«La fermeture », obéit à deux préoccupations de l'auteur : l'une historique, l'autre de rétablissement d'une vérité méconnue, celle de Marthe Richard, dont la loi d'abolition porte le nom ; et qui n'est pas aussi "blanche" qu'on veut bien nous le dire.
D'abord
Alphonse Boudard nous décrit les fameuses maisons, comme on décrirait la marine à voile (ce sont ses termes) , des choses disparues : on dit « il est magnifique ce voilier, il est formidable », mais il y a les mecs dans la galère qui rament aussi, puisqu'on est sous Louis XVI… Donc, c'est beau, c'est une très belle chose à voir, mais, bien sûr, il y a toujours le côté noir… Ceux qui travaillent dans les soutes.
Ensuite, il nous dresse un portrait sans concession de Marthe Richard. Pour tout un chacun, c'est la « Dame Blanche » qui fit fermer les maisons en question ; pour
Alphonse Boudard, le personnage est un peu plus complexe : elle avait été elle-même prostituée et avait eu quelques « soucis » pour des affaires de drogue et des complicités d'escroquerie avec des personnages qui émargeaient à la Gestapo du boulevard Flandrin…
En fait, l'auteur nous explique que si les maisons de tolérance ont été fermées, il s'agissait plus de mesures de rétorsion contre les tenancier(e)s, plus ou moins (plutôt plus) compromis avec l'occupant, sans liaison avec la morale ou le sanitaire, a l'heure de l'apparition des antibiotiques…
Alphonse Boudard, avec sa verve habituelle, son sens de la phrase verte, est ici comme dans son jardin. Un bouquin vif, instructif et révélateur du comportement d'une époque… La nôtre.