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ISBN : 2070454754
Éditeur : Gallimard (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.88/5 (sur 365 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide." Avec cette formule foudroyante, qui semble rayer d'un trait toute la philosophie, un jeune homme de moins de trente ans commence son analyse de sa sensibilité absurde. Il décrit le "mal de l'es... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Petitebijou, le 26 décembre 2011

    Petitebijou
    Lorsqu'une fin d'année approche, que tout et tous autour de vous vous incitent au bilan, pensée on ne peut plus absurde quand on y pense, car, après tout, pourquoi ne pas faire un bilan chaque jour, ou tous les mois, etc... ?, il se produit un phénomène récurrent chez ma petite personne : j'ai besoin de ma dose de Camus, oui, je le confesse, je suis addict, il me faut me replonger dans sa prose, son style, ses idées, pour savoir où j'en suis. Ce peut être au travers d'un roman, d'une pièce de théâtre, d'un essai, et même de sa correspondance ou Journaux de voyage, j'ai déjà tout lu, et la seule façon de me donner l'illusion heureuse qu'il continue d'écrire, est de poser un nouveau regard sur un texte que j'ai déjà exploré. Ces jours-ci, j'ai relu "le mythe de sisyphe", et ça m'a fait du bien. J'y trouve matière à affronter la vie, que ce soit dans le plus trivial du quotidien comme dans les plus hautes sphères de la réflexion. Cela me remet également les idées en place, me "dépollue" en quelque sorte de l'avalanche d'informations, commentaires, critiques, exégèses que je suis la première à lire via les divers supports médiatiques, pour ne garder que l'essentiel, la substantifique moelle de ce que devrait être notre regard sur le monde, sur notre propre vie : une distance nécessaire, une absence de complaisance non dépourvue d'humanité, et, plus que tout, ce qui, il me semble, irrigue l'oeuvre entière d'Albert Camus : la solidarité. Cela peut paraître simple, voire simpliste, mais si vous réflechissez, si vous êtes de ceux qui essaient de mettre en cohérence vos pensées et vos actes, reconnaissez que ce n'est pas si facile que ça. C'est un voyage intérieur, dont vous êtes seul le héros, mais avec un compagnon comme Camus, les bagages se font plus légers. Alors, oui, je suis peut être droguée à mort, mais, puisqu'il nous faut bien mourir à nous-mêmes, je persiste et signe.
    Il y a un peu plus d'un mois, au cours d'un voyage familial en Provence, je me suis rendue à Lourmarin. J'avais un bouquet de fleurs avec moi, que j'ai déposé sur la petite tombe de Camus, cette tombe simple qui lui ressemble, avec cette jolie végétation qui lui sert de protection les jours de grand soleil. Je lui ai dit quelques mots, rien qu'entre lui et moi, ai versé quelques larmes. Et c'était bien.
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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 11 octobre 2013

    colimasson
    Connaître le sort de Sisyphe nous éclaircit d'emblée sur les intentions d'Albert Camus :

    « Les dieux avaient condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne d'où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu'il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir. »

    Pauvre Sisyphe –et pauvre homme absurde. Car tout homme n'est pas Sisyphe, mais l'est seulement celui qui aura été un jour frappé par un instant de lucidité féroce. A partir de ce moment-là se révèle la question philosophique majeure : la vie mérite-t-elle d'être vécue malgré son inutilité absolue et apparente ? Si non, il faut se suicider. Si oui, il faut trouver une bonne raison de continuer à vivre. Celui-là qui continue est l'homme absurde, jonglant d'un jour sur l'autre entre espoir et lassitude.

    Dans son exposé de la question, Albert Camus se montre austère et très peu engageant. Cherchant peut-être à prendre de la distance avec son sujet, il détaille les arguments et les réflexions avec une rigueur scientifique qui sied peu à la question, qui rebute souvent par une impression de manque d'empathie, mais qui finit toutefois de bouleverser par la pertinence des vérités ainsi discrètement révélées.

    Inspiré et nourri de figures littéraires, Albert Camus disparaît le temps de deux chapitres derrière les interprétations absurdes des œuvres de Dostoïevski et de Kafka. Il nous donne ainsi la possibilité de renouveler notre regard et de compatir avec ces hommes absurdes qui, pour faire fuir la terreur de la mort, ont créé ce qu'on appelle parfois « l'œuvre d'une vie ».

    Le mythe de Sisyphe est utilisé à escient pour dépasser son aspect tragique. Sisyphe est-il désespéré ? Parfois, sans doute, mais « il faut imaginer Sisyphe heureux » car « la lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme ». Si la seule et ultime raison qui nous conserve vivant est la vie elle-même, alors cela suffit.

    Vraiment ? Il faut imaginer Albert heureux. Et si l'on y parvient, c'est que nous-mêmes le sommes encore un peu.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-le-mythe-de-sisyphe-1942-d-a..
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    • Livres 4.00/5
    Par mickbu, le 14 juin 2013

    mickbu
    Commode d'affirmer que l'inquiétude philosophique relève de l'absurde, et inversement que la spécialisation ou stratification philosophique ne concerne qu'une part infinitésimale de l'aperception globale, cet argument est tout autant recevable pour la science, dont la volonté des épistémologues les plus obligés approche fatalement l'épistémè d'une métaphysique immuable.
    S'il nous est impossible d'atteindre ce degré de subjectivité consubstantiel au questionnement philosophique, il nous reste alors le suicide : « Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentales de la philosophie ». Camus introduit l'essai par une sentence assez peu enthousiaste, au risque de limiter son développement à la rudesse du sujet ; l'intention d'appliquer, de prime abord, cette topographie du syllogisme « angoissant » trouve une explication pertinente pour l'écrivain resserré, troublé, impatient face à la vie.
    L'Absurde peut sans peine être confondu au postulat socratique, cette volonté de retrouver « l'accord perdu du logos et des choses », au minimum d'une certaine franchise intellectuelle face au raisonnement de nature à fonder toute conclusion, ce serait là une explication rationnellement acceptable du point de vue philosophique. Mais Camus pressent La chute de l'inexplicable comme la condition intangible de l'existence, l'absurde fait marche commune avec l'irrationnel et la conscience, si bien qu'il semble irréfutable de concevoir l'absurde avant l'être réfléchi ou rationnel, c'est l'ipséité de la conscience, sa présentification au monde de l'absurde qui prime, le plan réfléchi ou intentionnel (cher à Husserl) est l'élixir flou d'infortune philosophique, et qu'enfin toute conclusion ne permet d'échapper au suicide, au sacerdoce perpétuel d'un Sisyphe contraint, à la force des bras, de faire rouler son rocher au sommet de la montagne éternelle du Tartare. Un homme à tel point astucieux, contraint par les dieux à vivre des lendemains désolants. Rappelons seulement que Sisyphe déjouât Thanatos et provoquât ainsi la colère inextinguible de Zeus.
    Serait-ce un cri d'espoir voire de désespoir que ce « Mythe de Sisyphe », mais pour quelle logique ce contrepoint incisif du suicide, est-ce une fin en soi, que Camus préméditât, une sorte de refoulement littéraire, auquel son destin ne put échapper ?
    « Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre » nous indique Sartre : de fait toute intervention arbitraire porterait atteinte au concept naturel d'existence, à la liberté ; le suicide est un revers à la liberté promue par Sartre et ne trouve pas sa place dans le courant existentialiste. Il est, pour reprendre la terminologie camuséenne, du domaine de l'absurde de mettre un terme à la vie car l'acte précisément lui ôte toute signification selon Sartre. Il n'est pas nécessaire de s'arrêter à telle considération pour garantir l'inimitié idéologique entre les deux hommes, d'autant que l'un comme l'autre en arrive à la même conclusion, on peut seulement soupçonner un pessimisme latent chez Camus, le contraignant à la « révolte ». Sartre fut très peiné par la disparition précoce de Camus, avec qui l'occasion de la réconciliation jamais ne se présentât.
    Quand Camus écrit : « Je tire ainsi de l'absurde trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté et ma passion. Par le seul jeu de la conscience, je transforme en règle de vie ce qui était invitation à la mort – je refuse le suicide ». Si liberté et passion semblent, selon lui, indissociables et qu'en premier lieu la révolte maintient la conscience d'être en équilibre de tout désir morbide, on constatera qu'il s'agit d'une définition de l'homme névrosé – quel artiste ne l'est pas –, toute dissension psychologique fait rayonner la « philosophie » d'un clair-obscur flottant – impression analogue ressentie à la « nausée » sartrienne, bien que Sartre écrivît à la troisième personne. Sans pour autant concéder à l'idéalisme d'une liberté existentialiste, on peut s'interroger sur la nécessité d'une solution contrapuntique « finale », lancée dès les premières lignes, en résonance du débat philosophique.

    Pour autant, la prose virtuose et révoltée de Camus est d'une lucidité sans pareille, sa vision d'une humanité, certes nivelée, est une lucarne clairvoyante sur un panorama auquel chacun peut souscrire, avec un pessimisme plus ou moins saillant d'ailleurs ; c'est seulement que l'argumentation camuséenne aurait une coïncidence beaucoup moins flatteuse à l'estime d'une époque où l'absurde est systématiquement consenti, traduit dans une maïeutique populaire, à l'enchère médiatique constante, que l'éthique tout comme la morale ont grand mal à défendre.
    Camus avait certainement raison de s'affirmer comme non philosophe, cette dernière implique une relative pondération, voilà peut-être le péché de l'âme révoltée, à qui le destin signifiât le sens de la vie en s'écrasant sur un platane ; finalement, c'est peut-être la meilleure conclusion d'un ouvrage traitant de l'absurdité de l'existence.
    « Je passe mon temps à conseiller le suicide par écrit et à le déconseiller par la parole. C'est que dans le premier cas il s'agit d'une issue philosophique ; dans le second, d'un être, d'une voix, d'une plainte... » Cioran.
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    • Livres 5.00/5
    Par MissSugarTown, le 17 septembre 2011

    MissSugarTown
    Je dirai encore longtemps que toutes les théories philosophiques, connues et moins connues, sont le fruit de l'expérience de leur auteur, donc subjectives pour une grande majorité. C'est un recueil d'avis et de visions de la vie que des auteurs ont pris le temps de partager avec l'humanité, intéressée bien entendue. Mais ça ne reste qu'un angle de vue, il ne faut donc pas prendre tout ce qu'ils disent pour des citations et des vérités absolues parce que leurs théories sont très souvent liées à leurs histoires personnelles et sont donc très loin d'être des "vérités" encore moins "la vérité". C'est bien d'ailleurs d'appeler ça des "essais" parce que c'est exactement ce que c'est et c'est ce que ça restera, à mon avis, jusqu'à la fin des temps.
    Dans cet essai, Camus traite de l'acte du suicide face à l'absurdité de l'existence, mais ce qui l'intéresse surtout ce sont les conséquences suite à cette prise de conscience, que faire lorsqu'on est conscient que cette existence est absurde? Voici là une question qui m'intéresse au plus haut point !
    Lorsque les illusions disparaissent et ne demeure que le monde tel qu'il est, on est tout à coup submergé par une peur inexplicable mêlée à une horreur extrême, on ne sait plus que faire, ni vers quoi nous retourner, on a l'impression d'étouffer et on commence à tirer le col de son sweet croyant que c'est ce qui nous étouffe. C'est l'angoisse. Alors on essaie de comprendre, on fait de notre mieux... Et à ce moment je pense que nous avons le choix entre 3 solutions :
    On court se remettre dans le bain de la vie, en embrassant très fort toutes ces illusions sans lesquelles décidément il est très difficile de vivre... ou bien parce que tout simplement, on ne nous a pas appris à vivre autrement.
    On saute, on part en courant de toutes nos forces embrasser le néant, parce que même si nous ne savons pas ce qui nous attend de l'autre côté, néanmoins nous savons que nous n'avons aucune envie de retourner là-bas, dans notre quotidien absurde.
    La bonne solution, celle qui nous donnera la réponse au sens de la vie, comment exister librement. Je suis sûre qu'elle existe mais je ne l'ai pas encore trouvée. Pourquoi j'en suis aussi sûre ? Parce qu'elle doit exister, forcément. Si cette existence est une énigme, elle doit bien avoir une solution.
    Et si je surestime cette vie, alors ce serait bien dommage. Mais le fait de ressentir cette angoisse, pour moi ça veut bien dire quelque chose. C'est comme si on se retrouve face à un mur, les lumières s'éteignent, on est dans le noir, on a peur et alors soit on fait demi-tour ou bien on se suicide mais je pense qu'il est clair que ce ne sont pas les seules alternatives. Camus lui-même dit que plein de penseurs arrivent à ces terres désertes, mais combien pressés d'en sortir ! Alors qu'au contraire il faudrait s'accrocher et explorer ces nouvelles végétations.
    Camus dit qu'il n'y a pas que l'esprit qui entre en jeu et que le corps a aussi son mot à dire et qu'il refuse de s'auto-détruire.
    Si j'adore lire les philosophes c'est parce que j'y retrouve toujours des messages qui me sont directement adressés, des messages de la plus haute importance puisqu'ils sont destinés au moi qui compte le plus pour moi. Dans ce livre, Camus a dit que notre esprit trouverait la paix si nous réussissions à trouver une liaison, un principe unique qui relierait et résumerait le Tout. Que nous serions très tranquilles si l'on disait que l'univers souffre comme nous et qu'inconsciemment, pour nous, comprendre veut dire réduire le tout à ce que nous sommes. Mais ça ne peut pas marcher comme ça.
    Cette réflexion me fait penser à Dieu, quand nous essayons de lui attribuer des sentiments ou des réactions propres à l'Homme, parce que misérables que nous sommes, c'est tout ce que nous savons. Notre savoir se limite à ce que nous sommes et à l'exploration du monde qui nous entoure. Mais nous sommes bien incapables de créer au sens le plus vrai du terme. Créer ce qui n'existe pas, ce qui n'a jamais existé avant. ça, nous ne le pouvons pas. Cette vérité devrait être suffisante pour nous réduire à un mutisme, une humilité, un respect profond, un émerveillement envers tout ce qui nous dépasse et ce qui nous dépassera toujours. Parce qu'il y a des choses qui sont hors de notre portée, quoi que nous fassions, quoi que nous croyions. Parce que depuis 4 millions d'années que nous existons, nous n'avons pas avancé d'un millimètre lorsqu'il s'agit de répondre à nos questions existentielles les plus fondamentales. Mais nous refusons d'admettre notre faiblesse et les limites de notre esprit. Nous avons peut-être posé les mauvaises questions, je ne sais pas. Mais je pense que si les réponses nous sont interdites c'est que nous les connaîtrons au bout du chemin. A ce moment là nous nous retournerons, nous verrons l'existence que nous avons traversée, et nous comprendrons. Ce n'est pas un espoir, c'est une intuition. Et si notre énigme avait un énoncé, ce serait celui-la : "Tu ne sais pas qui tu es, ni d'où tu viens, ni où tu es, ni où tu vas, ni pourquoi tu es là, et ce sont dans ces conditions que tu devras "vivre". C'est ça le deal." Pourquoi ce deal ? Je n'en ai aucune idée et nous ne le saurons pas de si tôt, mais ce que je sais c'est que peu de gens vivent.
    Les trois "issues" que j'ai citées plus haut, je les retrouverai un peu plus loin dans l'œuvre de Camus, il y ajoutera un quatrième point néanmoins et pas des moindres, celui du "saut" vers une religion. J'adore sa métaphore parce que c'est exactement ça, nous abandonnons nos réflexions et tout le travail et le chemin que nous avons fait jusqu'à cet instant et nous sautons. Nous nous remettons à Dieu. "Je n'arrive pas à trouver de solution à cette énigme, sauve-moi !" "Je me donne entièrement à Toi, j'ai confiance en Toi." Et nous sautons. Nous quittons une rive et sautons vers l'autre parce que nous en avons marre. ça a l'air stupide mais ça reste une alternative à envisager. Il y a un peu de folie aussi dans ce geste. Un saut. C'est exactement ça. Tout à coup tu abandonnes tous tes repères, tout ce que tu as bâtis et tu sautes. Presque sur un coup de tête.
    Camus éloigne donc cette issue religieuse et nous rappelle sa problématique : peut-on vivre ou non, avec ce que l'on sait et avec cela seulement, sans aller se réfugier dans la religion, ni dans la mort mais en regardant l'absurde droit dans les yeux sans jamais détourner son regard?
    Et voilà. Nous restons toujours sur notre case de départ, et si la majorité avance sans problème dans ce monde et se laisse gentiment apprivoiser par cette vie quotidienne avec ses habitudes et ses gestes répétitifs, le philosophe refuse de se soumettre à cette "condition humaine" et exige de comprendre. Il ne peut pas "vivre" comme les autres. Alors il reste là. On le prendra pour un fou ou pour un con qui s'emmerde tellement dans sa vie qu'il la passe comme ça, debout sur sa case de départ, encore sous le choc du miracle de la vie, encore émerveillé d'exister à partir du néant... Et si vous réussissez à oublier votre histoire et à prétendre vivre en jouant le jeu de la société, le philosophe lui se souvient. Il est celui qui a gardé sa mémoire depuis sa naissance et n'a jamais pu oublier l'intensité de ce premier cri. le philosophe n'oublie pas ces choses-là. Mais le paradoxe du philosophe est qu'il ne sait pas et est conscient qu'il ne saura jamais. Que faire alors ? Rejoindre la troupe ou rester là ? A quoi m'avance alors d'être consciente ? Des fois je me demande si "les autres" n'ont pas raison. Peut-être ont-ils trouvé la solution et la vie se résume juste à ça. Peut-être sommes-nous les imbéciles dans l'histoire. ça me rappelle ce psychiatre qui, une fois sorti de l'asile où il a passé quelques mois pour mener une étude, il affirme : je ne sais plus qui sont les vrais fous, eux ou nous.
    Je n'ai pas été d'accord avec Camus sur certains points :
    Il a dit que Dieu s'il existe c'est que soit il est mauvais soit il est impuissant. Comme quoi même un esprit éclairé comme celui de Camus peut parfois sombrer dans le noir le plus total ! Nietzsche aussi qui avait une intelligence extraordinaire pouvait être extraordinairement stupide par moments ! Dieu est... Dieu. ça devrait suffire comme phrase. J'adore par contre comment Einstein parle de Dieu et de la notion du mal.
    Camus dit aussi que dans la vie ce qui compte c'est la quantité et non la qualité, que le monde étant absurde, ce qu'il faut c'est vivre le plus longtemps possible en faisant face à cette absurdité plutôt qu'avoir une qualité de vie, puisque cette notion ne veut rien dire quand on sait que la vie est absurde, alors ce qui compte c'est tenir le bras de fer le plus longtemps possible et croiser les doigts pour que la mort ne s'abatte pas sur nous trop vite, parce que Camus a compris que ça nous ne le décidons pas et pour lui c'est juste une question de "chance". No comment.
    Camus voudrait rendre "l'inutilité de la vie" magnifique à nos yeux à n'importe quel prix. Il en arrive même à nous dire que Sisyphe est heureux malgré son châtiment qui consiste à tirer le rocher jusqu'au sommet de la montagne, puis le laisser retomber et redescendre le remonter et ce jusqu'à l'infini... Il nous dit qu'à partir du moment où nous sommes conscients de cet acte inutile et répétitif et bien on peut en tirer de la joie. Moi je dis que l'être humain est vraiment pathétique mais bon qui nous en voudrait ? Comme on n'a le contrôle et le pouvoir sur rien du tout, on se force soi-même à aimer ce qu'on a et on se ment, et on en est conscient. Peut-être devrions-nous nous en réjouir ? En tout cas c'est ce que veut Camus. C'est le moyen qu'il a trouvé à ce stade de sa vie pour "échapper" à l'emprise de Dieu et à son destin.
    Enfin, cette lecture a été très enrichissante certes, et il m'a donné très envie de découvrir l'intégrale œuvre de Dostoïevski et de Kafka.

    Lien : http://laculturehajarienne.blogspot.com/2010/12/le-mythe-de-sisyphe-..
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    • Livres 4.00/5
    Par Philippe67, le 24 février 2013

    Philippe67
    Lu, relu, re relu c'est pour moi un des fondamentaux.
    Sommes nous condamnés à agir pour donner du sens à nos vies absurdes?
    C'est bien nous qui devons trouver un sens à notre existence par notre engagement.
    Et comme disait Sénèque "rien ne dure mais rien ne change".
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 21 avril 2014

    Tous les héros de Dostoïevski s’interrogent sur le sens de la vie. C’est en cela qu’ils sont modernes : ils ne craignent pas le ridicule.

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  • Par colimasson, le 19 avril 2014

    L’œuvre absurde illustre le renoncement de la pensée à ses prestiges et sa résignation à n’être plus que l’intelligence qui met en œuvre les apparences et couvre d’images ce qui n’a pas de raison. Si le monde était clair, l’art ne serait pas.

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  • Par colimasson, le 17 avril 2014

    L’amant, le comédien ou l’aventurier jouent l’absurde. Mais aussi bien, s’ils le veulent, le chaste, le fonctionnaire ou le président de la république. Il suffit de savoir et de ne rien masquer.

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  • Par colimasson, le 15 avril 2014

    Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme.

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  • Par mickbu, le 15 avril 2014

    "La seule pensée qui ne soit mensongère est donc une pensée stérile. Dans le monde de l'absurde la valeur d'une notion ou d'une vie se mesure à son infécondité".

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