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ISBN : 2081407345
Éditeur : Flammarion (01/03/2017)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale. Deux amies, l'une aryenne, l'autre juive, qui chantent l'amour et la liberté en allemand, en yiddish, en français ... cela semble inventé ! C'est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes « indésirables » internées par l'État français. Leur pacte secret les lie à Suzanne « la goulue », Ernesto l’Espagnol ou encore au commandant Davergne. À Gurs, l'ombre d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
motspourmots
01 mars 2017
★★★★★
★★★★★
C'était en mai 1940, les allemands n'étaient pas encore entrés dans Paris, l'état français s'est soudainement inquiété du danger que pouvaient représenter les étrangers d'origine allemande ayant fui le nazisme et trouvé en masse refuge en France. En quelques minutes, des milliers d'individus sont passés du statut de réfugié à celui d'indésirable. le 12 mai 1940, un décret du gouverneur militaire de Paris ordonne aux ressortissants concernés de se regrouper à différents endroits. Pour les femmes célibataires et sans enfant, ce sera le Vélodrome d'Hiver, première étape avant l'internement au camp de Gurs, dans les Pyrénées.
Voilà donc le point de départ de ce roman qui met en scène la belle amitié entre deux femmes, nous parle de féminité, d'entraide, de maternité, d'amour et bien sûr de stigmatisation. Lise est une jeune femme juive d'une trentaine d'années qui a fui Berlin en 1933 alors que le magasin de ses parents faisait l'objet des premières brimades de la part des nazis. Eva est un peu plus âgée, issue de la bonne société allemande et d'une famille qu'elle a fuie à cause de leurs idées acquises à Hitler. Elles se rencontrent au Veld'Hiv et vont vivre ensemble les différentes étapes, découvrir les conditions de plus en plus atroces de leur détention, traverser la France dans le même wagon à bestiau, se tasser dans le même bâtiment insalubre du camp, faire la chasse aux rongeurs et aux poux. S'aider et se réconforter.
Ces femmes, parmi lesquelles se trouvent beaucoup d'artistes et d'intellectuelles de la vie parisienne de l'époque (Hannah Arendt, mais également la maîtresse de Soutine, des chanteuses et des danseuses) vont mettre toute leur énergie à rester des femmes malgré le vide, la puanteur, le froid et la peur. Dans une autre partie du camp sont enfermés des Espagnols qui ont combattu Franco chez les républicains ou dans les brigades internationales. Entre les deux communautés, des liens se tissent à distance, des rapports de séduction viennent embellir le quotidien. Et puis certaines figures permettent d'espérer encore dans l'espèce humaine : l'ange de Gurs, Elsbeth Kasser, l'infirmière du camp membre du secours suisse et le commandant Davergne qui fait entrer un piano dans le camp et permet aux internées de monter un cabaret.
Malgré le sérieux et la gravité du sujet, ce roman se dévore avec un réel plaisir, porté par le parti-pris lumineux de l'auteure qui n'a pas hésité à inventer les textes des chansons qui ponctuent les chapitres et ancrent le récit dans un contexte criant de vérité. On est tout de suite en empathie avec ces femmes qui refusent d'abdiquer.
Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles il faut lire ce livre. D'abord parce qu'il rappelle un événement de notre histoire trop souvent méconnu voire ignoré (ces cinq mille femmes parquées au Vélodrome d'Hiver c'était 2 ans avant la tristement célèbre rafle...). Ensuite parce qu'il fait utilement écho à l'actualité, à la situation des millions de réfugiés à travers le monde, à la dramatique habitude de toujours stigmatiser certaines catégories de la population. On n'apprend pas assez de l'Histoire, malheureusement.
Diane Ducret a réalisé un travail remarquable de documentation qui lui a permis de s'imprégner de ses nombreuses lectures et de nourrir la trame romanesque sans jamais l'alourdir. On sort de cette lecture un peu plus instruit, avec peut-être l'envie d'être à la hauteur de celles qui ont traversé ces épreuves en refusant la mécanique de rejet et de stigmatisation que certains persistent à vouloir nous imposer. Il y a encore du travail.
Un grand merci à Babelio, Flammarion et Diane Ducret pour la rencontre passionnante organisée autour de ce texte. C'est un plaisir d'écouter l'auteur parler de la genèse de ce livre et du travail de documentation et de création inhérents. Cela donne envie de partir sur ses traces pour approfondir le sujet.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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ValerieLacaille
12 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Un très beau roman à lire absolument!
La première raison est que c'est un hommage vibrant à toutes ces femmes qui furent enfermées dans les camps, dont celui de Gurs dans les Pyrénées orientales, parce que l'état Français pensait qu'elles risquaient d'être un danger pour la France du fait de leur statut de réfugiées. le 12 mai 1940, des milliers de femmes célibataires et sans enfant se sont ainsi retrouvées au Vélodrome d'Hiver à Paris avant d'être internées dans le camp de Gurs. C'est dans ces lieux que vont se rencontrer puis se suivre les deux héroïnes du roman: Lise, jeune fille juive qui a fui Berlin avec sa mère, modiste, lorsque les nazis ont commencé à les persécuter; et Eva, jeune femme allemande qui a quitté volontairement ses parents, acquis à la cause nazie. A deux, elles seront plus fortes pour affronter les conditions de vie honteuses du camp de prisonniers. En plus de la faim et du froid, il leur faudra subir les brimades vicieuses du garde Grumel, ainsi que la pénurie de médicaments qui permettra aux épidémies de dysenterie de faire des ravages.
Dans le camp, il y a aussi des hommes, et leur présence sera pour ces pauvres femmes l'espoir de pouvoir encore séduire, se faire aimer, cajoler... en cachette bien sûr.
Cet espoir d'amour trouve un écho dans un projet d'Eva: mettre sur pied un spectacle de chant, de musique et de représentation théâtrale. Avec Lise et Suzanne, une prisonnière à la gouaille toute parisienne, elle parvient à mettre en place un spectacle de cabaret reposant sur la pièce de Shakespeare, "Le Songe d'une nuit d'été". Cette parenthèse artistique leur permet de mettre de côté les vicissitudes de la vie du camp, du moins momentanément.
J'en viens donc à la deuxième raison pour laquelle il faut lire ce roman: l'histoire, bien que basée sur des faits réels, nous entraîne dans un épisode commun de la vie de deux êtres de papier, poignant, délicat, touchant. On ne peut qu'être ému face aux répercussions que les épreuves mises sur le chemin de ces deux jeunes femmes vont générer. On reçoit les chocs, mais aussi les vibrations de bonheur en même temps qu'Eva et Lise. Diane Ducret écrit vraiment bien, de sorte que le lecteur ne se retrouve pas seulement spectateur de ce qu'il lit, puisqu'il vit les émotions des héroïnes en même temps qu'elles. Et qu'il referme le roman avec regret!
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NATB
04 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Je remercie babelio et Flammarion pour l'envoi des épreuves non corrigées du dernier livre de Diane Ducret, jeune femme charmante et passionnante rencontrée lors de la soirée dédicace.
Avec ce roman, Diane Ducret rend hommage à toutes ces femmes qui furent enfermées au Vélodrome d'Hiver avant d'être internées dans le camp de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques, ( à l'origine un camp d'hommes, réfugiés Espagnols).
Des femmes jugées indésirables car soupçonnées de par leur origine allemande d'être une menace pour la France (la "cinquième colonne").
Les indésirables étaient des femmes célibataires et sans enfants.
Cet épisode de l'histoire de notre pays est méconnu, grâce à ce livre ces femmes exilées, réfugiées sortent de l'oubli.
L'auteur nous a parlé des recherches effectuées sur le camp de Gurs, la majorité des archives de 1940 ont été détruites par le commandant Alain Davergne (lisez le roman), de plus il ne reste que le cimetière du camp au milieu d'une immense forêt de pins.
Grâce aux lettres retrouvées, l'auteur a imaginé les deux personnages féminins principaux, que tout oppose: Eva, bourgeoise aryenne qui rejette les idées du national socialisme adoptées par son père et Lise, jeune femme juive, timide, qui a fui Berlin avec sa mère .
Ce livre reconstitue le quotidien de ces femmes dans le camp et leur combat, leur ardeur à rester des femmes belles et désirables malgré tout.
Je vous invite vivement à lire ce roman que j'ai vraiment aimé.
Encore un auteur à suivre !
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CROCBOOKS
20 mars 2017

Mon avis :
"Les indésirables" est le dernier livre de Diane Ducret. le résumé m'a sur le champ, donné envie de me le procurer. En discutant, j'ai confié à ma grande amie blogueuse sur http://laplumedejennifer.com une liste de trois titres que je pensais acheter prochainement. Je vous laisse imaginer mon ravissement lorsque le 10 mars, j'ai déballé mes cadeaux d'anniversaire au restaurant niçois Les Palmiers et que j'ai découvert les sourires timides d'Eva et de Lise. J'ai commencé ce roman historique romancé juste après ma fête et quelle claque !
Je n'avais qu'une vague idée de ce qu'avaient été les conditions de détention des personnes considérées comme ennemies sous le régime nazi dés le mois de mai 1940. L'écrivaine parle au nom des Combattants Républicains Espagnols, des Volontaires des Brigades Internationales, des Patriotes et Résistants Français, des Juifs Immigrés et des Juifs Allemands du pays de Bade et de ceux arrêtés sur le sol français par Vichy. C'est avec beaucoup d'application que le quotidien désastreux du camps de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques nous est conté.
Le récit est rendu plus vivant grâce aux lettres et aux chansons écrites par les réfugiés pour se soustraire aux privations, aux bases besognes et aux extrêmes climatiques. le lecteur ressent de l'empathie pour ses compagnons de fortune qui sont si authentiques. Pour ma part, j'ai surtout éprouvé de l'admiration quand à la façon dont ils luttent contre la désespérance. La musique de cabaret insuffle un élan frénétique à ce lieu d'internement où la grâce féminine est trainée dans la boue. Finalement, de tous les préjudices qu'elles ont subi, le plus dure à vivre reste celui de ne pas être mère mais parce que rien n'est jamais perdu, elles retrouveront l'espoir au travers du yeux du petit Noé.
J'en ai pris bonne note dans mon cahier de lecture, je dois urgemment me procurer les deux volumes de "Femmes de dictateur".
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stephanieplaisirdelire
14 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Les indésirables est un roman poignant, intense et merveilleusement bien conté qui nous plonge dans les horreurs de la guerre mais celles qu'on a longtemps cachées et qui aujourd'hui encore demeurent totalement obscures tant les témoignages et les preuves sont rares.
S'il s'agit effectivement d'une témoignage sur un des camps de la seconde guerre mondiale, c'est loin d'être une histoire redondante car il est avant tout question ici de la question des réfugiées du régime nazi, que l'on a déportées et internées car jugées dangereuse, inquiétantes et les indésirables, parquées dans ce camp de Gurs, dont il ne reste aujourd'hui quasiment rien.
Dans ce contexte de guerre difficile où la mort, les conditions de vie déplorable et les mauvais traitements sont monnaie courante (un contexte très bien rendu, juste et précis), il est avant tout question d'amour et de maternité (sous toutes ses formes et à tous les niveaux).
Car Diane Ducret nous entraîne dans un roman puissant et lumineux.
J'ai adoré ! j'ai été tout autant portée par un vif intérêt pour cette question des réfugiés allemands (ou étrangers de nationalités divers mais d'origine allemande) dont je n'avais pas la moindre idée, que par la beauté, le positif, l'amour et l'humour portés par ces femmes tellement courageuses. L'auteure leur rend un vibrant hommage à travers ces pages. La narration allie la beauté des mots et la brutalité des situations. C'est dur mais c'est beau, presque supportable, comme s'il y avait toujours de la beauté dans l'horreur, et que l'obscurité ne pouvait exister sans la lumière...........................
Lien : http://libre-r-et-associes-s..
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Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
stephanieplaisirdelirestephanieplaisirdelire14 mars 2017
« Un piano à queue, au bois lisse, aux jambes fines et au dos rond. Les pieds dans la boue, il semble si précieux que les Espagnols ne peuvent s’empêcher de le caresser avec des murmures d’admiration. Aux yeux émerveillés d’Eva, c’est le plus bel instrument que la terre ait jamais porté. L’apparition a quelque chose de surnaturel, de magique. Les oiseaux ont sans doute attendu cet instant pour lui entonner une mélodie créée pour l’occasion. A ce moment-là, comme à dessein, l’aurore déclenche son feu de couleurs. Si la nature peut s’unir ainsi à l’homme, il y a de l’espoir. » page 157
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stephanieplaisirdelirestephanieplaisirdelire14 mars 2017
« C’est beau la guerre, avait-elle toujours pensé lorsque, jeune femme à Munich, elle voyait passer sous ses fenêtres des formations entières de soldats aux uniformes impeccablement coupée et repassés avec soin, le cheveux courts, l’épaule droite, le pied assuré, dont les bottes de cuir inspiraient le courage et la fierté. Et soudain, face à ce troupeau de femmes hagardes, la guerre lui apparait comme une maladie. » Page 34
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stephanieplaisirdelirestephanieplaisirdelire14 mars 2017
« - Il ne s’agit pas de se prostituer, mais de résister. Les français nous ont emmenées ici, nous affament, nous insultent, nous traitent d’indésirables. Forçons-les à nous aimer, si nous voulons survivre ! Tu sais quel est le point commun entre les Français et les allemands ?
-Ces temps-ci, la fièvre des camps ?
-Non, les cabarets. » page 151
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stephanieplaisirdelirestephanieplaisirdelire14 mars 2017
« La piste de bois si lisse est devenue un champ de larmes et de regards perdus. » Page 36
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stephanieplaisirdelirestephanieplaisirdelire14 mars 2017
« Une pluie battante vient émouvoir la patiente file qui s’est gonflée de nouvelles arrivées, deux mille frêles oiseaux aux plumes détrempés. » page 35
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