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> Élisabeth Guertik (Autre)
> Georges Philippenko (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253018252
Éditeur : Le Livre de Poche (1977)


Note moyenne : 4.42/5 (sur 163 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Est-il possible de croire? Sérieusement et effectivement? Tout est là. » Stavroguine envoûte tous ceux qui l'approchent, hommes ou femmes. Il ne trouve de limite à son immense orgueil que dans l'existence de Dieu. Il la nie et tombe dans l'absurdité de la liberté pour... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 15 août 2012

    NastasiaBuergo
    Dostoïevski s'attelle à un immense canevas qu'il est difficile de définir en deux mots et dont les limites semblent, elles-mêmes, assez floues. Une fois n'est pas coutume, afin de situer quelque peu l'œuvre, je vais commencer par un extrait, issu de la bouche de Stepan agonisant, qui me semble révélateur avant de commenter :
    « Ces démons qui quittent (N.B. : l'auteur vient de citer le passage correspondant dans les évangiles, pour ceux que cela intéresse, il s'agit de l'épisode du démoniaque gérasénien dans les évangiles de Marc, Matthieu ou Luc) le malade pour entrer dans les pourceaux, ce sont tous ces ulcères, ces miasmes, toute cette pourriture, tous ces démons grands et petits, qui s'étaient accumulés dans notre chère et grande malade, notre Russie, depuis des siècles, des siècles. Oui, cette Russie, que j'aimais toujours. Mais une grande pensée, une volonté supérieure descendront d'en haut sur elle comme sur ce possédé, et tous ces démons, cette pourriture, cette plaie qui suppure... la quitteront... et demanderont qu'on leur permette d'entrer dans les pourceaux. Il se peut même qu'ils y soient déjà entrés ! C'est nous, nous et ces autres: Petroucha... et les autres avec lui et moi, peut-être, à leur tête... et nous nous jetterons tous, possédés et insensés, dans la mer et nous seront noyés, et ce sera bien fait, car nous ne sommes bons qu'à cela. Mais la malade guérira et s'assiéra aux pieds de Jésus... »
    On comprend bien je pense le message que cherche à faire passer Fiodor Dostoïevski. En ces années 1870, la Russie connaît des troubles, l'ancien ordre établi vacille (notamment depuis l'abolition du servage en 1861), la religion vit une crise et les ferments de la révolte "à la française" commencent à voir le jour. Des opportunistes de tous poils cherchent à souffler sur les étincelles à coups d'idéologies (socialiste, nihiliste, autres) pour mettre le feu à la Russie et se saisir du pouvoir quitte à s'adonner au bain de sang. L'aristocratie déchue et proche de la ruine (suite au partage des terres) n'y est pas étrangère. C'est donc ce faisceau de craintes et de menaces que l'auteur essaie de dépeindre dans cet étrange ouvrage, mi politique, mi social, mi romantique, mi mystique (les amateurs de Pagnol noteront que comme César, moi aussi j'ai 4 tiers dans mon cocktail). L'auteur bâtit un scénario à échafaudage animé d'une myriade de personnages (les noms russes avec double prénom, à la longue, finissent par tous se ressembler, je vous conseille de mettre un repère à la page de présentation des personnages, ça vous sera utile jusqu'au bout) dont les principaux semblent être Nikolaï Vsévolodovitch Stavroguine et Petr Stépanovitch Verkhovensky. le premier symbolisant l'aristocratie décadente, le second, les classes supérieures arrivistes semant le trouble, l'ensemble constituant Les Démons dont la Russie possédée devra se débarrasser pour recouvrer sa sérénité séculaire.
    En somme, une lecture un peu alambiquée, mais pas désagréable, on ne sait pas trop où l'auteur nous emmène, mais il nous emmène. Un séjour en apnée dans la demie folie ambiante de presque tous ses personnages, parmi Les Démons de la Russie tsariste. Tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
    N. B. : Selon les éditions et les traductions, le titre est transcrit soit sous la forme "Les possédés", soit sous la forme "Les Démons", mais il s'agit bien du même livre. Traditionnellement et parce que les premières traductions françaises l'ont transcrit ainsi le titre "Les possédés" s'est popularisé tandis que les traductions plus récentes et plus soucieuses de la lettre ont tendance à privilégier "Les Démons". Cette différence d'ailleurs se résout à une histoire de contenant et de contenu, c'est selon. Certains mauvais esprits ont tendance à croire qu'il y aurait peut-être aussi une toute petite motivation économique à faire croire à du nouveau sous le soleil avec ces changements de titre, allez savoir.
    P. S. : J'adore le portrait de couverture de l'édition du Livre de Poche. Il s'agit d'une étude (parmi les nombreuses) de Pavel Korine pour son immense tableau "Adieu à la Russie".
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    • Livres 5.00/5
    Par Alcapone, le 09 février 2013

    Alcapone
    Dans cette Russie de 1870, une province de libéraux devient le théâtre d'événements tragiques : Varvara Petrovna, la Générale, héberge depuis 20 ans Stepan Trofimovitch Verkhovenski, l'ancien précepteur de son fils. Mais la tranquillité de cette petite société bienséante est soudain troublée par l'arrivée de Nicolas Vselodovitch Stavroguine (fils de le Générale) et de Pitor Stepanovitch Verkhovenski (fils de l'ancien précepteur). Ce dernier, distillant des idées révolutionnaires afin de renverser le pouvoir établi, souhaite mettre à la tête de son mouvement Nicolas Vselodovitch dont l'étrange charisme, pense t-il, servira ses desseins. La ville est alors secouée de scandales : complots, manipulations, trahisons, Piotr Verkhovenski est prêt à tout pour parvenir à ses fins (mensonges, meurtres). Malheureusement pour lui tout ne se passe pas comme prévu car tous les protagonistes de l'histoire sont possédés...
    La naissance de l'oeuvre
    Publié pour la première fois en 1871, Les possédés ou Les Démons (selon les traductions) sont le résultat d'un processus d'écriture complexe : " L'oeuvre naquit dans les affres d'une création douloureuse ; l'auteur était littéralement possédé par son idée qui lui commandait et le menait dans les directions les plus imprévues, lui faisant découvrir des horizons inconnus, des paysages terrifiants" (p.564). Les carnets de travail laissés par l'auteur témoignent de ses travaux de recherche et révèlent ses hésitations, ses doutes et ses contradictions. D'après les commentaires de l'éditeur, Dostoeïsvki, mu par son instinct nationaliste, souhaitait exprimer ses craintes sur le destin de la Russie en dénonçant les mouvements révolutionnaires influencés par le libéralisme de l'Europe occidentale et l'athéisme. S'inspirant de l'affaire de Netchaïev comme point de départ de son roman, Dostoïevski concerné par tous les courants d'opposition, défend l'idée d'une Russie portée par " un homme russe nouveau " entâchée par celle d'une Russie peu à peu gangrenée par le socialisme et le nihilisme. Ainsi, " Enclin à une vision apocalyptique et manichéenne de l'histoire, Dostoiesvki voyait donc proche le moment où allait s'ouvrir au grand jour le combat entre les forces positives de l'homme russe nouveau et les puissances ténébreuses de la révolution et de l'athéisme." p.563. Conscient que son oeuvre ne pouvait pas représenter les forces en opposition sur la seule base de son idée initiale, l'auteur décide au risque de soulever la colère, de développer son roman en " sacrifiant " son pamphlet à la polémique...
    Dostoïesvski, un romancier de l'idée
    L'affaire Netchaïev (cf. le catéchisme du révolutionnaire du même Netchaïev) qui a servi d'intrigue au roman, n'a qu'un rôle secondaire dans le développement des Possédés. Si Dostoiesvski s'en est servi comme intrigue de départ, c'est parce qu'ayant lui-même été condamné à mort et envoyé au bagne en Sibérie (1849-1854) pour avoir fait partie du cercle de Petrachevski, il reconnaissait le danger de l'idéologie socialiste. Ainsi, ses personnages en proie à des conflits idéologiques, sont-ils possédés par des démons particulièrement capricieux. le thème de la possession chez Dostoïevski est remarquable en ce sens que ses personnages souffrent tous d'une dualité parfois incompréhensible. A tel point, qu'ils peuvent parfois paraître caricaturaux ou qu'ils peuvent passer pour de vrais schizophrènes : Stepan Strofimovitch, Varvara Petrovna, Nicolas Vseledovitch, Piotr Stepanovitch, Ivan Chatov, Kirilov, Lipoutine, Chigalev, Virguinski, Liamchine, Fedka, Lebiadkine, le couple des Lembke... sont tous "victimes" de leur possession/idée. Démon du socialisme athée, nihisme révolutionnaire ou encore superstition religieuse, Les possédés sont déchirés par des forces destructrices dont ils ne soupçonnent pas toujours la portée. Les personnages représentés incarnent d'ailleurs un bon échantillon des pensées en vogue dans la Russie des années 1870. Et Dostoievski profitant que " La vie littéraire de la Russie du XIXe siècle était le théâtre de polémiques particulièrement violentes ; la critique littéraire était en effet l'un des moyens les plus fréquemment utilisés pour exprimer des opinions politiques en déjouant la surveillance de la censure. " p.568, embraye pour prévenir du destin tragique vers lequel court la Russie. Évidemment, la folie qui frappe tous Les possédés de ce roman reflète non seulement un esprit conservateur et nationaliste mais elle s'avère également être une critique particulièrement cinglante de tous les endoctrinements (" Est-il possible que jusqu'à présent vous n'ayez pas compris Kirilov, avec votre intelligence que tous les hommes sont pareils, qu'il n'y a ni meilleur ni pire mais seulement plus intelligent et plus bête, et que si tous sont des crapules (ce qui est d'ailleurs faux), c'est donc qu'il ne doit même pas y avoir de non-crapule ? " p. 510). Les réflexions que soulèvent ce romans sont d'ailleurs si nombreuses qu'il est difficile pour moi de toutes les évoquer (il existe déjà en ligne d'innombrables chroniques sur le livre).
    Pour conclure, je dirais donc simplement que Les possédés est une lecture ardue qui exige une connaissance de la biographie de Dostoïevski, une compréhension du contexte social (réforme paysanne et abolition du servage des moujiks), politique (règne de l'empereur de Russie Alexandre II) et religieux (croyance en l'église orthodoxe) de la Russie de la fin du XIXe siècle. Cette lecture nécessite également une appropriation des techniques narratives de l'auteur : la multitude des personnages (dont les noms sont pour nous difficiles à retenir) ainsi que les nombreux scénarios catastrophe qui ponctuent la fin de chaque chapitre, demandent par exemple beaucoup d'attention mais une fois toutes ces contraintes surmontées, le plaisir de la lecture est sans conteste au rendez-vous...
    Pour aller plus loin, vous pouvez toujours lire cet intéressant article de la revue Chameaux sur une lecture nietzschéenne du suicide de Kirilov (un personnage que j'ai trouvé assez déconcertant). Sinon, la version PDF du livre en ligne sur Lirenligne.net.
    En complément de ce compte-rendu, voici ci-dessous mon avis sur La confession de Stavroguine (http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.fr/2013/02/la-confession-de-stavroguine-les.html).
    Sur les instances de Dacha, Stavroguine se rend au Couvent de la Vierge pour rencontrer l'évêque Tikhone. La confession prend une tournure étrange lorsque Stavroguine après avoir avoué son athéisme, livre à Thikhone son intention de publier le récit des crimes commis sur la petite Matriocha pour se faire pénitence. Se laissant volontairement hanter par l'image de la petite levant contre lui un poing lourd de reproches, Stavroguine décide de mener une " vie ironique " qui finit par le lasser. Pensant que la publication de ses feuillets lui permettra de se repentir, Stavroguine se heurte à la " foi imparfaite " de Thikhone pour qui la démarche de Stravoguine n'est pas le fruit d'un esprit fou mais bien celle d'un homme à l'orgueil insensé...
    Publiée à part du roman des Possédés, cette Confession de Stavroguine, censurée par l'éditeur de Dostoïesvki (Katkhov) à la sortie du roman en 1871, ne sera portée à la connaissance du public français qu'à partir de 1922 dans la Nouvelle revue française. Si les éditeurs successifs ont scrupuleusement respecté cette ligne éditoriale initialement imposée par Katkhov, ce n'est pourtant qu'à la lumière de cette confession que le personnage de Stavroguine prend toute sa profondeur. Beaucoup se sont accordés à dire que Stavroguine est la figure emblématique de la démonologie dostoïesvkienne. Mais c'est quelque chose que j'ai à peine deviné à la lecture des Possédés. Seule la connaissance de ce texte m'a révélé toute l'essence de la personnalité charismatique et mystérieuse de Stavroguine qui jusque là me parassait incohérente, voire insipide. Malgré les quelques coups d'éclat relatés par le chroniqueur des Possédés, l'arrogance de Stavroguine, ses contradictions, son indifférence et son mépris n'étaient jusqu'alors pour moi, que des effets de style employés par Dostoïevski uniquement dans le but d'étoffer le personnage. D'un coup, l'aura démoniaque du " nouvel homme russe " imaginé par Dostoïevski trouve ses explications. Pour comprendre le personnage de Stavroguine, la confession me semble donc un complément de lecture nécessaire. Sans cela, il n'est pas improbable que vous passiez à côté de l'oeuvre. C'est en tous cas mon point de vue...
    L'âge d'or et le rêve de Stavroguine
    Stavroguine évoque dans ses feuillets un rêve dans lequel Acis et Galathée, tableau de Claude Lorrain (cf. illustration ci-dessus) symbolise l'âge d'or : " C'est ce tableau que je vis en rêve, non comme un tableau pourtant, mais comme une réalité ". Ce rêve se transforme soudain en cauchemar avec l'apparition d'une araignée rouge. Stavroguine explique qu'au réveil de ce rêve : "Je vis devant moi (Oh ! pas réellement ! si seulement cela avait été une vraie hallucination !), je vis Matriocha, amaigrie, les yeux fiévreux, exactement telle qu'elle était lorsqu'elle se tenait sur le seuil de ma chambre et, hochant la tête, me menaçait de son petit poing. Et rien jamais ne me parut si douloureux. Pitoyable désespoir d'un petit être impuissant, à l'intelligence encore informe et qui me menaçait (de quoi ? que pouvait-il me faire ?) mais qui certainement n'accusait que lui-même. Jamais jusque-là rien de semblable ne m'était arrivé. Je restai assis toute la nuit, sans bouger, ayant perdu la notion du temps. Est-ce là ce qu'on appelle des remords de conscience, le repentir ? Je l'ignorais et ne le sais pas encore aujourd'hui. Il se peut que, même encore maintenant, le souvenir de mon action ne me paraisse pas répugnant. Il se peut même que ce souvenir contienne encore en soi quelque chose qui satisfait mes passions. Non, ce qui m'est insupportable, c'est uniquement cette vision, et justement sur le seuil, avec son petit poing levé et menaçant ; rien que l'aspect qu'elle avait à cette minute, rien que cet. instant, rien que ce hochement de tête. Voilà ce que je ne puis supporter ; car depuis lors elle m'apparaît presque chaque jour. Elle n'apparaît pas d'elle-même, mais je l'évoque et je ne peux pas ne pas l'évoquer et je ne peux pas vivre avec cela. Oh ! si je pouvais la voir une fois réellement, au moins en hallucination ! Ce rêve/cauchemar s'insinue profondément dans l'univers obsessionnel de Stavroguine et marque le début de sa " folie ".
    Si comme moi, vous avez lu une édition à laquelle ne figure pas cette Confession de Stavroguine, notez qu'elle est accessible sur Wikisource.

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.fr/2013/02/les-possedes-..
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    • Livres 3.00/5
    Par medsine, le 22 septembre 2012

    medsine
    Les possédés, ou Les Démons selon la traduction, hantent ce livre mastodonte à chaque page. Ils sont nombreux et ils ont tous des noms alambiqués pour un lecteur qui n'est pas russe. Cette lecture difficile nécessite une grande attention tant le nombre de personnages est important. Aucun héro à qui s'accrocher. Les personnages, aussi bien féminins que masculins, sont remplis d'aspérités, plein de faiblesses et de noirceurs. Ils sont consumés à petit feu par la fièvre de Dostoïevski.
    Nicolas Vsevolovitch le personnage central est celui vers qui tout converge même s'il est loin d'être omniprésent dans le récit. Il est comme un trou noir, attirant ses proches vers leur fin, personnage infiniment sombre et décadent. A l'opposé Stepan Trofimovitch représente l'ancienne Russie, un homme cultivé mais trop sensible, malade, refoulant ses sentiments quitte à tout perdre. Il a engendré Piotr Stepanovich et il est épouvanté du résultat. Son fils est brutal, exalté, il participe très activement à un mouvement naissant (nihiliste ? socialiste ?) qui s'est donné pour but de retourner la Russie à l'envers. Faire la révolution.
    On comprend l'horreur qu'inspire à Dostoïevski ce basculement qu'il voit dans sa Russie de fin de siècle et dont il pressent les terribles actions à venir. Il s'inspire d'ailleurs pour son livre d'un fait divers, un crime crapuleux au sein d'une bande de « complotistes » qui veut se débarrasser d'un de ses membres par peur que ce dernier les dénonce. Autour de ce récit Dostoïevski construit une histoire complexe et très riche où chaque personnage nouveau prend une ampleur démesurée. Chacun porte cependant une forme de maladie dégénérative qui s'exprime par des crises de nerfs spectaculaires, d'épilepsie ou bascule dans la violence (suicide, meurtre).
    Une lecture plutôt éreintante.
    18 septembre 2012
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    • Livres 5.00/5
    Par exarkun1979, le 12 août 2012

    exarkun1979
    Ce que j'aime dans les romans de Dostoïevski, c'est la psychologie des personnages. Tous les personnages de ses romans ont une vie, une histoire, des qualités, des défauts et des vices. Il n'y a jamais un personnage qui ressemble à un autre. Il prend énormément de pages à les développer et on en vient à vivre avec eux et à les apprécier pour ce qu'ils sont. Dans Les Possédés, tous ces personnages ont des démons intérieurs auxquels ils doivent faire face et qui parfois les entraînent à faire des gestes horribles, tels que des meurtres, des suicides, des incendies et des duels.
    De plus, ce roman décrit les tensions politiques qui avaient lieu dans la Russie de la fin du XIXe siècle. Comme on le sait maintenant, ces tensions ont mené à la Révolution qui elle-même a amené des millions de morts en 80 ans. J'ai vu dans ce livre le petit côté extrémiste des idées russes. C'est ce même côté qui a mené à tant de violence tout un peuple, parfois malgré lui.
    On a donc en résumé un long roman qui se développe très lentement mais qui vaut la peine d'être lu. C'est un classique de la littérature et un des meilleurs de Dostoïevski après Les frères karamazov.
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    • Livres 4.00/5
    Par Yantchik, le 22 novembre 2010

    Yantchik
    Prenez Stavroguine, le personnage le plus indifférent, le plus blasé (entendez par là le plus nihiliste) de toute l'histoire de la littérature, du genre par exemple à mettre deux doigts dans les narines d'un vieillard à une soirée et à le faire se balader comme ça sans aucune raison, gratuitement. Ajoutez un jeune idéologue révolutionnaire qui veut le prendre comme exemple afin de tout renverser. Laissez graviter autour de ce dernier d'autres individus tous plus farfelus les uns que les autres, dont un par exemple qui considère dieu et le fait de se donner la mort comme de la pure logique (cf. Le mythe de sisyphe d'Albert Camus qui en parle). Et vous obtenez Les possédés (ou Les Démons, selon la traduction).
    Ce roman, abordant donc le nihilisme, est effectivement le plus fort sur ce thème qu'il m'ait été donné de lire. Stavroguine, en bon personnage dostoïevskien, dégage une telle puissance dans sa manière de prouver l'absurdité de la vie ! On en ressort assez lucide avant de se rendre compte qu'il y a quand même quelques petits plaisirs de vie ici-bas échappant à toute cette négativité (peut-être par exemple la littérature ;)), ouf !
    Je vous conseille plutôt la traduction de l'édition du Livre de poche, j'avais commencé avec celle de Folio mais n'avais pas accroché (d'autant plus que le beau portrait de l'édition du Livre de poche correspond vraiment bien).
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Citations et extraits

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  • Par NastasiaBuergo, le 09 novembre 2012

    L’homme est malheureux parce qu’il ne connaît pas son bonheur, uniquement pour cela. C’est tout, tout ! Celui qui saura qu’il est heureux le deviendra tout de suite, à l’instant même. (...) Tout est bien. J’ai découvert cela brusquement.
    - Et si l’on meurt de faim, et si l’on viole une petite fille, — c’est bien aussi ?
    - Oui. Tout est bien pour quiconque sait que tout est tel. Si les hommes savaient qu’ils sont heureux, ils le seraient, mais, tant qu’ils ne le sauront pas, ils seront malheureux. Voilà toute l’idée, il n’y en a pas d’autre !

    Deuxième partie, chapitre premier - La nuit.
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  • Par Alcapone, le 09 février 2013

    Pour moi, il n'y a rien de plus haut que l'idée que Dieu n'existe pas. J'ai pour moi l'histoire de l'humanité. L'homme n'a fait qu'inventer Dieu pour vivre sans se tuer ; toute l'histore universelle est là. Moi seul pour la premère fois dans l'histoire universelle, je n'ai pas voulu inventer Dieu. Qu'on le sache une fois pour toutes. p. 513 Kirilov

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  • Par zorazur, le 13 novembre 2011

    - Vous aimez les enfants ?
    - Oui...
    - Par conséquent, vous aimez aussi la vie ?
    - Oui, j'aime la vie, pourquoi ?
    - Mais vous êtes décidé à vous brûler la cervelle ?
    - Eh bien ? Quel rapport y a-t-il ? la vie est une chose, la mort en est une autre. La vie existe, la mort n'existe pas.
    - Vous croyez donc maintenant à la vie future éternelle ?
    - Non, pas à la vie future éternelle, mais à la vie éternelle ici même. Il est des instants, vous arrivez à des instants, où le temps s'arrête soudain et le présent devient éternité.
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  • Par akhesa, le 26 août 2012

    la vraie verite est toujours invraisemblable,le saviez-vous?pour rendre la verite vraisemblable,il faut absolument y ajouter un peu de mensonge.c'est ce que les hommes ont toujours fait

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  • Par velvetunderground, le 09 avril 2012

    Je ne vous souhaite pas beaucoup de bonheur : vous vous ennuieriez. Je ne vous souhaite pas non plus de malheur ; mais à la suite de la philosophie populaire, je répète simplement "vivez davantage" et tâchez de ne pas trop vous ennuyer ; ce vain souhait je l'ajouterai cette fois de ma part. Eh bien, adieu, et adieu pour de bon. Et ne restez pas devant ma porte, je n'ouvrirai pas.

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