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    • Livres 1.00/5
    Par Nastasia-B, le 29/07/2014


    Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan

    Je n’ai pas du tout aimé ce livre. À telle enseigne, — et vous m’accorderez que c’est un cas rarissime me concernant — que je n’ai même pas trouvé la force de le lire complètement. Ce que j’en ai lu m’a suffisamment déplu pour me pousser à le refermer à jamais sans espoir de retour.

    Comme je suis normalement hostile aux critiques qui disent juste J’AIME / J’AIME PAS sans rien argumenter ou sans rien éclaircir sur le pourquoi de ce ressenti, je vais tâcher d’argumenter. On pourra aisément me rétorquer à chaque argument, ce sera légitime, que je n’ai aucun droit à me plaindre de tel ou tel élément m’ayant déplu puisque je n’aurai pas lu le texte dans son ensemble ni l’intégralité du contexte dans lequel cet élément textuel se situait. Et au sens strict, on aura raison de fustiger une telle critique.

    J’ai fortement hésité à écrire une critique sur un livre que j’ai lâchement abandonné. En ai-je réellement le droit ? Pas évident. Cependant, ce sur quoi j’ai quelques droits et quelques certitudes, c’est sur mon ressenti de lecture, qui lui peut s’exprimer à n’importe quel stade de la découverte d’une œuvre écrite, même si la découverte n’est que partielle. Un site de partage littéraire comme Babelio a toute sa raison d’être justement si tous les avis s’y expriment. Certes, je n’ai pas lu le livre en entier, mais d’un simple point de vue statistique, ce que j’ai éprouvé d’autres peuvent l’éprouver également. C’est pour eux que j’écris ce qui suit, pas pour les nombreux aficionados qui ont dévoré goulûment ce livre et qui ne changeront pas d’avis après avoir (éventuellement) lu cette contribution mineure.

    Pour être tout à fait honnête, j’avais un a priori très négatif d’emblée sur ce livre. Si j’y suis venue, c’est par l’entremise de quelqu’un qui m’est aussi cher que proche et qui a beaucoup aimé Rien Ne S’Oppose À La Nuit. Un gros succès éditorial, des gens que j’estime qui sont conquis, cela méritait sûrement d’essayer de passer outre mes a priori. Voilà comment j’abordais cette lecture : direction bibliothèque municipale. (Pas folle la guêpe, pas envie de laisser le moindre centime là-dedans avant de m’être forgé ma petite idée. Si le livre est vraiment bon, il sera toujours temps de l’acheter ensuite.)

    Me voici donc au sortir de la grande médiathèque, moi, petite, frêle, avec un gros pavé sous le bras. L’examen de la quatrième de couverture ne me laisse rien présager de bon. Je l’ouvre par hasard à la page 84. Le passage que j’y ai découvert allait prendre une très grande importance dans mon ressenti général. Je vous le retranscris tel quel avec seulement des parenthèses où le NB signifie Nastasia-B :

    « L’homme que j’aime, dont l’amour se heurte parfois à mes absences, s’est inquiété, il y a quelque temps, de me voir entreprendre ce travail. (NB : il s’agit donc d’un travail. Travail, au sens commun, rime avec rémunération et salaire, je tiens à le préciser.) C’est ainsi en tout cas que j’ai interprété sa question, posée avec une certaine prudence : avais-je besoin d’écrire ÇA ? (NB : normalement ce « ça » ainsi que le suivant est en italique, mais je n’ai pas la possibilité de le restituer.) Ce à quoi, sans hésitation, j’ai répondu que non. (NB : c’est donc qu’aussi bien elle que ses proches perçoivent le côté voyeur, racoleur, indécent ou impudique de la chose, comme le nez au milieu de la figure.) J’avais besoin d’écrire (NB : exutoire ou salaire ? That is the question.) et ne pouvais rien écrire d’autre (NB : tellement absorbée par le sujet ou en panne totale d’inspiration pour autre chose, un vrai roman par exemple ? That is another question.), rien d’autre que ÇA. La nuance est de taille ! (NB : effectivement, la nuance ou plutôt les nuances sont de taille, je confirme.)
    « Ainsi en avait-il toujours été de mes livres, qui au fond s’imposaient d’eux-mêmes, pour des raisons obscures (NB : oui, très obscures) qu’il m’est arrivé de découvrir longtemps après que le texte eut été terminé. (NB : probablement en fonction des succès remportés par les ventes !) À ceux qui redoutaient les dangers que pouvaient représenter pour moi un tel chantier, si peu de temps après la mort de ma mère, je répondais avec assurance que non, pas du tout, mais enfin, pensez-vous. (NB : vous aurez remarqué au passage la grande richesse de plume de cette « auteur ».) Je sais aujourd’hui — alors que je ne suis même pas encore à la moitié du vaste chantier dans lequel je me suis empêtrée (j’ai failli écrire : du vaste merdier dans lequel je me suis foutue) — combien j’ai présumé de mes forces. (NB : là, pas d’erreur, vous êtes convaincus, nous avons affaire à un grand écrivain au style incomparable qui imprimera de son sceau la littérature française pour des siècles et des siècles.) »

    Après ce passage introductif, j’en viens aux deux points principaux qui me dérangent avec cette marchandise livresque. Premièrement, les motivations de l’« auteur ». (J’ai mis des guillemets, ce n’est pas une erreur de frappe, ne m’en veuillez pas.) En effet, à l’ère de l’internet, lorsqu’on a un gros truc sur la patate, un besoin irrépressible de partager avec autrui des moments forts ou pénibles, il y a un moyen phare, largement ouvert et diffusé sur la planète entière, totalement libre et gratuit qui s’appelle le blog (ou toute forme apparentée).

    Si je cherche à faire éditer un livre, c’est que mes motivations sont différentes. Soit j’ai quelque aspiration à la gloire et à la renommée, soit je compte en vivre et donc me faire de l’argent avec, soit je considère que ce que j’écris est réellement une œuvre d’art, soit — ce qui est pire encore — un mélange des trois. En fait ces motivations ne me dérangent pas à partir du moment où l’on a affaire à un véritable artiste, quelqu’un qui a un talent de plume rare, suffisamment exceptionnel pour justifier et de la renommée et des retombées financières.

    Oui, excusez-moi de penser ce que je pense Delphine de Vigan, mais vous ne m’empêcherez pas de penser qu’il y a une motivation cruellement commerciale là-dedans. Si vous vouliez vraiment partager (je précise qu’en langue française le mot « partager » signifie prendre partie avec, en même temps que d’autres, comme un repas, une conversation…), le blog eût été le meilleur support. Le respect d'une mère, est-ce de l'étaler sur la place publique et de se faire payer pour cet étalage ?

    À partir du moment où vous émettez sans recevoir, ce n’est pas un partage, et à partir du moment où vous vendez ce que vous émettez, cela s’appelle du commerce. Du commerce de quoi ? De vie privée. Vie privée de qui ? Même pas la vôtre seulement. C’est-à-dire que non seulement vous vous arrogez des droits sur la vie privée de votre mère (la vôtre vous en faites ce que vous voulez, libre à vous) mais aussi sur celle d’autres personnes de la famille. C’est-à-dire que leur vie privée à eux n’est plus privée mais publique, lue et répétée par des milliers de gens (et dans vingt-cinq langues nous précise la quatrième de couverture.)

    Que dit votre pudeur ? que dit votre conscience ? que dit votre âme ? chère Delphine de Vigan quand vous vous rendez compte que vous gagnez votre vie sur les détails sordides de votre existence ou de celle de votre mère ? de votre famille ? (J’ai sous les yeux sur un autre onglet d’internet une photo de vous avec un gigantesque sourire tenant votre livre encerclée par des piles et des piles de votre ouvrage, et ça me fait froid dans le dos quand j'y pense.) Ici on fait tinter les trémolos du voyeurisme ordinaire, dont la presse à scandale fait ses choux gras, avec juste ce qu’il faut de retenue, juste ce qu’il faut de précaution et d’habileté mensongère pour faire croire à quelques scrupules, sous couvert d’expérience psychologique.

    Pour moi c’est purement et simplement, dans le principe, répugnant et écœurant. (Fasse l’avenir, ma pauvre maman, que jamais il ne me prenne l’idée de déballer en public tes pauvres travers et tes misérables secrets, ni ceux de tes pères ou frères.) Je vous assure, tous les détails sordides y sont. (Je n’ai pas tout lu heureusement mais quand j’ai survolé le passage de la croûte de camembert sur la joue bleue de la défunte, j’ai reçu mon quota d’irradiation aux rayons Gala, Voici et Closer pour une année complète.)

    Mais surtout, ce qui est fort, c'est que Delphine de Vigan, par ces nombreuses considérations sur la gestation de son machin, sur la prouesse de parvenir à faire naître un tel chef-d'œuvre en exhumant de la matière fétide en putréfaction, voudrait presque qu'on s'apitoie sur son sort d'écrivain, sur sa difficulté, sur son délicat labeur d'écriture, " ouh ! que c'est dur ma pauv' dame ", " oh ! là ! là ! que vous avez dû souffrir à affûter vos adjectifs et à régler tous vos verbes dans ce bourbier-là ! "

    Le deuxième point qui me chagrine avec ce livre, je l’ai déjà vaguement évoqué plus haut, c’est son style. Aïe, aïe, aïe ! Que j’ai mal à ma littérature ! Rien Ne S’Oppose À La Nuit…
    … effectivement, rien ne s’oppose à la nuit de la littérature française. Alors c’est donc ça la littérature française actuelle ! D’ailleurs j’en profite au passage pour faire une petite remarque aux éditeurs qui eux aussi n’ont que de nobles desseins et aucune vue financière.

    Je ne sais pas pour la version de poche, mais sur celle de grand format, sous le titre, en première de couverture, est écrite l’appellation « roman ». Je suis désolée de pinailler de la sorte mesdames et messieurs les éditeurs de JC Lattès, mais à ma connaissance, ce type d’écrit doit être catégorisé sous l’étiquette « témoignage » ou « récit autobiographique » mais assurément pas de roman. Pardonnez-moi, mesdames et messieurs les éditeurs, mais cela vient du fait que j’ai une trop haute estime du roman pour le laisser salir ainsi. Un roman c’est autre chose que ça, parce qu’un roman, sachez-le une fois pour toute, un roman c’est écrit, un roman ça se compose, ça ne s’écrit pas comme un rapport médical ou une note de service.

    Je sais bien qu’en français le substantif « écriture » désigne aussi bien l’acte de faire une trace sur un papier comme ce qu’expérimentent les enfants de la maternelle qui apprennent à « écrire » que le travail d’un écrivain. Or ici, il ne peut certes pas s’agir de la seconde acception du terme écriture. Vous voulez un argument ? Okay, transportons-nous, si vous le voulez bien à la page 420 de l’édition grand format, c’est-à-dire à l’un des moments supposés être les plus forts de la narration, celui où l’« auteur » découvre le cadavre de sa mère :

    « Lucile était allongée sur le côté, les bras pliés, hors de la couverture, j’ai voulu la retourner mais son corps était raide, résistait, j’ai voulu éteindre la radio branchée sur France Inter, comme depuis la nuit des temps, je n’ai pas trouvé le bon bouton, mes mains commençaient de trembler, j’étais gagnée par une panique progressive et silencieuse, je me suis relevée, je suis allée vers la fenêtre, j’ai ouvert les rideaux, j’ai enlevé mon blouson et mon écharpe, je les ai posés sur sa chaise, j’ai posé mon sac aussi, au pied de son bureau [… etc., etc…] »

    Oooooouuuuuhhhhh ! Là ça dépote, les enfants ! Des phrases qui fusent, des verbes qui chantent, des figures de styles sur quatre étages ! Chapeau l’artiste ! Choderlos de Laclos et Flaubert, vous pouvez aller vous rhabiller, Racine et Verlaine, faites dans votre caisse et tremblez car la relève est assurée et c’est pas de la roupie de sansonnet ! Quelle indigence, mes aïeux, quelle indigence… les bras m’en tombent ! Stendhal aurait passé un mois entier à composer le paragraphe de cette découverte, à soupeser chaque gramme de mot chaque atome de syllabe et pourtant c’était un rapide en matière d’écriture. En fait, sur l’ensemble de l’ouvrage, j’avais trouvé le titre pas mal et elle nous révèle que même ça ce n’est pas d’elle, mais un emprunt à l’Osez Joséphine d'Alain Bashung. Aïe, aïe, aïe ! Que j’ai mal à ma littérature ! Rien, absolument plus rien ne s’oppose à la nuit… une nuit sans lune, sans étoile, sans rien.

    En somme, l’« auteur » a utilisé sept mots pour donner un titre à sa mixture, je n’en ai pour ma part besoin que de six pour exprimer ce que j’en pense :
    — déballage impudique dans un style insipide — Voilà, six mots, pas un de plus et j’ai dit tout ce que j’avais à en dire, tellement c’est beau et combien c’est dense dans l'analyse psychologique.

    Des souvenirs me reviennent d’À L’Est D’Eden de John Steinbeck, qui lui aussi abordait beaucoup de points intimes et mettait en scène sa famille, je me souviens de la pudeur, du velours, de la dentelle d’écriture, de la magnifique ouverture et généralisation qu’il avait faite du cas particulier de sa famille à quelque chose de plus vaste et transcendant et c’est là que je mesure toute la différence, tout l’écart, tout l’abîme qui existe entre une œuvre d’art, fruit du travail d’un authentique romancier et ce machin, cet édredon plat fourré aux vers fétides, cette émanation bassement commerciale sans la moindre parcelle de génie littéraire, ce truc qui passera comme une étoile filante dans les cieux du mois d’août, qui engrangera quelques substantiels bénéfices au passage et que tout le monde se dépêchera d’oublier avant dix ans d’ici.

    Aïe ! Que j’ai mal à ma littérature ! Mon cœur se serre, mes jambes se fléchissent, mes genoux touchent le sol en soulevant un léger nuage de poussière qui vient masquer, pour quelques instants, ma tristesse d’avoir levé le voile et posé le regard sur un tel non roman. Bien évidemment, il en faut pour tous les goûts (sans quoi TF1, ARTE et Horse TV diffuseraient le même programme), nombreux(ses) sont mes ami(e)s qui ont adoré ce livre et qui y trouvent mille qualités, mais permettez-moi, en mon seul nom, de ne pas applaudir cette fois-ci.

    D’ailleurs qui suis-je pour exprimer ce que j’exprime ? qui suis-je pour juger l’œuvre d’autrui ? Alors certes, en ce qui me concerne c’est : rien ne s’oppose à l’ennui, mais ce n’est qu’un avis noir, nocturne, aussi ténébreux que l’âme de Judas, c’est-à-dire, pas grand-chose, soyez-en sûrs.

    P. S. : je passe évidemment sous silence le fait que cette « auteur » soit la compagne de François Busnel et qu'elle ait accepté que celui-ci en fasse la promotion dithyrambique dans son émission " La Grande Librairie " en 2011. Tout ceci n'ayant aucune espèce de rapport avec un quelconque intérêt commercial de l'entreprise Rien Ne S'Oppose À La Nuit.

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    • Livres 1.00/5
    Par Nastasia-B, le 17/07/2014


    L'École des Cadavres de Louis-Ferdinand Céline

    Non, non, ne tournez pas la tête, ne baissez pas les yeux. Regardez bien en face le visage de la haine raciale et religieuse, regardez bien cette pourriture à l’œuvre, dans toute sa " splendeur " et son atrocité. Je ne suis pas partisane du déni. Je suis sérieusement remontée, scandalisée et honteuse.

    Oui, tout cela à la fois, car j’habite Strasbourg, siège d’une des plus grandes, si ce n’est la plus grande communauté juive de France. Les Juifs sont implantés en Alsace sans interruption depuis l’époque romaine, c’est-à-dire bien avant les Français ou les Allemands ou qui que ce soit d’autre. Ils sont donc constitutifs de l'identité de la région.

    Mes voisins de palier sont des Juifs avec lesquels nous vivons, nous autres athées en parfaite amitié et intelligence depuis des années. Je savais que depuis quelques mois, ils envisageaient de s’installer aux États-Unis. J’imaginais, naïvement, qu’il s’agissait pour eux d’un choix de vie, d’un désir de découverte. Avant-hier, mon voisin m’a confirmé que c’est bel et bien la tendance actuelle qui le pousse à fuir la France tant qu’il est temps. Et il n’est pas un cas isolé, loin s'en faut.

    Non, vous ne rêvez pas, nous sommes au XXIème siècle et des Juifs quittent la France parce qu’ils ne s’y sentent plus en sécurité. Dans la patrie de Voltaire et de Schœlcher, la haine raciale et religieuse est en train de gagner suffisamment de terrain pour faire peur à une communauté. Et malheureusement, cette scène-là a un air de déjà vu.

    C’est une autre idée que j’ai de la France. Je suis athée et heureuse de pouvoir l’être et heureuse également de pouvoir compter parmi mes amis des Juifs, des Musulmans, des Chrétiens, des Bouddhistes ou des partisans d’Amma (Mata Amritanandamayi). Allons-nous rester les bras croisés, regarder ce qui se passe sous nos yeux sans rien faire ? Sans nous indigner ? Sans le faire savoir ? Allons-nous pouvoir longtemps nous regarder dans un miroir sans générer une sueur froide de honte ?

    Alors je vous invite à consulter dans l’histoire du XXème siècle ce qui se fait de mieux en français en matière d’antisémitisme et de haine raciale. Il s’avère que c’est l’œuvre d’un grand écrivain français dont j’ai eu l’occasion de vanter les talents de plume pour Voyage Au Bout De La Nuit. Je suis persuadée qu’il ne faut pas se tromper de cible en évinçant ce roman en tous points remarquable.

    Mais il ne faut pas non plus passer sous silence les écrits insoutenables de ce même Céline. Je crois que c’est le moment de rappeler que la France a déjà connu sur son sol des monstres, des odieux et que malheureusement, elle en porte encore, et peut-être (assertion non vérifiée et non vérifiable) plus que jamais. Nous avons tous collectivement un devoir de mémoire, un devoir d’honneur et de positionnement.

    Allons-nous donc toujours tourner la tête et regarder ailleurs ? Allons-nous faire honte à tous ceux, il y a deux ou trois générations qui se sont battus et qui ont parfois laissé leur peau pour que nous puissions, nous, vivre dans un pays de tolérance et d’accueil, exempt de guerre et de dictature ?

    L’heure est venue de manifester, chacun à notre façon, chacun avec nos armes respectives que nous ne souhaitons pas vivre dans un pays où des fanatiques religieux instrumentalisés (ou pas), — qui font honte aux vrais tenants de leur propre religion — ou de simples racistes, peuvent par leurs actions violentes, par leur bêtise et par leur haine stigmatiser et faire fuir une communauté constitutive de ce qu’est la France, c’est-à-dire un patchwork ethnique et religieux généré par l’histoire et dont c’est justement la richesse. La France sans les Juifs n’est plus la France, la France sans les Musulmans n’est plus la France, etc.

    Nous avons besoin de tous et de chacun, ensemble, en bonne intelligence, dans le respect mutuel. Il ne faut pas oublier l’histoire. Nous avons déjà été collabos une fois, allons-nous rester encore sans rien faire ? L’idée même m’est intolérable. Lisez. Lisez Céline, lisez Mein Kampf, lisez ce dont l’humain est capable, ouvrez les yeux et regardez ce qui est en train de se passer sur le territoire de la France. Honte à nous si nous laissons faire cela.

    J’invite tous ceux qui partagent cette vision de la France à agir, même si c’est infinitésimal, même si on a le sentiment que ça ne sert à rien. Nous devons signifier notre indignation, c’est un devoir moral et civique. Ceci n’est évidemment que mon avis, un avis ridicule et dérisoire, tellement peu de chose, mais qui a au moins le mérite d’exister.

    P. S. : J’ai trouvé le texte de ce livre sur Internet. Je n’ai pas pu lire le livre du début à la fin comme je le fais normalement (il est vrai que je suis habituée à lire des vrais livres et non sur un écran mais tout de même), je n’ai pu que survoler des passages et ça m'a donné la nausée et le blues, tellement c’est violent, tellement c’est creux et univoque sans une ombre de nuance. C’est un déferlement haineux (semi plagiaire, qui plus est, des passages entiers sont repompés de la somptueuse prose antisémite des journaux et brochures de l’époque), un torchon au sens le plus bas du terme, une logorrhée interminable, qui scande, qui rabâche, qui hurle, qui éructe que les Juifs sont les pires maux de la Terre, que tout ce qui va mal au monde est de leur faute, etc., etc. C’est une bouillie absolument imbuvable et inqualifiable.

    Céline est d’autant plus coupable d’avoir commis ce texte qu’il ne l’a jamais renié. Je suis de celles qui défendent bec et ongles Voyage Au Bout De La Nuit, mais quand on tombe aussi bas qu’avec ce prurit vermineux, cette fange absolue, il y a effectivement des questions à se poser sur la santé mentale de son auteur, et je suis de celles-là.

    P. S. 2 : Après une telle nausée et de telles vapeurs de haine, lire un petit autre chose s'impose et je vous conseille l'excellent Nathan Le Sage de Lessing. Ça fait du bien et ça remet un peu de baume au cœur.

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    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 22/07/2014


    La Première Loi, tome 2 : Déraison et sentiments de Joe Abercrombie

    Après premier sang, voici le second tome de la trilogie de la première loi.

    La guerre de l'union contre le nord et son leader Bethod se prépare, voire a déjà commencé avec quelques massacres à la clé. Le colonel West, premier de nos fils rouges envoyé au pays des angles, organise en sous main l'action qui va s'y dérouler. On y retrouve aussi nos pouilleux du nord (renifleur, sequoïa ect...).
    Notre second fil est tenu par Bayaz le mage et sa troupe qu'il a enrôlé dans le premier tome avec ses figures de proues que sont Jezal, Ferro et Neuf-doigts, en route pour le bord du monde.
    Et enfin, toujours mon préféré : Glotka parti pour réussir l'impossible : Tenir Dagoska, au sud contre les forces de Gorkhul.

    Après un premier opus centré sur les personnages, on va cette fois-ci voyager un peu dans le monde crasseux, violent et dur imaginé par l'auteur. La bonne impression initiale se confirme ici totalement. Avec cerise sur le gâteau, un rythme plus soutenu, de l'action, combats et morts en quantité nécessaire et suffisante. Ah, les esprits chagrins reprochant au tome un, un brin trop statique, de ne pas donner toute la mesure de cet univers vont être rassurés.
    Un faux air de légende, revu et modernisé pour Glotka, une quête à la seigneur des anneaux pour Bayaz (qui déçoit un peu en tant que personnage, plus faible qu'il n'apparaissait avant) mais rattrapé par la puissance physique et mentale de Ferro et Logen, et des combats en bataille « presque » rangée dans le nord (je vous laisse trouver un titre adéquat dans la multitude des livres traitant le sujet).
    Les personnages sont durs, meurtriers, violents, cruels, tortionnaires, malsains, mais l'auteur les humanise intelligemment et nous les fait tous aimer (du moins il a réussi avec moi).
    Un savant mélange équilibré de magie, de bravoure, d'abjections en tout genre, de ferraillage, de noirceur, d'humour....

    On dit généralement que le second tome est le maillon faible d'une trilogie. Vu la qualité de cet ouvrage, vivement la fin avec : Dernière querelle.

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 30/07/2014


    La Saga des Sept Soleils, tome 7 : Mondes en cendres de Kevin Anderson

    C'est la fin.
    Oui enfin, la fin. Après six tomes en dents de scie, nous pouvons enfin clore le chapitre de la saga des sept soleils.

    L'ultime bataille entre faeros, hydrogues (non non, ils ne sont pas morts), verdanis, wentals, kikliss, robots kikliss, ildirans et humains (de la hanse et de la confédération) se déroule dans cet ultime opus. Trahisons (ou prises de conscience) en cascade, retournements de situation à la pelle. Au moins, un épisode digne de l'ampleur de l’œuvre.

    Oui, c'est parfois téléphoné, oui c'est naïf, des incohérences, des deus ex machina à foison. Des armes ultimes développées en vingt quatre heures par un homme seul, capables d'éradiquer une espèce pluri-millénaire présente dans toute la galaxie, dignes des pires space opera d'avant guerre.
    Mais au final, il me restera de cette saga un agréable souvenir, des heures d'une lecture agréable qui ne donne pas mal à la tête.

    Bref : Il faut donner sa chance à cette saga.

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 22/07/2014


    Le poids du papillon de Erri De Luca

    Avec ce récit très court (+ une petite nouvelle d’une dizaine de pages pour terminer), Erri De Luca nous démontre une nouvelle fois sa grande qualité de conteur. Comme toujours chez lui (en tout cas dans ce que j’ai lu), il y a une économie de mots, tout est méticuleusement pesé et soupesé pour aller à l’essentiel, on se laisse porter par la narration efficace et brillante, une ode à dame nature et à la liberté à travers deux personnages que De Luca réussit à rendre attachant, ce qui avec un chasseur et un chamois n’était pas forcément évident. Le poids des années conjugué avec celui d’un papillon est le cœur du roman Toute la poésie de De Luca aussi.
    Un petit livre pour un grand plaisir.

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 19/07/2014


    Faisons un Rêve de Guitry Sacha

    Sacha Guitry écrit toujours un peu la même pièce. On en a lu une, on en a lu cent. Mais c'est toujours fait avec élégance, c'est toujours fait avec un ton et une plume alerte qui fait qu'on y revient.

    Ici, sans grande surprise pour les adeptes de Guitry il est question... devinez un peu... eh oui !... d'adultère, comme dans 98,3 % des cas. Le décor est minimaliste, les personnages s'appellent, Lui, Elle, Le Mari. Rajoutons un domestique, car nous sommes dans l'univers feutré du bourgeois aisé.

    C'est un vaudeville doux-amer, en quatre actes, dont deux sont des monologues, ça c'est un peu moins fréquent chez Sacha Guitry. Une femme et son mari ont rendez-vous chez une connaissance. Le mari a des fourmis dans les jambes car il a un rendez-vous galant qui l'attend dans un quart d'heure.

    Et l'autre n'arrive toujours pas, qu'est-ce qu'il fait donc ? À bout de patience, le mari est en train de peaufiner un gros mensonge à sa femme qui elle n'est pas dupe du tout. S'enclenche alors une discussion entre eux où ils se promettent de ne pas mettre en doute la parole de l'autre, afin de ne pas savoir quand il y a une belle petite trahison qui se trame...

    Le mari s'enfuit donc à son rendez-vous et c'est alors que l'ami apparaît. Il était là depuis le départ, mais il écoutait. Il avait suffisamment surpris de conversation la veille pour comprendre que le mari allait s'éclipser pour rejoindre une poupée quelconque et il a donc tout organisé en conséquence.

    Le voilà seul avec elle, lui qui en est amoureux. Amoureux ? Mais l'est-il vraiment ou ne recherche-t-il qu'une aventure ? Il y a tout lieu de se poser la question et elle se la pose. Je m'en voudrais de vous en dire davantage.

    En somme, une pièce en quatre actes très classique pour du Guitry, datant de 1916 (c'est donc encore du Guitry premier âge) mais très agréable, bien écrite et parfois drôle où l'on sent poindre à chaque réplique le raffinement, l'esprit et également les angoisses éternelles de son auteur dans sa perception des relations homme/femme.

    En outre, souvenez-vous que ceci n'est qu'un avis, un songe, un rêve, c'est-à-dire bien peu de chose...

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 16/07/2014


    Candide de Voltaire

    Quel est le degré d’ironie contenu dans la fameuse ritournelle de Pangloss : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » ? Non, non, je ne plaisante pas, aussi étonnante et indéfendable que cela puisse paraître, je pose sérieusement la question.

    Lorsque j’étais lycéenne (Oh ! pour elle, ça date ! comme disait Anouar), on m’a présenté Candide comme l’un des textes fondamentaux de Voltaire où celui-ci démolit Leibniz en le ridiculisant sous les traits d’un vieux philosophe gâteux et complètement à côté de la plaque nommé Pangloss. Il est vrai qu’à l’époque on n’avait pas pris le temps de me présenter les travaux de Leibniz ou de Rousseau ni même d’autres textes de Voltaire, au premier rang desquels on pourrait placer Le Monde Comme Il Va.

    Ainsi, j’en étais restée, dans mes années lycée, à une sorte de règlement de comptes entre philosophes dont Voltaire était sorti grand vainqueur en dégainant ce seul Candide. Mais maintenant que ma peau est beaucoup moins lycée, qu’on peut même avouer sans honte qu’elle se fait chaque jour plus ridée, j’ai une vision très différente de Candide et qui m’est plus personnelle.

    Il convient, avant de vous noyer sous une quelconque opinion individuelle toujours sujette à caution, de vous parler un peu de l’écrit lui-même. Il s’agit d'une narration de taille modeste, segmentée en trente courts chapitres dans lesquels Voltaire fait endurer à son héros un rude voyage initiatique aux quatre coins de la planète.

    Candide, fils illégitime issu de la noblesse Westphalienne se voit chassé du château où il a toujours vécu pour avoir osé poser les mains sur sa délicieuse cousine Cunégonde, qui elle ne s’en offusquait pas. Candide se retrouve alors sur les routes poussiéreuses qui ne tardent pas à le conduire là où il y a la guerre. C’est l’occasion pour le jeune héros de méditer les épigrammes et dogmes de Pangloss, maître de philosophie dans le château dont il vient d’être expulsé.

    Chaque situation est un prétexte à étriller, qui la noblesse, qui tel ou tel ordre religieux. Les références de Voltaire à l’actualité de son temps sont omniprésentes et ne font plus toujours sens de nos jours. Néanmoins, ce conte philosophique est un exemple de limpidité d’écriture, facile à lire à tout âge et à toute époques, hier bien entendu, mais aujourd’hui encore et ce pour bien des siècles à venir.

    On a tendance à souligner les nombreuses infortunes de Candide et de ses compagnons (car en route il se fait une demi-douzaine de compagnons qui ont des visions diverses de l’existence et qui disputent avec lui). Or, Candide, à de nombreux moments de l’histoire, jouit de véritables coups de chance. L’auteur s’en donne à cœur joie sur la mauvaise façon qu’à le jeune et naïf héros d’interpréter ces quelques instants de fortune, comme étant la preuve irréfutable de la validité de la thèse de Pangloss.

    D’Europe de l’est en Pays-Bas, en passant par le Portugal puis l’Amérique du sud, la France bien entendu, l’Angleterre, Venise ou enfin Constantinople, de fortunes en infortunes, Candide apprend peu à peu ce que c’est vraiment que la vie et surtout, à se méfier des formules toutes faites du très docte Pangloss… Il va perdre beaucoup de ses illusions, rencontrer beaucoup de coquins, mais aussi, il faut bien l’admettre, deux compagnons valables, que sont Cacambo, le pragmatique et Martin, le sage désenchanté, l’un et l’autre étant, à n’en pas douter, des avatars de Voltaire lui-même.

    Ce que je vois maintenant dans Candide, à l’aune de ma peau aussi fripée que celle de Cunégonde en fin d’ouvrage, à chaque coin de page, sous chaque allusion, au creux de chaque moquerie, c’est une bourrade farouche contre la religion. Et si moquerie il y a, si dénonciation de ridicule il y a dans la vision optimiste du monde, telle que défendue par Alexander Pope, Gottfried Wilhelm Leibniz ou Jean-Jacques Rousseau notamment, c’est dans la naïveté de croire qu’il existe un dieu juste et rédempteur, avec une finalité nécessairement bonne et positive. Ce n'est pas tant l'homme Leibniz, ou le philosophe qui sont cibles selon moi, mais bel et bien la religion. Ce qui horripile Voltaire, c'est de vouloir à tout prix faire coller une réflexion philosophique (par essence alerte et indépendante) à un dogme religieux (par essence sclérosé et indéboulonnable).

    Pour Voltaire, l’homme est viscéralement pourri, incurable et bouffé de vices, son mal est insoluble. Soit l’on se résout à l’accepter comme tel, soit l’on abrège d’urgence ses souffrances à l’aide d’une lame tranchante ou d’une corde au cou. Et si optimisme il peut y avoir, c’est que sachant cela, connaissant l’homme tel qu’on le connaît, on puisse malgré tout, de temps en temps, en attendre de belles surprises, des élans de beauté et de grandeur dont on ne le jugerait pas capable.

    J’en suis désormais portée à croire qu’à l’opposé d’un Leibniz, qui dans son Théodicée s’évertuait à faire le grand écart entre les incohérences soulevées par sa pensée philosophique et l'idéal d'un dieu juste et bon, qui en venait à justifier le mal du monde par le fait qu’un Dieu de perfection n’autorisait le maléfice que pour libérer un bienfait subséquent et supérieur au mal enduré, Voltaire nous dit deux choses dans son Candide :

    1°) Eu égard à l’humain tel qu’il est constitué, aussi vil et pendable qu’il puisse être, l’équilibre atteint, malgré ses nombreuses imperfections, est quasiment ce qu’on peut attendre de mieux. Derrière chaque corruption, derrière chaque acte malveillant, chacun en tirant à soi la couverture crée une sorte d’équilibre « vivable », qui tient en respect les penchants abjects des autres, lesquels penchants pourraient s’épanouir librement si notre propre mal potentiel n’exerçait point de menace.

    (D'où ma question du départ à propos du degré d'ironie contenu dans la formule : tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Pour Leibniz, c'est le meilleur des mondes possibles car c'est le monde créé par un dieu parfait, pour Voltaire, c'est le meilleur des mondes possibles car il est le résultat d'une neutralisation, une forme d'équilibre instable mais acceptable des penchants malsains et hautement imparfaits de chacun.)

    2°) N’attendez rien d’un dieu quelconque. Voltaire, par son final, reprend à son compte le fameux proverbe « Aide-toi et le ciel t’aidera ». En bref, « Retrousse tes manches, bonhomme, compte sur toi-même et ton seul travail. Tantôt tu auras un coup de pouce de la chance, tantôt une belle tuile au coin de la gueule. N’y vois rien de divin, seulement les hauts et les bas de la roue de la Fortune. Pouvoir, Argent, Beauté, Gloire de quelque nature qu’elle soit, tout cela ce sont des futilités, justes bonnes à te rendre malheureux, bonhomme. Ce qui compte, c’est d’avoir une petite vie simple, les pieds sur terre, côtoyer les gens que tu apprécies, sans en attendre des miracles de bonté, de beauté ou d’esprit et de surtout rester toujours loin, très loin de ce qui brille. »

    J’en terminerai en vous disant simplement que j’ai aimé ce conte, alors que j’étais jeune et naïve et que je l’aime encore, sans doute pour des raisons différentes, en étant moins jeune et moins naïve. Alors, il n’y a vraiment pas de raison d’hésiter si vous avez peur des vieilleries, peur d’être déçus, peur de je-ne-sais-quoi-encore, Candide, c’était, c’est et ça restera du solide. Mais bien sûr, ceci n’est pas le meilleur avis qu’on puisse imaginer dans le meilleur des mondes possibles, c’est juste un avis, un tout petit avis, un grain de sable sur la plage, c’est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 5.00/5
    Par Marple, le 26/07/2014


    L'Ami retrouvé de Fred Uhlman

    Une petite heure de lecture, agréable mais sans plus, qui prend soudain une toute autre dimension à la dernière ligne. Que d'émotion alors, j'en étais toute retournée, larmes et frissons à la clé.

    Comme le souligne Arthur Koestler dans l'introduction, Fred Uhlman a écrit un récit court, mais abouti et complet, de la même façon que le peintre qu'il était faisait rentrer une œuvre dans le cadre délimité d'une toile. C'est très impressionnant, surtout pour moi qui ai habituellement besoin de longs développements pour rentrer dans l'histoire et ressentir des émotions. Là, j'ai certes lu avec tiédeur les débuts de cette amitié délicate entre un adolescent juif et un jeune nazi dans les Années Trente, mais tout a pris du relief et de la force à la lumière du dénouement. Moi aussi j'ai eu l'impression d'un ami retrouvé.

    En un mot comme en cent, j'ai beaucoup aimé ce livre, pour l'amitié, l'héroïsme et l'humanité, et le recommande chaudement, aux adultes comme aux adolescents.

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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 25/07/2014


    All you need is kill (t. 1) de Hiroshi Sakurazaka

    Un jour sans fin, une série manga en seulement deux petits épisodes.

    L'humanité a quasiment été éradiquée par une vilaine espèce, les Mimics. Seules quelques bases militaires internationales, très opérationnelles, luttent encore contre l'invasion. Keiji, petit soldat de base, destiné à devenir chair à canon, revit toujours la même journée avec comme unique conclusion : sa mort. Mais comme les samouraïs, il va livrer de nombreuses batailles, tuer d’innombrables adversaires, accumuler de l'expérience sur le terrain, parfaire son entraînement jusqu'à acquérir des automatismes. Kiri-oboeru : Le fait d'apprendre en tuant ses ennemis au sabre.

    All You Need Is Kill a été repris (ou le contraire) sous forme de court roman intitulé : Edge of Tomorrow qui a servi de base pour le film éponyme avec Tom Cruise, sorti récemment.
    N'étant absolument pas spécialiste des mangas, je ne m'étendrais pas sur la qualité graphique, si ce n'est pour dire que les méchants, espèces de gros Kiwis pleins de dents sont assez ridicules, mais les personnages et les scènes d'action assez bien dessinés.
    Le background est anémique, mais d'un autre côté, on est tout de suite dans l'action, et s'il y avait eu de la couleur, le rouge aurait été bien représenté.
    Bon, la jolie petite serveuse en mini-short et seins bien mis en valeur, ça arrange mes yeux et ma libido, mais dans une base militaire essentiellement masculine, ce n'est pas très crédible. D'un autre côté, personne ne fricotera avec personne, action centrée sur Keiji et son apprentissage guerrier.
    J'ai bien aimé la scène du passage des sentinelles, tirée tout droit de la séquence où Bill Murray, dans un jour sans fin, déjoue la surveillance des transporteurs de fond pour s'emparer d'un sac plein d'argent (ah nostalgie, quand tu nous tiens).

    Au final, une première incursion, pour moi, réussie dans l'univers manga, sous section science-fiction militaire. On ne change pas une équipe qui gagne...
    (Obtenu et lu dans le cadre de l'opération, masse critique. Merci à Babelio et Kaze).

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 29/07/2014


    Un petit livre oublié sur un banc, tome 1 de Jim

    Un banc dans un parc sur lequel est posé un livre... Une jeune maman s'assoit et l'ouvre. A l'intérieur, ce petit mot "ce livre est pour la personne qui le trouvera". Elle commence à lire les premières pages mais s'en va en le laissant... Pendant sa pause-déjeuner, Camélia se rend souvent dans ce parc et, à son tour, découvre le livre intitulé "A l'ombre des grands saules pleureurs". Curieuse d'en connaître le contenu dont l'auteur est inconnu, elle le met dans son sac. Le soir, chez elle, elle commence à le lire tandis que son petit ami, trouvant les livres chiants, préfère lire la notice de son nouveau téléphone portable. C'est alors que la jeune femme s'aperçoit qu'il y a des mots entourés et que, mis bout à bout, ils forment une phrase. Elle fait part de sa découverte à sa collègue de travail qui trouve l'idée assez farfelue et se moque un peu d'elle. Elle fait des recherches un peu plus poussées, se prend au jeu de l'auteur et va bien vite découvrir d'étranges choses qui risquent bien de bouleverser sa vie...

    Comme le dit si bien Jim dans sa préface, il a inventé cette petite histoire "légère, une comédie simple et humaine, sans prétention". Cette idée lui est venue lorsqu'une personne lui a dit qu'elle déposait le livre qu'elle venait de parcourir n'importe où afin qu'il voyage et que la personne qui le trouve prenne autant de plaisir qu'elle à sa lecture. L'auteur nous offre ainsi un scénario léger, sincère, touchant, tout en poésie et empli d'une tendresse infinie. Comme à son habitude, il aime croquer les quadras, comme une piqûre de rappel. Ce premier tome est accrocheur et l'on suit avec joie Camélia dans son jeu de piste. Le dessin de Mig est semi-réaliste, profond et d'une grande justesse, notamment les regards. Les couleurs sont éclatantes. Ce duo s'est visiblement bien trouvé. Jim, semble-t-il, a voulu se faire plaisir, le lecteur le sera tout autant. 

    Un petit livre oublié sur un banc... il n'attend plus que vous...

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 30/07/2014


    Le Génie des alpages, tome 2 : Comme des bêtes de F'Murr

    Comme Des Bêtes est le second tome de la BD humoristique Le Génie Des Alpages. Au même titre qu'à l'album précédent, l'auteur utilise un humour assez particulier, qui ne peut pas convenir à tout le monde. C'est totalement déjanté, décalé (mais avec un gros décalage !) et basé sur de l'absurde au sens fort du terme.

    Qu'est-ce que j'appelle décalé et basé sur l'absurde ? Je vous donne un exemple : le berger s'en va conter fleurette à une belle touriste de passage et laisse la responsabilité du troupeau à son chien. Celui-ci enfile les vêtements du berger et fume sa pipe lorsqu'un aviateur vient demander si l'on n'a pas vu dans le coin son vieux copain St-Ex. En voyant le chien il se dit à lui-même : Drôle de berger... méfions-nous ! L'une des brebis qui se prend pour un chien commence à s'attaquer aux bottines de l'aviateur à coups de dents. Puis, au terme d'une petite altercation, l'aviateur repart et rencontre quatre brebis montées sur le dos d'un aigle avec une grande lance à la Don Quichotte qui essaient de dégommer son aéroplane. Voilà, un exemple parmi tant d'autres.

    Comme dans l'album précédent, le berger est un vieil homme un peu ronchon mais très cultivé, aux allures de Georges Clémenceau avec une once de touche anglaise, qui parle philosophie avec son chien de berger pendant que se dernier met au point des petits robots mécaniques. Et les deux, bien évidemment, se fichent comme d'un guigne de la vie véritable du troupeau.

    Le troupeau, parlons-en. C'est un ramassis de moutons barjots, certains se prenant pour des chiens, d'autres pour des scientifiques ou encore des aviateurs. Le tout fonctionne en auto-gestion sous la houlette notable (mais nullement indiscutable) du bélier noir nommé Romuald.

    Personnellement, en plus de toutes les limitations que j'avais formulées pour le premier tome, j'ai pris moins de plaisir à la lecture de celui-ci. Il me faut cependant signaler une nouvelle fois la très grande originalité, liberté de ton et utilisation intelligente des cases du format bande dessinée que s'autorise F'murr.

    Les doubles pages sont assez indépendantes les unes des autres bien que certains gags récurrents courent sur plusieurs pages. On peut parfaitement commencer par la fin ou le milieu sans en être aucunement dérangé puisqu'il n'y a rien à comprendre. De même, on n'est pas obligé d'avoir lu le premier tome pour s'attaquer au second.

    En conclusion, un auteur et une série toujours aussi originale et décalée, parfois un peu difficile à suivre et un album qui m'a moins séduit que le premier. Ceci dit, cela n'est que mon piètre et misérable avis ovin, c'est-à-dire, bien peu de chose sur les versants de l'adret et presque rien sur l'ubac.

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 21/07/2014


    La Maudite de Valognes de Katia Verba

    Et voici le premier roman de Katia Verba ! Ça y est, elle a sauté le pas ! Il n'est d'ailleurs pas évident de passer ainsi de pièces de théâtre au roman, l'écriture et la construction n'étant pas tout à fait les mêmes. Pourtant, c'est avec une aisance toute particulière que notre écrivain a composé cet opus. Et une mention particulière à la couverture de ce livre qui le rend très chic grâce au pastel de Nicole Ventura.

    La Maudite de Valognes, titre ô combien annonciateur d'un roman noir, se nomme April, pétillante veuve (admirez comme le prénom est bien choisi : il apporte une bouffée de fraîcheur et trompe d'emblée le lecteur) ayant passé la quarantaine. Elle est affublée de ce surnom car elle collectionne les veuvages : trois ; cela commence à faire et les gens parlent... D'autant plus qu'April ne se refuse rien et joue encore de ses charmes. Mais un grain de sable va venir enrayer le bel engrenage. Quand le passé s'en mêle, ce n'est jamais positif !

    Avec ses pièces, Katia Verba avait déjà l'habitude de mettre en scène des intrigues solidement ficelées où humour et multiples rebondissements donnaient un rythme effréné. On retrouve ici ce savant alliage qui fait que l'on dévore ce livre en quelques heures.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si%C3%A8cle...

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 15/07/2014


    Fleur de tonnerre de Jean Teulé

    Fleur de tonnerre, surnom donné par ses parents, se nomme en fait Hélène Jégado. En bonne Bretonne, elle est nourrie des légendes et mythologies celtiques. Il en est une cependant qui va déterminer toute son existence, et croyez-moi, le mot n'est pas trop fort : celle de l'Ankou. Était-elle déjà fragile psychologiquement ? L'Histoire ne nous le dit pas mais le fait est qu'Hélène va se croire investie d'une mission : elle sera l'Ankou ! Et quoi de mieux pour tuer un maximum de personnes que d'être cuisinière ?

    Une fois de plus, Jean Teulé s'intéresse à une personne ayant marqué l'Histoire pour en faire une biographie romancée. L'écriture est toujours très agréable et j'ai avalé ce roman en très peu de temps. L'histoire (avec un petit 'h' cette fois) fait froid dans le dos et on se demande encore comment cette empoisonneuse a pu tuer autant de personnes sans que personne ne lève le petit doigt ! Il faut dire qu'elle avait des alliées de poids : en ce XIXe siècle, les épidémies de choléra faisaient rage...

    Comme il s'agit ici d'une biographie romancée, Jean Teulé joue, bien entendu, avec les pensées et sentiments de ses personnages, qu'il s'approprie avec brio, comme à son habitude (vous le savez, j'en suis fan - donc peu objective - mais quand même...). Il conviendra donc de déceler le réel de l'imaginaire, sachant quand même qu'il se base sur bon nombre de documents.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si%C3%A8cle...

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 25/07/2014


    Coluche - La BD hommage de Collectif

    C'est l'histoire d'un mec.... disparu bien trop vite. Cette BD, datée de 2006, lui rend hommage. Mais attention, pas un hommage larmoyant, sirupeux et hypocrite au possible (car, avouons-le, combien l'ont détesté et l'ont pleuré par la suite). Non, un hommage à son image, percutant, drôle, sans mâcher ses mots. On appelle un chat un chat et je suis certaine qu'il se serait bien marré en lisant ça.

    Il s'agit d'un album collectif. De ce fait, chacun y est allé de son dessin, de sa planche afin d'écrire quelques mots sur cet artiste. Au final, cela donne un album très éclectique, tant au niveau des dessins que des scénarios, à l'image de ce saltimbanque qui en a dérangé quelques uns... Et lorsque je dis éclectique, cela ne veut pas dire pour autant que c'est foutraque ou mauvais, non, loin de là.

    A lire absolument !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/bande-dessinee/collectif-coluche/

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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 15/07/2014


    Hématome de Maud Mayeras

    Elle se réveille, endolorie, des douleurs dans le corps, une lumière aveuglante et des murmures qui lui parviennent. Que fait-elle ici? Et où est-elle? Un homme avec un bec de lièvre se penche vers elle et tente de la rassurer autant qu'il puisse le faire dans pareille situation. Elle s'appelle Emma, c'est ainsi qu'il s'est adressée à elle. Et il lui annonce de but en blanc qu'elle s'est faite violer puis tabasser dans la rue. Alors que lui venait d'être assommé, il n'a rien pu faire pour lui venir en aide. Un policier est venu prendre leurs dépositions mais aucun souvenir probant n'aurait pu l'aider à retrouver le malfaiteur. Au cours de l'interrogatoire, elle apprend de la bouche de son petit ami, Tuker, que son petit frère est mort, que sa mère s'est suicidée et qu'elle ne parle plus à son père depuis des années. Quel choc pour elle? Qui a-t-elle dans la vie à part cet homme au bec de lièvre qui semble fou amoureux d'elle? Bien vite, elle se rendra compte qu'elle a également perdu l'enfant qu'elle portait. Mais, bientôt, le retour à la maison et avec lui son lot de surprises. Un endroit qu'elle ne reconnaît pas, des objets étrangers et qui pourtant lui appartiennent. Quand des sons lui reviennent par bribes, des images soudaines telles des flashs la ramènent à son passé, Emma n'a qu'une idée en tête: savoir qui elle est, qui est cet homme auprès d'elle et pourquoi on s'en est pris à elle...

    Maud Mayeras a pris le parti d'employer une narration à la première personne du singulier. Dangereux quand la maîtrise n'est pas là mais palpitant quand c'est réussi. Le choc n'en est que plus violent. L'on se laisse entrainer par Emma et avec elle, l'on suit pas à pas le cheminement qui la conduit vers les siens mais surtout vers son passé. Ce roman habilement construit, avec des chapitres très courts qui apportent un rythme certain, où la pression monte au fil des pages, montre que Maud Mayeras a un certain don pour nous faire frissonner. La neige drue et le froid glacial créent une atmosphère sombre et oppressante. Le style est particulièrement nerveux, les passages aux descriptions plutôt glauques auraient de quoi en faire pâlir plus d'un et l'on suit avidement les plongées d'Emma dans sa mémoire. Maud Mayeras signait là son tout premier roman. Remarquable!

    Hématome... Hema-eue!...

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 27/07/2014


    Au lieu-dit Noir-Etang... de Thomas H. Cook

    Une couverture aux allures de conte de Noël.
    Les apparences sont souvent trompeuses...

    Sentiment prédominant au sortir d'un tel récit, la maîtrise d'un auteur au sommet de son art.
    Cook ou l'éloge de la patience.
    Non content de vous plaquer une atmosphère poisseuse, de celles qui vous collent aux semelles autant que le fameux sparadrap aux doigts du capitaine Haddock, Cook parvient à maintenir le suspense jusqu'au bout du bout pour se lâcher dans un final mémorable.
    Le tout sans jamais faire retomber le soufflé. Talent de conteur indéniable.

    Si le sujet abordé ne brille pas de par son originalité, son évolution parfaitement domestiquée mériterait, elle, de se voir décerner le prix Edgar Allan Poe 1997 ! L'on m'apprend à l'instant que c'est désormais chose faite et amplement méritée !

    Hallucinant de maîtrise, Cook plonge son lecteur dans un épais brouillard et le perd avec délectation. A petites doses homéopathiques, l'écrivain lève le voile de ce roman noir de chez noir au romantisme doux-amer pour lâcher les chevaux dans un ultime baroud d'honneur particulièrement éprouvant.
    Une intensité rarement atteinte qui place ce petit joyau de noirceur tout en haut de l'oeuvre du maître.
    Je savais qu'il excellait dans le domaine, mais de là à tutoyer la perfection...

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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 19/07/2014


    Je suis noir et je n'aime pas le manioc de Gaston Kelman

    Gaston Kelman s’attaque sans concession à la condition des noirs dans une France multiculturelle mais aussi malgré tout, prête à faire ressurgir un racisme primaire à tout moment (l’affaire Taubira venant rappeler que la route est encore longue et la bêtise universelle). S’appuyant sur les idées reçues, Kelman les démonte une à une, non être né noir n‘est pas une punition et encore moins un handicap. Encore faut ‘il s’en convaincre. Son récit n’est pas un livre anti blanc bien au contraire, il n’hésite pas à renvoyer blancs et noirs dos à dos. Avec beaucoup d’humour mais aussi avec clairvoyance, il met à mal, la difficulté d’intégration. Un témoignage plein d’esprit, d’intelligence mais aussi sans indulgence devant des à priori qu’on aimeraient à jamais disparus.
    Je suis blanc n’aime pas le manioc mais j’ai beaucoup aimé le livre de Kelman.

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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 21/07/2014


    Une fille comme les autres de Jack Ketchum

    C'est au bord de la rivière que David, 12 ans, rencontra pour la première fois Meg, la plus jolie fille qu'il ait jamais vue. Alors qu'il pêchait des écrevisses près du Gros Rocher, elle s'est approchée de lui pour voir ce qu'il faisait. Elle lui a souri, il le lui a rendu. Elle lui a appris qu'elle venait d'emménager chez Ruth, avec sa sœur Susan. Quelle heureuse nouvelle pour ce jeune garçon. Ruth est la maman de Donny, Willie et Woofer, ses amis. Bien qu'aigrie par les hommes, un brin rustre, elle était appréciée de tous les enfants du quartier de par son humour et les bières qu'elle offrait en douce aux garçons. Il y allait souvent et était content de savoir qu'ils allaient pouvoir se revoir. Ce n'est qu'après, alors qu'il avait aperçu une grande cicatrice sur le bras de la jeune fille, qu'il apprit qu'elle avait échappé à un accident de la route qui avait coûté la vie à ses parents. Sa soeur a eu beaucoup moins de chance qu'elle: elle avait des prothèses qui l'aidaient à marcher. Mais, l'été approchait, la chaleur était déjà là, la fête foraine commençait à installer ses manèges, nul doute que David, déjà amoureux de la jolie Meg, espérait passer de belles vacances. Mais, bientôt, il se rend compte de l'étrange attitude de Ruth et des garçons. D'autant plus que Meg se plaint auprès de lui et ne semble pas trop à son aise. Sans trop savoir comment réagir ni qui croire, le jeune garçon ne fait rien et n'en parle à personne...

    Stephen King qualifie ce polar d'"oeuvre brillante" dans la préface, rien que ça. Il est certain que Jack Ketchum a un don pour nous plonger dans une violence palpable, insoutenable et gratuite. Une entrée en matière somme toute banale: l'été, les amis, une nouvelle voisine charmante. Mais, bien vite, David commence à se poser des questions sur le comportement de ses voisins. Le malaise s'installe progressivement, quelques éléments nous font penser que cette famille n'est pas tout à fait normale. Et la violence des actes, des propos tenus nous explosent en pleine figure. Le climat est malsain à souhait, oppressant et effrayant. L'on garde espoir, l'on espère que David ne restera pas seulement témoin des ces actes barbares mais que faire, que dire, quoi penser quand c'est un adulte qui permet de telles choses? Avec ce roman intelligemment construit, où les non-dits sont tout aussi terrifiants que les actes eux-mêmes, l'auteur nous livre un roman tragique dans lequel, à l'instar de David, l'on reste fasciné et révulsé. Inspiré d'un fait divers qui s'est déroulé dans le Midwest en 1965, cette fille comme les autres n'en restera pas une.

    Une fille comme les autres... pas vraiment...

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    • Livres 3.00/5
    Par marina53, le 16/07/2014


    Noir de Baru

    3 nouvelles de Baru, noires, cela va de soi..

    En ce soir de réveillon, l'on assiste encore une fois à l'allocution du président de la République. Pour éviter à nouveau les émeutes qui ont secoué le pays pendant ces deux dernières années, il interdit l'accès au centre-ville pour les banlieusards. Evidemment, cela risque de poser des problèmes puisque certains veulent profiter de cette soirée-là pour aller s'éclater. C'est le cas de Kent qui a décidé d'aller contre et à bas le règlement et sa couleur de peau, il compte bien s'y rendre. Faut-il encore pour cela avoir de l'essence dans le réservoir de sa voiture, une denrée très rare. Tous les moyens sont bons... Bonne année 2016!

    En 2047, le climat est encore pire. Les banlieues sont clairement devenues des territoires à part. Nicolas Sarkozy (encore lui!), devenu un véritable dictateur, fait régner sa propre loi. Les forces de l'ordre empêchent quiconque de s'infiltrer. Mais Julien, Kader ou encore Hocine voudraient bien réveillonner. Sans essence et sans capote, bien devenu encore plus rare et pourtant indispensable dans ce monde où le Sida frappe, la tâche risque de s'avérer compliquée...

    Enfin, une petite ballade irlandaise où l'on suit le parcours d'un groupe de rock connu. Le souci est qu'il est protestant et, en territoire catholique, cela fait des étincelles. Alors, quand l'amour entre deux clans vient s'immiscer alors que la guerre civile fait rage, nos jeunes tourtereaux vont bien avoir du mal à s'afficher au grand jour...

    Baru nous offre ici un recueil où il regroupe 3 de ses récits parus à la fin des années quatre-vingt dix. L'on se retrouve dans un futur post-apocalyptique où il ne semble pas faire bon vivre. Evidemment, le point commun est la noirceur du propos. L'avenir est loin d'être rose si l'on se fie à Baru. Ghettos, exclusion, essence et capote à prix d'or... tout est noir. Même l'amour semble inacessible. Ces 3 récits originaux et sombres manquent parfois de cohérence mais le trait noir, enragé et engagé de Baru leur donne une toute autre dimension.

    Noir.. c'est noir...

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    • Livres 3.00/5
    Par marina53, le 28/07/2014


    La Messe anniversaire de Olivier Adam

    Cela fait maintenant déjà un an que Caroline est morte. Une fête organisée chez elle, un samedi soir, les amis tous réunis pour l'occasion à discuter entre eux ou danser, des regards échangés, un balcon où les jeunes vont fumer et cette chute. Brutale, idiote presque, incongrue. Des cris déchirés dans la nuit, un corps qui tombe dans un fatras assourdissant, des pleurs, la sirène des pompiers. Et la vie continue, malgré cela. A quinze ans, on a la vie devant soi...
    Titou a depuis quelque peu déraillé. Sa mère l'a même emmené voir un psy...
    Sophie, la grande amie fidèle. Caroline était bien plus qu'une sœur. Elle est comme brisée depuis ce drame...
    Nico, l'ami d'enfance, quelque peu hanté par la disparition de son amie...
    Marilou a déménagé et vit dans le Nord avec son père...
    Alex, le grand amour secret de Caroline. Lui n'était pas amoureux d'elle et s'en veut, parfois, de ne pas l'avoir aimée plus que ça...
    Cinq amis au lieu de six. Il manquera toujours Caroline. Alors, quand chacun reçoit un carton d'invitation pour la messe anniversaire, c'est à nouveau une blessure qui s'ouvre, un souvenir gravé à jamais dans leur mémoire qu'ils ne pourront jamais oublier...

    Cinq amis et cinq chapitres où chacun prend tour à tour la parole. L'on apprend comment chacun a tenté de survivre suite à cet accident, les souvenirs laissés par Caroline, la vie après elle et sans elle. Olivier Adam se plonge dans la mémoire de chacun et montre les réactions de ses amis qui essaient de vivre comme tout ado de 15 ans. Il nous livre un roman polyphonique, sans misérabilisme où chaque mot est pesé, où la vie et la mort se côtoient inévitablement et où les remords et les regrets ressurgissent. Des phrases courtes comme des ressentis jetés sur papier rythment ces souvenirs à la fois pesants, tristes ou plus joyeux. La plume d'Olivier Adam se révèle une fois de plus poétique, pudique et tout en finesse.

    La messe anniversaire... Sonne le glas...

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