître. L'osmose, que le lecteur amusé observe croître, va de pair avec la licence que tous deux s'autorisent. Darcy préfère l'amour aux règles de bienséance et Elizabeth n'a de cesse de montrer un esprit fougueux refusant de se plier aux obligations que son sexe lui impose. Orgueil et Préjugés, publié en 1813, demeure de ce fait un classique d'une étonnante modernité.

Le thème est éculé, l'écriture surannée mais la façon de l'aborder ici à travers les destins des cinq filles d'une famille de la landed gentry fait montre d'une extrême habilité. Portée par des personnages forts et charismatiques, cette histoire se veut aussi une critique acerbe de la société anglaise et de ses conventions étriquées. Si l'amour ne se préoccupe ni du rang ni de la fortune, il est des esprits pour lesquels la noblesse du titre prévaut sur celle du coeur.

Une étude brillante du sentiment amoureux. Une vision amère d'une noblesse cloisonnée et rétrograde. Un roman intemporel d'une élégance parfaitement maîtrisée et d'une grande fraîcheur.



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L'autre qu'on adorait
Kittiwake20 août 2016
L'autre qu'on adorait de Catherine Cusset
  • Livres 4.00/5
Bel hommage à un ami perdu, à travers de portrait sans complaisance mais beaucoup de tendresse.

C’est à la fin du lycée, dans les années 80 que la bande se constitue, des étudiants prometteurs, y compris Thomas, même si, déjà, les résultats dont il ne doutait pas ne sont pas à la hauteur de ses espérances. Sciences-Po, c’est un piètre succédané quand on vise Normale Sup. Ça ne marche pas en France, qu’à cela ne tienne, Les Etats-Unis sauront reconnaître sa valeur. et Thomas s’embarque dans des années de déménagements, de postulation, d’amours aussi définitives que transitoires, d’alcool, un peu, d’insomnie, beaucoup, d’exubérance et de déconvenues qui peu à peu sapent les bases fragiles d’une personnalité pas ordinaire.



On est immergé avec Thomas dans le milieu universitaire américain, avec sa hiérarchie des établissements, ses codes internes, sa liberté pédagogique et ses limites infranchissables (le principal piège que Thomas n’évite pas, c’est l’interdiction absolue d’avoir une relation avec une étudiante). Les repères historiques sont également adroitement insérés. c’est une belle évocation, à la fois littéraire et pédagogique, des Etats-Unis de la fin du vingtième siècle, sans oublier les références nombreuses à la musique, et à la littérature, puisque Thomas est un

"vingtièmiste" spécialiste de Proust.



Parlons des amours de Thomas, et de son talent de séduction. Elles sont toutes vite attirées par le charme et le bagout du frenchy, prêtes à passer sur ses excès. Ana, Elisa, Olga (une folle grave celle-là), Nora, elles ont toutes été sincèrement aimées. Aucune n’est restée.



Peu à peu, le portrait révèle les failles qui expliquent le prologue dramatique, avec la découverte du corps de Thomas. Les indices sont subtilement amenés, l’insomnie, les excès, les échecs aussi, dont on ne connaît pas clairement la cause, mais qui pourraient bien être liés à des agissements inopportuns du jeune homme. Pour aboutir à une claire explication qui donne la cohérence et la raison d’être du récit.



Tout cela est très bien fait mais…



Le choix de l’auteur de s’adresser au personnage principal par un tutoiement est une épreuve pour le lecteur. On comprend l’intention, qui correspond à une sorte d’éloge funèbre où l’on s’adresse au défunt, en retardant le moment où l’on ne pourra plus s’adresser à lui. Mais il faut, en tant que lecteur, presque visualiser ce dialogue mortuaire pour suivre l’intrigue. D’autant que c’est Catherine, l’auteur, qui parle. Certes, au fil de la lecture, la gymnastique s’acquiert, mais il faut tout de même un certain temps pour naviguer aisément dans le texte.





Belle écriture (malgré le procédé) pour une belle lecture.



Merci à Babelio et à Gallimard pour leur confiance


Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Silo
fnitter22 août 2016
Silo de Howey Hugh
  • Livres 4.00/5
Très sympa.



D'abord une nouvelle sur Internet puis rallongée et auto publiée pour finir sur un petit pavé de 576 pages au succès mondial.



La seule vie humaine connue semble être confinée dans un silo sous-terrain depuis des générations, le reste du monde est devenu inhabitable. Quand le shérif rompt la règle ultime et demande à sortir, sa fin est programmée. En remplacement, Juliette, une mécano futée remporte les suffrages. Mais elle a un défaut, quand elle cherche, elle trouve et quand elle commence, elle finit. Tous les secrets et les non-dits qui permettent de maintenir la stabilité et la paix sociale risquent de voler en éclat et provoquer des émeutes. Et ce ne serait pas la première fois.



On retrouve dans ce livre, les problèmes classiques qui émaillent les romans des vaisseaux générationnels (mes dernier lus : l'Arche de Baxter, Destination Ténèbres de Robinson ou la très bonne mini série dernièrement diffusée : Ascension). Perte d'information entre les générations, solipsisme, promiscuité et contradictoirement isolement, refus de la version officielle, théorie du complot, désir d'émancipation etc.

Les méchants seront cette fois les membres du DIT (Département Info Technologie : j'ai mis du temps à trouver la signification de l'acronyme), les élites des serveurs informatiques.



Ce roman n'est pas un livre à suspense ou à action débridée. Très rapidement le secret de l'extérieur est dévoilé et « l'autre » secret semble presque couler de source.

Difficile d’insuffler un vent épique dans un lieu confiné, et justement crée pour renforcer l’isolement, la limitation du partage de l'information et donc la stabilité de la société.

Et pourtant, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Par son style fluide et très accessible, avec ses descriptions minutieuses, ses personnages assez bien dessinés, l'auteur a su faire de son histoire un véritable page turner, où si les enjeux sont connus d'avance, le devenir de nos héros nous importe. L’absence de délires existentiels et théories philosophiques plus ou moins fumeuses jouent beaucoup aussi à la compréhension du texte et à son côté « littérature facile ».

L'ambiance de lecture n'est pas aussi sombre que pourrait le laisser penser la quatrième de couverture.



Je n'ai personnellement pas trouvé d'incohérences, d'irréalisme graves et/ou rédhibitoires. (bon le temps pour parcourir tout le silo semble un peu exagéré, ou alors chaque étage fait 50 mètres de haut, mais quel intérêt ? ) Je n'ai pas trouvé de longueurs m'ayant forcé à lire en diagonale (ce qui m'arrive quand je m'ennuie).



En résumé, un livre qui se lit rapidement et très facilement malgré son volume. Une histoire, à défaut d'être passionnante, réellement divertissante.

La préquelle (Silo Origine) et la suite ( Silo Générations) restent dans ma PAL...
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Avant d'aller dormir
palamede19 août 2016
Avant d'aller dormir de S.J. Watson
  • Livres 3.00/5
Christine se réveille chaque matin sans aucun souvenir. Elle ne sait pas qui elle est, ni ce qu'elle fait dans cette maison avec un homme inconnu qui se prétend son mari. Elle est anxieuse et n'est pas apaisée par les explications et les propos rassurants de celui-ci. Au contraire, quelque chose dans sa sollicitude la pousse à la défiance, une suspicion alimentée par la relecture de son journal, tenu sur les conseils de son nouveau psychiatre.



Un montage diabolique, avec une progression lente mais sûre dans la tension, fait de ce roman un modèle du genre. Avec l'héroïne, on cherche à découvrir son passé, soupçonnant avec angoisse, en même temps qu'elle, la manipulation de son entourage. C'est très bien fait et, contrairement à beaucoup de romans, on n'oublie pas la fin… vraiment tordue.

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Baise-moi
rabanne13 août 2016
Baise-moi de Virginie Despentes
  • Livres 3.00/5
J'étais curieuse de découvrir le premier roman de Virginie Despentes, qui lui a forgé cette réputation sulfureuse d'écrivaine provocatrice, loin de faire l'unanimité encore aujourd'hui, mais dont la plume me touche personnellement par sa couleur, son élégance et son humanisme derrière le verbe, parfois très cru.

Déjà, le titre annonce la couleur : trash et sexe. Oui, avec en toile de fond, la violence de la désespérance. Cela raconte le road-movie sanglant de deux paumées, qui se reconnaissent immédiatement. Elles foncent sans regarder en arrière, happées dans l'engrenage de la destruction, une spirale infernale mêlant jouissance et théâtralité de leurs crimes...

Il y a un peu de Thelma et Louise, en bien plus déjanté, sexuel et violent. Et puis, Manu et Nadine ne sont pas des "victimes du système" auxquelles il est facile de s'attacher. Elles ne tuent pas pour se défendre ou se justifier, mais pour le sentiment grisant de toute puissance, de revanche, de liberté, avec l'illusion funeste de créer leur légende. A deux, toujours plus fortes, encore plus loin, indestructibles.

J'ai apprécié la plume sans détours de l'auteur, le rythme soutenu du récit, mais je n'ai pas ressenti d'empathie particulière pour ces jeunes femmes à la dérive. Certaines scènes m'ont rebutée par leur brutalité gratuite (sexe, meurtres).
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Repose-toi sur moi
Bookycooky20 août 2016
Repose-toi sur moi de Joncour Serge
  • Livres 3.00/5
Voici le nouveau Joncour, un de mes auteurs coqueluches !

Quel bonheur de retrouver son écriture, ses petits détails douillets qui nous remet tout de suite dans l'ambiance !

Paris.

Suite au décès de sa femme, Ludo, ex-rugbyman, ancien agriculteur reconverti en agent de recouvrement de dettes, vit à Paris depuis deux ans, fréquentant quasiment personne.

Aurore, parisienne, femme d'affaires trés occupée, mariée à un bel américain brillant, et mère de deux enfants, a de gros soucis de boulot.

Tout les deux habitent le même immeuble. Lui dans la partie dépravée, l'escalier C, elle, celle, rénovée, l'escalier A. Pour Aurore, il est le voisin qu'il n'aime pas croiser, un type qui la toise d'un sourire glaçant. Tout les sépare.

"La rencontre improbable" de ces deux , " la belle énervée" et " l'autre malade...colosse au sourire insupportable", la Belle et la Bête, se réalise grâce à deux corbeaux....eh oui, comme quoi les animaux peuvent réaliser des exploits outre celles qu'on leur attribue .....et de là Joncour avec sa fine psychologie des tréfonds de l'âme humaine nous concocte une suite moderato cantabile, y mêlant suspens et aventure en plein Paris....dans l'anonymat d'une métropole, où, même répondre à un bonjour est considéré comme une corvée.....

Le style de Joncour est toujours le même et ça me plait beaucoup, mais l'histoire tient un peu moins bien la route que d'habitude, une histoire légèrement à l'eau de rose où certaines situations passent un peu moins bien. Et un autre petit bémol.....j'ai peu apprécié l'épisode turque qui me semble surréaliste, supposée je pense à partir des derniers développements dans ce pays....mais la Turquie n'est pas encore les Etats-Unis, les civils ne se promènent pas en public avec des revolvers bien en vue..... et surtout le milieu du textile n'est pas le domaine du diable ou des gangsters. Si c'est pour pimenter le texte, il aurait dû imaginer autre chose.Mais l'épisode étant fort brève, je passe.

Bref, j'aime les bouquins de Joncour, bémol ou non, ce dernier livre aussi, au final, a été un plaisir de lecture !
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Des souris et des hommes
Allantvers21 août 2016
Des souris et des hommes de John Steinbeck
  • Livres 5.00/5
Moment intense que ces deux petites heures passées hier à relire « Des souris et des hommes », et se rappeler à quel point ce court livre est parfait :

Quelques tableaux champêtres en guise de décor, minimalistes mais porteurs de toute la rudesse du Sud des Etats-Unis des années 30, une économie d'effets et de mots qui exaltent la puissance des sentiments, de la tendresse à la violence, de la solitude à la force de l'amitié bouleversante entre George et Lennie, une intrigue tragique implacable, jusqu'à la sublime scène finale.

Un pur bijou, qui concentre toute la poésie et le nectar du coeur de Steinbeck.

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