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Critiques les plus appréciées

    • Livres 3.00/5
    Par fnitter, le 11/07/2014


    Mission : salvation's reach de Dan Abnett

    Second (et dernier) tome (en ce qui me concerne) en format hors de prix de la série des fantômes de Gaunt.

    Embarqué dans une mission à haut risque après une longue inactivité, les fantômes vont devoir se fier aux renseignements obtenus du traître (voir le pacte de sang), pour prendre d'assaut une station spatiale aux mains des forces du chaos. Une mission d'importance, au point qu'on alloue aux forces de Gaunt, trois space marines comme fer de lance.

    Après un départ tonitruant, le soufflet retombe très vite, pour mettre en place la nouvelle mission. Il est loin le temps où un tome des fantômes n'était constitué que de coups de force et de coups d'éclat. D'un côté, l'histoire est plus profonde, de l'autre on se demande quand ça va enfin commencer.
    Sur le fond, on a donc une histoire un peu lente, sans réel suspense, avant le feu d'artifice final.
    Sur la forme : 23 euros 75 pour un livre contenant encore des fautes d'accord, il faut vraiment être mordu comme moi pour succomber. Promis, pour le prochain j'attends la parution en poche.

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    • Livres 1.00/5
    Par Nastasia-B, le 17/07/2014


    L'École des Cadavres de Louis-Ferdinand Céline

    Non, non, ne tournez pas la tête, ne baissez pas les yeux. Regardez bien en face le visage de la haine raciale et religieuse, regardez bien cette pourriture à l’œuvre, dans toute sa " splendeur " et son atrocité. Je ne suis pas partisane du déni. Je suis sérieusement remontée, scandalisée et honteuse.

    Oui, tout cela à la fois, car j’habite Strasbourg, siège d’une des plus grandes, si ce n’est la plus grande communauté juive de France. Les Juifs sont implantés en Alsace sans interruption depuis l’époque romaine, c’est-à-dire bien avant les Français ou les Allemands ou qui que ce soit d’autre. Ils sont donc constitutifs de l'identité de la région.

    Mes voisins de palier sont des Juifs avec lesquels nous vivons, nous autres athées en parfaite amitié et intelligence depuis des années. Je savais que depuis quelques mois, ils envisageaient de s’installer aux États-Unis. J’imaginais, naïvement, qu’il s’agissait pour eux d’un choix de vie, d’un désir de découverte. Avant-hier, mon voisin m’a confirmé que c’est bel et bien la tendance actuelle qui le pousse à fuir la France tant qu’il est temps. Et il n’est pas un cas isolé, loin s'en faut.

    Non, vous ne rêvez pas, nous sommes au XXIème siècle et des Juifs quittent la France parce qu’ils ne s’y sentent plus en sécurité. Dans la patrie de Voltaire et de Schœlcher, la haine raciale et religieuse est en train de gagner suffisamment de terrain pour faire peur à une communauté. Et malheureusement, cette scène-là a un air de déjà vu.

    C’est une autre idée que j’ai de la France. Je suis athée et heureuse de pouvoir l’être et heureuse également de pouvoir compter parmi mes amis des Juifs, des Musulmans, des Chrétiens, des Bouddhistes ou des partisans d’Amma (Mata Amritanandamayi). Allons-nous rester les bras croisés, regarder ce qui se passe sous nos yeux sans rien faire ? Sans nous indigner ? Sans le faire savoir ? Allons-nous pouvoir longtemps nous regarder dans un miroir sans générer une sueur froide de honte ?

    Alors je vous invite à consulter dans l’histoire du XXème siècle ce qui se fait de mieux en français en matière d’antisémitisme et de haine raciale. Il s’avère que c’est l’œuvre d’un grand écrivain français dont j’ai eu l’occasion de vanter les talents de plume pour Voyage Au Bout De La Nuit. Je suis persuadée qu’il ne faut pas se tromper de cible en évinçant ce roman en tous points remarquable.

    Mais il ne faut pas non plus passer sous silence les écrits insoutenables de ce même Céline. Je crois que c’est le moment de rappeler que la France a déjà connu sur son sol des monstres, des odieux et que malheureusement, elle en porte encore, et peut-être (assertion non vérifiée et non vérifiable) plus que jamais. Nous avons tous collectivement un devoir de mémoire, un devoir d’honneur et de positionnement.

    Allons-nous donc toujours tourner la tête et regarder ailleurs ? Allons-nous faire honte à tous ceux, il y a deux ou trois générations qui se sont battus et qui ont parfois laissé leur peau pour que nous puissions, nous, vivre dans un pays de tolérance et d’accueil, exempt de guerre et de dictature ?

    L’heure est venue de manifester, chacun à notre façon, chacun avec nos armes respectives que nous ne souhaitons pas vivre dans un pays où des fanatiques religieux instrumentalisés (ou pas), — qui font honte aux vrais tenants de leur propre religion — ou de simples racistes, peuvent par leurs actions violentes, par leur bêtise et par leur haine stigmatiser et faire fuir une communauté constitutive de ce qu’est la France, c’est-à-dire un patchwork ethnique et religieux généré par l’histoire et dont c’est justement la richesse. La France sans les Juifs n’est plus la France, la France sans les Musulmans n’est plus la France, etc.

    Nous avons besoin de tous et de chacun, ensemble, en bonne intelligence, dans le respect mutuel. Il ne faut pas oublier l’histoire. Nous avons déjà été collabos une fois, allons-nous rester encore sans rien faire ? L’idée même m’est intolérable. Lisez. Lisez Céline, lisez Mein Kampf, lisez ce dont l’humain est capable, ouvrez les yeux et regardez ce qui est en train de se passer sur le territoire de la France. Honte à nous si nous laissons faire cela.

    J’invite tous ceux qui partagent cette vision de la France à agir, même si c’est infinitésimal, même si on a le sentiment que ça ne sert à rien. Nous devons signifier notre indignation, c’est un devoir moral et civique. Ceci n’est évidemment que mon avis, un avis ridicule et dérisoire, tellement peu de chose, mais qui a au moins le mérite d’exister.

    P. S. : J’ai trouvé le texte de ce livre sur Internet. Je n’ai pas pu lire le livre du début à la fin comme je le fais normalement (il est vrai que je suis habituée à lire des vrais livres et non sur un écran mais tout de même), je n’ai pu que survoler des passages et ça m'a donné la nausée et le blues, tellement c’est violent, tellement c’est creux et univoque sans une ombre de nuance. C’est un déferlement haineux (semi plagiaire, qui plus est, des passages entiers sont repompés de la somptueuse prose antisémite des journaux et brochures de l’époque), un torchon au sens le plus bas du terme, une logorrhée interminable, qui scande, qui rabâche, qui hurle, qui éructe que les Juifs sont les pires maux de la Terre, que tout ce qui va mal au monde est de leur faute, etc., etc. C’est une bouillie absolument imbuvable et inqualifiable.

    Céline est d’autant plus coupable d’avoir commis ce texte qu’il ne l’a jamais renié. Je suis de celles qui défendent bec et ongles Voyage Au Bout De La Nuit, mais quand on tombe aussi bas qu’avec ce prurit vermineux, cette fange absolue, il y a effectivement des questions à se poser sur la santé mentale de son auteur, et je suis de celles-là.

    P. S. 2 : Après une telle nausée et de telles vapeurs de haine, lire un petit autre chose s'impose et je vous conseille l'excellent Nathan Le Sage de Lessing. Ça fait du bien et ça remet un peu de baume au cœur.

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    • Livres 5.00/5
    Par fnitter, le 22/07/2014


    La Première Loi, tome 2 : Déraison et sentiments de Joe Abercrombie

    Après premier sang, voici le second tome de la trilogie de la première loi.

    La guerre de l'union contre le nord et son leader Bethod se prépare, voire a déjà commencé avec quelques massacres à la clé. Le colonel West, premier de nos fils rouges envoyé au pays des angles, organise en sous main l'action qui va s'y dérouler. On y retrouve aussi nos pouilleux du nord (renifleur, sequoïa ect...).
    Notre second fil est tenu par Bayaz le mage et sa troupe qu'il a enrôlé dans le premier tome avec ses figures de proues que sont Jezal, Ferro et Neuf-doigts, en route pour le bord du monde.
    Et enfin, toujours mon préféré : Glotka parti pour réussir l'impossible : Tenir Dagoska, au sud contre les forces de Gorkhul.

    Après un premier opus centré sur les personnages, on va cette fois-ci voyager un peu dans le monde crasseux, violent et dur imaginé par l'auteur. La bonne impression initiale se confirme ici totalement. Avec cerise sur le gâteau, un rythme plus soutenu, de l'action, combats et morts en quantité nécessaire et suffisante. Ah, les esprits chagrins reprochant au tome un, un brin trop statique, de ne pas donner toute la mesure de cet univers vont être rassurés.
    Un faux air de légende, revu et modernisé pour Glotka, une quête à la seigneur des anneaux pour Bayaz (qui déçoit un peu en tant que personnage, plus faible qu'il n'apparaissait avant) mais rattrapé par la puissance physique et mentale de Ferro et Logen, et des combats en bataille « presque » rangée dans le nord (je vous laisse trouver un titre adéquat dans la multitude des livres traitant le sujet).
    Les personnages sont durs, meurtriers, violents, cruels, tortionnaires, malsains, mais l'auteur les humanise intelligemment et nous les fait tous aimer (du moins il a réussi avec moi).
    Un savant mélange équilibré de magie, de bravoure, d'abjections en tout genre, de ferraillage, de noirceur, d'humour....

    On dit généralement que le second tome est le maillon faible d'une trilogie. Vu la qualité de cet ouvrage, vivement la fin avec : Dernière querelle.

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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 12/07/2014


    Home de Toni Morrison

    Go Home !
    Toni Morisson est l’une des plus grandes plumes afro américaines. « Home » le montre aisément. Dans un court récit, on suit le retour vers chez lui , pour visiter sa sœur Cee gravement malade, de Frank Money vétéran noir de Corée. Reprenant des thèmes chers et forcément douloureux (ségrégation, insertion sociale etc.), elle livre un récit remarquable. Morisson sonde avec une grand justesse les pensées de Frank, homme passablement chamboulé par ce qu’il à vécu en Corée.
    Morisson va à l’essentiel, ne s’embarrasse d’aucun superflu, Lu d’une traite (150 pages), on en sort groggy devant la force narratrice de son récit. Un très grand bouquin.
    Si Morri sonne, n’hésitez pas à ouvrir votre porte et votre cœur. Quand à moi, devant un si navrant jeu de mots, je la prends (la porte).

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 16/07/2014


    Candide de Voltaire

    Quel est le degré d’ironie contenu dans la fameuse ritournelle de Pangloss : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » ? Non, non, je ne plaisante pas, aussi étonnante et indéfendable que cela puisse paraître, je pose sérieusement la question.

    Lorsque j’étais lycéenne (Oh ! pour elle, ça date ! comme disait Anouar), on m’a présenté Candide comme l’un des textes fondamentaux de Voltaire où celui-ci démolit Leibniz en le ridiculisant sous les traits d’un vieux philosophe gâteux et complètement à côté de la plaque nommé Pangloss. Il est vrai qu’à l’époque on n’avait pas pris le temps de me présenter les travaux de Leibniz ou de Rousseau ni même d’autres textes de Voltaire, au premier rang desquels on pourrait placer Le Monde Comme Il Va.

    Ainsi, j’en étais restée, dans mes années lycée, à une sorte de règlement de comptes entre philosophes dont Voltaire était sorti grand vainqueur en dégainant ce seul Candide. Mais maintenant que ma peau est beaucoup moins lycée, qu’on peut même avouer sans honte qu’elle se fait chaque jour plus ridée, j’ai une vision très différente de Candide et qui m’est plus personnelle.

    Il convient, avant de vous noyer sous une quelconque opinion individuelle toujours sujette à caution, de vous parler un peu de l’écrit lui-même. Il s’agit d'une narration de taille modeste, segmentée en trente courts chapitres dans lesquels Voltaire fait endurer à son héros un rude voyage initiatique aux quatre coins de la planète.

    Candide, fils illégitime issu de la noblesse Westphalienne se voit chassé du château où il a toujours vécu pour avoir osé poser les mains sur sa délicieuse cousine Cunégonde, qui elle ne s’en offusquait pas. Candide se retrouve alors sur les routes poussiéreuses qui ne tardent pas à le conduire là où il y a la guerre. C’est l’occasion pour le jeune héros de méditer les épigrammes et dogmes de Pangloss, maître de philosophie dans le château dont il vient d’être expulsé.

    Chaque situation est un prétexte à étriller, qui la noblesse, qui tel ou tel ordre religieux. Les références de Voltaire à l’actualité de son temps sont omniprésentes et ne font plus toujours sens de nos jours. Néanmoins, ce conte philosophique est un exemple de limpidité d’écriture, facile à lire à tout âge et à toute époques, hier bien entendu, mais aujourd’hui encore et ce pour bien des siècles à venir.

    On a tendance à souligner les nombreuses infortunes de Candide et de ses compagnons (car en route il se fait une demi-douzaine de compagnons qui ont des visions diverses de l’existence et qui disputent avec lui). Or, Candide, à de nombreux moments de l’histoire, jouit de véritables coups de chance. L’auteur s’en donne à cœur joie sur la mauvaise façon qu’à le jeune et naïf héros d’interpréter ces quelques instants de fortune, comme étant la preuve irréfutable de la validité de la thèse de Pangloss.

    D’Europe de l’est en Pays-Bas, en passant par le Portugal puis l’Amérique du sud, la France bien entendu, l’Angleterre, Venise ou enfin Constantinople, de fortunes en infortunes, Candide apprend peu à peu ce que c’est vraiment que la vie et surtout, à se méfier des formules toutes faites du très docte Pangloss… Il va perdre beaucoup de ses illusions, rencontrer beaucoup de coquins, mais aussi, il faut bien l’admettre, deux compagnons valables, que sont Cacambo, le pragmatique et Martin, le sage désenchanté, l’un et l’autre étant, à n’en pas douter, des avatars de Voltaire lui-même.

    Ce que je vois maintenant dans Candide, à l’aune de ma peau aussi fripée que celle de Cunégonde en fin d’ouvrage, à chaque coin de page, sous chaque allusion, au creux de chaque moquerie, c’est une bourrade farouche contre la religion. Et si moquerie il y a, si dénonciation de ridicule il y a dans la vision optimiste du monde, telle que défendue par Alexander Pope, Gottfried Wilhelm Leibniz ou Jean-Jacques Rousseau notamment, c’est dans la naïveté de croire qu’il existe un dieu juste et rédempteur, avec une finalité nécessairement bonne et positive. Ce n'est pas tant l'homme Leibniz, ou le philosophe qui sont cibles selon moi, mais bel et bien la religion. Ce qui horripile Voltaire, c'est de vouloir à tout prix faire coller une réflexion philosophique (par essence alerte et indépendante) à un dogme religieux (par essence sclérosé et indéboulonnable).

    Pour Voltaire, l’homme est viscéralement pourri, incurable et bouffé de vices, son mal est insoluble. Soit l’on se résout à l’accepter comme tel, soit l’on abrège d’urgence ses souffrances à l’aide d’une lame tranchante ou d’une corde au cou. Et si optimisme il peut y avoir, c’est que sachant cela, connaissant l’homme tel qu’on le connaît, on puisse malgré tout, de temps en temps, en attendre de belles surprises, des élans de beauté et de grandeur dont on ne le jugerait pas capable.

    J’en suis désormais portée à croire qu’à l’opposé d’un Leibniz, qui dans son Théodicée s’évertuait à faire le grand écart entre les incohérences soulevées par sa pensée philosophique et l'idéal d'un dieu juste et bon, qui en venait à justifier le mal du monde par le fait qu’un Dieu de perfection n’autorisait le maléfice que pour libérer un bienfait subséquent et supérieur au mal enduré, Voltaire nous dit deux choses dans son Candide :

    1°) Eu égard à l’humain tel qu’il est constitué, aussi vil et pendable qu’il puisse être, l’équilibre atteint, malgré ses nombreuses imperfections, est quasiment ce qu’on peut attendre de mieux. Derrière chaque corruption, derrière chaque acte malveillant, chacun en tirant à soi la couverture crée une sorte d’équilibre « vivable », qui tient en respect les penchants abjects des autres, lesquels penchants pourraient s’épanouir librement si notre propre mal potentiel n’exerçait point de menace.

    (D'où ma question du départ à propos du degré d'ironie contenu dans la formule : tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Pour Leibniz, c'est le meilleur des mondes possibles car c'est le monde créé par un dieu parfait, pour Voltaire, c'est le meilleur des mondes possibles car il est le résultat d'une neutralisation, une forme d'équilibre instable mais acceptable des penchants malsains et hautement imparfaits de chacun.)

    2°) N’attendez rien d’un dieu quelconque. Voltaire, par son final, reprend à son compte le fameux proverbe « Aide-toi et le ciel t’aidera ». En bref, « Retrousse tes manches, bonhomme, compte sur toi-même et ton seul travail. Tantôt tu auras un coup de pouce de la chance, tantôt une belle tuile au coin de la gueule. N’y vois rien de divin, seulement les hauts et les bas de la roue de la Fortune. Pouvoir, Argent, Beauté, Gloire de quelque nature qu’elle soit, tout cela ce sont des futilités, justes bonnes à te rendre malheureux, bonhomme. Ce qui compte, c’est d’avoir une petite vie simple, les pieds sur terre, côtoyer les gens que tu apprécies, sans en attendre des miracles de bonté, de beauté ou d’esprit et de surtout rester toujours loin, très loin de ce qui brille. »

    J’en terminerai en vous disant simplement que j’ai aimé ce conte, alors que j’étais jeune et naïve et que je l’aime encore, sans doute pour des raisons différentes, en étant moins jeune et moins naïve. Alors, il n’y a vraiment pas de raison d’hésiter si vous avez peur des vieilleries, peur d’être déçus, peur de je-ne-sais-quoi-encore, Candide, c’était, c’est et ça restera du solide. Mais bien sûr, ceci n’est pas le meilleur avis qu’on puisse imaginer dans le meilleur des mondes possibles, c’est juste un avis, un tout petit avis, un grain de sable sur la plage, c’est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 08/07/2014


    Le guide du mauvais père de G Delisle

    Le Guide Du Mauvais Père est l'archétype du livre idéal pour les toilettes. Vite lu, pas trop de portée philosophique, tout public, parfois drôle, possibilité de lire en pilote automatique quand le reste du corps est occupé à autre chose...

    N'y voyez pas une quelconque raillerie. Il en faut des comme ça pour les toilettes. Je ne pense d'ailleurs pas que son auteur y voie le summum de son œuvre mais plutôt un petit exercice sympa qui vous occupera une vingtaine de minutes. (Donc lu en une séance de constipation ou en une semaine si vous avez attrapé la tourista en voyage.)

    C'est une suite de petite situations de la vie, tant soit peu comiques ou décalées présentant un père avec ses deux enfants en bas âge (disons entre la maternelle et le début de l'école primaire) et dont on peut dire sans peur qu'il n'est pas hyper impliqué dans l'univers ou les interrogations existentielles de ses deux bambins.

    C'est loin d'être aussi intéressant que Pyongyang ou les Chroniques Birmanes, ça ne casse pas des briques mais ça se laisse feuilleter sans déplaisir. Je vous le répète : idéal pour les toilettes. Mais ceci n'est que mon avis, avis de chiottes, qui plus est, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 22/07/2014


    Le poids du papillon de Erri De Luca

    Avec ce récit très court (+ une petite nouvelle d’une dizaine de pages pour terminer), Erri De Luca nous démontre une nouvelle fois sa grande qualité de conteur. Comme toujours chez lui (en tout cas dans ce que j’ai lu), il y a une économie de mots, tout est méticuleusement pesé et soupesé pour aller à l’essentiel, on se laisse porter par la narration efficace et brillante, une ode à dame nature et à la liberté à travers deux personnages que De Luca réussit à rendre attachant, ce qui avec un chasseur et un chamois n’était pas forcément évident. Le poids des années conjugué avec celui d’un papillon est le cœur du roman Toute la poésie de De Luca aussi.
    Un petit livre pour un grand plaisir.

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 19/07/2014


    Faisons un rêve de Guitry Sacha

    Sacha Guitry écrit toujours un peu la même pièce. On en a lu une, on en a lu cent. Mais c'est toujours fait avec élégance, c'est toujours fait avec un ton et une plume alerte qui fait qu'on y revient.

    Ici, sans grande surprise pour les adeptes de Guitry il est question... devinez un peu... eh oui !... d'adultère, comme dans 98,3 % des cas. Le décor est minimaliste, les personnages s'appellent, Lui, Elle, Le Mari. Rajoutons un domestique, car nous sommes dans l'univers feutré du bourgeois aisé.

    C'est un vaudeville doux-amer, en quatre actes, dont deux sont des monologues, ça c'est un peu moins fréquent chez Sacha Guitry. Une femme et son mari ont rendez-vous chez une connaissance. Le mari a des fourmis dans les jambes car il a un rendez-vous galant qui l'attend dans un quart d'heure.

    Et l'autre n'arrive toujours pas, qu'est-ce qu'il fait donc ? À bout de patience, le mari est en train de peaufiner un gros mensonge à sa femme qui elle n'est pas dupe du tout. S'enclenche alors une discussion entre eux où ils se promettent de ne pas mettre en doute la parole de l'autre, afin de ne pas savoir quand il y a une belle petite trahison qui se trame...

    Le mari s'enfuit donc à son rendez-vous et c'est alors que l'ami apparaît. Il était là depuis le départ, mais il écoutait. Il avait suffisamment surpris de conversation la veille pour comprendre que le mari allait s'éclipser pour rejoindre une poupée quelconque et il a donc tout organisé en conséquence.

    Le voilà seul avec elle, lui qui en est amoureux. Amoureux ? Mais l'est-il vraiment ou ne recherche-t-il qu'une aventure ? Il y a tout lieu de se poser la question et elle se la pose. Je m'en voudrais de vous en dire davantage.

    En somme, une pièce en quatre actes très classique pour du Guitry, datant de 1916 (c'est donc encore du Guitry premier âge) mais très agréable, bien écrite et parfois drôle où l'on sent poindre à chaque réplique le raffinement, l'esprit et également les angoisses éternelles de son auteur dans sa perception des relations homme/femme.

    En outre, souvenez-vous que ceci n'est qu'un avis, un songe, un rêve, c'est-à-dire bien peu de chose...

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 09/07/2014


    Le Génie des alpages, tome 1 de F'Murr

    Attention ! accrochez-vous ! vous êtes dans Le Génie Des Alpages. C'est un OVNI à base d'OVIN. C'est une bande dessinée vraiment difficile à définir car hors norme sur toute la ligne, décalée sur tous les codes. Dites-vous déjà que cette BD ne peux pas être consensuelle car elle est trop typée, trop barrée, trop déjantée pour plaire à un large public.

    Vous rencontrerez donc des fans morts de rire et des gens qui détestent en criant au foutage de gueule, rarement entre ces deux extrêmes. C'est donc tout à fait involontairement que, pour ce qui me concerne, je me situe à peu près entre les deux, disons " moyen + ". Je ne peux pas dire que j'adore, en revanche, je ne trouve pas ça nul du tout. C'est juste très spécial.

    Imaginez un comique de l'absurde, mais pas juste un peu absurde, de l'absurde total, du non-sens absolu. Mettez-vous dans l'ambiance bouillonnante et délirante des années 1970, période de tous les excès, où l'on osait tout et vous comprendrez comment une telle bande dessinée a pu voir le jour (l'émergence d'une telle curiosité me paraît peu probable dans le climat éditorial actuel, sauf à considérer l'auto-publication).

    Ne cherchez pas de scénario ou de thème, car il n'y en a pas. L'album est une suite de situations distinctes jouant sur les registres loufoque et burlesque, se limitant à des doubles pages. Ces situations ne se suivent pas, mais il y a régulièrement des rappels, des gags récurrents ou des personnages secondaires qui poursuivent d'une histoire sur l'autre leurs interrogations complètement déjantées.

    Vous avez donc un berger qui ressemble à un retraité anglais confortablement installé dans le jardin de son cottage, un chien de berger qui parle avec son maître et qui mène des réflexions philosophiques avec lui, un troupeau de brebis qui fait sa vie sans les deux précédents ou qui interagit telle une assemblée démocratique face à ses dirigeants.

    On retrouve certaines personnalités parmi le troupeau comme Einstein et Rostand, ou encore le bélier Romuald et quelques autres brebis au caractère bien trempé. On y rencontre également des personnages plus surprenants, tel un lion engagé par le chien pour l'aider à garder le troupeau, un sphinx égyptien, pour les mêmes raisons, un Saint-Bernard idiot, un aigle malchanceux et quelques autres personnages, tous aussi délirants et absurdes les uns que les autres.

    Le sport local pour le berger et son chien est de faire le décompte des touristes morts en montagne dans les gazettes du pays. L'humour est vraiment très particulier, bourré de calembours, de second degré ou de références à d'autres œuvres, de la littérature, du cinéma, de la BD, etc.

    Ce n'est pas toujours à hurler de rire mais il y a de bons gags et des trucs totalement débiles qui finissent par être drôles au millième degré quand on rentre dans le jeu. C'est donc une expérience de BD assez spéciale, pas désagréable pour moi, mais, je le répète, certainement pas grand public donc, c'est à chacun de se positionner par rapport à l'humour et l'univers de F'murr. Mais ceci n'est bien évidemment que mon avis ovin, une brebis égarée, c'est-à-dire, bien peu de chose.

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    • Livres 4.00/5
    Par Piatka, le 07/07/2014


    Brûlant secret de Stefan Zweig

    Afin de tromper son ennui, un jeune baron en villégiature dans un hôtel isolé des Alpes autrichiennes décide de séduire par jeu une femme accompagnée de son fils convalescent de douze ans, Edgar. Pour parvenir habilement et rapidement à ses fins, il se lie hypocritement d'amitié avec Edgar, flatté d'attirer l'intérêt d'un adulte.

    Passée la phase d'approche, de l'amitié naissante, le séducteur tente d'éloigner l'enfant, qui trompé par son nouvel " ami ", va tout faire pour perturber les sorties du couple et leurs tentatives de rapprochement. Sa mère, progressivement charmée, hésite entre l'aventure amoureuse et la raison, périlleux dilemme.
    Tout se joue donc - il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit au départ d'un jeu - entre un séducteur manipulateur, une mère indécise et un jeune garçon encore très innocent mais clairvoyant. Le tout dans un milieu bourgeois d'une époque révolue...en apparence.

    Les désirs de chacun s'entremêlent d'abord délicieusement, puis s'entrechoquent brutalement pour finir en feu d'artifice incontrôlable ! De la tension, du suspens, un rythme agréable de courts chapitres font de cette nouvelle un très bon moment de lecture.
    Stefan Zweig excelle comme toujours à analyser avec finesse et précision la psychologie humaine et plus particulièrement ici celle d'un jeune adolescent imprévisible dont les sentiments exacerbés oscillent entre amour et haine. Car c'est bien Edgar le héros du récit, le détenteur du brûlant secret, que je vous laisse le plaisir de découvrir.

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 15/07/2014


    Fleur de tonnerre de Jean Teulé

    Fleur de tonnerre, surnom donné par ses parents, se nomme en fait Hélène Jégado. En bonne Bretonne, elle est nourrie des légendes et mythologies celtiques. Il en est une cependant qui va déterminer toute son existence, et croyez-moi, le mot n'est pas trop fort : celle de l'Ankou. Était-elle déjà fragile psychologiquement ? L'Histoire ne nous le dit pas mais le fait est qu'Hélène va se croire investie d'une mission : elle sera l'Ankou ! Et quoi de mieux pour tuer un maximum de personnes que d'être cuisinière ?

    Une fois de plus, Jean Teulé s'intéresse à une personne ayant marqué l'Histoire pour en faire une biographie romancée. L'écriture est toujours très agréable et j'ai avalé ce roman en très peu de temps. L'histoire (avec un petit 'h' cette fois) fait froid dans le dos et on se demande encore comment cette empoisonneuse a pu tuer autant de personnes sans que personne ne lève le petit doigt ! Il faut dire qu'elle avait des alliées de poids : en ce XIXe siècle, les épidémies de choléra faisaient rage...

    Comme il s'agit ici d'une biographie romancée, Jean Teulé joue, bien entendu, avec les pensées et sentiments de ses personnages, qu'il s'approprie avec brio, comme à son habitude (vous le savez, j'en suis fan - donc peu objective - mais quand même...). Il conviendra donc de déceler le réel de l'imaginaire, sachant quand même qu'il se base sur bon nombre de documents.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si%C3%A8cle...

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 10/07/2014


    Du vide plein les yeux de Jérémie Guez

    Quelques mois en taule, ça forge un homme. Mais, aussitôt après avoir purgé sa peine, Idir replonge dans ses combines. En prison, il avait gardé contact avec ses réseaux. Ce jeune homme, âgé d'une trentaine d'année, s'est improvisé détective privé. Mais pas dans n'importe quel secteur. En effet, il file essentiellement chez les riches. Ces gens-là cherchent à régler leurs problèmes de manière très policée. Femmes soupçonnées d'adultère ou enfants dans une mauvaise passe, il s'occupe de leurs ennuis pour des milliers d'euros. Oscar, un ancien ami qui l'a pourtant envoyé en prison, aujourd'hui à la tête d'une grosse boite de médias, fait appel à ses services pour l'aider à retrouver son demi-frère, Thibaut, disparu depuis 2 mois. Il accepte, moyennant finance, et s'enquiert d'aller voir les amis de ce dernier, malheureusement peu enclins à à vouloir l'aider. Il fait ainsi la connaissance d'Eve, sa soi-disant petite amie. Pour essayer de mieux comprendre la vie de ce jeune homme, Idir décide de s'inviter à une soirée chez ses potes, avec la complicité de la jeune femme. Evidemment, il ne peut y aller les mains vides. Chérif est toujours là pour le fournir...
    Entre temps, son ami de toujours, Thomas, l'invite à dîner en compagnie de sa femme, Nat'. Le père de ce dernier, également convié, ne tarde pas à solliciter son aide. En effet, il s'est fait voler sa voiture, une R8V10. Le jeune homme trouve cela plutôt bizarre du fait qu'il n'ait pas prévenu la police. Malgré sa méfiance et ses doutes, il accepte ce nouveau contrat, hautement rétribué...

    Des appartements cossus du VIII à la banlieue, il n'y a qu'un pas à franchir. Et Idir semble tout à fait à son aise. Ce personnage charismatique, à la forte poigne et au caractère affirmé, nous entraîne dans les bas-fonds de Paris. Entre sa famille qui répond présent et ses amis pas toujours fréquentables, il lui est difficile de trouver réellement sa place. Jérémie Guez reprend ici presque les mêmes codes, à savoir un héros fracassé, la banlieue pas très chic et la volonté féroce du héros de s'en sortir coûte que coûte. Et encore une fois, cela fonctionne parfaitement. Le rythme est soutenu, l'intrigue bien présente et les personnages énigmatiques et parfois bouleversants. Servi par une écriture sèche et ciselée, aux dialogues qui font mouche, ce polar rondement mené et maîtrisé fait une fois de plus la part belle aux gueules cassées. Guez confirme ici encore son talent.

    Du vide plein les yeux... des rêves pleins la tête...

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    • Livres 3.00/5
    Par marina53, le 07/07/2014


    Les fidélités de Diane Brasseur

    Quelques jours avant Noël, toute la famille s'apprête à fêter les réveillons à New-York. Au petit matin, cet homme de 54 ans va se réfugier pour quelques heures dans son bureau. Père d'une jeune fille, il trompe sa femme avec qui il est marié depuis 19 ans avec Alix, 23 ans de moins que lui. Partageant sa vie entre Paris la semaine et Marseille le week-end, il partage aussi son temps et son amour entre ces deux femmes. La jeunesse, la peau douce, les insouciances du quotidien, les escapades, les baisers volés, l'érotisme et l'attente d'un côté; et de l'autre, la sécurité, l'amour profond, la tendresse, une certaine sérénité et une fille. Peut-il quitter sa femme pour un amour incertain? Peut-il laisser tomber cette vie de famille qu'il chérit tant? Tiraillé, presque meurtri, en proie à d'immanquables doutes, il se remémore les derniers mois depuis sa rencontre avec Alix. Peut-il aimer deux femmes à la fois?

    Diane Brasseur nous conte le monologue de cet homme épris de sa maîtresse et de sa femme. Autant il aime aimer, autant il ne supporte pas l'infidélité. Même si le triangle amoureux a été maintes fois raconté, l'on a ici un seul point de vue: celui de l'homme pris entre les deux femmes de sa vie. Une fois les liens tissés, il est difficile de les défaire. L'amour est bien là, les déchirements aussi et un certain sentiment de culpabilité. Sans prendre parti et sans exagérer les comportements de l'un ou de l'autre, Diane Brasseur dresse un portrait singulier de l'adultère. Cet homme n'est point condamnable tant il paraît sincère et attentif et pourtant son geste l'est. D'une écriture amoureuse et enlevée, l'auteur nous fait d'autant plus aimer l'amour...

    Les fidélités... d'un infidèle...

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 21/07/2014


    La Maudite de Valognes de Katia Verba

    Et voici le premier roman de Katia Verba ! Ça y est, elle a sauté le pas ! Il n'est d'ailleurs pas évident de passer ainsi de pièces de théâtre au roman, l'écriture et la construction n'étant pas tout à fait les mêmes. Pourtant, c'est avec une aisance toute particulière que notre écrivain a composé cet opus. Et une mention particulière à la couverture de ce livre qui le rend très chic grâce au pastel de Nicole Ventura.

    La Maudite de Valognes, titre ô combien annonciateur d'un roman noir, se nomme April, pétillante veuve (admirez comme le prénom est bien choisi : il apporte une bouffée de fraîcheur et trompe d'emblée le lecteur) ayant passé la quarantaine. Elle est affublée de ce surnom car elle collectionne les veuvages : trois ; cela commence à faire et les gens parlent... D'autant plus qu'April ne se refuse rien et joue encore de ses charmes. Mais un grain de sable va venir enrayer le bel engrenage. Quand le passé s'en mêle, ce n'est jamais positif !

    Avec ses pièces, Katia Verba avait déjà l'habitude de mettre en scène des intrigues solidement ficelées où humour et multiples rebondissements donnaient un rythme effréné. On retrouve ici ce savant alliage qui fait que l'on dévore ce livre en quelques heures.


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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 15/07/2014


    Hématome de Maud Mayeras

    Elle se réveille, endolorie, des douleurs dans le corps, une lumière aveuglante et des murmures qui lui parviennent. Que fait-elle ici? Et où est-elle? Un homme avec un bec de lièvre se penche vers elle et tente de la rassurer autant qu'il puisse le faire dans pareille situation. Elle s'appelle Emma, c'est ainsi qu'il s'est adressée à elle. Et il lui annonce de but en blanc qu'elle s'est faite violer puis tabasser dans la rue. Alors que lui venait d'être assommé, il n'a rien pu faire pour lui venir en aide. Un policier est venu prendre leurs dépositions mais aucun souvenir probant n'aurait pu l'aider à retrouver le malfaiteur. Au cours de l'interrogatoire, elle apprend de la bouche de son petit ami, Tuker, que son petit frère est mort, que sa mère s'est suicidée et qu'elle ne parle plus à son père depuis des années. Quel choc pour elle? Qui a-t-elle dans la vie à part cet homme au bec de lièvre qui semble fou amoureux d'elle? Bien vite, elle se rendra compte qu'elle a également perdu l'enfant qu'elle portait. Mais, bientôt, le retour à la maison et avec lui son lot de surprises. Un endroit qu'elle ne reconnaît pas, des objets étrangers et qui pourtant lui appartiennent. Quand des sons lui reviennent par bribes, des images soudaines telles des flashs la ramènent à son passé, Emma n'a qu'une idée en tête: savoir qui elle est, qui est cet homme auprès d'elle et pourquoi on s'en est pris à elle...

    Maud Mayeras a pris le parti d'employer une narration à la première personne du singulier. Dangereux quand la maîtrise n'est pas là mais palpitant quand c'est réussi. Le choc n'en est que plus violent. L'on se laisse entrainer par Emma et avec elle, l'on suit pas à pas le cheminement qui la conduit vers les siens mais surtout vers son passé. Ce roman habilement construit, avec des chapitres très courts qui apportent un rythme certain, où la pression monte au fil des pages, montre que Maud Mayeras a un certain don pour nous faire frissonner. La neige drue et le froid glacial créent une atmosphère sombre et oppressante. Le style est particulièrement nerveux, les passages aux descriptions plutôt glauques auraient de quoi en faire pâlir plus d'un et l'on suit avidement les plongées d'Emma dans sa mémoire. Maud Mayeras signait là son tout premier roman. Remarquable!

    Hématome... Hema-eue!...

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    • Livres 3.00/5
    Par marina53, le 16/07/2014


    Noir de Baru

    3 nouvelles de Baru, noires, cela va de soi..

    En ce soir de réveillon, l'on assiste encore une fois à l'allocution du président de la République. Pour éviter à nouveau les émeutes qui ont secoué le pays pendant ces deux dernières années, il interdit l'accès au centre-ville pour les banlieusards. Evidemment, cela risque de poser des problèmes puisque certains veulent profiter de cette soirée-là pour aller s'éclater. C'est le cas de Kent qui a décidé d'aller contre et à bas le règlement et sa couleur de peau, il compte bien s'y rendre. Faut-il encore pour cela avoir de l'essence dans le réservoir de sa voiture, une denrée très rare. Tous les moyens sont bons... Bonne année 2016!

    En 2047, le climat est encore pire. Les banlieues sont clairement devenues des territoires à part. Nicolas Sarkozy (encore lui!), devenu un véritable dictateur, fait régner sa propre loi. Les forces de l'ordre empêchent quiconque de s'infiltrer. Mais Julien, Kader ou encore Hocine voudraient bien réveillonner. Sans essence et sans capote, bien devenu encore plus rare et pourtant indispensable dans ce monde où le Sida frappe, la tâche risque de s'avérer compliquée...

    Enfin, une petite ballade irlandaise où l'on suit le parcours d'un groupe de rock connu. Le souci est qu'il est protestant et, en territoire catholique, cela fait des étincelles. Alors, quand l'amour entre deux clans vient s'immiscer alors que la guerre civile fait rage, nos jeunes tourtereaux vont bien avoir du mal à s'afficher au grand jour...

    Baru nous offre ici un recueil où il regroupe 3 de ses récits parus à la fin des années quatre-vingt dix. L'on se retrouve dans un futur post-apocalyptique où il ne semble pas faire bon vivre. Evidemment, le point commun est la noirceur du propos. L'avenir est loin d'être rose si l'on se fie à Baru. Ghettos, exclusion, essence et capote à prix d'or... tout est noir. Même l'amour semble inacessible. Ces 3 récits originaux et sombres manquent parfois de cohérence mais le trait noir, enragé et engagé de Baru leur donne une toute autre dimension.

    Noir.. c'est noir...

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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 21/07/2014


    Une fille comme les autres de Jack Ketchum

    C'est au bord de la rivière que David, 12 ans, rencontra pour la première fois Meg, la plus jolie fille qu'il ait jamais vue. Alors qu'il pêchait des écrevisses près du Gros Rocher, elle s'est approchée de lui pour voir ce qu'il faisait. Elle lui a souri, il le lui a rendu. Elle lui a appris qu'elle venait d'emménager chez Ruth, avec sa sœur Susan. Quelle heureuse nouvelle pour ce jeune garçon. Ruth est la maman de Donny, Willie et Woofer, ses amis. Bien qu'aigrie par les hommes, un brin rustre, elle était appréciée de tous les enfants du quartier de par son humour et les bières qu'elle offrait en douce aux garçons. Il y allait souvent et était content de savoir qu'ils allaient pouvoir se revoir. Ce n'est qu'après, alors qu'il avait aperçu une grande cicatrice sur le bras de la jeune fille, qu'il apprit qu'elle avait échappé à un accident de la route qui avait coûté la vie à ses parents. Sa soeur a eu beaucoup moins de chance qu'elle: elle avait des prothèses qui l'aidaient à marcher. Mais, l'été approchait, la chaleur était déjà là, la fête foraine commençait à installer ses manèges, nul doute que David, déjà amoureux de la jolie Meg, espérait passer de belles vacances. Mais, bientôt, il se rend compte de l'étrange attitude de Ruth et des garçons. D'autant plus que Meg se plaint auprès de lui et ne semble pas trop à son aise. Sans trop savoir comment réagir ni qui croire, le jeune garçon ne fait rien et n'en parle à personne...

    Stephen King qualifie ce polar d'"oeuvre brillante" dans la préface, rien que ça. Il est certain que Jack Ketchum a un don pour nous plonger dans une violence palpable, insoutenable et gratuite. Une entrée en matière somme toute banale: l'été, les amis, une nouvelle voisine charmante. Mais, bien vite, David commence à se poser des questions sur le comportement de ses voisins. Le malaise s'installe progressivement, quelques éléments nous font penser que cette famille n'est pas tout à fait normale. Et la violence des actes, des propos tenus nous explosent en pleine figure. Le climat est malsain à souhait, oppressant et effrayant. L'on garde espoir, l'on espère que David ne restera pas seulement témoin des ces actes barbares mais que faire, que dire, quoi penser quand c'est un adulte qui permet de telles choses? Avec ce roman intelligemment construit, où les non-dits sont tout aussi terrifiants que les actes eux-mêmes, l'auteur nous livre un roman tragique dans lequel, à l'instar de David, l'on reste fasciné et révulsé. Inspiré d'un fait divers qui s'est déroulé dans le Midwest en 1965, cette fille comme les autres n'en restera pas une.

    Une fille comme les autres... pas vraiment...

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 12/07/2014


    Intégrale auto bio de Cyril Pedrosa

    Cyril Pedrosa, en simple citoyen engagé, attire avec humour notre attention sur beaucoup de questions qui parsèment notre quotidien. Cette bande dessinée est une compilation de planches publiées initialement dans Fluide Glacial, puis regroupées par la suite en deux volumes, lesquels deux volumes sont recyclés et compactés ici en un seul volume.

    Il y a de nombreuses choses à dire sur ce livre, à commencer par le style graphique de l'auteur. Personnellement, j'adore son trait, à la fois " croquis " et très sophistiqué. Le dessin, parfois minimaliste parfois fourmillant de détails très fins et très finement observés, est toujours juste et constant.

    On sent une grande maîtrise et ça fait plaisir de voir un dessinateur qui sait dessiner (c'est devenu rare par les temps qui courent), sans erreur de proportion, sans approximation graphique. Il est également palpable que l'auteur est passé par l'animation car il possède une grande aisance dans la façon de faire bouger ses personnages. Le dessin au trait est mis en relief par un camaïeu de verts tendres, écologie oblige.

    À certains égards, j'aurais tendance à rapprocher son style de celui du Québécois Michel Rabagliati qui lui aussi excelle dans l'art du détail et de l'autobiographie. Transition toute trouvée pour aborder un second aspect de l'ouvrage : l'autobiographie.

    Cyril Pedrosa a choisi un angle autobiographique original en nous parlant de ce qui constitue une partie importante de son quotidien : son engagement écologiste et solidaire pour un monde durable.

    C'est avec beaucoup d'humour et de la distanciation qu'il nous rapporte les mille et une galères, les mille et une contradictions que doivent essuyer ceux d'entre nous qui veulent avoir un comportement citoyen responsable, en consommant local, en consommant bio, en maîtrisant leurs dépenses énergétiques et en tentant d'enrayer la spirale continue de la société de (sur)consommation.

    Je me suis reconnue dans les situations décrites et à beaucoup d'égards, j'ai le même engagement et parfois... les mêmes déconvenues. Mais, au-delà des anecdotes cocasses et ludiques, il y a aussi une vrai question philosophique, un vrai choix de vie, un vrai enjeu global dont nous sommes tous responsables.

    Il ne nous cache pas les contradictions qu'engendrent cette vision de la vie avec le désir de vivre dans un certain confort et avec une ouverture culturelle. Ne serait-ce que le désir de voyager et de connaître autre chose que son petit nombril qui se heurte fatalement à un problème de pollution via les transports.

    Manger bio, très bien, mais c'est aussi une gageure au quotidien et ça vous coûte un bras. Sans compter l'inévitable étiquette sociale qu'on vous colle sur le front : " ÉCOLO ", " BOBO ", " EMMERDEUR ", etc. Bref, ce n'est pas simple, ça demande beaucoup d'énergie et de sacrifices jour après jour et l'on a une furieuse impression soit de se couper d'une grande partie de l'humanité soit d'être une mouture moderne et encore plus ridicule de Don Quichotte. Mine de rien, être écolo, vraiment écolo, ça demande une sacrée force de caractère pour souvent beaucoup de déconvenues.

    Et c'est tout ça qu'exprime très bien Cyril Pedrosa, avec un axe très fort sur la cellule familiale, transmettre des valeurs et des idées à ses enfants sans que ceux-ci se fassent stigmatiser à l'école, etc. Et encore, on peut dire que l'auteur évite l'une des principales anicroches qui peuvent se faire jour : celle de l'incompréhension entre conjoints (j'en connais un rayon sur ce thème) car lui et sa femme sont plus ou moins sur la même longueur d'onde. Cependant, même d'accords entre eux, les seules différences de " degré " d'implication écologique peuvent créer de petits heurts qu'il illustre fort bien.

    Il me faut maintenant dire quelques mots de l'objet livre. C'est tout d'abord une couverture très sympa sur un épais carton bis recyclé, laquelle non blancheur du support permet des rehauts de blanc très réussis. L'ensemble de l'ouvrage a été réalisé dans un soucis de qualité et de respect écologique évident, en phase avec le propos, ce sur quoi l'une des planches nous avertit et ne se fait pas d'illusion quant à la portée.

    D'une façon générale, ce livre est vraiment une réussite et je tiens premièrement à féliciter Fluide Glacial et deuxièmement à remercier chaleureusement Fluide Glacial pour son aimable envoi dans le cadre de Masse Critique, ainsi que Babelio, le grand dispensateur d'ouvrages. J'aimerais toutefois émettre deux seuls bémols, l'un pour l'éditeur et l'autre pour l'auteur.

    Concernant l'éditeur, bien que le format du livre ne soit pas petit (planches de 20 x 25,5 cm), le format des dessins a été réduit par rapport à la taille originale et l'on perd tant en lisibilité qu'en détails sur le dessin. C'est un peu gênant à la lecture.

    Concernant l'auteur, la quantité de jurons par mètre carré est légèrement au-dessus du taux communément admis entre gens socialement responsables. On peut mettre ça sur le compte du fait que le texte est garanti bio et sans traitement ce qui explique la recrudescence de mauvaises herbes langagières...

    En guise de conclusion, une vraie bonne BD, 90 pages sympas, divertissantes et avec beaucoup plus d'épaisseur qu'il y paraît à première vue, une incitation à la réflexion sociale et à examiner nos choix de vie. Mais ce n'est bien évidemment que mon avis, avec présence possible de parasites car brut et non traité, c'est-à-dire, pas grand-chose.

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    • Livres 0.00/5
    Par PiertyM, le 09/07/2014


    Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

    Mrs C raconte à notre narrateur un troublant épisode de sa vie, une bouleversante histoire qu'elle a connu il y a plus de vingt de cela, une histoire qui n'a duré que vingt-quatre heures donc un jour...mais qui n'a jamais cessé de peser dans sa mémoire...

    En effet, en ce laps de temps, madame C a connu des plus fortes émotions qui n'ont jamais cessé de hanter sa vie. Vingt-quatre d'une vie qui pour d'autres, il aurait fallu plus de dix ans pour faire émouvoir des sensations auxquelles elle a été sujette. Si bien qu'elle a conservé bien au chaud cette histoire à rester longtemps bouche bée...

    Pour une première fois, elle livre son secret à notre narrateur. Elle lui relate cette histoire qui a perturbé sa conscience, troublé la tranquillité de son âme, une histoire d'amour d'un seul jour...un seul jour où on a aimé passionnellement à l'allure d'une victime de la flèche de cupidon qu'on parlerait de coup de foudre...

    En même temps, toujours dans ce laps de temps de vingt-quatre heures, elle connait aussi une terrible déception...lé débit impeccable par lequel est né cet amour est le même par lequel cet amour va se volatiliser...

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 17/07/2014


    Le premier été de Anne-Marie Percin

    Le mois d'août tire à sa fin. Sur la route qui la mène vers la maison de ses grands-parents, Catherine a un léger pincement au cœur. Elle a laissé de côté depuis quinze ans cet endroit, s'est mise à l'écart de sa famille, de sa sœur surtout. Depuis cet été-là, l'été de ses 16 ans...
    Parce que leur grand-mère est décédée et qu'il faut maintenant vider la maison, Catherine et sa sœur aînée, Angélique, sont venues y passer quelques jours. Seules, le mari de cette dernière n'a pas tenu à l'accompagner. C'est dans cette maison qu'elle passait leurs vacances estivales, avec Pépé et Mémé. Maintenant qu'il faut trier, vider et jeter, ce sont tous les souvenirs pleins de poussière qui s'envolent et avec eux, cette envie de raconter à sa sœur aînée ce qui s'est passé. Lui révéler le drame qui s'est joué et dont elle n'est pas tout à fait responsable...
    C'était le mois d'août, les deux sœurs avaient fait connaissance avec les jeunes de la colonie de vacances. Les sorties à la piscine, les boums organisées, les flirts rythmeront ces vacances qui seront marquées par la fin de l'adolescence et de l'innocence...

    Deux sœurs adolescentes, une colonie de vacances qui a pris ses quartiers dans le village, les garçons pour qui elles se prennent d'affection et au milieu de tout ça, un drame. Catherine ne semble pas encore remise de tout ça et pourtant, comme pour se délivrer, lui enlever un poids, se convaincre qu'elle n'est sûrement pas la seule responsable, elle prend la parole dans ce roman où elle explique tout à son aînée. L'on est transporté dans cette déclaration tant on redoute ce qui s'est passé et ce qui a amené la jeune femme à couper les ponts avec ce village et sa famille. Elle ne peut s'empêcher de se comparer avec sa sœur tout au long du roman, cette sœur insouciante, frivole, tellement sûre d'elle-même et qui, à ses yeux, a réussi dans la vie. Anne Percin nous livre les émois de Catherine dans ce roman empli d'une poésie certaine et d'une grande sensibilité. L'on est plongé dans un monde d'insouciance et de fragilité pour tendre progressivement vers un monde plus acidulé et cruel. D'une écriture délicate et sensible, ce récit d'une grande justesse au ton mélancolique et doux-amer nous plonge dans les tourments de l'adolescence.

    Le premier été... un dernier souvenir...

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