> Nathalie Bauer (Traducteur)

ISBN : 2020982609
Éditeur : Seuil (2009)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 263 notes) Ajouter à mes livres
Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mattia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi c... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Bunee, le 03 avril 2009

    Bunee
    Eh ben voilà. A force, ça m'est arrivé. Je n'arrive pas à parler de ce livre d'une façon qui m'est satisfaisante.
    Pourquoi diable autant d'ambivalence? J'ai à la fois aimé et ... pas aimé ce livre, du coup j'ai une impression, plutôt globalement favorable, mais pas tout à fait satisfaite et un peu déçue.
    Je m'étais dit en ouvrant l'ouvrage reçu de l'éditeur par l'intermédiaire des lectures de chez les filles, Que plus d'un million d'italiens, pris ensemble le jury 2008 du prix Strega, ainsi qu'une grande partie des (nombreux) auteurs de blog ayant également reçu ce livre contre review, avaient nécessairement une bonne raison d'aimer ce livre. Et je comprends pourquoi.
    L'ambiance globale se veut (et parvient, à mon avis, à l'être, ou du moins à donner l'impression de l'être) belle au sens baudelairien du terme à savoir "quelque chose d'ardent et de triste". J'imagine que l'auteur a voulu s'approcher d'un flamboiement froid, une sorte de fièvre glacée et douce amère. On a quelques passages comme ça où l'ambiance s'en approche, sis entre la rêverie et destruction de soi, entre violence retournée contre soi (volonté de s'approprier un corps et de transcrire sur ce dernier le non dit: anorexie / auto mutilation) et mélancolie (mal être où les âmes perdues des protagonistes errent).
    Cette ambivalence, ce conflit propre à l'adolescence, caractérisent Mattia et Alice, nos deux "nombres premiers". Des adolescents refusant de grandir et ne pouvant quitter l'instant où leur enfance s'est trop vite arrêtée (Alice à l'occasion de son accident de Ski, Mattia lorsqu'il a abandonné sa sœur jumelle handicapée)
    Pourquoi des nombres premiers? le premier alinéa du quart de couv' nous le révèle: "Les nombres premiers ne sont divisibles que par un et par eux-même; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair.
    Vous l'aurez deviné, tout au long de ce roman, l'auteur met en scène nos deux personnages, Alice (anorexique chronique) et Mattia (réfugié dans l'abstraction des mathématiques), comme étant ces nombres premiers (par exemple, 3 et 5) qui sont proches sans jamais se toucher, qui sont condamnés à toujours se chercher sans vraiment parvenir à se trouver.
    Au long des chapitres, les personnages évoluent au fil du temps: l'enfance, temps de la brisure (là où le verre n'est jamais si bleu), puis l'adolescence, difficile, torturée. Ce sont presque des "âmes sœurs" (au sens platonicien du terme) mais condamnées à ne pas se trouver.
    Ils deviennent physiquement adultes, tentent chacun de s'oublier sans y parvenir mais tout ce qu'ils peuvent construire s'avère être en fait bâti sur du sable.
    Un jour, il finissent par se recroiser, pour mieux se quitter.
    Le récit est enlevé, fluide et s'attache à décrire les sentiments des personnages. Néanmoins je regrette que pour décrire les affres de l'adolescence l'auteur choisisse des caricatures d'adolescents, véritables handicapés de la vie (désolée pour le terme outrancier) dont certaines caractéristiques évoquent quelques un des critères utilisés dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders pour diagnostiquer la sociopathie (par exemple: dédain pour la sécurité de soi, irresponsabilité chronique). Un peu de subtilité aurait évité cette indéfinissable sensation de cliché.
    De même, l'aspect "refuge dans les maths" aurait pu être décortiqué de façon beaucoup plus fine. Quand j'ai lu "Parfum de glace" de Yoko Ogawa, dans lequel était décrit un personnage surdoué pour les maths, j'ai trouvé que la caractéristique de l'isolement était abordée de façon moins pataude, plus poétique. Peut-être que l'aspect "pataud' est lié au fait que Giordano, titulaire d'un doctorat de physique, semble trop bien connaître les sciences pour écrire finement dessus, mais celà reste une impression personnelle que peu semblent partager, j'en suis consciente. Je suis également conscient que le style d'Ogawa peut difficilement être comparé à un premier roman.
    Je concluerai en disant que l'impression globale de ce livre est agréable sans être enthousiasmante et qu'on reste, à la fin, vaguement frustré par l'abordage un peu rapide, manquant légèrement de subtilité, de l'évolution des protagonistes.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
  • Par sylvie, le 21 mars 2009

    sylvie
    J'ai découvert cette histoire et cet auteur avec bonheur.
    Deux personnages tendres et meurtris s'attirent et se repoussent de l'adolescence à l'entrée dans l'âge adulte. Ils traînent tous deux des souffrances qui les anéantissent au point qu'ils ont du mal à se sentir vivants.
    Le jeune homme se mutile, la jeune femme est anorexique.
    Ils arrivent bon gré mal gré à rentrer dans leurs vies d'adultes l'un avec une passion dévorante pour les maths, l'autre en devenant photographe, et en se mariant.
    Leur amour reste impossible, parce qu"au bord du gouffre", et ces deux "vilains petits canards" ont la terrible sensation de passer à côté de leur vie sans pour autant avoir la force ou le pouvoir d'en choisir véritablement le cours...
    Le texte est dense, fort, poignant et mené avec un propos que j'ai trouvé très original.
    Ici, point de psychologie pour nous raconter les bleus et les désastres de l'âme, mais une écriture sèche qui décrit les évènements presque cliniquement...
    Mais non... Pas cliniquement : MATHÉMATIQUEMENT!
    Et si la vie et son étrangeté pouvait s'expliquer et trouver un sens acceptable grâce aux mathématiques... J'ai l'impression que l'auteur nous le suggère...
    Les deux personnages de son histoire sont des nombres premiers, de ceux qui possèdent un jumeau. Ils se reconnaissent et se sentent faits l'un pour l'autre de manière évidente pour eux et pour les autres...
    Mais ces nombres premiers jumeaux sont toujours séparés par un nombre pair...
    C'est une loi qui s'applique...
    L'auteur nous propose une théorie mathématique pour nous faire rêver ou réfléchir à l'amour et à son impossible, réécrivant ainsi sous la forme d'une formule et de sa démonstration le mythe de l'androgyne : être double, sphérique, plein, mais coupé en deux (par le destin, ou dieu, ou des dieux), et condamné ainsi à rechercher perpétuellement la réunion de ses deux parties.
    Il nous prouve mathématiquement que ce n'est pas possible;)
    C'est brillant, prenant et beau .

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2009/03/la-solitude-des-nombres-..
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Bookworm84, le 09 février 2012

    Bookworm84
    J'ai hésité à noter entre 1 et 2 sur 5 étoiles. La critique contient quelques spoilers, mais ils sont essentiels pour expliquer ma note.
    Le début était bien parti, pourtant. L'auteur, dès le départ, nous présente les traumatismes qui feront la base de la solitude des 2 personnages principaux. Puis, d'une écriture simple, vraie et subtile, il montre comment Alice et Mattia se construisent autour de leur souffrance,née de ces traumatismes, comment ils vivent en vase clos avec cette souffrance, enfermés dans une profonde solitude. Jusqu'au jour où le hasard les fait se croiser. Mais comment 2 êtres incapables de sortir de leur solitude, de leur souffrance, peuvent-ils nouer entre eux un réel et solide lien affectif?
    La description des années lycée est criante de douleur, de vérité. L'auteur peint avec justesse l'univers cruel du lycée, la solitude qui pèse sur ceux se sentant "hors norme", les manipulations cruelles des populaires, des influents. Un passage qui n'a pas été sans me rappeler quelques douloureux souvenirs du lycée!
    Mais c'est après que, d'intérêt pour cette histoire qui rendait bien la difficulté de se construire après un traumatisme, je suis passée à la déception. Alice et Mattia deviennent amis puis, les années passant, se voient séparés par les kilomètres. L'une se marie, l'autre donne des cours et noue une liaison, vers dont on ne sait si elle se poursuivra. Mais c'est tout. Aucun de ces 2 personnages n'évolue.
    Et c'est là, en refermant le livre, que je me suis sentie mal à l'aise. Car, somme toute, ce qui se dégage de la fin de l'histoire est étouffant. Malsain. Nous avons là 2 personnages qui au final se complaisent dans leur solitude, dans leur souffrance. Leur seule évolution est l'acceptation de cette souffrance, pour vivre avec plus ou moins sereinement, ce qui laisse à penser que, peut-être, ils vont davantage évoluer vers plus de sérénité. Mais ce qui m'a le plus gêné, le plus mis mal à l'aise, c'est le traitement réservé à la maladie développée par Alice. Anorexique,elle ne connaît dans le livre aucun problème de santé (hormis l'aménhorrée et un évanouissement). Et elle reste anorexique jusqu'à la fin, le livre se clôturant sur elle, contente désormais de savoir qu'elle peut s'en tirer, seule, dans la vie. Mais toujours anorexique.
    L'auteur n'a sans doute pas voulu faire l'apologie de l'anorexie, mais je reste très mal à l'aise par rapport à cela.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par nanoucz, le 11 mai 2009

    nanoucz
    Mattia est un jeune garçon surdoué, dont la vie a été bouleversée par la disparition de sa soeur jumelle. Alice, traumatisée par un accident survenu à la montagne, a gardé des séquelles physiques et psychologiques.
    Ils vivent chacun au sein de leur famille, mais sont mal intégrés dans leur environnement proche. Incompris de leurs parents et de leurs camarades, ils ont en commun une grande solitude. Leur rencontre au lycée va changer leur existence et permettre à chacun de trouver en l'autre comme un double lui-même. Mais les souffrances vécues laissent des traces et ils n'arriveront que rarement à se laisser aller à plus de confiance et d'intimité, à l'occasion de retrouvailles au fil des années.
    C'est un livre parfois dur, quelquefois j'ai failli le poser et abandonner cette lecture, surtout au début, d'ailleurs, quand les injustices s'accumulent, sur Alice en particulier. Mais j'ai persisté et suis arrivée au bout de cet étrange parcours de deux êtres mal à l'aise dans la vie. Coincés dans leur solitude, ils n'arrivent pas à s'extraire complètement de leur passé et ne saisissent jamais complètement la perche parfois tendue par l'autre. le livre s'achève sans vraiment apporter une fin à cette histoire, ce qui permet au lecteur d'inventer d'autres rencontres entre Mattia et Alice et une issue, heureuse ou pas, selon l'humeur.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par patachinha, le 24 octobre 2009

    patachinha
    J' ai trouvé cette histoire très touchante, mais tout de même assez triste.
    2 enfants dont leur vie est bouleversée par un évènement qui les marquera à jamais, qui conditionnera le reste de leur existence, qui les rendra si différents des autres enfants, qui les empêchera de se fondre dans la masse.
    Mattia qui a perdu sa soeur jumelle déficiente, porte le poids du remords et de la responsabilité qui ne cessera de la hanter. Si seulement, ce jour-là il n' avait pas eu l' idée de la laisser seule sur le banc d' un parc, pendant qu' il se rendait à une fête d' anniversaire, par honte ou lassitude de devoir toujours la traîner derrière lui, être la risée de tous, parce qu' il avait une soeur différente de tous... Cette soeur qu' il aimait tant, mais qui constituait un poids sur les épaules d' un petit garçon qui construisait à peine ses relations aves les autres.
    Alice, si jeune, connut un accident de ski assez grave pour la rendre boîteuse pour le restant de ses jours. Quel coup porté sur sa feminité! Quelles moqueries n' a-t- elle dû encaisser...Elle en veut à son père et à la Terre entière.
    Difficile de n' être plus dans les normes... d' accepter un sort qu' on n' a nullement choisi, de voir les rêves simples de l' enfance s' évaporer en une journée.
    En commun, ont- ils peut- être cette volonté de fuir les autres, de s' abandonner à la solitude, de se renfermer dans leur coquille. Pourtant un jour ou l' autre le destin fera en sorte de les croiser. Ce jour- là aussi sera déterminant, il marque un tournant. La prise de conscience en quelque sorte de la souffrance commune qui les ronge, chacun à leur manière. Une belle histoire d' amour aurait pu se nouer, mais là encore le poids du passé, les empêche de franchir une barrière pourtant invisible...
    Mattias fera carrière de professeur, dans une grande université à l' étranger ; Alice deviendra une simple photographe, mariée à un homme qu' elle n' aime pas, mais qui lui apporte tout ce qu' une femme lui aurait envié.
    Des années plus tard, déjà adultes, ils se retrouvent, comme si leur souffrances enfouies par la distance et le temps qui s' écoule ressurgissaient tout à coup. Comme si l' heure était aux bilans. Comme si leur temps était arrivé à échéance. Comme si il y avait un mince espoir de pouvoir tourner la page du passé. Comme si leur vie en suspens depuis toujours, pouvait connaître un nouveau souffle... A quelles conclusions arriveront- ils? Sauront- ils effacer les démons du passé, et envisager l' avenir ensemble?
    Pour un premier roman je le trouve très bien, mais c' est dommage qu' il y est beaucoup de zones d' ombres, on les accompagne chronologiquement, et j' ai l' impression qu' on en sait finalement peu sur leur état d' esprit, mais bien plus sur les conséquences de leur traumatisme d' enfance dans leurs relations avec les autres.
    Même si ce n' est pas un coup de coeur, ce livre se lit très bien, l' écriture est simple, et elle dégage vraiment ce sentiment de tristesse et mélancolie qui les accompagne tout au long de leur vie; la sensation que les blessures du passé ont joué un rôle prépondérant sur le reste de leur vie, tant affectif, que professionnel...

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Citations et extraits

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  • Par _Cacahuete_, le 12 mai 2010

    Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes. Ils occupent leur place dans la série infinie des nombres naturels, écrasés comme les autres entre deux semblables, mais à un pas de distance. Ce sont des nombres soupçonneux et solitaires, raison pour laquelle Mattia les trouvait merveilleux. Il lui arrivais de se dire qu’ils figuraient dans cette séquence par erreur, qu’ils y avaient été piégés telles des perles enfilées. Mais ils songeait aussi que ces nombres auraient peut être préféré être comme les autres, juste des nombres quelconques, et qu’ils n’en étaient pas capable. Cette seconde pensée l’effleurait surtout le soir, dans l’entrelacement chaotique d’images qui précède le sommeil, quand l’esprit est trop faible pour se raconter des mensonges.

    A son cours de première année, Mattia avait appris que certains nombres premiers ont quelque chose de particulier. Les mathématiques les appellent premiers jumeaux : ce sont des couples de nombres premiers voisins, ou plutôt presque voisins, car il y a toujours entre eux un nombre pair qui les empêche de se trouver vraiment. Des nombres tels que le 11 et le 13, tels que le 17 et le 19, le 41 et le 43. Si on a la patience de continuer, on découvre que ces couples se raréfient progressivement. On tombe sur des nombres premiers de plus en plus isolés, égarés dans cet espace silencieux et rythmé, constitué de seuls chiffres, et l’on a le pressentiment angoissant que les couples rencontrés jusqu’alors n’étaient qu’un fait accidentel, que leur véritable destin consiste à rester seuls. Mais au moment où l’on s’apprête à baisser les bras, découragé, on déniche deux autres jumeaux, serrés l’un contre l’autre. Mattia pensait qu’Alice et lui étaient deux nombres premiers jumeaux, isolés et perdus, proches mais pas assez pour se frôler vraiment. (Chapitre 21 p 149 – éditions points)
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  • Par sylvie, le 21 mars 2009

    Les autres furent les premiers à remarquer ce qu'Alice et Mattia ne comprirent qu'au bout de nombreuses années. Ils pénétrèrent dans la pièce main dans la main. Ils ne souriaient pas, leurs regards suivaient des trajectoires différentes, mais on aurait dit que leurs corps coulaient l'un dans l'autre à travers leurs bras et leurs doigts joints.
    Le contraste prononcé que formaient les cheveux clairs d'Alice autour de son visage trop pâle et les cheveux foncés de Mattia retombant sur ses yeux noirs s'anéantissait dans cet arc subtil. Il y avait entre eux un espace commun dont les confins n'étaient pas bien tracés, où rien ne semblait marquer et l'air paraissait inerte, tranquille"...
    ..."Ils avaient l'air ébahis, comme s'ils venaient d'un endroit lointain qu'ils étaient seuls à connaître
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  • Par saphoo, le 15 juillet 2010

    Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes. Ils occupent leur place dans la série infinie des nombres naturels, écrasés comme les autres entre deux semblables, mais à un pas de distance. Ce sont des nombres soupçonneux et solitaires, raison pour laquelle Mattia les trouvait merveilleux. Il lui arrivait de se dire qu’ils figuraient dans cette séquence par erreur, qu’ils y avaient été piégés telles des perles enfilées. Mais il songeait aussi que ces nombres auraient peut être préféré être comme les autres, juste des nombres quelconques, et qu’ils n’en étaient pas capable. Cette seconde pensée l’effleurait surtout le soir, dans l’entrelacement chaotique d’images qui précède le sommeil, quand l’esprit est trop faible pour se raconter des mensonges
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  • Par bacoltrane, le 04 janvier 2011

    A son cours de première année, Mattia avait appris que certains nombres premiers ont quelque chose de particulier. Les mathématiques les appellent premiers jumeaux : ce sont des couples de nombres premiers voisins, ou plutôt presque voisins, car il y a toujours entre eux un nombre pair qui les empêche de se trouver vraiment. Des nombres tels que le 11 et le 13, tels que le 17 et le 19, le 41 et le 43. Si on a la patience de continuer, on découvre que ces couples se raréfient progressivement. On tombe sur des nombres premiers de plus en plus isolés, égarés dans cet espace silencieux et rythmé, constitué de seuls chiffres, et l’on a le pressentiment angoissant que les couples rencontrés jusqu’alors n’étaient qu’un fait accidentel, que leur véritable destin consiste à rester seuls. Mais au moment où l’on s’apprête à baisser les bras, découragé, on déniche deux autres jumeaux, serrés l’un contre l’autre. (…)
    Mattia pensait qu’Alice et lui étaient deux nombres premiers jumeaux, isolés et perdus, proches mais pas assez pour se frôler vraiment.
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  • Par saphoo, le 15 juillet 2010

    Ils pénétrèrent dans la pièce main dans la main. Ils ne souriaient pas, leurs regards suivaient des trajectoires différentes, mais on aurait dit que leurs corps coulaient l'un dans l'autre à travers leurs bras et leurs doigts joints.
    Le contraste prononcé que formaient les cheveux clairs d'Alice autour de son visage trop pâle et les cheveux foncés de Mattia retombant sur ses yeux noirs s'anéantissait dans cet arc subtil. Il y avait entre eux un espace commun dont les confins n'étaient pas bien tracés, où rien ne semblait marquer et l'air paraissait inerte, tranquille
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