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Critiques les plus appréciées

    • Livres 4.00/5
    Par LydiaB, le 23/05/2015


    Pars vite et reviens tard de Fred Vargas

    Soyons honnête, je n'avais jamais lu du Fred Vargas par préjugés (j'ai même longtemps cru que c'était un homme... c'est pour dire...). En effet, ce titre me faisait rire mais ne me donnait aucune envie de lire le contenu. Je me disais "et pourquoi pas Va faire les courses et n'oublie pas les carottes " ? Bref, il m'arrive ainsi de passer à côté de certaines lectures par bêtise (parfois c'est le nom de l'auteur qui me rebute... oui, je sais, c'est grave, Doc !) Heureusement que certaines personnes ne réagissent pas comme moi et qu'elles ont eu raison de mon entêtement. Il faut dire que pour cet opus, le mot magique a été prononcé : "Moyen-Âge". Que voulez-vous, je n'y résiste pas ! Alors c'est quand même avec un certain scepticisme que j'ai ouvert ce roman, me demandant bien comment ma période préférée allait pouvoir intervenir dans un polar moderne... et j'ai tourné les pages à une cadence frénétique. Parce qu'il faut bien le dire, c'est bien fichu, bien ficelé et j'ai vraiment aimé. Oui, oh, je vous vois arriver avec vos grands sabots, vous allez dire que tant qu'il y a du Moyen-Âge, cela ne peut que me plaire. Eh bien non ! Car on a tellement surfé sur la vague des romans historiques que l'on peut lire tout et n'importe quoi. Quant aux polars, je deviens difficile pour en avoir lu une flopée.

    Sous une écriture en apparence légère, notre romancière sait parfaitement travailler la psychologie des personnages et jouer sur les nerfs du lecteur. C'est bien écrit, très fluide et agréable à lire. Il ne me reste plus qu'à aller voir ses autres livres maintenant !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-contemporaine/vargas-fred/

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 23/05/2015


    L'homme qui voulut être roi de Rudyard Kipling

    L’Homme Qui Voulut Être Roi est un recueil de neuf nouvelles, qui ont toutes pour dénominateur commun l’Inde coloniale britannique qu’a bien connu l’auteur.

    Comme pour son autre recueil célèbre, Le Livre De La Jungle, on peut éventuellement reprocher à Rudyard Kipling le manque d’homogénéité dans les nouvelles qui constituent ce recueil. D’aucuns diront qu’elles sont la marque de la diversité du talent de l’auteur. Je n’ai pas d’avis trop tranché sur la question. J’ai surtout conservé un bon souvenir de deux des neuf nouvelles, au premier rang desquelles, la première, la nouvelle titre.

    C’est l’aventure de deux roublards britanniques qui, par calcul, jouèrent de la crédulité d’un peuple reculé d’Afghanistan afin de se faire passer pour des dieux et ainsi, devenir roi (pour l’un des deux), certes du modeste Kafiristan, mais c’est tout de même déjà ça. Tout alla très bien pour eux jusqu’au moment où un petit incident fit tout basculer. Je ne vous en dis pas davantage pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

    Sachez encore que l’adaptation cinématographique de John Houston en 1975 avec Sean Connery et Michael Caine est vraiment très réussie, pour ne pas dire — une fois n’est pas coutume — supérieure à la nouvelle dont elle est issue.

    Ensuite, le recueil patine un peu dans la poix, des confessions d’un opiomane dans La Porte Des Cent Mille Peines, à une loi réformée par la déposition d’un enfant de six ans dans L’Amendement De Tods (il ne s'agit pas d'Emmanuel !) en passant par les angoisses contractées dans un village où l’on parque les rescapés du choléra dans L’Étrange Chevauchée De Morrowbie Jukes.

    Puis, après ce patinage dans la semoule mais où l'on arrivait encore à ne pas trop somnoler, vient le moment où l’on s’ennuie ferme vers le milieu de l’ouvrage avec les nouvelles La Marque De La Bête » (une histoire de folie et de magie), Bisesa (qui représente, selon les mots de l’auteur, « la passion orientale et son caractère impulsif ») et Bertram Et Bimi (qui nous ressert à sa façon Le Double Assassinat De La Rue Morgue d’Edgar Poe).

    Arrivée à un certain seuil de frustration, prête à laisser tomber ce bouquin, la nouvelle L’Homme Qui Fut (histoire assez poignante d’un officier qu’on croit mort depuis belle lurette et qui refait son apparition dans son régiment après des années, genre de Colonel Chabert à la Kipling) est tombée à point nommé pour me réveiller un peu et m'enjoindre à terminer le recueil.

    Grand bien m'en a pris car celle qui m’a véritablement prise aux tripes, c’est la toute dernière, au moment où je ne l’espérais plus. Alors que je m’apprêtais à refermer l’ouvrage sur une impression plus que mitigée, Rudyard Kipling m’a décoché en pleine face cette flamboyante nouvelle (au titre impossible) : Les Tambours Du « Fore and Aft ». Elle traite du sort de deux très jeunes garçons, fraîches recrues en qualité de musiciens de troupe dans l'un des pires bataillon de l'armée coloniale, qui vont influencer de façon décisive le cours d’une bataille. Je ne vous en dis pas plus, mais c’est du costaud.

    Donc, selon moi, des nouvelles très inégales et pas seulement par la longueur, certaines très quelconques, mais aussi de ces luminescences rares en littérature, dont nous sommes tous un peu à l’affût quand nous lisons. Voilà, à vous de vous faire votre propre opinion maintenant, je vous ai donné la mienne, c’est-à-dire, pas grand chose.

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    • Livres 2.00/5
    Par Nastasia-B, le 28/05/2015


    Je l'appelle monsieur Bonnard de Joann Sfar

    Ce n'est pas souvent que je me sens mal à l'aise pour débuter une critique. Bien souvent, je sais à peu près ce que je veux dire et j'arrive tant bien que mal à trouver quelques arguments pour le dire. Ici, je n'ai pas beaucoup plus que le terrible " j'aime / j'aime pas " vis-à-vis duquel j'essaie toujours de me démarquer.

    Tant pis, aujourd'hui, ce sera juste : j'aime pas. Que faut-il pour aimer cet album ? 1) premièrement, aimer le trait et le traitement graphique de Joann Sfar (ce qui n'est pas trop mon cas). 2) Deuxièmement, être amateur de représentations féminines érotiques ou très suggestives (ce qui n'est pas spécialement mon cas non plus, sauf quand je les trouve très bien réalisées, ce qui n'est pas mon impression personnelle ici).

    3) Troisièmement, il faut sans doute apprécier l'univers de Pierre Bonnard dont s'inspire ici Joann Sfar et dont il réalise des sortes de remake de ses scènes de nu. Et là encore, je ne pense pas être une grande admiratrice de Bonnard mais en plus, lorsque je compulse ses œuvres, je ne considère pas que ses nus soient ses tableaux les plus intéressants, loin s'en faut. J'aime beaucoup mieux son traitement des portraits.

    En somme, si je résume, si vous aimez les albums branchés cul qui se donnent des airs de vouloir faire artistiques, qui auraient peut-être un petit quelque chose d'opportunistes en raison de l'actualité de Bonnard au Musée d'Orsay, le tout couplé à une assez faible dose d'imagination de l'auteur, (qui plus est déclinable à l'avenir à moindre frais avec d'autres peintres si l'expérience commerciale est concluante) alors, vous avez des chances d'accrocher à cet album.

    Auquel cas, comme c'est mon cas, circulez, allez voir une vraie exposition de vrais tableaux et non des remake, ou une vraie BD avec un vrai scénario ou alors, si vous voulez à tout prix voir des femmes à poil, achetez vous un Penthouse ou un Lui, vous vous en sortirez mieux qu'avec ça. Mais, bien évidemment, ce n'est que mon avis, extraordinairement subjectif aujourd'hui, c'est-à-dire, plus que d'habitude encore, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 20/05/2015


    Quand les Poules auront des Dents de Stephen Jay Gould

    C'est toujours avec grand plaisir qu'on se plonge dans un recueil de mini-essais de Stephen Jay Gould. On ne sait qu'une chose, c'est que découvertes et surprises seront au rendez-vous.

    Ici, l'ouvrage ne déroge pas à la règle : le titre — traduction osée et intéressante mais quelque peu fallacieuse de l'original " Hen's teeth and horse's toes " — évoque le fait que des vestiges d'évolutions antérieures sont toujours perceptibles de nos jours chez à peu près toutes les espèces, en l'occurrence ici, les gènes codant pour les dents chez les poules (et tous les autres oiseaux) du temps où celles-ci étaient des dinosaures ordinaires ainsi que les embryons de doigts latéraux qu'on peut encore déceler sur un squelette de cheval, témoins d'une époque où les chevaux étaient polydactyles.

    Je vous conseille également l'essai intitulé " l'anneau de guano " (photo de couverture) où Stephen Jay Gould nous fait toucher une réalité évolutive qui va à l'encontre des sociobiologistes (comme Richard Dawkins, par exemple ou Edward O. Wilson) qui pensent un peu trop en termes de " tout adaptatif ".

    Qu'en est-il ici avec le fou à pieds bleus qui vit sur les rochers désolés de l'archipel des Galapagos ? Le couple reproducteur délimite au moyen de ses fientes un anneau de couleur blanche (qui tranche avec le brun-noir de la roche mère volcanique) au centre duquel il dépose son œuf.

    Les siècles d'évolution ont sélectionné un comportement, ma foi, fort simple pour assurer son succès reproductif, à savoir, tout rejeton situé à l'intérieur de l'anneau est choyé et nourri, tout rejeton situé à l'extérieur de l'anneau se reçoit un bon coup de bec des familles.

    L'appareil neuronal nécessaire à l'élaboration d'un tel comportement ne semble pas très complexe et l'efficacité, redoutable, d'où sa sélection. Cependant, si par malheur l'infortuné poussin se retrouve " poussé " hors de l'anneau, il se fait arroser la tête de coups de becs par ses propres parents jusqu'à ce que mort s'ensuive. L'intérêt adaptatif pour les parents semble ici plus douteux.

    La leçon de Gould est que chaque comportement vient avec " un paquet " d'autres. Certains sont tellement intéressants d'un point de vue évolutif qu'ils sont sélectionnés mais entraînent dans leur sillage d'autres comportements qu'il est vain de chercher à expliquer avec pour seul critère le fameux rapport coût/bénéfice des sociobiologistes.

    Outre ces essais, je vous conseille également l'essai sur Karl Pearson, père du célèbre coefficient de corrélation, et au passage antisémite notoire. J'ai particulièrement savouré aussi sa trilogie du zèbre avec notamment celui intitulé " C'est quoi un zèbre ? " et l'autre " Comment les rayures viennent aux zèbres " évoquant cette douloureuse question de savoir si les zèbres sont noirs rayés de blanc ou blancs rayés de noir ?

    Laquelle question ne recevra pas, dans l'imaginaire collectif, la même réponse selon que vous serez un européen blanc ou un africain noir. Or, les natifs du sol africain détiennent la bonne vision (par hasard, il est vrai, mais tout de même).

    Gould nous sensibilise aussi au rôle majeur du développement embryonnaire dans la compréhension de l'évolution de même qu'aux avatars de la génétique, voir par exemple l'essai intitulé " Les monstres prometteurs ".

    La partie la moins intéressante du recueil, à mon goût, est celle destinée à " prouver " la véracité de l'évolution, activité qui peut nous apparaître comme un enfoncement de portes ouvertes de ce côté de l'Atlantique mais que l'on comprend si l'on resitue ce livre à sa date de parution, en plein dans les années Ronald Reagan et son retour au religieux et au créationnisme. (Gould se battra avec encore plus de véhémence contre les créationnistes dans le recueil suivant Le Sourire Du Flamant Rose.)

    Donc, je conclus en me prononçant encore très satisfaite de ce troisième recueil de " réflexions sur l'histoire naturelle ", mais toute cette glose n'est que mon avis de poule, c'est-à-dire, pas grand-chose tout pendant que mes dents se refusent à pousser.

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    • Livres 4.00/5
    Par andman, le 24/05/2015


    Le Mythe de Sisyphe de Albert Camus

    Sitôt le personnage de ''L’étranger” abandonné à son triste sort, l’envie de rester un petit moment encore en compagnie d’Albert Camus s’est imposée naturellement.
    D’un point de vue chronologique le choix de l’essai ”Le mythe de Sisyphe”, publié également en 1942 dans le cadre de la tétralogie “Le cycle de l’absurde”, semble aller de soi.

    “Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide”. Malgré cette première phrase dont la fin claque comme un coup de fouet, cet essai ne fait pas l’apologie du suicide, tant s’en faut.
    Selon Camus, la passion et la révolte sont les meilleures armes pour combattre l’absurdité de la vie.
    Pour échapper au tourment de sa propre finitude, à l’inutilité d’une vie, l’homme doit être habité d’un esprit tourné vers les relations humaines, épris de liberté dans la pleine conscience de ses pouvoirs et de ses limites.
    L’homme conquérant doit essayer de constamment tendre vers “l’étonnante grandeur de l’esprit humain”.

    Malgré un ton parfois un peu péremptoire, le style de Camus n’est pas rébarbatif. Pour étayer ses dires l'écrivain se réfère souvent à d’illustres aînés ; les passionnés de philosophie apprécieront.
    Mes carences en la matière m'ont sans doute privé de quelques subtilités mais je n'ai pas éprouvé de lassitude à suivre l’auteur dans ses pérégrinations existentielles.

    “Le mythe de Sisyphe” constitue une approche intéressante de la pensée camusienne. Le titre est éloquent mais la lecture de cette œuvre pas le moins du monde éreintante.

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, hier


    Le garcon qui voulait être une marmotte de Hans Traxler

    Un petit garçon, Franz, se prend de passion pour l'observation des marmottes et de l'une en particulier. Mais à la venue de l'hiver, le compagnon disparaît dans sa tanière et le garçon demeure assez dépité. Son père lui explique le phénomène de l'hibernation et le petit garçon va évidemment vouloir le tester. Ce qui n'est pas sans poser quelques menus problèmes mais je me dépêche de retourner dans mon trou pour ne pas vous dévoiler la fin...

    Voici, selon moi un album très insolite et instructif, à mi chemin entre fiction et documentaire, qui interpelle beaucoup les enfants de 8 à 12 ans. Je vous le conseille donc bien volontiers, mais ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 21/05/2015


    Les Loups de Stéphanie Ledu

    Voici un album documentaire qui n'usurpe pas son nom. Il s'agit d'un véritable album, avec des illustrations de type " album ", avec un volume et une répartition du texte qui eux aussi correspondent aux codes de l'album jeunesse.

    Et le contenu, très pertinent, très accessible et néanmoins riche d'informations le classe dans le haut du panier des documentaires destinés aux 3-6 ans. (Cette fourchette est fournie par l'éditeur et se réfère manifestement à un usage en tant que livre lu par l'adulte mais on pourrait, il me semble, tout à fait étendre cette fourchette aux 6-8 ans en tant que premières lectures tant le propos est à la fois accessible et non périmé pour cet âge.)

    Cet album aborde donc la place du loup dans la littérature jeunesse et les croyances populaires et ce qu'elle est en réalité. Il est montré comment les scientifiques les étudient mais, principalement, ce sont certains éléments du comportement des loups (notamment quant à la chasse, la reproduction ou l'élevage des jeunes) qui sont le fer de lance de l'album.

    Donc, une fois n'est pas coutume, je suis heureuse de constater qu'on arrive à trouver des documentaires jeunesse réellement faits et pensés pour la jeunesse qui allient à la fois les qualités de l'album et l'objectif des documentaires, dans un format convivial et une réalisation robuste qui résiste aux petites mains dévoreuses. Un grand bravo aux auteurs. Mais bien évidemment, ceci n'est que mon avis et je vous déconseille de le suivre en meute car il ne représente à lui seul pas grand-chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 25/05/2015


    Pourquoi les Riches sont-ils de plus en plus riches et les Pauvres de plus en plus pauvres ? de Monique Pinçon-Charlot

    Voici un livre à mettre entre toutes les mains à partir de 10 ans. (Merci à Hardiviller alias Serge d'avoir attiré mon attention dessus.) Le sous-titre nous précise : " Mon premier manuel de pensée critique. " sous-titre auquel je ne souscris pas totalement car d'une part, vu que le cœur de cible sont les enfants et jeunes ados de 10 à 15 ans, j'espère pour eux qu'ils ont eu l'occasion de déjà exercer leur pensée critique avant cet âge.

    D'autre part, la pensée critique, ce n'est pas exactement cela. J'ai eu l'occasion de parler récemment du livre de Henri Broch intitulé Les Secrets Des Sorciers qui lui est un vrai manuel de pensée critique destiné aux enfants et qui, lui, mériterait réellement ce sous-titre. Ici, il s'agit d'un manuel d'édification destiné aux jeunes bien plus que de pensée critique. L'un et l'autre sont nécessaires, mais, autant être précis dans les termes lorsque l'on aborde des thématiques aussi importantes voire cruciales pour préparer la génération qui arrive à savoir ce qu'est la " vraie " vie, sitôt qu'ils auront quitté l'école et le refuge de la protection parentale.

    En ce sens, je trouve ce livre vraiment admirable. Il énonce des états de faits pas forcément décelables lorsqu'on est jeune avec un cerveau rempli d'idéaux et d'idées toutes faites, véhiculées justement par l'école et les médias et que, malheureusement, trop d'adultes eux-mêmes ne questionnent pas suffisamment.

    Bon, c'est vrai que j'ai été un peu agacée par le côté très manichéen du propos, les riches d'un côté, les pauvres de l'autre, pas trop de nuances. Ceci étant, si l'on se place du point de vue du public visé, il est peut-être bon de faire simple afin de poser clairement les lignes directrices du propos.

    Ce bémol étant posé, le reste, c'est-à-dire le fond du propos est malheureusement très vrai, trop vrai : les fortunés qui sont l'aristocratie moderne, qui ne vivent qu'entre eux comme pouvait vivre la noblesse de l'Ancien Régime, qui assurent à leurs enfants toutes les conditions d'une pérennisation dynastique de leur fortune, la collusion avec le pouvoir et les médias, les mille et un moyens de ne pas payer d'impôts, le chantage à l'emploi, l'inégalité des chances, etc., etc., etc.

    La conclusion de l'ouvrage pour les 99,99 % de l'humanité pourrait être : « Voici dans quel monde tu arrives mon petit, voici ce que tu ne seras jamais, voici comment tu vas te faire rouler. Soit tu te tires une balle tout de suite, soit tu acceptes les règles et tu fais contre mauvaise fortune bon cœur. »

    Ceci dit, même si notre monde est à beaucoup d'égards absolument pourri et déprimant, il n'est que le reflet des individus qui le constituent et je dirais même que, effet de neutralisation oblige, le système, pris dans son ensemble, est très loin de l'idéal vers lequel on aimerait le voir tendre, mais aussi franchement moins pourri et détestable que lorsque l'on sonde le fond de la pensée des individus (dans leur majorité). Combien de dictateurs sanguinaires parmi le peuple si le hasard les conduisaient au pouvoir et aux responsabilités ? Combien de tyrans de PME qui jubilent à voir ramper leur personnel et à exercer des fonctions régaliennes ?

    Le comportement des riches décrit sans doute avec une certaine exactitude n'est probablement pas si différent de celui de toutes les autres classes sociales si elles avaient les mêmes prérogatives. La pourriture des riches n'est autre, selon moi, que la pourriture de l'humain lui-même, qui est viscéralement inscrite dans le patrimoine génétique de chacun. Ne vous défendez pas si vite, regardez le triste palmarès de nos ancêtres, tout ce qu'ils ont été obligés de faire pour s'en sortir, sur quels critères ils ont été sélectionnés par la nature et ne vous étonnez plus que le système soit ce qu'il est, sauf à vous étonner qu'il puisse être encore relativement correct même pour les plus démunis tellement on sait l'humain capable de pire.

    J'en terminerai avec cette citation de Céline qui me paraît assez bien coller à ce propos : « Le malheur en tout ceci, c’est qu’il n’y a pas de peuple, au sens touchant où vous l’entendez, il n’y a que des exploiteurs et des exploités, et chaque exploité ne demande qu’à devenir exploiteur. Le prolétariat héroïque, égalitaire, n’existe pas. C’est un songe-creux, une faribole, d’où l’inutilité, la niaiserie écœurante de toutes ces imageries imbéciles, le prolétaire en cotte bleue, le héros de demain et le méchant capitaliste repu à chaîne d’or. Ils sont aussi fumiers l’un que l’autre. Le prolétaire est un bourgeois qui n’a pas réussi. Rien de plus, rien de moins. »

    Mais ce n'est bien évidemment qu'un avis, qui lui aussi, s'avère parfois de plus en plus pauvre, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 27/05/2015


    Misti de Maupassant Guy de

    MISTI est un recueil de 20 nouvelles constitué dans les années 1960 par l’éditeur Albin Michel, qui n’a donc jamais existé du temps de l’auteur, et qui essaie de tirer le meilleur parti des miettes, c’est-à-dire les nouvelles publiées par Guy de Maupassant dans des journaux à l’époque, mais que lui n’avait pas jugé bon de reprendre dans des recueils.

    Pourtant, on ne peut pas dire qu’il dénote particulièrement ; certes on n’y rencontre peut-être pas de ces nouvelles luminescentes qui fleurissent çà et là dans certains recueils, mais tout de même un niveau moyen très convenable. Comme cet ouvrage est constitué de façon artificielle, je ne vois pas l’intérêt de respecter sa construction et vais plutôt vous présenter les nouvelles dans l’ordre chronologique de leur parution car, dans l’ensemble, elles ont tendance à être meilleures à mesure que l’on avance dans le temps :

    1) La Main D’Écorché est une histoire un peu brinquebalante, surnaturelle, à défaut d’être crédible ou poignante, où un jeune homme achète une main momifiée ayant appartenu à un malfrat notoire. Cette main, en plus d’un aspect effrayant semble douée d’autres vertus qu’il serait malsain de vous dévoiler. Cette histoire annonce une autre nouvelle plus tardive intitulée simplement La Main et parue dans le recueil Contes Du Jour Et De La Nuit. L’une comme l’autre ne m’ont pas particulièrement parlée, mais c’est normal, une main n’est pas faite pour parler, quoique…

    2) Le Donneur D’Eau Bénite est une nouvelle potentiellement hyper riche mais, à l’instar de la précédente, qui souffre un peu de la jeunesse de l’auteur et de son manque de maniement du genre propre qu’est la nouvelle. La langue est déjà impeccable, telle qu’on la connaît par ailleurs, mais pas forcément l’organisation de la narration. Les enchaînements sont un peu téléphonés et le suspense pas suffisamment maintenu à mon goût. Mais c’est très dommage car cette histoire de kidnapping d’un enfant de cinq ans chez un brave couple d’artisans qui va tout abandonner pour se lancer à la recherche de son enfant, coûte que coûte, aurait vraiment tout pour plaire et pour faire du super Maupassant.

    3) Le Mariage Du Lieutenant Laré est encore un passage de l’épopée prussienne en Normandie durant la guerre de 1870 (époque brève et peu relatée dans les livres d’histoire mais surreprésentée dans l’œuvre de Maupassant) où l’on voit, pour une fois, un effet indirect de la guerre qui a des répercussions positives. Nouvelle très brève mais vraiment à point et plaisante.

    4) « Coco, Coco, Coco Frais ! » est le titre pas trop heureux d’une nouvelle pourtant agréable et assez amusante sur la destinée. Elle a aussi le mérite de nous faire ressouvenir d’un métier et d’un produit oublié, à savoir, le coco, boisson issue de la macération de bâtons de réglisse dans de l’eau citronnée et qui était l’objet d’un commerce ambulant dans la capitale au XIXème siècle.
    Au soir de sa vie, un homme dévoile à son neveu l’impact qu’eurent toujours sur son existence ses rencontres avec des marchands de coco. (N. B. : Je suppose que c’est cette boisson qui est à l’origine du terme d’argot désignant l’essence dont on abreuve les automobiles.)

    5) Une Page D’Histoire Inédite nous rapporte une mésaventure survenue en Corse au jeune Bonaparte, pas encore devenu Napoléon et qui aurait bien failli ne jamais le devenir sans le dévouement de deux ou trois partisans de la première heure.

    6) Un Million est une version initiale et notablement plus réduite de la nouvelle qui deviendra plus tard L’Héritage reprise dans le recueil Miss Harriet. Il est question d’un fonctionnaire propret d’un ministère, personnage irréprochable sous tous points de vue dont l’épouse est vouée à devenir l’unique héritière d’une tante millionnaire n’ayant jamais eu d’enfant. Et c’est d’ailleurs pour cette intime raison qu’elle exige que sa nièce devienne mère avant de toucher le magot ; malheureusement, la progéniture tarde à se montrer, si bien que la vieille tante passe l’arme à gauche.

    Notre brave fonctionnaire et son épouse espèrent donc toucher l’héritage mais ne sont pas peu surpris d’apprendre que celui-ci est soumis à condition, celle de faire naître un enfant viable dans les trois ans suivant le décès, sans quoi, l’intégralité de la somme sera versée aux pauvres. Maupassant prend plaisir à nous faire sentir les entorses à la bonne moralité dont devront se rendre coupables les braves gens, propres sur eux, pour jouir de la somme tant convoitée.

    7) Ma Femme est une nouvelle un peu franchouillarde, un peu machiste, probablement destinée à brosser dans le sens du poil les lecteurs du journal dans lequel elle était destinée à être publiée et développant la thèse selon laquelle il ne sert à rien de choisir une femme car l’on fait toujours le mauvais choix et que même, le mieux, si vraiment il faut en passer par là, c’est de ne pas choisir. Messieurs, à vous de voir. Pour le reste, nouvelle très quelconque dans l’œuvre de Maupassant.

    8) M. Jocaste, comme son nom l’indique, est une référence au personnage féminin de la mythologie grecque, Jocaste, à la fois mère et épouse d’Œdipe. Ici, l’auteur nous dresse la fable d’un cas limite, plus théorique que crédible, où un père ayant perdu celle qu’il aimait s’éprend de sa fille qui est aussi la sienne. Le seul côté (un peu) intéressant de cette petite nouvelle malgré tout d’une lecture agréable c’est le parti pris osé de ne pas condamner l’acte d’inceste.

    9) Le Père Judas est une nouvelle pas très éloignée d’un tableau biblique, verset moderne aux relents lyriques, symboliques et ésotériques, dont le thème rejoint l’acceptation de la différence à l’échelle de la populace. Une belle écriture, indubitablement.

    10) Dans Les Caresses, l’auteur nous dévoile sa conception de la volupté et de l’amour physique. Peut-être pas un essai, mais une vision personnelle très intéressante.

    11) Humble Drame nous conte le désarroi d’une mère, devenue vieille, et à qui l’on a, puisque c’était dans les mœurs de la haute société d’alors, privé des droits et des prérogatives d’une mère vis-à-vis de son fils, envoyé en pension loin d’elle. Elle ne l’a ainsi point vu grandir ni devenir un homme et une fois homme, celui-ci n’avait plus vraiment besoin de s’encombrer d’une mère puisqu’il lui fallait une femme, et ainsi de suite jusqu’à ce que la vieille mère s’aperçût que son fils était lui-même un homme d’expérience, avec des cheveux blancs… Un récit touchant.

    12) La nouvelle titre, Misti, me fait énormément penser à la chanson de Brassens « À l’ombre des maris » et je ne serais pas surprise qu’elle en soit l’inspiratrice. Ce à quoi est mêlé une histoire de vague ésotérisme et de jalousie animale que je vous laisse le loisir de découvrir.

    13) La Peur est un récit très intéressant, pas si éloigné que cela d’un mini essai, où l’auteur nous guide sur la définition de la peur, la peur ancestrale, s’entend, la peur primale, originelle, celle des dragons et des êtres immatériels.

    14) La Tombe est l’une de ces nouvelles coutumières où Maupassant nous emmène au tribunal pour juger d’un cas de conscience, lui permettant au passage de donner son avis sur la rigidité du système judiciaire et pénal. Ici, y a-t-il une vraie bonne raison pour rouvrir une tombe ?

    15) Un Fou ? reprend un peu la thématique du Horla, celle de nos sens insuffisants pour percevoir tout ce qu’il y a à percevoir, notamment, dans ce cas précis, le magnétisme.

    16) Blanc Et Bleu est une petite nouvelle sans prétention (et presque, si j’ose, sans intérêt) qui traite d’une balade en barque sur les bords de la Méditerranée. Barques et maisons blanches sur fond bleu. Bof.

    17) Madame Hermet est une énième nouvelle relative à la folie, celle d’une mère absolument traumatisée par la petite vérole contractée par son fils.

    18) Le Voyage Du Horla, contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord, n’a réellement rien à voir avec la nouvelle célèbre intitulée Le Horla. Ici, il s’agit simplement du nom donné à un aérostat, sorte de zeppelin embryonnaire qui permet à l’auteur de prendre de la hauteur. Sans doute captivant à l’époque mais désormais sans grand intérêt avec les progrès de la navigation aérienne.

    19) Alexandre est une très belle, très subtile petite nouvelle qui nous conte la destinée ambiguë d’un domestique et de sa maîtresse, ainsi que de l’acariâtre maître. Mais au fait, pourquoi est-il si acariâtre ce maître ? Humm… du grand art !

    20) L’Endormeuse est une magnifique nouvelle, dont l’argument est très original : le suicide institutionnalisé, contrôlé, dans le confort, dans une structure adaptée. Idée farfelue ? Pas tant que cela et voilà qui nous questionne sur la signification sociale du suicide. Un vrai petit chef-d’œuvre selon moi, et l’une de mes favorites. Il s’agit de l’une des toutes dernières nouvelles écrites par Maupassant, cela en dit peut-être long sur l’origine de cette thématique.

    Il me reste sûrement à vous préciser, de façon tout à fait indicative et subjective, mes quelques favorites. Je retiendrai très volontiers L’Endormeuse, puis, un ton en dessous, Alexandre, La Peur, Misti, Humble Drame, Les Caresses, Le Père Judas et Le Mariage Du Lieutenant Laré. Les autres m’apparaissent très quelconques, mais ce n’est là que mon avis, c’est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par LePamplemousse, le 21/05/2015


    La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino

    Il y a des romans qui vous happent littéralement, à peine avez-vous mis le nez dedans que vous n’arrivez plus à vivre normalement. Vous devenez accro à l’histoire et au style, et rien n’a plus d’importance à part ce sacrément bon polar.
    Vous négligez tout, votre conjoint (pas le temps pour des calinous), les chats (ils sont bien gras, ils mangeront demain) vous oubliez le gratin dans le four (deux heures trente de cuisson, c’est peut-être un peu trop), vous zappez la douche avant le travail pour pouvoir finir un chapitre (vous mettrez un peu plus de parfum !), vous prétendez avoir besoin d’aller aux toilettes au boulot toutes les 10 minutes juste pour lire en douce quelques pages…
    Bref, ce roman japonais est vraiment bon, le style est assez froid, un peu distant mais cela s’accorde très bien avec l’histoire.

    Justement qu’en est-il de l’histoire ?
    Une jeune femme reçoit un drôle d’héritage à la mort de son père : une grosse clé et un plan d’accès intrigant. Elle décide alors de faire appel à un ancien petit ami pour découvrir l’endroit dont il s’agit, et à partir de là, on ne décroche plus de cette histoire qui nous emmène dans une étrange maison cachée, à la recherche d’un passé oublié.
    D’indices en indices, nous allons réveiller bien des fantômes et mettre à jour des secrets longtemps enfouis.
    Bon, vous l’aurez compris, j’ai adoré et je le recommande chaudement à condition de ne rien avoir d’urgent ou d’important à faire dans les prochaines heures.

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    • Livres 5.00/5
    Par Erveine, le 26/05/2015


    La maladie et la Foi au Moyen Âge de Lydia Bonnaventure

    À la lecture de cet ouvrage je me demande ce qu’il reste de cette peur ancestrale de la maladie et de la croyance en une malédiction, voire à une programmation volontairement édictée de l’affliction par quelques puissances divines. Bien sûr, dans notre monde contemporain la menace n’est plus tant appréciée avec une telle virulence. Mais pourtant ! Qui ne se demande pas ? Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? De telle façon et avec quelle amplitude ? Lorsque la maladie s’empare de notre être et que nous sommes précisément sensibles et vulnérables. Quelque chose qui nous amène alors à douter, à culpabiliser même et dans tous les cas à nous interroger sur le thème de notre passage ici, sur terre. Sauf que là, c’est plutôt une pensée d’ordre philosophique, à moins que... à moins que ne subsiste un résidu de cette croyance qui nous amène à penser la sanction, le bannissement et je ne sais quelle autre pulsion qui vient alors agrémenter un sentiment engendré par la peur, l’inconnu peut-être...
    En tout cas, un ouvrage sérieux pour qui se passionne de l’époque médiévale et de ses ponctions, componctions.

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, hier


    La mort est une garce de Baptiste Beaulieu

    Maintenant qu'il est mort, allongé sur la table d'autopsie, il a tout le loisir de repenser à sa vie. Notamment à cette journée d'avril, lorsqu'il était encore étudiant en médecine. Parmi 50 internes dont Diane, la déconneuse dotée d'un humour noir particulier mais incontournable et Marie B., la plus belle nana de la fac, il attend le professeur. Pour patienter et effacer toute forme de stress et de peur, ils diront tout un tas de conneries. Mais dès lors que le professeur entre dans la salle d'autopsie, les bavardages cessent... il est temps de couper dans le vif!

    Voilà une nouvelle fort sympathique. Nouvelle qui plus est fut offerte à l'occasion de la sortie de "Et vous ne serez plus jamais triste". L'on pourrait penser à un récit triste et plutôt froid (étant le lieu) mais pas du tout. L'on a affaire à un vieux médecin décédé face aux nouveaux internes, qui, comme lui des années auparavant, vont pratiquer leur première autopsie. Le ton est enjoué et enlevé. Une belle réflexion sur la vie, le temps qui passe et ce qu'on en fait...

    La mort est une garce, une belle garce!

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    • Livres 2.00/5
    Par Nastasia-B, le 17/05/2015


    La grande échelle de Wouter Van reek

    Lorsque j'étais jeune, mes malheureuses oreilles pouvaient difficilement échapper sur les ondes radio aux couinements suraigus d'un chanteur aux talents discutables mais apparemment rentables. Dans l'une de ses productions, on pouvait entendre quelque chose dans ce genre :

    « Tout mais pas l'indifférence,
    Tout mais pas ce temps qui meurt.
    Et les jours qui se ressemblent,
    Sans saveur et sans couleur. »

    Que dire et que penser d'un album jeunesse qui me laisserait précisément dans cet état détestable " d'indifférence, etc., etc., sans saveur et sans couleur " ? C'est pourtant exactement ce que je ressens à la lecture de La Grande Échelle.

    Je n'arrive pas à crier au scandale car il y a probablement une certaine recherche de style graphique mais au charme duquel je n'ai pas su succomber. Dommage pour moi ! Quant au style de l'écrit... euh... là, c'est probablement un peu plus problématique encore car, malgré une évidente bonne volonté, je n'ai pas réussi à déterminer ce que l'auteur cherchait à nous dire ni là où il souhaitait nous emmener.

    Alors je vais me contenter de décrire ce que j'ai vu : un genre de chien à corps cubique et à tête en francisque essaie tant bien que mal d'ordonner et de coller ses images de formes hétéroclites tandis que son je-ne-sais-quoi (colocataire peut-être ?) de compagnon, une espèce d'oiseau à la croisée des chemins entre le marabout, le perroquet et le toucan, à moins que cela ne soit une façon de talève sultane mâtinée d'ibis rouge à pattes de casoar ou encore une manière de bec-en-sabot hybridé de macareux moine, bref, un cas intéressant pour les taxonomistes, un colocataire, donc, qui, lui, s'évertue à trouver ce qu'il pourrait bien coller avec le tube de colle qu'il a subtilisé au chien-cube à tête de francisque.

    À force de remuements de méninges et après mille combinaisons savantes, le quadrupède cubique à profil de tomahawk élégamment nommé Touki en vient à conclure qu'il ne pourra pas s'en sortir sans avoir recours au collage. Or, en matière de collage, c'est son copain, nommé quant à lui Gros-Bec, qui s'y est collé (excusez ce calembour à la hauteur de la situation) et qui a vidé absolument toute la demeure pour coller bout à bout l'intégralité des meubles les uns sur les autres, produisant ainsi ce que l'on pourra appeler une grande échelle.

    Voici déjà une première énigme de résolue, celle du titre. Quant à savoir résoudre la deuxième énigme, c'est-à-dire : quel est le propos ?, quel est le projet de l'auteur avec cet album ?, là, je n'ose trop m'aventurer plus avant car je risquerais de passer probablement à côté de l'un des nombreux sens cachés et quasi métaphysiques soulevés par cette réalisation.

    Je vous laisse donc le soin d'interpréter par vous-même cet album et de résoudre l'épineux problème sus-mentionné. Pour ma part, ayant été abreuvée dès mon plus jeune âge de certaines chansons qui arguaient qu'il valait mieux tout à l'indifférence, j'aurais tendance à incliner vers la croyance qui prétendrait qu'il vaut mieux tout mais pas cet album. Ceci dit, ce n'est que mon sinistre avis, autant dire, pas grand-chose.

    P. S. : Parmi la somme des interprétations possibles à cet album, il n'est pas usurpé d'imaginer que l'auteur Wouter van Reek ait été subventionné ou sponsorisé par une grande marque de produits adhésifs telle que UHU®, SuperGlue®, Scotch® ou Pattex®.

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 26/05/2015


    Les heures silencieuses de Gaëlle Josse

    Magdalena Van Bayeren, épouse de Pieter Van Beyeren, l'administrateur néerlandais des Indes orientales à Delft, se confie à son journal. Fille de Cornelis Van Leeuwenbroek, elle s'est intéressée très jeune aux affaires de son père nouant avec lui une relation particulière, lui trouvant en elle le fils qu'il n'a pas eu. En épousant Pieter, elle lui permet de reprendre l'entreprise de son propre père, rôle qu'il ne lui est pas possible de tenir en tant que femme. Elle se livre dans son journal et couche sur papier ses émotions, ses ressentis, loin des regards, dans la lumière du matin...

    Magdalena Van Beyeren, c'est elle que l'on voit de dos, sur ce tableau d'Emanuel De Witte, "Intérieur avec une femme jouant du virginal". Elle a voulu qu'on la représente ainsi, de dos, face à l'épinette, dans la lumière du matin de sa chambre. Se livrant dans son journal intime, on l'écoute doucement, sans l'interrompre, nous raconter sa vie, marquée par les joies mais aussi les peines, ses souvenirs et ses tourments, l'on prend connaissance des coutumes de l'époque, avec cette impression doucereuse de l'écouter jouer à l'épinette. Gaëlle Josse nous livre un roman délicat, dépaysant et d'une grande richesse. En quelques jours, allant du 12 novembre au 16 décembre 1667, à l'instar de Magdalena, l'on s'évade pendant ces heures silencieuses, paradoxalement enfermé dans cette chambre. L'écriture poétique et gracieuse nous berce de jolies notes.

    Les heures silencieuses résonnent encore...

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 16/05/2015


    L'Affaire Ada Cross de Katia Verba

    Katia Verba a choisi, cette fois, de nous faire voyager dans le Lubéron, à Gordes, un des plus beaux villages de France. L'action se situe toujours à huis-clos, principe cher à notre dramaturge, dans un moulin. Jusque-là, la vision est idyllique : le charme associé au pittoresque... On entend déjà les cigales... Mais si vous pensez cela, c'est que vous ne connaissez pas bien notre Agatha Christie moderne qui est loin de présenter à ses lecteurs une bluette printanière (d'autant plus que l'action se passe en hiver ce qui, vous l'avouerez, confère une certaine atmosphère). Au soleil de la région PACA va faire place un univers bien sombre qui va happer le lecteur dans son tourbillon tourmenté. Car il faut bien avouer que Katia Verba s'est dépassée pour lui faire vivre de bons moments pendant lesquels son cerveau va faire des pirouettes ! Les rebondissements vont de Charybde en Scylla, passant par toutes les nuances de la noirceur. Mais ce qui est à saluer dans tout ceci, c'est l'humour qui vient agrémenter le tout et mettre en relief les personnages.

    On pourrait être tenté de se dire qu'à force d'écrire des scénarios de ce type (je veux dire en huis-clos), on en a fait le tour. Pourtant, l'auteur arrive toujours à nous surprendre. On se dit, à la lecture de la quatrième de couverture, qu'on a déjà vu ce schéma dans une autre de ses pièces. Et c'est ainsi que l'on se laisse piéger. On commence à lire, à sourire, à frémir et Katia Verba referme sa nasse tout doucement, nous attirant vers son rivage. C'est fin, c'est psychologique, c'est tout simplement génial !

    L'Affaire Ada Cross est un véritable tour de force sur le plan psychologique. Dans le panel des pièces de l'auteur, je pense même qu'il s'agit à la fois de la plus humoristique et de la plus terrible. En résumé, vous l'avez compris, elle est à placer sur la première marche du podium.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-contemporaine/verba-katia/

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    • Livres 4.00/5
    Par LydiaB, le 21/05/2015


    Rescapé du camp 14 : De l'enfer nord-coréen à la liberté de Blaine Harden

    Il faut bien avouer que les livres concernant la Corée du Nord ne sont pas légion (et pour cause...). On sait très bien qu'il est difficile d'avoir quelque chose de fiable puisque rien ou presque ne filtre de ce pays fermé. Aussi, lorsque j'ai pris connaissance de ce livre, je me suis dit que cela serait une bonne façon, toute proportion gardée, de savoir un peu ce qu'il se passe dans ces goulags. Si je mets quand même un bémol, c'est parce qu'un témoignage n'est pas non plus une preuve absolue, quelque chose de fiable à 100%, soit parce que la mémoire peut faire défaut, soit parce que la personne peut mentir délibérément. On en a déjà eu l'expérience. Quoi qu'il en soit, cela permet quand même d'apprendre des choses.

    Le journaliste Blaine Harden a été touché par l'histoire de Shin Dong-hyuk, rescapé du camp 14... ou 18 (on y reviendra). Shin est un enfant né à l'intérieur du camp. Il explique que certains prisonniers reçoivent comme récompense le fait de pouvoir se mettre en couple et avoir des relations pendant cinq jours consécutifs après le "mariage". Ils peuvent se voir, par la suite, de temps en temps. Sans le précieux sésame, toute relation est interdite. Inutile de préciser qu'il n'y a pas d'amour dans ces couples factices, arrangés comme il convient par les gardiens. Les enfants nés de ces couples sont considérés comme impurs et traités comme tels. Shin a donc vécu en considérant ses parents comme des étrangers, des parias qui lui volaient sa nourriture. Ceci peut nous choquer mais il ne faut pas perdre de vue que les sentiments n'ont pas leur place. Les prisonniers sont conditionnés. Leur esprit est martelé par des messages de propagande et par l'encouragement à la délation. Aussi, Shin n'hésitera pas une seule seconde à dénoncer le projet de fuite de sa génitrice et de son frère. Cela lui vaudra de multiples tortures, tant physiques que psychologiques, et engendrera la mort - punition suprême - des deux "rebelles". Pour autant, le remords ne s'insère pas chez Shin qui, d'ailleurs, ne comprend pas vraiment ce qu'il lui arrive puisqu'il n'a fait que suivre "les règles". Effrayant, n'est-ce pas ? Et ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres...

    Je le disais au début, un témoignage reste un témoignage, avec ses qualités et ses défauts. Et celui-ci a déjà montré ses limites. En effet, des polémiques ont eu lieu car il s'avère que certaines choses sont inexactes selon l'aveu récent du rescapé lui-même. Les dates, les lieux ne sont pas forcément réels. Ainsi, Shin n'aurait pas vécu dans le camp 14 (il y serait né cependant), réputé pour être le pire, mais dans le 18, aux conditions un peu moins difficiles. Il n'aurait pas vécu dans un dortoir de garçons mais avec son père. Il n'aurait pas été torturé à 13 ans mais à 20... Pour autant, cela change-t-il vraiment quelque chose ? Certes, on pourra alors se demander si toute l'histoire racontée n'est pas sortie de l'imagination de l'auteur mais il y a quand même des choses qui ne trompent pas : les médecins ont déclaré que toutes les cicatrices, blessures et traumatismes sur son corps étaient bien dus aux tortures subies. De plus, la Corée du Nord a confirmé la mort de la mère et du frère (mais pour assassinat et non pour projet de fuite... Qui croire ?) Les spécialistes disent que lorsqu'on a vécu de telles horreurs, la mémoire est morcelée. Shin, lui, dit avoir menti pour ne pas avoir à revivre ces moments douloureux mais aussi par honte. Cependant, l'on sait que la Corée du Nord a tenté de le faire taire. Il serait donc fort possible qu'il soit revenu sur ses aveux sous la pression. Au final, s'il est bien libre physiquement, on peut noter qu'il est toujours tiraillé psychologiquement.

    Quoi qu'il en soit, ce livre reste intéressant pour se faire une petite idée de ce qu'il se passe au-delà de ces murs.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/les-inclassables-histoire-politique-l%C3%A9g...

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 18/05/2015


    Comédies, tome 2 : Les Guêpes - La Paix de Aristophane

    Voici un recueil de deux pièces engagées d'Aristophane (remarque de peu d'envergure car tout Aristophane est très engagé) dénonçant deux dysfonctionnements sociaux ou sociétaux.

    1) Tout d'abord LES GUÊPES. Il s'agit d'une petite comédie antique qui justifie peut-être quelques explications préalables pour être pleinement savourée et comprise. Dans l'Athènes d'Aristophane, il n'y a pas, ou quasiment pas, de juges professionnels. Cette fonction échoit naturellement à des jurés populaires (il suffit pour cela d'être un homme et d'être âgé d'au moins trente ans.)

    Jusqu'ici, tout va bien, cela paraît un fonctionnement exemplaire de démocratie. Cependant, si l'on précise qu'ils étaient environ 6 000 jurés pour une population totale à l'époque d'environ 20 000 hommes, cela devient déjà un peu plus problématique, ne serait-ce que pour le bon fonctionnement de la vie économique de chacun.

    Voilà pourquoi Périclès eut l'idée de dédommager d'une obole les personnes qui feraient office de jurés lors d'un procès. Mais là encore, l'enfer est pavé de bonnes intentions ! Ce système eut l'inconvénient de faire converger toute la population pauvre à ce poste, sachant que les personnes dont les revenus étaient supérieurs se désintéressèrent totalement de l'exercice de la justice.
    Cette perte de diversité sociale dans l'établissement des jugements ne fut pas sans être perçue et utilisée par les démagogues, dont l'un deux, à dessein, tripla la rémunération (trois oboles pour un procès, sans limitation du nombre de procès où l'on peut être jurés).

    L'intérêt politique est alors évident et serait probablement l'objet d'une discussion passionnante mais ce n'est pas le propos ici avec Les Guêpes.
    Les Guêpes, qui sont-elles ? Ces juges à la petite semaine, bien évidemment. Aristophane utilise cette image car les jurés étaient munis d'un stylet ou simplement de leur ongle pour imprimer dans la cire la longueur de la peine. Ainsi, cet essaim de juges qui courent les procès pour se faire quelque argent avec leurs stylets sont-ils comparés aux hyménoptères bien connus de celles et ceux qui font des confitures l'été.

    Ainsi, Aristophane nous présente-t-il l'un de ces jurés, un vieillard répondant au nom de Philocléon (C'est-à-dire, en grec, " qui aime Cléon "), devenu addict à cela, pas même pour l'argent, mais pour la jouissance d'exercer son pouvoir sur autrui.

    En outre, son fils, Bdélycléon (c'est-à-dire " qui exècre Cléon, sachant qu'Aristophane lui-même exècre Cléon, le démagogue successeur de Périclès impliqué dans les Guerres du Péloponnèse), cherche à s'opposer par tous les moyens à ce hobby de son père et lui en explique les raisons.

    La principale est qu'il est la dupe du démagogue pour qui il rend les jugements car, pendant que la bande des vieillards courent les procès pour une rétribution ridicule, l'autre s'en met plein les poches sans aucun risque d'être ennuyé par la justice.

    L'argument fait mouche dans l'esprit du vieux mais la passion de juger est trop grande pour qu'il puisse s'en sevrer. Aussi, Bdélycléon, lui propose-t-il de subvenir à tous ses besoins et de le faire exercer son art du jugement au sein même de la maison.

    C'est l'occasion d'une scène de jugement de deux chiens pour un vol de fromage absolument cocasse et très drôle. Mais Aristophane a pris au préalable le soin d'affubler les chiens de noms qui rappellent aux contemporains deux personnalités de l'époque, démagogues tous les deux qui se crêpèrent le chignon, tout simplement parce que l'un n'avait pu profiter des détournements de l'autre.

    Ensuite, la pièce part un peu en sucette et je ne sais pas trop où il a voulu en venir. Peut-être au fait qu'on ne change pas facilement les habitudes de quelqu'un ? Peut-être sur le conflit générationnel ?

    Toujours est-il que malgré toute la bonne volonté du fils à fournir à son vieux père une existence douce et confortable, le vieux en profite pour se pochetronner et faire toutes les aberrations possibles et imaginables...
    Cette seconde partie de la pièce m'a beaucoup moins accrochée que le début et la réflexion sur le lien entre justice et politique.

    2) Ensuite, nous abordons LA PAIX. On y voit Trygée, un citoyen soucieux du bien public, prendre le taureau par les cornes (en l'occurrence un scarabée bousier géant) afin de se rendre sur cette improbable monture dans les sphères célestes afin de réclamer aux dieux le retour de la Paix.

    Ce faisant, Trygée rencontre Hermès et lui indique sa requête de vouloir libérer la paix, incarnée sous forme d'une déesse. Le messager des dieux lui indique qu'elle est enfermée dans une grotte avec la déesse des bonnes récoltes et la déesse de l'esprit festif.

    Voici une pièce édifiante. Un appel à la paix vieux de bientôt vingt-cinq siècles. Une dénonciation des magouilles, des lobbys, des allégeances aux dieux et des démagogues qui, sous couvert de défendre un supposé honneur supposément outragé, poussent de toutes leurs forces à la guerre. Incroyable, on se croirait au XXIème siècle !

    Peut-être bien qu'il y a quelque chose d'intimement, de viscéralement humain dans le désir de combattre et d'écraser l'autre. Guerre économique ou guerre au sens physique du terme, cela reste un désir de combattre et d'écraser l'autre, de lui faire rendre gorge en ayant joui au préalable du plaisir de le voir ramper devant nous en réclamant grâce, histoire de se croire grand et fort.

    Aristophane montre aussi magnifiquement l'art des dirigeants, habiles à crier fort et à attiser la haine tout en envoyant des pauvres bougres au casse-pipe, des gens qui n'ont rien demandé mais qui sont obligés de combattre sous peine de sanction pour désertion. Les marchands d'armes ont des sourires jusqu'aux oreilles et prennent leurs petites commissions au passage. Les politiques cherchent un prétexte, le trouvent toujours et c'est parti pour la baston entre pauvres bougres. Bref, rien n'a changé.

    Aristophane, comme à son habitude, a le verbe mordant, le ton satyrique, et l'humour gras, très gras, qui tape souvent en dessous de la ceinture. C'est en quelque sorte le Jean-Marie Bigard de la comédie antique. Je vous avoue que ce n'est pas ce que j'affectionne le plus, mais sur le fond, c'est d'une clairvoyance, c'est d'une vérité saisissante.

    C'est également dans cette pièce qu'Aristophane nous laisse le mieux entendre son athéisme, ridiculisant, décrédibilisant et critiquant ouvertement l'usage qui est fait des dieux où le rôle trouble que ceux-ci jouent dans les conflits. Pour lui, un dieu ne peut pas être intéressant si de près ou de loin il est lié à un conflit ou, ce qui est pire, s'il est partie prenante d'une manière de business aux offrandes pour s'attirer ses grâces, sa protection ou son soutien. Ça ne vous rappelle rien ?

    Certes, on peut toujours reprocher aux pièces d'Aristophane d'avoir un peu vieilli (mais on le pardonnerait à moins, à vingt-cinq siècles de distance !), mais à chaque fois que je le lis, au départ ça me fait sourire puis, très vite ça me rend triste. Triste d'une tristesse absolue, car je me rend compte que rien n'a changé et que c'est donc probablement sans espoir. C'est l'homme qui est comme ça, incurable dans ses vices, tout au moins dans ses grandes lignes. Et l'on peut mettre tout le vernis de culture et de bonnes manières que l'on voudra dessus, chassez le naturel… il revient au galop. Satanée humanité, cupide, sordide, orgueilleuse, mesquine alors qu'elle pourrait être tellement autre chose.

    Ceci dit, je vous laisse en paix, soyez-en juge (et non guêpe) car, tout bien pesé ce n'est que mon avis, c'est-à-dire, très peu de chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par zwyns, le 18/05/2015


    Small World de Martin Suter

    Conrad Lang,Koni,la soixantaine a reçu la garde de la villa Koch,grosse famille industrielle Suisse.Un jour par mégarde,parce qu'il boit un peu trop,il provoque un incendie.
    Paradoxalement,aucune poursuite ne sera entamée par ses employeurs;il va même recevoir un logement confortable et une grosse allocation mensuelle.
    Etrange histoire que celle de Koni,abandonné par sa mère pour l'amour d'un dignitaire nazi,il va être recueilli par la famille koch
    Il va être intégré dans l'entourage du fils Thomas,suivre de brillantes études,passer les plus luxueuses vacances,pratiquer tous les sports de la haute soçiété,mais jamais il ne sera vraiment intégré dans cette caste du gotha
    imperméable aux autres classes.
    Thomas le fils Koch,sera toujours son ami,mais noblesse oblige,dans les grandes manifestations,Koni sera celui qui reste en marge.
    Voilà donc Conrad-Koni,casé,il a rencontré une jeune veuve,
    La vie devient douce et normale pour lui,mais il va bientôt être confronté à des situations angoissantes et périlleuses.Serait-ce le début d'une sénilité
    précoce ou pire comme se le demande sa compagne la maladie d'Alzeheimer ?
    Conrad-Koni a de plus en plus d'attitudes et de comportements qui font penser à ce mal.
    La belle fille de Thomas,délaissée par son mari Urs Koch a décidé de s'occuper de Koni,et de lui installer une unité médicalisée ultra -moderne dans une des dépendances de la propriété Koch.
    Koni,entouré,soigné avec tendresse,va peu à peu retrouver les souvenirs de son enfance....
    Martin Suter nous offre un roman à clefs,et aussi une violente critique de la société des nantis,des gros bourgeois Suisses ou autres..(même combat !)

    Altzeheimer une maladie que l'on veut oublier,terrible maladie,qui touche les personnes qui en souffre,mais plus les proches qui doivent subir ce drame.
    Conrad Lang,enfant adopté,éduqué comme ses proches,reste sa vie durant un être à part de la haute société
    Peu à peu la vérité va surgir

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 22/05/2015


    Paroles de taule de Corbeyran

    Corbeyran, par l'entremise de détenus, nous livre de forts témoignages sur la condition carcérale. Témoignages de ces hommes qui se retrouvent enfermés, certains pour des délits mineurs, d'autres de plus grande importance. Pour d'autres encore, parce qu'ils étaient le coupable idéal.
    Seul dans la cellule ou à plusieurs, les journées sont très longues. Il faut l'occuper, en travaillant, en dormant, en regardant la télé ou en attendant un parloir qui se fait désirer.
    Certains se promettent qu'ils ne recommenceront pas, qu'un séjour leur aura fait comprendre ce qu'est la vie en prison. Ils espèrent alors trouver de quoi s'accrocher une fois dehors.
    D'autres savent qu'ils replongeront. Parce qu'ils sont ainsi faits. Parce qu'une fois dehors, ils ne savent plus comment vivre, ils auraient besoin qu'on leur réapprenne.

    Corbeyran, à travers ces 25 récits, nous donne à voir à travers les barreaux, que ce soit du côté des détenus ou des matons.
    Pour cet album, il s'est entouré d'une palette de dessinateurs, de Davodeau à Guérineau en passant par Espé, Sattouf ou Margerin.
    Leurs différents coups de crayons donnent à chaque fois une nouvelle dimension à chaque récit. Leur point commun: le noir et blanc. Sobre et efficace.

    Juste quelques Paroles de taule à travers ces murs...

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 28/05/2015


    Sale temps pour le pays de Michaël Mention

    Leeds, janvier 1976. Un ouvrier découvre le cadavre d'une prostituée dans un terrain vague. Il s'agit d'Emily Oldson, mère de 3 enfants, sans profession et prostituée occasionnelle. Le rapport du légiste fait froid dans le dos: 2 plaies à l'arrière du crâne causées par un marteau à panne ronde, tournevis planté dans le dos et pas moins de 32 lacérations dans le cou, ventre et poitrine. Le superintendant Walter Bellamy confie l'affaire à l'inspecteur George Knox, 20 ans à la Crim', une gueule à la Richard Burton, des Ray Ban qu'il ne quitte jamais. Taillé pour cette enquête. Ce meurtre n'est pas sans rappeler les deux agressions survenues l'année d'avant, l'une à Keighley et l'autre à Halifax. Les prostituées ont réussi à décrire leur agresseur: une trentaine d'année, brun et moustachu.
    Le 6 février 1977, un autre corps est découvert. L'enquête n'avance pas. La population s'agite et commence à avoir peur.
    Le 15 avril de cette même année, ce sera au tour de la ville de Bradford avec la découverte du corps d'une autre prostituée.
    A grand renfort, la police mobilise ses troupes. Le détective Mark Burstyn est également mis sur l'affaire. Une aide bienvenue pour Knox qui doit, en plus, aider sa femme à lutter contre son cancer...

    Michaël Mention s'est inspiré de la série de crimes perpétués en Angleterre à la fin des années 70 par Peter William Sutcliffe surnommé "L' éventreur du Yorkshire". Un parcours de tueur qui fait froid dans le dos avec 13 victimes à son compteur. L'auteur s'attarde, évidemment, sur la progression de l'enquête mais aussi sur les personnages au fort caractère et le contexte économique, social et politique de l'époque, notamment la crise suite au choc pétrolier, l'effroi de la population, les manifs, le couvre-feu établi, l'échec des Travaillistes et l'arrivée de Tatcher au pouvoir. Sale temps pour le pays entier.
    L'auteur, de par ses recherches certaines, nous plonge de suite dans cette fin des années 70 et dresse un portrait amer de ce pays. Des chapitres courts, un style journalistique et une écriture nerveuse donnent du rythme à ce polar captivant et étonnant. L'ambiance est plus que jamais noire, le décor gris et les personnages charismatiques et attachants.

    Sale temps pour le pays, tous aux abris!

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