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Critiques les plus appréciées

    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 14/04/2015


    Vaincre les ennemis du sommeil de Charles M. Morin

    Je dédie ce livre à tous ceux qui dorment mal et dont je fai(sai)s partie. Voilà plusieurs années que je traite des problèmes d'insomnie et je puis vous affirmer que ce livre est pour vous si vous souffrez des mêmes genres de troubles.

    Il vous aidera à comprendre ce qu'est l'acte de dormir, ce qu'il implique et les éléments qui peuvent venir le perturber.

    Dans un style simple et clair, il donne des clefs pour améliorer sensiblement son efficacité de sommeil. Au premier rang desquelles on peut mentionner le respect d'une bonne rythmicité journalière de coucher et de lever.

    L'évitement de stimulateurs d'activité dans la période qui précède le coucher est un autre axe important (dont la fréquentation assidue de l'ordinateur, et de Babelio en particulier trop tard le soir, qui crée une stimulation lumineuse nuisible à la sécrétion de la mélatonine par la glande pinéale).

    Tout est très bien expliqué et détaillé dans ce livre que je recommande donc — une fois n'est pas coutume —, sans aucune limitation, car mon avis est celui d'une insomniaque qui dort désormais mieux grâce aux conseils prodigués dans ce livre.

    P. S. : je conseille également aux personnes ayant le sommeil fragile le site du réseau Morphée : www.reseau-morphee.fr/ (mais pas trop tard le soir !)

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 13/04/2015


    Terminus les étoiles de Alfred Bester

    Tigre Tigre.
    Probablement l’œuvre la plus emblématique d'A. Bester avec l'homme démoli.

    Gulliver Foyle est un mécanicien de troisième classe, sans talent ni ambition. Naufragé de l'espace il va être galvanisé et transformé à jamais lorsqu'un un vaisseau qui aurait pu le secourir l'abandonne à son triste sort. La vengeance, sourde et aveugle sera désormais son unique moteur. Il traque les auteurs, mais il est également traqué, car son vaisseau transportait en secret 20 livres de la substance la plus précieuse de l'univers.

    La vengeance... Qui a dit le comte de Monte Cristo ? Version « moderne » (1950 pour la date de l'édition) et futuriste, revisitée et revendiquée par l'auteur lui-même. On pourra également se rapprocher de la Geste des princes-démons de Vance.
    Pour le background, un détail original : Le tranzitt. L'homme a découvert la capacité à se téléporter créant une nouvelle société, où les moyens de transport sont quasi absents, où il a fallu une méthode originale pour garder les détenus. (Pour l'homme démoli, c'était la télépathie qui était à l'honneur)...
    Le titre n'a pas trop mal vieilli, probablement grâce à une absence salvatrice de détails techniques sur le monde parcouru. Bon on parle quand même d'envoyer un télégramme... Et il faut avouer que je préfère les œuvres plus contemporaines. Il manque peut être d'un peu de violence et de furie à ce titre.
    Le langage « prolo » est lui daté et un peu énervant à lire et on peut ajouter à cela des aventures sentimentales franchement niaises.

    Mais j'ai malgré tout passé un agréable moment avec ce livre au rythme assez soutenu et qui vaut surtout pour son scénario original.

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 16/04/2015


    Dark Eden de Chris Beckett

    Pas si noir, il y a de l'espoir

    Troisième roman de l'auteur, mais le premier semble-t-il, à avoir été traduit en français. Il a obtenu le prix A.C. Clarke en 2013.

    Sur une planète où la lumière provient des seuls êtres vivants (animaux ou végétaux), un groupe de 500 humains tente de survivre. Tous descendants d'un couple de spationautes échoués sur cette mystérieuse planète, on les retrouve 160 ans plus tard. La consanguinité a fait son œuvre et le groupe stagne, régresse même, attendant vainement des secours de la Terre, entassés parmi les vieux gros rochers de Boule-de-Lave, formant Famille. Mais John Lampionrouge veut voire plus grand, explorer le monde, s'émanciper... au risque de se faire des ennemis parmi les attentistes.

    Un peu de science. On estime à 50 le nombre de personnes nécessaires pour une viabilité à cours terme et limiter la consanguinité. 500 étant la valeur refuge. 150 étant suffisant pour une reproduction normale à 2000 ans. OK, là on a deux Adam et Eve modernes (la référence « Eden » ne vous aura pas échappée) et on est dans la consanguinité plein pot, à grand renfort de becs de lièvre et pieds griffus. En même temps, d'après un certain livre très connu, on est tous issus d'un seul homme et d'une seule femme. Chacun se fera son opinion.

    On aurait pu situer l'action au temps préhistorique, à l'époque des chasseurs cueilleurs, stade auquel a régressé Famille. Néanmoins toute œuvre de science-fiction pourrait être transposée à une époque déjà vécue par l'humanité, ce n'est pas la question. D'ailleurs le background est particulièrement original et contribue grandement à la réussite du livre. Tout n'y est pas expliqué loin de là, puisqu'on se contente des connaissances lapidaires et fragmentaires des descendants, mais il nous offre une atmosphère assez pesante tout à fait raccord avec la vision assez pessimiste du livre.
    Le choix du langage, avec des mots dont le sens a été oublié ou terriblement déformé et tour à tour drôle et pathétique, un choix de vocabulaire limité pour bien souligner la dégénérescence du groupe. Par contre, je n'ai pas aimé cette répétition systématique (il est gentil-gentil, malin-malin, c'est dur-dur ect...) de certains mots, le texte se suffisait à lui-même et avait, selon moi, atteint son objectif, sans avoir besoin de cet artifice supplémentaire.
    Les amateurs de hard science ou du côté technologique de la science-fiction, par contre, oubliez ! (Non pas le livre, il est très sympa, mais ce pan du récit). L'histoire des spationautes échoués ne nous est contée qu'à travers les souvenirs déformés des descendants.

    L'auteur aborde dans son histoire, la dynamique des groupes, l'exercice et la prise du pouvoir, la montée progressive de la violence, les rapports humains (et sexuels) sans tabous, dans cette société aux valeurs morales dictées par les impératifs de la survie, le besoin d'émancipation de la jeunesse, dans toute sa hardiesse mais sans jamais être lourd ou didactique. Simplement à travers l'histoire de John Lampionrouge et quelques comparses.

    C'est facile à lire, c'est original, ce n'est pas larmoyant ou déprimant (contrairement à ce qu'on aurait pu penser de prime abord) mais plutôt plein d'espoir (pessimiste, mais plein d'espoir, ne serait-ce pas antinomique ?). Un chouette petit livre de sf intelligente (c'est pour toi Shenandoah).
    Lu et critiqué dans le cadre de l'opération Masse Critique, merci à Babelio et aux éditions Presse de la cité pour m'avoir fait découvrir ce livre.

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    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 23/04/2015


    L'Ange de la Nuit, Tome 1 : La Voie des ombres de Brent Weeks

    Une très belle réussite pour ce premier livre de l'auteur et premier tome d'une trilogie.

    Azoth est un orphelin, livré à lui-même dans les rues noires et glauques du quartier pauvre de Cénaria. Lorsque son chemin croise celui de Durzo Blint, maître assassin, un seul espoir pour Azoth qui ne veut plus avoir peur : Devenir l'apprenti de la légende. De son douloureux apprentissage à ses premiers pas et plus si affinités ; passant par le développement de son Don (qui ajoute la dimension magique à l’œuvre), dans un univers sombre, où les complots se joignent aux trahisons, vous suivrez les aventures de notre héros avec un leitmotiv : La vie ne vaut rien. Bien pratique lorsqu'on pratique ce métier.

    Vous avez trouvé l'Assassin Royal de Hoob un poil trop littéraire, manquant de fange, de noirceur ? Vous auriez voulu rajouter un peu d'Abercrombie au mélange ? Vous en avez marre des Elfes qui, quand ils pètent ils font des paillettes ? La voie des ombres est faite pour vous (d'ailleurs il n'y a pas d'elfes ici).
    Ne vous fiez pas à la couverture de l'édition Milady qui fait plus jeu vidéo, voire roman de gare écrit à la ligne que roman de Fantasy. (Celle de l'édition grand format Bragelonne est nettement mieux).
    Nous avons là un roman de qualité, bien écrit (mais point trop n'en faut) avec une histoire dense (quoique parfois un peu confuse) et des personnages travaillés et nuancés. On découvre peu à peu l'univers riche de l'auteur (tout en laissant pas mal de place aux opus suivants je pense).
    J'ai particulièrement aimé le Don, sa description, son fonctionnement, sa spécialisation fonction des cultures et des à priori des sociétés.

    Un excellent premier tome qui appelle indéniablement à la lecture du suivant, Le choix des ombres.

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    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 19/04/2015


    Le serpent du rêve de Vonda N. McIntyre

    Roman culte et multiprimé, Le serpent du rêve a obtenu les prix Hugo, Nébula et Locus en 1979 (ce qui est assez rare pour être signalé).

    L'histoire se situe après un holocauste nucléaire où l'humanité éparpillée, tente de se reconstruire doucement.
    Serpent est guérisseuse et se sert de serpent génétiquement modifiés pour soigner. Lorsqu'un de ses serpents meurt, elle doit partir à la recherche d'un nouveau serpent, rare et précieux.

    L'auteure laisse de côté quasiment tout le background et ne s’embarrasse pas du pourquoi et du comment de son univers. Elle ne propose d'ailleurs pas non plus de solution.
    Dans un style très accessible toute en finesse, poétique et très "beau", l'auteure se concentre sur l'histoire des personnages et de leurs sentiments. Au détriment de l'action diraient certains, mais cette dernière, absente, n'est absolument pas regrettée..

    Une bouffée de fraîcheur entre deux space opera et batailles d'extra-terrestres....

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 16/04/2015


    Monsieur Parent (et autres nouvelles) de Guy de Maupassant

    Je ne vous cacherai pas que j'ai été un peu déçue par ce recueil s'il est comparé à un certain nombre d'autres qui vous ravissent presque d'un bout à l'autre.

    Ici, on sent clairement l'influence pécuniaire, à savoir, que dans le même temps, Guy de Maupassant offrait Toine à un autre éditeur et même que les sorties du présent volume et de Toine ont bien failli se superposer. J'incline à penser que celui-ci est très inférieur à l'autre.

    Deux nouvelles m'ont principalement égayé ; l'une, typique des bonnes nouvelles normandes un peu farces, il s'agit de La Bête À Maît' Belhomme ; l'équipée d'un convoi en diligence, dont l'un des voyageurs, un paysan, qui, comme tout bon paysan qui se respecte, est un peu radin sur les bords et se rend au Havre afin de consulter un rebouteux pour un problème d'oreille. Je ne vous en dis pas davantage de peur de vous déflorer la chute.

    L'autre excellente nouvelle du recueil est à mon sens la dernière, intitulée Petit Soldat ; une histoire émouvante, deux amitiés simples de deux braves soldats, gâchées par la relation amoureuse de l'un d'eux avec une paysanne pendant le temps de la sortie rituelle des deux amis le dimanche. Tout en délicatesse, en émotion, simple, sobre, mais tellement fort, bref, ce qui fait que Maupassant est Maupassant.

    On peut signaler également la nouvelle cocasse, Les Tribunaux Rustiques, qui rappelle Le Cas De Mme Luneau parue dans le recueil Les Sœurs Rondoli ainsi que Le Baptême, qui traite des ravages de l'alcool en cette bonne terre de Bretagne au XIXème siècle.

    La nouvelle titre, carrément plus longue que la moyenne, est une nouvelle mouture de Le Petit, nouvelle parue dans Contes Du Jour Et De La Nuit ; bien écrite, mais pas particulièrement marquante de mon point de vue. Un père cocu en vient à s'interroger sur la paternité effective de celui qu'il avait toujours cru être son fils.

    Le recueil contient 17 nouvelles au total et se lit sans peine car c'est du Maupassant, sans flamme car ce n'est pas le meilleur, mais ce n'est là que mon avis, un avis parmi tant d'autres, autant dire, pas grand-chose.

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 19/04/2015


    Clair de Lune de Guy de Maupassant

    Ce serait probablement mentir que de prétexter que ce recueil est un très bon cru de l'auteur, mais même quand on puise dans son second choix, Maupassant reste souvent au-dessus du panier.

    Comme il est d'usage dans les recueils de l'auteur, on y discerne des nouvelles assez hétéroclites ; certaines fort plaisantes, d'autres très quelconques. Sur les 17 nouvelles du recueil, seules quatre ou cinq ont attiré mon attention très favorablement, mais ces quelques-là valent vraiment le détour.

    Il s'agit de : L'Enfant, émouvante nouvelle où un mari, naguère volage, apprend que son ex-maîtresse expire en lui laissant un enfant. La réaction, tant du mari que de son épouse, est poignante.

    La Reine Hortense revisite un thème déjà abordé par Guy de Maupassant, (notamment dans Le vieux inclus dans le recueil Contes du Jour et de la Nuit), où il est question de l'indécence des vivants face au mourant pas encore trépassé.

    Le Pardon développe un autre thème cher à l'auteur abordé dans son roman Une Vie, où une femme droite, honnête et quelque peu naïve ouvre soudain les yeux sur la conduite de son époux.

    Les Bijoux pourrait presque être le pendant masculin de la crédulité face aux richesses engrangées par sa femme (cela rappelle un peu aussi en inversé la nouvelle La Parure publiée également dans le recueil Contes du Jour et de la Nuit).

    Et enfin, la dernière de mes nouvelles favorites de ce volume, Moiron, un instituteur vertueux devenu meurtrier par chagrin et qui est brillant de Machiavélisme...

    Pour le reste, je trouve ce recueil très proche de certains tableaux évoqués dans Le cycle des Rougon-Macquart d'Émile Zola. Par exemple, la nouvelle titre Clair De Lune me rappelle un peu le frère Archangias dans La Faute De L'Abbé Mouret ; Un Coup D'État m'évoque La Fortune Des Rougon ou encore La Nuit me fait penser au livre Le Ventre de Paris.

    Bien sûr, toutes ces considérations ne sont bien évidemment que mon avis, un très mince croissant de lune bataillant avec de très gros nuages noirs, autant dire, pas grand-chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 20/04/2015


    Les Malavoglia de Verga

    Une fois n'est pas coutume, je préfère débuter ce commentaire par un extrait de l'œuvre elle-même qui, je crois, en parlera plus et mieux que tout ce que je saurai faire par la suite :

    « Et à ta maison, tu n'y penses pas ? Et à tes frères, tu n'y penses pas ? Oh ! si ton père et la Grande étaient là ! 'Ntoni ! 'Ntoni !...
    — Mais vous vivez peut-être mieux, vous autres, à travailler et vous éreinter pour rien ? Triste sort que le nôtre ! Voilà ce que c'est ! Voyez ce que vous êtes devenus : vous ressemblez à un archet de violon, vous avez toujours mené la même existence, et maintenant vous êtes vieux ! Qu'en tirez-vous à cette heure ? Vous autres, vous ne connaissez pas le monde, vous êtes comme les chatons qui ont encore les yeux fermés. Et le poisson que vous pêchez, est-ce vous qui le mangez ? Savez-vous pour qui vous travaillez du lundi au samedi, et pour qui vous vous êtes mis dans un tel état que l'hôpital lui-même ne voudrait pas de vous ? Pour ceux qui ne font rien et qui ont de l'argent à la pelle, voilà pour qui vous travaillez ! »

    Nous voici donc entre les mains de Giovanni Verga, sorte de Zola version italienne, qui nous dépeint sans concession la vie des humbles, une famille villageoise de pêcheurs siciliens et tous les esprits, mauvais ou bons, qui gravitent autour.

    Comme de juste, vous vous doutez bien que la balance penche plus d'un côté que de l'autre, et quand le destin et la malchance s'en mêlent, il n'y a pas trop lourd d'espoir à miser sur la bonne fortune des Toscani, surnommés les " Malavoglia " (c'est-à-dire littéralement " mauvaise volonté, réticence "), surnom donné des générations en amont mais qui colle aux basques de chacun d'eux depuis lors.

    On y découvre la vie villageoise et ses inévitables cancans, ses clans, ses magouilles, ses coups bas, ses élans de sympathie (intéressés ou non), ses stratégies de mariage et surtout la misère du pauvre peuple qui s'échine pour gagner des clopinettes et qui, sur un coup de dé, peut perdre de fruit de longs mois de labeur.

    La seule chose tant soit peu tangible dans cet avenir incertain, c'est le soutien inconditionnel de la famille, si elle ne se disloque pas totalement avant...

    En somme, une bien belle porte d'entrée pour tous ceux que l'histoire sociale de la Sicile intéresse ; un bon roman, sans être non plus totalement mémorable, et dont Luchino Visconti a tiré un film intitulé " La Terra trema " (ou en français " La Terre tremble "). Mais tout ceci, comme d'habitude, vous l'aurez deviné, n'est que mon avis de Malavoglia, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 22/04/2015


    Le malade imaginaire de Jean-Baptiste Molière (Poquelin dit)

    Quel bonheur de relire une pièce de Molière qui, contrairement à certaines, est et demeure rafraichissante, drôle et caustique. (Dernièrement, j'ai relu plusieurs pièces de Momo, pas toutes avec le même bonheur, certaines sentent, à mon goût, beaucoup trop la naphtaline et ne jouissent que d'une réputation traditionnelle à défaut d'intérêt réellement contemporain.)

    Ici, notre héros, Argan, homme d'âge mûr hypocondriaque, naïf et crédule (à la façon d'un Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois Gentilhomme), se fait prescrire à longueur de journées des remèdes bidon par son médecin Purgon, dont il prend tout de même au préalable le soin de négocier le prix en bon gros marchand de tapis qu'il est.

    Sa fille, belle —évidemment — et amoureuse d'un bellâtre par dessus le marché, reçoit la demande en mariage d'un jeune médecin, Thomas Diafoirus, lui-même fils de médecin, parti qui ne peut que séduire son grand malade de père. Vous vous doutez bien que le jeune toubib est un indéfinissable crétin demeuré au dernier degré, d'où quelques tirades absolument tordantes.
    Et, bien évidemment, Molière ne serait pas tout à fait satisfait s'il n'adjoignait pas à sa décoction théâtrale une petite belle-mère intéressée pour pimenter le tout.

    Je laisse aux chanceux qui découvrent la pièce pour la première fois, le bonheur et la saveur des répliques et de la chute. Sachez encore simplement que cette pièce est l'occasion pour son auteur de tirer à boulets rouges sur la médecine d'alors qui, sous des atours de respectabilité et de science, était selon lui un réel charlatanisme.

    Quand, quelques siècles plus tard, on voit encore la façon de procéder de certains médecins (homéopathie comme gage de sérieux, anti-inflammatoires à gogo quand une seule séance de kinésithérapie suffirait, etc., etc., etc.), pour ce qui est du médical, (et je préfère ne pas évoquer la question du coût ni celle de la pharmacie de peur de paraître en vouloir à ses beaux messieurs et belles dames de la Médecine), on se dit que la requête du bonhomme Molière ne devait pas être tout à fait injustifiée, surtout à l'époque où le niveau de formation et de savoir des médecins était encore à un stade embryonnaire.

    En tout cas, cette pièce reste pour moi l'un des " must " de Molière (Voyez comme je la maltraite la langue de Molière !) mais ce n'est là que mon avis, probablement un peu malade lui aussi, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 2.00/5
    Par Nastasia-B, hier


    La Danse du Démon - La musique indienne (livre-cd) de Bloch Muriel

    Non, non et non ! Je suis en colère ! En colère car j'adore — normalement — cette collection de chez Gallimard jeunesse qui permet aux enfants de découvrir des ambiances musicales variées issues des quatre coins de la planète. En colère car cette collection est généralement de très bonne qualité et parfaitement sonorisée.

    Ici aussi, la sonorisation est irréprochable comme d'habitude. Par contre, c'est contre Muriel Bloch que j'en ai. Elle qui est pourtant une conteuse aguerrie et qui a su faire d'excellentes histoires, il me faut bien reconnaître que celle qu'elle nous a pondu ici est en-dessous de tout. Ça sent le travail bâclé, si toutefois on peut appliquer le mot " travail " à ce genre de sécrétion.

    Il y a un petit Devdas, un garçon qui, comme il a un poil dans la main, a décidé de devenir coiffeur. Bref, c'est la fainéantise incarnée. Alors il passe ses journées à paresser sur le seuil de la porte du salon de coiffure et à se contempler dans un petit miroir portatif qu'il ne quitte jamais.

    Sa mère, excédée de voir son fils faire autant montre de courage, pique une fureur et l'envoie récolter le riz derrière la maison car manifestement, couper les cheveux en quatre, ou plus exactement ne rien couper du tout, ça le connaît.

    Voilà donc notre paresseux Devdas face à son destin : travailler ou s'enfuir. Et comme vous vous en doutez, il a choisi la seconde alternative. Sa route croise donc celle d'une jungle profonde (une jungle sortie d'où ? mystère) où il rencontre un géant (ne cherchez pas à savoir pourquoi), qui est également un démon (manquait plus que ça).

    Le démon danse (ne cherchez pas à comprendre, c'est comme ça). Et Devdas danse aussi (idem). Et le démon veut manger Devdas (c'est parce que c'est un démon, CQFD) et Devdas lui dit que non (car il n'aime pas se faire dévorer par les démons qui dansent) et il lui fait le coup du miroir (une technique très savante) et comme le démon est un peu con-con (comme tous les démons qui dansent) il se laisse berner. Et tout finit bien pour Devdas (youpi, vive la France) qui devient plein aux as (c'était pas dans le contrat, mais ça y est quand même) en n'ayant rien fait et en ayant entourloupé le démon. (Super comme histoire, non ?)

    Eh ! Muriel ! Hep ! Ho-ho ! Tu nous as regardés Muriel ? Tu as décidé de te payer notre tête ou quoi ? C'est quoi cette daube ? En plus de l'indigence de l'histoire, quel exemple édifiant pour les enfants ! Soyez fainéants et prenez les autres pour des cons et tout ira bien ? En l'occurrence, c'est la formule que tu as appliqué Muriel, t'en as pas foutu trop lourd et tu nous as bien pris pour des cons, mais faut peut-être pas que tu y reviennes pour le même prix, car un pigeon, comme dit le proverbe, on ne le plume qu'une fois...

    J'ai vraiment tout fait pour hisser ce livre au maximum car la musique est bien, mais l'histoire est tellement proche du néant que je ne pouvais pas décemment aller au-delà de deux étoiles. Bref, grosse déception. Si vous voulez mon avis, allez voir d'autres titres de la série qui sont vraiment excellents et oubliez celui-ci. Si vous aimez vraiment la musique indienne, faites-vous du mal ou allez choisir un autre support. Mais ce n'est que mon avis, qui danse parfois avec le démon, c'est-à-dire bien peu de chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 13/04/2015


    Amours de Léonor de Recondo

    En 1908, dans une maison bourgeoise du Cher, Victoire profite des rayons matinaux qui traversent les volets et les rideaux en taffetas. Huguette ne va pas tarder à lui apporter son petit-déjeuner. Mariée à Anselme de Boisvaillant, un notaire de bonne famille, elle n'éprouve plus guère de sentiments pour lui. Faisant chambre à part, ils ne font que très rarement l'amour, Victoire en éprouvant une certaine aversion, sauf si ce n'est pour procréer. Malheureusement, l'enfant tarde à venir et la jeune femme désespère de pouvoir enfanter. Tandis qu'elle œuvre pour les bonnes causes, lui passe son temps à son étude. Tandis qu'elle s'ennuie dans sa vie, lui, en tant que patron, s'accorde le droit de cuissage sur la bonne, Céleste, qui se laisse faire pour ne pas faire de scandale...

    Une plongée dans une toute autre époque, celle de cette famille bourgeoise... Victoire, jeune femme mariée presque malgré elle à Anselme de Boisvaillant, sera bercée de désillusions, l'amour n'est finalement pas ce qu'elle imaginait ou ce qu'elle pouvait lire dans les livres. Quant à son mari, il ne fait plus guère attention à elle, trop occupé avec Céleste. Léonor de Récondo dresse un portrait égratigné et écorché de cette bourgeoisie de campagne et nous livre un roman dans lequel le corps, l'amour et la liberté d'être soi sont omniprésents. Porté par une plume douce, riche et envoûtante, ces portraits de femmes sont plus que jamais romanesques. A la fois pudique et expansif, émouvant et poétique, ce roman fait la part belle à ces femmes empreintes de liberté et plus que jamais aimantes.

    Où il n'est plus question que d'Amours...

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 11/04/2015


    Alors voilà : Les 1001 vies des Urgences de Baptiste Beaulieu

    C'est avec humour et tendresse que Baptiste Beaulieu nous raconte la vie dans cette fourmilière qu'est l'Hôpital, et notamment les Urgences. Qui n'a pas eu à y aller un jour pour un motif plus ou moins grave ? Qui n'a pas râlé face à la lenteur des blouses blanches, se pensant seul sur terre ? Que celui ou celle qui n'a jamais fait ça me jette le premier stéthoscope !

    Le ton humoristique démystifie un peu cette usine à gaz et nous fait nous rendre compte ô combien nous pouvons peut être à la fois égoïstes et/ou stupides lorsque nous sommes agonisants - grippés - fiévreux (rayer la mention inutile). Le sujet est d'actualité. Les Urgences sont sans cesse encombrées de vrais et faux patients. Et puis, il y a ceux chez qui la blouse blanche est synonyme de terreur, ceux qui ne veulent pas savoir et qui, malheureusement, atterrissent souvent dans ce service lorsqu'il est trop tard.

    Nous rions certes, mais nous avons également les larmes aux yeux. Il s'agit d'une véritable ode à l'humain, quel qu'il soit, avec ses qualités et ses défauts. Car Baptiste Beaulieu n'est pas de ces médecins nous considérant comme des numéros sur un dossier. Tout dans son écriture met en relief sa passion pour son métier et pour les personnes. Et rien que pour cela, Monsieur Beaulieu, je vous tire mon chapeau. Cela devient si rare !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/les-inclassables-histoire-politique-l%C3%A9g...

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 17/04/2015


    Debout les morts de Fred Vargas

    Trois mecs dans la mouise investissent une vieille bâtisse délabrée.
    Trois historiens, compagnons de misère, auxquels viendra rapidement se greffer un ultime larron, ancien flic à la retraite et oncle de l'un de nos trois pieds nickelés.

    Ils se lieront rapidement d'amitié avec l'une de leur charmante voisine, la célèbre cantatrice Sophia Siméonidis. Elle est chafouin en ce moment la Sophia, depuis qu'un hêtre, d'un fort beau gabarit ma foi, trône désormais dans son jardin qui n'en comptait encore aucun la veille. le mystère s'épaissit un peu plus lorsque notre Castafiore tourmentée plie les gaules sans laisser de traces. La découverte d'un cadavre calciné achèvera de convaincre ses attentionnés riverains qu'un drame se joue peut-être au royaume du mezzo-soprano.

    Cherchez pas Adamsberg, il avait pris son reliquat d'RTT.
    Mais peu n'importe, Vargas signe ici un polar riche et dense.
    L'interaction entre ces quatre locataires est jouissive au possible tant l'univers qui les sépare semble insondable.

    L'auteure affiche une parité de bon aloi en décrivant des personnages féminins éminemment troublants et intrigants.

    La plume est brillante et ingénieuse, à l'image de ce polar enlevé qui n'aura finalement eu de classique que sa trame atypique.

    Quatre âmes en sommeil, un drame pour les réactiver.
    Du très beau boulot !




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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 23/04/2015


    Rêves oubliés de Léonor de Récondo

    1936, la guerre civile d'Espagne a conduit Ama, ses trois fils, ses parents et ses frères à quitter Aranjuez pour se réfugier à Irún tandis que son mari Aïta, patron céramiste, est resté chez eux. Deux mois que le couple vit séparé, sans aucune nouvelle. Alors que Aïta craint une certaine menace de la part de ces deux hommes éméchés rencontrés dans un restaurant, il décide de rejoindre sa femme précipitamment, laissant tout derrière lui. Mais, une fois arrivé à destination, il découvre l'appartement vide, seul le gâteau d'anniversaire de son deuxième fils trône sur la table. De la voisine, il apprend que sa famille a dû se réfugier à Hendaye, chez Mademoiselle Eglantine, sous la menace d'une fusillade. La famille se retrouve bien vite au complet mais ce qu'ils croyaient être un exil temporaire va se prolonger. Ils n'ont plus rien, ayant tout abandonné en Espagne. Seul l'amour qui unit Aïta et sa femme importe...

    Cette famille a tout quitté, le pays basque, sa maison, sa vie coquette et agréable et a dû s'installer en France pour fuir la guerre civile, les oncles étant des activistes basques. Dès lors, Ama commencera à écrire dans un carnet et ses confidences ponctueront ce récit. En toile de fond: la guerre civile puis la victoire de Franco puis la 2ième guerre mondiale. Au premier plan: l'exil forcé et contraint, le déracinement, l'espoir d'un retour possible sur leurs terres, la résistance, la déportation et l'amour qui les unit. L'auteur nous montre ainsi comment chacun vit cela, d'Ama au grand-père en passant par les yeux des enfants. Tandis que l'un essaiera de comprendre ce que font ses oncles, l'autre s'émerveillera des avions allemands qui défilent au dessus de sa tête. Léonor De Récondo nous plonge dans ces rêves oubliés avec délicatesse et poésie. Par une écriture tout en finesse, ce roman pudique fait la part belle aux sentiments et émotions de ces êtres à la fois fragiles et déterminés et offre une très belle leçon d'histoire sur ces exilés espagnols.

    Plongez dans les Rêves oubliés...

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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 12/04/2015


    La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina Bivald

    C’est presque malhonnête de tendre un tel piège à des lecteurs compulsifs, et c’est une pratique répandue, comme en témoigne la liste « Des livres-bibliothèque » proposée par Paroles : je veux parler des romans qui parlent de livres. Et ici c’est de best-sellers qu’ill s’agit, donc de livres lus par le plus grand nombre.

    Est-ce que cela suffit pour faire un bon roman? Il faut tout de même un peu plus, une histoire qui se tienne, des personnages sympas, une construction habile.
    Je ne boude pas mon plaisir :c’est tout à fait réjouissant d’assister au miracle des non-lecteurs qui découvrent la magie des mots, même si c’est pour se précipiter sur le deuxième tome du journal de Bridget Jones après avoir dévoré le premier. J’ai aimé aussi ce rapport particulier de Sara avec les livres et le classement qui en découle dans sa précaire librairie, selon des critères peu classiques. J’ai aimé le rôle des livres dans la création des amitiés ou des amours.

    Très agréable aussi l’ambiance Amérique profonde, le bled paumé, subissant les effets dramatiques du marasme économique, avec ses effets curieusement positifs de solidarité, de construction commune d’un projet, juste pour survivre.

    L’histoire d’amour est un peu plus banale mais elle a le mérite de créer un noyau central à l’intrigue.
    Enfin des petits soucis de traduction sans doute, m'ont rendu quelques paragraphes incompréhensibles....


    Avec le sentiment de m’être faite piégée par l’auteur, qui légitime mon addiction pour la lecture, je ne saurais cependant que conseiller ce livre.


    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2015/04/la-bibliotheque-des-coeurs-cabosses...

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    • Livres 2.00/5
    Par Nastasia-B, le 18/04/2015


    Jack Palmer, tome 1 : Une Sacrée Salade de René Pétillon

    Oui, effectivement, c'est une sacrée salade que nous sert Pétillon dans ce tout premier Jack Palmer. Une série d'histoires creuses à l'humour parfois problématique et au style graphique très typé années 1970.

    Ceux qui connaissent le Pétillon des années 2000 auront du mal à reconnaître son trait tant il est différent ici. Il est très chargé, volontiers baroque et se rapproche davantage de celui de F'murr dans Le Génie Des Alpages. D'ailleurs, le type d'humour développé par l'auteur se rapproche également plus de celui des brebis de F'murr que du Pétillon moderne.

    On est dans l'absurde pur avec un Jack Palmer loser comme à l'habitude mais avec des commanditaires qui le sont tout autant. Je n'ai, en théorie, rien contre le comique par l'absurde, domaine où excellait, par exemple, René Goscinny. Le problème avec le comique par l'absurde est que l'on se situe constamment sur une mince ligne de crêtes où l'équilibre est très difficile à tenir. Chaque appui de part ou d'autre de cette ligne idéale fait basculer le gag ou la situation dans le parfait flop, la gratuité ou la nullité quasi absolue.

    Pétillon est certes un dessinateur honnête, mais en qualité de funambule sur les cordes tendues, on a déjà vu mieux, et du coup, les gags sont souvent lourds et poussifs de mon point de vue. Peut-être ne suis-je pas le public visé ? Effectivement, la survenue régulière et répétitive d'une nana dénudée à forte poitrine et totalement dénuée de cerveau aurait tendance à me faire incliner en ce sens.

    Bref, si vous aimez l'humour camionneur avec des gros bras et du bon gros gras qui tache, vous risquez d'aimer un peu cet album, sinon… eh bien vous risquez de vous y ennuyer ferme tout comme moi. Mais ce n'est que mon avis, une salade peu fraîche, autant dire, pas grand-chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 14/04/2015


    Le syndrome du pire de Christoffer Carlsson

    Un grand merci à Babelio et aux éditions Ombres Noires pour la découverte de cet auteur suédois.
    Et la découverte fut belle, car c’est sur canevas plutôt original que Christoffer Carlsson nous embarque dans les artères de Stockholm. Avec tout d’abord, un flic Léo Juncker, pas forcément sympathique de prime abord , qui se retrouve au cœur de l’enquête après la découverte d’une jeune junkie assassinée dans l’immeuble ou il habite. Par petites touches, l’intrigue s’installe avec un sentiment de malaise qui va crescendo, un jeu du chat et de la souris bien mené, tendu à souhait. Passé et présent s’entrecroisent avec une belle habilité. On pourra reprocher une fin un peu trop évidente, mais c’est suffisamment bien écrit pour y trouver un plaisir certain.

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    • Livres 3.00/5
    Par zwyns, le 13/04/2015


    Le Chat et la souris de Grass

    Gunter Grass vient de mourir.Le hasard fait que je termine aujourd'hui,Le Chat et la souris,roman difficile à décrypter,et je n'étais pas trop chaud pour en faire la critique(enfin critique est un bien grand mot),du moins donner mon avis sur ma lecture.1941,nous sommes à Dantzig,à l'ex frontière polonaise,Pologne occupée par les Nazis.Un groupe d'adolescents partagent leur temps entre lycée et des ballades sur la côte où l'épave à moitié immergée d'un dragueur de mines polonais est leur terrain de jeux et d'aventures.
    Parmi ce groupe de jeunes:Mahlke,à moitié orphelin,un peu contrefait,mauvais nageur,affublé d'une pomme d'Adam hypertrophiée et en perpétuel mouvement,est un peu le souffre douleur de ses condisciples.
    Un jour sur un terrain de sport,Malkhe s'est endormi,et sa pomme d'Adam en mouvement,devient pour le chat du gardien,et avec l'aide perfide du narrateur;Pilensz,une souris frétillante.Pour Malkhe,quelques égratignures sans lendemain,mais un surnom qui lui restera:la souris.
    Pilensz,toujours à ses basques,sera le chat.Car,si personne n'aime Malkhe, tous l'admirent ,c'est un peu le meneur de la bande.
    De piètre nageur,il va devenir un plongeur téméraire,ramenant à ses camarades nombre d'objets du fond de l'épave,se révélera un adorateur à la limite idolâtre de la Vierge noire de Czenstochowa,rêve de devenir clown,et de gagner la Croix de Fer.
    De la guerre,peu de communiqués,elle encore loin,en Russie,en Afrique du Nord,dans l'Atlantique,dans le Pacifique,mais ici à Dantzig,c'est l'ennui,la routine,l'attente.
    De temps à autre une conférence donnée par un héros en permission,pour préparer cette jeunesse à un éventuel enrôlement vient troubler cette quiétude.
    Finalement,tous partiront vers diverses unités,mais seul Malkhe rapportera la Croix de Fer.Mais tout cela n'est-il pas un rêve pour Pilensz, après la guerre,plus jamais il ne reverra Malkhe.
    Celui-ci,ne serait-il pas le symbole du triomphe de la volonté,devenu le surhomme de l'idéologie nazie? Ou une parodie façon Gunter Grass?
    Son oeuvre s'axe sur l'Histoire,irrationnelle,absurde,et il laisse apparaitre son scepticisme sur le monde au travers d'une écriture au vitriol.
    Pour lui,pas d'Allemagne manipulée,mais responsable de ses actes.
    Difficile à lire (pour moi),car à la manière de Faulkner,il ne respecte pas la chronologie à la lettre,une multiplication d'événements à divers niveaux,d'événements secondaires font souvent dévier le récit de son contexte initial.
    Lire ou relire son oeuvre,et en particulier (pour moi) son génial " En Crabe"

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    • Livres 5.00/5
    Par andman, le 19/04/2015


    La Petite Gare, et autres nouvelles de Iouri Kazakov

    A quelques années près, l’existence de Iouri Kazakov (1927-1982) a coïncidé avec celle de son pays, l’Union soviétique.
    L’arbitraire stalinien le privera très jeune d’un père déporté au goulag pendant plus de vingt ans, avant d’être enfin réhabilité. Iouri réussit néanmoins de brillantes études de musique classique et devenu jeune adulte joue dans différents orchestres symphoniques et de jazz de Moscou avant de se consacrer au milieu des années cinquante à l’écriture.

    “La petite gare” est un recueil de douze nouvelles écrites de 1954 à 1958 lors de nombreux voyages organisés par le prestigieux Institut littéraire Maxime-Gorki au sein duquel il étudie.
    Iouri Kazakov, le moscovite, est sous le charme des régions les plus septentrionales du vaste pays et le littoral boisé de la mer Blanche est le terrain idéal pour assouvir ses passions de chasse et de pêche.

    “Une matinée tranquille”, “Nocturne”, “A la chasse”, “Les secrets de Nikichka”, “Arcturus, chien courant”, près de la moitié des titres du recueil fait la part belle à la nature où magnificence et poésie se confondent. Les mondes végétal et animal, qui s'éveillent et s’animent dans un ordre immuable de lumières et de sons, inspirent la plume de l’écrivain qui retranscrit avec grand réalisme de véritables symphonies naturelles. La partition ci-dessous n’est-elle pas par sa tonalité extrêmement douce de l’ordre du divin ?

    “Le soleil s’était enfin levé : dans les prés, un cheval hennit doucement et tout parut s’illuminer à une allure extraordinairement rapide, tout, aux alentours, se vêtit de rose. On distingua plus nettement la rosée d’argent des sapins et des buissons, le brouillard se mit en mouvement, s’effilocha et découvrit peu à peu, à contrecœur, les meules de foin, taches sombres se détachant sur le fond gris-cendré de la forêt maintenant proche. Les poissons s’en donnaient à cœur joie. Les gouffres répercutaient de temps à autres, de lourds rebondissements, l’eau s’agitait, le long de la rive les joncs se balançaient doucement.”

    “La petite gare”, “La maison sous la falaise”, “Le pèlerin”, “Le bleu et le vert”, “Les vieux”, ''Manka'' racontent des histoires sentimentales pas toujours très heureuses, des rapports humains où l’âme russe trouve tant de charme et de jouissance aussi bien dans l’abandon et la solitude que dans l’exubérance et l’intempérance parfois.

    Le recueil se termine sur une note onirique avec la nouvelle intitulée “Les cornes de renne” dans laquelle le lecteur découvre le quotidien d’une jeune fille à l’imagination fertile. Hébergée dans une Maison de repos suite à une longue maladie, elle a une façon bien à elle de s’évader, de croire en un avenir meilleur.

    La prose exquise de ce nouvelliste de talent se déguste lentement. Un petit verre de vodka et un grand bol de thé, pour imiter les protagonistes de ''Manka'', accompagneraient idéalement la découverte de ces tranches de vie slaves ô combien rafraîchissantes en ces chaudes journées printanières.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 12/04/2015


    Iliade, tome 1 : Chants I à VIII (édition bilingue français - grec) de Homère

    À l'issue de ce premier tiers de l'Iliade, le bouillant Achille n'a pas encore véritablement fait son entrée dans l'épopée. Le combat titanesque qui doit opposer le champion des Troyen, Hector, au champion des Achéens, Achille, donc, n'est pas encore au programme.

    Ce dernier est resté sur la plage avec ses hommes parce qu'il reproche à Agamemnon, sorte de général en chef des Grecs, de l'avoir lésé lors de la dernière remise de butin et refuse donc de reprendre le combat tant qu'il n'aura pas recouvré son dû.

    C'est donc un premier indice que nous lègue(nt) le ou plus exactement les rédacteurs de l'Iliade, qu'on baptise toujours sous le même chapeau commode d'Homère, bien que ce texte ait manifestement été établi sur plusieurs siècles et qu'il n'y a peut-être jamais eu plus d'Homère pour l'Iliade et l'Odyssée que de Moïse pour la Bible. Le copyright n'existant pas à l'époque, les auteurs successifs qui se relayaient pour les mettre en forme oubliaient souvent de préciser leur pedigree ; le fond et le désir de transmission prévalant sur l'identité du rédacteur.

    Ces plusieurs que par commodité l'on nomme Homère, nous indiquent que, comme fondement de cette société dont cet écrit est l'un des piliers, il y a la possibilité de ne pas être d'accord avec l'autorité. En quelque sorte, un droit à se rebeller si la cause est juste et justifiée.

    J'en veux pour preuve que même au panthéon de l'Olympe, il arrive très fréquemment aux dieux de ne pas être d'accord entre eux, et, par exemple, Athéna et Héra, s'opposent même très ouvertement à Zeus, qui est pourtant censé être l'autorité suprême. Ceci est la preuve irréfutable d'un système social relativement égalitaire, en tout cas pour l'époque, et dont tant l'histoire actuelle du XXIe siècle, ou celle récente du XXe siècle nous révèle qu'elle n'est pas toujours égalée sur ce point par beaucoup de sociétés de par le monde, largement plus autoritaires. (*voir le P. S. à ce propos).

    Dans ce premier tiers de l'Iliade encore, il est question de droit et de destin. Les Achéens, c'est-à-dire, pour faire simple, les Grecs, sont persuadés d'être dans leur bon droit en venant venger le rapt d'Hélène, femme de Ménélas, le propre frère d'Agamemnon. Selon eux, il y a affront des Troyens, lequel affront doit être lavé dans le sang et au prix de la destruction de la cité de Troie.

    Si l'on se place du point de vue Troyen, en revanche, il y a certes une action pas très reluisante de la part de Pâris (aussi nommé Alexandre), l'un des multiples frères d'Hector, les fils de Priam, le vieux roi de Troie. Mais il y a surtout une intervention divine : si Pâris a pu séduire Hélène, c'est qu'elle a été envoûtée par l'entremise d'Aphrodite, la déesse de la beauté ; et Pâris n'a donc été que l'instrument d'un destin qui lui est supérieur et sur lequel il n'a que peu de prises.

    En somme, Justice et Destin sont deux variables qui s'opposent tant sur les causes du conflit, débuté il y a neuf ans de cela, que sur chacun de ses développements. Le juste est constamment mis en faillite par l'entremise du destin (dit plus clairement, l'intervention volontaire d'un dieu quelconque), mais réciproquement, le destin est lui-aussi mis à mal par moments par le rétablissement du juste et du loyal.

    De ce fait, l'on assiste, après une revue des forces en présence, à une succession de combats, d'actes héroïques, de harangues, et d'interventions divines qui font pencher la balance tantôt côté Achéen, tantôt côté Troyen (je rappelle que Troie était située sur la côte Nord-Ouest de l'actuelle Turquie, sur le versant asiatique).

    En force pure, les Achéens ont des héros qui semblent légèrement plus forts que les Troyens, notamment Diomède et Ajax, présentés comme deux véritables taureaux indomptables, et l'on ne parle même pas encore d'Achille, lui qui n'interviendra qu'à partir du second tiers de l'Iliade.

    Chez les Troyens, hormis Hector, ce ne sont pas les gros bras qui se bousculent, et même Hector semble moins robuste qu'Ajax lorsqu'ils s'affrontent tous deux. C'est plutôt leur savoir technique qui semble être leur meilleur atout, notamment l'envoi de flèches à distance, ou le maniement du char à la rapidité incomparable.

    Reste l'esprit. Certes Hector n'en semble pas démuni, mais là encore, c'est du côté grec que semblent se trouver les plus beaux spécimens ; il y a bien entendu la sagesse légendaire du vieux Nestor, mais aussi et surtout, la ruse, parfois même un peu fourbe du fameux Ulysse, l'identité même du peuple grec.

    En guise de conclusion, à l'issue de ce premier tiers de l'œuvre, dans une version bilingue très sympa, vous êtes prêts à pénétrer de plain pied dans la symbolique mythique du premier grand peuple européen de l'histoire mondiale dont nous sommes, nous autres, en quelque sorte, les ultimes avatars. C'est donc une plongée vers nos propres origines, toujours intéressante à mener. Mais bien sûr, ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    (* P. S. : Des chercheurs en primatologie ont montré de façon très convaincante qu'il existe chez de nombreuses espèces de primates une covariation des différentes variables sociales permettant d'expliquer sinon tout, du moins une très grande partie des différences de style social entre espèces proches. Ainsi entre les espèces très tolérantes socialement à une extrémité et les espèces très autoritaires à l'autre extrémité, il n'y a parfois qu'une infime variation d'un des paramètres mais qui entraîne à sa suite tous les autres.

    Par exemple, Bernard Thierry a montré que parmi les 21 espèces de macaques répertoriées, l'essentiel des différences comportementales proviennent de l'intensité de l'agression. Pour ceux que cela intéresse, voici un lien vers l'un des multiples articles qu'il a publié à ce sujet :
    http://people.nunn-lab.org/charlie/PDFs/55-Thierry-et-al.-2008.pdf

    Quand l'intensité de l'agression est forte, on aura alors un système social très sclérosé, avec un héritage fort du rang social d'une génération à la suivante et une quasi impossibilité d'évoluer dans la hiérarchie sociale, des mères très restrictives et ultra-protectrices vis-à-vis de leurs petits. Ce faisant, ces groupes sont relativement apaisés et les contestations très rares. Disons que c'est l'homologue du système nord-coréen de l'espèce humaine.

    À l'opposé, lorsque l'intensité de l'agression est plus faible, le risque de blessure étant moindre, les contestations sont beaucoup plus fréquentes et, comme sous produit, on constate beaucoup de coalitions d'individus moyens ou faibles de la hiérarchie contre des plus forts. Il est beaucoup plus possible d'évoluer hiérarchiquement par rapport à ses parents. De même, les mères sont plus permissives et encouragent même leurs petits à nouer des liens, notamment avec d'autres petits issus de femelles de statut social plus élevé.

    Ceci donne des groupes extraordinairement bruyants et turbulents où les crêpages de chignons sont monnaie courante et suivis de grandes séances de réconciliation générale à l'autel de l'épouillage... jusqu'à la prochaine rixe. Ce système ressemble beaucoup à notre propre système de république molle et vaguement démocratique dans lequel tout le monde crie et où les règles sont respectées avec des critères à géométrie variable...)

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