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> Nathalie Bauer (Traducteur)

ISBN : 2020982609
Éditeur : Editions du Seuil (2009)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 559 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mattia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi c... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par sandrine57, le 05 octobre 2012

    sandrine57
    Mattia, élève surdoué passionné de mathématiques, a un jour abandonné sa soeur jumelle,attardée mentale, dans un parc pour se rendre seul à un goûter d'anniversaire. Depuis ce jour, elle est introuvable et, lui, rongé par la culpabilité, s'auto-mutile pour se punir de cet acte aux conséquences dramatiques.
    Alice, inhibée par un père autoritaire, a vécu un grave accident de ski. Elle en a gardé une claudication qui la rend différente. Depuis, elle a cessé de se nourrir en protestation contre ce corps qui l'a trahie.
    Ces deux-là, mal dans leur peau, solitaires, étaient faits pour se rencontrer et c'est au lycée que leur relation va commencer. Amis car tellement semblables, amoureux, sans doute, mais incapables de vivre de tels sentiments, ils vont se chercher, se rapprocher, se fuir, se retrouver mais toujours leur nature profondément solitaire les tient éloignés l'un de l'autre...

    C'est l'histoire d'Alice et Mattia. Une histoire étrange, sans doute une histoire d'amour, mais un amour flagrant aux yeux de tous sauf aux leurs. Les traumatismes de l'enfance, les difficultés de l'adolescence et les questionnements de l'âge adulte se combinent pour les laisser impuissants face à la vie. Ensemble, ils vont grandir pourtant , trouver d'autres refuges, Mattia dans une vie rangée à l'étranger, Alice, en s'engageant dans une histoire de couple mais leur lien reste aussi puissant qu'inutile.
    Une espèce de "ni avec toi, ni sans toi" en mode adolescence perturbée, desservie par une écriture un brin trop froide et deux personnages jusqu'auboutistes qui semblent se prélasser dans leurs problèmes sans jamais faire l'effort de s'en sortir. Exaspérants, irrécupérables, il est très difficile de s'y attacher et de s'émouvoir de leurs erreurs sans cesse renouvelées. On voudrait les secouer, leur dire de faire le deuil de leur enfance pour enfin VIVRE mais l'auteur choisit un autre chemin.
    Intéressant mais pas indispensable.
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    • Livres 3.00/5
    Par mickaela, le 11 août 2013

    mickaela
    Ébaucher une critique sur "La Solitude des Nombres Premiers" me semble être une tâche assez ardue. Il me faut bien l'admettre, ce livre provoque chez moi des sentiments ambivalents.
    Bon je me lance....
    Ma première impression lors de la lecture des premières pages fut excellente ! J'ai été très vite happée par ce récit et rapidement je me suis prise d'affection pour ces deux inadaptés de la vie. Leur passé fait de moments douloureux, de solitudes subies, et de non-dits font d'eux des êtres particuliers et solitaires, on attend beaucoup de leur rencontre mais ils finissent par se perdre...pour se retrouver...Cela n'en finit pas...des rendez vous manqués à chaque fois. C'est agaçant ! Leurs rencontres loupées, leur immobilisme, leur constante (lassante aussi ) introspection et leur égocentrisme m'ont vraiment exaspéré ! J' aurais aimé qu’ils cessent de se regarder le nombril, qu'ils sortent de leur bulle et aillent de l'avant....mais non. Ils resteront comme ça solitaire et à part.
    Que dire de plus ?
    Ce livre ne m'a pas laissé indifférente mais n'a pas provoqué, non plus le séisme auquel je m'attendais ....dommage...
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    • Livres 2.00/5
    Par Bunee, le 03 avril 2009

    Bunee
    Eh ben voilà. A force, ça m'est arrivé. Je n'arrive pas à parler de ce livre d'une façon qui m'est satisfaisante.
    Pourquoi diable autant d'ambivalence? J'ai à la fois aimé et ... pas aimé ce livre, du coup j'ai une impression, plutôt globalement favorable, mais pas tout à fait satisfaite et un peu déçue.
    Je m'étais dit en ouvrant l'ouvrage reçu de l'éditeur par l'intermédiaire des lectures de chez les filles, Que plus d'un million d'italiens, pris ensemble le jury 2008 du prix Strega, ainsi qu'une grande partie des (nombreux) auteurs de blog ayant également reçu ce livre contre review, avaient nécessairement une bonne raison d'aimer ce livre. Et je comprends pourquoi.
    L'ambiance globale se veut (et parvient, à mon avis, à l'être, ou du moins à donner l'impression de l'être) belle au sens baudelairien du terme à savoir "quelque chose d'ardent et de triste". J'imagine que l'auteur a voulu s'approcher d'un flamboiement froid, une sorte de fièvre glacée et douce amère. On a quelques passages comme ça où l'ambiance s'en approche, sis entre la rêverie et destruction de soi, entre violence retournée contre soi (volonté de s'approprier un corps et de transcrire sur ce dernier le non dit: anorexie / auto mutilation) et mélancolie (mal être où les âmes perdues des protagonistes errent).
    Cette ambivalence, ce conflit propre à l'adolescence, caractérisent Mattia et Alice, nos deux "nombres premiers". Des adolescents refusant de grandir et ne pouvant quitter l'instant où leur enfance s'est trop vite arrêtée (Alice à l'occasion de son accident de Ski, Mattia lorsqu'il a abandonné sa sœur jumelle handicapée)
    Pourquoi des nombres premiers? le premier alinéa du quart de couv' nous le révèle: "Les nombres premiers ne sont divisibles que par un et par eux-même; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair.
    Vous l'aurez deviné, tout au long de ce roman, l'auteur met en scène nos deux personnages, Alice (anorexique chronique) et Mattia (réfugié dans l'abstraction des mathématiques), comme étant ces nombres premiers (par exemple, 3 et 5) qui sont proches sans jamais se toucher, qui sont condamnés à toujours se chercher sans vraiment parvenir à se trouver.
    Au long des chapitres, les personnages évoluent au fil du temps: l'enfance, temps de la brisure (là où le verre n'est jamais si bleu), puis l'adolescence, difficile, torturée. Ce sont presque des "âmes sœurs" (au sens platonicien du terme) mais condamnées à ne pas se trouver.
    Ils deviennent physiquement adultes, tentent chacun de s'oublier sans y parvenir mais tout ce qu'ils peuvent construire s'avère être en fait bâti sur du sable.
    Un jour, il finissent par se recroiser, pour mieux se quitter.
    Le récit est enlevé, fluide et s'attache à décrire les sentiments des personnages. Néanmoins je regrette que pour décrire les affres de l'adolescence l'auteur choisisse des caricatures d'adolescents, véritables handicapés de la vie (désolée pour le terme outrancier) dont certaines caractéristiques évoquent quelques un des critères utilisés dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders pour diagnostiquer la sociopathie (par exemple: dédain pour la sécurité de soi, irresponsabilité chronique). Un peu de subtilité aurait évité cette indéfinissable sensation de cliché.
    De même, l'aspect "refuge dans les maths" aurait pu être décortiqué de façon beaucoup plus fine. Quand j'ai lu "Parfum de glace" de Yoko Ogawa, dans lequel était décrit un personnage surdoué pour les maths, j'ai trouvé que la caractéristique de l'isolement était abordée de façon moins pataude, plus poétique. Peut-être que l'aspect "pataud' est lié au fait que Giordano, titulaire d'un doctorat de physique, semble trop bien connaître les sciences pour écrire finement dessus, mais celà reste une impression personnelle que peu semblent partager, j'en suis consciente. Je suis également conscient que le style d'Ogawa peut difficilement être comparé à un premier roman.
    Je concluerai en disant que l'impression globale de ce livre est agréable sans être enthousiasmante et qu'on reste, à la fin, vaguement frustré par l'abordage un peu rapide, manquant légèrement de subtilité, de l'évolution des protagonistes.
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  • Par sylvie, le 21 mars 2009

    sylvie
    J'ai découvert cette histoire et cet auteur avec bonheur.
    Deux personnages tendres et meurtris s'attirent et se repoussent de l'adolescence à l'entrée dans l'âge adulte. Ils traînent tous deux des souffrances qui les anéantissent au point qu'ils ont du mal à se sentir vivants.
    Le jeune homme se mutile, la jeune femme est anorexique.
    Ils arrivent bon gré mal gré à rentrer dans leurs vies d'adultes l'un avec une passion dévorante pour les maths, l'autre en devenant photographe, et en se mariant.
    Leur amour reste impossible, parce qu"au bord du gouffre", et ces deux "vilains petits canards" ont la terrible sensation de passer à côté de leur vie sans pour autant avoir la force ou le pouvoir d'en choisir véritablement le cours...
    Le texte est dense, fort, poignant et mené avec un propos que j'ai trouvé très original.
    Ici, point de psychologie pour nous raconter les bleus et les désastres de l'âme, mais une écriture sèche qui décrit les évènements presque cliniquement...
    Mais non... Pas cliniquement : MATHÉMATIQUEMENT!
    Et si la vie et son étrangeté pouvait s'expliquer et trouver un sens acceptable grâce aux mathématiques... J'ai l'impression que l'auteur nous le suggère...
    Les deux personnages de son histoire sont des nombres premiers, de ceux qui possèdent un jumeau. Ils se reconnaissent et se sentent faits l'un pour l'autre de manière évidente pour eux et pour les autres...
    Mais ces nombres premiers jumeaux sont toujours séparés par un nombre pair...
    C'est une loi qui s'applique...
    L'auteur nous propose une théorie mathématique pour nous faire rêver ou réfléchir à l'amour et à son impossible, réécrivant ainsi sous la forme d'une formule et de sa démonstration le mythe de l'androgyne : être double, sphérique, plein, mais coupé en deux (par le destin, ou dieu, ou des dieux), et condamné ainsi à rechercher perpétuellement la réunion de ses deux parties.
    Il nous prouve mathématiquement que ce n'est pas possible;)
    C'est brillant, prenant et beau .

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2009/03/la-solitude-des-nombres-..
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    • Livres 4.00/5
    Par Labyrinthiques, le 05 avril 2012

    Labyrinthiques
    « Les nombres pre­miers ne sont divi­sibles que par 1 et par eux-mêmes. Ils occupent leur place dans la série infi­nie des nombres natu­rels, écra­sés comme les autres entre deux sem­blables, mais à un pas de dis­tance. Ce sont des nombres soup­çon­neux et soli­taires, rai­son pour laquelle Mat­tia les trou­vait mer­veilleux. Il lui arri­vait de se dire qu'ils figu­raient dans cette séquence par erreur, qu'ils y avaient été pié­gés telles des perles enfi­lées. Mais il son­geait aussi que ces nombres auraient peut-être pré­fé­rés être comme les autres, juste des nombres quel­conques, et qu'ils en étaient pas capables. […]
    A un cours de pre­mière année, Mat­tia avait appris que cer­tains nombres pre­miers ont quelque chose de par­ti­cu­lier. Les mathé­ma­ti­ciens les appellent pre­miers jumeaux: ce sont des couples de nombres pre­miers voi­sins, ou plu­tôt presque voi­sins, car il y a tou­jours entre eux un nombre pair qui les empêche de se tou­cher vrai­ment. »
    2 760 889 966 649 et 2 760 889 966 651, deux nombres pre­miers per­dus dans l'infinie immen­sité arith­mé­tique de la vie. Ces deux nombres jumeaux, ce sont ceux de Mat­tia et d'Alice.
    “I'm not a num­ber, I am a free man” crie le numéro 6 dans The Pri­so­ner. Ce cri est celui de la révolte qui refuse la fac­to­ri­sa­tion de l'être, la réduc­tion onto­lo­gique à un simple iden­ti­fiant qui nie toute sa sin­gu­la­rité ou plu­tôt qui classe froi­de­ment cette frac­tion dans une chaîne infi­nie et ano­nyme d'autres iden­ti­fiants, broyant par là le concept même du mot in-dividu. A l'inverse, Mat­tia, aurait pré­féré être un numéro libre parmi d'autres, “être comme les autres, juste des nombres quel­conques” mais la vie en a décidé autre­ment car, pour cer­tains, le des­tin joue avec des dés et écrase leur indi­vi­dua­lité de ses nombres impla­cables.
    Indi­vi­dus, tel est pour moi le thème cen­tral de La soli­tude des nombres pre­miers. Mat­tia et Alice (mais en arrière plan d'autres per­son­nages par­ti­cipent de cette thé­ma­tique) sont ces per­sonnes soli­taires et écor­chées, qui, tels des nombres pre­miers, ne se divisent que par eux-même ou par un. Il y est ques­tion des des­ti­nés qu'on ne choi­sit pas ou contre les­quelles on ne lutte pas, des outrages — ces divi­sions pri­mor­diales — qu'on subit et qui nous arrache, qui une jambe, qui une sœur jumelle… le cours de la vie, les choix que l'on fait soi-même ou à notre place, le des­tin, etc., les fait pas­ser d'individus sans his­toire à l'état de divi­dus, d'êtres alté­rés dans les deux sens du terme : Alice perd sa jambe en appre­nant le ski pour son père qui vou­lait faire d'elle une cham­pionne, Mat­tia aban­donne quelques ins­tants sa sœur jumelle en allant à un goû­ter d'anniversaire et sa vie bas­cule quand elle est por­tée dis­pa­rue. Ces dou­lou­reuses divi­sions les blessent, les font deve­nir autres et modi­fient pro­fon­dé­ment le lit du ruis­seau où cou­lait pai­si­ble­ment leur his­toire. Oui, mais qui, mais quoi ?
    De ce trauma ini­tial découle une nou­velle concep­tion de son propre corps qui se doit de réper­cu­ter, de faire réson­ner en écho au-dehors, pour autrui, cette altération/altérité de l'être. Pour cela on doit faire perdre à ce corps — qu'on croi­rait mono­li­thique voire mono­cel­lu­laire — son unité, on orga­nise, on ordonne la divi­sion de son propre orga­nisme devenu un lourd amas de cel­lules trop nom­breuses. Alice choi­sit de son côté la sous­trac­tion en refu­sant à ses cel­lules la nour­ri­ture dont elles ont besoin : l'anorexie radi­cale et nau­séeuse à la limite de la sur­vie. Cette sous­trac­tion vise évidem­ment à se rendre “trans­pa­rente”, à s'effacer de sa propre vie… Mat­tia, lui, choi­sit la divi­sion : celle de ces cel­lules, il taille à même la peau, fait des opé­ra­tions — non mathé­ma­tiques, mais le choix de cette dis­ci­pline n'est peut-être pas for­tuite — sur la paume, les poi­gnets, les bras, il divise ses pha­langes en pro­cé­dant régu­liè­re­ment à des auto-mutilations. Ce n'est pas tant la dou­leur, tant la rage, tant la puni­tion que Mat­tia rejoue à chaque coups porté dans sa chair que sa propre divi­sion, celle par laquelle il pour­rait faire reve­nir sa sœur dis­pa­rue, son “hélice d'ADN, dont la jumelle était absente”, p.185.
    Alors ? Ces deux divi­dus évidem­ment s'attirent et se révulsent alter­na­ti­ve­ment comme deux aimants aux pola­ri­tés chan­geantes… Ils cherchent l'un dans l'autre la com­plé­tude abso­lue, la com-préhension par­faite, la per-fusion vitale mais ils fuient égale­ment ce reflet mor­celé de leur être que l'image de l'autre ren­voie. Syl­vie à très judi­cieu­se­ment fait un rap­pro­che­ment avec le mythe de l'androgyne de Pla­ton, celui qui vou­drait que nos âmes féminin-masculin fussent à l'origine scin­dées et épar­pillées et que notre quête amou­reuse ten­drait à vou­loir recons­ti­tuer. Seule­ment à l'image de ces nombres pre­miers jumeaux, la ren­contre n'a jamais vrai­ment lieu, elle est tou­jours empê­chée par un nombre pair qui les sépare, qui les isolent dans une proxi­mité et une soli­tude incom­pres­sible. Alice ten­tera de trou­ver un remède à sa soli­tude dans le mariage, mais son refus absolu de la grande divi­sion, celle de la mater­nité fera échoué cette issue pos­sible. Mat­tia s'enfermera dans une autre soli­tude, celle des mathé­ma­tiques dans les­quelles il se dis­sout len­te­ment mal­gré les ten­ta­tives de diver­sions de son binôme scien­ti­fique, Alberto. Il ten­tera bien une expé­rience amou­reuse, pour paraître “nor­mal” mais sans grand suc­cès… Alice et Mat­tia se retrou­ve­ront encore une fois, essayant de ravi­ver autour d'eux des fan­tômes, tout pour­rait basculer…
    Le roman, je trouve, s'interroge sur les che­mins que prennent la vie, les renon­ce­ments tacites, les indif­fé­rences simu­lées, celles qui vexent, les frus­tra­tions répé­tées, la mal­adresse de l'être qui ne sait, dans le fond, com­ment se posi­tion­ner dans le temps et l'espace, sur toutes ces choses qui nous agitent comme les méca­nismes d'une machine que nous ne maî­tri­sons pas, et dont le temps, tel un puis­sant res­sort, fait sans cesse avan­cer la marche.
    J'ai trouvé ce texte glo­ba­le­ment bien écrit, d'autant qu'il s'agit d'un pre­mier roman. J'aurais aimé une écri­ture moins froide et moins chi­rur­gi­cale, un style plus tra­vaillé, plus “lit­té­raire” (mais j'ai conscience aussi d'avoir lu une tra­duc­tion), quelque chose qui, dans la forme, concourt à mar­quer plus sin­gu­liè­re­ment de son empreinte cette dis­so­lu­tion de l'être, cette soli­tude pre­mière de l'individu. J'ai, pour ma part, le sen­ti­ment que Gior­dano n'a pas déroulé son fil mathé­ma­tique jusqu'au bout, qu'il aurait pu davan­tage creu­ser cet angle, dérou­ler cette approche phi­lo­so­phique des êtres de manière encore plus précise.
    On peut repro­cher (comme je l'ai lu par ailleurs) un pen­chant cari­ca­tu­ral, ou tout du moins une manière mal­adroite de pré­sen­ter cette jeu­nesse ban­cale, mais je pense que c'est la radi­ca­lité de ces soli­tudes qui a entraîné l'auteur à pous­ser loin ses per­son­nages dans des retran­che­ments ultimes.
    Mal­gré ces quelques réserves, La soli­tude des nombres pre­miers est un roman réussi qui aborde som­bre­ment des thèmes et des pro­blèmes de notre société contem­po­raine qui ont tou­ché le public…

    Lien : http://www.labyrinthiques.net/2009/04/14/la-solitude-des-nombres-pre..
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°130 - juin 2009 - Alice et Mattia voient leurs vies évoluer en parallèle. Si leurs parcours se croisent parfois, ils ne se rejoindront jamais définitivement. Pourtant, ces deux adolescents se ressemblent étrangement tels des jumeaux. Ils ont connu tous les deux un drame dans leur enfance. Ainsi, Mattia est responsable de la disparition de sa jeune soeur handicapée, tandis qu'Alice victime d'un accident de ski doit assumer une démarche entravée. Inéluctablement, Mattia et Alice s'isolent, souffrent dans leur chair : scarification pour l'un et anorexie pour l'autre. Et le temps d'une fête, ces deux âmes se rencontrent, semblent se comprendre, enfin, d'un seul regard. Paolo Giordano signe ici son premier roman. Il dresse un portrait sombre d'une adolescence qui semble rimer avec solitude et souffrance. Autour de ces deux figures principales, il offre également de beaux portraits de parents, d'amitiés scolaires dans lesquelles se cristallise l'ambiguïté des émotions et des désirs propres à la jeunesse en plein chamboulement. Le récit reste empreint de tristesse jusqu'à son dénouement et, à aucun moment, le lecteur ne s'attache à Alice ou à Mattia. En effet, ils se rapprochent plus de figures symboliques d'une adolescence élevée au rang de mythologie. Néanmoins, le roman entraîne le lecteur par son lyrisme et la poésie qui parcourt les pages. Anne Clerc

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Citations et extraits

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  • Par _Cacahuete_, le 12 mai 2010

    Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes. Ils occupent leur place dans la série infinie des nombres naturels, écrasés comme les autres entre deux semblables, mais à un pas de distance. Ce sont des nombres soupçonneux et solitaires, raison pour laquelle Mattia les trouvait merveilleux. Il lui arrivais de se dire qu’ils figuraient dans cette séquence par erreur, qu’ils y avaient été piégés telles des perles enfilées. Mais ils songeait aussi que ces nombres auraient peut être préféré être comme les autres, juste des nombres quelconques, et qu’ils n’en étaient pas capable. Cette seconde pensée l’effleurait surtout le soir, dans l’entrelacement chaotique d’images qui précède le sommeil, quand l’esprit est trop faible pour se raconter des mensonges.

    A son cours de première année, Mattia avait appris que certains nombres premiers ont quelque chose de particulier. Les mathématiques les appellent premiers jumeaux : ce sont des couples de nombres premiers voisins, ou plutôt presque voisins, car il y a toujours entre eux un nombre pair qui les empêche de se trouver vraiment. Des nombres tels que le 11 et le 13, tels que le 17 et le 19, le 41 et le 43. Si on a la patience de continuer, on découvre que ces couples se raréfient progressivement. On tombe sur des nombres premiers de plus en plus isolés, égarés dans cet espace silencieux et rythmé, constitué de seuls chiffres, et l’on a le pressentiment angoissant que les couples rencontrés jusqu’alors n’étaient qu’un fait accidentel, que leur véritable destin consiste à rester seuls. Mais au moment où l’on s’apprête à baisser les bras, découragé, on déniche deux autres jumeaux, serrés l’un contre l’autre. Mattia pensait qu’Alice et lui étaient deux nombres premiers jumeaux, isolés et perdus, proches mais pas assez pour se frôler vraiment. (Chapitre 21 p 149 – éditions points)
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  • Par sylvie, le 21 mars 2009

    Les autres furent les premiers à remarquer ce qu'Alice et Mattia ne comprirent qu'au bout de nombreuses années. Ils pénétrèrent dans la pièce main dans la main. Ils ne souriaient pas, leurs regards suivaient des trajectoires différentes, mais on aurait dit que leurs corps coulaient l'un dans l'autre à travers leurs bras et leurs doigts joints.
    Le contraste prononcé que formaient les cheveux clairs d'Alice autour de son visage trop pâle et les cheveux foncés de Mattia retombant sur ses yeux noirs s'anéantissait dans cet arc subtil. Il y avait entre eux un espace commun dont les confins n'étaient pas bien tracés, où rien ne semblait marquer et l'air paraissait inerte, tranquille"...
    ..."Ils avaient l'air ébahis, comme s'ils venaient d'un endroit lointain qu'ils étaient seuls à connaître
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  • Par saphoo, le 15 juillet 2010

    Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes. Ils occupent leur place dans la série infinie des nombres naturels, écrasés comme les autres entre deux semblables, mais à un pas de distance. Ce sont des nombres soupçonneux et solitaires, raison pour laquelle Mattia les trouvait merveilleux. Il lui arrivait de se dire qu’ils figuraient dans cette séquence par erreur, qu’ils y avaient été piégés telles des perles enfilées. Mais il songeait aussi que ces nombres auraient peut être préféré être comme les autres, juste des nombres quelconques, et qu’ils n’en étaient pas capable. Cette seconde pensée l’effleurait surtout le soir, dans l’entrelacement chaotique d’images qui précède le sommeil, quand l’esprit est trop faible pour se raconter des mensonges
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  • Par bacoltrane, le 04 janvier 2011

    A son cours de première année, Mattia avait appris que certains nombres premiers ont quelque chose de particulier. Les mathématiques les appellent premiers jumeaux : ce sont des couples de nombres premiers voisins, ou plutôt presque voisins, car il y a toujours entre eux un nombre pair qui les empêche de se trouver vraiment. Des nombres tels que le 11 et le 13, tels que le 17 et le 19, le 41 et le 43. Si on a la patience de continuer, on découvre que ces couples se raréfient progressivement. On tombe sur des nombres premiers de plus en plus isolés, égarés dans cet espace silencieux et rythmé, constitué de seuls chiffres, et l’on a le pressentiment angoissant que les couples rencontrés jusqu’alors n’étaient qu’un fait accidentel, que leur véritable destin consiste à rester seuls. Mais au moment où l’on s’apprête à baisser les bras, découragé, on déniche deux autres jumeaux, serrés l’un contre l’autre. (…)
    Mattia pensait qu’Alice et lui étaient deux nombres premiers jumeaux, isolés et perdus, proches mais pas assez pour se frôler vraiment.
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  • Par saphoo, le 15 juillet 2010

    Ils pénétrèrent dans la pièce main dans la main. Ils ne souriaient pas, leurs regards suivaient des trajectoires différentes, mais on aurait dit que leurs corps coulaient l'un dans l'autre à travers leurs bras et leurs doigts joints.
    Le contraste prononcé que formaient les cheveux clairs d'Alice autour de son visage trop pâle et les cheveux foncés de Mattia retombant sur ses yeux noirs s'anéantissait dans cet arc subtil. Il y avait entre eux un espace commun dont les confins n'étaient pas bien tracés, où rien ne semblait marquer et l'air paraissait inerte, tranquille
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