> François Gaudry (Traducteur)

ISBN : 2752901291
Éditeur : Phébus (2005)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Dans un petit village du Mexique profond : un meurtre, un cadavre de jeune fille, un assassin trop malin pour se faire pincer, un autre « assassin » (innocent, lui) que chacun voudrait bien voir à la place du vrai… et un brave garçon timide avec les filles que chacun po... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 24 mars 2012

    encoredunoir
    À Loma Grande, village mexicain éloigné de tout, la jeune Adela est retrouvée poignardée dans un champ de sorgho. Nul ne sait ce qui s'est passé et ce ne sont certainement pas les rurales corrompus qui n'ont rien à gagner à enquêter sur cette affaire qui vont courir après le coupable.
    Par contre les langues se délient vite… pour raconter n'importe quoi. Pour le plaisir de parler, d'imaginer ce qui aurait pu se passer. Bien vite Ramón l'épicier qui avait croisé quelques fois Adela va devenir pour tout le village son fiancé caché. S'en convaincant lui-même, il va finir par devoir venger son hypothétique dulcinée. Ça tombe bien, la rumeur a déjà trouvé un coupable acceptable.
    Dans cette atmosphère étouffante d'une communauté renfermée sur elle-même, Guillermo Arriaga brosse une savoureuse galerie de portraits et, autour d'une intrigue basique, une réflexion un brin inquiétante sur ce qu'est la vérité. À Loma Grande, celui qui parle le premier est celui qui dit la vérité. Aux autres de s'y adapter. Ramón va ainsi apprendre qu'il était le fiancé secret d'Adela et va finir par s'en convaincre. Cette vérité fondée sur la rumeur a bien sûr de sombres conséquences.
    Roman noir, roman d'ambiance, Un doux parfum de mort est aussi pétri d'un humour à la limite du burlesque et réserve quelques scènes inoubliables comme, par exemple, l'embaumement artisanal d'Adela. Ce livre court se déguste comme une friandise ou comme quelque chose qui ressemble à une friandise… on peut se convaincre que c'est une simple histoire légère ; c'est peut-être aussi un récit bien plus subtil.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-la-verite-du-mensonge-un-d..
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    • Livres 5.00/5
    Par urbanbike, le 17 octobre 2010

    urbanbike
    Voilà un livre que Béatrice m'a passé en fin de semaine dernière. J'étais intrigué avant de le commencer, sans plus. Et puis, dès les premières lignes, une petite madeleine. Je me suis retrouvé dans le paysage aride évoqué par l'auteur, souvenirs flous de ma petite enfance mêlées à d'autres lectures comme à des parcelles de film.
    L'histoire se passe au Mexique sur la cote Est entre Ciudad Mante et Tampico, dans des coins brûlés par le soleil.
    Au bout du monde quoi. Avec une police d'opérette mais franchement imprévisible. Voire totalement corrompue, passablement dangereuse. Des villages éloigné, reliés par des routes improbables, poussiéreuses à souhait, écrasées de chaleur ! Bref, rien qu'à l'idée de se rendre au village voisin, vous perdez 5 kilos !
    Quand à l'activité de ces lieux paumés, dire qu'elle est proche du néant est un euphémisme. À moins que descendre des bières soit désormais élevé au rang des beaux-Arts ! On y bosse comme des damnés ou on picole pour combattre le déshydratation. Aussi, quand un événement — tragique de surcroit — se produit, la machine à fantasmes démarre instantanément.
    Récits approximatifs, témoignages éthyliques que chacun s'emploie à rendre encore plus vrai que nature ! Une inventivité telle que la vérité avec un grand V n'arrive même plus à se forger une place, chacun ayant conforté le racontar de l'autre, l'ayant embelli, développé. L'alcool aidant, tout le monde arrive à se convaincre et, une fois à jeun, impossible de démentir, la légende créée de toutes pièces est devenue « LA » vérité collective.
    Un matin, le jeune tenancier d'une épicerie/troquet découvre une jeune femme assassinée dans la campagne, une femme qu'il a peine croisé les jours qui précédaient. Une heure plus tard, tout le village lui attribue une liaison avec cette dernière. Deux heures après, elle est devenue sa fiancée ! Trois heures après, les parents de cette femme lui annoncent que leur fille l'aimait beaucoup, lettres à l'appui…!
    Bref, comment lutter face à tant de certitudes, de pièces de puzzle mal emboitées !
    Pire, la communauté a découvert l'assassin et il se retrouve chargé, pour laver son honneur, de venger la morte en tuant ce « forcément » coupable ! Que personne ne s'est embarrassé d'interroger. Quand à la morte, personne, hormis un vieux du village, ne cherche à connaître sa personnalité réelle. Ni découvrir le vrai coupable…!
    Implacable, cruel, jubilatoire tant dans la fabrique du coupable que dans la lâcheté collective ! Et bien entendu, contrairement aux histoires conventionnelles avec « happy end » obligatoire, cela va de mal en pis !
    Une belle tranche de connerie servie chaude et noyée dans l'alcool. Si vous aviez encore des illusions sur le genre humain, évitez de lire ce polar franchement noir malgré la lumière incandescente du décor. Guillermo Arriaga, un auteur à découvrir.

    Lien : http://www.urbanbike.com/index.php/site/comments/un-doux-parfum-de-m..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par de, le 21 mars 2012

    de
    Cela aurait pu être un roman noir, comme tant d'autres. le meurtre d'une jeune fille, un coupable par ce que différent, une vengeance, etc…
    Pourtant, à partir d'un silence, vantardise d'un amour inexistant, Ramon sera entrainé à la meilleure façon de tuer. Des amours clandestines surprises offriront un coupable à la calomnie dénonciatrice, d'autant que l'autre n'est pas du lieu. La jeune victime à la jupe noire et à la blouse blanche était aussi une amante…
    Plaisirs, mesquineries. Être ce que les autres veulent vous faire paraître. Porté par une belle écriture et des regards très sympathiques avec les personnages (Adela, le Gitan, Gabriela), ce coin de vie, se termine simplement par une autre mort, les morceaux d'histoires se nouent mais ne formeront pas la réponse des énigmes au soleil.
    Un très agréable livre au doux parfum de mort.
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    • Livres 3.00/5
    Par bibliame, le 20 avril 2011

    bibliame
    C'est un livre étonnant d'une certaine façon. On s'attend à ce que les autorités locales enquêtent à la suite de la découverte d'une jeune femme morte, Adela : qui l'a tuée, pourquoi, quand le crime a t'il eu lieu ....
    Et puis rien, ou presque, n'est fait pour découvrir le responsable. Il faut dire que les villageois se suffisent à eux-mêmes pour alimenter leurs croyances et créer le fil conducteur qui les mènera au coupable ; enfin à celui qu'ils ont déclaré coupable ; car ce coupable tout trouvé va leur permettre de mener le bal et de mettre en place le piège qui permettra de le débusquer et de le punir.
    Car quand même, ce pauvre Ramon qui a découvert le corps doit absolument la venger : elle, Adela, sa fiancée ….. qui n'était pour lui qu'une habitante comme une autre dans ce village jusqu'au moment où elle a été assassinée et dont la mort a transformé son statut d'épicier à celui de fiancé, statut qu'il n'a pas la force de décrier aux yeux de tous.
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 13 septembre 2010

    kathel
    C'est une très bonne surprise. il correspond un peu à ce que j'attendais de "El ultimo lector" et que je n'y avais pas trouvé : un roman noir plus qu'une histoire policière, prétexte à découvrir une petite communauté villageoise, ses figures marquantes, ses commérages, ses boucs émissaires, sa police corrompue ou inexistante...
    Dans le petit village de Loma Grande, un cadavre de jeune fille est trouvé. Ramon, le fils de l'épicière et cabaretier, est le premier sur les lieux, il recouvre le corps nu. D'un mot à l'autre, une parole proférée inconsidérément suggère qu'il s'agit de la petite amie de Ramon. Il essaie bien ensuite de rectifier cette erreur, mais cela devient impossible sans sembler renier une relation qu'il n'a pas seulement osé imaginer. Et comme les habitants de Loma Grande ne sont jamais à cours de révélations, l'un d'eux affirme avoir vu l'assassin. Comment cela va-t-il se terminer alors que la police ne fait pas grand chose et que le village crie vengeance ? C'est rondement mené, l'enchaînement des actions qui entraînent Ramon est bien décrit, les surprises ne manquent pas, avec un léger décalage, un soupçon de bizarrerie, entre les évènements et les réactions des personnages qui semble être typique du roman latino-américain.
    Un très bon roman, et de la part du scénariste d'Amours chiennes, 21 grammes ou Babel, films que j'ai adorés, cela ne m'étonne pas !

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-35247758.html
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 13 septembre 2010

    Ramón Castaños époussetait le comptoir quand il perçut au loin un cri aigu. Il tendit l'oreille et ne discerna que la rumeur de la matinée. Il pensa qu'il s'agissait d'une de ces nombreuses gelinottes qui peuplaient le bois. Il poursuivit sa besogne. Il s'ap­prêtait à nettoyer une étagère lorsque le cri jaillit de nouveau, cette fois proche et clair. Suivi d'un autre et d'un troisième. Ramón délaissa l'étagère et, d'un bond, sauta par-dessus le comptoir. Il sortit pour voir ce qu'il se passait. On était dimanche, de bon matin : personne, alors que les cris se répétaient, de plus en plus frénétiques. Il remonta la rue et distingua à quelque distance trois enfants qui couraient en braillant :
    - Y'a une morte ! Y'a une morte !
    Ramón s'avança vers eux, en arrêta un tandis que les deux autres s'égayaient dans le village.
    - Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il.
    - On l'a tuée ! On l'a tuée ! brama le gamin.
    - Qui ? Où ça ?
    Sans répondre le garçon repartit dans la direction d'où il était venu. Ramon le suivit. Ils s'élancèrent le long du sentier qui conduisait à la rivière jusqu'à ce qu'ils débouchent dans un champ de sorgho.
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  • Par MarcBibliotheca, le 13 juillet 2010


    "Pris au piège, comme il l’était, d’un amour invisible, il ne pouvait plus revenir en arrière et nier sa romance sans passer pour un lâche et pour un homme qui n’avait rien dans le ventre. Il était désormais condamné à vivre comme réel ce passé imaginaire."
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  • Par bibliame, le 20 avril 2011

    La conversation s’interrompit quelques instants. ¨lus personne ne parlait. Torcuato troubla le silence d’une manière inattendue.
    - Je parie qu’il 10 h 20.
    Tous le regardèrent étonnés.
    - J’en mettrais ma main au feu, insista Torcuato.
    - Et pourquoi ? demanda Pedro Salgado
    - Parce qu’on dit que toutes les vingt minutes un ange passe et que c’est pour ça que le gens se taisent.
    - Tu as raison, il est 10 h 20.
    - Vous voyez ? Se réjouit Torcuato avec un sourire triomphant.
    Un autre ange dut passer au-dessus de leur tête, car ils se turent de nouveau.
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  • Par bibliame, le 20 avril 2011

    Il s’assit au bord du matelas. Encore harcelé par tant de cauchemars, il découvrit quelque chose qui l’unissait davantage à Adela : ne intense nostalgie des instants qu’ils n’avaient pas vécus ensemble.
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  • Par bibliame, le 20 avril 2011

    Ranulfo ne pouvait plus se rétracter et avouer la mystification dont il était l’auteur. Il devait faire en sorte que s’accomplît le sacrifice du Gitan : c’était sa seule planche de salut.
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