> Anaïs Bokobza (Traducteur)

ISBN : 2702141048
Éditeur : Calmann-Lévy (2010)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.08/5 (sur 332 notes) Ajouter à mes livres
Lauréat du Prix du Jury des lecteurs du Livre de Poche Policier 2011

Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu’ils enquêt... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 27 décembre 2011

    lehane-fan
    Tiens , une bio sur Delerm ou Daho ? Le Chuchoteur à l'oreille des mérous , suite tant attendue d'un comparse qui , lui , officiait à celle des chevaux ? Que n'henniiiiiiiit ! le sérial killer nouveau est arrivé sans faire de bruit , et pour cause...
    Cinq disparitions de fillettes , six fosses contenant chacune un petit bras : le gauche ! le compte n'y est pas Bertrand Renard ! Histoire inspirée de faits réels ! Bam , le ton est donné , la chasse à l'homme peut commencer !
    L'équipe en charge de cette pénible affaire se compte sur les doigts d'une main , ils sont six . Bon , sur les doigts d'une grosse main...
    Roche , le big boss coordonateur en chef ; Stern , chargé de la collecte des infos en vue d'établir un profil type orientant ainsi les recherches ; Boris , l'agent examinateur spécialisé dans l'interrogatoire tout terrain et détenteur d'un terrible secret ; Gavila , seul civil de l'agence tout risque recruté pour ses talents de criminologue avérés et détenteur d'un terrible... ; Rosa , chargée de la logistique , experte en informatique et détentrice d'un... ; puis venant se greffer à cette hétéroclite équipe , tel un chien dans un jeu de quilles , Mila . Alors elle , son truc , c'est la recherche de personnes disparues couplée à la découverte de personnes recherchées . Spécialiste de l'enfance buissonniere... Polyvalence extreme . Comment ? La recherche induit la découverte ? Au temps pour moi...Et chose des plus surprenante , elle serait détentrice...Et là vous vous dites , mais c'est le pitch de cette émission hautement culturelle à fort potentiel décérébrant qu'est secret story . Heu , non , faut pas déconner quand meme car il y est fortement question de cogitage , réflexion et autre cassage de tete puissance dix donc pas grand chose en commun . Perso , j'avais proposé à l'éditeur : qui qu'est le p'tit canaillou cachottier qui cache qu'eque chose ? ? Titre brutalement refusé pour des raisons que je ne m'explique toujours pas...Une telle puissance créatrice devant déstabiliser , j'imagine...
    Il n'est pas rare , dans le genre thrilleristique ( primeur d'un mot qui fera officiellemnt son entrée dans le petit Larousse 2018 , c'est cadeau , c'est Noel ! ) , de découvrir un récit à tiroirs . L'histoire confirme pleinement ce postulat à un détail pres : c'est qu'il s'agit , présentement , des tiroirs d'une commode d'apothicaire ! Je défie quiconque ( les personnes l'ayant lu étant logiquement exclues ) d'en deviner le final ! A chaque disparition , un possible coupable , y compris dans les rangs de la police . le récit part dans tous les sens tout en gardant une cohérence indéniable . La crédibilité ne fait jamais défaut . Carrisi a opté pour de multiples rebondissements , à ne surtout pas assimiler à de l'esbrouffe ! L'enquete avance , piétine , recule pour mieux repartir . Un tueur en série ou une série de tueurs sachant que les deux pistes pouvant etre intimement liées ? A noter , pour la petite histoire , que ce récit pourrait rappeler certaines similitudes avec ce bon vieux Kurtz , énorme découverte des Camut / Hug . A enquete exceptionnelle , moyens exceptionnels . Profiling , médiumnité , hypnose , Elisabeth Tessier ( c'est dire s'ils sont au fonds du trou les gars... )...Tout est bon pour découvrir et appréhender ce ou ces vilains petits polissons !
    L'histoire tient la route , la psychologie qui s'en dégage est tout à fait raccord . Ici , foin d'éviscération , de torture. La suggestion est le maitre mot et c'est ça qui est bon ! Ambiance , ambiance...Les personnages sont travailles . Des humains aux cotés bien sombres dans un récit qui ne l'est pas moins ! Chacun traquant inlassablement le démon tout en devant composer avec les siens . Laissez-vous sombrer dans les méandres de cette enquete tentaculaire car elle regorge de surprises , toutes plus mauvaises les unes que les autres ! Et en cette période de Noel , les surprises sont plutot de bon aloi...
    Le Chuchoteur est un cauchemar éveillé ! Un étre immatériel qui semble avoir toujours un coup d'avance sur vous ! C'est glauque , c'est sombre , c'est addictif , c'est tout bon !
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    Critique de qualité ? (30 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par nanougo44, le 20 décembre 2011

    nanougo44
    Lecteur, approches toi...encore...plus près...voilà, comme ça...laisse moi te raconter dans le creux de l'oreille, cette histoire macabre et machiavélique...
    Ce livre avait, dès le début, tout pour me plaire: un thriller, inspiré de faits réels , le genre de livres dont je raffole !
    En regardant la couverture, j'avais déjà un sentiment de malaise envoûtant. La photo d'une poupée de porcelaine, ce genre de poupées que nos grand-mères avaient et qui m'ont fait passer de longues nuits d'angoisse lorsque je partageais ma chambre avec l'une d'entre elles. Pourvue d'une imagination déjà débordante, je les imaginais capables du pire si je m'endormais...mais j'me suis soignée depuis, je vous rassure ça va mieux...quoique...
    Cinq petites filles ont disparu, un cimetière au milieu d'une forêt est découvert avec cinq petites fosses creusées et un bras gauche dans chacune d'entre elles. L'équipe du criminologue réputé Goran Gavila va devoir enquêter sur ce tueur en série qui enlève et tue méthodiquement ses victimes en leur tranchant le bras gauche pour les faire mourir dans d'atroces souffrances.
    Un sixième bras est découvert sans aucune autre annonce d'enlèvement d'enfant et une chasse à l'homme étrange va débuter où l'on se demande qui chasse qui...
    Mila Vasquez, agent spécialisé dans les enlèvements d'enfants, va rejoindre le groupe pour tenter de les aider à trouver la vérité sur ces étranges et sordides disparitions.
    C'est ce genre de thriller où vous avez l'impression que l'auteur vous a fait entrer dans une pièce sombre avec une bougie et plus vous avancez dans la pièce, plus vos yeux s'habituent à l'obscurité et vous découvrez petit à petit les éléments qui vont vous apprendre où vous êtes et pourquoi, mais au moment où vous croyez comprendre ce qu'il se passe, un élément va intervenir pour vous montrez que vous faîtes fausse route et que, ce que vous aviez imaginé n'est qu'illusion.
    C'est bon tout ça... et ça fonctionne, il relance l'intrigue à chaque fin de chapitre et vous donne envie de continuer! le tueur manipule les enquêteurs, tel un marionnettiste, tout comme l'auteur manipule le lecteur.
    Si je n'avais eut que ça à faire, je l'aurais sûrement dévoré d'une traite, mais...  « maman c'est quoi cette odeur de brûlé ? » Mince, j'ai encore fait cramer mon riz au lait !!!
    Bref, vous l'aurez comprit, j'ai adoré cet excellent thriller haletant et psychologique.
    Vôtre palpitant à bloc, vous n'arriverez pas à refermez ce livre avant la dernière page. Certains lecteurs y ont trouvé trop de rebondissements, mais c'est ce qui fait que le rythme est aussi soutenu et qu'on ait pas le temps de s'ennuyer, ni de souffler. J'étais même persuadée, à plusieurs moments, de savoir où l'auteur voulait en venir, mais...

    Je ne peux, ni ne veux, vous en dire plus car cela gâcherait le plaisir de futurs lecteurs mais, pour un premier roman, Donato Carrisi nous montre qu'il est sur la bonne voie pour devenir un excellent auteur de thrillers. Avant d'écrire ce livre il a rédigé une thèse sur «  le monstre de Florence »surnom d'un meurtrier qui serait l'auteur de seize meurtres qui ont eu lieu entre 1968 et 1985 dans la région de Florence, en Italie et qui a servit de base à la création du personnage d'Hannibal Lecter de Thomas Harris.
    Alors sans chuchotements je vous le dis: LISEZ LE !

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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Salsera15, le 15 mai 2012

    Salsera15
    Tout d'abord, les personnages. Mila et Goran sont les deux personnages principaux de l'histoire. Mila enquête sur les disparitions et a pour rôle de retrouver la sixième fillette. Elle n'a jamais été en contact avec des affaires de tueurs en série, mais devra s'allier à une équipe de policiers pour éclairer cette histoire de fillettes disparues auxquelles on a coupé le bras gauche. Elle est une femme forte et de caractère et cache un profond secret concernant sa jeunesse. Son histoire a beaucoup de points en commun avec la situation de la sixième fillette. C'est ce profond secret qui fait d'elle une partenaire indispensable, car elle sait reconnaître la psychologie du tueur et fournit des pistes de recherche intéressantes. Ses remarques sont pertinentes, éclairées. Elle a un seul vice. La souffrance ne lui fait pas peur et même la réconforte à certains moments. Les cicatrices sont le résultat de blessures qu'elle s'inflige elle-même. Une victime, une cicatrice.
    Goran quant à lui, n'est pas un policier officiel. Il est criminologue. Sa psychologie et ses réflexions font de lui un chef d'équipe excellent. Il gratte la surface et cherche dans les moindres éléments les pistes qui pourraient l'amener à Albert, comme il l'appelle. Il est très obsédé par son travail, y réfléchit même à son domicile, quitte à négliger son fils Tommy à l'occasion. Bien que ce soit un homme négligé en apparence, sa pensée n'en demeure pas moins précieuse. Malgré son dévouement au travail, c'est un homme qui souffre suite au départ de sa femme et cela le poussera à commettre un acte qui aurait pu s'avérer fatal pour lui.

    Concernant le reste de l'équipe, Boris est un bon vivant. Il est transparent et veut voir l'enquête avancer. Sarah Rosa est mystérieuse, son attitude cache un secret qu'on découvrira vers le milieu du roman. Finalement, il y a Albert. Il nous démontre tout au long du roman comment les crimes peuvent s'organiser de façon complexe et s'avérer délicats à résoudre.

    Le style de l'auteur est simple à lire. Les phrases sont bien écrites et l'écriture est fluide. Il y a tellement d'action qu'il est difficile de poser le livre. C'est un thriller excellent et un auteur qui manie bien l'intrigue!

    Les divers lieux de crime ainsi que les preuves recueillies sont selon moi ce que l'auteur a le mieux réussi. Les descriptions sont pertinentes, sans tomber dans l'horreur et créent un sentiment d'importance autour des victimes retrouvées. Les lieux sont disparates. Situés dans des endroits différents, il est difficile de faire un lien entre les différentes victimes pour le lecteur. Il en est de même pour les personnes soupçonnées d'avoir commis le crime. On se demande constamment quel est le lien entre elles, sans parvenir à trouver une réponse. L'auteur doit constamment mener le lecteur par la main, car toute déduction est difficilement possible. Les passages en italique dans lesquels on ne sait pas qui parle tout au long du roman laissent à penser qu'il s'agit de la sixième fillette, encore vivante, qui raconte sa situation. Mais ce n'est qu'à la fin qu'on se rend compte que cela était totalement faux. Une intrigue exceptionnelle, remplie de rebondissements, de secrets et de surprise! Une fin qui nous enseigne comme quoi les apparences sont trompeuses et à quel point le pouvoir de persuasion de certains individus peut aller jusqu'à modifier la pensée!

    Un coup de coeur décidément! Un livre dont on ne décroche pas avant d'avoir eu la réponse à nos interrogations!

    Je donne la note de 5/5.
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    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline, le 26 avril 2012

    Marcelline
    Même si l'on a déjà eu quelques pistes ici ou là, ce n'est qu'à quelques pages de la fin que le titre Le Chuchoteur prend tout son sens... mais, aucun souci: une fois la lecture entamée, impossible de décrocher!
    Malgré les rebondissements, les références à des faits divers réels, les diversions concernant la vie personnelle de chacun des membres de l'équipe en charge de l'enquête, l'ensemble forme un tout très cohérent; et, une fois reçue la claque finale, j'imaginais l'auteur, pendant la phase d'écriture, entouré de coupures de journaux, de plans, de dictionnaires médicaux, d'arbres généalogiques,... de tout ce qui, travaillés et synthétisés sous sa plume, donne cet ensemble riche et cohérent, percutant, dérangeant, au suspense haletant, impossible à lâcher...
    Donc, merci monsieur Carrisi pour ce premier roman qui me laissera le souvenir d'un thriller épouvantablement époustouflant!
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
  • Par petitepom, le 19 mai 2012

    petitepom
    C'est un policier assez complexe, il y a beaucoup de personnages, nous n'avons pas un seul enquêteur mais une équipe. Par contre, cela donne une réalité à l'histoire, car il y a plusieurs affaires qui viennent s'entrecroiser.
    Cela commence par la découverte macabre de plusieurs bras de fillette enterrer en cercle, notre équipe va peu à peu découvrir les cadavres de ces enfants dans l'ordre où elles ont été enlevées ; sauf pour la dernière dont on soupçonne qu'elle soit encore vivante, c'est la recherche de cette dernière qui devient une priorité sans rien n'enlever au drame dont on était soumis les précédentes.
    Le sujet principal n'est pas seulement cette quête ; c'est aussi les tueurs en série et leurs comportements, l'enquête en cours amène parfois notre équipe de policier à en démêler d'autres, abordant ainsi plusieurs modes opératoires et donnant des références qui apportent du réalisme. Cela m'a fait penser à une série TV que j'aime beaucoup : « Esprits criminels ».
    Des chapitres en italiques amènent des éléments perturbants qui nous conduit vers une fin inattendue et époustouflante.
    Seul bémol : la fin des certains chapitres trop théâtrales et sans suite embrouille le lecteur, j'avoue avoir été perdu parfois.
    Malgré ces moments un peu confus, cela reste un policier très riche et bien mené. j'ai beaucoup aimé cette lecture passionnante.
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Citations et extraits

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  • Par Aproposdelivres, le 17 janvier 2011

    Le grand papillon l’emportait, se fiant à sa mémoire pour se déplacer dans la nuit. Il faisait vibrer ses larges ailes poussiéreuses, évitant les pièges des montagnes, aussi calmes que des géants endormis épaule contre épaule.
    Au-dessus d’eux, un ciel de velours. En des sous, le bois. Très dense.
    Le pilote se tourna vers le passager et indiqua devant lui un énorme trou blanc au sol, semblable au cratère lumineux d’un volcan.
    L’hélicoptère vira dans cette direction.
    Ils atterrirent au bout de sept minutes sur l’accotement de la nationale. La route était fermée et la zone occupée par la police. Un homme en costume bleu vint accueillir le passager jusque sous les hélices, retenant avec peine sa cravate.
    – Bienvenue, professeur, nous vous attendions, dit- il à haute voix pour couvrir le bruit des rotors.
    Goran Gavila ne répondit pas.
    L’agent spécial Stern continua :
    – Venez, je vous expliquerai en chemin.
    Ils s’engagèrent sur un sentier accidenté, laissant derrière eux le bruit de l’hélicoptère qui reprenait de l’altitude, aspiré par le ciel d’encre.
    La brume glissait comme un suaire, dévoilant le profil des collines. Autour, les parfums mélangés du bois étaient adoucis par l’humidité de la nuit qui remontait le long des vêtements, glissait froidement sur la peau.
    – Cela n’a pas été simple, je vous assure : il faut que vous voyiez de vos propres yeux.
    L’agent Stern précédait Goran de quelques pas, en se frayant un chemin parmi les arbustes, tout en lui parlant sans le regarder.
    – Tout a commencé ce matin, vers onze heures. Deux jeunes garçons parcourent le sentier avec leur chien. Ils entrent dans le bois, escaladent la col line et débouchent dans la clairière. Le chien est un labrador et, vous savez, ils aiment creuser, ces chiens- là… Bref, l’animal devient comme fou parce qu’il a flairé quelque chose. Il creuse un trou. Et voilà qu’apparaît le premier. Goran se concentrait pour le suivre, tandis qu’ils s’enfonçaient dans la végétation de plus en plus touffue le long de la pente progressivement plus raide. Il remarqua que le pantalon de Stern était légèrement déchiré à la hauteur du genou, signe qu’il avait déjà fait le trajet plusieurs fois cette nuit- là.
    – Évidemment, les jeunes garçons s’enfuient immédiatement et préviennent la police locale, continua l’agent. Ils arrivent, examinent les lieux, les reliefs, ils cherchent des indices. Bref : la routine. Puis quelqu’un a l’idée de continuer à creuser, pour voir s’il y a autre chose… et voilà que le deuxième apparaît ! Là, ils nous ont appelés : on est ici depuis trois heures du matin. Nous ne savons pas encore combien il y en a, là- dessous. Voilà, nous sommes arrivés…
    Devant eux s’ouvrit une petite clairière éclairée par des projecteurs – la gorge de feu du volcan. Soudain, les parfums du bois s’évanouirent et tous deux furent assaillis par une odeur âcre caractéristique. Goran leva la tête, se laissant envahir : acide phénique.
    Et il vit.
    Un cercle de petites fosses. Et une trentaine d’hommes en combinaison blanche qui creusaient dans cette lumière halogène et martienne, munis de petites pelles et de pinceaux pour enlever délicatement la terre. Certains passaient l’herbe au crible, d’autres photographiaient et cataloguaient chaque pièce avec soin. Leurs gestes étaient précis, calibrés, hypnotiques, enveloppés dans un silence sacré, violé de temps à autre par les petites explosions des flashes.
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  • Par BoulieBouffeTout, le 12 août 2010

    "Quand un individu ment, il doit effectuer une activité psychologique intense pour compenser toute une série de tensions. Pour rendre ses réponses plus crédibles, il est contraint d'atténuer des informations véridiques déjà sédimentées dans sa mémoire, et à recourir à des mécanismes d'élaboration logique pour les amalgamer au mensonge qu'il raconte. Cela requiert un effort énorme, ainsi qu'une certaine imagination.
    Chaque fois qu'on profère un mensonge, il faut se rappeler de tous les faits qui le font tenir sur pied. Quand les mensonges sont nombreux, le jeu devient complexe. Un peu comme le jongleur de cirque qui tente de faire tourner des assiettes sur des bâtons. Chaque fois qu'il en rajoute une, l'exercice devient plus difficile et il est contraint de courir d'un côté à l'autre sans répit. C'est à ce moment là qu'on faiblit, qu'on s'expose."
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  • Par hootyowl, le 16 mars 2011

    Goran avait accroché dans sa salle de cours une photo en noir et blanc d'un enfant. Un petit homme dodu et sans défense. Ses étudiants le voyaient et finissaient par se prendre d'affection pour cette image. Quand - plus ou moins en milieu du semestre - quelqu'un avait le courage de lui demander de qui il s'agissait, il les mettait au défi de deviner. Les réponses étaient variées et pleines de fantaisie. Et il s'amusait de leurs expressions quand il leur révélait que cet enfant était Adolf Hitler. Après la guerre, le chef nazi était devenu un monstre dans l'imaginaire collectif, et pendant des années les nations qui étaient sorties victorieuses du conflit s'étaient opposées à toute autre vision. Ainsi, personne ne connaissait les photos d'enfance du Führer. Un monstre ne pouvait pas avoir été un enfant, il ne pouvait pas avoir ressenti autre chose que de la haine, avoir vécu une existence similaire à tant d'autres enfants de son âge, qui étaient par la suite devenus ses victimes
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  • Par toto, le 24 octobre 2010

    "Nous les appelons "monstres" parce que nous les sentons loin de nous, et donc nous les voulons "différents", disait Goran dans ses séminaires. Au contraire, ils nous ressemblent en tout et pour tout. Mais nous préférons balayer l'idée qu'un de nos semblables est capable de telles atrocités. En partie pour absoudre notre nature. Les anthropologues appellent ça la "dépersonnalisation du coupable", et cela constitue souvent le principal obstacle à l'identification d'un tueur en série. Car un homme a des points faibles et peut être capturé. Pas un monstre".
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  • Par nanougo44, le 17 décembre 2011

    "Nous les appelons "monstres" parce que nous les sentons loin de nous, et donc les voulons "différents", disait Goran dans ses séminaires. Au contraire, ils nous ressemblent en tout et pour tout. Mais nous préférons balayer l'idée qu'un de nos semblables est capable de telles atrocités. En partie pour absoudre notre nature. Les anthropologues appellent ça la "dépersonnalisation du coupable", et cela constitue souvent le principal obstacle à l'identification d'un tueur en série. Car un homme a des points faibles et peut-être capturé. Pas un monstre."
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