ISBN : 2246108853
Éditeur : Grasset (2002)


Note moyenne : 4.32/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
Moravagine, c'est le mal, la folie, l'énergie destructrice, incarnés dans le dernier descendant d'une famille royale en exil.
Son histoire, pleine de bruit et de fureur, est racontée par son témoin, son confident Cendrars lui-même, dont Moravagine, sa créature, e... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Alienor, le 15 août 2010

    Alienor
    Voici le roman qui est venu rompre un cycle de lectures décevantes, et qui figurera sans aucun doute dans mon top 5 de l'année 2010. Outre le plaisir de lecture qu'il m'a procuré, il m'a également permis de découvrir un grand auteur qui m'était encore inconnu.
    Son narrateur, Raymond, est un jeune psychiatre qui entame au début du livre un stage dans un hôpital psychiatrique suisse. Il y fait la connaissance de Moravagine, malade interné depuis de longues années dans le pavillon réservé aux incurables. C'est un homicide qui a conduit dans cet établissement renommé ce dernier descendant d'une lignée noble d'Europe de l'Est, qui s'avère être un fou dangereux. Mais Raymond s'attache à cet homme au point de le faire évader, et leur fuite perpétuelle va leur faire vivre de nombreuses aventures improbables à travers le monde.
    Moravagine est un roman particulier, qui happe dès les premières pages. Ce personnage a hanté Blaise Cendrars durant des années, et l'écriture de ce livre a été menée parallèlement à d'autres travaux, comme il l'explique lui-même dans la très intéressante postface de cette édition (Grasset – Les cahiers rouges). Déroutant, halluciné, anticonformiste… tels sont les premiers qualificatifs qui me viennent à l'esprit pour décrire mon ressenti sur ce livre vraisemblablement unique dans sa façon d'évoquer le Mal. Et qui tient tout à la fois du thriller et du roman d'aventures. Une belle découverte !

    Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 28 mai 2011

    cicou45
    C'est une libraire qui m'a fait découvrir cet ouvrage alors que je faisais mon stage en librairie en 2007. et j'en garde un très bon souvenir. Moravagine incarne le mal et est en quelque sorte la partie de l'auteur qui n'est pas visible et est enfouie dans son inconscient. Je ne suis pas d'un esprit manichéen, je ne crois pas qu'une personne peut être soit totalement bonne, soit totalement mauvaise. Chacun comporte en lui son Eros et son Thanatos et c'est en cela que j'ai trouvé ce livre extraordinaire. Une histoire à la "Dr Jekyll et Mr Hyde"" qui est passionnante. A découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par rosesaylavi, le 28 juillet 2010

    rosesaylavi
    Cendrars écrit avec ses tripes. En lisant Moravagine on sent un auteur qui vit, court, sue, vibre!
    Moravagine est un livre fascinant, impossible de le raconter, on reste fasciné par les personnages, l'anecdote reste secondaire.
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  • Par Aela, le 18 février 2011

    Aela
    De la steppe russe à la forêt brésilienne, un hyper-roman d'aventures.
    Un style halluciné.
    Captivant;
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    • Livres 5.00/5
    Par Eleanorigby, le 28 mars 2012

    Eleanorigby
    Très beau, aussi vivant que nature, terrible et entraînant, absolu: l'imagination faite langage.
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Citations et extraits

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  • Par Aaliz, le 19 mai 2012

    ‎On ne pourra donc jamais me fiche la paix et me laisser vivre à ma guise, comme je l'entends ! Si ma liberté gêne quelqu'un ou le monde, moi, je m'en fous, vous savez, on peut me fusiller, je préfère ça. D'ailleurs, ça ou autre chose, ou rien, ça m'est égal. Etre ici, ou ailleurs, en liberté ou en prison, l'important c'est de se sentir heureux ; d'extérieure, la vie devient intérieure, son intensité reste la même et, vous savez, c'est bizarre où le bonheur de vivre va parfois se nicher.
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  • Par Aaliz, le 19 mai 2012

    J'avais remis à Moravagine tout ce dont il avait besoin pour s'évader. Il devait sauter le mur à midi sonnant. Il était légèrement en retard.
    Je commençais déjà à m'impatienter, quand j'entends un grand cri et je vois mon animal accourir un couteau sanglant à la main.
    Je le fais vivement monter en voiture et nous démarrons. Il se penche à mon oreille :
    - Je l'ai eue !
    - Quoi, quoi ?
    - La petite fille qui ramassait du bois mort au pied du mur.
    Ceci fut le commencement d'une randonnée qui devait durer plus de dix ans à travers tous les pays du globe. Moravagine laissait partout un ou plusieurs cadavres féminins derrière lui. Souvent par pure facétie.
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  • Par Grapheus, le 12 juin 2010

    L'amour est masochiste. Ces cris, ces plaintes, ces douces alarmes, cet état d'angoisse des amants, cet état d'attente, cette souffrance latente, sous-entendue, à peine exprimée, ces mille inquiétudes au sujet de l'absence de l'être aimé, cette fuite du temps, ces susceptibilités, ces sautes d'humeur, ces rêvasseries, ces enfantillages, cette torture morale où la vanité et l'amour-propre sont en jeu, l'honneur, l'éducation, la pudeur, ces hauts et ces bas du tonus nerveux, ces écarts de l'imagination, ce fétichisme, cette précision cruelle des sens qui fouaillent et qui fouillent, cette chute, cette prostration, cette abdication, cet avilissement, cette perte et cette reprise perpétuelle de la personnalité, ces bégaiements, ces mots, ces phrases, cet emploi du diminutif, cette familiarité, ces hésitations dans les attouchements, ce tremblement épileptique, ces rechutes successives et multipliées, cette passion de plus en plus troublée, orageuse et dont les ravages vont progressant, jusqu'à la complète inhibition, la complète annihilation de l'âme, jusqu'à l'atonie des sens, jusqu'à l'épuisement de la moelle, au vide du cerveau, jusqu'à la sécheresse du cœur, ce besoin d'anéantissement, de destruction, de mutilation, ce besoin d'effusion, d'adoration, de mysticisme, cet inassouvissement qui a recours à l'hyperirritabilité des muqueuses, aux errances du goût, aux désordres vaso-moteurs ou périphériques et qui fait appel à la jalousie et à la vengeance, aux crimes, aux mensonges, aux trahisons, cette idolâtrie, cette mélancolie incurable, cette apathie, cette profonde misère morale, ce doute définitif et navrant, ce désespoir, tous ces stigmates ne sont-ils point les symptômes mêmes de l'amour d'après lesquels on peut diagnostiquer, puis tracer d'une main sûre le tableau clinique du masochisme ?

    Blaise Cendrars
    Moravagine, p.61
    Le Livre de Poche, n° 275, Paris, 1960
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  • Par Caligari, le 18 juin 2011

    Nous remontions l'Orénoque sans parler. Cela dura des semaines, des mois. Il faisait une chaleur d'étuve. Deux d'entre nous étaient toujours en train de ramer, le troisième s'occupait de pêche et de chasse. A l'aide de quelques branchages et des palmes, nous avions transformé notre chaloupe en carbet'. Nous étions donc à l'ombre. Malgré cela, nous pelions, la peau nous tombait de partout et nos visages étaient tellement racornis que chacun de nous avait l'air de porter un masque. Et ce masque nouveau qui nous collait au visage, qui se rétrécissait, nous comprimait le crâne, nous meurtrissait, nous déformait le cerveau. Coincées, à l'étroit, nos pensées s'atrophiaient. Vie mystérieuse de l'oeil. Agrandissement. Milliards d'éphémères, d'infusoires, de bacilles, d'algues, de levures, regards, ferments du cerveau. Silence. Tout devenait monstrueux dans cette solitude aquatique, dans cette profondeur sylvestre, la chaloupe, nos ustensiles, nos gestes, nos mets, ce fleuve sans courant que nous remontions et qui allai s'élargissant, ces arbres barbus, ces taillis élastiques, ces fourres secrets, ces frondaisons séculaires, les lianes, toutes ces herbes sans nom, cette sève débordante, ce soleil prisonnier comme une nymphe et qui tissait, tissait son cocon, cette buée de chaleur que nous remorquions, ces nuages en formation, ces vapeurs molles, cette route ondoyante, cet océan de feuilles, de coton, d'étoupe, de lichens, de mousses, ce grouillement d'étoiles, ce ciel de velours, cette lune qui coulait comme un sirop, nos avirons feutrés, les remous, le silence. Nous étions entourés de fougères arborescentes, de fleurs velues, de parfums charnus, d'humus glauque. Écoulement. Devenir. Compénétration. Tumescence. Boursouflure d'un bourgeon, éclosion d'une feuille, écorce poisseuse, fruit baveux, racine qui suce, graine qui distille. Germination. Champignonnage. Phosphorescence. Pourriture. Vie. Vie, vie, vie, vie, vie, vie, vie, vie. Mystérieuse présence pour laquelle éclatent à heure fixe les spectacles les plus grandioses de la nature. Misère de l'impuissance humaine, comment ne pas en être épouvanté, c'était tous les jours la même chose !
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  • Par editionsdelabatjour, le 01 novembre 2010

    L'ESPRIT D'UNE ÉPOQUE En 1900, je terminais ma médecine. je quittai Paris au mois d’août pour me rendre au sanatorium de Waldensee près de Berne en Suisse. Mon maître et ami, le célèbre syphiligraphe d’Entraigues, m'avait chaleureusement au docteur Stein, directeur, chez qui je entrer comme premier assistant. Stein et sa maison étaient alors célèbres. Frais émoulu de la Faculté et jouissant d'une certaine notoriété de bon aloi que ma thèse sur le chimisme des maladies du subconscient m'avait value chez les spécialistes, j'étais impatient de secouer le joug de l'Ecole et de porter un coup éclatant à l'enseignement officiel. Tous les jeunes médecins ont connu ça. je m'étais donc spécialisé dans l'étude des soi-disant « maladies, » de la volonté et, plus particulièrement, des troubles nerveux, des tics manifestes, des habitudes propres à chaque être vivant, causés par les phénomènes de cette hallucination congénitale qu'est, à mes yeux, l'activité irradiante, continue de la conscience.

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Vidéo de Blaise Cendrars


Patrice Delbourg évoque Blaise Cendrars
Rencontre avec Patrice Delbourg à l'occasion de la parution de "L'odyssée Cendrars" (Écriture, 220 pages, 25 août 2010).








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