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Critiques les plus appréciées

Claude Gueux
Nastasia-B20 juillet 2016
Claude Gueux de Victor Hugo
  • Livres 4.00/5
Voltaire avait versé dans le conte philosophique ; Hugo, lui, verse plus volontiers dans le conte politique, la plaidoirie grandiloquente et parfois larmoyante. Mais le but était le même pour les deux hommes : utiliser tous les ressorts de leur plume pour faire évoluer la société dans laquelle ils vivaient.



On trouve déjà dans Claude Gueux les prémices de Jean Valjean, mais aussi des avatars distordus de Bug-Jargal ou de Claude Frollo. Victor Hugo a pris le soin de le prénommer Claude, c'est-à-dire, selon l'étymologie latine " qui boite ". Le même mot est à l'origine des mots clochard ou claudiquer. Quant au patronyme Gueux, il n'est nul besoin, je pense, de l'expliciter davantage.



Voilà, le cadre est posé : le héros est un miséreux, un nécessiteux. Que fait la société pour le secourir : rien. Que fait la société s'il dévie moindrement de son sillon d'aisance : elle l'incarcère. Que fait la société lorsqu'il subit l'injustice : rien. Que fait la société lorsqu'il se fait justice lui-même : elle lui tranche la gorge.



C'est schématique, c'est très simple, c'est caricatural mais c'est efficace. On n'est pas si éloigné, somme toute, de L'Étranger de Camus, à la différence près que Victor Hugo rend son Claude Gueux attachant et qu'il est un " bon " sujet qui a été " contraint " de mal agir, ce qui n'était pas le cas de Meursault. Pour le reste, tout est très proche, à savoir que la réponse de la société est inadaptée aux dérèglements qu'elle prétend soigner ou éradiquer : la peine de mort ne résout rien.



Hugo met en avant le rôle capital de l'éducation dans le processus d'amendement social qu'il envisage et suggère de modifier considérablement son système répressif. J'adhère forcément à ce volet de l'argumentaire.



En revanche, je ne me reconnais pas du tout dans la nécessité mystique ou religieuse qu'il envisage comme palliatif pour apaiser les malheurs du petit peuple afin d'accepter sa condition de pauvre comparativement à la minorité riche. L'opium du peuple, en somme.



Je ne peux pas adhérer car il y a un syllogisme là-dedans : comment un peuple éduqué pourrait-il trouver le moindre réconfort dans la religion qui prescrit, justement, de ne pas se poser de question et de croire au surnaturel, en la justice et en la toute puissance de son seigneur et sauveur ?



La religion fonctionne d'autant mieux que le peuple est moins éduqué. Sitôt qu'il s'éduque, la religion décline. Donc, non, je ne vous suis pas là-dessus, cher Victor, mais je vous pardonne, vous avez mon absolution, Inch Allah.



Bref, un ouvrage très court, idéal pour l'étude en fin de collège ou au lycée, mais pas non plus de très haute volée sur le plan de la réflexion philosophique et politique. En outre, ce n'est qu'un gueux d'avis, un claudiquant d'avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Passion simple
Nastasia-B13 juillet 2016
Passion simple de Annie Ernaux
  • Livres 2.00/5
Pendant toute ma lecture de Passion Simple d'Annie Ernaux, je me suis dit que cela ferait un épisode croustillant des Boloss des Belles Lettres. J'imagine des formules taillées au sécateur dans les buissons foisonnants des métaphores argotiques. Quelque chose dans le genre :



« C'est l'histoire d'une bourgeoise qui s'est fait motoculter par un alien venu de l'est. Le hussard, il lui a fait le coup de l'Orient-Express par-dessus le mur de Berlin en misant sûrement tout sur son cierge, mais la pouliche, elle le kiffait tellement grave qu'elle en mouillait ses serviettes Tena rien qu'à se remater le making of.



La meuf elle est plus trop fraîche, tu vois, du genre date limite courte, et elle se tape des soirées bridge avec des as de la cafetière, des mannequins qui chauffent du bulbe mais pas trop de la braguette. Or voilà qu'elle est tombée sur un James Bond roumain, tchèque ou ruskof — on sait pas trop — avec la devanture d'Alain Delon dans Les Aventuriers.



Ça l'a fait chavirer la gonz, tu penses bien, en plus il est pas de la même promo qu'elle, facile dix rouleaux de moins dans l'almanach, et même s'il siphonne autant que Boris Eltsine, il pète la calamine façon Pop'eye, il est sapé Armani et il se la joue BMW. Toutes les bergères le passent aux rayons X et voudraient bien se faire presser le pamplemousse mais lui il préfère la vioc pour le changer de sa routinière.



La nana avec son bic et ses crayons de rimmel, elle se doute bien qu'il finira par lui lâcher le compotier un jour ou l'autre, mais elle se projette pas trop dans son planning. Alors, entre deux petits coups de polish, elle carpe diem tout son flouze dans les boutiques Nelcha, elle champollionne des mots croisés en regardant Roland Garros ou se fait tirer la courte paille dans l'horoscope du Figaro madame. » Etc., etc.



Bref, nul besoin de pousser plus loin la contrefaçon. Tout ceci pour dire que j'ai eu la sensation qu'Annie Ernaux s'écoute penser et se regarde écrire, en nous contant une amourette de midinette à l'âge de la ménopause.



Elle est tombée amoureuse ? Ouais, pas banal. C'était juste pour le cul ? Ouais, pas banal non plus. Elle y repensait tout le temps et n'arrivait pas à faire autre chose au début ? Ah, c'est original. À vue de nez, il ne doit pas y avoir plus de trois milliards de femmes en ce moment dans le monde qui ont vécu des choses comme ça mais en mieux.



Bon, mais c'est vrai que c'est très, très bien écrit… euh… qu'est-ce que je raconte moi ?… euh… bah, non… c'est toujours son écriture plate, quoi. Donc, si vous aimez bien ce style, vous aimerez encore celui-ci mais si comme moi vous n'aimez pas… enfin, vous m'avez compris.



En somme, pour moi, une lecture d'un vibrant manque d'intérêt mais, comme je le dis toujours, ceci n'est que mon simple avis sans passion, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Le monde s'effondre
Nastasia-B15 juillet 2016
Le monde s'effondre de Chinua Achebe
  • Livres 5.00/5
Le Monde S'Effondre est la première traduction française (épuisée) du fantastique roman de Chinua Achebe, désormais disponible dans une nouvelle traduction chez Actes Sud intitulée Tout S'Effondre.



Il n'est pas si fréquent que je me laisse aller à un extraordinaire enthousiasme, mais là, là, il faut bien reconnaître que c'est un très, très grand livre, de l'ordre de l'exception. Par siècle, très peu d'endroits du monde sont capables de produire un livre comme celui-ci, car il faut une conjoncture d'événements particulière, et parmi ces endroits, encore faut-il avoir la chance d'avoir un Chinua Achebe sous la main.



Par exemple, nous autres Français, aussi orgueilleux que nous puissions être de notre littérature et de son histoire, nous ne pouvons pas nous targuer d'un Chinua Achebe. Les Islandais le peuvent, éventuellement les Grecs et les Italiens le peuvent, et encore, c'est assez discutable pour ces deux derniers, mais nous, non. Les Anglais, les Allemands ou les Espagnols non plus.



Comment vous dire ? Pour avoir un Chinua Achebe en France, il aurait fallu que la conquête des peuples gaulois par les Romains nous ait été décrite dans un récit riche et structuré par un écrivain du cru, un Éduen, un Arverne ou un Rème, par exemple. Il aurait fallu qu'il nous décrive de l'intérieur ce qu'était la (les) société(s) gauloise(s) et comment s'est effectuée la conquête, étape par étape. Là, nous aurions eu un Chinua Achebe, mais tel n'est malheureusement pas le cas.



Oui, en fait, le seul livre tant soit peu comparable que je connaisse est la Saga de Njáll le Brûlé, l'une des sagas islandaises du Moyen Âge qui nous conte l'implantation du christianisme en Islande et de la perturbation que cela a causé dans toute la société d'alors. Elle aussi avait son héros, c'était Gunnar en Islande, c'est Okonkwo au Nigéria. D'ailleurs, ces deux-là ont un destin très similaire.



Waouh ! J'ai peine à le croire tellement c'est fort. Quel témoignage ethnologique exceptionnel ! Merci monsieur Achebe d'avoir sauvé de l'oubli dès 1958 — c'est-à-dire avant l'indépendance du Nigéria — toute cette culture, toute cette tradition aujourd'hui disparue pour l'ethnie des Igbos.



Imaginez si nous avions un livre qui nous parlait de la société néolithique qui a élevé les menhirs de Carnac, imaginez si nous avions un témoignage écrit du mode de vie à l'époque des pèlerinages de Stonehenge. Imaginez le bonheur que serait le fait de pouvoir lire de la main d'un Aztèque l'arrivée des Espagnols ou bien l'implantation de l'Islam en Asie centrale vue par un Ouzbek d'alors. Eh bien c'est ça qu'il nous offre, rien de moins. Ça et, évidemment, comment cela s'est terminé, d'où son titre.



Il existe un proverbe africain qui colle merveilleusement au propos du livre et qui m'évoque immanquablement La Guerre Des Gaules de César : « Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, l'histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur. »



Nous suivons donc le destin d'un homme au caractère bien trempé, Okonkwo, un homme qui a envie de s'élever dans son clan et qui est attaché à la tradition des ancêtres. Dans la première partie, l'écrivain nous dresse le tableau de cette société traditionnelle disparue et, ce qui est remarquable, sans angélisme aucun. Il montre tant ses bons que ses mauvais aspects. Il n'hésite pas, par exemple, à nous montrer le rituel d'un sacrifice humain en réponse à de supposés oracles, exactement comme ils devaient se dérouler en Europe au néolithique et à l'Antiquité.



C'est un tableau vivant est d'une richesse rare. Les parties deux et trois font le récit de l'implantation progressive des blancs, via la religion et les missionnaires dans un premier temps, mais aussi et surtout, par son bras armé ensuite.



Chinua Achebe, montre, démontre ou remontre s'il était besoin, que la religion — tout au moins les grandes religions monothéistes encore dominantes de nos jours — sont et ont toujours été des éléments de pouvoir et de soumission. Depuis l'empereur Constantin c'est particulièrement vrai de la religion chrétienne.



Christopher Marlowe, un témoin d'époque, n'en pense pas moins au moment des guerres de religion du XVIème siècle en France. La radicalisation religieuse que nous vivons en ce moment n'en est qu'un autre et énième avatar.



Bref, j'ai adoré m'imprégner de la culture de l'igname, du mode de pensée et des structures claniques, avec leur fonctionnement propre qui, je me répète, me rappellent énormément le fonctionnement social de l'Islande pré-chrétienne.



Oui, c'est donc un immense coup de coeur que ce le Monde S'Effondre, un livre d'une rare valeur. Mais bien sûr, ce n'est que mon avis, c'est-à-dire très peu de chose.
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La montagne de minuit
Nastasia-B19 juillet 2016
La montagne de minuit de Jean-Marie Blas de Roblès
  • Livres 3.00/5
Quel dommage ! Voilà un roman qui était en passe de me réconcilier moindrement avec la littérature française contemporaine, bien écrit, pas nombriliste, et… qui se prend les pieds dans le tapis au dernier virage.



Voilà un petit livre couvrant vingt chapitres plus un épilogue ; voilà un livre que j'ai trouvé bien senti et intéressant jusqu'au chapitre 16 inclus. Mais qu'est-il allé faire dans cette galère à partir du chapitre 17 ! Quel tripatouillage, quel sac de noeuds, quel embrouillamini, quel plombage !



Du coup, je reste sur une mauvaise impression alors que j'ai pensé pendant les 4/5èmes de l'ouvrage qu'elle allait être bonne.



On sent que l'auteur a des références et aime à les faire émerger. Comme le titre La Montagne Magique était déjà pris, il s'est rabattu sur La Montagne de Minuit en y injectant un p'tit coup de Sept Ans au Tibet.



Elle était très bien cette histoire d'un vieux gardien de lycée amoureux du Tibet et des traditions qui s'y rattachent. Elle était très bien cette jeune historienne qui essayait d'aller au-delà des préjugés.



Bon, j'étais moins convaincue par l'espèce de mise en abîme du fils extirpant les souvenirs de sa mère pour en retisser une narration, mais peu importe, tout fonctionnait bien et l'on s'attachait bien au vieux bonhomme mystique.



Mais qu'est-ce qu'il avait besoin d'aller nous rouler cela dans la mélasse à grand renfort de passé nazi et de résistance et de suicide. C'est trop. Trop gros, trop téléphoné et la mort qui coïncide au survol de Berlin, Pouah ! ça fait trop, stop !



Là où il y aurait pu y avoir un bon roman, il y a maintenant un truc gentillet et bienpensant, abracadabrant et qui peine à retomber sur ses pattes. Une fin qu'il s'échine à trouver en ahanant et en voulant à tout prix essayer d'y greffer des " messages " ou supposés tels. Bref, c'est vraiment dommage.



Toutefois, c'est un auteur dont j'ai apprécié la plume et j'irai lire son roman précédent en espérant qu'il ne souffre pas des mêmes travers et qu'il ne s'embourbe pas à la fin dans la bienpensance comme je le déplore ici.



Bien entendu, ce que j'exprime ici n'est que le reflet de ma sensibilité et de ma subjectivité, en aucun cas une vérité. Ce n'est qu'un avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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L'École des Fées
Nastasia-B22 juillet 2016
L'École des Fées de Sophie Mullenheim (de)
  • Livres 3.00/5
Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler en bien d'un mauvais livre, de voir la coupe à moitié pleine et non à moitié vide. Mauvais, il l'est indéniablement : illustrations, texte, histoire, tout est plat et convenu. Tout est du repompage intégral de formules (magiques ?) qui ont marché ailleurs.



On puise abondamment dans Harry Potter, dans Merlin l'Enchanteur, dans la Fée Clochette et tout un tas d'autres poncifs. Pourtant, j'aurais tort, vous auriez tort de fustiger un tel ramassis de créations des autres. Molière ne faisait pas autre chose, il repiquait tout ce qui marchait à droite à gauche, des scénarios, des tirades, des mises en scène, des costumes. On dit même maintenant " La langue de Molière " alors qu'il se classerait sans problème n°1 au grand concours du plagiat d'or s'il était organisé.



En somme, qu'y a-t-il dans cette École Des Fées ? Rien moins que l'air du temps emprisonné dans une bouteille. C'est un album affreusement commercial mais qui fait une synthèse admirable de tout ce qui séduit les petites filles (car j'ai la faiblesse de croire que l'ouvrage se destine principalement aux petites filles, autre poncif, s'il en est) en ce début de XXIème siècle dans le monde dit " occidental ".



D'ailleurs, vous le présentez à n'importe quelle petite fille lambda et elle s'y sent tout de suite chez elle. C'est tellement non typé que vous ne risquez absolument aucune mauvaise surprise, aucune chance de rejet. J'ai essayé avec ma fille et elle l'a absorbé béatement. J'ai essayé avec plusieurs autres, même réaction. C'est un peu comme de sortir un pot de Nutella, il y a un tel niveau de perfection dans le dosage du sucré et du huileux que ça ne peut que convenir aux palais encore tendres.



Donc, pour revenir au livre, ce n'est pas bon, il n'y a pas un pet d'originalité à aucun niveau mais ça fonctionne admirablement parce que c'est un condensé de l'époque dans laquelle nous faisons éclore les " rêves " des petites filles. Bien évidemment c'est de la connerie et ça ne fonctionnera plus aussi efficacement dans trente ou cinquante ans mais il y a là un révélateur sociétal indéniable.



Une partie de moi-même me somme de mettre illico ce livre à la poubelle mais une autre partie de moi-même me donne l'injonction, au contraire, de laisser ma fille s'y baigner sans réfléchir, tout simplement pour lui permettre d'être en phase avec son époque, de développer une culture commune avec les petites filles qu'elle côtoie. (Je vous accorde que le mot " culture " est peut-être un peu fort dans ce cas précis, mais il faut bien lui donner un nom.)



Jeune, j'ai regardé ou lu des tas de choses débiles qui n'avaient absolument aucun intérêt pour la personne que j'étais appelée à devenir mais qui m'ont tout de même permis de développer un fond d'expériences vécues commun avec mes contemporaines. C'est en ce sens que je trouve que ce livre peut avoir un intérêt.



Est-il bien nécessaire que je vous parle de l'histoire ? Bon, si vous voulez. Une petite fille arrive à l'école des fées, c'est son premier jour, elle expérimente des sortilèges et artifices magiques. Elle fait également la rencontre de sa super future copine fée. Elle découvre un gros grimoire contenant toutes les formules magiques of the world. Et elle fait même ses premières petites bêtises magiques avec sa copine, oups ! Et même que grâce à ses nouveaux pouvoirs de fée, elle peut river le bec de son frère, ouh là, ça c'est le top du top. Elles en redemandent les gamines…



Bref, plus commercial tu meurs (vous étonnerai-je si je vous signale que " l'auteure " a fait des études de commerce et que son ambition à l'origine était de faire du marketing dans l'édition ?) le genre de livre idéal pour être vendu en tête de gondole au supermarché, mais est-ce si grave ? Il a au moins le mérite de montrer que les livres ont de la valeur… Et puis après tout, ce n'est que mon avis de vilaine sorcière, c'est-à-dire pas grand chose.
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Six jours
marina5312 juillet 2016
Six jours de Ryan Gattis
  • Livres 5.00/5
Six jours que dura l'émeute. Six jours que la population mit Los Angeles à feu et à sang à cause de l'acquittement des 4 policiers coupables d'avoir passé à tabac Rodney King. Six jours que la ville s'embrasait. Les policiers et les pompiers tentent, tant bien que mal, de faire régner l'ordre. C'était sans compter que le secteur de Lynwood, à l'est de la ville, allait être le théâtre de règlements de compte entre gangs rivaux.

Tout commence par le meurtre d'Ernesto, pourtant non impliqué dans les gangs. Sa soeur, Payasa, voudra à tout prix venger ce meurtre gratuit et d'une violence inouïe. Ce jeune homme aura simplement payé pour son frère, Ray, lui-même salement impliqué dans un meurtre...



Ryan Gattis nous plonge en plein coeur de L.A. Ville meurtrie et mise à mal. Alors que les policiers coupables d'avoir tabassé, en pleine rue, en mars 1991, Rodney King, citoyen noir américain, sont innocentés, c'est toute une population qui s'insurge et réclame justice. Pendant ces émeutes, qui ont duré six jours à partir du 29 avril 1992, nombre de concitoyens américains ont décidé d'en profiter pour régler leurs propres comptes. Chaque protagoniste, 17 au total, qu'il soit impliqué directement ou indirectement, prendra la parole. À tour de rôle, au cours de ces six jours, on les écoute nous raconter avec froideur parfois, tristesse, résignation, colère ou encore violence tous ces faits. 17 personnages qui semblent fatalement liés. Ryan Gattis nous offre un roman choral puissant, cru et violent. Une plongée en apnée féroce, effrayante et saisissante au coeur d'une ville livrée à elle-même. Des descriptions d'une triste réalité et qui, pourtant, nous semblent irréelles. Un roman social porté par une écriture très précise et nerveuse.
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Enfants de nazis
ClaireG16 juillet 2016
Enfants de nazis de Tania Crasnianski
  • Livres 4.00/5
Comment le poids du passé peut-il altérer ou non des vies familiales ? Les enfants des criminels du IIIe Reich ont-ils le recul nécessaire pour juger des actes de leurs pères ? Si oui, peuvent-ils continuer à les aimer, à porter leur nom, à vivre dans des souvenirs heureux ou, au contraire, peuvent-ils les condamner et rejeter la culpabilité ?



Ce sont quelques-unes des questions posées par Tania Crasnianski, avocate pénaliste, sur le sort réservé aux enfants de huit dignitaires nazis les plus proches d'Hitler. L'auteure a eu l'idée de se pencher sur le sort de ces enfants lorsqu'elle apprit que le petit-neveu d'Herman Göring s'était converti au judaïsme et que le fils de Martin Bormann, secrétaire personnel et bras droit d'Hitler, qui abominait l'Eglise catholique, était devenu prêtre.



Pratiquement tous ces enfants vivaient heureux et choyés dans de luxueuses villas éparpillées dans l'Obersalzberg (Bavière), montagne ultrasécurisée où le Führer rassemblait ses fidèles sujets. Ils jouaient comme tous les enfants du monde, ignorant tout de la guerre et surtout du rôle joué par leurs parents.



En mai 1945, un cyclone s'abat sur eux. Ils ont entre un et quinze ans. Plus de jouets rutilants, plus de domestiques, plus de nourriture abondante, plus de chambres séparées, tout est confisqué, ils sont chassés et doivent occuper de tout petits logements où leur mère est arrêtée et emprisonnée. Dès lors, comment grandir dans de bonnes conditions lorsque des directeurs d'école refusent leur inscription, lorsque plus tard, des employeurs leur ferment leur porte à cause du nom maudit qu'ils portent, lorsque régulièrement ils subissent l'opprobre des populations, lorsque la misère, la honte, la déchéance ou la solitude s'empare de leurs vies ?



Nombreux parmi ces hommes machiavéliques semblent avoir été des modèles de pères et plus les enfants ont été aimés, plus ils voudront garder le souvenir intact et lisse, niant ainsi les exactions de leur géniteur. C'est le cas des filles uniques de Himmler (zélateur de la solution finale) et Göring (ministre de l'Aviation et maréchal du Reich). Toutes deux gardent une adoration pour leur père et une adhésion à leur idéologie.



Le livre relate, sans aucun jugement, ce que Hannah Arendt a appelé la banalité du mal : pour être parmi les pires criminels de l'Histoire, il n'est pas nécessaire de l'être aussi à la maison. Tous les enfants ont gardé le nom de leur père et ont continué/continuent à vivre en Allemagne, sauf le fils de Joseph Mengele, le médecin tortionnaire d'Auschwitz, qui a pris, sur le tard, le nom de son épouse pour ne pas infliger le poids du passé à ses enfants.



Tania Crasnianski tente d'analyser les divers comportements qu'ont eus les enfants des lieutenants d'Hitler. Entre la détestation de Niklas Frank envers son père Hans, gouverneur cupide de la Pologne, et l'adulation de Gudrun Himmler, il y a d'autres réactions : celle d'Edda Göring qui lutte depuis toujours pour réhabiliter son père. Comme Wolf Rüdiger Hess, dont le père, favori d'Hitler, a voulu, seul, faire la paix avec les Britanniques et a été emprisonné durant toute la guerre. Les enfants de Rudolf Höss, commandant d'Auschwitz dénué de morale et exécutant purement et simplement les ordres, ont émigré au fil du temps, après avoir vécu dans le déni ou la minoration du rôle de leur père. Les enfants d'Albert Speer, architecte d'Hitler et nazi de la première à la dernière heure, ont connu la déception absolue lorsque leur père a refusé leur visite à la prison de Spandau. Il n'a jamais voulu répondre aux questions de ses enfants. Son fils aîné, Albert Speer Jr, est un architecte de renom. le parcours de Rolf Mengele est différent en ce sens qu'il croyait son père mort. Il n'a appris qu'à seize ans que celui qu'il prenait pour son oncle était, en fait, son père et se terrait en Amérique du Sud où il a fini par retrouver ce héros tant vanté par sa mère, dépressif et rongé par la peur d'être retrouvé. Jamais Mengele n'a exprimé le moindre remords face à ses abominations et resta fidèle à ses idéaux. Il n'eut jamais à répondre de ses actes.



Si les psychiatres n'ont jamais pu déterminer une personnalité commune aux criminels nazis, ils leur reconnaissent cependant des points communs : aucune empathie et une mémoire défaillante qui impliquerait remords et regrets. Leur point de vue et leur fanatisme sont leur seule morale.



Très bien documenté et expliqué, cet essai pose les questions essentielles à propos de la responsabilité des parents et de la culpabilité dont pourraient hériter les descendants de nazis. La première génération a vécu sous le choc des révélations, de héros les pères sont devenus des bourreaux haïs à jamais ; la suivante a le recul nécessaire en raison de l'éloignement d'avec les parias de leur famille. Pas de réponse définitive, bien sûr, mais des pistes de réflexion personnelle pour chacun.



Tania Crasnianski estime qu'il est important d'apprendre aux enfants d'aujourd'hui cette période de l'Histoire pour qu'ils comprennent comment et pourquoi l'horreur absolue a pu exister, ce qui ne signifie en aucun cas justifier ou adhérer à l'une quelconque des thèses du nazisme.

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Rebecca
latina25 juillet 2016
Rebecca de Daphne Du Maurier
  • Livres 5.00/5
Yes !



Moi qui me disais que Daphné du Maurier, c’était une auteure pour lectorat féminin (avec tous les sous-entendus que cela implique, et je vous laisse y réfléchir) donc que je ne la lirais jamais (oui, je suis une femme, mais le lectorat exclusivement féminin...je n’en dis pas plus)...

Et puis, une, deux, trois lectrices m’ont parlé de ce roman, et je me suis laissé tenter. Après tout, Hitchcock en a fait un film en 1940, et ce n’est pas une femme, à ce que je sache. Il parait d’ailleurs que son film est angoissant à souhait (je viens d’aller voir la bande-annonce...cucul la praline, donc ne vous y fiez pas !).



Donc, je reprends, car je me rends compte que je me perds, comme se perdait la toute jeune narratrice et héroïne dans Manderley, le domaine immense de son mari. Un manoir immense, des couloirs immenses, un parc immense entouré de bois, et la mer immense, là tout près.

Nous sommes dans la campagne anglaise, 1ere moitié du 20e siècle. Une société de castes, où les riches, dont fait évidemment partie Maxim de Winter, n’ont rien d’autre à faire qu’administrer leurs biens, prendre le thé selon un cérémonial immuable, recevoir leurs voisins et amis, organiser des réceptions très codées.

Notre toute jeune narratrice, ancienne dame de compagnie d’une vieille Américaine snob, rencontre par hasard ce Maxim de Winter à Monte-Carlo, et la romance peut commencer.



Stop !

Romance, oui, peut-être, mais relatée avec toutes les nuances psychologiques d’une Charlotte Brontë dans « Jane Eyre ». Car le beau et riche mari a été marié une première fois, et sa femme Rebecca, femme belle, intelligente, éduquée, est morte noyée quelques mois auparavant...Je vous laisse deviner les tourments dans lesquels est plongée la nouvelle jeune mariée, d’autant plus qu’elle est obligée de composer avec une gouvernante revêche et même plus...



Et puis il y a des secrets, de plus en plus inavouables, qui mènent tout droit à un drame de premier choix.



Oh my God, que j’ai adoré ce roman ! Un cocktail anglais explosif : amour, non-dits, tourments intérieurs, mystères avec révélations progressives, tragédies, le tout dans une nature éclatante. Et quel naturel, quelle spontanéité dans l’écriture, à la fois sombre et éblouissante !



« J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley » : c’est la première phrase de ce roman, que je fais mienne, totalement.

La nostalgie m’envahit, et je vais m’endormir, espérant rêver de Manderley.

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La Zone du Dehors
fnitter26 juillet 2016
La Zone du Dehors de Alain Damasio
  • Livres 3.00/5
Publié initialement en 2001 (donc avant la horde du contrevent) il a fait l'objet d'une nouvelle version en 2007 (après donc), celle lu ici.



2084. Un siècle après le célèbre livre d'Orwell auquel l'auteur fait référence toute les deux pages, nous sommes à Cerclon, une démocratie manipulée sur un satellite de Saturne, mais où tous semblent heureux, protégés de tous et surtout d'eux-mêmes. Tous ? Non, la Volte, emmené par Captp, des « révoltés » de pacotille, jusqu'à ce qu'ils se réveillent et commencent à entreprendre de véritables coups contre le système. Mais là où dans une tyrannie bien identifiée, le mot d'ordre est « Ferme-là », ici, dans cette sociale-démocratie au ventre mou, c'est « cause toujours ».

Leurs actions seront-elles à la hauteur ? Les risques de récupération, de trahison,d 'inefficacité sont là.



Loin de la noirceur de mes souvenirs de 1984, le ton global est ici finalement assez optimiste et léger. Si on accepte de se faire bassiner à toutes les pages par du Deleuze, du Foucault et du Nietzsche, dans le texte ou vu et revisité par l'auteur, on peut passer un bon moment.

Mais Dieu que ce livre est mou et lent. On voit ici et là de l'action et de la flamboyance. J'y ai surtout vu beaucoup, beaucoup trop de parlottes qui pour moi, n'apportaient pas grand-chose au récit. Amputé de 200 pages, il aurait, je pense, été plus vivant.



On passera (ou pas, surtout en ce moment) sur le traitement, limite apologie du terrorisme, mais on appréciera, en tout cas, la dénonciation du traitement médiatique et de la récupération que l'on peut en faire (toujours d'actualité, d'ailleurs) ainsi que la critique assez acerbe du système de nos démocraties modernes et sondagières (autre sujet abordé assez jouissif dans le cynisme et la manipulation).



Au final, un livre au ton léger, mais pas facile à lire, assez optimiste, plus dans le style meilleur des mondes que 1984, trop long et bavard à l'extrême mais qui laisse malgré tout une bonne impression générale (une fois fini).
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L'esprit sacré des amérindiens
ClaireG24 juillet 2016
L'esprit sacré des amérindiens de Michael Oren Fitzgerald
  • Livres 5.00/5
Voilà un livre très touchant, magnifique aussi.



Depuis des décennies, le couple Fitzgerald s’intéresse à la culture amérindienne. Ce livre est un recueil de quelques-unes des milliers de paroles de sagesse des Indiens des Plaines, d’avant les « réserves » (deuxième moitié du XIXe siècle), les derniers à avoir résisté à l’invasion des Visages pâles. Elles sont illustrées par de multiples photos sépia qui créent une osmose magique entre elles. Plusieurs sont connues, de même que certains noms de chefs (sachems ou hommes-médecine) et toutes révèlent l’intensité de cette force intérieure qui touche l’âme.



Quatre thèmes reviennent dans toutes leurs traditions sacrées : la nature vierge, les points cardinaux, l’usage de la pipe sacrée et, surtout, l’Etre supérieur.



Les Amérindiens n’avaient pas de langage écrit. La documentation écrite de cette sagesse débute avec l’arrivée des Blancs. Les auteurs ont choisi de n’inclure que les paroles des chefs nés avant 1904, qui avaient encore été enseignés par ceux qui vivaient la vie traditionnelle de complète liberté dans la nature sauvage. Quelques-unes plus récentes ne déméritent pas.



Voici un petit format de toute beauté qui vaut les meilleures pensées de nos philosophes antiques, à feuilleter régulièrement. Les paroles et les photos sont un excellent support de méditation tant il en ressort de la dignité, de la noblesse, de la droiture et de la maîtrise de soi, bien loin des clichés de Peaux-rouges sanguinaires scalpant ces pauvres Blancs venus voler leurs terres et les exterminer.



L’introduction a été écrite par Thomas Yellowtail, homme-médecine Crow, qui avait adopté le couple Fitzgerald et les a énormément aidés à reconstituer les traditions des multiples tribus nomades.



Un tout grand merci à Endymion qui en avait fait une chronique bouleversante dont je n’ai malheureusement plus trouvé trace.

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Le Mystère du Monde quantique
Nastasia-B12 juillet 2016
Le Mystère du Monde quantique de Thibault Damour
  • Livres 4.00/5
« Ce que l'on conçoit bien, s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément. » remarquait Nicolas Boileau dans son Art Poétique. Eh oui, c'est bien là tout le problème ! La mécanique quantique n'a jamais été très claire dans mon esprit et les explications qu'on m'en a donné m'ont toujours semblé étriquées.



Je n'ai donc pas hésité à sauter le pas, à passer dans un état de plus grande excitation en gravitant autour de mon noyau atomique suite à la découverte de cette BD docu-fiction traitant du monde quantique.



Je trouve l'idée géniale, osée, mais il fallait le faire. On peut discuter de la qualité graphique de la réalisation ou de l'intérêt pictural des héros Bob et Rick, copies à peine masquées de Tintin et Milou, mais cela n'a pas, à mes yeux, grand intérêt.



Le but était de faire passer le message à un public, a priori, non préparé. Là, il faut saluer la tâche qui est particulièrement ardue. J'ai, personnellement, beaucoup aimé la présentation des concepts de la mécanique quantique sous sa forme historique ou chronologique.



Rien que pour le challenge et l'effort de vulgarisation aussi bien textuel que graphique, il faut saluer absolument cette réalisation. En revanche, je trouve que cela reste, malgré le dessin, assez ardu et que les concepts développés ne m'apparaissent pas beaucoup plus clairs maintenant.



Le fait aussi — et surtout — que les chercheurs et penseurs du domaine ne soient pas eux-mêmes d'accord sur l'essentiel prouve, s'il en était besoin, qu'en l'état, cette théorie n'est pas vulgarisable de façon satisfaisante.



Autant, je conçois très bien la théorie de la relativité générale et sa célèbre formule E = mc², que je traduis dans mes termes comme le fait que l'énergie d'un corps est équivalente à sa masse à une constante près. Je conçois alors très bien qu'une grosse bûche pour la cheminée contient potentiellement plus d'énergie qu'une plus petite. Je conçois également que même un judoka ou un boxeur très puissant ne fera jamais " le poids " face à un sumo, tout simplement pour une question de masse.



Bien évidemment, beaucoup d'applications de cette théorie m'échappent totalement mais, elle ne me paraît pas inabordable. En revanche, quand on bascule sur l'équation de Schrödinger, qui s'appuie sur un nombre imaginaire pour décrire ma réalité, là j'ai plus de mal. J'ai pourtant essayé de lire pas mal de trucs sur la question avant d'aborder ce livre mais je suis au regret de constater que ce n'est pas beaucoup plus clair dans ma tête à présent.



On peut toujours prendre le parti, et je ne l'exclus pas, que je sois, moi, trop bête pour comprendre ce qu'il y a à comprendre. Mais on peut aussi penser, ce n'est pas totalement illégitime, qu'on a affaire à une théorie en devenir, qui n'est pas encore arrivée à son stade de développement ultime, celui qui mettra enfin les chercheurs d'accord sur l'essentiel. Peut-être que quand je serai très vieille une avancée aura permis de lier tout cela de façon satisfaisante.



De mes autres lectures, je retiens surtout qu'on utilise une équation (celle de Schrödinger) et qu'on en est très content car elle donne des résultats vérifiés par l'expérience. Le problème avec cette équation étonnamment bizarre et branlante, c'est qu'on ne sait pas pourquoi elle marche. C'est l'impression que j'ai eue également en lisant attentivement cette docu-fiction.



On suit successivement Max Planck (le découvreur de la fameuse constante de Planck symbolisée par la lettre h, leitmotiv graphique de tout l'ouvrage), Albert Einstein, Niels Bohr, Louis de Broglie, Werner Heisenberg, Erwin Schrödinger, Max Born et Hugh Everett. Disons que jusqu'à Louis de Broglie, ça va, après ça part un peu en sucette, avec notamment Schrödinger dont les résultats contredisent ceux des autres mais dont l'équation tarabiscotée donne des résultats conformes à certaines observations.



En ce qui concerne le " scénario " de la BD, c'est un peu tiré par les cheveux, on suit Bob et Rick qui vont d'un espace à l'autre, d'une époque à l'autre à la rencontre des chercheurs. En ce qui concerne le contenu scientifique, c'est assez intéressant et il me faut encore signaler un bon glossaire en fin d'ouvrage qui éclaire certains aspects restés obscurs à la lecture.



En somme, une très bonne introduction à la thématique qui alimente bien le questionnement mais en aucun cas un ouvrage qui pourra lever toutes vos interrogations conceptuelles, surtout si vous n'êtes pas scientifique à la base. Ceci dit, ce n'est la qu'une probabilité d'avis dans l'infiniment petit, c'est-à-dire, pas grand-chose comme le prouve l'équation de Schrödinger.
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Un petit boulot
lehane-fan12 juillet 2016
Un petit boulot de Iain Levison
  • Livres 4.00/5
C'est l'histoire d'un mec, il a pas eu de bol.

Plus de taf, plus de femme. Faire sans télé et aspi, il gère encore, question de volonté.

Histoire de pas sombrer aussi sec et définitivement que le Titanic, Jake va décider de se reconvertir.

Pas con.

Ding dreling, c'est m'dame la chance qui vient toquer à ta porte.

Naaan, c'est surtout le mafieux du coin qui vient solliciter tes penchants naturels pour le flouze.

Tu veux du blé, tu flingues bobonne.

Le deal est aussi simple que ça.

Allez, qu'il s'est dit notre Jake, on a vu des porte-flingues bien plus nases que moi. Une bastos à bout portant et rebonjour copain banquier, best friend for ever avec pouces et index joints en forme de coeur sur fond de Céline Dion.

Et puis ce nouveau boulot au magasin d'essence, chez mon pote Tommy, devrait me filer un alibi en béton armé, lui aussi, pour peu que Patate, mon comparse de station tenant bien plus du clochard intellectuel que du futur prix nobel, ne foire pas tout dans les grandes largeurs qui lui servent habituellement de jalon.



Levison, c'est bon !

Ce type possède l'art et la manière de taper là où ça fait mal avec une légèreté déconcertante.

Et dire qu'il s'agit là de son premier roman, j'en reste comme deux ronds de cake.



Jake Skowran, en anti-héros sympatoche, se pose là.

Levison, habité par une verve caustique communicative, réussit le tour de force de faire passer un salopard opportuniste qui s'ignore pour le mec que l'on souhaiterait tous avoir comme pote de chambrée.

A l'abri de tout début d'embryon de réflexion existentialiste, ce type, dans le fait de buter autrui, n'y verra jamais rien d'autre qu'un job grassement payé qu'il exécutera d'ailleurs avec une conscience professionnelle kouasi mystique. Ah si, il cogitera quand même dur dans le but de ne jamais se faire pincer.

Curseur empathique, zobi sur toute la ligne.

Une cible, une balle. C'est comme ça qu'il fera son trou.



L'on se doute bien que tueur à gage, comme roue de secours, ça laisse à désirer niveau sécurité de l'emploi et pérennité dans la profession.

En grossissant le trait à l'extrême, Levison aborde la problématique des exclus à fond de point mort sur l'autoroute du bonheur. Normal, plus de ronds pour foutre de "les sens" dans le palpitant et le ciboulot.



Outre un récit jubilatoire, mention spéciale à la galerie de portraits.

Ami Patate, si tu savais lire, tu découvrirais que cet hommage appuyé t'est personnellement destiné.



Petit Boulot, énorme panard de lecture !
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La plus que vive
TheWind25 juillet 2016
La plus que vive de Christian Bobin
  • Livres 5.00/5
Ce matin, j'ai laissé "réparer les vivants" sur ma table de chevet. Je venais juste de le terminer. J'avais le coeur serré, comme un vide à combler.

Un petit livre était là, dans ma chambre. Il m' attend depuis longtemps, patiemment, coincé entre les autres. Fluet, discret, humble...

Aujourd'hui, il m'a tendu les bras. Il savait que c'était le bon moment.

Je l'ai lu tranquillement, savouré chaque passage.

"La plus que vive" est une réponse à ce vide que la mort creuse souvent.

Un hymne à l'amour, à la vie, au rire.

Lorsque Christian Bobin a perdu sa compagne Ghislaine, il a d'abord pensé qu'il n'écrirait plus, comme un enfant qui boude et qui en veut au monde entier parce qu'on lui a enlevé ce qu'il aime.

Puis, il a écrit ce livre parce que c'est dans l'ordre des choses.

Parce que l'écriture, c'est un baume, une nécessité, une délivrance.

Les mots étaient là...vivants et magnifiques !

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La Promesse de l'aube
palamede20 juillet 2016
La Promesse de l'aube de Romain Gary
  • Livres 5.00/5
Quel merveilleux livre !

C'est L'histoire d'un amour démesuré d'une mère, extravagante et excessive, pour son fils, brillant, drôle, capable de réaliser les ambitions folles qu'elle nourrit pour lui.



Ce que Romain Gary estime être un poids : « Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. » est une bénédiction : l'amour sans limites de sa mère l'a condamné à ne plus jamais trouver l'équivalent, mais son ambition lui a épargné la médiocrité, a fait de lui un grand homme et un formidable écrivain.

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La danse des vivants
LydiaB19 juillet 2016
La danse des vivants de Antoine Rault
  • Livres 5.00/5
Les bons romans sur cette période ne sont pas légion. Les romans qui offrent une écriture aussi fluide parsemée de références culturelles encore moins. J'ai vraiment apprécié ce texte qui nous montre toute la difficulté de vivre dans cette époque tourmentée. On suit de près ce soldat amnésique à qui l'on fait subir les électrochocs, traitement de l'époque assez barbare, il faut bien l'avouer. Et puisque je parlais de références, le thème m'a fait penser à la pièce de Jean Anouilh, "Le Voyageur sans bagage". On voyait déjà chez le dramaturge cette facilité que l'on avait à vouloir manipuler ces personnes. On retrouve l'idée ici puisqu'on va vouloir faire de cet amnésique un espion. Mais c'est sans compter sur le fait que non seulement ce dernier n'est pas un imbécile mais qu'encore la recherche de sa propre identité prime sur le reste.



Antoine Rault a su peindre avec réalisme et précision l'atmosphère de l'époque, les atrocités physiques et psychologiques. L'écriture est très fine, de même que l'analyse des personnages. Le livre est épais (491 pages) mais on ne voit pas le temps passer. Il a même fallu que je me fasse violence pour interrompre ma lecture sous peine d'heures de sommeil en moins (et en ce moment, le repos est sacré !).



Un très beau roman, vraiment !


Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Nous étions les Mulvaney
TheWind24 juillet 2016
Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates ()
  • Livres 5.00/5
« Quels mots peuvent résumer une vie entière, un bonheur aussi brouillon et foisonnant se terminant par une souffrance aussi profonde et prolongée ? »



Difficile de trouver les mots en effet pour parler de cette histoire bouleversante...



Le mot « patchwork » peut être...qui revient souvent au fil de la lecture.



Les courtepointes en patchwork évoquent tellement les Etats-Unis !

Imaginez un peu...

Une chambre, style un peu vieillot, avec des meubles en pin et un chat qui dort confortablement installé sur la couverture en patchwork qui recouvre le lit. Une fenêtre « double hung » donnant sur des vallons verdoyants et une cour de ferme où divaguent chats, chiens, chevaux, biquettes...

C'est la ferme des Mulvaney, à l'image de leur bonheur : brouillonne et foisonnante.



A la fenêtre, il y a une jeune fille. La seule fille des Mulvaney : Marianne. Si tu regardes d'un peu plus près, tu vois bien qu'elle pleure. C'est qu'il lui est arrivé « ça », cette indicible chose que même ses parents et ses frères ne parviennent pas à nommer.

C'est à partir de ce moment qu'on peut s'intéresser à la courtepointe.

Ses couleurs sont vives, joyeuses, un peu disparates mais l'ensemble n'en n'est pas moins harmonieux et chaleureux.

Et pourtant...les larmes de Marianne la terniront.

Quand elle quitte la maison, chassée par un père qui ne supporte plus l'image qu'elle lui renvoie- l'image d'une famille américaine des années 70, loyale, honnête et bien dans ses bottes, pervertie par « ça » - Marianne, meurtrie dans son corps mais surtout dans son âme fait alors de sa vie un « patchwork », tout comme le dira sa mère.

Une vie qui n'a plus vraiment de sens.



Et si tu regardes bien la couverture, tu peux voir maintenant qu'elle est toute effilochée, que les morceaux de tissus sont décousus, qu'ils se détachent les uns des autres. Comme les membres de la famille Mulvaney...



C'est une histoire triste, poignante que celle que nous raconte Joyce Carol Oates. Au travers de portraits à la fois attachants mais aussi révoltants, elle capte irrémédiablement l'attention du lecteur, qui est prêt à tout lui pardonner, même ses longues digressions.

Cette auteur américaine n'a pas son pareil pour décrire les âmes tourmentées, mais également pour pointer du doigt cette société américaine aux mœurs si étriquées, à l'hypocrisie caractérisée, pour laquelle il ne suffit pas d'être mais surtout de paraître.





Merci à Latina de m'avoir conseillé ce livre. C'est maintenant mon « Oates » préféré !

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L'arbre du pays Toraja
marina5324 juillet 2016
L'arbre du pays Toraja de Philippe Claudel
  • Livres 4.00/5
Le narrateur a parcouru, durant le printemps 2012, l'île de Sulawesi, en Indonésie. C'est ici qu'il a pu voir un arbre particulier et majestueux. Un arbre où reposent les très jeunes enfants venant à mourir au cours des premiers mois. Au fil des ans, l'arbre se referme, gardant ainsi le corps de l'enfant dans son grand corps à lui.

De retour chez lui, ce cinéaste apprend tragiquement le cancer de son producteur et meilleur ami, Eugène. Un cancer ordinaire, un débutant selon lui, pris à temps. Malheureusement, il n'aura rien d'ordinaire. Bien au contraire. Puisqu'Eugène meurt moins d'un an plus tard.

Ce sera l'occasion pour cet artiste, depuis qu'il a perdu une part de bonheur et d'équilibre, de méditer sur la mort. Sur la place qu'elle occupe dans nos vies. Sur le vide qu'elle laisse en perdant ceux qu'on aime. Sur la peine qu'elle nous afflige.



Philippe Claudel, dans ce récit quelque peu autobiographique, donne à voir, à réfléchir et à (re)penser. Autant de réflexions sur la vie, la mort, l'amour, l'amitié, dans ce qu'elle de plus intense et sincère, l'absence, la vieillesse, le temps qui passe, le bonheur, la maladie, le chagrin ou encore le cinéma et la littérature. Autant de sujets abordés avec finesse, émotion, lucidité et poésie.

L'histoire émouvante d'un homme, au mitan de sa vie, qui s'interroge sur sa propre place dans le monde. Un homme partagé entre le passé et l'avenir, représentés l'un et l'autre par les deux femmes de sa vie. L'une jeune, l'autre plus âgée.

Un bel hommage de la part de l'auteur à Jean-Marc Roberts.

Un hymne à la vie dans ce qu'elle a de plus précieux, lumineux et inattendu.

Un roman sur la mort, paradoxalement gorgé de vie.
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Au revoir là-haut
le_Bison14 juillet 2016
Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre
  • Livres 5.00/5
Albert et Edouard, novembre 1918. Dans une semaine l’armistice sera sûrement signé. A n’en pas douter, des mois que les gars attendent ça, dans la boue, au milieu des cadavres en phase de pourriture et des rats bien affamés par cette chaire plus très fraîche mais bien abondante avec les vers qui grouillent à l’intérieur. Bon appétit, à la guerre comme à la guerre. Des milliers de cadavres, des millions de corps en décomposition, dans les tranchées, dans les cimetières de fortune, dans les champs. Des obus qui tombent, encore, creusent des tombes, encore. Et cette dernière colline, la colline 113, qu’il faut gravir une dernière fois, juste pour gagner du terrain avant qu’un accord improbable soit signé. Consigne de haut-gradé. Tiens ne serait-ce pas le capitaine qui court et envoie mon ami Albert au fond d’un trou d’obus. Encore vivant, déjà dans une tombe. Second obus, à quelques mètres d’Albert, qui l’ensevelit d’ailleurs et arrache la moitié de la gueule d’Edouard. Plus très beau à voir celui-là, tandis qu’Albert étouffe sous la terre. Il ne respire plus, enterré vivant jusqu’au dernier soupire. A bout de souffle, il ferme les yeux, laisse son esprit divaguer, rêve d’un beau cheval noir, pouah quelle puanteur, le cheval est lui aussi en état de décomposition, il lui souffle ses dernières râles. Albert est mort. Non, Edouard, la gueule cassée et la jambe en compote lui saute dessus, massage cardiaque d’un ancien temps. Bref, je fais court, même si la guerre a duré une éternité, l’armistice est signé, mes compagnons d’armes sont à l’hôpital et la galère ne fait que recommencer. Comme en 40 ou presque. Ah non, là c’était une autre guerre, du genre on reprend les mêmes et on recommence, France-Allemagne l’éternel recommencement, aussi agressif que sur un terrain de football.



Je crois que c’est mon premier roman sur la première guerre mondiale, peut-être même sur la guerre. Les poilus, c’est pas vraiment mon truc, suffit de voir mon torse musclé et presque imberbe. Presque, parce que je dois avoir un poil à se demander ce qu’il fait là, si ce n’est pas une anomalie génétique, un clin d’œil du Seigneur ou un oubli à la fabrication. En plus c’est mon premier Goncourt. C’est peu dire que ce prix très ronflant et intellectuel, ça me fout la trouille, autant que sur un champ de bataille. C’est que coté culture, j’y connais pas grand-chose, je ne saurais même pas faire pousser du cannabis. Par contre, je peux te donner la formule brute de la morphine – C17H19NO3 – utile quand on s’est fait arracher la moitié de la gueule. Un Goncourt, je n’aurais jamais imaginé en lire un, du moins dans cette vie. Peut-être dans une autre vie, ou j’aurais fait des études spécialisées en agriculture ou en culture tout court. Pourtant, les mots glissent tous seuls dans ma tête, et tu sais ô combien que j’aime bien quand ça glisse, lisse, supplice délice. Une plume magnifique, pleine d’entrain et de vie au milieu même de tous ces cadavres, qui joue parfois avec les mots ou les situations, délire visuel, hallucination odorante, ça pue la mort entre les lignes, ça respire la revanche entre les pages.



14 juillet, les militaires défilent sur la grande avenue, les cadavres sortent des tombes, les ossements donnés au chien errant, la société n’est plus vraiment humaine, l’appel du fric et de la raison, déraison mercantile, les monuments aux morts fleurissent, comme un champ de tournesol dans la Marne. Non, pas de tournesol là-bas ? alors un champ de colza peut-être. Albert et Edouard me quittent, qu’ils voguent sur les flots de l’amitié, ces deux bidasses en folie, après tout, on n’a toujours pas retrouvé la septième compagnie, mais je reste triste de les perdre de vue. Albert et Edouard, deux compagnons d’armes qui auront laissé leur empreinte sur cette première guerre mondiale. J’y étais, je suis poilu, je pue la chair en putréfaction et je bouffe les vers dans une bouteille de mezcal qu’un éclat d’obus n’aurait su faire évaporer.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Les Demeurées
rabanne15 juillet 2016
Les Demeurées de Jeanne Benameur
  • Livres 5.00/5
Un roman percutant et magnifique ! Preuve qu'il n'est pas besoin d'un pavé pour être bouleversé. Des mots choisis, ciselés, évidents, criants d'authenticité. Des phrases courtes, qui nous tiennent en haleine, des personnages qu'on n'a pas envie de quitter.

Que faire de son instruction, de son savoir, de sa culture, de son éducation ? Est-on libre d'apprendre à son rythme, à sa manière ? Est-ce que les "ignorants" (gens dits simplets, illettrés) sont des êtres malheureux, prisonniers de leur solitude, ou finalement libres "dans leur tête" ?...

Ce roman atemporel nous amène à tous ces questionnements, à travers l'histoire bouleversante d'une mère et sa petite fille, vivant dans une bulle protectrice, se suffisant à elles-mêmes. Une institutrice attentive, pétrie de bonnes intentions, comprendra tardivement son impuissance et l'incongruité de son acharnement à vouloir instruire la petite. Une leçon amère mais libératrice au final, malgré l'issue tragique de cette histoire... Luce et Melle Solange reliées à jamais dans une reconnaissance mutuelle, celle de la "vivance" des mots.
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Et après...
Hugo20 juillet 2016
Et après... de Guillaume Musso
  • Livres 3.00/5
C'est vrai qu'avec un peu de recul, on peut affirmer sans trop se mouiller la boite à conneries que je vais quand même super loin dans ce que j'écris, et hormis une modération récente, personne n'est venu sonner à ma messagerie pour me tirer les oreilles, genre tu dis encore une fois "enculé" et on te crève ta liberté d'écrire...





En 7 ans, une fois ou deux des membres bien intentionnés sont venus me raisonner mes délires, dont une femme absolument charmante dont je tairais le pseudo pour le bien de son anonymat… … …



- Atchoum-CANEL CANEL CANEL

- A tes souhaits

- Merci



Parce que j'avais ce jour là pousser mon délire un peu trop loin, mais après quelques échanges amicaux, nous voilà copains comme cochons virtuels… Pourtant on aurait pu imaginer que des membres soient outrés au point de me trainer dans le droit chemin d'une bienséance dont je me fou comme de ma couille gauche…



Parfois même il y une sorte d'attraction/répulsion qui les pousse à se décoincer la nouille en admettant que bon hein, une petite vulgarité ou deux n'a jamais fait de mal à maman entre le plat de résistance et le missionnaire que papa s'emploie à négocier une fois par mois …



Alors au fil des années, j'ai osé encore plus, cherchant le point de rupture des plus téméraires, toujours avec un profond respect, dans la joie et le second degré qui me caractérise, avec cette ironie et cette auto dérision qui me colle les pieds sur terre et la tête sur les épaules, mais dans quel but ? Dans le but de me faire plaisir, et surtout dans le but de déloger Nastasia amoureuse de moi en secret, et me positionner au dessus de cette élite talentueuse dont je jalouse les tournures colorées au phrases fleuries et à la répartie bandante , à tous ces membres qui plafonnent au dessus de la communauté, Lehane, cet escroc de la langue bien tournée et moi qui végète à la 46 ème place comme un forcené…



et plus tu veux grimper plus le talent est rude, chaque jour que dieu m'accorde sur cet terre de folie, je l'emploie à me branler la connerie du mieux que je pisse un matin comme les autres, j'ai pas la tournure des intellectuels… avec ma bite et mon clavier j'essaie dans la mesure du politiquement incorrect, de m'inventer un style, avec sincérité, sans tabou, Que Homer m'en protège, cet anonymat qui légitime un certain relâchement, que Babelio m'accorde encore et pour longtemps cette liberté délicate dont les dénonciations anonymes d'un outrage à langue française et à la vulgarité mal baisée leur donnerait toute légitimité pour virer mon petit cul sans sommation ….



Et bah non quéquette les coinçouilles, les biens éduqués du cul serré, Je vais continuer comme ça tant que ce sera possible, sans arrondir les fins de phrases…



Après dans la vie de tous les jours et pour éviter tout quiproquo, je poli un peu les angles : « putain et enculé » sont héréditaires certes, pour le reste j'essaie de m'adapter à mes contemporains qui m'accableraient de leurs de regards de hibou dans cette incompréhension la plus totale face à ce petit blond à lunette à la verve mal attentionnée qui vous glisserait un fils de pute au coin d'une négociation costard/cravate, alors que des fois t'aurais bien envie d'y étaler un peu de vaseline à provoc pour que ça glisse , les sourires à l'air dans la joie et l'euphorie d'un peu de fun dans cette morosité qui gangrène notre pays de quelques connards aux idées un peu chelou, imaginant une unanimité aryenne ou encore ceux qui imaginent rejoindre un autre monde ou quelques vierges les attendraient pour fêter leurs idées à la con qui polluent notre actualité…



Moi je suis un rêveur, un enfant, je ne veux pas crever sur un trottoir, ou à la terrasse d'un café, je veux profiter du soleil, des nichons de ma prochaine, une main dans la culotte à tripoter notre joie de vivre main dans la main…. « Et après » on verra



A plus les copains



PS : Musso c'est comme du COBEN, plus de surprise, on aime ou on déteste...Et moi j'aime bien.

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