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Critiques les plus appréciées

    • Livres 0.00/5
    Par Nastasia-B, le 14/12/2014


    Cinquante nuances de Grey de E L James

    Non, ce n'est pas pour écrire une critique que j'interviens car je n'ai pas lu ce livre et ne le lirai jamais, mais je n'ai pas réussi à trouver de case à cliquer qui corresponde. Aujourd'hui, cependant, je souhaiterais nous interroger collectivement (je ne m'exclus pas du nous, bien au contraire).

    Quelqu'un d'éminent a dit une fois, je ne sais plus qui (parce que c'était quelqu'un de droite, voilà pourquoi ma mémoire défaille, elle refuse de se souvenir quand ça vient de ce côté) : " Les Français sont des veaux. La France entière est un pays de veaux. "

    Qu'en est-il des lecteurs de Babelio ? Si l'on a la curiosité d'aller voir les 20 critiques les plus plébiscitées par les Babelionautes depuis la nuit des temps (c'est-à-dire depuis l'ouverture du site en 2007), on s'aperçoit vite que l'essentiel des avis qui sont donc les plus plébiscités concernent principalement des bouses intersidérales qui ne mériteraient même pas qu'on s'abîme la bouche à prononcer leur nom.

    Et sur ces " top 20 ", pas moins du quart concernent un seul et même livre, les fameuses Cinquante Nuances De Grey. Édifiant non ? Quand bien même cela serait pour n'en dire que du mal, comme c'est le cas des cinq en question, qu'avons-nous besoin de donner un telle importance à un ouvrage pareil ?

    Je vais m'efforcer de ne pas m'abaisser à en dire du mal car c'est lui donner de l'importance ce que je ne veux surtout pas, mais notre comportement, à nous tous, me questionne (et j'ai bien conscience que cette contribution même, de par le fait qu'elle existe, contribue elle aussi, malheureusement, au phénomène mais je n'ai pas trouvé d'autres moyens d'aborder simplement et de front la question).

    Pourquoi un tel engouement, en bien comme en mal, sur Babelio ? Cinquante Nuances De Grey, tenez-vous bien, à l'instant où j'écris 558 critiques au compteur. Dans le même temps, je regarde Victor Hugo, Les Misérables, 47 critiques au compteur. Sommes-nous donc réellement tombés si bas ?

    Oui, alors vous allez me dire, Okay Nastasia mais ton Victor Hugo n'officie pas exactement dans le même registre. Il n'y a pas d'accents coquins ni de sulfureuses vapeurs d'interdits qui s'en dégagent. Soit. Alors allons chercher dans la littérature d'authentiques chefs-d'œuvre jouissant (ce sont les chefs-d'œuvre qui jouissent, pas les lecteurs, je précise — pas encore du moins) d'une réputation sulfureuse : L'Amant De Lady Chatterley, roman à plus d'un titre exceptionnel, 47 critiques, pas mieux que Victor Hugo. Allons donc un peu plus loin dans les vapeurs de soufre : La Vénus À La Fourrure, lui aussi un roman réellement marquant et intéressant qui est à l'origine du terme de masochisme, que constate-t-on ? 6 malheureuses critiques au compteur !

    J'aimerais donc qu'il y ait cinquante degrés de nuances mais le constat est malheureusement univoque et accablant. Nous sommes, il faut bien le reconnaître, nous tous collectivement, des veaux. De Gaulle avait raison. Sommes-nous tous obligés de gober ces cinquante nuances de fange de grey ou de force ? Sommes-nous donc tous tellement obligés, tous à des " de grey " divers, d'activer nos instincts moutonniers de Panurge ?

    Soit je ne comprends rien de rien à la littérature, soit les éditeurs se foutent bien de notre gueule et par notre comportement grégaire écervelé nous les y incitons chaque jour un peu plus, à nous ruer à qui mieux mieux sur la dernière supra-merde venue, simplement parce qu'elle est encore toute chaude. Le silence, mesdames et messieurs, le silence. L'indifférence, voilà ce qui a toujours été l'arme absolue pour lutter contre la merde éditoriale et le mépris dont ils nous assaillent.

    Nous leur donnons raison si nous en parlons. Que l'auteur écrive une daube et se fasse grassement payer pour ça, je dirais, tant mieux pour elle. Mais que les éditeurs nous infligent ça et que nous leur donnions raison, voilà qui me fait mal, très mal à la littérature et qui quelque part, un peu, me révolte. Oh oui ! Une fois encore, j'ai mal à ma littérature et mes plaies sont béantes.

    Le silence radio, voilà comment nous devrions lutter contre les mille daubes qu'on nous jette en pâture pour nous vider l'esprit. Plus nous en parlons et plus nous répandons la gangrène. Ce que je dis des nuances de machin je ne sais quoi s'applique aussi à bon nombre des autres " Top 20 ". Top quoi ? je me le demande.

    Souvenons-nous collectivement (moi la première, je me botte les fesses en même temps que j'écris cette non critique) que chaque critique que nous écrivons sur un livre qui ne vaut pas la peine qu'on en parle est une place que l'on prend pour un livre qui le mériterait. Les éditeurs n'ont pas de principes ; si les excellents livres se vendaient, ils proposeraient d'excellents livres, mais comme en ce moment tout l'espace est occupé par les bouses, ils s'imaginent logiquement avoir affaire à des veaux, c'est normal et c'est cartésien.

    Faisons de Babelio un lieu de résistance, boycottons les livres qui se foutent ouvertement de notre gueule, même pour en dire du mal car c'est leur donner trop d'importance. Silence = non vente, non vente = diversification de l'offre à d'autres types d'ouvrages. Donc on a tous à y gagner à laisser muets nos claviers sur ce genre de produit que je répugne à désigner par le noble terme de roman.

    Mais ce ne sont là que les cinquante nuances d'un avis fort gris et fort discutable, c'est-à-dire pas grand-chose en terme éditorial...

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 12/12/2014


    Comment les Fleurs vinrent aux Genêts de Leourier /Mollet

    Ne pas confondre le but et le moyen...
    Au cœur de cette histoire il y a l'amour. L'amour d'un jeune homme pour une jeune fille et sa réciproque. Et pour cet amour, qu'est-ce que l'on est prêt à faire et à sacrifier ? Mais ce n'est pas tout...

    Dans une lande d'un territoire qu'on pourrait vaguement qualifier d'écossais (mais il pourrait tout aussi bien être breton, gallois ou irlandais), Yanig, fringant jeune homme sans le sou est amoureux de la belle et charmante Bleuwen. Or, celle-ci est la fille d'un braconnier malsain et acariâtre qui a bien compris qu'il pourrait gagner un joli pécule en exigeant une dot rien que pour autoriser le mariage de sa fille auprès de laquelle se pressent de nombreux prétendants.

    Yanig, avec ses pauvres habits et son seul courage pour richesse a peu de chances d'infléchir le vieux. C'est pourtant lui que Bleuwen chérit en son cœur. Le vieux braconnier n'oppose pas un véto définitif à Yanig mais lui impose une épreuve difficile à surmonter : il aura Bleuwen lorsqu'il aura rapporté ce gros sac rempli de pièces d'or...

    Bleuwen fait vœu de l'attendre et pour lui signifier qu'elle pense à lui, à chaque jour qui passe plantera un rameau de genêt sur la lande. Elle remet également à son amoureux une poire et un rossignol pour l'aider dans sa quête.

    Yanig va donc patiemment et courageusement se faire un devoir de gagner de l'argent. Pièce après pièce, de l'argent, de l'argent, toujours de l'argent, des années durant, de l'argent, encore de l'argent. Il y réussit d'ailleurs. Tant est si bien qu'avec les années, quelque peu grisé par ses réussites, il prend plaisir à gagner de l'argent, toujours plus d'argent.

    Je vous laisse découvrir la parole de sagesse profonde enfermée en ce conte en vous rappelant simplement, à vous aussi, de ne jamais confondre le but et le moyen... Mais ce n'est que mon avis, l'une et l'une seulement des milliers de fleurs d'or qui jalonnent la lande couverte de genêts denses de Babelio, c'est-à-dire, bien peu de chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 16/12/2014


    Les Rougon-Macquart, tome 7 : L'Assommoir de Emile Zola

    Définition du Petit Larousse 2021 :
    Assommoir (nom masc.) : livre percutant, machine à donner des coups de poing en pleine face au lecteur. Ex : " Tiens, j'ai découvert un livre incroyable, c'est un vrai assommoir. " " Oh, là, là ! Je viens de lire les Cinquante Nuances De Grey ! Pfff ! C'était pas de l'assommoir ! "

    Aujourd'hui, je vais choisir un parti pris peut-être osé, pas trop assommant, je l'espère. Je vais prétexter qu'Émile Zola n'est pas un écrivain talentueux. Je sens déjà gronder la meute alors il me faut de suite préciser ce que j'entends par talentueux.

    Selon moi, Émile Zola n'est pas le type de l'écrivain foncièrement doué dès le départ, qui a un sens inné de la formule juste, qui, quoi qu'il touche, aura toujours une plume séduisante, ce n'est pas un Beaumarchais ou un Voltaire qui pourrait presque se permettre de laisser courir sur le papier le flot continu de sa pensée sans jamais que cela soit pénible à lire.

    Non, Zola, à mon avis, c'est l'inverse de cela. C'est un écrivain laborieux, tenace, obstiné, travailleur jusqu'au stakhanovisme, qui remet cent fois l'ouvrage sur le métier, qui se fixe un point et qui s'y tient, qui creuse, qui creuse, qui creuse son sillon, patiemment, motte après motte, comme un bœuf écumant jusqu'à ce que le champ soit entièrement labouré. Alors seulement, il s'autorise une petite pause, prend son mouchoir, essuie son front et ses lunettes, arbore un petit sourire de satisfaction en regardant sa parcelle retournée, puis retrousse à nouveau ses manches et repart pour une nouvelle besogne.

    Jacques Brel disait : " Le talent, c'est d'avoir la volonté de faire quelque chose. " et c'est en ce sens-là qu'Émile Zola est talentueux selon moi. Si vous avez un jour la curiosité de lire les Rougon-Macquart dans l'ordre, vous vous apercevrez qu'il lui aura fallu attendre le treizième volume pour atteindre ce qu'une large majorité considère comme sa quintessence, avec Germinal. Treize romans avant le Nirvana, ce n'est pas rien tout de même.

    Vous vous apercevrez, ce qui pour moi est toujours assez émouvant, que c'est vraiment à force de travail qu'Émile Zola a acquis son art. Le projet est très comparable dans Le Ventre De Paris ou dans Au Bonheur Des Dames : on décrit les Halles dans l'un et les grands magasins dans l'autre. Le but est clairement descriptif et documentaire, or, ce travail qui pouvait s'avérer lourd, redondant et pléthorique dans Le Ventre De Paris, numéro 3 du cycle, passe comme une lettre à la poste dans Au Bonheur Des Dames, le numéro 11. Il a progressé, il s'est amélioré, il s'est affiné il maîtrise mieux non pas son sujet, mais son art, l'art de la plume de l'écrivain naturaliste.

    Et ici, avec L'Assommoir, c'est absolument flagrant. C'est tellement beau, c'est tellement fort, c'est tellement émouvant de le voir sous nos yeux apprendre à maîtriser l'art du dérapage sur piste glissante, de le voir s'en tirer à chaque fois mieux, commençant au correct et terminant au sublime.

    Car dans le fond, pourquoi ce septième roman des Rongon-Macquart a-t-il connu plus de succès que tous ceux qui ont précédé et jouit-il d'une plus grande notoriété ? A priori, il n'est pas fondamentalement différent des autres. La recette de Zola semble toujours un peu la même, le couple subissant une lente agonie et une spirale descendante a déjà été dépeint dans La Conquête de Plassans.

    Ici, c'est la cousine des Mouret, la célèbre Gervaise Macquart, devenue Coupeau qui est sur le gril. Zola nous embarque dans les arcanes du monde des ouvriers et des petits commerçants de Paris, et comme dans les ouvrages précédents, la part faite à la description est grande. Vous découvrirez les lavoirs, les blanchisseries, l'atelier miteux du chaîniste de la Goutte d'Or, les toits de Paris couverts de zinc, la forge, qui ressemble à celle de Vulcain, les fleuristes, et même l'auteur nous emmène au Louvre, puis bien évidemment, dans l'antre fétide et maléfique des débits de boisson où les ouvriers viennent s'abîmer.

    Qu'est-ce qui est si différent ici des autres romans ? Sur le fond, probablement rien. Zola continue d'y creuser son sillon, de dérouler son œuvre sociale sur un nouveau pan de la société, en l'occurrence les classes ouvrières qu'il avait déjà un peu visité dans Le Ventre de Paris. Gervaise n'est pas si loin de réussir dans la blanchisserie comme sa sœur Lisa dans la charcuterie.

    Ici, à mon avis, la grande différence, ce qui est vraiment magique avec ce roman, provient du style qu'Émile Zola va employer et faire éclore, sous nos yeux, à force de travail, sans presque l'avoir fait exprès. À force de s'accoquiner au phrasé et à l'argot le plu cru de l'époque (pour faire plus vrai), la prose de Zola s'est révélée, s'est transfigurée page après page, par ce mélange de langue érudite et de langue fangeuse. Pour moi, c'est ça qui explique le succès phénoménal de L'Assommoir.

    Regardez, observez, soyez attentifs, suivez l'évolution du style au sein du livre et découvrez au chapitre 10 notamment, cette espèce de mélange de lyrisme et de miasmes absolument nouveau, même pour Zola et d'une fluidité, d'une force absolument prodigieuse, qui deviendront la " marque de fabrique " de l'auteur, qui annonce le style du grand, de l'inénarrable Céline. Un style qui a éclos ici, presque fortuitement à l'écriture forcenée de L'Assommoir par un Zola plus laborieux et travailleur que jamais.

    Ainsi, à baigner dans le jus de l'argot, la prose du naturaliste a acquis une dimension supplémentaire, Émile Zola a fait évoluer son style pour coller à la violence, à la médisance et à l'indigence qu'il décrit. Et c'est, volontairement ou non, qu'il atteint l'excellence, car on le sentait certes en germe dans les ouvrages précédents (il avait un peu raté le coche dans Le Ventre de Paris), mais jamais encore il n'avait pleinement épanoui une telle verdeur de style, une certaine révolution, qui fait qu'aujourd'hui Zola est Zola.

    Bref, on a le sentiment qu'à décrire la lente et inéluctable descente aux enfers de Gervaise dans la puanteur et le désespoir, l'auteur s'est trouvé lui-même et a franchi le seuil de son identité littéraire. Il y aura un " avant " et un " après " L'Assommoir. La scène du fouet chez le père Bijard au chapitre 10 est l'une des plus dures qu'on puisse imaginer, rappelant les pires déboires de Fantine et Cosette réunies dans Les Misérables.

    On sent Gervaise fragile psychologiquement, jamais très loin de s'en sortir, mais effectuant toujours le mauvais choix quand s'offre une alternative tant avec Lantier (admirable en sa qualité de " ver dans le fruit "), que Coupeau suite à sa chute, que Goujet qu'elle n'ose pas rejoindre alors que lui seul semblait pouvoir lui assurer un certain salut.

    Finalement, ce qui est touchant chez Gervaise (un peu comme chez Nana sa fille plus tard), c'est cette dénégation de la vie, cette abnégation à affronter la chute sans craindre la mort tellement l'existence a peu de prix pour elle. La scène d'apocalypse finale que subit Coupeau en proie au pire des delirium tremens est une sorte de synthèse, où tout le mal accumulé dans les chairs et dans l'esprit dans cette descente ressort en un torrent de douleurs et de démence indescriptibles. Ce roman est aussi le germe, l'éclosion de deux personnages important des romans à venir, en la personne de Nana dans le roman éponyme et d'Étienne dans Germinal.

    Enfin, comme les Halles dans Le Ventre de Paris et plus tard, la locomotive de La bête humaine, l'alambic de L'Assommoir du père Colombe est élevé au rang de personnage effectif, démon maléfique et vénéneux au pouvoir quasi mystique digne des sortilèges de l'Odyssée.

    Lisez et relisez ce premier (et pas dernier) grand coup de poing en pleine face que nous assène Émile Zola dans les Rougon-Macquart. Or, bien entendu, ce que vous venez de lire n'est qu'un avis, alambiqué et assommant, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 09/12/2014


    Le Vieil Homme et la guerre de John Scalzi

    un classique de la sf militaire

    Premier tome devenu culte de la trilogie du vieil homme et la guerre, désormais en 5 tomes avec les brigades fantômes, la dernière colonie, zoé et désormais humanité divisée.

    John Perry a désormais 75 ans. Sa femme est morte, il est vieux et fatigué. La solution ? S'engager dans l'armée bien sûr. Mais pas n'importe laquelle, celle de l'union coloniale, celle qui vous promet un rajeunissement. Technologie inaccessible sur la Terre. Mais ce qu'elle ne vous dit pas non plus, c'est que pour un engagement de 2 ans prolongeable à 10, vous avez huit chances sur dix d'y passer, que vous allez combattre d'innombrables espèces extra terrestres, dont beaucoup sont plus avancées technologiquement, dont certaines accommodent facilement l'homme avec de la sauce gribiche. Mais avec un corps tout neuf (et tout vert), vous allez bien y arriver non ?

    Finaliste du prix Hugo et prix Campbell du meilleur nouvel auteur, il y a pire comme carte de visite. (d'autant que l'auteur a obtenu par la suite le hugo et le locus pour un autre de ses livres : Redshirts).
    De nombreux livres de sf militaire ont été comparés aux deux grands monuments que sont Etoiles garde à vous et la guerre éternelle, pas toujours à raison, d'ailleurs, mais pour cette œuvre en particulier, la comparaison reste pertinente.
    Certes cette thématique n'est pas celle de prédilection de l'auteur, qui lui préfère la sf humoristique. On retrouve d'ailleurs dans ce roman beaucoup de traits d'esprits, d'autodérision qui amène beaucoup de fraîcheur et de fluidité à la lecture, mais cette incursion (on parle même d’œuvre de commande) a été menée de main de maître.
    Le côté action militaire est particulièrement bien rendu, le background est très original et ne demande qu'à être développé plus en profondeur, (ça tombe bien, vous avez quatre autres tomes pour vous satisfaire) et c'est drôle (toute proportion gardée bien sûr vu que l'objet principal reste la sf militaire).
    Enfin, le traitement est loin d'être primaire (moi voit, moi tue) et un peu de réflexion habilement distillée font ce roman un désormais incontournable classique de la sf militaire.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 06/12/2014


    Les Démons de Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski

    — 900ème —
    Avec Les Démons (ou Les Possédés, titre moins conforme mais plus célèbre en français, notamment en raison de l'adaptation théâtrale qu'en a fait Albert Camus, voir le nota bene au bas de cet avis), Dostoïevski s'attelle à un immense canevas politico-sociétal qu'il est difficile de définir en deux mots et dont les limites me semblent, elles-mêmes, assez floues.

    Afin de situer quelque peu l’œuvre, je vous propose de commencer par cet extrait, issu de la bouche de Stepan agonisant (Troisième partie, Chapitre VII, à la fin du sous-chapitre 2), qui me semble révélateur avant de commenter (N.B. : Dostoïevski vient de citer le passage correspondant dans les évangiles, pour ceux que cela intéresse, il s'agit de l'épisode du démoniaque gérasénien qu'on trouve dans les évangiles de Marc, Matthieu ou Luc) :

    « Ces démons qui sortent d'un malade et entrent dans des porcs, ce sont toutes les plaies, tous les miasmes, toute l'impureté, tous ces grands et petits démons, qui se sont accumulés, pendant des siècles et des siècles, dans notre grande et chère malade, dans notre Russie. Oui, cette Russie que j'aimais toujours. Mais une grande idée et une grande volonté l'éclaireront d'en haut comme ce possédé du démon, et tous ces démons en sortiront, toute l'impureté, toute cette turpitude qui suppure à la surface... et ils demanderont eux-mêmes à entrer dans des porcs. D'ailleurs peut-être y sont-ils déjà entrés ; peut-être ! C'est nous, nous, et eux, et Petroucha... et les autres avec lui, et moi peut-être le premier, et nous nous précipiterons, déments et enragés, du haut du rocher dans la mer et nous nous noieront tous, et ce sera bien fait pour nous parce que nous ne sommes bons qu'à cela. Mais la malade guérira et "s'assoira aux pieds de Jésus"... »

    On comprend bien je pense le message que cherche à nous délivrer l'auteur. En ces années 1870, la Russie connaît des troubles, l'ancien ordre établi vacille (notamment depuis l'abolition du servage en 1861), la religion vit une crise et les ferments de la révolte " à la française " commencent à voir le jour.

    Des opportunistes de tous poils cherchent à souffler sur les étincelles à coups d'idéologies (socialiste, nihiliste, autres) pour mettre le feu à la Russie et se saisir du pouvoir quitte à s'adonner au bain de sang. L'aristocratie déchue et proche de la ruine (suite au partage des terres lors de l'abandon du servage) n'y est pas étrangère.

    C'est donc ce faisceau de craintes et de menaces que l'auteur essaie de dépeindre dans cet étrange ouvrage, mi politique, mi social, mi romantique, mi mystique (les amateurs de Pagnol et qui savent mieux compter que moi noteront que comme César, moi aussi j'ai quatre tiers dans mon cocktail, voire même un peu plus mais je n'ai jamais réussi à dénombrer aussi loin).

    Fiodor Dostoïevski bâtit un scénario à échafaudage complexe animé d'une myriade de personnages (les noms russes avec double prénom, à la longue, finissent par tous se ressembler, je vous conseille de mettre un repère à la page de présentation des personnages, ça vous sera utile jusqu'au bout) dont les principaux semblent être Nikolaï Vsévolodovitch Stavroguine et Petr Stépanovitch Verkhovenski.

    Le premier symbolisant l'aristocratie décadente, le second, les classes supérieures arrivistes semant le trouble ; l'ensemble constituant " les démons " dont la Russie " possédée " devra se débarrasser pour recouvrer sa sérénité séculaire.

    En somme, une lecture un peu alambiquée, mais pas désagréable, on ne sait pas trop où l'auteur nous emmène, mais il nous emmène. Un séjour en apnée dans la demie folie ambiante de presque tous ses personnages (comme presque toujours chez Dostoïevski), parmi les démons de la Russie tsariste. Tout ceci, bien sûr, n'est que mon diable d'avis, dont je vous invite à vous déposséder s'il ne vous convient pas car, à lui seul, il ne signifie pas grand-chose.

    N. B. : Selon les éditions et les traductions, le titre est transcrit soit sous la forme " Les Possédés ", soit sous la forme " Les Démons ", mais il s'agit bien du même livre. Traditionnellement et parce que les premières traductions françaises l'ont transcrit ainsi le titre Les Possédés s'est popularisé tandis que les traductions plus récentes et plus soucieuses de la lettre ont tendance à privilégier Les Démons.

    Cette différence d'ailleurs se résout à une histoire de contenant et de contenu, c'est selon. Certains mauvais esprits ont tendance à croire qu'il y aurait peut-être aussi une toute petite motivation financière à faire croire à du nouveau sous le soleil avec ces changements de titre, mais personnellement je serais fort surprise qu'un quelconque démon de l’appât du gain puisse animer un quelconque éditeur, allez savoir ?...

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 08/12/2014


    Le Maître et Marguerite de Mikhail Boulgakov ()

    Ça vous dirait d'être conviés à un bal avec Staline ? Sans quoi, n'hésitez pas, Mikhaïl Boulgakov a un petit carton d'invitation à vous donner. Cela s'appelle Le Maître Et Marguerite. C'est plaisant à lire, tonique, fantasque et dépaysant.

    L'auteur, aux prises avec l'atrocité de la dictature stalinienne, persécuté dans sa propre vie, muselé professionnellement et intellectuellement a essayé, via ce roman, à faire passer en fraude un s.o.s., à glisser un message dans une bouteille... Car comment critiquer ce régime de barbarie et de dénonciation sans tomber sous le joug des autorités ?

    C'est le tour de force qu'a réalisé Mikhaïl Boulgakov en imaginant une histoire fantastique, pleine de diables loufoques et de suppôts de Satan risibles mais où, à chaque coin de page, on lit en transparence une critique du système qui sévissait à l'époque.

    Alternant des situations quasi burlesques, des scènes de simili science-fiction kafkaïennes, des tableaux tragico-fantastiques, des moments pseudo-mystiques et de nombreux appels du pieds à la tradition démoniaque judéo-chrétienne, Boulgakov parvient à s'évader du réel pour embarquer le lecteur dans son univers à la fois déprimant et gorgé d'espoir (quand le présent est désespérant, l'imaginaire et l'espoir surnaturel sont le seul refuge de l'écrivain persécuté).

    Vous aurez compris qu'il est difficile de lire ce roman sans rien connaître des éléments biographiques de l'auteur et des conditions de sa gestation et pourtant, pourtant, si l'on choisit de se laisser bercer par les seules forces de l'imaginaire, il y a moyen de trouver également beaucoup de plaisir à sa lecture sans forcément s'encombrer de trop de sens politique ou autobiographique.

    L'ouvrage est d'une construction assez bizarre mais fort maîtrisée où rien n'est laissé au hasard et où les destins des différents protagonistes se croisent et s'enchevêtrent pour former une trame insolite où les méchants ne font pas peur et les gentils ne sont pas si gentils que cela. On y rencontre, dans une sorte de mascarade vénitienne, une foule de personnages dont fatalement, le maître, mais aussi un chat, un géant, des êtres avec ou sans tête, Ponce Pilate, — le Diable en personne — et, bien entendu, une certaine Marguerite...

    Mais je m'en voudrais de vous en dire beaucoup plus. Laissez-vous embarqué dans ce " pays des merveilles " pour adulte et un tantinet cauchemardesque. Évidemment, comme tout écrit très typé, il ne peut pas plaire à tout le monde. Certains le trouveront génial, d'autres s'y ennuieront et certains encore trouveront que cela n'a ni queue ni tête. Personnellement, j'ai bien aimé sans toutefois adorer, mais, bien entendu, ce n'est là que mon petit diable d'avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    N. B. : Gros bémol concernant l'édition Pocket, que je qualifierais d'assez mauvaise pour trois raisons : 1°) nombreuses coquilles, 2°) notes souvent utiles mais qui dévoilent des pans à venir de l'histoire (notamment au début) en les déflorant fatalement un peu au moment où on les rencontre dans la lecture, 3°) reliure de très mauvaise qualité où les pages prennent rapidement la poudre d'escampette. Donc, si vous avez l'occasion, essayez une autre édition.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 09/12/2014


    L'Importance d'être constant de Oscar Wilde

    Dans L'Importance D'Être Constant, Oscar Wilde revisite et revitalise la longue tradition théâtrale du quiproquo, je dirais " à l'italienne ". C'est une comédie légère et vive, comme l'étaient ses aînées de la Commedia del'Arte, mais où les arlequins sont des dandys anglais et où le caustique des répliques rappelle plus Tchékhov que Goldoni.

    La pièce est fondée sur un jeu de mots, qu'on a réussi à restituer tant bien que mal en français mais qui doit manifestement poser quelques problèmes dans certaines langues. En anglais le mot " earnest " évoque évidemment la constance, mais également la sincérité, la fidélité, l'honnêteté, la fiabilité, le sérieux. C'est à la fois un nom et un adjectif et cela résonne étrangement comme le prénom Ernest. En français, les traducteurs ont trouvé la petite pirouette du " constant " mais dont l'effet sonore et sémantique est différent.

    Vous avez compris que tout du long de cette comédie en quatre actes, Wilde va jouer sur l’ambiguïté de ce mot car, les deux protagonistes principaux, Jack et Algernon, deux dandys célibataires jouisseurs de l'aristocratie britannique de la fin du XIXème utilisent un procédé similaire pour s'extraire des impératifs familiaux et/ou mondains.

    Algernon s'est créé un ami fictif, Bunbury qui est toujours plus ou moins mourant et qu'il doit absolument aller visiter, tandis que Jack, qui est orphelin et qui n'a donc pas de famille très proche, utilise quant à lui un frère imaginaire et débauché prénommé... eh oui !, Ernest, c'est-à-dire Constant dans la version française.

    Que ce soit Bunbury ou Constant, le prétexte est surtout utilisé soit pour échapper à des obligations que les jeunes hommes jugent assommantes, soit, et c'est manifestement le cas le plus fréquent, pour aller conter fleurette à quelque charmante demoiselle sans espoir de lendemain.

    Or, bien conscients de l'infidélité réciproque de leur ami, aussi bien Jack qu'Algernon commencent à voir rouge lorsqu'ils s'aperçoivent que l'un s'intéresse un peu trop à la cousine de l'autre et que ce dernier s'intéresse quant à lui à la pupille du précédent.

    Nous avons donc droit à une construction parfaitement symétrique et croisée très artificielle, d'ailleurs, de plus en plus artificielle à mesure qu'on s'avance dans la pièce, ce qui, fait suffisamment rare pour être mentionné, n'est absolument pas gênant. On voit arriver les choses gros comme un camion, mais c'est manifestement fait exprès.

    Oscar Wilde semble se ficher éperdument que sa pièce ait l'air crédible ou pas, c'est un divertissement qu'il souhaite, c'est placer des bonnes répliques, c'est imprimer un style, c'est se faire plaisir tout en nous faisant plaisir.

    Le seul hic, pour Jack, c'est qu'il a eu la légèreté de prétexter autour de lui qu'il se rendait au chevet de son frère Constant et, parallèlement, pour ne jamais trop s'engager auprès des femmes, il s'est fait passer auprès de Gwendolen qu'il aime maintenant vraiment, comme étant également Constant.

    Sachant qu'en plus le rusé Algernon ne recule devant aucun stratagème pour pouvoir approcher Cecily, la pupille de Jack, il est fort possible que lui aussi se fasse passer pour Constant. D'où l'importance du titre pour la bonne intelligence de la pièce.

    En somme, un bon divertissement, avec quelques passages assez drôles, quelques piques lancées ici ou là de la part de Wilde à la société de son temps, quelques petits coups de pieds dans les fourmilières et puis c'est tout car cette pièce n'a probablement pas beaucoup d'autres ambitions cachées. Faire parler d'elle à l'époque, choquer un petit peu ses contemporains, faire le buzz comme on dirait aujourd'hui, mais de là à y percevoir une critique sociale forte et structurée, c'est justement tout ce que l'auteur semblait ne pas vouloir être " sérieux " (earnest). Mais ce n'est bien entendu que mon avis, c'est-à-dire, très peu de chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 15/12/2014


    Doubrovski (édition bilingue, français-russe) de Alexandre Pouchkine

    Quel talent de conteur ce Pouchkine ! C’en est presque vexant pour les autres tellement cela paraît facile et fluide sous sa plume.

    Il nous sert cette fois-ci un bref roman (Certains diront une nouvelle bien que stricto sensu, l’on ne puisse le considérer comme tel puisque la narration présente deux développements distincts articulés entre eux par une simple charnière, mais nouvelle ou bref roman, on s’en fiche comme de l’an quarante !) qui nous plonge dans la vie de campagne russe à l’époque du servage (notons au passage que le malheureux Pouchkine, en raison de sa mort prématurée lors d’un duel, n’aura jamais connu autre chose en Russie que l’époque du servage).

    Voici donc un gros rustre, en la personne de Kilila Pétrovitch Troiékourov, ancien gradé militaire, mangeur et buveur de robuste constitution, à la tête d’un des plus gros domaines de la région et d’une myriade d’âmes à son service, riche à n’en savoir que faire. Il est craint de partout comme le loup blanc des Carpates car il ne supporte pas d’être contredit et à le bras si long qu’il vaut mieux ne pas s’attirer ses foudres, sachant que les foudres en question sont faciles à susciter vu son caractère excessivement ombrageux.

    Un seul de ses voisins, Doubrovski, ose lui dire son fait sans ambages, et à la surprise de tous, nulle sanction, nulles représailles et nulle mésentente ne viennent émailler leurs cordiales relations. Cette amitié, cette estime réciproque dure depuis des années lorsque, sur un stupide événement, Doubrovski, tout aussi susceptible que son redoutable acolyte, prend la mouche et se vexe, au point qu’une vexation en entraînant une autre, Troiékourov déclenche ses farouches hostilités envers son pourtant seul véritable ami.

    Le pot de fer ayant la réputation d’être plus costaud que le pot de terre, Doubrovski ne tarde pas à voir son domaine passer aux mains de son adversaire sans espoir de revirement. Le vieux Doubrovski s’en trouve tellement amoindri qu’il dépérit rapidement et que sa vieille pipe ne tardera pas à se briser.

    Néanmoins, comme les trains à la gare, un Doubrovski peut en cacher un autre. Le fiston, alerté depuis Pétersbourg, revient au triple galop pour secourir son vieux père. Un bruit court qu’il n’a pas froid aux yeux ce jeune Doubrovski.
    Et s’il arrivait à faire trembler le terrible Troiékourov ? Et, par un curieux hasard, notre petit Doubrovski, aussi séduisant que Jean-Paul Belmondo, se métamorphosait en Louis Dominique Cartouche et bourreau non seulement des bourses des bourgeois mais également des cœurs ? Si un cœur de jeune fille digne de celui de Claudia Cardinale palpitait au fond de la maison de Troiékourov ?

    J’arrête là mon teasing car il va finir par se transformer en spoiling…
    Une très bonne narration à laquelle on peut reprocher toutefois une fin un peu vite expédiée, un peu bâclée, ce qui est dommage car elle n'est pas de la même trempe que le reste de la narration ; mais qui suis-je déjà pour parler ainsi ?

    Bref, vous aurez compris que tout ceci, n'est bien sûr que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 02/12/2014


    Lawrence d'Arabie : Thomas Edward, cet inconnu de François Sarindar

    Comme le dit la quatrième de couverture, nous avons plus ou moins entendu parler de ce personnage. S'y intéresser est autre chose et j'avoue que je ne l'aurais pas fait si je n'avais pas connu l'auteur de cet ouvrage. Bien sûr, on connaît le militaire, celui qui fut agent de liaison et qui participa à la prise de Damas. On retient de lui le costume qu'il portait, à la manière des bédouins. Que dire de plus ? Finalement, on ne connaît pas grand chose...

    François Sarindar s'attache ici à la psychologie du personnage. Il sonde Thomas Edward, essaie de faire des rapprochements entre son vécu et sa personnalité. Car on peut dire que celui qui était surnommé "Ned" par sa famille n'a pas vraiment eu de chance ! Fruit d'un amour défendu entre son père et la gouvernante de ses enfants légitimes, il pâtira, comme toute la fratrie (5 enfants), de ce manque de reconnaissance administrative. Car Thomas Chapman ne pourra jamais obtenir le divorce de sa première femme, celle-ci le refusant pour des motifs religieux. Ceci pourrait expliquer sa tendance à changer de nom. Sa mère, Sarah Junner Lawrence était elle-même une fille illégitime. Est-ce pour cela que, fervente religieuse, elle n'accepta pas la situation dans laquelle elle se trouvait et pratiqua sur elle et sur ses enfants la flagellation ? Ned en restera marqué, on peut le concevoir aisément. Cela va forger, sans nul doute, sa personnalité... quelque peu inquiétante lorsqu'on y réfléchit !

    Quel travail ! On sent à quel point l'auteur a mis ici toute sa passion pour nous faire découvrir le personnage ! J'ai vraiment pris plaisir à le lire. Pourtant ce n'était pas gagné car le bonhomme, je le disais au début, ne m'intéressait que peu. Mais le fait justement que l'on s'intéresse ici à l'homme et pas seulement au militaire, que l'on décrive sa famille et les relations complexes notamment avec sa mère permettent de mieux le comprendre. Ajoutons à ceci - cerise sur le gâteau - que le style est fluide, très agréable. Ce livre qui apporte un autre angle, un autre point de vue sur le personnage. Je suis certaine qu'il est une référence pour quiconque s'intéresse à Lawrence d'Arabie. Chapeau bas !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-contemporaine/sarindar-fran...

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 11/12/2014


    Ivan l'Imbécile de Léon Tolstoï

    Voltaire au pays des soviets…
    Avec Ivan L’Imbécile, Léon Tolstoï nous lègue un conte philosophique pour enfant (pas trop jeunes quand même, selon moi, à éviter avant 10 ou 11 ans) qui présente d’étrange similitudes avec la biographie et les convictions réelles de l’auteur, telles qu’il a pu nous les délivrer par ailleurs.

    C’est un très joli conte dont on comprend aisément qu’il ne figure dans aucun programme scolaire de notre très chère république démocratique par représentation. Eh oui ! À peu de chose près, Tolstoï y dit de ne surtout pas compter sur l’état, quel qu’il soit, de ne se fier qu’à son propre courage, de se méfier des puissances armées et des sortilèges de l’argent. En gros, une bonne vieille vision anarchique où le peuple se prend en charge lui-même sans se soucier des dirigeants.

    Tout commence lorsque trois frères, fils de paysan et en âge de voler de leurs propres ailes, décident de suivre des chemins radicalement différents. Simon le guerrier, propose ses services dans l’armée du Tsar, Tarass le ventru veut faire fortune dans le commerce et Ivan l’imbécile reste à la ferme familiale avec sa sœur muette.

    Chacun des frères réussit assez bien à sa façon, si bien même que le diable en personne se trouve offusqué d’une telle réussite, à son nez et à sa barbe. Il mandate donc trois diablotins pour semer la discorde dans la fratrie et faire en sorte que misère et malheur retrouvent leur droit sur la terre des hommes.

    Les diablotins ont convenu que sitôt que l’un des frères aurait chu, le diablotin victorieux viendrait prêter main-forte aux autres pour accomplir leur mission diabolique. Et de fait, par orgueil, Simon le guerrier ne tarde pas à perdre tout son crédit auprès du Tsar et à frôler l’exécution capitale ; de même pour Tarass le ventru qui par appât du gain et avidité arrive à se ruiner totalement.

    En revanche, vous vous doutez que le diablotin en charge d’Ivan l’imbécile est plus en peine, car il ne parvient pas à le détourner de sa tâche et de son labeur car Ivan ne réagit à aucune des stimulations que sont le prestige, l’argent ou le désir de s’adonner à l’oisiveté. À telle enseigne qu’à lui seul, il va venir à bout successivement des trois diablotin et récupérer au passage ses deux frères indignes qui ne lui seront guère reconnaissants, le considérant tous deux comme un parfait imbécile.

    Or, ceci ne se passera pas exactement comme cela, car le diable en personne, s’apercevant de l’échec de ses sbires ne tardera pas à prendre lui-même en main la destinée des trois frères… et je vous laisse bien sûr le soin de découvrir ce qui adviendra alors…

    Lorsqu’on connaît un peu les convictions profondes et la biographie de Tolstoï, on se rend compte, qu’il a simplement mis sous forme de conte à portée philosophique ce qu’il a lui-même mis en place et appliqué dans son domaine d’Iasnaïa Poliana en libérant les serfs avant même l’abolition officielle du servage, en participant personnellement et activement aux travaux agricoles alors qu’il était totalement inconcevable à l’époque qu’un noble d’une part, use ses mains au travail, et d’autre part, mêle sa sueur à celle des moujiks.

    C’est donc tout à fait la même philosophie que celle de Voltaire à la fin du célèbre Candide lorsque celui-ci nous dit qu’on peut dire tout ce qu’on veut mais que la seule chose qui vaille c’est de retrousser ses manches et de cultiver son jardin… à méditer.

    En somme, un joli conte philosophique, très pertinent pour les 10 – 13 ans et que je vous conseille bien volontiers. Mais ce n’est que mon avis, certainement imbécile lui aussi à sa façon, donc pas grand-chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 05/12/2014


    Scènes de La Vie Politique: I. Un Épisode Sous La Terreur. II. Le Réquisitionnaire de Honore de Balzac

    Voici deux petites nouvelles d'Honoré de Balzac ayant pour cadre la Terreur et ses suites. L'une que je juge excellente et l'autre plus moyenne d'où une note d'ensemble située entre 5 et 3, notes que je le leur aurait attribué respectivement.

    Dans Un Épisode Sous La Terreur, l'auteur nous offre une nouvelle assez particulière, sans le caustique habituel ni le luxe de description. Ici, tout est épuré et, une fois n'est pas coutume, il fait l'éloge de ses personnages.

    Un mystérieux homme (je cache volontairement son identité afin de ne pas ruiner l'effet recherché par Balzac) vient réclamer une messe clandestine à un abbé, terré dans une mansarde miteuse aidé de deux sœurs dévotes. (Vous avez compris que la Terreur est bien entendu cette période de la Révolution Française durant laquelle les tête volaient un peu plus que de coutume sous le grand couperet de la guillotine, surtout si l'on était, de près ou de loin, ami du clergé ou de la noblesse.)

    Le plus étonnant est que l'étranger en question vient, très solennellement, demander une messe pour... le feu roi Louis XVI ! Balzac sait y être poignant et célébre le dénuement et la dévotion. Bref, un beau petit bijou de nouvelle.

    Dans la seconde nouvelle, l'héroïne du Réquisitionnaire est une comtesse, madame de Dey, veuve d'un gradé militaire (c'est-à-dire, à l'époque, forcément un noble, or, en ces temps troublés de la révolution, il ne fallait guère faire montre de ses titres et de ses privilèges).

    C'est ce que madame de Dey a bien compris en se repliant en ses terres normandes, où elle mène une vie humble et non sujette à convoitise vis-à-vis des personnes importantes du cru, tout en étant généreuse et secourable pour les populations miséreuses qui voisinent son domaine, s'attirant ainsi une sympathie générale et unanime, qui lui laisse de droit de vivre sans trop de craintes cette période difficile pour l'aristocratie française.

    Mais madame de Dey, outre le fait d'être une belle veuve de trente-huit ans qui ferait un parti très convenable pour beaucoup de prétendants, est également la mère d'un fils qui représente tout pour elle et qui lui a dû s'exiler pour fuir la rage homicide révolutionnaire.

    Ce noble chérubin de dix-huit ans a, comme son père, embrassé la carrière des armées, mais bien évidemment, pas au service des autorités françaises...

    La vie calme et bien orthométrée de madame de Dey subit soudain un bouleversement lorsqu'elle reçoit un billet souillé qui lui indique que son fils a été fait prisonnier mais qu'il est question de négocier son évasion. Si cette escapade réussit, il sera chez elle dans quatre jours au plus tard, si elle échoue, qu'adviendra-t-il de lui ?...

    Honoré de Balzac nous dresse le décor d'une belle petite nouvelle savoureuse mais, je suis au regret de déplorer une chute que je juge particulièrement creuse et artificielle qui nuit à la bonne impression d'ensemble. Je suis donc plus que mesurée dans mon enthousiasme à conseiller cette nouvelle, qui est, selon moi, loin d'être la meilleure de l'auteur.

    Mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 12/12/2014


    Les Brigades fantômes de John Scalzi

    Second tome de la licence après : Le Vieil Homme et la guerre.

    Trois espèces extraterrestres complotent purement et simplement le génocide de la race humaine. Un ennemi à la fois, c'est déjà difficile, mais trois... D'autant que la coalition s'est octroyée le concours d'un homme, un traitre aux motivations troubles et pas n'importe lequel : l'un des concepteurs des amicerveaux, la béquille, l'indispensable compagnon de route des FDC et notamment des brigades fantômes, les forces spéciales.

    Dans cet épisode, on ne suit plus les aventures de Perry mais celles de super-soldats préfabriqués et assistés par ordinateur semi-organique. La nature de ces forces nous est connue depuis les révélations du tome un.
    Plus bavard et plus technique que le premier opus, on retrouve les explications manquantes et bienvenue sur le background et le développement de l'union coloniale, la genèse et la nature des FDC. On n'en délaisse pas pour autant l'action militaire, toujours avec le style scalzi, sérieux mais non dénué d'humour (d'un autre côté, la quasi totalité des livres de sf militaire ont ce penchant pour l'humour militaire de base (à l’exception peut être des livres de la licence warhammer 40.000).
    Le livre est également saupoudré de pas mal de références aux œuvres emblématiques de la sf. (Un petit plaisir pour les science-fictionneurs assidus ravis de se dire, ah, ceux-là, je les ai déjà lus).

    Toujours aussi agréable à lire, action, humour, réflexion sur la condition humaine et son avenir.
    L'humanité, seule (ou presque) contre tous.
    A dévorer.

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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 15/12/2014


    Au lieu-dit Noir-Etang... de Thomas H. Cook

    Chatham, petite ville côtière de Nouvelle-Angleterre balayée par le vent. Henry Griswald se souviendra à jamais du drame qui se joua en 1927...
    A Chatham School, dirigée de main de maître par le père d'Henry, Arthur, la rentrée scolaire sera à jamais marquée par l'arrivée de Melle Channing, nouvelle et charmante professeur d'arts plastiques. Arrivée tout droit de l'Afrique, des souvenirs pleins la tête et des ouvrages de son papa défunt, grand écrivain et voyageur, dans ses bagages, elle fut très bien accueillie par les élèves, notamment Henry, adolescent solitaire qui rêve d'un ailleurs. La jeune femme l'impressionne et il voit en elle comme une bulle d'oxygène. Le jeune homme se rend souvent chez Melle Channing, au Milford Cottage, au lieu-dit Noir-Etang où s'est installée la jeune femme. Pour se rendre à la Chatham School, Leland Reed, professeur également, rescapé de la guerre, se propose de l'emmener et de la raccompagner, Mr Reed et sa famille habitant de l'autre côté de l'étang. Très vite, une étrange relation s'établit entre les deux enseignants. Henry sera témoin de ce rapprochement...

    Des décennies plus tard, Henry se livre, à cœur ouvert, et raconte comment et pourquoi un tel drame a pu se jouer au Noir-Etang. Car, l'on sait, dès les premières pages, qu'il y a eu une tragédie, des morts, que la ville entière méprise au plus haut point cette jeune professeur venue perturber, bien malgré elle, la vie paisible et tranquille de Chatham. Un procès a eu lieu, des témoins sont venus à la barre, dont Henry et son papa, une femme a été montrée du doigt. L'intérêt principal vient du fait que le lecteur se place du côté d'Henry, l'on suit les événements selon ses ressentis, sa volonté farouche de quitter Chatham et sa famille dans laquelle il se sent prisonnier, l'espoir qu'il a placé en la personne de Melle Channing. L'auteur délivre par bribes les informations, nous entrainant dans une atmosphère saisissante et nous laissant imaginer le contenu de ce drame. Thomas H. Cook reprend ici les thèmes qui lui sont chers, à savoir la famille, les relations père-fils, les non-dits ou bien encore l'adolescence, période au cours de laquelle tous les rêves semblent encore possibles. Ce roman d'ambiance, à la fois dramatique et passionnel, où les descriptions sont d'un charme désuet et où l'on se prend d'affection pour ces héros au destin tragique est passionnant de bout en bout, avec un final époustouflant. L'écriture est subtile et profonde. Un roman noir parfaitement maîtrisé, tant sur le fond que sur la forme...

    Rendez-vous Au lieu-dit Noir-Etang...

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 10/12/2014


    Les Bisous de Georg Hallensleben

    Comment faire en trois mots et à peine autant d'images un petit album qui marche à merveille le soir et que les enfants ont plaisir à se faire lire et relire ?

    C'est en effet un sacré tour de force car il n'y a, a priori, presque rien dans cet album. Une structure ultra basique : " Que fait papa machin ? Un bisou sur le truc. " le tout décliné x fois avec différents animaux.

    Assurément, les auteurs n'ont pas eu de maux de tête à créer du texte ou du scénario, mais ça marche admirablement, car pour le cœur de cible de l'ouvrage que je situe autour de 2 ans, c'est un très agréable moment à passer, si possible auprès de son papa, mais ce n'est même pas une obligation.

    On voit alors l'enfant se prêter de très bonne grâce et avec un plaisir manifeste à la succession de bisous (tête, oreille, nez, main, cou, yeux...) parallèle çà la lecture. Un livre câlin en quelque sorte et donc, un succès assuré.

    Les enfants non lecteurs apprennent très vite l'intégralité du texte selon les images (il faut dire que c'est assez facile) et le redemande très volontiers avant de se coucher le soir.

    Donc, un test passé haut la main pour ce tout petit album pour les petits (âge pré-maternelle ou tout début de maternelle).
    Mais que fait Nastasia ?
    Un avis sur Les Bisous.
    C'est-à-dire pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 14/12/2014


    Conte des pays de feu et de glace , 7 contes de Norvège de Krystin Vesterälen

    Il s'agit ici d'une série dont voici le premier tome. Krystin Vesterälen me l'a gentiment fait parvenir et je l'en remercie.

    Sept... comme les jours de la semaine. Un conte par jour... De quoi refaire surgir notre âme d'enfant. Et la période y est propice. Je me suis rendue compte en lisant ces histoires (avec un sourire béat) que finalement, si ce n'est les noms ou les trolls, qu'elles soient de France ou de pays nordiques, rien ne change vraiment. Il y a toujours des rois, des princesses, des géants ou des animaux qui parlent... et, bien entendu, une double lecture. On remarquera d'ailleurs une adaptation de notre "Princesse au petit pois". Au final, une conclusion s'impose : cela reste intemporel.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-contemporaine/vester%C3%A4l...

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 05/12/2014


    Groënland Manhattan de Chloé Cruchaudet

    En 1897, au nord du Groenland, le navigateur et explorateur Robert Peary échoue une fois de plus dans sa mission. Il ne compte plus les fois où il a tenté d'approcher le Pôle Nord. En vain... Cette fois encore, ce sont des météorites qu'il ramènera pour le Museum. Il est pourtant aidé par les Esquimaux qui peuplent encore cette banquise. Il est temps pour lui de repartir, non sans avoir distribué quelques cadeaux et pris une photo-souvenir. Mais, au moment du départ, il a une idée : pourquoi ne pas les emmener avec lui à New-York? Pour ne pas les séparer, il embarque une famille entière. Cela devrait plaire au Muséum... Et voilà comment Minik et son père se retrouvent à bord du navire en direction de l'Amérique. Le voyage fut dépaysant et leur arrivée fracassante suscita une foule de curieux. L'on s'occupe d'eux, on les baigne, les habille, les étudie et les photographie. Devenus de véritables objets d'études scientifiques, ils auront bien du mal à s'intégrer dans ce nouveau monde...

    Robert Peary est le premier homme à avoir planté le drapeau américain au Pôle Nord, en 1909, lors de sa huitième et dernière expédition. En 1897, il ramena avec lui le petit Minik et quelques membres de sa famille. Ils furent étudiés par le Museum d'histoire naturelle. Son directeur adopta le jeune homme et tenta, tant bien que mal, de l'adapter à sa nouvelle vie.
    Chloé Cruchaudet s'est emparé de l'histoire du jeune Minik et s'est visiblement fort bien documentée pour nous livrer ce récit touchant et incroyable. Tandis que l'esquimau fait ses armes dans ce monde inconnu, le capitaine Peary, lui, se moque bien d'eux et a, a priori, autre chose à faire. L'auteur a parfaitement exprimé ce décalage entre les Inuits et les Américains. Le jeune Minik est émouvant dans sa quête du soi, tiraillé entre les deux civilisations. L'on est plongé dans une ambiance assez froide, les couleurs utilisées vont également dans ce sens. Le récit, à la fois drôle et touchant, est au final assez tragique quand on repense à ces esquimaux exploités. Le trait, comme crayonné, est très original. Chloé Cruchaudet nous offre de très belles planches en pleine page. Un récit poignant tout en justesse...

    Aller-retour Groenland Manhattan...

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 03/12/2014


    Blanche Neige et les Sept Nains de Jacob Grimm

    Blanche-Neige vit le jour où sa maman trouva la mort. Petite fille à la peau blanche comme neige, aux lèvres aussi rouges que le sang et aux cheveux noirs d'ébène, on la prénomma Blanche-neige. Mais au bout d'un an, son père se remaria avec une vilaine femme. Fière, arrogante, très sûre d'elle et de sa beauté, elle se contemplait tous les matins dans son miroir magique et lui demandait qui était la plus belle femme du royaume. Celui-ci lui répondait inlassablement que c'était elle, évidemment, pour sa plus grande joie. Mais le jour où il lui révéla que Blanche-Neige était bien plus jolie qu'elle, elle ne le supporta pas et décida de se débarrasser de la jeune fille...

    Evidemment, tout le monde connaît l'histoire de Blanche-Neige et des sept nains... Mais, illustrée par Benjamin Lacombe, ce conte prend toutes ses lettres de noblesse. Le texte est le même que l'originel et l'original des frères Grimm mais l'auteur/illustrateur/coloriste a su créer une ambiance magique. Des pleine pages, le texte accolé, aux doubles pages, passant tout aussi bien d'une riche palette de couleurs au noir et blanc, cet album est tout simplement magnifique. Un graphisme maîtrisé, des visages expressifs, de superbes couleurs notamment ce rouge sang, une ambiance obscure et romantique à la fois, une mise en page et un format particuliers, un papier granuleux et une couverture somptueuse... que dire de plus pour vous inciter à croquer la pomme?

    Entrez dans la magie de Blanche neige et les sept nains...

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 14/12/2014


    Martin Luther King : J'ai fait un rêve de Lewis Helfand


    J’ai fait un rêve. Forcément cette phrase prononcée par Martin Luther King avait pris tout son sens lors que Barack Obama devint le premier président noir des USA.
    Liberté, tolérance, reconnaissance des mêmes droits quelques soit votre couleur de peaux, vos convictions, Martin Luther King fut un extraordinaire symbole pour défendre des valeurs évidentes. Malgré les doutes, les risques, il continua coute que coute son combat avec la fin tragique que l’on sait.
    Les Editions 21g continuent de nous raconter les destins de grands hommes qui sont devenu de véritables icones. Après Nelson Mandela, MLK mérite évidemment de figurer dans cette collection. Le roman reprend les évènements majeurs de la vie de MLK, une belle manière de rendre hommage et de nous rappeler que la lutte pour les mêmes droits est à livrer au quotidien. Les derniers évènements de Ferguson entre autre, le confirme malheureusement. 51 ans plus tard, la phrase de MLK est plus que jamais d’actualité.

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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 04/12/2014


    Contrecoup de Nathan Filer

    Son grand frère Simon est mort il y a de cela 10 ans. Un tragique accident alors qu'il était à peine plus âgé que lui. Matthew est depuis lors comme hanté par ce souvenir. Aujourd'hui, il tente par petits bouts, par des dessins ou des mots, de reconstituer sa vie passée. Il se souvient des jeux partagés avec Simon, les fous rires sous la tente, les étés dans le camping d'Ocean Cove, les silences de ses parents, la boîte en carton peinte de son frère regorgeant de petits trésors tout aussi ridicules que magiques pour lui, les rendez-vous répétés chez le médecin, l'école à la maison, les milliers d'atomes qui nous constituent ou son ami Jacob. Il se souvient de Simon, de sa voix surtout qu'il entend toujours, de ses rires qui résonnent dans sa tête. Il ne se souvient plus quand la maladie est arrivée mais il sait qu'elle est toujours là...

    Matthew se livre dans ce beau roman et tente d'exprimer au mieux ce qui lui arrive et comment il en est arrivé là. Que ce soient les mots ou les dessins qui donnent vie à son passé, il met bout à bout les éléments qu'il a en tête. Pour ce faire, Matt passera par bien des épreuves: enfance surprotégée et adolescence chaotique. Et, une fois, sa schizophrénie diagnostiquée, il aura encore un long parcours à faire pour essayer de se débarrasser de ses démons intérieurs et enfin pouvoir faire le deuil de son frère. Il se dévoile progressivement sans linéarité, passant du passé au présent sans aucun lien. Nathan Filer nous offre un roman original, émouvant et captivant dans lequel les personnages, notamment Matt ou Nanny Noo, sont réellement touchants. L'écriture est percutante et la trame accrocheuse.

    Contrecoup... un choc...

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 11/12/2014


    La délégation norvégienne de Hugo Boris

    La forêt de chaque côté de la route. Pas une seule voiture croisée depuis trois heures. La nuit profonde l'envahit. La route devient très étroite. Encore quelques kilomètres à franchir et René Derain devrait apercevoir une lueur. Il arrive enfin devant cette grande bâtisse si sombre. Il sort son chien de la voiture lorsqu'un vieil homme vient l'accueillir. Tout le monde semble être déjà arrivé. Deux femmes et cinq hommes. Français, anglais, allemand ou suédois. Tous passionnés de chasse, ils ont loué une semaine dans cette grande maison, nichée en pleine forêt. Bizarrement, le propriétaire des lieux n'est pas là. Qu'importe, ils vont s'organiser... Chacun est venu pour s'adonner à son loisir préféré. Les présentations faites, la discussion s'anime aussitôt. Mais, dès le lendemain, les choses prennent une tournure étrange. Une partie de chasse surprenante, la neige et le froid qui s'invitent, des hôtes énigmatiques...

    Hugo Boris nous convie à un séjour vraiment atypique. Oublier les maillots de bain et les lunettes de soleil. Une bonne parka et des moufles feront l'affaire. Sans oublier le fusil sur l'épaule et le chien. L'auteur nous plonge dans cette forêt épaisse et noire, nous glace le sang avec cette neige qui nous enveloppe. La chasse n'est qu'un prétexte pour nous parler des hommes, de leur condition de survie, de leur isolement, de la faim qui les tenaille, du danger qui rôde et d'un livre, feuilleté par René Derain, qui sera la source de bien des tourments. L'on se demande où Hugo Boris nous emmène et l'on vit ce séjour dans un malaise profond et une atmosphère inquiétante. Ce n'est pas un simple huis-clos, cela va au-delà. Et l'on se sent piégé...
    A noter que les quelques dernières pages ne sont pas coupées, c'est au lecteur de le faire au couteau. Un procédé vraiment original qui l'implique d'autant plus...

    La délégation norvégienne ... visez juste!

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