Quatrième de couverture
Glisser dans la baignoire en changeant le rideau de douche, faire croire à un accident, confier le petit à une famille normale... Pour se délester de la pesanteur de la vie, elle s'amuse à imaginer le suicide parfait. Mais le jour où le voisin entre dans sa vie, son regard sur le monde change. Dans un Cagliari écrasé de soleil, Milena Agus met en scène des personnages hors normes, enfants en mal d'amour, adultes en quête d'un peu de douceur.
Commentaire
Mon voisin est une nouvelle d'à peine cinquante pages. Dans les premières pages on découvre une jeune mère, dont on ignore le nom tout le long de la nouvelle, qui promène son fils de deux ans dans les ruelles de la capitale sarde, Cagliari. L’enfant a un retard de langage et ne marche pas encore mais son sourire est constellé d’étoiles, celles de sa bouillie.
Cette jeune femme est seule presque abandonnée à elle-même, elle est triste et suicidaire, elle réfléchie à la méthode la plus « naturelle » de se suicider et ainsi laisser une chance à son fils de grandir dans une famille normale, celle de l’une de ses sœurs. Elle pense avoir trouvé une méthode simple et efficace : glisser « accidentellement » dans la baignoire pleine en changeant le rideau de douche et se noyer.
Il est question de solitude, de mélancolie et de désespoir jusqu’à ce que le voisin, hypocondriaque, fasse son apparition et lui redonne un peu le goût de vivre, il lui tendra la manche de sa chemise pour lui donner un peu d’énergie car « vouloir mourir ici, c’est une insulte », comme si ce beau paysage de Sardaigne suffisait à éteindre tous les maux et délivrer cette pauvre âme. Elle trouvera une raison de vivre plus longtemps en cuisinant un œuf chaque matin au fils de voisin, en emmenant les deux enfants à la plage, en parcourant la ville à la recherche d’autres enfants pour jouer.
C’est très court mais si intense. Des personnages hors norme, la description des paysages splendides donnent au lecteur l’impression de parcourir avec elle les ruelles de Cagliari. On part d’un sentiment de détresse pour finir remplit de bonheur. D’une écriture simple il permet de s’y plonger facilement.
Après Mal de pierres et la Sardaigne des années 1950, je me suis lancée dans Mon voisin en espérant retrouver la même magie et c’est chose faite alors maintenant c’est Battement d’ailes qui m’attend
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