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ISBN : 2070297683
Éditeur : Gallimard (04/10/1977)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 79 notes)
Résumé :
Ce qu'il faut détruire dans l'homme, c'est sa propension à croire, son appétit de puissance, sa hantise d'un dieu. Il est impérieux, pour y parvenir, de faire à la paresse une place parmi les vertus cardinales et au scepticisme parmi les églises et les polices. E.M. Cioran a écrit dans un style somptueux un livre à la fois pessimiste et tonique qui se débat dans une sorte de sagesse, faite de ricanement, de résignation et de rage.
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
alzaia
04 mai 2015
Découvert de Cioran, entre d' autres "grands" auteurs dans un petit livre de bachotage "L'écrivain et son moi" de Yves-Alain Favre... Des courts morceaux choisis pour illustrer le titre, Cioran était placé au chapitre 31 "Haro sur la vie intérieure" ... J'aurais continué longtemps à reporter cet auteur sans ce petit opus dégotté chez un bouquiniste... C'est une très bonne surprise (presque "bien évidemment!) ... A ce que j'en ai lu, je le trouve plus lucide que nihiliste et j'aime sa manière de démonter tout le décorum de nos successifs passes passes sociétaux... je livre aussi un passage de la critique de Yves-Alain Favre, je cite : " Rien ne résiste à l'acidité corrosive de sa pensée; il met bas tous les masques et dévoile la vanité de tout. (...) Il refuse toute philosophie, tout langage, toute foi; il dénie toute valeur au temps et à l'univers. Il nous invite, puisque tout est néant, à rester immobiles et inutiles, à abdiquer totalement. Il faut aboutir au vide et à la liquidation de l'aventure du "je"....
Comme ce style "corrosif" est sa pâte par excellence il me semble, je ne lis pas ce livre d'une manière linéaire mais au grès de certains titres qui m'attirent en premiers plus que d'autres... Même si ces écrits peuvent paraître noirs et sans espérances, on sourit souvent à la lecture car il y a comme un détachement dans tout ce qu'il évide par son écriture. On relève aussi souvent les yeux des ces pages, et on médite sur les désillements qu'implique une telle pensée...
Cioran nous est pourtant quasi contemporain, mort il y a vingt ans à peine, et pourtant qui écrirait aujourd'hui dans un style aussi précis et libre sur la manie humaine de s' abreuver d'illusions et de croyances ?
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gaillard1
25 septembre 2010
Excellent, notre bon vieux Cioran, déglingue tout ce qui bouge. Avec une une plume acérée... A tel point que c'est souvent drôle. Profond en tout cas.
Par exemple celle ci : "Il n'est pas difficile d'être profond, il suffit de se faire submerger par ses propres tares." (même si je ne sais plus d'où elle sort...)
La réflexion humaine pessimiste poussée à son extrémité.
Ça fait du bien.
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JackBlanchart
04 août 2013
C'est un livre de chevet. Bon, en réalité, c'est ardu, sévère mais il y a une logique impitoyable dans cet essai. Si vous êtes lucide, si avez décidé de ne pas vous mentir, vous ne pourrez qu'adhérer à ce que le philosophe dit.
Et donc admettre avec lui que l' "on se suicide toujours trop tard".
Où est l'erreur ?
Je ne l'ai pas trouvée.
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LIBERTITUDE
01 août 2013
Extraordinaire, magnifique, superbe. Quand le soleil se couche, il m 'arrive parfois de prendre ce livre et de lire quelques pages afin de chasser les idées noires qui peuvent parfois apparaître.
Guérisson garantie !
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Citations & extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
ValdimirValdimir09 février 2017
Les grands exploits ont rejoint les contes de fées et les manuels. Les entreprises glorieuses du passé, comme les hommes qui les suscitèrent, n'intéressent encore que pour les belles paroles qui les ont couronnées. Malheur au conquérant qui n'a pas d'esprit ! Jésus lui-même, pourtant dictateur indirect depuis deux millénaires, n'a marqué le souvenir de ses fidèles et de ses détracteurs que par des bribes de paradoxes qui jalonnent sa vie si adroitement scénique. Comment s'enquérir encore d'un martyr s'il n'a pas proféré un mot adéquat à sa souffrance ? Nous ne gardons la mémoire des victimes passées ou récentes que si leur verbe a immortalisé le sang qui les éclaboussées. Les bourreaux eux-mêmes ne survivent que dans la mesure où ils furent bons comédiens : Néron serait oublié depuis longtemps sans ses saillies de bouffon sanguinaire.

Quand, aux côtés d'un mourant, ses semblables se penchent vers ses balbutiements, ce n’est pas tant pour y déchiffrer une dernière volonté, mais bien plutôt pour y entendre un bon mot qu’ils sauront citer plus tard afin d’honorer sa mémoire. Si les historiens romains n'omettent jamais de décrire l'agonie de leurs empereurs, c'est pour y placer une sentence ou une exclamation que ceux-ci prononcèrent ou sont censés avoir prononcée. Cela est vrai même pour les agonies les plus communes. Que la vie ne signifie rien, tout le monde le sait ou le pressent : qu’elle soit au moins sauvée par un tour verbal ! Une phrase aux tournants de leur vie, voilà à peu près tout ce qu’on demande aux grands et aux petits. Manquent-ils à cette obligation, ils sont à jamais perdus ; car on pardonne tout, jusqu’aux crimes, à condition qu’ils soient exquisément commentés.
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alzaiaalzaia01 juin 2015
L'automate

Je respire par préjugé. Et je contemple le spasme des idées, tandis que le Vide se sourit à lui-même… Plus de sueur dans l’espace, plus de vie ; la moindre vulgarité la fera reparaître : une seconde d’attente suffit. Quand on se perçoit exister on éprouve la sensation d’un dément émerveillé qui surprend sa propre folie et cherche en vain à lui donner un nom. L’habitude émousse notre étonnement d’être : nous sommes – et passons outre, nous recouvrons notre place dans l’asile des existants. Conformiste, je vis, j’essaye de vivre, par imitation, par respect pour les règles du jeu, par horreur de l’originalité. Résignation d’automate : affecter un semblant de ferveur et en rire secrètement ; ne se plier aux conventions que pour les répudier en cachette ; figurer dans tous les registres, mais sans résidence dans le temps ; sauver la face alors qu’il serait préférable de la perdre… Celui qui méprise tout doit assumer un air de dignité parfait, induire en erreur les autres et jusqu’à soi-même : il accomplira ainsi plus aisément sa tâche de faux vivant. A quoi bon étaler sa déchéance lorsqu’on peut feindre la prospérité ? L’enfer manque de manières : c’est l’image exaspérée d’un homme franc et malappris, c’est la terre conçue sans aucune superstition d’élégance et de civilité. J’accepte la vie par politesse : la révolte perpétuelle est de mauvais goût comme le sublime suicide. A vingt ans on fulmine contre les cieux et l’ordure qu’ils couvrent ; puis on s’en lasse. La pose tragique ne sied qu’à une puberté prolongée et ridicule ; mais il faut milles épreuves pour en arriver à l’histrionisme du détachement. Celui qui, émancipé de tous les principes de l’usage, ne disposerait d’aucun don de comédien, serait l’archétype de l’infortune, l’être idéalement malheureux. Inutile de construire ce modèle de franchise : la vie n’est tolérable que par le degré de mystification que l’on y met. Un tel modèle serait la ruine subite de la société, la « douceur » de vivre en commun résidant dans l’impossibilité de donner libre cours à l’infini de nos arrières-pensées. C’est parce que nous sommes tous des imposteurs que nous nous supportons les uns les autres. Tel qui n’accepterait pas de mentir verrait la terre fuir sous ses pieds : nous sommes biologiquement astreints au faux. Point de héros moral qui ne soit ou puéril, ou inefficace, ou non-authentique ; car la vraie authenticité est la souillure dans la fraude, dans les bienséances de la flatterie publique et de la diffamation secrète. Si nos semblables pouvaient prendre acte de nos opinions sur eux, l’amour, l’amitié le dévoueement seraient à jamais rayés des dictionnaires ; et si nous avions le courage de regarder en face les doutes que nous concevons timidement sur nous-même, aucun de nous ne proférerait un « je » sans honte. La mascarade entraîne tout ce qui vit, depuis le troglodyte jusqu’au septique. Comme le respect des apparences nous sépare seul des charognes, c’est périr que de fixer le fond des choses et des êtres ; tenons-nous-en à un plus agréable néant : notre constituion ne tolère qu’une certaine dose de vérité… Gardons au plus profond de nous une certitude supérieure à toutes les autres : la vie n’a pas de sens, elle ne peut en avoir. Nous devrions nous tuer sur le coup si une révélation imprévue nous persuadait du contraire. L’air disparu, nous respirerions encore ; maisnous étoufferions aussitôt si on nous enlevait la joie de l’inanité

p151
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MarielleBriffauxMarielleBriffaux01 janvier 2016
A tout pas en avant succède un pas en arrière : c'est là l'infructueux frétillement de l 'histoire, _ devenir.... stationnaire. Que l'homme se soit laissé leurrer par le mirage du Progrès, - cela rend ridicules ses prétentions à la subtilité. Le Progrès ? - on le trouve peut-être dans l'hygiène... Mais ailleurs ? dans les découvertes scientifiques ? Elles ne sont qu'une somme de gloires néfastes.... Qui, de bonne foi, saurait choisir entre l'âge de pierre et celui des outils modernes ? Aussi près du singe dans l'un comme dans l'autre, nous escaladons les nuages pour les mêmes motifs que nous grimpions aux arbres : les moyens de notre curiosité - pure ou criminelle - ont seuls changé, et - avec des réflexes travestis - nous sommes plus diversement rapaces. Simple caprice que d'accepter ou de rejeter une période : il faut accepter ou rejeter l'histoire en bloc. L'idée de progrès fait de nous des fats sur les sommets du temps ; mais ces sommets n'existent point : le troglodyte qui tremblait d'effroi dans les cavernes, tremble encore dans les gratte-ciel. Notre capital de malheur se maintient intact à travers les âges ; cependant nous avons un avantage sur nos ancêtres : celui d'avoir mieux placé ce capital, parce que mieux organisé notre désastre.
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RusenRusen23 janvier 2016
L'injustice gouverne l'univers. Tout ce qui s'y construit, tout ce qui s'y défait porte l'empreinte d'une fragilité immonde, comme si la matière était le fruit d'un scandale au sein du néant. Chaque être se nourrit de l'agonie d'un autre être; les instants se précipitent comme des vampires sur l'anémie du temps; - le monde est un réceptacle de sanglots... Dans cet abattoir, se croiser les bras ou sortir l'épée sont des gestes également vains. Aucun déchaînement superbe ne saurait secouer l'espace ni ennoblir les âmes.
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RusenRusen23 janvier 2016
Dans tout homme sommeille un prophète, et quand il s'éveille il y a un peu plus de mal dans le monde... La folie de prêcher est si ancrée en nous qu'elle émerge de profondeurs inconnues à l'instinct de conservation. Chacun attend son moment pour proposer quelque chose: n'importe quoi. Il a une voix; cela suffit. Nous payons cher de n'être ni sourds ni muets.
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