ISBN : 9782020992077
Éditeur : Editions du Seuil (2011)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Ce récit évoque un voyage le long du Mékong effectué pendant le procès des leaders Khmers rouges à Phnom Penh en 2009 et la révolte des Chemises rouges en Thaïlande en 2010.

Henri Mouhot poursuit un papillon, son filet à la main, se cogne la tête, lève le... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par emmyne, le 22 novembre 2011

    emmyne
    Le Kampuchea démocratique, c'est le nom du Cambodge, ce pays entre la Thaïlande, le Laos et le Vietnam, bordé par le Golf du Siam; ce pays fermé, ruiné par les Khmers Rouges.
    Un roman en chroniques amères, un carnet de voyage dans l'espace et le temps, les paysages en réminiscences. C'est l'histoire de la Révolution des Khmers rouges, ses grandes figures, ces inculpés, c'est aussi celle de l'Indochine, de l'Europe coloniale, ses grandes figures, ces coupables, celle des guerres de la Guerre Froide.
    " J'aimerais mettre en perspective le procès des Khmers rouges dans une durée moyenne, sur un siècle et demi, depuis que Mouhot, courant derrière un papillon, s'est cogné la tête, a levé les yeux, découvert les temples d'Angkor. "
    " Pendant plus d'un siècle, jusqu'à la fin de la Guerre froide, se donneront libre cours, dans cette Indochine ravagée, écrasée de bombes, les folies de l'Europe puis de l'Amérique, de la Russie et de la Chine. Les rêves écroulés, les actes d'héroïsme grandiose et les lâchetés immenses, les barbaries. Tout ce contre quoi voulaient lutter, à juste titre, quelques étudiants idéalistes du tiers-monde. " [ ces étudiants parisiens qui deviendront les Frères de la Révolution khmère... ]
    Pas moins d'une cinquantaine de chapitres pour 250 pages denses, rythmés par les slogans de l'Angkar ( l'organisation de la Révolution ), par les notes de notre découvreur national Mouhot, par des extraits de Romans de ces auteurs français ( ainsi que l'Anglais, Graham Greene ) dont l'oeuvre est si intimement liée à leur vie, leurs choix et engagements politiques, leurs itinéraires autant géographique que humain.
    " Lorsque Loti s'approche enfin des ruines d'Angkor, en 41 après HM [ Henri Mouhot ] , il sait l'immense fatigue de cette civilisation khmère, qui consent à s'offrir aux barbares de l'Occident pour se protéger du Siam à l'ouest et des Viêts à l'est. La France manipulée comme une tribu un peu stupide mais puissante et armée. Il sait qu'il est un lointain barbare perdu en Asie. Et peut-être a-t-il déjà en tête, ce soir, à My Tho, des phrases du " Pélerin d'Angkor " qu'il écrira dans dix ans. Ces phrases qui seront une terrible semence pour le jeune Malraux, lequel sans elles peut-être n'aurait pas écrit " La voie royale " , ni pillé le temple comme Loti avait pillé la mosquée. C'est toujours curieux, l'histoire des hommes et de leurs livres. "
    Une sérieuse connaissance de la terre et du sujet qui souligne la subtile distinction entre peuple et nationalité, un regard aigu et élargi, une conscience désabusée des paradoxes, des correspondances, des enjeux imbriqués de cette Histoire, une mémoire pour les oubliés, les aventuriers occidentaux, les populations sacrifiées. Et un style : une poétique de l'image, le vitriol des portraits, l'acuité des visions, quelques papillons noirs et suffisamment de précisions, qui ne sacrifie pas la verve narrative, pour ne pas égarer le lecteur, le perdre en chemin dans les méandres géopolitiques du Mékong.
    De nombreux extraits dans ce billet pour dire cette lecture exceptionnelle qui porte si magistralement l'expression de " roman sans fiction ".


    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/11/22/22560178.html
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    • Livres 3.00/5
    Par ygounin, le 11 mai 2012

    ygounin
    Écrire des carnets de voyage, c'est un peu comme faire la recension d'un livre. Il faut naviguer entre deux écueils. le premier est celui du résumé poussif du livre, de la narration plate des étapes de son voyage. Certains auteurs, tel Jean Rolin que j'adore, réussissent à merveille dans cet exercice difficile. Mais le risque est grand de verser dans une prose répétitive et nombriliste.
    Le second est de se lancer dans de vastes considérations générales. le voyage ou la lecture sont alors réduits à un prétexte pour une réflexion plus ample. le récit dérive alors vers l'essai au risque de perdre le charme qui doit entourer les carnets de voyage.
    Patrick Deville zigzague entre ses deux écueils en remontant le Mekong depuis le Vietnam jusqu'à la Chine . Son livre est composé d'une cinquantaine de chapitres, très courts, qui peuvent parfois donner le sentiment de la confusion à force de virevolter dans l'espace et dans le temps. Sans doute faut-il avoir déjà quelques notions de l'histoire du Kampuchea démocratique, le nom donné par les Khmers rouges au Cambodge, pour en goûter tout le sel. A cette condition, ce récit kaléidoscopique réjouira tous les amoureux du Cambodge et au-delà tous ceux qui aiment, le temps de quelques pages, s'évader vers les berges tropicales d'un long fleuve asiatique.
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    • Livres 3.00/5
    Par mimipinson, le 05 septembre 2011

    mimipinson
    Ce fut pour moi une lecture assez déroutante car premièrement il ne s'agit pas d'un roman avec des personnages, un scénario et un cheminement sur un temps donné.
    En effet, l'auteur nous propose un récit de voyage dont il a posé un cadre temporel compris entre l'ouverture du procès des Khmères, et la révolte des chemises rouges en Thaïlande. Ce récit est en fait une série d'impressions posées ici où là sur l'histoire et le présent non pas d'un pays, le Kampuchéa démocratique (ancien Cambodge) mais de sa région au sens large. le fait de mélanger les choses, m'a un peu "dérangée" parce que j'aime savoir où je suis, avec qui je suis, et à quel moment je suis.
    Deuxièmement, et c'est peut-être là le plus important, j'ai trouvé cette lecture déroutante, car au fond elle est vite devenue ennuyeuse car très sèche. Autrement dit, pour moi cela manquait d'images, de documentations. L'écriture, bien que de bonne qualité, ne m'a pas donné la possibilité de m'évader, et, encore moins de visualiser, mentalement ce que l'auteur a écrit.
    J'ai donc vite assez vite "décroché".
    Les références historiques, et littéraires sont assez fournies, cependant tout cela manquait cruellement de vie.
    Ce récit peut également dérouter celui ou celle qui n'a pas un minimum de connaissance de la région et de son histoire. le hasard a voulu que durant cette période je lise d'autres ouvrages sur le Cambodge ; je savais donc ce qu'il en était. Mais pour les autres lecteurs…..
    Au fond, une fois la lecture terminée, je me demande pourquoi ce livre, dans quel but, quel message et legs pour le lecteur ? Si ce n'est de l'ennui, et l'envie puissante de passer à autre chose, et vite.

    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/09/kampuchea.html
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    • Livres 2.00/5
    Par vdujardin, le 26 avril 2012

    vdujardin
    Confus!!! Je ne dirai pas comme R. Jauffret dans le monde des livres du 6 janvier 2012 que c'est le livre qui m'a fait rater une station! Il manque au minimum une chronologie et une carte dans le livre... et je l'ai donc lu avec ce qu'il fallait en complément à portée de la main (donc pas dans le bus ou le métro!), sinon, impossible de s'y retrouver dans ce récit qui saute sans arrêt d'une époque et d'un lieu à l'autre. La double chronologie, la nôtre et celle en années avant ou après Henri Mouhot (en fait avant ou après la découverte d'Angkor) n'aide pas non plus à se fixer dans ce récit qui "zappe" sans arrêt. Insupportable... autant que les scènes de massacres des Khmers rouges et la destruction systématique du "monde d'avant", y compris celle de tous ceux qui résistent, celle des livres aussi. Alors certes, un récit érudit, où l'on croise au fil des pages Conrad, Graham Greene, Pierre Loti, André Malraux ou Joseph Kessel, mais difficile à suivre dans son désordre et sa confusion.

    Lien : http://vdujardin.over-blog.com/article-kampuchea-de-patrick-deville-..
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    • Livres 3.00/5
    Par Madimado, le 25 novembre 2011

    Madimado
    Un livre que j'ai senti brillant mais auquel je n'ai pas compris un traitre mot n'étant pas une spécialiste de la géopolitique cambodgienne. Intéressant mais demande une solide culture pour se dévoiler.

    Lien : http://madimado.com/2011/11/22/patrick-deville-kampuchea/
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Critiques presse (8)


  • Lexpress , le 30 novembre 2011
    Dans la lignée des magnifiques Pura Vida et Equatoria, Kampuchéa rend aussi hommage à quelques écrivains aimés (Conrad, Loti...) et nous montre - sans jamais tomber dans le livre à thèse - les liens ténus entre le dogmatisme du Bien et le totalitarisme. Incorrect, passionnant et brillant.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeSoir , le 07 novembre 2011
    Du Cambodge, qu'il appelle « Kampuchéa », l'écrivain rapporte quantité d'histoires qui se croisent et se recroisent.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • Bibliobs , le 27 septembre 2011
    Alors que le second procès des Khmers rouges vient de s'ouvrir, Patrick Deville retrace plusieurs siècles d'histoire franco-cambodgienne dans un récit passionnant.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LeMonde , le 23 septembre 2011
    Avec Kampuchéa, pour la première fois, Patrick Deville n'a entrepris d'écrire qu'après le voyage accompli. Comme si la méthode peaufinée depuis vingt ans désormais arrivait à sa pleine maturité.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeMonde , le 23 septembre 2011
    Par là Deville, exemplaire, accomplit le ravissement de l'Histoire par le roman, affirme la légitimité souveraine de celui-ci à fabuler sans souci des douanes littéraires. Outre que, magnifique raconteur d'histoires, il rend hommage aux séductions du récit, allie poésie et ironie lapidaire, il soutient la note, rare, d'une tendresse humaine qu'aggrave la tristesse des beautés et des crimes.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Telerama , le 21 septembre 2011
    Car ce n'est pas pour le dépaysement, la recherche du pittoresque que Deville voyage. Mais bien parce que ce déplacement dans l'espace, vers l'ailleurs, est pour lui la condition d'une réflexion sur l'histoire des hommes, ses éclats de noblesse et ses tragédies.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LesEchos , le 20 septembre 2011
    Travail d'historien passionnant, « Kampuchéa » se lit d'abord comme un roman d'aventures dont la matrice serait bien sûr « Au coeur des ténèbres ». Etrange roman où rien n'est inventé.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Lexpress , le 07 septembre 2011
    Derrière sa façade de récit sur le Mékong et son hommage à Conrad, à Malraux ou à l'acteur David Carradine, Kampuchéa explore un siècle et demi d'histoire et met en lumière les liens ténus entre la France et le pays des Khmers rouges, "dans lequel tous les titres de propriété, tous les diplômes ont disparu".
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par emmyne, le 22 novembre 2011

    Les civilisations à leur apogée aiment contempler l'apogée des civilisations disparues et frissonner devant l'avenir. C'est Bonaparte devant les pyramides d'Egypte. Pour le Second Empire ce sera Angkor. La voie est tracée avec précision par Mouhot : " vers le quatorzième degré de latitude et le cent deuxième de longitude à l'orient de Paris, se trouvent des ruines si imposantes, fruit d'un travail tellement prodigieux, qu'à leur aspect on est saisi de la plus profonde admiration, et qu'on se demande ce qu'est devenu le peuple puissant, civilisé et éclairé, auquel on pourrait attribuer ces oeuvres gigantesques. " A la lecture de ces phrases, au coeur de l'Europe prospère et éclairée, au centre du monde, peut-être éprouve-t-on déjà le vertige de la chute, pressent-on le déclin, l'autodestruction des guerres mondiales, le gouffre de l'oubli. Que resterait-il de cette civilisation-là ?
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  • Par Madimado, le 25 novembre 2011

    Douch s’est appelé Kaing Guek Eav. Il utilisera d’autres identités. C’est un enfant un peu chétif, les dents de travers, un sourire timide qu’il conserve sur les photographies prises avant la victoire, alors qu’il dirige un camp de prisonniers M-13.

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  • Par Madimado, le 25 novembre 2011

    Plus de médecins, de bonzes, de putes, d’avocats, d’artistes, de professeurs, d’étudiants.

    De tout cela, le peuple est enfin libéré.

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