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Critiques les plus appréciées

    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 18/09/2014


    Toutes voiles dehors de Alexander Kent

    Toujours excellent.
    Il s'agit du dix septième tome (neuvième dans l'ordre chronologique entre Mutinerie à bord et En ligne de bataille) écrit après A l'honneur ce jour là.

    Nous sommes en 1792 et c'est toujours la paix avec demi-solde pour la plupart des officiers du roi. Bolitho se voit proposer un poste dans le Nore, recruter des marins pour le roi et lutter contre les contrebandiers. Il sera à la tête d'une flottille de 3 cotres à huniers. Il se languit de son commandement de son ancienne frégate, mais un poste, surtout en temps de paix, ne se refuse pas. D'autant que la partie n'est pas du tout jouée et bien des aventures l'attendent avec à ses côtés son fidèle Allday.

    Un nouveau retour en arrière. A.Kent comble peu à peu les trous dans la carrière de son héros et comble ainsi nos espérances.
    Une nouveauté dans ce tome qui verra Bolitho s'essayer au rôle de barbouze et contraint de mettre un mouchoir (mais provisoirement) sur sa moralité exemplaire pour collaborer ne serait-ce que brièvement avec de vils contrebandiers (la plaie du roi en temps de paix, mais bien pratiques en temps de guerre ou presque). Bolitho est confronté à la real politique.
    Un livre bien construit, en deux grosses parties (la chasse au contrebandier et la partie hollandaise) avec un bon dosage entre action en mer et enquête pour démasquer la tête du réseau de la confrérie.

    La suite de mes lectures : Un seul vainqueur.

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    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 14/09/2014


    L'option Excalibur de David Weber

    Les arcs et les flèches au pays de la sf
    Un one shot de mon auteur de sf militaire préféré édité en 2002 (2011 pour la VF).

    Sir George Wincaster guerrier anglais du début de la guerre de 100 ans, est enlevé par un mystérieux extraterrestre avec près de 1000 de ses hommes, pour mettre à profit leurs compétences guerrières au profit d'une mystérieuse guilde et combattre d'autres races extraterrestres peu avancées technologiquement. La suprématie des archers anglais et de sa cavalerie fera la différence. Mais avant tout, se libérer du joug de leur geôliers sera leur moteur et leur but ultime.

    Ce pitch n'est pas sans nous faire penser à celui de Les Croisés du Cosmos de P. Anderson remis au goût du jour.
    Weber adore transposer les combats et stratégies militaires d'un autre temps dans le futur, (voir Les héritiers de l'Empire), les aventures maritimes, son petit prologue en bateau avant de développer la marine plus tard dans sa série sanctuaire et son premier tome : Cap sur l'Armageddon.
    Son récit est truffé de piques anti-françaises. En même temps, de la part d'un Anglais du quatorzième siècle, quoi de plus naturel.
    Par contre, on reproche parfois à Weber de délayer un peu trop la sauce, mais pour le coup, dans ce petit page-turner bien nerveux, c'est exactement le contraire. La première partie sur l'enlèvement et les combats sous asservissement aurait pu sans soucis être développée un peu plus et faire un premier livre de bonne facture, ce qui aurait permis un second tome sans aucun souci sur la libération et la création de l'Empire d'Avalon (vous comprendrez en lisant le livre), voir un troisième sur l'opposition avec la fédération. Alors que là, en 50 pages, l'auteur balance toutes ses idées et les explications et présentations n'en finissent plus au détriment de l'action. Dommage, bien dommage de n'avoir pas une chouette petite trilogie sur l'univers développé au lieu d'un seul petit livre. non ?

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 05/09/2014


    La Petite Roque de Guy de Maupassant

    La Petite Roque devait être, je crois, le seizième ou dix-septième recueil de nouvelles de Guy de Maupassant que j'abordais, et pourtant je puis vous dire qu'il me fit forte et bonne impression. Neuf nouvelles seulement, mais pas moins de trois joyaux (selon mes critères de désignation du " joyau ").

    La nouvelle titre est une nouvelle en deux temps (donc en théorie, plus une nouvelle stricto sensu, mais on s'en fiche de la théorie), qui débute comme un polar et qui bascule dans le thriller psychologique. Particulièrement bien écrite, on sent que son auteur a cherché à la peaufiner plus que d'autres. La première partie pourrait, à l'extrême, se résumer par " Qui donc a bien pu assassiner la petite Roque ? " La seconde ne doit absolument pas être dévoilée sous peine de nuire gravement à sa lecture. En tout cas, un chef-d’œuvre.

    L'Épave raconte un instant, un bref instant, même pas une nuit complète — un bout d'après-midi et une portion de nuit — où deux êtres se sont croisés, se sont émus et se sont dit adieu. Comme écrivait Baudelaire, une manière de " Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais ". Maupassant excelle dans ce périlleux exercice de la capture d'un instant et des émotions qui l'accompagnent.

    L'Ermite nous pose indirectement une question : " Quel drame, quel événement inavouable, quelle peine de corps ou de cœur peut bien expliquer qu'un humain choisisse spontanément la réclusion hors du monde ? " Cette nouvelle me rappelle un peu Le Port dans le recueil La Main Gauche.

    Mademoiselle Perle est, quant à elle, l'un de ces inappréciables petits trésors nés sous la plume de l'auteur, qu'il nous a légué en guise d'héritage et que nous devons chérir. Un drame sublime, sans violence, en douceur, tout en doigté et en subtilité. Un velours, une façon quant à elle de " Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui NE le savais PAS ". Probablement l'une des toutes meilleures nouvelles de Guy de Maupassant, tous recueils confondus, vraisemblablement du calibre de Madame Baptiste.

    Rosalie Prudent, ce n'est presque rien (c'est ironique, bien sûr), juste le conte d'un infanticide ordinaire perpétré par une pauvre fille sans le sou. L'une des fables horribles du quotidien dont il savait si bien se faire l'écho.

    Sur Les Chats est un vague éloge de la condition féline.

    Madame Parisse est une x ième nouvelle sur l'adultère et la passion contrariée.

    En revanche, Julie Romain est plus intéressante. Elle aussi évoque un thème de prédilection de son auteur, à savoir, l'outrage du temps qui passe, les abîmes qu'il crée, et autres effets de la nostalgie. Ici, Julie Romain est une ancienne actrice, ancienne convoitée, ancienne égérie tant d'un peintre en vue que d'un poète de renom, tous deux aujourd'hui disparus. Ne reste qu'elle, elle que son public a oublié, elle, flétrie, amoindrie, méconnaissable, elle dont seuls les souvenirs ont le lustre d'antan. Quelle sensibilité Monsieur de Maupassant. Chapeau bas l'artiste.

    Enfin, cerise sur le gâteau, la somptueuse Père Amable, qui nous dépeint l'archétype du vieux paysan normand, vieillard taiseux, avare mais fier, à l'instar du Père Milon. Encore l'une de ces scènes de rien de la vie paysanne normande, qu'on pourrait vulgairement classer dans la catégorie " faits divers ", mais racontée avec tellement de force et de conviction qu'elles en deviennent célestes, éblouissantes... maupassantesques si j'ose dire !

    À noter, et c'est là la substantielle supériorité des nouvelles normandes par rapport aux autres de l'auteur, la vérité du parler. Pour être native de ces contrées normandes, je puis vous affirmer (au travers de ces deux exemples pris au hasard dans Le Père Amable) que l'emploi (dans le fil de la narration et non entre guillemets) du mot " colère " en qualité d'adjectif ou celui de " cour " pour désigner un pré ont un parfum de terroir authentique. Pour moi, Maupassant est avant tout l'interprète des réalités régionales, le Pagnol ou le Steinbeck normand, en quelque sorte.

    Mais tout ce bavardage, toute cette inutilité n'est que mon avis, fragile, friable, érodable, c'est-à-dire pas grand-chose. Le mieux que vous ayez à faire est d'oublier ce commentaire et d'ouvrir La Petite Roque, car ça c'est vraiment du roc.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 15/09/2014


    Mrs Dalloway de Woolf Virginia

    Je ne vais pas vous mentir, Mrs Dalloway n'est pas un roman particulièrement facile à lire ni accessible si vous n'y êtes pas un minimum disposé. Il faut y mettre une certaine dose de bonne volonté, notamment si vous affectionnez l'action, car c'est très psychologique, très intériorisé, tout le contraire du mouvement.

    Mais lorsqu'on accepte les règles et de jouer le jeu, de faire l'effort de rentrer dans la tête des personnages et non d'être le témoin de leurs actions, c'est vraiment une expérience littéraire de grande beauté.

    Virginia Woolf développe un style bien à elle, très féminin, très subtil, qui tranche singulièrement avec l'écriture masculine de cette époque-là, sauf peut-être de celle de D. H. Lawrence, avec de nombreuses épiphores, mais dans une mouture bien à elle.

    Si je devais vous décrire ce roman, je vous dirais que c'est un peu le complémentaire d'un portrait réaliste lorsque vous êtes dans un musée. Face au tableau, vous avez accès à son image à un instant donné, mais seulement à son image. Ce qu'il y a dedans, derrière la façade du regard, derrière les atours du vêtement, vous n'y avez pas accès, vous ne pouvez que l'imaginer, le conjecturer.

    Eh bien ici, c'est un peu comme si Virginia Woolf nous ouvrait les portes de ce mystère, comme si elle nous faisait la dissection psychologique de Mrs Dalloway, directement, certes, mais aussi en creux, par la médiation, par l'accès aux pensées d'un certain nombre de personnages qui gravitent autour d'elle.

    Il est probablement temps de s'arrêter quelques instants sur le titre du roman et sur le nom du personnage principal. Mrs Dalloway, c'est-à-dire Madame Untel, sachant que le Untel est son mari, c'est-à-dire, dans l'esprit de Virginia Woolf, que le personnage, par cette appellation, est dépossédé, jusqu'à son identité même. Aux yeux de tous, elle n'est que Madame Richard Dalloway, et plus Clarissa comme elle aimait à s'entendre appeler.

    Arrêtons-nous encore, si vous le voulez sur ce nom : Dalloway. Il suffit, pour s'en convaincre, de prendre une liste de patronymes anglo-saxons ou un vulgaire bottin pour s'apercevoir que malgré sa consonance très brittish, ce n'est pas un nom véritable, c'est une construction de l'auteur.

    Dally en anglais évoque la notion de badinage ou de papillonnage. Way désigne soit le chemin, soit la manière de faire. Virginia Woolf connaissait suffisamment de français pour connaître la signification du mot dalle, comme les dalles d'un sentier tout tracé dans le parc d'une maison de campagne.

    Ce titre, aussi anodin qu'il puisse paraître de prime abord, nous en apprend donc déjà beaucoup sur la perception qu'a l'auteur (et le personnage car on se rend vite compte que Clarginia Woolfoway ou Virgissa Dalloolf ne sont qu'un) sur son personnage : une femme enfermée dans une vie factice, faite d'apparences, où l'on se cache derrière un nom sans être jamais soi-même et où l'on suit des rails immuables, sans jamais pouvoir en dévier, comme lorsqu'on redoute de quitter les dalles d'un sentier de peur de se mouiller le pieds.

    Finalement, la vraie vie de Clarissa, ça aura été les badinages de sa jeunesse d'où le "dally way ". Ensuite, l'incarcération dans le mariage. Mais au fait, Clarissa, dites-moi, ça ne vous évoque pas quelque chose ? Un classique de la littérature anglaise (complètement oublié de ce côté de la Manche, malheureusement. Mais oui, bien sûr, Clarissa de Samuel Richardson au XVIIIe siècle).

    L'histoire de Clarissa (grosso modo parce que c'est un sacré pavé) raconte la résistance d'une jeune fille à un mariage d'intérêt que veut lui imposer sa famille, puis sa résistance à nouveau à accepter les avances du fourbe qui l'a enlevée pour échapper au mariage.

    Clarissa Dalloway n'est donc pas, selon moi, un nom choisi au hasard, mais il est au contraire éminemment vecteur de sens, ce que l'on retrouve dans le prénom du mari : Richard comme Richardson. Si l'on ajoute à cela que le véritable mari de Virginia s'appelait Leonard, la ressemblance de consonances entre Clarissa et Richard Dalloway d'une part et Virginia et Leonard Woolf d'autre part est saisissante.

    Oui, on lit beaucoup d'autobiographie cachée dans Mrs Dalloway. On y lit une volonté féministe farouche, à tout le moins, une volonté d’émancipation de la femme, enfermée dans l'étau du mariage et du qu'en dira-t-on. Le contraste est d'ailleurs particulièrement saillant avec le personnage de Sally, l'amie de jeunesse de Clarissa, dont on a peine à retenir le nom de famille, qui est toujours Sally, qu'on connaît pour elle-même et non pour sa fonction, qui se moque des convenances sociales (par exemple, elle s'invite à la réception de Clarissa sans y avoir été conviée). Elle seule semble être un personnage féminin parfaitement épanoui et à l'aise dans son costume.

    Il y a aussi la folie et le suicide, deux variables éminemment liées à la personnalité de l'auteur. Elles sont véhiculées dans l'ouvrage par le personnage de Septimus. Ceci permet au passage à l'auteur de régler un peu ses comptes avec les médecins psychiatres de l'époque et qu'elle a dû subir.

    En somme, vous êtes conviés à vivre une journée de cette mondaine, de cette haute bourgeoise d'une cinquantaine d'années, tout affairée à la préparation d'une réception pour le soir même. Chemin faisant, par des flash-back ou des évocations, vous pénétrez dans son intimité, dans le fond et le détail de ce qu'elle ressent et du regard qu'elle pose sur elle-même et sur les gens.

    Il y a une mélancolie certaine, un sentiment d'être passée à côté de quelque chose, notamment avec son grand amour de jeunesse Peter Walsh. Mais elle l'a refusé naguère, probablement parce qu'il ne présentait pas assez bien en société, probablement parce qu'il risquait de ne pas s'élever suffisamment socialement, probablement parce qu'elle voulait elle, s'élever et briller pour avoir le sentiment d'être quelqu'un...

    Elle s'aperçoit de son snobisme et le confesse volontiers. Elle a eu ce qu'elle voulait, un nom et une étiquette prestigieuse auprès d'un mari brave mais ennuyeux comme la pluie. Elle vit dans les beaux quartiers de Londres et brille de mille feux. Mais à l'heure des rides et du bilan, peut-être s'aperçoit-elle qu'elle a tout simplement oublié de vivre, oublié de vivre pour elle-même comme son ancienne camarade Sally, qu'elle retrouve avec une joie mêlée d'un gros pincement au cœur, de même que Peter, qui, après avoir erré aux Indes, est resté constamment épris de Clarissa... ô, elle qui le savait...

    Bref, un roman qui m'a vraiment touchée, une introspection subtile et forte qui ne laisse pas indifférents ceux qui se sont déjà colletés à ce genre de questionnements. En outre, ce n'est ici que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    P. S. : Outre la filiation que j'ai mentionnée avec la littérature du XVIIIe, on peut aussi voir une très nette filiation, au moins de cœur si ce n'est de style, avec Jane Austen. On trouve, aux environs du premier tiers du roman le passage suivant :
    « Car bien entendu c'était cet après-midi-là, cet après-midi précis que Dalloway était arrivé ; et Clarissa l'appelait " Wickham " ; tout avait commencé comme ça. Quelqu'un l'avait amené ; et Clarissa avait mal compris son nom. Elle le présentait à tout le monde comme Wickham. Il finit par dire : " Je m'appelle Dalloway ! " Ce fut la première vision qu'il eut de Richard — un jeune homme blond, plutôt emprunté, assis sur une chaise longue, qui laissait échapper : " Je m'appelle Dalloway ! " Sally s'en était emparée ; et par la suite elle l'appelait toujours " Je m'appelle Dalloway ! " »

    Ce passage ne peut que faire grandement penser à Orgueil Et Préjugés, où les personnages de Wickham et de Darcy seraient ici respectivement Dalloway et Walsh, mais, contrairement à l'héroïne de Jane Austen, Clarissa choisira " Wickham ", celui qui présente bien...

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, aujourd'hui


    Art de Yasmina Reza

    Dans « Art », Yasmina Reza pose des questions indécentes. Indécentes car embarrassantes. Embarrassantes car touchant trop à l’intime de notre façon de fonctionner, aussi bien en amitié qu'en société.

    Trois amis, Serge, Marc et Yvan, connaissent une amitié sans ombre depuis une quinzaine d’années. Jusqu’au jour où Serge achète le tableau d’un artiste contemporain renommé. Ce tableau coûte une petite fortune et est essentiellement blanc, peut-être avec de vagues nuances gris clair par-ci par-là.

    Ce tableau et tout ce qu’il représente (son acquisition à prix exorbitant, sa relation au monde « branché art », son apparent monochrome dénué de sens) va semer la discorde entre les trois hommes.

    Marc trouve le tableau absolument nul et ne se prive pas de le dire à Serge, qui forcément le prend mal. Marc essaie d’obtenir l’appui d’Yvan afin de convaincre le détenteur du tableau. Yvan ménage la chèvre et le chou dans une position fort inconfortable sachant qu’il est lui-même englué dans une affaire de mariage pas des plus simples à régler.

    Ce tableau va donc semer les graines de la discorde entre nos trois compères (lors de la création de la pièce en 1994, le rôle de Serge était tenu par Fabrice Luchini, celui de Marc par Pierre Vaneck et celui d’Yvan par Pierre Arditi) et faire ressortir bon nombre de non-dits et même faire questionner les protagonistes sur le fondement même de leur amitié.

    Quelle part d’égoïsme y a-t-il dans une relation d’amitié ? Quelle part d’accaparement ? Quelle part de manipulation ? Quelle part de vanité ? Quel rôle y joue l’étiquette sociale ? Quelle carte dans le jeu des relations amicales de l’autre jouons-nous et quelle carte dans notre propre jeu représente-t-il ? Pour quelle(s) raison(s) acquérons-nous des objets de valeur ? Quelle est la part du jugement esthétique et celle du jugement social que nous attribuons à certaines œuvres ? Qui sont les plus à même d’attribuer des significations aux œuvres abstraites ?

    Autant de questions (et probablement beaucoup d’autres) que soulève cette admirable petite comédie sociale, drôle, philosophicaustique, très corrosive par endroits, ironique souvent et dont vous auriez tort de vous priver. Mais tout ceci n’est que ma vision subjective de l’Art, autant dire, pas grand-chose.

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 14/09/2014


    L'art de péter de Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut

    À vos marques ! Pet ! Pétez !
    Un accord bref mais tonitruant, un vrombissement de moteur, un coup de fusil, faut que ça crépite dans les fonds de culotte... et advienne que pourra !

    Je vous accorde que ce n'est peut-être pas l'essai le plus philosophique qu'il m'ait été donné de lire (quoique, la philo, c'est toujours un peu foireux quand on y songe vraiment) mais ça fait du bien, parfois, de ne pas trop se prendre au sérieux.

    Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut aborde pourtant la question tout à fait sérieusement. La préface nous apprend qu'il s'agit vraisemblablement d'une manière de traduction, à tout le moins d'adaptation, d'un ouvrage similaire qui faisait grand bruit outre-Rhin à l'époque (ce qui se comprend au vu du sujet).

    Et, contrairement à ce que l'on pourrait croire de nos jours, il n'y avait apparemment pas que le côté déconnade qui intéressait son auteur. Il souhaitait qu'on parle de lui dans les salons mondains, certes, sur un tour comique et décalé, mais qu'on parle de lui.

    Paru en 1751, c'était l'âge d'or des salons mondains à la française où la répartie était reine et où Voltaire était roi. Et de ce point de vue, Hurtaut aura atteint son but puisqu'on se gaussera des gauloiseries qu'il y débite dans une langue riche et brodée de citations latines.

    Ceci dit, peu importe en ce début de XXIe siècle les motivations d'un auteur à écrire au milieu du XVIIIe un tel livre. Il en reste un parfum plaisant (je me comprends), quelque chose qui n'est pas sans rappeler dans la glose le docteur Diafoirus de Molière ou les accents de Rabelais dans l'éloge de la flatulence.

    On y lit, aussi, comme en filigrane, une légère mais subtile raillerie du comportement des personnes de qualité en société, qu'on jugerait un peu trop " coincées du cul ", pour reprendre une expression certes fort laide, mais très à propos ici.

    En somme, comme vous vous en doutez, ça ne vole pas toujours très haut ces classifications des différents types de pets, ces explications physiologiques volontairement loufoques et autres considérations sur l'importance sociale ou médicale des flatulences diverses, mais c'est parfois drôle et ça se lit sans déplaisir (à petite dose).

    C'est un ouvrage idéal pour les toilettes (je m'adresse évidemment aux personnes constipées, comme il est précisé dans le sous-titre, les autres n'ayant manifestement pas besoin d'un renforcement culturel dans ce domaine d'activité). Mais ce n'est bien évidemment qu'un très modeste avis, qui, une fois encore, ne vaut peut-être pas beaucoup plus qu'un pet de lapin, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 08/09/2014


    L'héritage de l'Armageddon de David Weber

    Dantesque.
    Vous les frustrés du développement incomplet de la lune des mutins, précipitez vous sur ce second opus.

    La mutinerie sur Terre a été vaincue. La terre doit maintenant se préparer à résister à la plus gigantesque croisade extraterrestre de l'histoire de la science-fiction. Les millions de vaisseaux Achuultani qui ravagent la galaxie de façon cyclique, la purgeant de toute civilisation susceptible de la menacer un jour.
    La Terre dispose désormais de la technologie impériale, mais il faut déjà l'unir dans l'effort et le laps de temps restant ne sera pas suffisant. Il faudra également trouver de l'aide en lançant une expédition dans les ruines de l'empire défunt.

    Oui les militaires sont compétents et savent ce qu'ils font. Oui ils vont encore sauver le monde.
    Une fois encore, Weber n'a pas peur de la démesure. Les morts se comptent par millions. La peine de mort est appliquée allègrement pour les traîtres et le terroristes.
    Dans cet épisode, il sera un peu plus subtil sur la nature humaine, les débordements qu'impliqueraient une prise en main quasi-dictatoriale.
    Des combats spatiaux dantesques, épiques et époustouflants qui préfigureront ceux qui adviendront dans la suite de sa bibliographie avec sa série Honor Harrington.
    Enfin, je ne sais pas si les Américains sont fascinés par la royauté et la noblesse, mais Weber lui, oui, sans aucun doute. Et il semble penser qu'un roi ou un empereur à poigne, compétent militairement soit la panacée.

    On pourra finir la série par les héritiers de l'empire.

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 09/09/2014


    Perry Rhodan, tome 1 : Opération Astrée de Karl-Herbert Scheer

    Point de départ d'une légende.
    Perry Rhodan. La série de science-fiction la plus énorme (par la quantité, et de loin) au monde. Regroupant à l'écriture de ces lignes 2756 tomes en allemand et plus de 300 tomes traduits en français (chaque tome regroupant 2 fascicules édités en VO).
    Une œuvre titanesque démarrée en 1961 (1966 pour la VF) à raison d'un fascicule par semaine. En France, nous n'avons que 35 ans, (oui oui), de retard sur l'Allemagne à la traduction.
    De la sf allemande ? La seule que je connaissais était celle de Andreas Eschbach à travers ses deux titres phares : Des milliards de tapis de cheveux et Kwest et bien voilà une lacune réparée.
    KH Scheer et Clark Darlton les auteurs originaux sont mort, respectivement depuis 23 et 9 ans, mais peu importe. Même de leur vivant, ils n'étaient pas, et de loin, les seuls auteurs. Une œuvre collective donc, d'une longévité exceptionnelle avec un succès encore aujourd'hui, toujours au rendez-vous.

    Perry Rhodan, un héros immortel, se battant pour la sauvegarde de la terre puis de l'empire, à l'échelle de la galaxie, contre ses ennemis, dont plusieurs races d'extraterrestres. Mais comment a-t-il commencé ?

    Opération Astrée est le premier tome de premier cycle des aventures de Perry Rhodan : La Troisième force qui regroupe les 21 premiers tomes.
    Le 19.06.1971 le Major US Perry Rhodan est le commandant de la première expédition lunaire à bord de l'astronef « Astrée ». On notera au passage que les auteurs ne sont pas trompés de beaucoup sur la réalité.
    Contraint à un alunissage forcé sur la face cachée de l'astre, il découvre un vaisseau extraterrestre échoué. Les arkonides, un empire humanoïde en pleine décadence, dont l'un de ses représentants, Krest, chef de la délégation scientifique est malade. Et par miracle, un remède est disponible sur Terre. Conscient que leur technologie pourrait révolutionner l'humanité et empêcher une guerre atomique globale (rappelons qu'en 1961 nous étions en pleine guerre froide) Rhodan retourne sur Terre et s'aliène les trois principales puissances : USA Chine Russie.
    Face à un ennemi commun, lui, la terre s'unira et gravira la première marche vers une gouvernance globale prête à se défendre contre des menaces extérieures.

    Pour les aficionados. Oui, Perry Rhodan est l’œuvre qui a inspiré la lune des mutins et ses deux suites à David Weber.
    Je m'attendais à un truc beaucoup plus basique avec pistolasers à la clé, style années 30. (Cela viendra sûrement en son temps et dans ce tome il y a déjà des objets magiques : champ de force, projecteur psy et annulateur de gravité) et j'ai du coup été agréablement surpris.
    Bien qu'écrit en 1961, le style n'est pas du tout daté. Les auteurs parlent un peu technique (de la vrai de la fausse, qu'importe) et cela fait un peu plus réaliste. Un style très accessible, dans un format court, donc on ne s'étend pas forcément.
    Les personnages sont survolés, caricaturaux, mais on aura tout le temps de les affiner non ? Reste une histoire très originale. Un point de départ à une immense aventure.

    A lire absolument, ne serait-ce que pour notre culture générale.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 08/09/2014


    Crime et Châtiment, suivi de Journal de Raskolnikov de Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski

    On trouve à la fin de cette édition Folio de Crime Et Châtiment un ajout, pompeusement nommé « Journal De Raskolnikov », et qui est censé probablement être un plus valable par rapport aux éditions concurrentes. Disons-le sans peur, il s’agit d’une vulgaire ébauche reposant essentiellement sur la première partie du roman et le début de la seconde. Cette fumisterie n’apporte strictement rien, sauf si vous êtes intéressé par les stades embryonnaires de la genèse du roman, dans des versions préliminaires écartées par l’auteur.

    De mon point de vue, cette version primitive aux mots rognés et à la ponctuation douteuse, où le récit est d’abord à la première personne puis plus loin à la troisième — car ce n’est qu’un brouillon de Dostoïevski — est une belle supercherie éditoriale. Concentrons-nous donc sur la seule chose vraiment digne d’intérêt, la version définitive de Crime Et Châtiment.

    Lorsque j'étais adolescente, il y avait un programme à la télévision qui réunissait assez facilement ma famille. De fait, parents et enfants trouvaient un égal plaisir à se repaître des enquêtes du lieutenant Columbo. C'était une série policière d'un genre assez nouveau pour l'époque. Contrairement à l'habitude, on savait dès le début qui était le coupable et quel était son mode opératoire.

    Tout le génie de l'intrigue consistait donc, non pas à démasquer le coupable, mais à savoir comment ce diable d'inspecteur fouineur avec son air con-con inoffensif parviendrait à faire ployer le sang-froid du criminel qui semblait avoir réalisé le crime parfait.

    Toujours avec ses airs de ne pas y toucher, par des maladresses calculées, par des questions anodines, par des détails apparemment sans lien avec l'affaire, par une rassurante bonhommie, par un art de faire croire qu'il tombe facilement dans le panneau, le roublard petit lieutenant de police jouait d'estoc et de taille dans la psychologie de son suspect jusqu'à l'excéder, jusqu'à l'exaspérer, jusqu'à lui faire cracher la boulette par inadvertance, jusqu'à le pousser dans ses derniers retranchements et le faire basculer de l'excès de confiance à l'angoisse de savoir son crime révélé au grand jour.

    Eh bien cette série policière d'un genre nouveau (lors de sa création à la fin des années 1960), s'inspirait totalement de la technique narrative d'un roman cent ans plus âgé ; vous avez deviné je suppose : Crime Et Châtiment.

    Effectivement, ici, Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski ne cherche à aucun moment à nous dissimuler l'identité du criminel. Il essaie même très patiemment de nous faire pénétrer dans l'intimité de sa psychologie, de son quotidien, de son environnement physique et social, de ses pensées et de ses motivations, dans ses doutes et ses frayeurs d'avant ou d'après crime.

    Le lieutenant Columbo de Crime Et Châtiment s'appelle Porphyre Petrovitch. (Il ne me semble pas que l'on nous donne son nom de famille, seulement qu'il est un cousin de Razoumikhine, autre personnage important du roman. Peut-être l'auteur a-t-il jugé préférable de ne pas embrouiller son lecteur en désignant deux personnages clés sous un même patronyme. En ceci, Dostoïevski diffère de William Faulkner qui lui n'eût certainement pas reculé devant la jouissance de baptiser d'un même nom quatorze Razoumikhine et dix-sept Raskolnikov différents !)

    Pas d'erreur possible, avec Crime Et Châtiment, vous êtes dans du Dostoïevski pur jus, première pression à froid. Du Dostoïevski typique, torturé, illuminé, proche de la folie, entre mystique et politique, mais, ce qui en fait son grand succès auprès des lecteurs, son approche un peu plus aisée que pour ses quatre autres grands romans, c'est qu'il se double d'une enquête policière, qu'on pourrait même catégoriser de thriller psychologique, ce qui le rend plus prenant, plus captivant que d'autres titres comme L'Idiot ou Les Possédés pour le néophyte qui découvre les grandes tragédies romanesques russes du XIXe siècle.

    S'il ne fait pas de doute qu'avec ce roman Dostoïevski signe un roman policier, il ne semble pas non plus faire beaucoup discussion sur le fait qu'il s'agisse également d'un roman social et, d'une certaine manière, politique et philosophique.

    Je pense qu'il serait une erreur que de s'attarder trop sur le protagoniste principal, Raskolnikov, pour comprendre l'essence et les motivations de l'auteur à s'embarquer dans un projet tel que Crime Et Châtiment. Je crois que le sujet principal est contenu dans le titre : le crime en général et le châtiment en général, pas l'histoire particulière d'un quelconque Raskolnikov, aussi intéressant et complexe soit-il.

    Certes, le criminel, cela semble être lui et lui seul, mais quand j'y réfléchis plus attentivement, j'en vois au moins quatre des criminels — criminels à des degrés divers — quatre criminels, donc, et quatre châtiments distincts.

    Le premier criminel auquel je pense, c'est l'ivrogne Marmeladov, coupable de faire sombrer sa famille dans la misère la plus noire, coupable de sucer comme un parasite le moindre rouble de ses proches pour s'aller mettre minable, pour se vautrer dans l'alcool, l'alcool, toujours l'alcool jusqu'à l'écœurement, jusqu'à la déchéance, jusqu'à la honte.

    La seconde criminelle, c'est sa femme, Catherine Ivanovna, elle qui utilise ses enfants pour les tâches les plus avilissantes et même, la plus avilissante de toutes, obliger la fille de son mari, Sophie, à se prostituer. Le criminel, c'est aussi ce très trouble et très obscur Svidrigaïlov, dont on nous fait entendre qu'il n'est probablement pas pour rien dans le décès brutal de sa femme.

    C'est trois-là, augmentés de Raskolnikov bien évidemment, représentent quatre facettes différentes du crime en général. On pourrait encore leur adjoindre les fourbes desseins de Loujine mais je n'insiste pas car ces quatre-là présentent de réelles similitudes.

    La première d'entre-elles, c'est le sentiment de culpabilité. Il existe la loi, il existe le crime avéré ou la honte publique, mais il existe pire encore que tout ça, il existe le propre sentiment de culpabilité, un fardeau qui pèse des tonnes et qui vient de nous-même, une chape de plomb qui vous enfonce chaque jour un peu plus, jusqu'au genoux, jusqu'au ventre, jusqu'au cou, un sentiment qui vous fait ployer mieux que n'importe quel loi, mieux que n'importe quel doigt inquisiteur de la justice, mieux que l'œil réprobateur de n'importe quelle divinité, jusqu'à vous aplatir, jusqu'à vous broyer de l'intérieur, jusqu'à vous faire rendre gorge, jusqu'à vous faire implorer grâce.

    Marmeladov se fait honte au dernier degré d'avoir sombré si bas ; Catherine Ivanovna ne sait plus où se mettre quand elle pense à ce qu'endure Sophie ; Svidrigaïlov a l'argent qui lui brûle les doigts, cet argent qu'il détient de son épouse morte, Svidrigaïlov voudrait avoir l'air léger, détaché mais même en rêve la culpabilité le ronge, le corrode.

    Raskolnikov est extraordinairement plus complexe. Il navigue entre remords et regrets, d'être allé si loin et d'être allé si peu loin, lui qui se voyait la carrure taillée pour les grandes œuvres politiques, le voilà criminel aux abois, par manque de feu, par manque de force, par manque d'ambition réelle, mais surtout sous l’accablement exercé par le poids de la culpabilité, notamment vis-à-vis de sa mère et de sa sœur.

    Dostoïevski nous entraine avec son Raskolnikov sur le terrain idéologique, le socialisme, le nihilisme, le progrès social, le projet révolutionnaire, des terrains sur lesquels il nous remmènera souvent, dans beaucoup de ses romans, un peu comme s'il devait régler des comptes avec le Dostoïevski qu'il a été, le jeune homme politiquement engagé qui fut déporté au bagne durant quatre années et qui, au moment où il écrit ses romans, ne croit probablement plus en grand-chose.

    Ne subsiste que la culpabilité, l'impasse, comme dans Les Possédés, et la soif de rédemption qu'elle suscite. L'heure est alors venue de payer l'addition pour avoir cru pouvoir s'extraire de sa condition. L'heure est venue de subir le châtiment, ce qui me permet de trouver une transition commode pour aborder le second point commun des personnages sus-mentionnés, c'est qu'il ne semble exister que deux issues possibles, deux alternatives et deux seulement : le châtiment suprême, d'une certaine façon le soulagement le plus facile, le plus immédiat, et l'autre, le difficile, le dur à gagner, celui de s'humilier à la face du monde et de chercher son salut dans les canons de la religion, de faire sa conversion de Saul en Paul. Et au terme de ce châtiment, peut-être, une faible lueur : la rédemption...

    On pourrait encore disserter durant bien des heures sur les motivations et les significations de cette œuvre buissonnante, foisonnante mais remarquablement bien construite, où l'on retombe sur ses pieds, on l'on va là où l'auteur a décidé de nous conduire.

    Sans être une fan absolue, j'avoue prendre beaucoup de plaisir à cette lecture (voir le P.S.) qui porte le sceau des grands chefs-d'œuvres puisqu'elle ouvre plus de portes chez son lecteur à la clôture du roman qu'elle n'en a ouverte au départ par sa seule intrigue. Alors, une nouvelle fois, chapeau Dostoïevski.

    Ceci dit, ce que j'exprime ici n'est qu'un avis, un misérable petit avis, qui ne représente pas grand-chose et qui ne prend de sens, si sens il y a, qu'en regard des autres, des très nombreux autres qui jalonnent les pourtours de Babelio.

    P. S. : deux chapitres me paraissent particulièrement exceptionnels quant à leur intensité d'écriture. Il s'agit tout d'abord du double meurtre au chapitre VII de la première partie, et ensuite de la rencontre suffocante entre Dounia et Svidrigaïlov au chapitre V de la sixième partie. Assurément, deux morceaux d'anthologie.

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    • Livres 4.00/5
    Par Wiitoo, le 15/09/2014


    L'Analphabète qui savait compter de Jonas Jonasson

    Après le désopilant "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire", Jonas Jonasson remet le couvert avec "L'Analphabète qui savait compter" et autant dire que c'est très drôle et très bien écrit, bien qu'un cran en dessous du premier roman.

    On démarre sur les chapeaux de roues avec notre héroïne, Nombeko, une jeune fille noire vivant à Soweto et travaillant pour les latrines municipales. Oui, en sommes elle transporte des seaux de merde toute la journée... enfin, quand elle ne s'occupe pas de donner un coup de main à son chef pour tout ce qui concerne les chiffres. Et il faut bien reconnaître que dans ce domaine, elle est vraiment douée.

    Les cents premières pages sont désopilantes et il mérite d'être relevé que Jonas Jonasson fait preuve d'un humour très raffiné, limite British voir plus intelligent. Ce doit probablement être l'humour suédois dont on entend finalement très peu parler.

    Bref, Nombeko, après quelques péripéties, va nous emmener en Suède et c'est principalement là que l’histoire va se dérouler. Le seul bémol, à mon avis, est qu'il y a beaucoup plus de politique dans ce roman et certains passages sont un peu plus lourd à lire. Cela casse un peu le rythme mais les cents dernières pages sont absolument fantastiques et il serait dommage de rater quelques uns des passages épiques que contient ce roman.

    Un bon remède contre la morosité, un livre qui met de bonne humeur et qui fait travailler les muscles zygomatiques. Que demander de plus. Jetez-vous sur cet agréable moment de détente et de plaisir.

    Wiitoo Takatoulire
    Note 4/6

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 13/09/2014


    Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

    Deux poilus en sont revenus. L'un à sauver l'autre d'une mort certaine, ça lui a couté une terrible gueule cassée, l'autre une reconnaissance éternelle.
    Retour à la vie civile, à la vie tout court, usurpation d'identité, magouille géniale et immorale, identification et sépulture décente (va savoir) pour nos héros tombés au combat, le roman de Lemaitre brasse tout cela avec une jubilation évidente. Malgré son sujet très noir, son plaisir de jouer avec les mots allège son récit avec un certain humour. L'époque de l'après-guerre est formidablement décrite (on voit bien avec quel dédain sont traités nos vétérans, les opportunistes prêt à se faire du blé sur leur dos, comme quoi rien ne change). Lemaitre retranscrit ça avec grand talent.
    Un Goncourt populaire, diablement gaillard, avec des personnages haut en couleur. Même si le récit souffre par instant de quelques longueurs, le plaisir narratif prend aisément le dessus. Bon sang, qui sait Lemaitre ? 4.5

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    • Livres 2.00/5
    Par fnitter, le 11/09/2014


    Resident Evil, Tome 1 : La Conspiration d'Umbrella de Perry

    Ridicule.
    Resident Evil ou Biohazard en Vo japonaise. Un monument. Apparu en 1996 sur console de jeu, de l'action, de la réflexion et de la survie en environnement zombie et autres monstres divers. A l'heure actuelle, plus d'une dizaine de jeux tous supports, plusieurs films et dessins animés et près de 20 livres.
    Cette série, écrite par SD (pour Stephani Danelle, oui c'est une fille) Perry reprend les scénario des jeux vidéos.

    Raccoon City en juillet 1998. Plusieurs meurtres barbares inexpliqués ont été commis avec morsures humaines et animales. Une boucherie localisée dans une forêt au centre de laquelle se trouve un énorme manoir à l'abandon, propriété de Umbrella, compagnie pharmaceutique, unique et énorme moteur de la prospérité économique de Raccoon.
    Les STARS (Special Tactics And Rescue Squads), organisation privée spécialisée dans l'antiterrorisme, la prise d'otage, le piratage informatique, créée par d'anciens du FBI ou de la CIA, collaborant avec le gouvernement ect ect... est appelée à la rescousse.
    Et voilà nos équipes Alpha et Bravo, mais surtout Jill Valentine et Chris Redfield (les héros du jeu) coincés dans ce manoir aux proies à toutes sortes de zombies et créatures malfaisantes et dangereuses.

    D'après les internautes, c'est la copie presque conforme du premier jeu Resident Evil. Et c'est là que le bât blesse. On a effectivement l'impression d'être dans un jeu vidéo, mais sans le visuel et les frissons qui vont avec.
    Un manoir plein de zombies, de pièges, d'objets à récupérer pour ouvrir les portes, de collègues morts à différents stades du jeu, euh du livre, pour permettre la récupération de leurs munitions, c'est très joli à jouer, mais absolument pas crédible à lire, en tout cas ici.
    Le côté action militaire est très mal restitué. Le scénario est anémique (dans un background aussi sympa de Resident Evil, c'est dommage), les descriptions très moyennes (les zombies ne font même pas peur, c'est le comble) et une impression de grand guignol mal ficelé, pas crédible pour deux ronds qui se dégage de tout ça.

    Même l'héroïne n'y croit pas en disant : « Un rêve ? Un cauchemar, oui. Des plantes tueuses, des serpents géants, des mort-vivants... manquent plus que les soucoupes volantes et pourquoi pas un dinosaure ».
    Alors fans du jeu vidéo, nostalgiques de leur playstation oui, les autres, ben vous aurez été prévenus...

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 18/09/2014


    Oreste de Euripide

    Oreste est, de mon point de vue, l’une des toutes meilleures pièces d’Euripide. Alliant à la fois un côté didactique très poussé, notamment sur le rappel des généalogies de la lignée des Atrides (Maison royale d’Argos), un potentiel tragique indéniable avec matricide à la clef, une réflexion civique intéressante digne de captiver Jean-Paul Sartre avec cette magnifique interrogation : « Faut-il assassiner les assassins ? », une valeur de récit mythique pour le peuple grec, et même — même — une petite cerise inattendue sur le gâteau tragédien... Approchez-vous que je vous parle à l'oreille :

    À dire vrai, entre nous, entre quatre yeux, interrogeons-nous : Euripide serait-il l’inventeur insoupçonné mais véritable de la tragi-comédie ? Des accents burlesques fleurissent en fin de pièce par l’entremise du Phrygien et la tragédie, chose assez rare, a une happy-end (certes ce n’est pas la seule, on connaît notamment Alceste chez Euripide qui possède le même type de tournant du sort final).

    Donc vous avez le droit à tout avec cet Oreste, le destin mêlé des rois, des hommes et des dieux, sans oublier les femmes, omniprésentes dans les débats. De grands sentiments (amitié, amour filial ou fraternel), de grandes émotions (meurtre, retour inespéré, folie, sentence populaire, recueillement), de l’action et du suspense (complots, coups de théâtre, combats, jugement, machiavélisme politique), et, en un mot comme en mille, du grand art, un must toutes tragédies antiques confondues. On comprend pourquoi Byzance la considérait comme l’une des trois seules dignes d’être jouées (avec Hécube et les Phéniciennes).

    Euripide nous focalise sur le moment crucial du retour du roi Ménélas après sa victoire sur Troie après dix années d’absence, au moment précis où Oreste vient d’assassiner sa mère Clytemnestre au motif que celle-ci vient traîtreusement d’abattre son mari, le valeureux Agamemnon, frère de Ménélas, qui avait découvert le pot-aux-roses de son adultère avec son cousin Égisthe.

    Oreste prétend avoir agit selon le bien et les ordres des dieux ; pour les citoyen d’Argos, c’est un matricide, crime punit par la mort. Dernier des derniers ou héros, telle est la question.

    Pour sa sœur Électre, de même que pour son fidèle ami Pylade, pas de doute, Oreste est un héros qui a vengé l’honneur souillé de son père, le majestueux Agamemnon. Par contre, pour son grand-père Tyndare, le père de Clytemestre, Oreste n’est qu’un vaurien, qui s’est rendu aussi coupable que sa mère en adoptant le même mode opératoire.

    Tyndare prétend que sa fille méritait un châtiment exemplaire mais que ce n’était pas à son fils de le prononcer, et surtout pas à l’aide du couteau… et vous ? Qu’en dites-vous ?

    Je pourrais palabrer ainsi encore longtemps sur les mérites de cette tragédie, mais vous avez compris le message et l'on peut aussi considérer que je vous ai déjà livré l’essentiel de mes impressions, c’est-à-dire, pas grand-chose. Au reste, c'est à vous de vous forger votre propre opinion, n’en déplaise à Apollon, Zeus, Hadès ou Dionysos...

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 17/09/2014


    La Communauté du Sud, Tome 1 : Quand le danger rôde de Charlaine Harris

    True blood
    Premier tome d'une série (achevée?) de treize tomes (+ deux recueils de nouvelles et ad-on). On notera la sortie prochaine d'un autre HS « La Communauté du Sud - Que sont-ils devenus » en octobre 2014

    Les vampires ont fait leur coming out il y a déjà quelques années. Sookie, télépathe, est serveuse au Merlotte à Bon Temps dans le nord de la Louisiane où les vampires se font très rares. Alors quand Bil Compton, vampire de son état débarque, il capte tout de suite l'attention, d'autant qu'avec son arrivée, les meurtres commencent.

    A ce jour, on ne peut plus aborder cette série sans passer par le prisme de la cultissime série TV True Blood (2009). Elle a été écrite en 2001, quatre ans avant la repopularisation massive des vampires grâce (à cause?) de Twilight. On a du vampire presque classique, (sang argent ail lumière), avec une particularité : Du sang de synthèse, qui nourrit (mais le sang humain frais c'est meilleur) (on note en plus que dans le roman, il n'a pas de nom).
    Du coup, on lit ce premier opus avec l'ambiance bayous, l'image dans la tête, qui densifie considérablement le roman et heureusement, parce que sinon, c'est un tout petit peu lisse, manquant justement cette moiteur si caractéristique de la série.
    Du sang (celui du vampire est une drogue à la mode, un 2en1 aspirine+viagra), un peu de sexe (moins que dans la série). J'attendais un peu plus de complexité sur les structures vampires, racismes et loi de discrimination... Dans les prochains tomes peut être ?
    Néanmoins, plein de bonnes petites idées. Un univers sympathique qui ne demande qu'à être développé.

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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 05/09/2014


    La Résistance du sanglier de Stéphane Levallois

    Stéphane assiste tristement à l'enterrement de sa grand-mère maternelle. Surpris d'apprendre que son grand-père est dans le caveau familial, il ne peut s'empêcher d'y repenser. Malgré le fait qu'il ne l'ait jamais connu, il a, pour lui, des sentiments très étranges, presque mystiques tellement sa mère parlait de lui en bien et l'admirait profondément. De plus, son prénom, Bernard, est accolé au sien et il paraît qu'il lui ressemble beaucoup, un héritage dont il est fier. Le jeune homme se rappelle alors les vacances d'été passées chez leur grand-mère, à Selles-sur-Cher, avec sa sœur, lorsqu'ils étaient plus petits. C'est dans cette maison de campagne, d'un tout autre temps, où les pendules se remontaient mécaniquement, où les vieux meubles s'entassaient les uns sur les autres et où la grande table ornée d'une nappe à fleurs avait des pieds sculptés en forme de sanglier, que le petit garçon partait à la découverte des coins secrets comme le vieux cabanon où l'on gardait le bois et où à l'occasion, l'on allait se soulager. C'est en se regardant dans le miroir qu'il aperçoit son grand-père, assis sur le lit, sous l'apparence d'un sanglier. Il se remémore selon ce qu'il a pu entendre le passé de celui-ci... Nous sommes en 1942, la guerre est là mais aussi ses héros du quotidien...

    Stéphane Levallois narre l'histoire vraie de son grand-père maternel, ce héros de la Résistance au grand cœur. Bon vivant, paysan, toujours de bonne humeur, il n'aura de cesse de protéger les siens et ceux qui l'entourent. Evidemment, cela ne fut pas chose aisée d'agir en tant que passeur lorsque son propre voisin, lui, travaillait pour les Allemands et s'étonnait de ne pas le voir arroser ses salades... N'ayant pas connu son grand-père, l'auteur se l'est approprié à sa façon, c'est à dire en lui prêtant les traits d'un sanglier. A la fois bourru, fort, tranquille, cet animal correspond sans nul doute à l'image qu'il a de celui-ci. Ce récit, émouvant, profond, terriblement humain, fait la part belle aux silences, parfois lourds de sens ou évocateurs. Le dessin au lavis noir et blanc est de toute beauté et met superbement en valeur toute cette pudeur contenue, cette émotion et cette fierté. Un très bel hommage...

    La résistance du sanglier... fort et beau à la fois...

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    • Livres 5.00/5
    Par andman, le 06/09/2014


    Le sillage de la baleine de Francisco Coloane

    Depuis les années soixante, la jeunesse chilienne a gardé un faible pour Francisco Coloane.
    Surtout connu à l’étranger pour son talent de nouvelliste, révélé par les formidables recueils “Cap Horn” et “Tierra del Fuego”, l’auteur chilien a également à son actif plusieurs romans. “Le sillage de la baleine”, une fiction parue en 1962, est largement inspirée du parcours de vie de l’écrivain des mers australes.

    Coloane a vu le jour au début du siècle dernier sur l’île côtière de Chiloé d’une superficie comparable à celle de la Corse et située à mi-chemin entre la capitale Santiago et la Terre de Feu. “Le sillage de la baleine” débute un lendemain de tempête, le jour même où un adolescent de treize ans, Pedro Nauto, découvre le corps sans vie de sa maman sur une plage au nord-est de l’île.
    L’être qu’il chérissait n’est plus et le chagrin qui tenaille Pedro est encore accentué par le fait qu’il ne connaîtra jamais l’identité de son père. Mais le petit bonhomme est courageux et se fait fort de terminer son année scolaire, d’obtenir son certificat d’études primaires. Lorsque la marée le permet, c’est à la rame qu’il se rend à l’école située de l’autre côté de la rade ; il n’aime rien tant que d’apercevoir un plongeon nourricier de son ami le martin-pêcheur ou d’observer dans le sillage de son embarcation son ami le phoque.
    Son premier été livré à lui-même se passe en partie chez des voisins auxquels sa maman devait des journées de travail. Les moissons sont éreintantes mais les ballades avec Rosalía, une voisine de son âge au joli minois, font oublier la fatigue…
    Un temps assistant d’un pêcheur d’huîtres en eaux profondes, Pedro finit par succomber à l’appel du large et embarque sur un baleinier.

    Quel documentaire remarquable que cette première moitié du roman ! Francisco Coloane profite des pérégrinations estivales de Pedro pour donner au lecteur un aperçu de la beauté de Chiloé. Un zeste de botanique par ci, un soupçon d’ornithologie par là, un brin d’ethnographie pour conter une légende locale ou une superstition insulaire, apportent de la densité au récit.

    La seconde partie à bord du baleinier, le Leviatán, est autrement plus agitée et nécessite d’avoir le pied marin. Les scènes de chasse sont stupéfiantes de réalisme : repérage, poursuite, harponnage et remorquage des cétacés se succèdent dans un tourbillon d’eau, d’écume et de sang.
    L’ultime chasse du capitaine Julio Albarrán, au milieu des icebergs de l’Antarctique, conclut de façon magistrale ce roman à l’écriture simple et directe.
    Le jeune Pedro, maintenant intégré au sein d’un équipage d’hommes aguerris, se rappellera longtemps cette folle aventure tempétueuse.

    Septembre est le mois idéal pour changer d'hémisphère, d’atmosphère.
    Partons ensemble, si vous le voulez bien, à la découverte des mers du sud et laissons-nous entraîner vers l’inconnu dans “Le sillage de la baleine” !

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    • Livres 1.00/5
    Par Nastasia-B, le 10/09/2014


    Outrage au public et autres pièces parlées de Peter Handke

    Pour écrire cet avis, une fois n’est pas coutume, je ne vais pas l’écrire, mais je vais honteusement plagier le texte d’une chanson de Vincent Delerm particulièrement en adéquation avec mon ressenti à la lecture d'Outrage Au Public :

    « Niveau intensité quelque chose qui rappelle
    Le programme d'EMT pour l'année de quatrième
    Pourtant la mise en scène était pas mal trouvée
    Pas de décor pas de costume c'était une putain d'idée
    Aucune intonation et aucun déplacement
    On s'est dit pourquoi pas aucun public finalement »

    Bref, une très grosse déception (j'ai eu envie d'écrire " bouse intersidérale ", mais je me suis retenue au dernier moment) avec cette non-pièce de Peter Handke. Un non-intérêt très développé qui mérite donc franchement un non-public à moins d'être absolument fan des branlettes intellectuelles de bas aloi comme on en rencontre parfois dans les musées d'art moderne. Mais ce n’est là que mon non-avis, c’est-à-dire, non grand-chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par Marple, le 06/09/2014


    Nord et Sud de Elizabeth Gaskell

    Que c'est bon de lire presque par hasard un roman comme ça ! Histoire d'amour, fresque sociale de l'Angleterre pendant la Révolution industrielle, description très fine des petits travers de la nature humaine, une pincée de féminisme, quelques traits d'humour... 'Nord et Sud' a vraiment beaucoup d'atouts de son côté !

    Alors, certes, les pinailleurs pourraient dire qu'on s'approche parfois dangereusement du roman à l'eau de rose, surtout vers la fin, avec tous ces bons sentiments un peu naïfs entre patron et ouvriers ou les obstacles imaginaires compliqués que les héros s'inventent...

    Mais je ne serai pas une pinailleuse cette fois-ci, et je n'ai pas boudé mon plaisir à suivre Margaret, jeune demoiselle bonne et courageuse, fille d'un pasteur du Sud bourgeois et agricole de l'Angleterre, obligée de s'installer dans ce Nord âpre et peu distingué dédié aux usines et au commerce...

    Dans le quotidien comme dans les épreuves, elle reste fidèle à elle-même, douce et très volontaire, ce qui la rend attachante. Tout comme l'intelligent Higgins, ouvrier syndicaliste pondéré, ou les Thornton mère et fils, patrons travailleurs et dignes, ou même le vieux professeur distrait d'Oxford... Mais certainement pas comme ses parents, plutôt lâches, faibles et perpétuellement indécis; agaçants donc, mais très bien décrits, et surtout fort utiles pour faire avancer l'histoire et lui donner du relief !

    Lu dans le cadre du Challenge Pavés de Gwen21 (6/xx)

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 08/09/2014


    Petronille de Amélie Nothomb

    Amélie Nothomb aime le champagne, tout le monde le sait. Rien de tel qu'une coupe de ce breuvage aux bulles pétillantes pour l'apaiser et l'ivresse qu'elle ressent dès la première gorgée avalée ne ressemble à aucune autre. Mais, elle aime par-dessus tout partager ce moment de grâce et de délice en bonne compagnie. Aussi, lorsqu'elle se retrouva seule, elle se mit en quête d'une compagne de beuverie. Alors qu'elle dédicaçait son roman "Sabotage amoureux" dans une librairie parisienne, sans même regarder la personne qui lui tendait son ouvrage, elle demande à qui adresser le petit mot. "Pétronille Fanto" lui répondit une voix peu sexuée. Amélie se trouve face à la personne avec qui elle a correspondu. Une allure masculine, plus jeune qu'elle ne le pensait, elle est agréablement surprise et engage la conversation qui doit bien vite s'interrompre, beaucoup de personnes attendent derrière elle. Au sortir de la séance, elles échangent deux trois mots puis chacune repart de son côté mais Amélie a vu tout de suite en elle une bonne compagne...

    Pétronille, à l'instar d'une coupe de champagne, est fraîche, enivrante, brute, pétillante et a une petite note acidulée. Bien plus qu'une simple coupe, les deux femmes romancières vont partager d'agréables moments, certains drôles, touchants ou d'autres plus dramatiques. Les anecdotes sont piquantes, l'amitié improbable attendrissante. Dans ce roman autobiograhique, Amélie Nothomb se raconte avec sincérité et justesse et dresse un portrait plein d'admiration pour sa collègue. D'une écriture sans fioriture, l'on se laisse emporter dans ce flot de bulles qui se savoure goulûment. L'on pourra regretter le trop peu...

    A la tienne, Pétronille!

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    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 06/09/2014


    La Lune des mutins, tome 1 de David Weber

    Une œuvre de jeunesse de Weber.
    Premier livre en français du prolifique auteur américain de science-fiction militaire. (Ses œuvres précédentes dans l'univers de jeu Starfire, en collaboration avec Steve White n'ont pas été traduites).

    Le Capitaine Colin McIntyre dans une mission d'exploration lunaire se retrouve confronté à un vaisseau extraterrestre qui n'est autre que la lune elle-même camouflée. Une mutinerie a eu lieu il y a des milliers d'années et les mutins se sont réfugiés sur Terre. L'objectif principal du vaisseau : leur élimination. Mais une menace bien plus problématique se profile à l'horizon. Une autre race extraterrestre arrive et son but est simple. Exterminer toute vie évoluée dans la galaxie.

    J'ai relu récemment la genèse de Perry Rhodan, avec Opération Astrée. Oui, l'idée de départ est bien la même, mais revisitée, complexifiée, et mise au goût du jour.
    Des personnages bien trempés, des dialogues truculents, de l'action militaire omniprésente, un style très accessible, presque trop. On regretterait presque les tours et détours politiques de la série Honor Harrington.
    On regrettera également l'accent « vieil anglais » de l'un des personnages qui rend pénible la lecture de ses tirades.
    On a taxé Weber d'anti-arabe. Non ; anti extrémiste, anti obscurantisme religieux, anti terroriste oui. L'auteur ne fait pas l'amalgame. Ne lui reprochons pas ce qu'il n'a pas écrit.
    On a taxé Weber d'anti-français. C'est une autre histoire. Et ici, il n'en est absolument pas question donc passons.
    Il y a beaucoup de cadavres dans sa prose ? Ben quand une Bombe H est larguée sur une ville, il n'y a que dans les films où on a le temps de la désamorcer en vol, évacuer la population et où la seule victime est celui qui a commandité l'attentat. Quand deux factions aussi avancées technologiquement l'une que l'autre s'affrontent à coups d'armes modernes, Seul Hollywood est capable d'exterminer les méchants, laissant les gentils vivre pour l'éternité.
    La lune des mutins, n'est pas un chef d’œuvre, loin s'en faut. Il ne sera pas cité en exemple et étudié en cours d'histoire pour le développement de sa géopolitique simpliste (en même temps, O.S Card a fait pire dans sa série sur Bean). Mais ce n'est pas ce qu'on lui demande.

    Vous voulez lire un petit roman de sf militaire bien ficelé, ce roman est fait pour vous. Mais attendez-vous à un peu de frustration car il faudra impérativement enchaîner sur L'héritage de l’Armageddon.

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