Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Anaïs Bokobza (Traducteur)

ISBN : 2702141048
Éditeur : Calmann-Lévy (2010)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.07/5 (sur 1135 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche. Depuis le début de l’enquête, le criminologue Goran Gavilla et son équipe ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre ... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (287)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 27 décembre 2011

    lehane-fan
    Tiens , une bio sur Delerm ou Daho ? Le Chuchoteur à l'oreille des mérous , suite tant attendue d'un comparse qui , lui , officiait à celle des chevaux ? Que n'henniiiiiiiit ! le sérial killer nouveau est arrivé sans faire de bruit , et pour cause...
    Cinq disparitions de fillettes , six fosses contenant chacune un petit bras : le gauche ! le compte n'y est pas Bertrand Renard ! Histoire inspirée de faits réels ! Bam , le ton est donné , la chasse à l'homme peut commencer !
    L'équipe en charge de cette pénible affaire se compte sur les doigts d'une main , ils sont six . Bon , sur les doigts d'une grosse main...
    Roche , le big boss coordonateur en chef ; Stern , chargé de la collecte des infos en vue d'établir un profil type orientant ainsi les recherches ; Boris , l'agent examinateur spécialisé dans l'interrogatoire tout terrain et détenteur d'un terrible secret ; Gavila , seul civil de l'agence tout risque recruté pour ses talents de criminologue avérés et détenteur d'un terrible... ; Rosa , chargée de la logistique , experte en informatique et détentrice d'un... ; puis venant se greffer à cette hétéroclite équipe , tel un chien dans un jeu de quilles , Mila . Alors elle , son truc , c'est la recherche de personnes disparues couplée à la découverte de personnes recherchées . Spécialiste de l'enfance buissonniere... Polyvalence extreme . Comment ? La recherche induit la découverte ? Au temps pour moi...Et chose des plus surprenante , elle serait détentrice...Et là vous vous dites , mais c'est le pitch de cette émission hautement culturelle à fort potentiel décérébrant qu'est secret story . Heu , non , faut pas déconner quand meme car il y est fortement question de cogitage , réflexion et autre cassage de tete puissance dix donc pas grand chose en commun . Perso , j'avais proposé à l'éditeur : qui qu'est le p'tit canaillou cachottier qui cache qu'eque chose ? ? Titre brutalement refusé pour des raisons que je ne m'explique toujours pas...Une telle puissance créatrice devant déstabiliser , j'imagine...
    Il n'est pas rare , dans le genre thrilleristique ( primeur d'un mot qui fera officiellemnt son entrée dans le petit Larousse 2018 , c'est cadeau , c'est Noel ! ) , de découvrir un récit à tiroirs . L'histoire confirme pleinement ce postulat à un détail pres : c'est qu'il s'agit , présentement , des tiroirs d'une commode d'apothicaire ! Je défie quiconque ( les personnes l'ayant lu étant logiquement exclues ) d'en deviner le final ! A chaque disparition , un possible coupable , y compris dans les rangs de la police . le récit part dans tous les sens tout en gardant une cohérence indéniable . La crédibilité ne fait jamais défaut . Carrisi a opté pour de multiples rebondissements , à ne surtout pas assimiler à de l'esbrouffe ! L'enquete avance , piétine , recule pour mieux repartir . Un tueur en série ou une série de tueurs sachant que les deux pistes pouvant etre intimement liées ? A noter , pour la petite histoire , que ce récit pourrait rappeler certaines similitudes avec ce bon vieux Kurtz , énorme découverte des Camut / Hug . A enquete exceptionnelle , moyens exceptionnels . Profiling , médiumnité , hypnose , Elisabeth Tessier ( c'est dire s'ils sont au fonds du trou les gars... )...Tout est bon pour découvrir et appréhender ce ou ces vilains petits polissons !
    L'histoire tient la route , la psychologie qui s'en dégage est tout à fait raccord . Ici , foin d'éviscération , de torture. La suggestion est le maitre mot et c'est ça qui est bon ! Ambiance , ambiance...Les personnages sont travailles . Des humains aux cotés bien sombres dans un récit qui ne l'est pas moins ! Chacun traquant inlassablement le démon tout en devant composer avec les siens . Laissez-vous sombrer dans les méandres de cette enquete tentaculaire car elle regorge de surprises , toutes plus mauvaises les unes que les autres ! Et en cette période de Noel , les surprises sont plutot de bon aloi...
    Le Chuchoteur est un cauchemar éveillé ! Un étre immatériel qui semble avoir toujours un coup d'avance sur vous ! C'est glauque , c'est sombre , c'est addictif , c'est tout bon !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 65         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Zebra, le 27 avril 2013

    Zebra
    C'est à l'occasion de ses études de droit que Donato Carrisi, écrivain italien né en 1973 à Martina Franca, découvre les tueurs en série : juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, Donato Carrisi réalise d'abord une thèse sur Luigi Chiatti (tueur en série italien ayant assassiné deux petits garçons âgés de 4 et 13 ans en 1992 et 1993) puis il s'inspire très directement de la vie et du mode opératoire de ce tueur (qu'on a appelé « Il mostro di Foligno ») pour écrire, en 2010, son premier roman, un thriller littéraire : « Le Chuchoteur ».
    Très vite « Le Chuchoteur » s'impose comme un coup de maitre : vendu à plus de 200 000 exemplaires en Italie, l'ouvrage paraitra en France, sera traduit en une douzaine de langues et remportera quatre prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011 et le prix des lecteurs Livre de Poche 2011, catégorie « policiers-thrillers ». D'autres récompenses viendront ensuite conforter le talent de Donato Carrisi, comme le prix « Camaiore », le prix « Il Belgioso », le prix « Bancarella » et enfin le prix « Mediterraneo del Giallo y del Noir ».
    Inspiré de faits authentiques tirés des annales de la Police Criminelle, « Le Chuchoteur » nous immerge dans une réalité américaine odieuse, macabre et nous entraine à la recherche des corps de cinq fillettes, corps ayant été amputés de leurs bras gauches. L'ambiance est glauque à souhait (page 367 – le ventre de la bête), certains enquêteurs – et notamment Mila - nous émeuvent par certaines de leurs blessures personnelles qui viennent noircir encore le tableau d'ensemble (page 504 – Mila pratique sur elle l'auto-mutilation), et le suspense est complet car à chaque nouveau cadavre le lecteur est tenté d'accrocher un nouveau coupable potentiel : on bute, on trébuche au milieu de tous ces rebondissements, on pense à chaque fois avoir identifié l'assassin mais c'est l'échec. On est tenu en haleine, collé le nez et les yeux à chaque page, jusqu'au dénouement tout à fait singulier, irréel, comme une scène filmée en plein soleil et à contre-jour.
    « Le Chuchoteur » pose avec beaucoup d'intelligence et de brio la question des tueurs d'enfants et des" chuchoteurs". L'assassin des fillettes (non, je ne vous dirai pas de qui il s'agit !) est un "chuchoteur", c'est à dire un tueur en série de type subliminal, quelqu'un qui manipule les autres pour qu'ils en arrivent à tuer à sa place. le "chuchoteur" n'est pas un tueur comme les autres : il a une histoire personnelle tragique mais, l'interdit social l'empêchant de passer lui-même à l'acte, il s'appuie sur des personnalités quasi-ordinaires, choisies pour le côté obscur de leur propre histoire personnelle, pour leur faire commettre des crimes occasionnels en jouant sur leur côté obscur. le "chuchoteur" n'est pas né tueur en série, n'est pas né "chuchoteur", n'est pas né tueur d'enfants : sa personnalité s'est construite sur de nombreuses années, probablement une quinzaine d'années, période englobant sa petite enfance et son adolescence. Pendant cette période, le "chuchoteur" a commis des actes de délinquance pour nourrir son désir d'excitation. Cette délinquance est ensuite allée crescendo, le "chuchoteur" recherchant des poussées d'adrénaline de plus en plus fortes. le "chuchoteur" devait enfin en arriver au meurtre, meurtres qu'il préméditait et organisait à l'avance, méticuleusement. Qui dit meurtre dit pulsion de violence : celle-ci trouvait son origine dans les dysfonctionnements graves ayant entachés son enfance puis son adolescence, abandons parentaux, absence de figure paternelle, isolement psycho-affectif de l'enfant, alcoolisme ou drogue du parent ayant la charge de l'enfant, interdits sexuels, châtiments corporels, etc. Obsédé par ses pulsions, le "chuchoteur" accumulait progressivement un désir fou de toute puissance, de supériorité absolue, le désir de devenir l'égal de Dieu accordant ou supprimant la vie de ceux ou de celles qu'il choisirait, sans possibilité de contrôle extérieur. Ce désir fou nécessitait un contact physique avec les fillettes, ses victimes. Or, le "chuchoteur" vivait dans un monde personnel ambigu : les fillettes étaient chosifiées et dépersonnalisées afin d'assouvir son besoin de toute puissance et de mort, mais elles étaient également chéries (il les ampute du bras gauche mais il les soigne et veille à les maintenir en vie jusqu'à ce qu'il n'ait plus besoin d'elles) pour la satisfaction qu'elles seules arrivaient à lui procurer. le "chuchoteur" a son côté obscur, sa part d'ombre : il donne la vie mais il conduit d'autres êtres, méticuleusement choisis pour leurs parcours personnels tragiques, des assassins occasionnels, à donner la mort, à sa place. En fait, le "chuchoteur" nous raconte à sa façon son histoire ; traumatisé, enfant devenu adulte, devenu "chuchoteur", l'individu tente par son mode opératoire (page 568) de retrouver une partie « égarée » de son enfance tragique : il regrette ce monde de l'enfance (page 542) qui pouvait figer et stopper le temps, ce monde de l'enfance où les rituels de sang soudaient les amitiés, ce monde de l'enfance où l'amour (page 511) était entier, exclusif et éternel, ce monde de l'enfance où on se liait (page 509) en se disant simplement ses prénoms, en toute innocence et en grande pureté, ce monde de l'enfance où l'enfant (page 513) le rendait bien à l'adulte, l'adulte en qui il pouvait placer toute sa confiance. Dilemme : comme criminel, le "chuchoteur" doit être puni, mais comme malade, il doit être soigné. Que doit donc faire la société ? Doit-on accorder le pardon à ce type d'individu malgré l'abomination des fautes commises en son nom ?
    « Le Chuchoteur » est un très bon thriller. L'écriture est claire et limpide. le suspense est garanti. Il y a beaucoup de personnages (de mon point de vue, un peu trop) et ils sont bien campés. le scénario avance, efficacement, à l'américaine. Ce livre assez volumineux (est-ce que l'auteur ne serait pas arrivé au même résultat avec 100 pages de moins ?) ne vous laissera pas indifférent et il vous transformera en enquêteur parti en chasse après les indices que Donato Carrisi aura laissé ici et là, comme autant de petits cailloux déposés par nos "Petit Poucet" sur un chemin tortueux et sanglant. Accessoirement, l'ouvrage vous fera réfléchir à des questions qui font encore débat, et pas seulement dans le cercle réservé des criminologues.
    A lire.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 45         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 04 janvier 2013

    Gwen21
    Impressionnant !
    J'ai emprunté ce thriller à Leiji et sincèrement je ne pensais pas que ce roman serait un polar aussi excellent. Cependant, il l'est. Indéniablement.
    Donato Carrisi, passionné par le domaine des tueurs en série (il a écrit une thèse sur un psychopathe!), nous fait largement entrevoir son expertise dans ce roman de plus de 500 pages qui tient le lecteur en haleine d'un bout à l'autre, sans relâche.
    L'affaire est complexe : 6 fillettes ont été kidnappées, on ne retrouve d'elles que leurs bras gauches enterrés tous ensemble au fond d'une forêt... Macabre ? Absolument, et ce n'est que le début. Âme sensible et coeur fragile s'abstenir ! le lecteur est entraîné dans un jeu de piste vertigineux, sur la trace du tueur en série, aux côtés d'une équipe de professionnels (agents spéciaux, criminologue, spécialiste de la recherche d'enfants disparus, etc.). Jamais, en fait, un thriller (ici inexorablement doublé d'un livre d'horreur) ne m'avait autant fait froid dans le dos ! Et pourtant, il en faut pour me clouer à mon fauteuil jusqu'à des 3h du matin, incapable de lâcher mon attention de ce livre à la fois fascinant et répugnant qui nous fait regarder d'un peu plus près et sans fard notre propre humanité. Dans ce contexte, j'ai plusieurs fois frôlé la crise cardiaque quand mon chat a soudain sauté sur mes genoux ou quand mon voisin est venu, tard le soir, tambouriner à ma porte pour... m'offrir un pot de miel ! A certains moments, je l'avoue, je n'étais pas loin de la transe et comme les inspecteurs, j'ai très nettement eu l'impression d'être menée en bateau par le dangereux maniaque qui hante les pages du roman.
    Pour renforcer cette atmosphère oppressante et inscrire l'affaire fictive qu'il décrit dans une intemporalité à la fois instructive et moralisatrice, l'auteur ne situe pas son action : pas d'année (même si on comprend que l'action nous est contemporaine) et surtout pas de lieux cités (à un moment il évoque l'Ohio mais pour parler d'une histoire vraie). Par le nom des personnages et les descriptions de lieu, on devine qu'on se trouve aux USA, on peut imaginer, bien qu'il ne soit jamais mentionné, que les agents spéciaux en charge de l'affaire appartiennent au célèbre FBI mais c'est au lecteur de planter le décor. Dès les premières pages, on perçoit que l'auteur est parfaitement documenté sur le sujet, qu'il maîtrise sa narration, fluide et prégnante, et qu'il excelle dans le portrait psychologique, que ce soit celui de l'assassin ou des policiers lancés à ses trousses...
    En résumé, je dirai que j'ai lu ce roman comme j'aurais visionné une très bonne série policière américaine à la télé, chaque chapitre apportant son coup d'éclat ou son revirement de situation qui renforce l'angoisse et le suspense tout à la fois. Dans ce cas, pas d'autre solution que de dévorer les chapitres les uns après les autres comme on engloutirait les 25 épisodes d'une série qui aurait tout à gagner à adapter ce récit !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 52         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par ondamania, le 22 juillet 2013

    ondamania
    Extraordinaire !
    Certains livres nous touchent, nous émeuvent, nous font pleurer, nous agressent, nous perturbent , nous bouleversent, non je ne vais pas détailler tous les sentiments, mais celui-ci m'a scotché, comme pour la plupart des lecteurs au vue de toutes les critiques.
    Les rebondissements arrivent au moment où on s'y attend le moins, les protagonistes sont vrais, à fleur de peau et humains, et les méchants sont pervers, torturés, intelligents. Donato Carrisi nous dépeint toute une palette de tueurs et décrit leur psychologie à l'aide des enquêtes.
    C'est bien écrit, loin d'être gore et voyeur.
    Je ne chuchoterai pas que c'est un livre époustouflant.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 55         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Marple, le 14 juillet 2013

    Marple
    Félicitations, Donato Carrisi ! Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Le Chuchoteur me laisse scotchée, sonnée, bluffée, un peu comme je l'étais après avoir vu pour la première fois le silence des agneaux. Je vais donc me joindre au chœur des (231) critiques élogieuses...
    L'histoire commence comme un (horrible) thriller classique : on retrouve les bras gauches de cinq fillettes disparues. Plus un bras gauche supplémentaire... L'enquête commence alors pour arrêter le tueur et résoudre le mystère du sixième bras. Très vite, elle prend la forme d'un impressionnant face-à-face entre une équipe d'agents spéciaux intelligents, intuitifs et efficaces et un tueur qui l'est tout autant, voire plus, et les promène de fausses pistes en vrais criminels auteurs d'horreurs variées, le tout sans qu'on puisse lâcher le livre ou reprendre notre souffle. Il y a là une qualité de suspense et de finesse psychologique rare qui fait oublier les éventuels petits défauts.
    Si les enquêteurs m'ont tous semblé justes, intéressants et bien brossés, avec leurs faiblesses, leurs zones d'ombre et leur générosité, c'est bien l'enquête elle-même qui occupe le rôle clé et rend ce polar absolument magistral. Au point que je regrette (presque) qu'il y ait bientôt un 2ème volume... à moins que l'intrigue soit tout aussi brillante, haletante et terrifiante que celle-ci !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 45         Page de la critique

> voir toutes (197)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Gueulle-d-amour, le 13 avril 2014

    Les gares sont une sorte d'antichambre de l'enfer, où les âmes s'amassent en attendant que quelqu'un vienne les chercher.

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la citation

  • Par Aproposdelivres, le 17 janvier 2011

    Le grand papillon l’emportait, se fiant à sa mémoire pour se déplacer dans la nuit. Il faisait vibrer ses larges ailes poussiéreuses, évitant les pièges des montagnes, aussi calmes que des géants endormis épaule contre épaule.
    Au-dessus d’eux, un ciel de velours. En des sous, le bois. Très dense.
    Le pilote se tourna vers le passager et indiqua devant lui un énorme trou blanc au sol, semblable au cratère lumineux d’un volcan.
    L’hélicoptère vira dans cette direction.
    Ils atterrirent au bout de sept minutes sur l’accotement de la nationale. La route était fermée et la zone occupée par la police. Un homme en costume bleu vint accueillir le passager jusque sous les hélices, retenant avec peine sa cravate.
    – Bienvenue, professeur, nous vous attendions, dit- il à haute voix pour couvrir le bruit des rotors.
    Goran Gavila ne répondit pas.
    L’agent spécial Stern continua :
    – Venez, je vous expliquerai en chemin.
    Ils s’engagèrent sur un sentier accidenté, laissant derrière eux le bruit de l’hélicoptère qui reprenait de l’altitude, aspiré par le ciel d’encre.
    La brume glissait comme un suaire, dévoilant le profil des collines. Autour, les parfums mélangés du bois étaient adoucis par l’humidité de la nuit qui remontait le long des vêtements, glissait froidement sur la peau.
    – Cela n’a pas été simple, je vous assure : il faut que vous voyiez de vos propres yeux.
    L’agent Stern précédait Goran de quelques pas, en se frayant un chemin parmi les arbustes, tout en lui parlant sans le regarder.
    – Tout a commencé ce matin, vers onze heures. Deux jeunes garçons parcourent le sentier avec leur chien. Ils entrent dans le bois, escaladent la col line et débouchent dans la clairière. Le chien est un labrador et, vous savez, ils aiment creuser, ces chiens- là… Bref, l’animal devient comme fou parce qu’il a flairé quelque chose. Il creuse un trou. Et voilà qu’apparaît le premier. Goran se concentrait pour le suivre, tandis qu’ils s’enfonçaient dans la végétation de plus en plus touffue le long de la pente progressivement plus raide. Il remarqua que le pantalon de Stern était légèrement déchiré à la hauteur du genou, signe qu’il avait déjà fait le trajet plusieurs fois cette nuit- là.
    – Évidemment, les jeunes garçons s’enfuient immédiatement et préviennent la police locale, continua l’agent. Ils arrivent, examinent les lieux, les reliefs, ils cherchent des indices. Bref : la routine. Puis quelqu’un a l’idée de continuer à creuser, pour voir s’il y a autre chose… et voilà que le deuxième apparaît ! Là, ils nous ont appelés : on est ici depuis trois heures du matin. Nous ne savons pas encore combien il y en a, là- dessous. Voilà, nous sommes arrivés…
    Devant eux s’ouvrit une petite clairière éclairée par des projecteurs – la gorge de feu du volcan. Soudain, les parfums du bois s’évanouirent et tous deux furent assaillis par une odeur âcre caractéristique. Goran leva la tête, se laissant envahir : acide phénique.
    Et il vit.
    Un cercle de petites fosses. Et une trentaine d’hommes en combinaison blanche qui creusaient dans cette lumière halogène et martienne, munis de petites pelles et de pinceaux pour enlever délicatement la terre. Certains passaient l’herbe au crible, d’autres photographiaient et cataloguaient chaque pièce avec soin. Leurs gestes étaient précis, calibrés, hypnotiques, enveloppés dans un silence sacré, violé de temps à autre par les petites explosions des flashes.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

  • Par BoulieBouffeTout, le 12 août 2010

    "Quand un individu ment, il doit effectuer une activité psychologique intense pour compenser toute une série de tensions. Pour rendre ses réponses plus crédibles, il est contraint d'atténuer des informations véridiques déjà sédimentées dans sa mémoire, et à recourir à des mécanismes d'élaboration logique pour les amalgamer au mensonge qu'il raconte. Cela requiert un effort énorme, ainsi qu'une certaine imagination.
    Chaque fois qu'on profère un mensonge, il faut se rappeler de tous les faits qui le font tenir sur pied. Quand les mensonges sont nombreux, le jeu devient complexe. Un peu comme le jongleur de cirque qui tente de faire tourner des assiettes sur des bâtons. Chaque fois qu'il en rajoute une, l'exercice devient plus difficile et il est contraint de courir d'un côté à l'autre sans répit. C'est à ce moment là qu'on faiblit, qu'on s'expose."
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 22         Page de la citation

  • Par Owly, le 16 mars 2011

    Goran avait accroché dans sa salle de cours une photo en noir et blanc d'un enfant. Un petit homme dodu et sans défense. Ses étudiants le voyaient et finissaient par se prendre d'affection pour cette image. Quand - plus ou moins en milieu du semestre - quelqu'un avait le courage de lui demander de qui il s'agissait, il les mettait au défi de deviner. Les réponses étaient variées et pleines de fantaisie. Et il s'amusait de leurs expressions quand il leur révélait que cet enfant était Adolf Hitler. Après la guerre, le chef nazi était devenu un monstre dans l'imaginaire collectif, et pendant des années les nations qui étaient sorties victorieuses du conflit s'étaient opposées à toute autre vision. Ainsi, personne ne connaissait les photos d'enfance du Führer. Un monstre ne pouvait pas avoir été un enfant, il ne pouvait pas avoir ressenti autre chose que de la haine, avoir vécu une existence similaire à tant d'autres enfants de son âge, qui étaient par la suite devenus ses victimes
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la citation

  • Par Ptitgateau, le 20 février 2014

    Pour appuyer sa thèse, le professeur Gavila faisait remarquer à ses étudiants de l'université que, pratiquement toutes les fois ou on arrêtait un criminel en série, ses voisins et ses proches tombaient des nues.
    "Nous les appelons "monstres" parce que nous les sentons loin de nous, et donc, nous les voulons différents, disait Goran dans ses séminaires. Au contraire, ils nous ressemblent en tout et pour tout.Mais nous préférons balayer l'idée qu'un de nos semblables est capable de telles atrocités. En partie pour absoudre notre nature. Les anthropologues appellent ça la "dépersonnalisation du coupable" et cela constitue souvent le principal obstacle à l'identification d'un tueur en série. car un homme a des points faibles et peut être capturé, pas un monstre.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
15,00 € (neuf)
1,46 € (occasion)

   

Faire découvrir Le Chuchoteur par :

  • Mail
  • Blog

Autres livres de Donato
Carrisi(2) > voir plus

> voir plus

Lecteurs (2219)

> voir plus

Quiz