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Critiques les plus appréciées

    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 15/10/2014


    La mort d'Ivan Ilitch de Léon Tolstoï

    Lire Ivan Illitch… et mourir !
    Quel savoir-faire dans le verbe, quelle maestria dans le style, quelle verdeur dans le propos. C’est limpide, c’est naturel, c’est jouissif, c’est fort, cela semble évident et pourtant c’est inimitable, incomparable, inatteignable. Chapeau bas, bien, bien bas ; plus bas que ça encore, Monsieur Tolstoï.

    On ne vous remerciera jamais assez pour ce chapelet de trésors que vous nous léguâtes. Il y eut les gros (Anna Karénine), les très gros (Guerre et paix), les petits (Les cosaques) et les tout petits dont La Mort D’Ivan Illitch fait partie ; mais tous ont cette faculté de briller par-delà les siècles, par-delà les frontières et par-delà tout ce qui pourrait tenter de les empêcher de briller.

    En quelques pages, quelques grammes de papier (car j’ose espérer que vous ne vous êtes pas encore convertis à la liseuse !), Lev Tolstoï a le talent d’évoquer une vie entière et tout un monde de convenances, d’aspirations, de doutes et de certitudes.

    L’issue de la lutte ne laissant guère de suspense, l’auteur s’attache à nous faire vivre et ressentir la lente et inéluctable descente, l’affaissement, le basculement d’un homme, en apparence enviable, du monde des vivants à celui des trépassés.

    Chemin faisant, l’individu incline à l’examen distancié de sa propre existence passée, à l’introspection, au voyage au creux de soi-même, de tout ce que l’on a pensé et cru, et qui bien sûr n’était que du flan, de la poudre aux yeux, des chimères.

    En cette lumineuse nouvelle, Tolstoï aborde une foule de notions, comme l’atroce solitude d’un malade durant les heures de veille nocturne, le schéma du dialogue intérieur du mourant, la personnification de la douleur et la mise à l’épreuve qu’elle engendre, le lancinant va-et-vient entre espoirs de guérison et certitudes du contraire en passant par les phases médianes du doute, l’alternance mécanique entre l’hypocondrie et le déni du mal véritable, la manipulation et l’abus de pouvoir des médecins, l’hypocrisie et le mensonge des proches, la crise de la foi face à l’imminence de la mort, ou bien encore la vacuité des apparences et le sens vrai de l’existence.

    L’auteur utilise le symbole d’Ivan Illitch, magistrat de premier ordre, rendant des sentences, mis face à la sienne de sentence. Les médecins jouent le rôle des avocats véreux et la Mort, le rôle d’authentique présidente de l’audience. Nul besoin de pousser plus loin l’évocation, vous avez dans les mains un petit délice à déguster sans modération en vous pourléchant les doigts, mais ceci n’est que mon avis, qui rassurez-vous n'est pas mortel, c’est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 2.00/5
    Par fnitter, le 24/10/2014


    029-Marie de Franck Manuel

    Lu et critiqué dans le cadre de l'opération masse critique. Merci à Babelio et Anacharsis
    Il s'agit du deuxième roman de l'auteur. Première incursion dans le domaine de la science-fiction.

    029-Marie vie dans un monde où tout contact humain est interdit. Tout le monde vit par l'intermédiaire de son DC (Disque cérébral) (sorte de terminal téléphone internet intégré toute option). Mais la frustration sous-jacente de ce mode de vie font que, clandestinement des opérations de tourisme sexuel extra terrestre sont organisées. 029-Marie est recrutée par une chaîne pirate, Channel-7, pour un reportage de l’extrême. Une émission : Female Alien Sex.
    Dans le même temps, 029-Marc, psychopathe et pirate de génie des DC tient son pendant masculin pour l’émission Alien Sex.
    Où tout cela va-t-il mener ?

    Le monde est tellement tordu, tellement endoctriné, qu'on n'imagine même pas qu'on aurait pu obtenir un résultat plus fort peut-être avec seulement un peu de pornographie humaine ou au moins humanoïde ?
    Bon l'extraterrestre, ça dépayse, mais c'est malsain. Qu'a souhaité l'auteur ? Nous déranger, nous mettre mal à l'aise avec ni plus ni moins que de la zoophilie de l’extrême ? OK il a réussi. Mais s'il a voulu que je sois fasciné et accroché par son histoire, désolé, mais pour moi, et je précise bien pour moi, c'est un échec.
    Le texte est bien écrit (pour un prof de français, le contraire eût été dommage) quoique parfois un peu mystique voire nébuleux (on sent toutefois que c'est fait exprès), mais j'ai trouvé le background trop peu développé (alors que l'univers crée est intéressant), le style trop froid et impersonnel, ce qui fait que je suis resté à l'extérieur du livre.
    Au chapitre des reproches (mineurs), je rajouterais la fausse bonne idée des va-et-viens passé-futur de 029-marie sur la planète Lycaonia avec en plus une mise en page (pour les interludes du futur) vaguement justifiée-centrée et écarts entre les mots plus ou moins aléatoire (si quelqu'un sait comment s'appelle cette mise en page, je suis preneur), qui n'amènent pas grand chose et sont pénibles à lire.
    Au chapitre de mon admiration quand même : Une histoire bien tordue, une belle imagination et une couverture que je trouve très esthétique.

    Au final, je ne recommande pas cette lecture aux fan de sf plus ou moins classique, comme moi. Et je soupçonne fortement que ce livre ne nous est pas adressé. Quand aux autres (c'est à dire la majorité des lecteurs de ce bas-monde) jugez par vous-même.

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 16/10/2014


    Respecte mon Corps de Catherine Dolto

    Comment aborder l'épineux problème de la pédophilie avec les enfants ? Pas facile n'est-ce pas ? On avance sur des œufs et c'est pourtant le délicat exercice d'équilibriste que se propose cet ouvrage.

    J'approuve à cent pour cent l'idée et la démarche. Cependant, avant d'en dire tout le bien que j'en pense, j'ai tout de même envie de dénoncer un ou deux abus dans ce livre (qui ne sont certes pas d'ordre sexuel).

    Premièrement, on voit écrit en gros en couverture (on ne voit que ça même !) : DOLTO, avec le titre en-dessous " Respecte mon corps ". Donc on se dit, pas de doute, c'est du FRANÇOISE Dolto et on va aborder l'image du corps dans le psychisme de l'enfant ou quelque chose dans ce genre.

    Or, pas du tout, il s'agit de CATHERINE Dolto, la fille de la précédente, et deuxièmement, on ne va pas y parler psychologie mais on va y aborder la pédophilie. Pas forcément évident à la seule lecture du titre ni même au vu de la couverture. Personnellement je me suis fait avoir car ma fille faisait sa petite moisson à la bibliothèque et elle a pioché celui-ci, sans savoir vraiment de quoi cela allait parler.

    Bon, je trouve ça presque limite mensonger, mais passons. Le gros point positif est qu'il y est fait mention de ce qu'est notre corps, à savoir qu'il s'agit de notre bien propre, et qu'il présente des parties intimes qu'on est libre de vouloir dissimuler aux regards d'autrui, même de ses propres parents.

    Il y est également rappelé que le contact avec notre corps doit être accepté seulement si nous le voulons et que certaines caresses sont interdites. Ensuite, on y aborde encore plus directement un certain nombre de mises en garde pour éviter les actes ou les intentions pédophiles. Tout ce qui y est dit me semble pertinent et énoncé dans un discours intelligible par l'enfant lecteur.

    Il y a toutefois un notoire oubli dans cet ouvrage, concernant le droit à l'image. On n'y évoque que les cas de pédophilie directe (avec contact) mais pas la prise de photographies ou de vidéos à caractère pédophile, ce qui me semble être un manque pour le thème abordé.

    En somme, un ouvrage intéressant sur le fond, peut-être pas hyper honnête ni hyper abouti sur la forme car on n'est pas censé tomber sur ce livre sans l'avoir vraiment souhaité. Mais ce n'est bien évidemment qu'un tout petit avis, qui respecte le corps des autres, car il sait qu'il n'est à lui seul que très peu de chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 25/10/2014


    Indulgences de Jean-Pierre Bours

    Lorsque j'ai lu la quatrième de couverture, je me suis dit que tout était réuni pour que j'aime ce roman. J'y ai mis le nez dedans et... je l'ai dévoré en quelques jours. L'histoire est trépidante, menée à un train d'enfer (oui, j'ose le jeu de mots !) et ne laisse pas souffler le lecteur. Enfin, pour être plus précise, je devrais dire "les histoires" car nous suivons en parallèle le destin de Margarete, dite Gretchen, et de sa mère, Eva Mathis. On voyage, à travers ces deux personnages, dans la société du Saint-Empire romain germanique, à la charnière entre Moyen Âge et Renaissance.

    J'apprécie surtout l’honnêteté de Jean-Pierre Bours qui ne se targue pas de faire un roman historique au sens pur du terme et qui précise bien qu'il a mêlé réalité et fiction. Et l'on pourra d'ailleurs remarquer qu'il s'est rudement bien documenté sur le sujet. J'ai appris des choses à la lecture de ce livre, notamment sur l'épisode de peste ayant eu lieu à Wittenberg en 1516. Certains pourront considérer que le romancier est tombé dans la facilité en prenant tous les côtés noirs de cette époque... En même temps, essayez donc de faire un roman ! On sait bien que ce qui plaît au lecteur lambda, c'est justement le sombre, le mystérieux. C'est ce qui rend une histoire haletante. Le monde des Bisounours écœure vite... S'il y avait un petit bémol à mettre, je dirais - mais cela n'engage que moi - que l'on pouvait peut-être ôter tout ce qui appartient à la thématique du sexe ou l'envisager autrement car, ici encore, les détracteurs pourraient voir cela comme une façon d'attirer le chaland. Alors, oui, il y a bien quelques petites imperfections comme le terme "Allemagne" qui apparaît ou comme un bubon qui grossit à la vitesse de la lumière (enfin, n'étant pas médecin, cela me paraît rapide mais après tout, c'est peut-être vrai). Mais rappelons qu'il s'agit d'un roman et non d'un essai sur l'Histoire du Saint-Empire romain germanique.

    Pour résumer tout ceci, l'auteur a réussi à transformer les connaissances encyclopédiques en une véritable histoire où tout le savoir se fond parfaitement dans l'intrigue. Là où, quelquefois, on peut trouver des choses "plaquées" ou copiées-collées, elles évoluent ici en parfaite harmonie. Donc, si comme moi, vous avez ce côté sombre en vous, je ne puis que vous recommander la lecture de cet ouvrage !

    Un grand merci à Babelio, à l'auteur ainsi qu'aux éditions HC pour ce très agréable moment de lecture.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-contemporaine/bours-jean-pi...

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 23/10/2014


    Pierrette de balzac

    Balzac est inégal, c'est vrai ; mais qui ne l'est pas ? Il s'englue parfois dans des sujets et des intrigues avortés ou grands prématurés, publiés à la va-vite faute de temps et d'argent. C'est vrai tout ça. Mais quand il est en forme le bonhomme, ouh ! nom de Dieu ! ça dépote les amis !

    Et c'est ce Balzac-là qui justifie que, sitôt qu'on l'a croisé une première fois dans ses moments de grâce, l'on s'évertue sans cesse, à vie durant, à vouloir le croiser à nouveau vers de tels sommets.

    J'ai eu récemment à dire du mal de mon petit chéri de Balzac et ça m'a fait de la peine. C'est peut-être pour cette raison que j'ai encore plus de plaisir aujourd'hui à vous parler de Pierrette, qui est, à n'en pas douter, un excellent Balzac.

    C'est un court roman, qui se prêterait admirablement à une découverte de l'auteur pour un public lycéen, c'est du Balzac typique, du condensé de Comédie Humaine et à sa lecture seule, on comprend aisément que son auteur ait choisi ce titre pour chapeauter l'ensemble de son œuvre.

    Tout y est : l'entrée en matière avec la peinture du lieu où va se nouer l'action principale, l'éclairage rétrospectif sur les personnages centraux qui nous permet de mieux comprendre pourquoi ils en sont arrivés à vivre et réagir ainsi, Pierrette, le personnage prétexte qui n'est pas le personnage véritablement principal, un peu à la manière d'Eugénie Grandet ou du Père Goriot qui ne sont que des épiphénomènes de la mécanique humaine que l'auteur souhaite illustrer, le sens de l'intrigue sociale si propre à Balzac, la modification progressive du rythme vers la grosse accélération finale, etc., etc. ; tout y est ou presque des clefs d'écriture qu'on retrouve régulièrement à différents endroits de la Comédie Humaine.

    Pierrette est indubitablement annonciatrice des Rougon-Macquart de Zola. On peut, au bas mot citer au moins quatre opus qui s'en inspirent directement : La Fortune Des Rougon, La Conquête De Plassans, Au Bonheur Des Dames, La Joie De Vivre. D'ailleurs, le nom même des Rougon résonnent de façon troublante avec celui des Rogron de Pierrette et Balzac écrit même textuellement à un moment la formule " la fortune des Rogron " à laquelle Zola donnera une descendance.

    Mais c'est loin d'être tout, on peut y lire sans peine une amorce des Misérables d'Hugo où Cosette rime avec Pierrette, où les Thénardier sont des émanations postérieures des Rogron et où les personnages de Marius et de Jean Valjean apparaissent comme un dédoublement du personnage de Jacques Brigaut qu'on rencontre ici.

    Nous sommes donc téléportés au sud-est de la région parisienne, dans le Provins des années 1825-1830 et l'on voit s'y épanouir la petite mesquinerie commerçante et provinciale d'un couple borné et absolument irrespirable, les Rogron frère et sœur, tous deux célibataires endurcis après une minable quoique rentable vie de merciers à Paris.

    Parmi les rejetons éparpillés du rameau familial, exactement à l'instar des Rougon-Macquart, on trouve la petite Pierrette Lorrain, cousine des deux affreux, d'au moins vingt-cinq ans leur cadette, et aussi innocente, simple et admirable que les autres sont retors, prétentieux et détestables.

    Par un hasard de mauvaises fortunes et d'héritages détournés, Pierrette va donc se retrouver pupille de ses cousins à Provins, elle qui a grandit près des embruns en Bretagne.

    Tour à tour faire-valoir social, outil stratégique et enjeu matrimonial, on assiste impuissants à la mise au pilori de Pierrette (Pierrette et le poteau laid, en somme) par son cousin et surtout sa cousine Sylvie Rogron. Mais c'est sans compter sur l'intervention de Jacques Brigaut, un brave parmi les justes, qui voudrait bien arriver à inverser la tendance et à rendre à Pierrette un peu de sa dignité d'être humain et d'amour tout simplement. Y parviendra-t-il ? Ça c'est ce que je m'interdis de vous révéler.

    En tout cas, c'est du très grand art Monsieur de Balzac, ça ne donne pas spécialement le moral, ça ne nous fait pas particulièrement aimer davantage l'humanité, mais c'est admirable dans son style, un patrimoine romanesque à inscrire sur la liste de l'Unesco, car malheureusement, ça a existé et ça existe encore de nos jours, peut-être avec une ou deux modalités différentes, mais si peu.

    Bref, selon moi un opus majeur de la Comédie Humaine et de la littérature française en général, mais ce n'est que mon avis, c'est-à-dire une toute petite pierrette à l'édifice.

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 20/10/2014


    Les Survivants, tome 1 de Molles-d

    Premier tome d'une série qu'on espère voir traduite en français, dont il existe déjà 6 tomes aux USA.

    Le capitaine Lee Harden est le coordinateur de la caroline du nord (un par état). Son métier ? Attendre la fin du monde dans son bunker et se lancer à la reconquête légale du pays au nom du gouvernement défunt. Et la fin du monde est arrivée. La bactérie FURY a transformé 90 % de la population en zombies (pour simplifier). Mais avant tout, il va devoir survivre aux premiers contacts avec l'ennemi qu'il soit infecté ou encore humain. Il a l’entraînement qu'il faut, il a été formé pour cela, son plus grand atout ? Sa flexibilité et sa capacité d'adaptation, mais cela ne signifie pas pour autant que cela sera simple.

    Eclipse nous a habitué ces derniers temps à quelques petits bijoux en matière zombiesque (ex le virus morningstar, les chroniques de l'Armaggedon). Et ils réitèrent avec cette nouvelle série. Comme pour l'une des ses grandes sœurs, l'auteur s'est d'abord auto-publié avant de devenir best-seller sur le net et accéder ensuite au circuit classique.
    Un pitch de départ original mais au final une structure archi classique à base de plein d'armes, plein de cadavres, d'actions sanglantes et violentes matinées d'une pointe d'humanité.
    Un survivant qui va devoir rejoindre un groupe déjà formé pour poursuivre sa mission, faisant en cours de route bonnes et mauvaises rencontres.
    La situation est très, très locale, et on ne sait rien du reste du monde mais la lecture respire le professionnalisme, le côté militaire (action solo) est très bien restitué et la lecture est très addictive.
    Il n'y a pas de grosses (bonnes ou mauvaises) surprises si ce n'est que le zombie est rapide, susceptible d'utiliser des armes par destination (donc plus intelligent que la moyenne du zombie classique) et capable de chasser en meute, donc bien plus dangereux que ses contemporains littéraires.

    Au final un bon petit page turner dans l'univers zombie, un petit air de déjà vu mais que je n'ai absolument pas trouvé gênant. C'est un très bon premier tome, donc on attend le second avec impatience.
    A lire pour les adeptes.

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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 20/10/2014


    Trente-six chandelles de Marie-Sabine Roger

    Un grand merci à Babelio et aux Editions du Rouergue pour cette douceur...

    C'est son anniversaire aujourd'hui. Mortimer Decime va avoir trente-six ans. Mais au lieu d'aller s'acheter une petite part de gâteau et y poser délicatement trente-six bougies, il est allé s'acheter un beau costume... sombre... d'enterrement. Chemise et veste assorties, dépareillées avec ses chaussettes décorées oursons jaunes et rouges. Qu'importe, il se sent prêt. Prêt à partir sereinement. Le bail est résilié, la voiture vendue, le frigo et les placards vidés. C'est allongé sur son lit (accessoirement de mort) qu'il attend la Grande Faucheuse. Prévue normalement pour 11h, si elle n'a pas de retard. Tout comme ses ascendants mâles, de son arrière-arrière grand-père, Morvan, à son père Maury, Mortimer doit mourir à 36 ans. C'est écrit, à croire que c'est dans les gènes. Attendant patiemment sa dernière heure, il est surpris et quelque peu mécontent qu'on vienne toquer à sa porte. C'est son amie Paquita, la vivante et virevoltante Paquita, étonnée de le voir dans un tel accoutrement. Elle discute tandis que Morty jette un oeil sur la pendule constamment. Quand arrive 11h, rien ne se passe, il est toujours vivant...

    Une fois encore, Marie-Sabine Roger séduit et nous émeut dans son nouveau roman. Morty Decime (et non Décimé, faut pas exagérer non plus!) est si touchant qu'on se laisse porter par son histoire quelque peu invraisemblable. Entre les prénoms de ses aïeux commençant tous par "mor", les conditions dans lesquelles ils ont trouvé la mort, tout y est pour nous plonger dans un récit loufoque et prêtant à sourire. Ses amis Paquita (et ses fameuses crêpes) et Nassardine (et son moins fameux khawa) sont emplis de tendresse, d'amour et d'humanité. Ce roman, d'une douceur réconfortante, est, à l'instar d'un gâteau, tendre, généreux, moelleux et croustillant à la fois. L'on retrouve avec plaisir la plume de Marie-Sabine Roger, toujours aussi vive, pimpante et drôle.

    Trente-six chandelles... sur lesquelles je souffle avec regret...

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    • Livres 3.00/5
    Par fnitter, le 14/10/2014


    Le loupiot, suivi de Hors normes de Paul-Jean Hérault

    Une nouvelle anthologie un peu bancale composée de :

    Le loupiot : Une Œuvre très mineure.
    Un ancien militaire qui par s'installer sur une planète déserte, comme défricheurs pour une compagnie minière pour récupérer du matériel de guerre abandonné. Tout irait pour le mieux si, au cours d'un sauvetage spatial, il ne se mettait pas à dos une puissante organisation qui allait l'obliger à faire l'étalage de toutes ses compétences guerrières.

    On ne décrit plus le background des livres de space opera de Hérault, c'est toujours sensiblement le même. Une humanité en guerre contre elle-même, des confins qui font plus far west que science-fiction, de la technologie ultrasimple et ultrafonctionnelle.
    On passera allègrement sur le héros qui joue au saute-mouton d'astre en astre, en balistique pour accéder à sa planète aux milieu d'un amas d'étoiles, aux échanges radios interstellaires, plus terre à terre, à l'armée qui abandonne des tonnes de matériel en état pour le plus grand plaisir de notre héros au milieu de la caverne d'Ali baba.
    Oui, mais si oublie tout cela que reste-t-il ? Ben pas grand chose. Si vous êtes fans de hard science, de science-fiction réaliste ou de technologie de pointe fuyez pauvres fous. Si vous voulez vous vider la tête le temps d'une soirée, vous occuper les yeux (et même pas le cerveau). Bienvenue.
    Oh, il n'y a même pas de romance trop mimi si chère à Hérault ce coup-ci.
    Deux heures de lecture et hop au dodo, sans cauchemars ou questions existentielles qui vous empêcheront de dormir.

    Aussi vite lu qu'oublié.

    suivi de hors normes : nettement plus accrocheur.
    Un petit fleuve noir écrit en 1992.

    Kavan, ses frères et sœurs vont être exterminés. Une problème informatique les a laissés seuls pendant 13 ans dans le centre édu, sans éducation dirigée, les rendant hors normes. Découvrant par hasard ce qui les attend, une minorité arrive à s'échapper. En chemin, il feront une rencontre salvatrice.

    Ici, le retour des centre édu ou maternas si chers à l'auteur dans les différents univers qu'il nous propose.
    Dès le départ nous avons une belle tension dramatique, suivant avec une réelle empathie la course contre la montre et la fuite de nos rescapés à travers la planète.
    La découverte des broussards, sortes de MENS sylvestres modernes est une agréable surprise.
    Ici pas de trop de technologie miraculeuse ou de deus ex-machina, mais une belle aventure humaine.

    Si l'on se souvient qu'il s'agit d'un roman court, nous avons ici tous les éléments suffisamment développés pour une bonne compréhension.
    On s'interrogera seulement sur une société qui extermine des enfants né sous assistance, sous prétexte qu'ils sont mal éduqués mais qui accepte des adultes inadaptés et "déviants" revenus à la nature, voire nés naturellement.

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 24/10/2014


    Encyclopédie des animaux de Collectif

    Aaaah ! Voici un livre documentaire pour enfant comme je les aime. Très illustré, très ludique, très clair tout en étant sérieux scientifiquement. Gallimard est une valeur sûre dans ce domaine, et d’ailleurs Gallimard n’y est pour rien car il se contente de commercialiser en français ce que les Anglais ont créé la plupart du temps. N’empêche qu’ils ont tout de même le mérite de nous les rendre accessible en français, ce qui doit être salué.

    L’ouvrage est essentiellement dévolu à la taxonomie, mais présente tout de même en introduction de façon succincte mais pertinente la réponse à certaines questions du genre « Qu’est-ce qu’un animal ? », « Qu’est-ce que le comportement ? », « Qu’est-ce qu’un cycle de vie ? », « Qu’est-ce qu’un habitat ? » ou « Pourquoi certains animaux sont en danger ? »

    L’essentiel de l’ouvrage est une présentation de la diversité d’espèces du règne animal, sectionnés en grandes catégories : mammifères, oiseaux, insectes, etc. Avant chacune de ces sections une petite définition simple permet de catégoriser et de caractériser ces groupes.

    J’ai particulièrement aimé les présentations « bonus » parcimonieuses mais efficaces, comme certains squelettes intéressants, ou des détails physiologiques ou précisions mécaniques sur le pourquoi du comment de telle ou telle prouesse animale. De même, on trouve dans ce livre une sélection de sites internet pour aller plus loin (mais qui doit fatalement vieillir très vite).

    L’ouvrage a un très large spectre, ma fille l’a regardé abondamment dès trois ans, mais il est vraisemblablement plus adapté pour l’école primaire et le collège, sans être ringard au collège et sans être par trop compliqué à l’école primaire.

    Je vous le conseille donc sans arrière-pensée et sans crainte aucune quant à votre satisfaction, car la reliure est aussi à la hauteur. Son seul défaut pourrait éventuellement venir de son poids, quoique je puis vous affirmer que ma fille dès trois ans le trimballait déjà un peu partout. Mais gardez à l’esprit que toutes ces considérations ne sont que mon avis, c’est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 3.00/5
    Par marina53, le 27/10/2014


    Une poignée d'argile de Marie-Sabine Roger

    Son père est parti du jour au lendemain, sans crier gare. Alors qu'il se rendait comme tous les jours au boulot, rien ne laissait paraître qu'il n'allait pas revenir pour manger. Sa mère et elle l'ont l'attendu... En vain. Le pire scénario est envisageable et l'attente interminable. Quarante jours, il leur aura fallu attendre pour enfin savoir ce qui lui était arrivé. Quand les gendarmes sont venus leur annoncer qu'il était tout simplement parti refaire sa vie ailleurs et qu'il ne voulait plus les voir, ce fut un véritable choc. Peut-être même pire que s'il était mort. Des tas de questions se bousculent alors dans la tête de cette adolescente. Pourquoi son propre père ne veut-il plus la voir? Pourquoi les avait-il abandonnées? A partir de ce moment, sa vie prend un tournant: il y aura sa vie avec son père et sa vie sans lui. Dès lors, elle et sa mère ne partagent presque plus rien, chacune s'enfonce dans son propre chagrin, la communication s'étiole. Sa mère en vient même à reporter sa colère et sa douleur sur sa propre fille...

    Dans ce roman autobiographique, Marie-Sabine Roger nous livre un moment fort de son enfance, à savoir la disparition de son papa. Du jour au lendemain, elle se retrouve seule avec sa maman avec qui elle ne partage rien. Elle grandira sans lui et malgré cela, elle ne cessera d'y penser, de l'imaginer dans sa nouvelle vie et à rêver qu'un jour il reviendra. Elle assistera impuissante au naufrage de sa mère. Heureusement, elle va faire la rencontre d'un personnage haut en couleurs (normal pour un fleuriste) mais surtout elle s'adonnera à l'art. L'auteur dépeint tout en finesse et poésie l'adolescente qu'elle était et son ouverture au monde grâce à la sculpture. Entre le manque de dialogue entre la mère et la fille, la confusion des sentiments et l'envie de s'envoler, l'on est plongé en pleine adolescence. Un roman tendre et touchant...

    Une poignée d'argile et des poussières d'étoiles...

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 14/10/2014


    Rosy & John de Pierre Lemaitre

    Une journée de mai qui s'annonce estivale, l'on déambule dans les rues, l'on fait du shopping, l'on croise ce petit garçon qui se rend à sa leçon de musique, la clarinette sur l'épaule, ou cette jeune fille qui regrette déjà d'avoir refusé les avances de ce beau jeune homme ou encore ce couple, attablé à la terrasse d'un café et qui observe leur voisin au comportement bizarre... L'on pourrait s'attendre à une journée tranquille... Aussi, lorsqu'une violente explosion emporte quasiment tout sur son passage, faisant éclater les vitrines des magasins, projetant les corps à des dizaines de mètres ou faisant s'écrouler l'échafaudage, tout vole en éclat, la rue Joseph-Merlin ressemble à un champ de bataille. Ici et là, des corps, du sang, des débris et une poussière aveuglante. S'ensuivent les cris, les hurlements, les larmes... Pas de mort mais de nombreux blessés à déplorer...
    Un jeune homme n'a rien perdu de cette scène effroyable. Et pour cause, c'est lui le poseur de la bombe. Il a même tout filmé, histoire de prouver aux flics qu'il en est bien l'auteur. Jean, c'est le nom qu'il donne aux flics justement lorsqu'il s'est présenté à eux, même si son vrai nom est John. Un témoin est formel, c'est ce gars-là justement qui était attablé à côté d'eux. Tout ce qu'il veut est bien simple: un passeport et un billet d'avion pour l'Australie pour lui et sa mère, 5 millions et il ne veut parler qu'à Camille Verhoeven sinon il fait sauter les 6 autres obus qu'il a disséminés un peu partout...
    Coincé dans les embouteillages à cause de cette explosion, Camille peine à rentrer chez lui. Après ce week-end, il lui tarde de retrouver son amie Anne mais les choses semblent en avoir décidé autrement...

    Revoilà Camille Verhoeven pour une mini-enquête, un demi-volume comme le souligne, dans la préface, Pierre Lemaitre qui a été sollicité pour remettre au boulot ce cher commissaire. A la tête de cette enquête originale, déconcertante et où le temps est compté, il devra faire preuve encore une fois de patience et d'ingéniosité pour en venir à bout. Dès les premières pages, l'on est transposé au cœur même de Paris, là où tout a commencé, lors de l'explosion. Le poseur de bombes, 7 au total programmées à raison d'une par jour, exige de Camille la liberté pour lui et sa mère. En trois jours, l'affaire sera réglée. Heure après heure, l'on suit le cours de l'enquête à un rythme effréné. Le suspense est maintenu jusqu'à le dernière page, les personnages complexes et Camille au mieux de sa forme. Que dire si ce n'est que Lemaitre excelle même dans les mini-polars. Dynamique, accrocheur et simplement efficace...

    ♪♫ On s'aimait comme personne.
    C'était bon, Rosy & John
    Mais la vie, c'est la vie, et la vie... ♪♫

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 17/10/2014


    Les Rougon-Macquart, tome 6 : Son Excellence Eugène Rougon de Emile Zola

    Après un ouvrage, selon moi, franchement raté de son cycle (La Faute De L'Abbé Mouret), Émile Zola signe avec ce sixième livre de son histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire, un roman à la frontière du roman historique et du documentaire.

    Il est vrai qu'on peut probablement reprocher à son auteur une trame pas toujours captivante, quoique se lisant sans déplaisir. Par contre, cette œuvre nous imprègne parfaitement des mœurs du milieu politique de l'époque et est donc indispensable à la bonne compréhension de cette période de l'histoire du XIXème siècle.

    Personnellement, je vous conseille de le lire en quatuor parmi La Curée (le n° 2 des Rougon-Macquart), Nana (le n° 9) et L'Argent (le n° 18). Ainsi, vous aurez un panorama assez complet du mode de vie dans les hautes sphères de la société parisienne sous le second Empire, entre le brillant et le sombre, entre le légal et l'interlope.

    Émile Zola peint un portrait bicéphale, l'un étant Eugène Rougon, en disgrâce pendant une bonne moitié du roman puis ministre dans la seconde, l'autre étant Clorinde Balbi alias, dans la réalité, celle qui fut surnommée La Castiglione, maîtresse attitrée de l'empereur Napoléon III.

    On y découvre le travail souterrain ou en sous main réalisé par des éminences grises pour porter leur poulain aux affaires et ainsi récolter des dividendes lorsque le poulain en question, à savoir Eugène Rougon, sera aux commandes. Puis nous voyons ces mêmes éminences de l'ombre se dépêcher de le trahir dès que la fontaine aux avantages sera tarie et alors reporter leurs suffrages sur un autre poulain providentiel... jusqu'au prochain !

    Zola nous endort un peu dans ce long cheminement mais développe, à mon avis, une démonstration efficace de ce qu'était la haute politique de l'époque. (Et est-elle très différente de nos jours ?)

    Évidemment, l'auteur ne se prive d'aucune intrigue historique qu'il se contente de condenser sur les seules épaules soit de Rougon, soit de Clorinde. Ces intrigues concernaient en réalité plusieurs personnages influents et étaient peut-être un peu plus espacées dans le temps, mais dans l'ensemble, Zola ne nous ment pas. Mentionnons que c'est dans cet opus que l'auteur donne un vrai visage et fait parler celui par qui tout est arrivé, à savoir Napoléon III lui-même.

    Tout compte fait, c'est un portrait étonnamment indulgent pour l'homme politique, présenté comme l'instrument, le pantin en quelque sorte de ceux qui tirent effectivement les ficelles et sont les vrais cyniques. (Est-ce différent aujourd'hui ? Quel financier n'est pas marionnettiste détenteur en ses mains des ficelles de quelques pantins politiques ?)

    Rougon est donc sujet aux éloges infondés comme aux trahisons iniques. Le personnage de Delestang me rappelle des politiciens à la Jospin (voire même un certain président normal élu plus récemment), poussés au pouvoir parce qu'ils n'effraient personne et qu'on peut les manœuvrer facilement.

    Eugène Rougon, lui, ferait davantage penser à un politicien à la Sarkozy, mis au purgatoire lors de la première élection de Chirac, puis ressorti comme l'homme providentiel au ministère de l'intérieur après les émeutes de 2005.

    Le personnage de Rougon est présenté, somme toute, comme quelqu'un d'assez probe mais contraint d'honorer des dettes morales envers ceux qui lui ont déroulé le tapis rouge et ainsi de se renier, à la manière d'un certain président qui fit campagne sur les plates bandes de l'extrême droite puis, une fois élu, fit des ronds de jambe à la gauche tout en octroyant de beaux cadeaux fiscaux à ses amis grands patrons... Comme quoi la morale de ce roman pourrait être : SE RENIER POUR RÉGNER.

    En conclusion, un roman pas forcément captivant mais pour le moins intéressant et qui cadre pleinement avec l'un des objectifs du cycle, à savoir, tracer une sorte d'historiographie de cette période-clé de l'histoire de notre pays. À noter, les commentaires d'Henri Mitterand pour l'édition Folio me semblent réellement excellents, mais ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 21/10/2014


    Le Labyrinthe de Dédale de Hélène Montardre

    Nul besoin d'aller jusqu'en Azerbaïdjan pour découvrir la mythologie à bas coût. C'est en effet une collection bien sympathique pour baigner sans effort nos bambins dans les eaux de la tradition mythologique grecque dont fourmillent nos expressions quotidiennes :

    - tomber dans un véritable dédale ; - suivre le fil d'Ariane ; - se brûler les ailes... pour ne citer que les trois plus fréquentes associées à cette histoire. C'est une belle idée de la part des éditions Nathan et une belle réalisation de la part d'Hélène Montardre. (Avec un prénom comme celui-là me direz-vous, pouvait-il en être autrement ?)

    Elle parvient admirablement à retranscrire la tradition dans un langage très accessible et vivant pour les enfants d'aujourd'hui, disons autour de 10 ans. Ils auront donc la joie de découvrir l'accession au trône de Minos en Crête, l'étonnante fécondation de son épouse Pasiphaé, les brillantes inventions préscientifiques de Dédale, le fameux combat du Minotaure et de Thésée dans le labyrinthe et la rocambolesque évasion de Dédale et de son fils Icare par les moyens que je laisse découvrir aux plus jeunes.

    Simple, accessible, évident, agréable à lire, orné de quelques illustrations en N & B pas forcément indispensables mais qui rassurent les enfants et le tout pour moins de 5 €. Que demande le peuple ? En outre ce n'est bien évidemment qu'un avis, certes pas aussi inextricable que le labyrinthe de Dédale, mais bien alambiqué quand même, c'est-à-dire, très peu de chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 27/10/2014


    Merry Gentry, Tome 1 : Le baiser des ombres de Laurell K. Hamilton

    Du sexe ? Oui et alors ?
    Premier tome d'une série qui en compte à ce jour 8, de l'auteure de la célèbre Anita Blake (qui avait déjà écrit 9 tomes de cette saga avant d'attaquer celle-ci).

    Merry Gentry, Meredith Gentry, la princesse Meredith NicEssus, princesse Unseelie, descendante de la famille royale Sidhe, un des sous-espèce les plus représentées du monde Fey, ou la magie est omniprésente.
    Le monde est informé de leur existence et a pleinement intégré leur présence.
    Merry, en lice pour le trône, bien que de sang mêlée et mortelle est en fuite car à la cour royale quelqu'un veut sa mort. Elle est donc détective privé dans une agence spécialisée dans la magie.
    Aussi quand elle est retrouvée et rappelée par la reine qu'elle soupçonne de noirs dessins à son encontre, tout ne va pas pour le mieux. Mais la reine a un deal à lui proposer et si elle arrive à survivre à ses ennemis, cela pourrait être sa planche de salut.

    C'est une de mes premières incursions dans l'urban fantasy sous section bit-lit pour adulte. J'avais une idée assez précise de ce que je recherchais, à savoir un texte teinté d'érotisme. Merry Gentry m'a été conseillée, et le conseil était bon.
    Le sexe fait partie intégrante de la bit-lit. Il n'y est pas obligatoire mais souvent présent. Et tant qu'à lire un texte érotico-fantastique autant y aller franco. Je ne cherchais pas non plus de la pornographie, il existe pour cela d'autres œuvres, y compris classiques, et internet en a permis l'accès sans aucune difficulté.
    Là, pour le coup, dans ce premier tome, tout tourne autour du sexe. Le thème principal, le fil rouge, la raison même de ce livre. Et quand on ne décrit pas la scène, on en parle, entre deux scènes bien sanglantes.
    Tout est facilité par le fait que les Feys sont des créatures des sens, qui n'ont pas le même rapport à la sexualité que les humains. Merry pourrait passer pour une sacré dévergondée si elle était humaine, mais elle est plus qu'à moitié Fey, donc en concordance avec sa culture.
    J'ai adoré le personnage de la reine, sorte de reine de cœur psychopathe et tortionnaire, maîtresse araignée au centre de sa toile, de sa cour royale des miracles, dangereuse et mortelle.
    Si le monde magique regorge de créatures différentes et que le sang coule à flots à de nombreuses reprises, pas de vampires classiques toutefois dans cette univers.
    Une histoire facile à suivre, facile à lire, un bon moment de détente sans prise de tête avec des codes définis. Oui ce n'est pas de la grande littérature, oui Lauren K. Hamilton ne concourra jamais pour le Nobel de littérature, mais ce n'est pas ce que je demandais à cette lecture. Et ce que j'y cherchais, je l'ai trouvé. Excellent.

    Un premier opus qui va poser le personnage de Merry Gentry, détective hyper-sexuée, en bute à des ennemis mortels et qui va certainement se servir autant de son corps que de son esprit pour résoudre les problèmes qui ne manqueront pas de se poser.

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 17/10/2014


    Le Virus Morningstar, intégrale de Zachary Allan Recht

    Une trilogie intéressante composée des trois titres ci-dessous détaillés :

    Le fléau des morts:
    Le général Franck Sherman, le lieutenant-colonel Anna Demilio et quelques autres acteurs vont assister et participer à la chute du monde tel qu'on le connait suite à la découverte et la propagation du virus Morningstar, dernier virus zombiesque connu du continent africain juqu'à évidemment les USA.

    Ce livre est un mix entre, je ne cite que ce que je connais, World War Z et Les chroniques de l'Armageddon. On a le droit en effet à une vision globale et mondiale de la propagation du virus, comme dans le livre de Brooks, avec la trame classique de la menace sous-estimée, la prévention étant sacrifiée sur l'autel économique, la tentative (ratée évidemment) des militaires pour contenir la menace. Et une seconde partie plus courte de road-movie avec une équipe de déserteurs compétents.
    Les zombies ou porteurs sont de deux sortes : mouvants (vivants et rapides) et trainants (morts et lents), un mix de ce qui se fait habituellement.
    L'histoire est crédible, le style clair et incisif, le côté militaire assez bien restitué. C'est plus primaire que World War Z et se rapproche plus dans le style des chroniques de l'Armageddon, et nous avons un premier tome sans temps morts à travers des chapitres restituant bien la gradation des événements : Fumée, étincelles, flammes, feu, incendie, embrasement, holocauste, retombées et cendres.

    En dehors de l'épisode NSA dont l'épilogue n'est pas crédible pour deux sous et l'utilisation un peu trop fréquente du terme foupoudav (foutue pourrie d'avance pour les non-adeptes du soldat Ryan), l'auteur nous livre un premier opus bien nerveux, qui se dévore en quelques trop courtes heures et qui appelle inévitablement à la lecture du second tome.

    Suivi de Les cendres des morts:
    On retrouve d'un côté le général Franck Sherman et son équipe, et de l'autre côté le Lt-colonel Anna Demilio, dans leur voyage vers le laboratoire d'Omaha, leur eldorado, en vue d'y développer un éventuel vaccin, le Saint-Graal.
    De rencontres improbables en rencontres amicales ou hostiles, ils se frayeront un chemin à coup de 9 mm et autres calibres mortels.

    La situation a été bien posée dans le tome 1. Ce second tome y fait d'ailleurs régulièrement allusion, ce qui peut être un plus, mais légèrement agaçant si on enchaîne la lecture des deux tomes.
    On y abordera aussi très rapidement la place des femmes et les dérives possibles (esclave sexuel), un épisode peu glorieux pour l'espèce humaine, mais un passage quasiment obligatoire dans ce monde post-apocalyptique où toutes les pulsions et instincts meurtriers des hommes sont exacerbés.
    L'action est omniprésente et le passage régulier d'un groupe de survivant à l'autre évite la lassitude et le sentiment d'overdose de violence. Car de la violence il y a, mais son traitement reste léger et on n'est pas dégouté ou horrifié par notre lecture. On tourne les pages frénétiquement pour connaître la suite.

    Et enfin : Survivants:
    Troisième et dernier tome de la série (une trilogie en trois tomes devient de plus en plus rare dans le monde de l'édition). il est à noter que l'auteur initial est décédé et le livre a été terminé par un ami.

    L'équipe d'Ana la virologue et du général Shermann est arrivée au labo d'omaha et a commencé ses recherches.
    L’équipe du capitaine Haris, arrive avec Stiles, l’immunisé, le sauveur de l'humanité.
    Mais s'est sans compter sur l'agent Sawyer, le méchant des deux précédents tomes, qui, on l'apprend ici, fait partie du groupe des états réunis d'Amérique, dirigé par le président du conseil d'état major, un groupe séparatiste qui s'oppose au groupe "ex-démocratique" dirigé par le président des États-Unis.

    Rassurez-vous, pas de complots en sous-main, pas de tergiversations hautement politiques ou philosophiques. Un troisième volet dans la lignée des deux précédents. Un peu plus mou, peut-être, les enjeux sont connus, il n'y a plus de surprise. Le scénario est couru d'avance, dernière ligne droite avant retrouvailles, retrouvailles, attaque du camp des méchants et deus ex-machina du camp des gentils qui vient sauver plus ou moins in extremis toute notre petite troupe.
    Il manque ici un peu de la ferveur donnée au récit par les deux équipes en road-movie des deux précédents tomes et je l'ai trouvé un peu brouillon.

    Cela reste néanmoins un bon page-turner dans un univers zombie crédible qui a le mérite de clore l'histoire..

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 18/10/2014


    Les Chroniques de l'Armageddon, intégrale de J. L. Bourne

    Journal d'un survivant face aux zombies :
    Premier tome d'une nouvelle série, qui a vu initialement le jour sur Internet avant de, face au succès, se voir publier.

    Il s'agit du journal d'un officier de la navy (une bonne résolution après une cuite du nouvel an) pour un monde zombie ultra classique ( ce qu'on croit être une "grippe" en chine, les gouvernements dépassés et tout le monde livré à soi-même ou presque) avec peut être une nouveauté : le cadavre irradié, plus rapide que la moyenne ?
    Il y raconte sa survie, au jour le jour, avec les rencontres qu'il fait, les combats qu'il mène et les sacrifices nécessaires à la survie de tous.

    Ce journal est écrit dans un style très simple, une narration à la première personne, utilisation du présent et du passé composé, comme tout bon journal qui se respecte, agrémenté de quelques photos et taches de cannettes de soda. Le point de vue d'un homme, donc pas de grande théorie ou de vision mondiale à la World War Z, mais plutôt un mix de The Walking Dead pour l'image et du dernier pilote de Hérault pour la partie voyage en avion.
    Forcément, tous ces univers post-apocalyptiques version zombies se ressemblent un peu, mais pour le peu d'expérience que j'en ai, j'ai trouvé celui-ci particulièrement immersif, très "page-turner".

    Cela se dévore, trop vite d'ailleurs (300 pages écrit gros), et appelle indéniablement à la lecture du suivant

    Exil.
    ce second tome nous permet de récupérer nos amis, là où on les avait laissés, avec un petit résumé en prime de ce qui s'est passé avant.

    L'action se déroule entre le 23 mai et le 23 novembre. Nos héros ont intégré une structure des forces armées américaines et la survie passe d'individuelle à collective, avant que Kilroy (non ce n'est pas son nom (voir "Kilroy was here" apparu en premier durant la bataille de Normandie (seconde guerre mondiale))) (et auteur du journal) (ouf, que de parenthèses) ne reparte de zéro, sans assistance dans un premier temps, puis aidé par une mystérieuse organisation hautement technologique.

    Le cadavre irradié, le dixième talentueux, confirme sa particularité, plus rapide, plus fort, plus intelligent (non ce n'est pas l'homme qui valait trois milliards) et ce second tome est plus ambitieux. Plus de moyens, une survie plus organisée. Le style gagne lui aussi en complexité, tout en restant très accessible. on est toujours dans la page-turner parfait, immersif et prenant. Limite à regarder sous le lit avant d'aller se coucher et éteindre la lumière.

    Une explication pour le moins surprenante sur l'origine de l'anomalie en fin de livre, qui préfigure ce qui devrait se passer dans le tome 3 et qui devrait prendre une ampleur mondiale.

    Opération zombie.
    Nous allons suivre cette fois le commando Phoenix à la reconquête de l'hôtel 23 suite à son abandon, le commando Hourglass, parti à l'assaut de la chine, suite aux révélations de la fin du tome 2, une petite équipe en arctique et Kilroy et Saien qui font la liaison et tenir la mayonnaise à bord du porte-avion puis du sous-marin.

    Après un premier opus assez intime, seul ou presque avec notre héros, un second plus, survie de groupe, l'auteur poursuit sur sa lancée et nous offre une vision plus globale de son univers.
    Avant toute chose, il faut faire le deuil des deux premiers tomes. Ce troisième livre n'est pas mauvais. Non, il est juste assez fondamentalement différent de ce qu'on avait lu avant du même auteur, et si on n'est pas préparé à ce changement, on est forcément déçu. Fini le journal intime, on revient à la trame classique, basique même du roman d'action zombie. Action et shootage à tout va de notre ami Zack par des équipes militaires solides et efficaces.
    Quelques points noirs malgré tout : Nos deux héros font de la figuration dans ce dernier opus. Un groupe de méchant (Remote6) peu crédible, dommage. Une fin réellement bâclée qui tombe comme un cheveu sur la soupe et expédiée en quelques pages, explications comprises alors que l'auteur nous l'a vendue comme l'opération du siècle dernière chance de l'humanité et tous les superlatifs.

    Bref, sympa à lire, mais clairement le moins bon des trois.

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 27/10/2014


    Le Réquisitionnaire - Un Épisode sous la Terreur - L'Auberge rouge. de BALZAC (Honore de )

    Ce livre regroupe trois nouvelles séparées dont les histoires se déroulent dans la seconde moitié de cette période éminemment troublée de la Révolution française et de ses conséquences.

    1) LE RÉQUISITIONNAIRE
    L'héroïne de cette histoire est une comtesse, madame de Dey, veuve d'un gradé militaire (c'est-à-dire, à l'époque, forcément un noble, or, en ces temps troublés de la révolution, il ne fallait guère faire montre de ses titres et de ses privilèges).

    C'est ce que madame de Dey a bien compris en se repliant en ses terres normandes, où elle mène une vie humble et non sujette à convoitise vis-à-vis des personnes importantes du cru, tout en étant généreuse et secourable pour les populations miséreuses qui voisinent son domaine, s'attirant ainsi une sympathie générale et unanime, qui lui laisse le droit de vivre sans trop de craintes cette période difficile pour l'aristocratie française.

    Mais madame de Dey, outre le fait d'être une belle veuve de trente-huit ans qui ferait un parti très convenable pour beaucoup de prétendants, est également la mère d'un fils qui représente tout pour elle et qui, lui, a dû s'exiler pour fuir la rage homicide révolutionnaire.

    Ce noble chérubin de dix-huit ans a, comme son père, embrassé la carrière des armées, mais bien évidemment, pas au service des autorités françaises.
    La vie calme et bien orthométrée de madame de Dey subit soudain un bouleversement lorsqu'elle reçoit un billet souillé qui lui indique que son fils a été fait prisonnier mais qu'il est question de négocier son évasion. Si cette escapade réussit, il sera chez elle dans quatre jours au plus tard, si elle échoue, qu'adviendra-t-il de lui ?...

    Honoré de Balzac nous dresse le décor d'une belle petite nouvelle savoureuse mais, je suis au regret de déplorer une chute que je juge particulièrement creuse et artificielle qui nuit à la bonne impression d'ensemble. Je suis donc plus que mesurée dans mon enthousiasme à conseiller cette nouvelle, qui est selon moi, loin d'être la meilleure de l'auteur.

    2) UN ÉPISODE SOUS LA TERREUR
    C'est ma préférée des trois. Ici, Honoré de Balzac nous offre une nouvelle assez particulière, sans le caustique habituel ni le luxe de description. Ici, tout est épuré et, une fois n'est pas coutume, il fait l'éloge de ses personnages.

    Un mystérieux homme (je cache volontairement son identité afin de ne pas ruiner l'effet recherché par l'auteur) vient réclamer une messe clandestine à un abbé, terré dans une mansarde miteuse aidé de deux sœurs dévotes. (Vous avez compris que la Terreur est bien entendu cette période de la Révolution française durant laquelle les têtes volaient un peu plus que de coutume sous le grand couperet de la guillotine, surtout si l'on était, de près ou de loin, ami du clergé ou de la noblesse.)

    Le plus étonnant est que l'étranger en question vient, très solennellement, demander une messe pour... le feu roi Louis XVI ! Balzac sait y être poignant et célébrer le dénuement et la dévotion. Bref, un beau petit bijou de nouvelle.

    3) L'AUBERGE ROUGE
    Cela commence presque comme un polar, on se dit que la clef de l'énigme va résider dans la découverte de l'identité du coupable et... en fait non.
    La coupable, on le devine assez vite et Balzac ne fait rien pour faire augmenter trop le suspense.

    L'intérêt de l'intrigue est que, sachant le coupable parmi nous, quels rapports allons-nous entretenir avec lui. Ce n'est pas si fréquent comme questionnement et c'est donc tout à fait pertinent que son auteur ait placé ce texte dans la catégories des " études philosophiques" de sa Comédie Humaine.

    En effet, ça change tout si vous apprenez que la belle héritière que vous convoitez est la fille d'un homme qui a perpétré une vilenie. Vous savez que sa position, sa fortune vient de là, mais pourtant, elle ne l'a pas faite pour autant, elle, cette vilenie. Alors que faire ? Vous voyez le genre d'interrogations que cela peut soulever ?

    En deux mots, l'histoire prend place dans le contexte de la fin de Révolution et de la toute jeune accession au pouvoir de Bonaparte, lors des mouvements de troupes française sur les bords du Rhin en Rhénanie. Deux jeunes chirurgiens viennent rejoindre leur bataillon et, en cours de route, s'arrêtent à l'auberge rouge.

    La demeure est pleine à craquer et c'est à grand peine qu'on trouve encore de la place pour loger les deux Français. Soudain, arrive un négociant allemand d'Aix-la-Chapelle escorté de deux bateliers. Vraiment, il n'y a pas moyen de loger les deux bateliers qui vont s'en retourner finir la nuit sur leur embarcation, mais en se tassant un petit peu, les deux Français arriveront peut-être à faire une petite place au négociant, sachant qu'en plus il se promène avec une mallette pleine de cent mille francs en or et en diamants...

    En somme, une nouvelle que je qualifierais de bonne, mais sans plus. C'est d'ailleurs l'impression d'ensemble que je retiendrai pour l'ouvrage, franchement pas désagréable, mais pas non plus du niveau dont on sait l'auteur capable quelquefois. Retenez cependant que ce que j'exprime ici n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 18/10/2014


    Antony de Alexandre Dumas

    Avec Antony, il y a l'œuvre et il y a le contexte. J'ai toujours tendance à croire que l'œuvre doit se suffire à elle-même et qu'il n'est point besoin, normalement, de connaître le contexte pour en profiter. Je fais aujourd'hui une petite exception.

    Si l'on lit aujourd'hui Antony hors tout, on y voit une pièce honnête, un drame centré sur le paroxysme d'une relation amoureuse. Pourquoi pas ? mais rien qui puisse nous arracher des tonnes de Hourra ! et des quintaux de Bravo !

    Or, si l'on y risque un regard attentif, si l'on s'interroge sur la main qui a écrit ces lignes, on y lit quelque chose de beaucoup plus profond, de beaucoup plus intime, de beaucoup plus atroce et tragique, quelque chose qui porte le sceau du réel et du vécu.

    Je ne vous apprendrais probablement pas qu'Alexandre Dumas était le petit fils d'un marquis de haute noblesse normand, le fils d'un général de la révolution française puis d'empire qui s'était notablement illustré au combat. Bref, tout pour être fier de ses origines et de son nom.

    L'ennui, c'est que le grand père en question, Alexandre Antoine Davy de La Pailleterie, a eu la mauvaise idée de faire quatre enfants à son esclave noire des plantations de Saint-Domingue, dont le nom de famille était Dumas. L'ennui, c'est qu'il n'a pas hésité à vendre ses propres enfants bâtards en qualité d'esclaves.

    Dans je ne sais quel remord, il en racheta un qu'il ramena en France et auquel il donna l'éducation d'un gentilhomme. Ce dernier fera carrière et s'illustrera dans l'armée.

    Alexandre Dumas se sait donc issu de la noblesse, se sait donc fils d'un général illustre, mais en sa qualité de quarteron, il subit sa vie durant le lot ordinaire des remarques et des insultes racistes. Il est souvent comparé à un singe. Il a l'intelligence de savoir passer au-dessus mais les blessures sont bel et bien là et elles sont indélébiles.

    Donc, lorsque nous examinons cet Antony, on y retrouve bon nombre des traits et des fêlures, des blessures et des amertumes qui assaillent le quotidien du véritable Alexandre Dumas.

    Dans cette pièce, Antony est un orphelin, qui n'a donc ni nom ni famille, et ne doit sa fortune qu'à une main extérieure. Tout le monde loue ses qualités individuelles dans le monde, mais aucune femme ne souhaiterait se commettre avec un tel parti.

    Le tragique d'Antony c'est qu'on ne le regarde jamais lui, pour ce qu'il est vraiment, mais seulement par son pedigree et qu'ainsi, toutes les portes de la " bonne " société lui sont fermées. La seule qui semble passer outre ses considérations est Adèle.

    Ils furent l'un l'autre réciproquement très amoureux. On sait simplement qu'Antony dut s'absenter durant quinze jours et que ces quinze jours furent en réalité trois ans. Pourquoi s'échapper ainsi ? Qu'advient-il de lui, qu'advient-il d'Adèle durant ces trois années ? Pourquoi revenir ? Quelle situation va-t-il trouver à son retour ? Qu'en pensera le monde ?

    Autant de questions auxquelles je ne me permettrai pas de répondre. Reste un drame brûlant d'amour de bout en bout où palpitent les cœurs tiraillés entre les voix de la passion et du qu'en dira-t-on ? Bref, un drame qui vaut la peine d'être lu, probablement moins pour lui-même que sur ce qu'il nous apprend de la brûlure qui consumait le cœur de l'auteur.

    En outre, ce n'est bien entendu qu'un quarteron d'avis, c'est-à-dire, très peu de chose.

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    • Livres 2.00/5
    Par Nastasia-B, le 14/10/2014


    Lucky Luke, tome 3 : Dalton City de Morris

    On pourrait disserter des heures sur les bienfaits et les inconvénients respectifs de la contrainte ou de l'absence de contrainte dans la production artistique.

    Les auteurs, Morris et Goscinny, dont vous savez par ailleurs tout le bien que je pense, ont œuvré pendant des années avec l'éditeur Dupuis. Les aventures de Lucky Luke paraissaient en épisode dans le journal Spirou.

    Morris, mais surtout Goscinny se plaignaient du carcan que représentait l'appartenance à Dupuis (cahier des charges avec une certaine morale à respecter, certains sujets à ne pas aborder, albums brochés jugés de trop faible qualité comparés aux albums cartonnés, faible publicité faite autour de la série Lucky Luke qui n'est considérée par l'éditeur que comme une parmi d'autres et, bien évidemment, les sempiternelles questions d'argent).

    Bref, tout ceci concourt à la migration de Lucky Luke de Dupuis vers Dargaud, l'éditeur attitré de Goscinny qui édite déjà Astérix et Iznogoud. De même, la publication en feuilleton passera de Spirou au journal Pilote dont Goscinny est alors le fondateur/rédacteur en chef.

    Deux aventures avaient été créées à l'époque Spirou mais s'étaient vues publiées par Dargaud (en raison du délais entre les deux sorties). Il s'agissait de La Diligence et du Pied-Tendre, deux histoires d'une grande qualité, faisant suite à une belle série de six superbes albums.

    Dalton City est donc la première aventure de la nouvelle ère " sans contrainte " pour Morris et Goscinny. On y voit donc apparaître quelques danseuses à la gouaille et au style assez évocateur... On retrouve avec plaisir nos chers amis les Dalton. Rantanplan y est aussi.

    Mais il y a un hic, cette histoire est creuse, aussi creuse que le gros gâteau de la couverture. C'est un album vraiment médiocre, voire faible, où finalement, le fait d'être débridé n'a absolument servi à rien aux auteurs.

    Le dessin de Lucky Luke lui-même commence à se dégrader (notre héros qui avait jusqu'alors un tout petit nez commence à avoir un gros pif, il est souvent représenté les yeux fermés et sans véritable expression, trait qui s'amplifiera au fur et à mesure des albums, que vous pouvez comparer au profil qu'il présente dans les albums situés dans la vingtaine de la série Dupuis.

    Même Goscinny lui donne un rôle plus secondaire, une sorte de caricature de lui-même, trait qui sera renforcé dès l'album suivant, Jesse James). Le scénario semble prometteur, au départ. Un vieux filou, en la personne de Dean Fenton, a eu l'idée de recycler une ville champignon désaffectée pour en faire un repaire de bandits.

    Tous les truands des environs se regroupent donc pour faire couler l'argent à flots à Fenton-City, ville sans foi ni loi, ou plutôt si, qui a une loi, celle que justement les représentants de la loi y soient interdits. Mais c'est sans compter sur l'intrépide Lucky Luke qui met à lui seul la ville à genoux et Fenton derrière les barreaux.

    Une fois au pénitencier, Fenton raconte ses exploits et sa vie dorée d'avant, qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd, mais de quatre sourds, vous voyez de qui je veux parler...

    Grâce aux mérites d'un télégraphiste peu expert de la prison, Joe Dalton se retrouve libéré par erreur et en profite pour faire sortir ses petits frères (qui sont tous plus grands que lui). Dès lors, les quatre despérados en costume de guêpe vont faire renaître la ville du vice et l'appeler Dalton City.

    Certes, il y a bien une succession de gags comme d'habitude, mais je ne les ai pas trouvés particulièrement drôles. Certes, on note un premier essai de Goscinny pour donner un semblant d'identité " aux deux Dalton du milieu ", ici ce sera William qui sera amoureux de Lulu Carabine en même temps que Joe et qui le jalousera amèrement. (Goscinny essaiera aussi d'individualiser un peu les deux du milieu dans L'Héritage de Rantanplan où ce sera Jack qui aura la manie de parler chinois).

    Mais hormis la scène de la danseuse cachée dans le gros gâteau-surprise confectionné par Averell qui est vraiment drôle, tout le reste fait pâle figure. Rantanplan est insipide, Averell qui tout au long de l'album a beau fredonner la chanson de Joe Dassin reste pour le moins en très petite forme, et donc l'ensemble est bof, bof, bof.

    Il en sera de même pour les deux albums suivants franchement piètres (Jesse James et Western Circus), puis un album moyen sans être du tout génial (Canyon Apache) et ce n'est qu'avec Ma Dalton que le duo " sans contrainte " Morris et Goscinny retrouvera la grande forme de l'époque " avec contrainte ".

    Voici un avis assez sévère mais que je crois honnête, qui vaut ce qu'il vaut, c'est-à-dire pas grand-chose, à vous de vous faire votre propre opinion sur cet album que (vous l'aurez compris) je ne vous conseille pas.

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    • Livres 0.00/5
    Par Nastasia-B, le 26/10/2014


    La victoire ou... rien ! de Vic Elford

    Voilà bien la première fois que cela m'arrive ! Je vais vous parler d'un livre que personne ou presque n'a lu ni ne lira jamais, et que je ne suis pas sûre de lire moi-même un jour, sauf à titre d'hommage posthume pour quelqu'un qui m'est cher. (Peut-être..., et encore... ce sera à voir au moment où ça arrivera...)

    Qui connaît encore l'ancien pilote automobile Vic Elford ? Personne sauf deux ou trois cousins à lui et quelques vieux nostalgiques d'une période révolue, un soi-disant " âge d'or de la course automobile ". Pourtant, au risque de vous surprendre, je connais très bien ce livre, à tout le moins sa couverture ou, pour être définitivement plus précise, la tranche jaunie de ce livre. C'est même probablement la tranche de livre que j'ai le plus contemplé dans ma vie.

    Petite explication. J'ai grandi dans un milieu culturel qu'on pourrait qualifier sans peur de défavorisé et où les livres n'occupaient pas une place impressionnante. Pour dire le vrai, l'ensemble du trésor familial tenait dans une minuscule vitrine qu'on n'avait pas jugé bon de mettre à la vue de tout le monde ni surtout de rendre particulièrement accessible.

    Non, cette vitrine se trouvait coincée dans l'un des angles les plus sombres et humides de ma chambre, histoire d'être bien certain que les moisissures y prospèreraient. Il devait y avoir deux ou trois livres de recettes qu'on n'ouvrait jamais, un ou deux livres sur le jardinage ou la reconnaissance des oiseaux qu'on consultait à l'occasion et, et, et...

    Trois splendides ouvrages dédiés aux pilotes de formule 1 ou d'endurance des années 1960-1970. L'un devait concerner Henri Pescarolo, le second, Gérard Larrousse peut-être bien ou Jean-Pierre Beltoise, l'un des deux, je ne sais plus trop, et le troisième, vous avez deviné, un certain Vic Elford.

    Il est très important pour la bonne intelligence de ce récit de bien saisir à quelle occasion ces trois ouvrages majeurs furent acquis. Ils devaient tous provenir de la même librairie, du côté de Montluçon, et avoir été achetés successivement à moins d'une semaine d'intervalle tandis que mon père s'ennuyait comme un rat mort au fond d'une citerne à mazout et qu'il essayait désespérément de se faire réformer. Démarche demeurée infructueuse durant ce laps de temps de trois semaines mais finalement victorieusement mise à exécution, passée cette période d'essai non concluante.

    Vous voyez probablement où je veux en venir. Ce livre détenait un fort stimulant de la testostérone qui conduisit mon paternel à se battre tel un enragé pour gagner son statut presque homologué d'objecteur de conscience. Trois semaines au service du ministère de la défense et pas une de plus. Et tout cela, c'est au vénéré Vic Elford qu'il le doit : la victoire ou... rien !

    Une fois libéré de ses obligations militaires, mon père n'éprouva pas le besoin incoercible de retourner en librairie une nouvelle fois dans sa vie, précepte auquel il est resté fidèle jusqu'à ce jour. Quant à moi, des années durant, du soir en allant me coucher jusqu'au matin avant de me lever, j'ai partagé mes rêves de petite fille avec un certain Vic Elford, un gars qui se fichait de tout, sauf de la victoire.

    Pourtant, je suis au regret, mon bien cher Vic, de vous annoncer qu'en ce qui concerne la lecture de votre ouvrage, et ce jusqu'à aujourd'hui, vous n'avez pas emporté la victoire et vous vous êtes contenté du rien, si sauvagement exprimé dans votre titre. Pourtant, voyez-vous, mon cher Vic, j'ai comme une forme d'affection pour vous, sans même savoir un traitre mot de ce dont vous parlez dans votre livre. Tout simplement parce qu'il a pour moi le parfum de l'enfance et de la nostalgie.

    La victoire ou... rien ! J'en ai presque les larmes aux yeux quand j'y repense. Je n'avais pas songé à cet ouvrage depuis des années et des années. C'est simplement une conversation avec une lectrice qui m'a fait remonter le parfum de cette madeleine. Oui, je sais bien Marcel, ma madeleine à moi est un rien moins poétique que la vôtre, mais une madeleine c'est une madeleine, n'est-ce pas ?

    Vous aurez compris que ce que j'ai écrit aujourd'hui n'est même pas ce que l'on peut appeler un avis, qui bien sûr ne pourra jamais se targuer d'une quelconque victoire. Alors qu'est-ce que c'est ?... rien !

    P. S. : dédié à Laura.

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