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> Marcelle Auclair (Traducteur)
> Jean Prévost (Traducteur)

ISBN : 2070309932
Éditeur : Gallimard (2010)


Note moyenne : 3.25/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans la campagne espagnole, une jeune fille, contrainte d'épouser un homme qu'elle n'aime pas, fuit avec son amant. Le marié se lance à la poursuite. Inspiré d'un fait divers de 1928.
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 06 juillet 2013

    Nastasia-B
    L’Espagne. Aride. Torride. Intrépide. L’Espagne du sud, l’Espagne fière. L’Espagne paysanne, reculée et profonde. L’Espagne où le poids de la tradition pèse des tonnes sur les épaules de chacun. L’Espagne de l’entre-deux-guerres, de l’entre deux dictatures, l’Espagne au bord de la guerre civile.
    C’est dans cette Espagne-là que Federico García Lorca nous emmène et nous peint sa pièce, avec la poussière andalouse, au plus près du peuple, au plus près des gens et de leurs préoccupations terre-à-terre.
    C’est donc une écriture remarquablement simple, qui brille par sa sobriété mais sans du tout être dénuée d’un certain lyrisme (surtout au troisième acte) ni de certaines images métaphoriques, symboliques ou paraboliques.
    García Lorca nous parle des femmes, du mariage, et des terres agricoles en nous combinant l’ensemble pour nous faire ressortir tout ce qu’il peut y avoir de tragique dans la condition de la femme destinée à être mariée en grande partie en regard de la dot (quantité de surface agraire) qu’elle peut apporter à ce mariage.
    L’auteur nous parle aussi des hommes, harassés par le travail mais aussi et surtout étouffés d’orgueil, qui dégainent le couteau pour un oui pour un non comme si leur vie se trouvait menacée quand l’honneur se trouve écorné.
    Cependant, je trouve que la pièce passe parfois un petit peu à côté du propos qu’elle semble vouloir défendre. En effet, c’est en lisant un petit peu des documentations à côté que j’ai compris de quoi Federico García Lorca voulait effectivement nous parler au moyen de cette pièce. Il semble (d’après cette documentation car, je le répète, ce n’est pas flagrant à mes yeux en partant du simple recours au texte) que l’auteur souhaite promouvoir la liberté de choix dans le mariage pour les femmes, notamment, et pour les hommes pauvres, en second lieu. Il semble aussi qu’il dénonce le carcan de la tradition, lui le progressiste impliqué dans la politique républicaine naissante, désireux de faire évoluer les mœurs de son pays.
    J’y ai pour ma part surtout vu une histoire d’amour tragique et un propos sur le prix donné à la vie, pas assez cher selon l’auteur, vu que le sang coule un peu trop facilement dans ces campagnes reculées d’Andalousie. (L’histoire ne le démentira pas car question sang qui coule, peu de temps après, c’était à torrents !)
    Impression donc assez bonne mais mitigée, nonobstant, ceci n’est que mon avis, c’est-à-dire, bien peu de chose.
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  • Par Bene31, le 14 octobre 2013

    Bene31
    Federico Garcia Lorca se lance dans l'écriture de Noces de sang quelques années après avoir lu dans un journal l'histoire tragique d'un couple.
    Dans un petit village andalou, un jeune homme s'apprête à se marier, et donc à quitter la maison familiale, laissant sa mère inconsolable, elle qui a déjà perdu son mari et son fils aîné morts assassinés. Une fois la cérémonie achevée, la fête bat son plein, mais la mariée demeure introuvable. On découvre que la jeune femme s'est enfuie avec son ex-fiancé, devenu par la suite le mari de sa cousine, mais aussi membre de la famille des assassins de la famille de son mari. Tout le village se lance à la poursuite des fuyards.
    Dès les premières scènes, la violence est évoquée à travers les couteaux, qui servent à la fois à travailler la terre, la vigne, et à tuer. L'attachement à la terre qu'il faut fertiliser est primordial, empreint le premier acte d'une sagesse paysanne. Si le second acte est le récit de la noce, avec beaucoup de mouvement sur scène, de chants, de danses, le troisième acte prend une dimension fantastique avec l'entrée en scène de La Lune et de la Mort. le drame devient universel, le fait que les personnages ne soient pas nommés renforce cette impression. J'ai trouvé le texte bouleversant, poétique, même si parfois c'était un peu hermétique, ce que je redoutais. Je n'ai pas encore eu l'occasion de voir cette pièce, si cela se présente, je n'hésiterais pas une seconde !


    Lien : http://bene31.canalblog.com/archives/2013/10/14/28167468.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Nelja, le 06 août 2014

    Nelja
    Un jeune homme, dont le père et le frère ont été assassinés par des membres d'une autre famille plus pauvre, est fiancé à une jeune fille, qui fut autrefois fiancée à un homme de la famille en question. Tout ceci finira très mal.
    Je n'aime pas vraiment les personnages (par rapport à d'autres pièces de Lorca comme Mariana Pineda), même s'il est difficile de ne pas sympathiser avec la douleur de la mère du fiancé. Mais ce qui est magnifique dans cette pièce, c'est l'écriture poétique. le premier arc est très tendu, lent, tout en tension et en non-dits. le second, sur les noces, est comme une immense chanson, mais avec des courants malsains que l'on devine. Dans le troisième, les vérités sont enfin dites pleinement, l'écriture devient plus riche encore, et des entités symboliques s'animent, comme la mort, ou la lune qui souhaite réchauffer ses rayons froids au sang des jeunes gens.
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    • Livres 3.00/5
    Par jaguitch, le 11 juillet 2014

    jaguitch
    Première pièce de théâtre de Lorca que je lis. Malgré le sujet abordé, je n'ai pas trouvé qu'il y avait cette "tension" dramatique qu'on peut retrouver dans d'autres pièces de théâtre. Je pense qu'il aurait pu pousser plus loin cette tension (mais cela n'est que mon avis).
    Néanmoins, le but premier de cette acquisition était d'approfondir mes connaissances en espagnol. La traduction française est des fois très bizarre (comme par magie, certains mots disparaissent dans la traduction française), mais de manière générale elle est plutôt bonne.
    Quelques petites annotations grammaticales seraient un plus dans cette édition bilingue pour compléter le travail réalisé.
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 10 juillet 2013

    LA MÈRE : Avec un couteau,
    avec un tout petit couteau,
    à jour nommé, entre deux et trois heures,
    deux hommes amoureux se sont entre-tués.
    Avec un couteau,
    avec un tout petit couteau
    tenant à peine dans la main,
    mais s'immisçant finement
    dans les chairs étonnées
    et s'arrêtant à l'endroit, ici
    où frémissent tout entortillées
    les sombres racines du cri.
    Voilà ce que devient un couteau,
    un tout petit couteau
    tenant à peine dans la main ;
    poisson sans écailles ni ruisseau.

    (Con un cuchillo,
    con un cuchillito,
    en un día señalado, entre las dos y las tres,
    se mataron los dos hombres del amor.
    Con un cuchillo,
    con un cuchillito
    que apenas cabe en la mano,
    pero que penetra fino
    por las carnes asombradas
    y que se para en el sitio
    donde tiembla enmarañada
    la oscura raíz del grito.
    Y esto es un cuchillo,
    con un cuchillito
    que apenas cabe en la mano ;
    pez sin escamas ni río.)
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  • Par Nastasia-B, le 09 juillet 2013

    LA JEUNE MARIÉE : J'étais une femme brûlée, pleine de plaies au-dedans comme au-dehors, et votre fils était un peu d'eau dont j'attendais des enfants, une terre, la santé ; mais l'autre était un ruisseau sombre, plein de branches, qui entre ses dents me tenait de son chant et de la rumeur de ses joncs. [...] Moi, je ne voulais pas, entendez bien ça ! Moi, je ne voulais pas. Votre fils était mon dessein, et je ne l'ai pas trompé, mais le bras de l'autre m'a entraînée comme la tempête, comme la tête d'un mulet, et il m'aurait entraînée, toujours, toujours, même si j'avais été une vieille femme et si tous les fils de votre fils s'étaient accrochés à mes cheveux !
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  • Par Nastasia-B, le 07 juillet 2013

    {spéciale 3000ème}
    LEONARDO : J'ai tenté de t'oublier
    et j'avais mis un mur de pierre
    entre ta maison et la mienne.
    C'est vrai. T'en souviens-tu ?
    Et lorsque de loin je t'ai aperçue
    je me suis jeté du sable dans les yeux.
    Mais j'étais à cheval
    et le cheval filait vers ta porte.
    Parsemé d'épingles d'argent,
    tout noir est devenu mon sang
    et le sommeil a commencé à m'emplir
    les chairs d'une fort mauvaise herbe.
    Ce n'est pas ma faute,
    c'est la faute de la terre,
    et de ce parfum qu'exhalent
    tes longues tresses et tes seins.

    (Yo quise olvidar
    y puse un muro de piedra
    entre tu casa y la mía.
    Es verdad. ¿ No lo recuerdas ?
    Y cuando te vi de lejos
    me eché en los ojos arena.
    Pero montaba a caballo
    y el caballo iba a tu puerta.
    Con alfileres de plata
    mi sangre se puso negra,
    y el sueño me fue llenando
    las carnes de mala hierba.
    Que yo no tengo la culpa,
    que la culpa es de la tierra
    y de ese olor que te sale
    de los pechos y las trenzas.)

    Acte III, Premier tableau.
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  • Par Nastasia-B, le 28 juin 2013

    LA MÈRE : On m'avait dit que la jeune fille a déjà été fiancée il y a longtemps.
    LA VOISINE : Elle devait avoir quinze ans. Le garçon s'est marié il y a déjà deux ans, justement avec une cousine à elle. Personne ne se souvient de ces fiançailles-là.
    LA MÈRE : Et comment fais-tu pour t'en souvenir toi ?

    (MADRE : A mí me habían dicho que la muchacha tuvo novio hace tiempo.
    VECINA : Tendría ella quince años. El se casó ya hace dos años con una prima de ella, por cierto. Nadie se acuerda del noviazgo.
    MADRE : ¿ Cómo te acuerdas tú ?)
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  • Par Nastasia-B, le 06 juillet 2013

    LA MÈRE : Ça ne se passe pas comme ça. Ça prend longtemps. Voilà pourquoi c'est si terrible de voir notre sang répandu par terre. Une fontaine qui coule juste une minute et qui, à nous, nous a coûté des années. Quand je suis arrivée auprès de mon fils, il était allongé en plein milieu de la rue. J'ai trempé mes mains dans son sang et je me les suis léchées avec la langue ! Parce que c'était mon sang. Tu ne peux pas savoir ce que c'est. Je voudrais mettre dans un ostensoir de topazes et de cristal cette terre imbibée de son sang.

    (MADRE : No es así. Se tarda mucho. Por eso es tan terrible ver la sangre de una derramada por el suelo. Una fuente que corre un minuto y a nosotros nos ha costado años. Cuanto yo llegué a ver a mi hijo, estaba tumbado en mitad de la calle. Me mojé las manos de sangre y me las lamí con la lengua. Porque era mía. Tú no sabes lo que es eso. En una custodia de cristal y topacios pondría yo la tierra empapada por ella.)
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